Le terme « Nabis » - « nevi'im » (נביאים) en hébreu se traduit par « orateur » ou « prophètes » - désigne de jeunes artistes postimpressionnistes, d’avant-garde, critiques du système hiérarchique de la peinture académique, et gravitant autour de Paul Sérusier vers 1888. Abolissant. La Bibliothèque de France (BnF) propose, dans son site Richelieu, l’exposition « Impressions nabies. Bonnard, Vuillard, Denis,Vallotton » prolongée jusqu'au 8 mars 2026.
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Le terme « Nabi » désigne de jeunes artistes postimpressionnistes, d’avant-garde, critiques du système hiérarchique de la peinture académique, et gravitant autour de Paul Sérusier vers 1888. Abolissant la ligne séparant les Beaux-arts des arts appliqués, ils évoluent dans les arts décoratifs et l’estampe. Ce mouvement artistique qui contribue à l’avènement d’un art nouveau, antinaturaliste et décoratif, prend fin vers 1900. Parmi les membres de ce courant : Pierre Bonnard, Édouard Vuillard, Maurice Denis, Paul Sérusier, Ker-Xavier Roussel et Félix Vallotton. Les thèmes des Nabis ? La vie quotidienne, les spectacles, les loisirs…
« Certains ont exploré les ressources de la lithographie en couleurs (Maurice Denis, Pierre Bonnard, Édouard Vuillard, Ker-Xavier Roussel), tandis que d’autres ont contribué au renouveau de la gravure sur bois de fil (Félix Vallotton et Aristide Maillol). Grâce à ces procédés d’impression, ils ont créé aussi bien des estampes artistiques en feuilles ou en albums que des affiches, des illustrations pour des revues ou des livres de bibliophilie, des programmes de spectacle, des partitions de musique et des objets d’art décoratif (paravents, papiers peints, éventails…). »
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Le vocable « nabi », en arabe, ou « nevi'im » (נביאים) en hébreu, se traduit par « orateur » ou « annonciateur », voire « celui qui est ravi dans une extase » ou « appelé par l'esprit ». Il a été traduit par « prophète », « illuminé », ou « celui qui reçoit les paroles de l'au-delà », « l'inspiré de Dieu ».
Le terme « Nabi » désigne de jeunes artistes postimpressionnistes, d’avant-garde, critiques du système hiérarchique de la peinture académique, et gravitant autour de Paul Sérusier vers 1888. Abolissant la ligne séparant les Beaux-arts des arts appliqués, ils évoluent dans les arts décoratifs et l’estampe. Ce mouvement artistique qui contribue à l’avènement d’un art nouveau, antinaturaliste et décoratif, prend fin vers 1900. Parmi les membres de ce courant : Pierre Bonnard, Édouard Vuillard, Maurice Denis, Paul Sérusier, Ker-Xavier Roussel et Félix Vallotton. Les thèmes des Nabis ? La vie quotidienne, les spectacles, les loisirs… Cette appellation « Nabi » n'a pas été alors publique ou revendiquée durant des expositions des peintres qui l’ont utilisée officieusement entre eux, souvent avec ironie, sans exprimer une spiritualité. Aussi, le Portrait de Paul Ranson en tenue nabique par Sérusier (Paris, musée d'Orsay) est fantaisiste. Après 1945, des historiens d’art recourent à ce terme diffusé largement dès les années 1980.
"Les Nabis et le décor"
En 2029, le musée du Luxembourg a présenté l'exposition "Les Nabis et le décor". Le commissariat était assuré par Isabelle Cahn, conservateur en chef des peintures au musée d’Orsay et Guy Cogeval, directeur du Centre d’études des Nabis et du symbolisme à Paris.
"Véritables pionniers du décor moderne, Bonnard, Vuillard, Maurice Denis, Sérusier, Ranson, ont défendu un art en lien direct avec la vie, permettant d’introduire le Beau dans le quotidien. Dès la formation du groupe, à la fin des années 1880, la question du décoratif s’impose comme un principe fondamental de l’unité de la création. Ils prônent alors une expression originale, joyeuse et rythmée, en réaction contre l’esthétique du pastiche qui est en vogue à l'époque.
Cette exposition est la première en France consacrée à l’art décoratif et ornemental des Nabis. Il s’agit pourtant d’un domaine essentiel pour ces artistes qui voulaient abattre la frontière entre beaux-arts et arts appliqués."
"Le parcours montrait une sélection représentative de leurs œuvres, qui se distinguent par des formes simplifiées, des lignes souples, des motifs sans modelé, influencées par l’art japonais. Réunissant une centaine de peintures, dessins, estampes et objets d’art, elle permet de montrer des ensembles décoratifs aujourd’hui dispersés."
« Impressions nabies. Bonnard, Vuillard, Denis, Vallotton »
La Bibliothèque de France (BnF) propose, dans son site Richelieu, l’exposition « Impressions nabies. Bonnard, Vuillard, Denis,Vallotton » prolongée jusqu'au 8 mars 2026.
« Si les artistes nabis, parmi lesquels Pierre Bonnard, Édouard Vuillard, Maurice Denis et Félix Vallotton sont largement connus pour leurs peintures et décors, ils excellèrent aussi dans l’art de l’estampe. Ce courant éphémère, qui se déploya pendant une dizaine d’années (1890-1900), donna lieu à une production abondante et diverse d’images imprimées. Grâce aux ressources de la lithographie en couleurs et au renouveau de la gravure sur bois, les Nabis ont créé des œuvres variées, inscrites dans le quotidien : estampes artistiques, affiches, illustrations, programmes de spectacle, objets décoratifs. La Bibliothèque nationale de France met en lumière cet aspect de leur oeuvre dans une exposition présentée sur le site Richelieu. Près de deux cents pièces provenant principalement des collections de la BnF, complétées par des prêts d’institutions françaises et étrangères (musée d’Orsay, musée Maurice Denis, bibliothèque de l’Institut national d’histoire de l’art, musée des Beaux-arts de Quimper et musée Van Gogh d’Amsterdam) montrent la diversité et la genèse de leurs créations graphiques. »
« Les Nabis, promoteurs de l’art dans la vie, grâce à l’image imprimée »
« Le mouvement nabi dépasse le champ traditionnel des beaux-arts par une ouverture à tous les domaines de la création et en particulier aux arts décoratifs. Sa contribution diversifiée aux arts graphiques s’inscrit dans un désir d’intégrer l’art à la vie quotidienne et de le rendre accessible au plus grand nombre, comme l’affirme Bonnard : « Notre génération a toujours cherché les rapports de l’art avec la vie. À cette époque, j’avais personnellement l’idée d’une production populaire et d’application usuelle : gravure, éventails, meubles, paravents. » Sous l’impulsion d’éditeurs et de marchands novateurs, tel Ambroise Vollard, ces artistes ont œuvré à une période phare de l’histoire de l’estampe qui a consacré le peintre-graveur dans son statut d’artiste original. »
« Certains ont exploré les ressources de la lithographie en couleurs (Maurice Denis, Pierre Bonnard, Édouard Vuillard, Ker-Xavier Roussel), tandis que d’autres ont contribué au renouveau de la gravure sur bois de fil (Félix Vallotton et Aristide Maillol). Grâce à ces procédés d’impression, ils ont créé aussi bien des estampes artistiques en feuilles ou en albums que des affiches, des illustrations pour des revues ou des livres de bibliophilie, des programmes de spectacle, des partitions de musique et des objets d’art décoratif (paravents, papiers peints, éventails…). » « Structuré en cinq sections, le parcours de l’exposition met en lumière l’audace et la modernité des Nabis dans leur approche novatrice de l’estampe. La première section est consacrée aux origines de la pratique de la lithographie et de la gravure sur bois par les artistes du mouvement nabi. Leurs expérimentations graphiques révèlent une esthétique singulière et particulièrement inventive, notamment inspirée des maîtres japonais. Dans une approche pédagogique, le visiteur est invité à découvrir le processus de réalisation d’une lithographie en couleurs, du dessin préparatoire à l’épreuve imprimée. »
« Le parcours se poursuit avec une immersion au cœur des années 1890, autour d’Ambroise Vollard, éditeur et marchand d’art visionnaire. Grand défenseur des Nabis, il a contribué à faire reconnaître l’estampe originale comme un art à part entière. Les visiteurs pourront admirer les albums complets qu’il a édités d’Édouard Vuillard, Pierre Bonnard, Maurice Denis et Ker-Xavier Roussel. L’exposition met également en lumière les collaborations entre les Nabis et le monde de l’édition, qui a joué un rôle central dans la diffusion de leur art, à travers des revues littéraires comme La Revue blanche et des livres de peintre (Parallèlement de Paul Verlaine, illustré par Bonnard et Sagesse du même auteur, illustré par Maurice Denis). Leur créativité s’étend aussi au domaine du spectacle, avec des affiches et des programmes pour les théâtres d’avant-garde comme Le Théâtre Libre et Le Théâtre de l’Œuvre ainsi que pour les cafés-concerts parisiens. »
« Le parcours se clôt avec l’évocation de la manière dont l’estampe a permis à l’esthétique nabie d’imprégner la vie quotidienne, tant sur les murs de la ville, par les affiches, que dans les intérieurs privés. Les Bateaux roses, papier peint de Maurice Denis et La Promenade des nourrices, paravent de Pierre Bonnard, en témoignent magistralement. »
Le commissariat est assuré par Céline Chicha-Castex, conservatrice chargée des estampes du XXe siècle au département des Estampes et de la photographie de la BnF, et Valérie Sueur-Hermel, conservatrice chargée des estampes du XIXe siècle au département des Estampes et de la photographie de la BnF.
Autour de l'exposition, la BnF organise une conférence, un concert et des visites-guidées.
Sous la direction de Céline Chicha-Castex et de Valérie Sueur-Hermel, le catalogue de l’exposition est édité par la BnF. « C’est une des plus belles pages de l’histoire de l’estampe originale que les Nabis Pierre Bonnard, Édouard Vuillard, Maurice Denis et Félix Vallotton écrivent sur une décennie à la fin du XIXe siècle. À l’exception de ce dernier, qui fait le choix de la gravure sur bois en noir et blanc, ils explorent les ressources de la lithographie en couleurs renouvelée grâce à des recherches chromatiques inédites, à la modernité des sujets abordés et à des cadrages audacieux influencés par l’art japonais. Les Nabis conçoivent l’estampe comme un élément de décoration accessible au plus grand nombre et réalisent aussi bien des planches artistiques que des affiches, des illustrations pour des revues ou des livres, des programmes de spectacle, des partitions et des objets (paravents, papiers peints…). Entre beaux-arts et arts décoratifs, l’oeuvre imprimé des Nabis a contribué à les distinguer parmi les avant-gardes de la fin du XIXe siècle. »
« La scénographie de l’atelier Maciej Fisher s’inspire des motifs et de la gamme chromatique des intérieurs nabis. Elle reprend la forme du paravent, à la fois objet usuel et support esthétique de l’intérieur des salons du XIXe siècle, pour l’intégrer à la conception des cimaises. Elle sublime ainsi les œuvres de ces peintres graveurs d’avant-garde dans une ambiance intime et chaleureuse fidèle au style de la Belle Époque. »
En partenariat médias avec : Paris Match, L’Œil, Le Monde, ARTE.
INTRODUCTION
« Notre génération a toujours cherché les rapports de l’art avec la vie. À cette époque, j’avais personnellement l’idée d’une production populaire et d’application usuelle : gravure, éventails, meubles, paravents. »
Pierre Bonnard
« Si les Nabis comptent parmi les avant-gardes de la fin du XIXe siècle, ils ne le doivent pas à leur seule production picturale, mais aussi à leur contribution révolutionnaire à l’estampe. C’est en effet grâce aux images imprimées que l’esthétique nabie a pris corps et a touché un large public. »
« Ce groupe éphémère (1890-1900) rassemble de jeunes artistes (Pierre Bonnard, Édouard Vuillard, Maurice Denis, Ker-Xavier Roussel, Félix Vallotton, Henri-Gabriel Ibels, Paul Ranson et Aristide Maillol) qui ont choisi le surnom de « Nabis » (prophètes en hébreu) pour manifester leur ambition de renouveler l’art de leur temps. Ils s’affranchissent du champ traditionnel des beaux-arts par une ouverture à tous les domaines de la création. Leurs estampes répondent au désir d’intégrer l’art à la vie quotidienne et de le rendre accessible au plus grand nombre. »
« Sous l’impulsion d’éditeurs et de marchands novateurs, tel Ambroise Vollard, les Nabis ont œuvré à une période phare de l’histoire de l’estampe qui a consacré le peintre-graveur dans son statut d’artiste original. Certains ont exploré les ressources de la lithographie en couleurs (Bonnard, Vuillard, Denis, Roussel), tandis que d’autres ont contribué au renouveau de la gravure sur bois de fil (Vallotton, Maillol). Grâce à ces procédés d’impression, ils ont créé aussi bien des estampes artistiques en feuilles ou en albums que des affiches, des illustrations pour des revues, des livres de bibliophilie, des programmes de spectacle, des partitions de musique et des objets d’art décoratif. »
1. LA RÉVÉLATION DE L’ESTAMPE
« Avant même le plein épanouissement de l’estampe nabie, chaque membre du groupe manifeste un intérêt pour les techniques d’impression. Dès 1891, la galerie Le Barc de Bouteville présente leurs oeuvres graphiques au sein des expositions collectives des « peintres symbolistes et impressionnistes » qu’elle organise. En 1893, Pierre Bonnard, Maurice Denis, Henri-Gabriel Ibels, Paul Ranson, Paul Sérusier, Félix Vallotton et Édouard Vuillard illustrent chacun de lithographies la liste de leurs oeuvres en vente à la galerie. Tandis que Vuillard explore les ressources du noir et blanc, la couleur gagne les lithographies de Pierre Bonnard et de Maurice Denis. »
« Grâce à la collaboration des imprimeurs Edward Ancourt et Auguste Clot, la lithographie en couleurs, célébrée par André Mellerio dans l’ouvrage qu’il lui consacre en 1898, devient le médium privilégié de la majorité des Nabis. Seuls Vallotton et Maillol choisissent la gravure sur bois de fil en noir et blanc. »
2. L’ AVÈNEMENT DE L’ESTAMPE ORIGINALE NABIE
« Lancée en 1893 par André Marty, L’Estampe originale est la première entreprise éditoriale qui diffuse les estampes des Nabis. Trois ans plus tard, le marchand-éditeur Ambroise Vollard publie à son tour deux albums auxquels participent les artistes du groupe. En 1899, il consacre à Pierre Bonnard, Édouard Vuillard et Maurice Denis des albums monographiques composés de douze lithographies en couleurs et d’une couverture, imprimés par Auguste Clot : Quelques aspects de la vie de Paris de Bonnard, Paysages et intérieurs de Vuillard et Amour de Maurice Denis. Bien qu’ils n’aient pas remporté de succès commercial à leur parution, ces albums ont fini par constituer la quintessence de l’estampe originale de la fin du XIXe siècle ».
« Grâce à la modernité des sujets et des points de vue, inspirés de l’estampe japonaise, mais aussi par la mise en oeuvre d’une gamme chromatique inédite, permise par la lithographie en couleurs, les Nabis ont renouvelé l’estampe de peintre. »
3. LES NABIS, DÉCORATEURS DE LIVRES ET CONTRIBUTEURS DE REVUES
« Maurice Denis est le premier nabi à s’intéresser au livre en illustrant Le Voyage d’Urien d’André Gide, en 1893. Il pose alors les bases du livre de peintre. L’artiste n’est plus un simple illustrateur, mais participe à la conception du livre dans une recherche d’harmonie entre le texte et l’image. Dans cette optique, Ambroise Vollard demande à Pierre Bonnard d’accompagner de lithographies le recueil de poèmes Parallèlement de Paul Verlaine et à Maurice Denis d’orner de gravures sur bois Sagesse du même auteur. »
« Les revues d’avant-garde ont soutenu les Nabis en leur commandant des estampes. La Revue blanche, créée en 1889 par Alfred Alexandre et Thadée Natanson, comprend une planche en tête de chacun des numéros publiés en 1893. Elle édite également des livres illustrés et des suites d’estampes, parmi lesquelles la série de gravures sur bois Intimités de Félix Vallotton. Bonnard conçoit une affiche annonçant la parution de la revue. »
« De son côté, Léon Deschamps, créateur et directeur de la revue La Plume, organise le Salon des Cent, une série d’expositions d’artistes modernes, pour lesquelles Bonnard et Ibels dessinent des affiches. »
4. LES NABIS ET LE MONDE DU SPECTACLE
« La fin du XIXe siècle est marquée par l’éclosion du théâtre d’avant-garde. En 1887, André Antoine crée le Théâtre Libre, un théâtre libéré des conventions qui propose une vision réaliste de l’époque inspirée par la littérature naturaliste ; Aurélien Lugné, dit Lugné-Poe, qui défend un répertoire symboliste, fonde le Théâtre de l’Œuvre en 1893. Sollicités par ces théâtres, les Nabis créent des décors et des costumes pour leurs spectacles conçus comme des oeuvres d’art total et en illustrent les programmes imprimés en lithographie. »
« Les Nabis sont également attirés par l’atmosphère iconoclaste des cafés-concerts dont le succès est alors grandissant à Paris. Ils participent ainsi à la promotion de ces établissements de divertissement populaires : Henri-Gabriel Ibels dessine plusieurs affiches de cabarets et des illustrations pour des partitions de chansons interprétées dans ces lieux. »
5. LES NABIS ET LA VIE QUOTIDIENNE
« Mus par le désir de rendre l’art accessible au plus grand nombre, les Nabis s’affranchissent de la hiérarchie entre les beaux-arts et les arts appliqués, intégrant les arts graphiques, et en particulier l’estampe, dans l’environnement quotidien. Ils créent des affiches publicitaires qui ornent les murs de la ville et des papiers peints qui décorent les intérieurs. »
« Maurice Denis réalise plusieurs projets de papiers peints, mais seul Les Bateaux roses est finalement diffusé par les éditions de l’Estampe originale en 1893.Au même moment, le projet de Paul Ranson, Les Canards et les Feuilles, demeure à l’état de maquette peinte. Pierre Bonnard a d’abord conçu le paravent La Promenade des nourrices, frise de fiacres sous la forme de peintures tendues sur quatre panneaux de bois avant de le transposer en lithographies ».
« L’intérêt pour les arts décoratifs et l’attrait exercé par l’esthétique japonaise sur celui que l’on surnomme le « Nabi japonard », ont trouvé, grâce à la lithographie, un mode d’expression qui se veut démocratique. »
FOCUS D’ŒUVRES
France-Champagne
1891 Lithographie en couleurs
« Pierre Bonnard crée cette affiche en 1889, à l’âge de vingt-deux ans. C’est grâce à cette commande, lui permettant de gagner sa vie, qu’il se fait connaître. Comme Jules Chéret ‒ alors considéré comme le plus grand dessinateur publicitaire, Bonnard représente un personnage féminin pour vanter le produit dont il fait la publicité. »
« Il s’agit de sa première estampe et de sa première lithographie en couleurs, technique jusque-là réservée aux productions commerciales dont s’emparent ensuite les Nabis et Toulouse-Lautrec : ils souhaitent ainsi abolir les frontières entre les beaux-arts et les arts décoratifs ».
Paysages et intérieurs, intérieur aux tentures roses I
Planche extraite de la suite de douze planches et une couverture, imprimée par Auguste Clot et éditée par Ambroise Vollard, 1899
Lithographie en couleurs
« Éditée à cent exemplaires par Ambroise Vollard, la suite Paysages et intérieurs marque l’aboutissement des recherches de Vuillard dans le domaine de la lithographie en couleurs. Il y travaille durant trois ans par l’exécution de plusieurs dessins préparatoires et l’impression d’épreuves d’essai en collaboration étroite avec l’imprimeur Auguste Clot. »
« La mise au point de tonalités rares contribue à l’atmosphère particulière des intérieurs parisiens dans lesquels il a fait poser ses proches. »
Les Fossiles : affichette-programme du Théâtre Libre
1892
Lithographie en couleurs
« En 1887, André Antoine fonde le Théâtre Libre en opposition au théâtre officiel. Il souhaite rénover le théâtre en présentant des pièces d’auteurs naturalistes mises en scène sans artifice. Il demande à des artistes d’illustrer ses programmes. »
« Ibels conçoit ceux de la saison 1892-1893 : en décalage avec le sujet de la pièce, il privilégie des thèmes sociaux, cerne ses figures d’un trait noir, utilise des teintes vives posées en aplat et des angles de vues qui rappellent l’esthétique des estampes japonaises. »
André Gide (texte), Maurice Denis (illustrations)
Le Voyage d’Urien
Paris, Librairie de l’art indépendant, 1893
Une gravure sur bois et vingt-neuf lithographies en couleurs
« L’édition illustrée du Voyage d’Urien, publiée en 1893 par Edmond Bailly à la Librairie de l’art indépendant, est le fruit de la collaboration étroite de deux auteurs, André Gide et Maurice Denis dont les créations littéraire et artistique dialoguent sur un pied d’égalité. »
« Guidé par sa propre émotion à la lecture du texte, Denis conçoit une trentaine de lithographies en deux tons qui l’ornent dans la tradition de l’enluminure médiévale, manifestant ainsi le « néo-traditionnisme » dont il se réclame. »
Promenade des nourrices, frise des fiacres
1897
Paravent constitué d’une suite de quatre feuilles lithographiées en cinq couleurs
« Sous l’influence de l’art japonais, Pierre Bonnard conçoit plusieurs paravents peints. Grâce à la lithographie, il rend accessible à un public élargi l’un d’entre eux représentant la promenade d’une mère et de ses trois enfants. »
« Les quatre panneaux sont unifiés par le défilé de fiacres en station qui court dans la partie supérieure. »
« Imprimé en cinq couleurs à cent-dix exemplaires, ce paravent est édité en 1895 par Lucien Moline, directeur de la Galerie Laffitte où Bonnard expose la même année. »
« GLOSSAIRE DES TECHNIQUES DE L’ESTAMPE PRATIQUÉES PAR LES NABIS »
Image multipliable obtenue par tirage à partir d’un support ou matrice (en bois, métal ou pierre) gravé ou dessiné qui est ensuite encré puis imprimé sur une feuille de papier au moyen d’une presse. Le terme s’applique à l’ensemble des techniques, qu’il s’agisse de gravure sur bois, de taille-douce ou de lithographie. On parle d’estampe originale, par opposition à l’estampe de reproduction ou d’interprétation, lorsque l’artiste réalise lui-même la matrice ou qu’il en supervise la réalisation.
Gravure sur bois
Procédé de gravure en relief où la matrice en bois est creusée de façon à laisser en relief le dessin. Cette partie en relief est encrée et imprimée au moyen d’une presse ou à la main en exerçant une pression.
On distingue la gravure sur bois de fil et la gravure sur bois de bout. La gravure sur bois de fil, pratiquée par les Nabis, est la technique la plus ancienne : on utilise une planche découpée dans le sens du fil du bois qui est creusée à l’aide de gouges, de ciseaux ou de couteaux.
Lithographie
Technique d’impression à plat, inventée en 1798 par l’allemand Aloÿs Senefelder, qui repose sur la répulsion naturelle de l’eau face à un corps gras. Sur une pierre calcaire polie, on dessine à la plume ou au crayon. Le gras de l’encre ou du crayon est fixé sur le support grâce à un apprêt chimique. La pierre est ensuite humidifiée.
Lors de l’encrage, l’encre d’imprimerie se fixe uniquement sur la trace grasse du dessin, tandis que le reste de la pierre, resté humide, rejette l’encre. Pour imprimer une lithographie en couleurs, on utilise plusieurs pierres, l’une pour le trait, les autres pour chaque couleur et on les imprime successivement sur la même feuille, grâce à des repères. »
A la BnF I Richelieu
Galerie Mansart - Galerie Pigott
5, rue Vivienne. 75002 PARIS
Mardi 10h > 20h. Du mercredi au dimanche 10h >18h
Fermeture lundi
Visuels :
Affiche
Édouard Vuillard, Paysages et intérieurs : L’avenue (2e état) / Éditeur : Ambroise Vollard, 1899. BnF, Estampes et photographie.
Maurice Denis, Concerts du petit frère et de la petite soeur, 1899 Lithographie en couleurs BnF, Estampes et photographie
Maurice Denis, épreuve d’essai pour la couverture du portfolio Amour, 1899 Lithographie en couleurs Van Gogh Museum, Amsterdam / Photo Van Gogh Museum, Amsterdam
Pierre Bonnard, affiche pour La Revue blanche, 1894 Lithographie en couleurs BnF, Estampes et photographie
Pierre Bonnard, affiche pour France-Champagne, 1891 Lithographie en couleurs BnF, Estampes et photographie
Édouard Vuillard, Paysages et intérieurs : Intérieur aux tentures roses I, 1899 Lithographie en couleurs BnF, Estampes et photographie
Henri-Gabriel Ibels, Les Fossiles : affichette-programme du Théâtre Libre, 1892 Lithographie en couleurs
Pierre Bonnard, La Promenade des nourrices, frise de fiacres (paravent), 1895 Lithographie en couleurs
Paul Ranson, Tigre dans les jungles, 1893 Lithographie en couleurs BnF, Estampes et photographie
Félix Vallotton, La manifestation,1893 Gravure sur bois BnF, Estampes et photographie
Pierre Bonnard, La Petite Blanchisseuse, 1896 Lithographie en couleurs BnF, Estampes et photographie
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