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vendredi 20 février 2026

Focus de Causeur sur l’affaire al-Dura

Vingt-cinq ans après la diffusion le 30 septembre 2000 par le JT de 20 h de France 2 du « reportage » controversé sur la « mort de Mohamed al-Dura » prétendument causée par des tirs ciblés de soldats israéliens selon Charles Enderlin, correspondant de France 2 à Jérusalem (Israël) et son fixer ou cameraman palestinien Talal Abu Rahma, le mensuel Causeur consacre, dans son n° 142 de février 2026, un focus passionnant sur ce blood libel. Intitulé « Affaire al-Durah, 25 ans après qui a tué la vérité ? » et sous-titré « Comment France 2 a diffusé une intox antisémite », ce focus réunit des éclairages par le principal activiste Philippe Karsenty, des journalistes Elisabeth Lévy et Claude Askolovitch, le documentariste Michaël Prazan, des avocats Me Aude Weill-Raynal et Me Gilles-William Goldnadel, le politologue Pierre-André Taguieff, et, sur son site Internet, le billet du Dr Richard Prasquier, Président d'honneur du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France). Et ce, dans le contexte de la commission d’enquête  parlementaire « sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public » où se distingue le député Charles Alloncle (Union des droites pour la République, UDR).

La justice française se prononcera sur les images controversées de « la mort de Mohamed al-Dura »

Un expert balistique estime « sérieuse » la possibilité d’une « mise en scène » de la « mort » de « Mohamed » al-Dura

France 2 et Charles Enderlin n’expliquent pas à la Cour d’appel de Paris les incohérences et contradictions relatives à l’incident al-Dura

Affaire al-Dura : les rushes de France 2 en exclusivité sur Youtube

La Cour d’appel de Paris a relaxé Philippe Karsenty dans l’affaire al-Dura

L’arrêt de la Cour d’appel de Paris relaxant Philippe Karsenty tance sévèrement France 2 et Charles Enderlin

Le CRIF demande une commission d’enquête indépendante composée d’experts afin d’établir la vérité dans l’affaire al-Dura

Une réunion sur l’affaire al-Dura calamiteuse pour France 2


C’est un 25e anniversaire qui ne passera finalement pas inaperçu.

Le 30 septembre 2025 à 
à 10h32, Mediapart a diffusé l'interview de Jamal al-Dura intitulée "Jamal al-Dura : « Le sang de Mohammed n’en finit pas de couler » et signée par Gwenaelle Lenoir. Pourquoi ce regain d'intérêt pour l'affaire al-Dura ? Pour tenter d'effacer le souvenir des fakes, notamment sur "la famine dans la bande de Gaza" ? Pour renforcer l'image diffamant Israël et ses soldats présentés faussement comme "tueurs d'enfants" depuis des décennies, notamment auprès de la génération née en 2000 (génération Z ou Gen Z) ?

En ce mois de février 2026, le mensuel Causeur a l’initiative pertinente de présenter les analyses d’experts divers pour analyser ce film court, mondialement connu, qui soulève des questions essentielles sur la pratique et l’éthique des journalistes, sur la diffamation durable d’Israël par Pallywood (néologisme forgé par l’historien Richard Landes), sur l’incitation à la haine des juifs par un « blood libel » (accusation fausse portée contre les Juifs accusés de tuer un enfant non-juif pour utiliser son sang dans la fabrication de matzot pour Pessah) diffusé le 30 septembre 2000, au début de l’Intifada II déclenchée par Yasser Arafat, par le JT de 20 h du fleuron du secteur audiovisuel public français, sur l’inaction d’organisations juives françaises – Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) sauf sous les mandats de son Président Richard Prasquier, des Consistoires de France et de Paris Île-de-France -, sur la justice française, sur la persévérance de Philippe Karsenty, sur le rôle de rares intellectuels…

Le 30 septembre 2000, France 2 diffusait un reportage commenté par Charles Enderlin qui attribuait la « mort de Mohamed al-Dura » à des « tirs venus de la position israélienne » au carrefour de Netzarim (bande de Gaza). Le 21 mai 2008, l’arrêt de la Cour d’appel de Paris a souligné les invraisemblances et incohérences de ces images devenues emblématiques de l’Intifada II. Pour établir les faits survenus ce 30 septembre 2000 à ce carrefour, le CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) a réitéré lors d’une conférence de presse le 2 juillet 2008, en présence d'Elisabeth Lévy et de Gil Mihaely, respectivement directrice de la rédaction et directeur de la publication de Causeur, sa demande de constitution d’une commission indépendante d’experts. Une demande adressée au Président de la République Nicolas Sarkozy et accueillie froidement par France 2 qui en entrava le fonctionnement.

Au sommaire  du numéro 142  de Causeur, six articles sur dix-sept pages.

Le focus s’ouvre par « L’heure des pro-pal  » d’Élisabeth Lévy. La directrice de la rédaction du magazine rappelle le contexte de diffusion du film, les positions fermes de Charles Enderlin et Talal Abu Rahma, et les premiers doutes, puis elle introduit les cinq autres articles. Elle est persuadée que « Charles Enderlin s’est fait balader par son caméraman et ses images made in Pallywood, et qu’ensuite, plutôt que de reconnaître une erreur, il a joué les vierges outragées. C’est certainement à l’insu de son plein gré qu’il a donné un écho mondial à des images trompeuses, alimentant le feu antijuif. C’est volontairement qu’il a ensuite préféré sa réputation à la vérité ». Charles Enderlin s’est peut-être obstiné pour d’autres raisons : volonté de façonner sa statue de sage visionnaire ignoré, pour le malheur d’Israël, par des politiciens, écriture de l’Histoire du conflit à l’aune de son idéologie gauchiste. Le « cas Al-Durah est doublement paradigmatique. Tout d’abord, il « accommode à la sauce de l’information planétaire » le « blood libel » dont on connait l’effet létal pour les juifs. De plus, c’est un « cas d’école du fonctionnement du parti des Médias ». Elle conclut en défiant les députés de demander à une « commission indépendante de se prononcer sur l’authenticité du reportage al-Durah ».

Interrogé par Gil Mihaely dans « Le plus grand faux antisémite de notre génération  », Philippe Karsenty, Ancien maire-adjoint (UMP, puis LR) de Neuilly, porte-parole du Comité Trump France, affirme que « la mort de Mohamed al-Dura » est une mise en scène, et l’icône médiatique est devenue une référence à ce jour. Il liste les incohérences dans ce « reportage de 48 secondes », les saynètes de guerre simulée tournée au carrefour de Netzarim devenu un studio de cinéma à ciel ouvert constituant les 18 minutes de rushes fournies par France 2. Il rend hommage à tous ceux sui ont œuvré à faire connaître la vérité. Des images « qui validaient le récit idéologique » de France 2. Il exprime sa surprise de découvrir la pétition en soutien à Charles Enderlin, peu après sa victoire devant la Cour d’appel de Paris en 2008. S’il salue Richard Prasquier, seul Président du CRIF à l’avoir soutenu, il déplore le soutien constant de l’UEJF à France 2.

Dans « L'héritage du libelle de sang », le documentariste Michaël Prazan Propos explique à Élisabeth Lévy et Jean-Baptiste Roques que « l’affaire Al-Durah, qui a réactivé le mythe du juif tueur d’enfants, s’inscrit dans la continuité de l’antisémitisme chrétien et du nazisme », et a réactivé « un antisémitisme ancestral, plurimillénaire, intériorisé par bon nombre de nos contemporains, qui n’attend qu’un prétexte pour se réveiller
… A présent, la propagande djihadiste se déverse à jet ininterrompu sur les écrans de millions d’internautes dans le monde » et nourri l’antisémitisme auquel contribue « l’idéologie décolonialiste ». Et de citer la conférence de l’ONU contre le racisme à Durban en 2001. Le premier « libelle de sang » date de l’an 38 à Alexandrie, alors dans l’empire romain : « un certain Apion, de culture hellénistique, déclenche une émeute antijuive en relayant dans son ouvrage Les Egyptiaques une rumeur de crime rituel… Un demi-siècle plus tard, le fameux historien Flavius Josèphe rédigera un Contre Apion ». Dans l’Occident chrétiens médiéval, cette accusation de crime rituel se fonde notamment sur un passage de l’Évangile appelé « libelle de sang » dans lequel la foule juive lance à Ponce Pilate au sujet du Christ : « Que son sang soit sur nous, et sur nos enfants ! » Angleterre, France, Espagne, puis Espagne sont les lieux de massacres de juifs causés par ces accusations fausses… Durant la Peste noire au XIVe siècle, la plupart des « 350 pogroms recensés sur l’ensemble du continent sont provoqués par une accusation de crime rituelle – « six papes doivent condamner les persécutions ». Dès le XVe siècle, la « rumeur fusionne avec la légende d’origine roumaine, le mythe de Dracula ». Celui-ci est repris par Edouard Drumont et les Nazis : « métaphore du juif aux dents pointues qui suce le sang des jeunes victimes, et à travers celle-ci le sang des nations. En 1946, le pogrom de Kielce (Pologne) est induit par cette rumeur de crime rituel, et est commis par des chrétiens mécontents de revoir des juifs rescapés de la Shoah vouloir reprendre possession de leurs maisons. Dans l’entre-deux guerres, « l’accusation de crime rituel s’exporte en Iran et en Égypte par l’intermédiaire des professeurs allemands acquis à l’antisémitisme nazi officiant dans les écoles d’ingénieurs, et par la propagande des médias allemands qui y étaient implantés ». Quid de la propagande nazie de Radio Berlin, par le grand mufti de Jérusalem, en direction du monde Arabe ? Michaël Prazan cite les caricatures montrant Ariel Sharon « manger des enfants » durant la Première Intifada, ou Benyamin Netanyahou « avec des dents de vampire dégoulinant de sang » - cette image apparaissait dans l’affiche visible le 20 février 2025 dans la bande de Gaza. Il exhorte à « contrer cette réécriture de l’Histoire ».

Dans « Cinq raisons de ne pas croire France 2  », Mes Aude Weill-Raynal et Gilles-William Goldnadel relatent la chronologie, du Tribunal à la Cour de cassation, de la procédure judiciaire initiée par France 2 et Charles Enderlin contre Philippe Karsenty poursuivi pour diffamation, et non diffusion d’une fausse information. « A la lumière de ce qui précède, on peut se demander si la justice est, d’une part légitime et d’autre part compétente, pour authentifier un reportage controversé. A l’arrivée, les contraintes drastiques de la loi sur la diffamation, qui exige de celui qui allègue de faits d’en avoir détenu la preuve préalablement, conduisent le juge à conclure que s’il a eu raison trop tôt, c’est qu’il avait tort. Faut-il en conclure que le formalisme juridique auquel doivent se soumettre les juges peut faire échec à la vérité historique démontrée par d’autres moyens ? Ne devrait-on pas plutôt se tourner vers des analyses d’images, balistiques, médico-légales et biométriques ? Plus de vingt-cinq ans après la diffusion du reportage et plus de douze ans après la fin de cette épopée judiciaire, il est temps que des experts soient invités à se prononcer sur ces images sans que France Télévisions puisse exciper d’une quelconque autorité de la chose jugée pour les en empêcher. »

« Je ne sais rien de Mohamed al-Dura, sinon que cet enfant est mort à 12 ans contre le corps blessé de son père, le 30 septembre 2000 à Gaza, dans un échange de tirs entre forces palestiniennes et l’armée israélienne, au moment où se défaisait la paix d’Oslo ». Ainsi débute l’article « Le visage de la Palestine » de Claude Askolovitch, « Juif de gauche et sioniste blessé ». Comme le procès intenté par Jamal al-Dura, « père de Mohamed al-Dura », contre le Dr Yehuda David et le journaliste Clément Weill-Raynal a révélé les contradictions sur « les blessures » listées dans les dossiers médicaux de Jamal al-Dura examiné par des médecins dans des hôpitaux palestinien, puis jordanien, on peut raisonnablement rassurer notre confrère : Mohamed al-Dura était vivant à la fin du tournage de ces images en 2000.

« Inventeur du concept d’islamo-gauchisme », le politologue et philosophe Pierre-André Taguieff considère, dans son article « Il était une fois Pallywood », les « images trompeuses du « petit Mohamed » comme s’apparentant aux « Protocoles des Sages de Sion » et à l’affaire Dreyfus ». Un « étendard mythique de la guerre médiatique contre Israël et les Juifs ». Un « mythe politique sloganisé, intégré dans les appels au djihad ». Une icône médiatique « à forte charge émotionnelle » et « résistant aux démentis ». Le politologue déplore « une raison des médias qui n’a rien à envier à la raison d’État », et considère que l’affaire Al-Durah « reste un cas d’école sur la responsabilité journalistique et sur la puissance des images dans la construction de mythes politiques contemporains ». Pourtant, c’est le texte dit en voix off par Charles Enderlin qui me semble jouer un rôle essentiel car il offre l’interprétation de ces images.

Dans sa chronique radiophonique du 15 février 2026, Richard Prasquier considère que « cette histoire est emblématique de la guerre des mots et des images qui est menée contre Israël, guerre  où la manipulation des médias s’est révélée unes  une arme  redoutable contre laquelle  Israël aujourd’hui encore n’a pas trouvé de parade efficace... Charles Enderlin bénéficia d’un réseau considérable et puissant de solidarité amicale et surtout professionnelle. Ceux qui y auraient dérogé y risquaient leur carrière. Le poids de la télévision publique  en imposait alors à tous ceux qui travaillaient avec les médias, y compris aux décideurs politiques qui ne voyaient pas l’intérêt de s’engager dans un combat à l’issue douteuse et dans une polémique pleine de traquenards. » 

Dans le réseau de Charles Enderlin : Delphine Horvilleur, travaillait alors auprès du correspondant de France 2 à Jérusalem. Elle est demeurée toujours silencieuse dans l'affaire al-Dura Elle a été "ordonnée rabbin au Hebrew Union College en 2008, et est depuis lors rabbin au MJLF (JEM) à Paris". Dans son article « Gaza/Israël : Aimer (vraiment) son prochain, ne plus se taire » publié le 7 mai 2025 - le 7 mai 1948 l'Allemagne nazie avait capitulé - par Tenoua, revue de JEM dont elle est directrice de la rédaction depuis 2009, Delphine Horvilleur a écrit :
« Sur les murs de ma synagogue sont gravés quelques mots, tirés d’un des versets les plus célèbres (et les moins bien compris) de la Bible : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ».
L’adage, à la manière d’une « tarte à la crème », énonce la bonne conscience des religions monothéistes : on s’en gargarise comme pour se convaincre qu’au fond, on ne se veut que du bien... 
Le phénomène n’est pas propre aux religions. Tendez l’oreille vers tant de discours actuels, polarisés à l’extrême. La méfiance est radicale vis à vis du « salaud » d’en face. Et c’est particulièrement vrai quand il s’agit de débattre du Proche‐Orient.
Très vite, chacun défend son « prochain » (et uniquement lui !), et la parole se censure… On se tait pour éviter de fournir la moindre munition au « camp » d’en face. Toute autocritique menace l’union sacrée, se fait traîtrise ou, pire, carburant pour un ennemi qui cherche à nous détruire. Alors Chut… taisons‐nous plutôt que de faire le jeu d’une quelconque récupération. Il en va de la sécurité de nos idées ou de nos enfants.
Moi‐même, j’ai ressenti souvent cette injonction au silence...
Je me suis tue mais, aujourd’hui, il me semble urgent de reprendre la parole. Je veux parler, au nom de « l’amour du prochain » ou plutôt de ce que ce verset biblique (si mal traduit) en dit vraiment.
Il est écrit : « Si tu sais adresser des reproches à ton prochain » et alors : « tu aimeras ton prochain comme toi-même ». Cet amour n’a rien d’inconditionnel ou d’aveugle. Il implique au contraire, dans la Bible, d’ouvrir les yeux d’un proche sur ses fautes, et de tendre dans sa direction un miroir pour qu’il s’observe.
C’est donc précisément par amour d’Israël que je parle aujourd’hui. Par la force de ce qui me relie à ce pays qui m’est si proche, et où vivent tant de mes prochains. Par la douleur de le voir s’égarer dans une déroute politique et une faillite morale. Par la tragédie endurée par les Gazaouis, et le traumatisme de toute une région.
Comme beaucoup d’autres Juifs, je veux dire que mon amour de ce pays n’est pas celui d’une promesse messianique, d’un cadastre de propriétaire ou d’une sanctification de la terre. Il est un rêve de survie pour un peuple que personne n’a su ou voulu protéger et il est le refus absolu de l’annihilation d’un autre peuple pour le réaliser. Il est la conviction, déjà énoncée par ses fondateurs, que cet État doit être à la hauteur d’une histoire ancestrale et, selon les termes de sa déclaration d’Indépendance, « tendre la main » à tous les pays voisins et à leurs peuples.
Cet amour d’Israël consiste aujourd’hui à l’appeler à un sursaut de conscience…
Il consiste à soutenir ceux qui savent que la Démocratie est la seule fidélité au projet sioniste.
Soutenir ceux qui refusent toute politique suprémaciste et raciste qui trahit violemment notre Histoire.
Soutenir ceux qui ouvrent leurs yeux et leurs cœurs à la souffrance terrible des enfants de Gaza.
Soutenir ceux qui savent que seuls le retour des otages et la fin des combats sauveront l’âme de cette nation.
Soutenir ceux qui savent que, sans avenir pour le peuple palestinien, il n’y en a aucun pour le peuple israélien.
Soutenir ceux qui savent qu’on n’apaise aucune douleur, et qu’on ne venge aucun mort, en affamant des innocents ou en condamnant des enfants.
C’est seulement par ce soutien que s’énonce un véritable amour du prochain. Pas comme une promesse niaise et inconditionnelle, mais comme une exigence morale qui doit préserver l’humanité de chacun d’entre nous, et permettre au « prochain humain », c’est-à-dire une génération à naître, de connaître autre chose que la haine. »
L'aide humanitaire gratuite arrive dans la bande de Gaza et est, selon un rapport de l'ONU en 2025, volée par les mouvements djihadistes ("acteurs armés"), dont le Hamas. Selon les statistiques de l'ONU, du 19 mai au 31 juillet 2025, "𝟖𝟓% de l'aide collectée par l'ONU a été 𝐢𝐧𝐭𝐞𝐫𝐜𝐞𝐩𝐭é𝐞 (= volée ou "auto-distribuée") à Gaza et n'est 𝐩𝐚𝐬 𝐚𝐫𝐫𝐢𝐯é𝐞 à 𝐝𝐞𝐬𝐭𝐢𝐧𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧. Seuls 68.5% de l'aide contrôlée par Israël et transférée à Gaza a été 𝐜𝐨𝐥𝐥𝐞𝐜𝐭é𝐞 par l'ONU."

La première "exigence morale" consiste à dire la vérité, à faire preuve d'honnêteté intellectuelle  - il n'y a pas d'enfants gazaouis condamnés par Israël -, et, surtout "par amour de son prochain", à ne pas exprimer de blood libel. A quelques mois du 25e anniversaire de la diffusion des images sur "Mohamed al-Dura", la rabbin Delphine Horvilleur a porté une grave accusation contre Israël. Or, Israël n'affame pas, ne condamne pas des enfants.

Richard Prasquier poursuit : « Moins de deux semaines après le reportage de France II, distribué dans le monde entier, deux réservistes israéliens, Vadim Norzhich et Yossi Avrahami, entrèrent par erreur dans Ramallah et furent arrêtés par la police palestinienne. La foule envahit le poste de police et procéda à un lynchage absolument épouvantable . Un des assassins parut à la fenêtre montrant sous les applaudissements ses mains rouges du sang des deux malheureux. Plusieurs reporters présents tentèrent de filmer la scène, mais leurs caméras furent confisquées. Les journalistes d’une radio privée italienne parvinrent néanmoins à cacher leur matériel et leur film permit au monde de voir l’horrible apparition. Que se passa-t-il?  Rien. Aucune manifestation. En fait il y eut bien une protestation, et elle fut honteuse, ce fut  celle du responsable de la RAI, la chaine publique italienne, Riccardo Cristiano. Il publia un communiqué suivant lequel il ne fallait pas confondre  la RAI avec l’autre chaine italienne et que lui, par déontologie professionnelle, ne se serait jamais permis de diffuser de telles images car elles pouvaient nuire à l’Autorité palestinienne ». 
 
A noter que Yonathan Arfi, Président du CRIF depuis 2022, demeure inactif dans l’affaire al-Dura, comme il l’a été durant sa présidence de l’UEJF (2003-2005). Il n'en a pas parlé lors de son discours prononcé durant le 40e dîner du CRIF le 19 février 2026.

Espérons que la commission d’enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public, créée le 28 octobre 2025, à l’Assemblée nationale, auditionnera Philippe Karsenty afin de compléter son futur rapport.


Causeur, n° 142, Février 2026. 82 pages. 6,50 €

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