Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

jeudi 30 janvier 2020

Les Arabes de « Jérusalem-Est »


Invité par l’Institut Jean-Jacques Rousseau (IJJR), David Pollock, Senior Fellow au Washington Institute, a présenté le 15 septembre 2010, à Paris, les résultats du sondage réalisé par Pechter Middle East Polls et le Council on Foreign Relations, avec le Palestinian Center for Public Opinion (PCPO), en novembre 2010 The Palestinians of East Jerusalem: What DoThey Really Want? Des résultats similaires ont été enregistrés lors de sondages au printemps et à l'été 2011. Emerge une forte préférence pour l’Etat d’Israël. On demeure cependant perplexe en lisant la terminologie des sondeurs. En 2019, Israël "a accordé la citoyenneté à 1 200 "Palestiniens" résidents dans la partie orientale de Jérusalem, un record, selon les chiffres du gouvernement".


Les sondages sur les habitants de "Jérusalem-Est" étant très rares, ce sondage suscite un grand intérêt. Non déçu.


Une préférence pour l’Etat d’Israël
Lors de la réunion de presse de l'IJJR présentant ce sondage, et dans son article publié sur son blog, l'écrivain et journaliste Michel Gurfinkiel, président de l’IJJR, a rappelé :

« Jérusalem-Est » n’existe pas en tant qu’entité administrative. Ce terme regroupe l’ensemble des quartiers et espaces de Jérusalem situés à l’est de la « ligne verte », l’ancienne ligne de cessez-le-feu israélo-jordanienne en vigueur de 1949 à 1967. Rattachés à la Jérusalem israélienne (« Jérusalem-Ouest ») en juin 1967, au lendemain de la guerre des Six Jours, ils se situent en fait au nord, à l’est et au sud de celle-ci. Leur superficie est de 64 kilomètres carrés, sur un total de 125 kilomètres carrés pour l’ensemble de la municipalité « unifiée » de Jérusalem. Ainsi définie, Jérusalem-Est comptait 66 000 habitants en 1967, arabes à 98 %. En 2008, elle comptait 456 000 habitants, soit 60 % de l’ensemble de la population de la Ville sainte. Dont 195 000 Juifs et 260 000 Arabes. Les habitants juifs de Jérusalem-Est se sont installés dans des quartiers dont ils avaient été chassés en 1948, comme la Vieille Ville, ou dans des quartiers nouveaux créés en général dans des no man’s lands d’avant 1967 ou des zones non urbanisées. Les habitants arabes, dont la croissance démographique a été de 300 % sous le régime israélien, habitaient déjà sur place avant 1967 ou ont immigré de Cisjordanie ou de Gaza depuis cette date ».


Les habitants de « Jérusalem-Est » détiennent la « carte bleue » israélienne (carte de résidents permanents). Ils peuvent « travailler et voyager en Israël, recevoir le même système de santé, d’indemnisation du chômage ou pour les handicapés que les Israéliens, ont le droit de vote aux élections municipales, mais pas aux élections nationales. Les Arabes palestiniens de Judée, de Samarie et de la bande de Gaza ne sont pas titulaires de ces droits », indique l’institut de sondage Pechter Middle East Polls.


Senior Fellow au Washington Institute, ancien directeur du Moyen-Orient au service de planification politique du département d'Etat, conseiller à l’institut Pechter et arabisant, le Dr.David Pollock a élaboré le sondage, l’a supervisé et analysé.


Pechter Middle East Polls a lancé et analysé ce sondage mené pendant trois semaines en novembre 2010 par une firme palestinienne de sondage de la Judée-Samarie, le Palestinian Center for Public Opinion (PCPO) dirigé par le Dr. Nabil Kukali.

Le PCPO a recouru à des interviews en arabe, à domicile, en face-à-face, auprès d’un échantillon représentatif de 1 039 hiérosolymitains de Jérusalem-Est, musulmans et chrétiens : composés à part quasi égale d’hommes et de femmes, ces sondés ont pour 68% d’entre eux moins de 36 ans. Environ  35% travaillent dans le secteur public, 30% dans le privé. Cet échantillon comprend 21% étudiants, 22% ouvriers, 22% employés, 13% femmes au foyer. La marge d’erreur du sondage s’élève à 3%.


L’un des résultats les plus surprenants est que, si la solution à deux Etats était retenue de manière permanente, seulement 30% des sondés préfèreraient la nationalité palestinienne dans le cadre de la solution à deux Etats. Environ 35% préfèreraient la nationalité israélienne et 35% ne répondent pas ou ne savent pas répondre.


Et 39% répondent que la plupart de leurs voisins préfèreraient la nationalité israélienne ; 31% que la plupart préfèreraient la nationalité palestinienne ; 30% ne répondent pas ou ne savent pas répondre.


De plus, si leur voisinage devenait une partie reconnue internationalement comme israélienne, 54% y resteraient, 27% partiraient pour la Palestine et 19% ne savent pas. Si leur voisinage était inclus dans une partie reconnue internationalement de la Palestine, 40% des sondés iraient vivre en Israël, 37% resteraient en Palestine et 23% ne savent pas.


Si les sondés sont satisfaits de leur qualité de vie (44%), ils considèrent à hauteur de 56% que les services municipaux de la capitale israéliennes opèrent une discrimination à leur égard. Ils qualifient de problèmes importants les délais/restrictions aux checkpoints (52%), ceux liés au « mur » (64%), les crimes (39%), les menaces/intimidations des habitants Juifs des implantations (32%), de la police et des garde-frontières israéliens (26 %), corruption/malversations des responsables municipaux de Jérusalem (25%), mais aussi la corruption/malversations des dirigeants de l’Autorité palestinienne (24%) et les menaces/intimidations de groupes palestiniens (14%).


Sur leur identité, 72% des habitants de Jérusalem-Est interrogés estiment leur identité musulmane comme importante et très importante, 68% insistent sur leur identité palestinienne, 68% mettent en avant leur qualité de hiérosolymitains, 66% celle d’Arabes.


Ils sont 49% à considérer de modérément à extrêmement importante leur sympathie pour le Fatah, 51% celle pour le « Mouvement islamique à l’intérieur de la Ligne Verte » et 46% pour le Hamas.


Les motifs de leur préférence pour la citoyenneté israélienne ? En premières positions, la liberté de mouvement (25%), un revenu plus élevé (24%), la sécurité sociale (24%), les opportunités professionnelles (15%). La situation politique (8%) se trouve en antépénultième position.


Les motifs de leur préférence pour la citoyenneté palestinienne : en premières positions, nationalisme et patriotisme (41%), l’affiliation religieuse/accès aux lieux de pèlerinage (12 %), l’identité arabe (11%).


S’ils deviennent citoyens de l’Etat de Palestine, ils seraient inquiets – un peu à très - par une perte d’emploi à Jérusalem-Est et en Israël (87%), une hausse du niveau de la corruption (86%), et d’éventuels changements dans la liberté d’expression (74%).


S’ils devenaient citoyens israéliens dans une zone reconnue comme israélienne, ils seraient inquiets de perdre l’accès à la mosquée al-Aqsa et à la Vieille Ville (74%), la discrimination (70%), la perte de leur foyer ou terre en Palestine (66%), la fin de leurs relations avec leurs familles/amis (64%), un mauvais comportement moral de leurs enfants (63%) et la perte de la liberté de mouvement en Palestine (61%).


S’ils étaient citoyens d’un Etat de Palestine après un accord exhaustif de paix, les éléments les plus importants de cette nationalité palestinienne dans cet Etat : pour 81%, c’est la famille et des amis dans la rive occidentale du Jourdain, pour 68% être citoyen d’un Etat arabe, 65% résider dans un pays majoritairement musulman.


S’ils étaient citoyens de l’Etat d’Israël vivant dans cet Etat après un accord exhaustif de paix, les bénéfices les plus importants de cette citoyenneté sont pour 68%, la sécurité sociale, pour 67% les facilités israéliennes, pour 64% les bénéfices liés aux régimes liés au chômage et aux handicapés, pour 62% le marché d’emploi israélien, et pour 60% la retraite.


Si « les directions israélienne et palestinienne s’accordent sur un accord de paix pour mettre un terme au conflit, en divisant Jérusalem entre Israël et la Palestine, pensez-vous que des groupe de résistance continueront la lutte armée » ? La réponse est Oui pour 41%, 31% pour Non ; 28% ne savent pas.


A la question « Si ces groupes continuent la lutte armée dans ce contexte, pensez-vous que des proches dans votre voisinage approuveront la poursuite de la lutte armée ? » 28% ne savent pas, 19% avancent très peu, et le reste (62%) pensent qu’ils serait d’accord.


Si l’Autorité palestinienne demande la reconnaissance unilatérale de la Palestine par l’ONU, 34% pensent que cela aura un effet positif, 35% un effet négatif ; 27% n’envisagent presqu’aucun effet pratique.


Ce sondage a été actualisé au printemps et à l’été 2011, notamment du 4 au 10 septembre 2011. Les résultats vont dans le même sens que ceux de novembre 2010.

Une terminologie « palestiniennement correcte »
Ces résultats – préférence pour l’Etat d’Israël - s’avèrent d’autant plus surprenants que Mahmoud Abbas (Abu Mazen) a su rallier de nombreux pays à la reconnaissance unilatérale d’un Etat palestinien et que l’économie palestinienne connaît une croissance considérable depuis quelques années. Manque d’espoir dans leur avenir national ? Espoir d’une disparition à terme de l’Etat d’Israël ?


Force est de constater la primauté de l’identité musulmane – appartenance à l’umma – légèrement avant celle palestinienne ou arabe.


Ce sondage a été réalisé par des professionnels, américains et palestiniens. Ce qui surprend et choque, c’est la terminologie qui n’est pas toujours neutre. Exemples : « le mur » pour la barrière de protection, « la lutte armée de la résistance » pour le terrorisme. Un sondeur  doit-il utiliser ces vocables relevant de la propagande palestinienne pour être accepté, audible et compris des sondés palestiniens, chrétiens ou musulmans ? Ce qui serait révélateur à plus d'un titre. Mais pourquoi l’institut Pechter et le Council on Foreign Relations, deux organismes américains, l'ont-ils accepté ou n'ont-ils pas exprimé une distance ou du moins rédigé une remarque en avant-propos du sondage sur ces termes ?

De plus, les partisanns de la création d'un nouvel Etat palestinien en Judée, Samarie et Gaza justifient leur cession de ces territoires par la volonté de garder un Etat Juif composé d'une majorité de citoyens Juifs. Or, ce sondage démontre que cet Etat palestinien augmenterait le nombre d'Arabes palestiniens en Israël. Ce qui avait été exprimé dans le colloque de Raison garder L'avenir de Jérusalem.

Enfin, ce choix pour l’Etat d’Israël relève essentiellement de raisons matérielles, financières. Dès lors, deux questions perdurent : l’Etat d’Israël acceptera-t-il la liberté de circulation de ressortissants de l’Etat de Palestine qui, selon les discours de Mahmoud Abbas ou de Maen Rashid Areikat, ambassadeur de l’AP aux Etats-Unis, sera Judenrein (sans Juif) ou imposera-t-il une réciprocité avec l’Etat palestinien ? L’Etat d’Israël doit-il accepter que des Arabes palestiniens le rejoignent sans partager ses valeurs, son histoire, son récit national ?


Quand je l’ai interrogé, David Pollock a répondu : « Ce sont des questions politiques nouvelles. Les décideurs politiques n’ont pas encore trouvé de réponses. Quant aux valeurs, on n’a pas besoin d’attendre des Palestiniens de Jérusalem-Est ou des Arabes israéliens qu’ils soient sionistes ou loyaux à l’égard d’une entité juive ou acceptent Hanoucca comme jour férié tant qu’ils sont des citoyens ou résidents respectueux des lois, pacifiques et qui acceptent la démocratie ».

Statistiques.  En 2011, la population de Jérusalem est estimée à 801 000 habitants, dont 64% de Juifs et autres non-Arabes, et 36% d'Arabes.
En 2011, vivaient dans la capitale de l'Etat d'Israël 497 000 juifs, 281 000 musulmans, 14 000 chrétiens et 9 000 personnes sans affiliation religieuse.
De 1967 à 2011, la population de Jérusalem a augmenté de 200% : celle Juive de 157% et celle Arabe de 327%.
En 2010, 474 000 (Juifs et Arabes) vivaient dans des zones qui ont été ajoutées à Jérusalem en 1967. Ils représentent 60% de la population de Jérusalem. Environ 192 000 Juifs et non Arabes vivaient dans des zones voisines ajoutées à Jérusalem en 1967, soit 41% de la population de ces zones. Environ 280 900 Arabes, soit 59% de la population, résidaient dans ces zones.
Les voisinages à la population Juive la plus importante dans Jérusalem sont Ramot avec 41 400 résidents, Pisgat Ze’ev avec 40 400 résidents et Gilo avec 29 600 résidents.

En 2019, Israël "a accordé la citoyenneté à 1 200 "Palestiniens" résidents dans la partie orientale de Jérusalem, un record, selon les chiffres du gouvernement". Il s'agit d'un chiffre trois fois plus élevé qu'en 2018 tandis que le nombre de demandes de citoyenneté refusées - également environ  .200 - a également atteint un niveau sans précédent. Ce record est notamment dû à une décision de la Cour suprême l'année dernière qui a critiqué l'inefficacité du système de demande de citoyenneté et avait demandé au gouvernement israélien d'accélérer la procédure". 

Le 1er janvier 2020, "la police et les inspecteurs municipaux de Jérusalem ont retiré un drapeau palestinien géant qui était accroché au-dessus d'un mur de la Vieille ville de Jérusalem", près de la porte de Damas, appelée aussi « porte de Shekhem » ; Shekhem est le nom hébraïque, antique, de Naplouse. "Le drapeau, sur lequel figuraient les visages de l'ex-dirigeant palestinien Yasser Arafat et du président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, a été placé par un inconnu sur le mur près de la porte de Damas mercredi après-midi. Un suspect a été arrêté, selon les médias israéliens. Le maire de Jérusalem, Moshe Lion, a dénoncé cet acte qui, selon lui, remet en cause "le contrôle israélien de la ville". "La seule souveraineté à Jérusalem est israélienne," a-t-il rappelé. L'incident est survenu alors que le groupe du Fatah dirigé par Abbas marquait son 55ème anniversaire avec des marches en Cisjordanie et à Gaza. Des marches similaires sont prévues ailleurs en Cisjordanie dans les prochains jours."


Cartes :
"Jérusalem-Est". © Pechter Middle East Polls
Jerusalem Municipal Area. © 2000 Copyright Carta, Jerusalem
Jerusalem and Surrounding Area - January 2000. © 2000 Copyright Carta, Jerusalem

Articles sur ce blog concernant :
- Affaire al-Dura/Israël
Chrétiens
France
Il ou elle a dit...
Judaïsme/Juifs
Monde arabe/Islam
Cet article a été publié pour la première fois le 27 septembre 2011. Cet article est l'un des deux articles republiés le 17 mai 2012 à l'approche du Jour de Jérusalem (28 du mois hébraïque d'Iyar, soit en 2012, du 19 mai au soir au 20 mai). Jérusalem, cité réunifiée lors de la guerre des Six-jours (1967) et capitale éternelle et indivisible de l'Etat d'Israël.

« Brundibar » de Hans Krása et Adolf Hoffmeister


Opéra pour enfants, Brundibár a été composé en 1938 par Hans Krása, sur des lyrics d’Adolf Hoffmeister. Interprétée dans le camp nazi de Terezín (Theresienstadt), en Tchécoslovaquie occupée par les Allemands, le 23 septembre 1943, cette œuvre a été instrumentalisée par la propagande nazie dans le film Theresienstadt - eine Dokumentarfilm aus den jüdische Siedlungsgebiet, dirigé par Kurt Gerron. Histoire diffusera, les 28 et 29 janvier 2020, 2, 6 et 18 février 2020, "Les enfants de Terezin et le monstre à moustache" d'Henriette Chardak. Les 28 janvier 2020 à 21 h 40, 29 janvier 2020 à 23 h 40, 2 février 2020 à 19 h 25, 6 février 2020 à 01 h 15 et 18 février  2020 à 01 h 30, Histoire diffusera "Vivre !" réalisé par Thomas Gonshior.

Écrit en 1938 par le compositeur Hans Krása (1899-1944), doté d’un livret signé par Adolf Hoffmeister, l’opéra Brundibár répondait initialement à un concours du ministère de l’Education populaire, qui a été annulé en raison des événements tragiques préludant la Seconde Guerre mondiale. 

D'une durée de cinquante minutes, il a été présenté pour la première fois en 1938 dans un orphelinat Juif de Prague, et en 1942 avant la déportation des Juifs de Bohême et de Moravie vers le camp nazi de concentration Terezín (Theresienstadt), en Tchécoslovaquie occupée par les Allemands. 


« Brundibár », qui signifie bourdon en tchèque, désigne dans l’opéra le méchant, joueur d'orgue de barbarie inspiré du Führer Adolf Hitler. L’intrigue : la mère d’Aninka et de Pepíček est malade. Le médecin a prescrit du lait pour améliorer son état de santé, et les deux enfants se rendent au marché pour en acheter. Malheureusement, ils n’ont pas d’argent. Pour s’en procurer, ils décident de chanter sur la place publique. Furieux de cette concurrence inattendue, Brundibár tente de contrecarrer leur plan. Avec l’aide d’animaux et d’enfants, Aninka et Pepíček parviennent à leur but et entonnent le chant final marquant leur victoire, celle du faible contre le puissant.

En août 1942, Hans Krása est déporté au camp nazi de Terezín (Theresienstadt). Là, il y réorchestre la partition de son œuvre pour l’adapter aux différents musiciens du camp pouvant le jouer. Brundibár est interprété le 23 septembre 1943, et plus de cinquante fois par des enfants et des adolescents de Terezín.

Conscients du potentiel de cette œuvre populaire, les Nazis instrumentalisent Brundibár au service de leur propagande.

Ils intègrent une répétition de cet opéra pour enfants lors de la visite de Terezín, le 23 juin 1944 d'une délégation incluant Frants Hvaas, chef de la section politique du ministère danois des Affaires étrangères, le docteur Juel-Henningsen, haut fonctionnaire du ministère danois de la Santé, et le Suisse, Maurice Rossel, directeur adjoint du bureau de Berlin de la Croix-Rouge Internationale, six représentants de la SS, un représentant du ministère allemand des Affaires étrangères, un délégué de la Croix-Rouge allemande et  Karl Rahm, dirigeant ce camp. 

Les Nazis organisent une représentation spéciale pour leur film de propagande, en noir et blanc, sonore, Theresienstadt - eine Dokumentarfilm aus den jüdische Siedlungsgebiet (Theresienstadt. Un documentaire sur la zone de peuplement juif ou Le Führer donne une ville aux Juifs), tourné à partir de septembre 1944 par Kurt Gerron. Terezin présenté cruellement en "camp modèle". "Un trompe-l’œil destiné à la propagande. Là, des joueurs faisaient semblant de disputer un match de football. La ville a été repeinte. On était filmé quand on recevait du pain. On mangeait plus vite qu'ils ne filmaient tellement on avait faim", se souvient Greta Klingsberg, alors adolescente Juive viennoise, déportée dans Terezín, et veuve.


« Plus jamais les camps ! L'autre message de l'opéra Brundibar » 
« Plus jamais les camps ! L'autre message de l'opéra Brundibar » (Wiedersehen mit Brundibar) est un documentaire réalisé par Douglas Wolfsperger

Cette oeuvre est au centre d’un projet éducatif et artistique berlinois visant une vingtaine de jeunes issus de milieux défavorisés qui rencontrent Greta Klingsberg, une des premières interprètes du spectacle.


Issue d'une famille Juive viennoise - ses parents avaient fait leur aliyah et devaient retourner la chercher -, Greta Klingsberg a été déportée avec sa sœur cadette d'un an au ghetto de Terezín de 1942 à 1944. Elle y vivait avec une vingtaine d'enfants dans un foyer. « On avait tous peur de partir dans un convoi. Les adultes nous rassuraient", confie-t-elle. Elle souligne l'espoir de survivre qui l'animait. Son air préféré ? La berceuse qu’elle compare à « un chant populaire. Je trouve cela très beau… »

Cependant, en octobre 1944, ces  artistes Juifs et le compositeur sont déportés au camp d’Auschwitz.  Greta Klingsberg est alors séparée de sa sœur cadette qu'elle ne reverra plus. 

Ce n'est qu'en 1975 que Brundibár est présenté aux Etats-Unis et en Allemagne en 1975.

En 1995, les Jeunesses musicales allemandes ont lancé le Projet Brundibár intergénérationnel, car il réunit des témoins expliquant leur passé aux acteurs/chanteurs, un CD de la musique de Krása, un film video avec des interviews des jeunes artistes ayant survécu à la Shoah et des clips des spectacles de Brundibár.  Les enseignants et les enfants bénéficient de matériaux pédagogiques sur l'Allemagne nazie, Terezín et les programmes culturels de son ghetto. Ce projet a induit des centaines de représentations de cet opéra en Allemagne et en Europe occidentale depuis 1999, ainsi qu'aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne et dans d'autres pays dans la décennie suivante.

Parmi les quelques survivants ayant joué dans Brundibár à Terezín : Greta Klingsberg, qui avait interprété à 13-14 ans le personnage d’Aninka, « participe à la nouvelle mise en scène de l’opéra Brundibár à la Schaubühne de Berlin. Une extraordinaire expérience sur la mémoire et le passé nazi, portée par une vingtaine de jeunes issus de milieux défavorisés », qui surmontent leurs préjugés ou leurs complexes d'infériorité à l'égard de l'art lyrique et qui se confrontent à une tragédie de l'Histoire : la Shoah. 

Un projet artistique et pédagogique qui « fait revivre le poignant opéra joué 60 ans plus tôt par des enfants au camp de Terezin avant » leur déportation à Auschwitz ». L'art aussi comme acte de combat, de foi et aidant à survivre dans l'horreur concentrationnaire. Et à l'oublier le temps d'une représentation publique.

Le documentaire alterne scènes de répétition de Brundibár, d'interviews des jeunes impliqués dans ce projet, de la visite dans un  Terezín ensoleillé, au cimetière Juif au milieu duquel se trouve une Menorah, de la représentation publique de l'opéra, et de l'accueil chaleureux réservé à Greta Klingsberg par les jeunes artistes amateurs.

Heureuse de voir cet opéra non tombé dans l'oubli, Greta Klingsberg espère qu'il sera un jour interprété en arabe. 

Caen Les 19 et 21 mai 2015, Brundibár, opéra de Hans Krása (1899-1944) pour voix d’enfants en deux actes, créé à Terezín en 1943 sur un livret d’Adolf Hoffmeister, a été interprété au théâtre de Caen par l'orchestre régional de Basse-Normandie. "Ce sera le projet phare de l’année pour la Maîtrise de Caen, régulièrement investie par le théâtre de Caen d’un projet lyrique. La création de Brundibár s’inscrit dans le cadre du 70e anniversaire de la libération des camps. Comme pour Der Kaiser von Atlantis, la genèse chaotique de cet opéra pour enfants, pétulant et enjoué, est traversée par les terribles soubresauts de l’Histoire. Déportés au camp de Terezín, en Tchécoslovaquie, des enfants juifs chantent Brundibár de Hans Krása pour une visite du camp par La Croix-Rouge. Krása avait alors reconstitué la partition de l’opéra à partir de quelques parties de piano conservées et de sa mémoire. Ce que ne savaient pas les représentants de La Croix-Rouge à l’époque, c’est que l’intégralité de leur visite n’était qu’une sinistre mise en scène, organisée par le Reich pour nier la réalité des camps.Brundibár met en scène Aninka et Pepiček. Afin d’offrir du lait à leur mère malade, les enfants décident de chanter sur la place du village pour gagner de l’argent. Mais le méchant Brundibár les en empêche..." Cet opéra sera interprété par Simon Dubois Brundibár (baryton), les solistes et chœur de la Maîtrise de Caen sous la direction musicale d'Olivier Opdebeeck et dans une mise en scène de Benoît Bénichou. Les décors sont signés d'Amélie Kiritze-Topor et la création de lumières de Thomas Costerg. Les étudiants de l’école Supérieure d’arts & médias de Caen en assurent la réalisation vidéo.


"Écrire, dessiner, composer à Terezin"
Le 11 juin 2017, à 17 h,  dans le cadre du Salon du Livre du Mémorial de la Shoah, le Mémorial de la Shoah proposa le concert "Écrire, dessiner, composer à Terezin". "Helga Weissova a 11 ans lorsqu’elle arrive avec ses parents à Terezin (1941). Dans son Journal, qu’elle illustre par ses propres dessins, Helga raconte la souffrance mais aussi les petits moments de joie, comme pour répondre à la prière de son père : « Dis-leur ce que tu vois ». Ensemble, ils préparent un livre insolite pour les 37 ans de sa mère : Et Dieu vit que cela était mauvais, les aventures d’Aaron Gottesman qui n’est autre que Dieu descendu à Terezin !"
Programme musical :
Trio pour flûte, alto et contrebasse (transcription) de Rosy Wertheim
Preludium pour alto solo de Gideon Klein
Concertino pour flûte, alto et contrebasse d’Erwin Schulhoff
.En présence de Teodor Coman, alto, Raquele Magalhães, flûte, Frédéric Stochl, contrebasse, et Delphine Cottu, comédienne.

"La musique contre l’oubli"
Le 27 janvier 2018, à 19 h 30, le Grand amphithéâtre de la Sorbonne a accueilli le concert "La musique contre l’oubli", "hommage aux compositeurs juifs tués par les Nazis, avec l’Orchestre de la Garde républicaine, sous la direction de François Boulanger. Au piano : Nathalia Romanenko, présentation : Marek Halter. Un concert sous le haut patronage de M. Emmanuel Macron, Président de la République, à l'invitation de M. Gilles Pécout, Recteur de l'Académie de Paris, et de M. Éric de Rothschild, Président du Mémorial de la Shoah.


CercilLe 10 mai 2019 à 19 h, le Cercil - Musée Mémorial des enfants du Vel d'hiv proposera au Théâtre d’Orléans le spectacle "Brundibár", opéra de Hans Krása et d’Adolf Hoffmeister. "Composé par Hans Krása en 1938 sur un livret d’Adolf Hoffmeister, l’opéra pour enfants Brundibár a été créé, sans doute secrètement, en 1941, par les enfants d’un orphelinat juif, dans la Prague occupée par les nazis. L'histoire : grâce à la solidarité des autres enfants, deux enfants pauvres triomphent du joueur d’orgue de barbarie nommé Brundibár, car ils ne se sont pas fait piéger. En août 1942, le compositeur est déporté à Terezin. En juillet 1943, il récupère la partition et la remanie pour les instruments à sa disposition. Une première représentation a lieu le 23 septembre 1943. Conscient du potentiel propagandiste de cette œuvre dont la popularité était immense auprès de la population tchèque du camp, les autorités nazies ordonnèrent que l’opéra fût présent dans le film de propagande qu’ils réalisent entre août et septembre 1944. Première partie : Musiques et chants klezmer. Par l’atelier de musiques traditionnelles et d’improvisation et la chorale du Conservatoire d’Orléans, les chorales du Conservatoire d’Olivet et de l’école de Musique de Saran."

"Les enfants de Terezin et le monstre à moustache"
Histoire diffusera, les 28 et 29 janvier 2020, 2, 6 et 18 février 2020, "Les enfants de Terezin et le monstre à moustache" d'Henriette Chardak. "Ce film raconte une histoire extraordinaire, celle d’Ela Weissberger, une des dernières rescapées du camp de concentration de Terezín où elle fût enfermée de l'âge de onze à quinze ans. Dans ce camp, un opéra va être joué. Ela va tenir un des rôles principaux, le chat, face à la caricature d’Hitler surnommé Brundibár. À travers cet opéra, Ela et les autres enfants se moquaient ouvertement d'Hitler sur scène. Impensable ? Pourtant ce fut le cas. À près de 88 ans, Ela raconte cette histoire surprenante à hauteur d’enfant. Elle revient sur le passé et explique comment elle et les autres enfants ont affronté l’horreur, dans un lieu de mort et de mensonges".  

Les 28 janvier 2020 à 21 h 40, 29 janvier 2020 à 23 h 40, 2 février 2020 à 19 h 25, 6 février 2020 à 01 h 15 et 18 février  2020 à 01 h 30, Histoire diffusera "Vivre !" réalisé par Thomas Gonshior. "Comment survivre dans les camps et, une fois sorti, comment poursuivre sa vie ? Quatre artistes et survivants d’Auschwitz se racontent. Esther Bejarano, rescapée de la Shoah, témoigne pour la mémoire et sa transmission. Eva Pusztai-Fahidi, juive hongroise, et le couple Greta Klingsberg et Yehuda Baconle relatent les conditions de déportation. Ces derniers se sont connus à Auschwitz. Avant d'y être déportés, Greta chantait à l'opéra pour enfants du camp de Theresienstadt, alors que Yehuda travaillait dans la main-d'oeuvre du camp."


"Les enfants de Terezin et le monstre à moustache" d'Henriette Chardak
France, Artisans du film, 2019
Sur Histoire les 28 janvier 2020 à 20 h 40, 29 janvier 2020 à 22 h 35, 2 février 2020 à 18 h 20, 6 février 2020 à 0 h 15, et 18 février 2020 à 0 h 25

"Vivre !" par Thomas Gonshior 
Allemagne, 2013
Produit par Thomas Gonshior Productions
Auteur : Christa Spannbauer
Sur Histoire les 28 janvier 2020 à 21 h 40, 29 janvier 2020 à 23 h 40, 2 février 2020 à 19 h 25, 6 février 2020 à 01 h 15 et 18 février  2020 à 01 h 30

« Plus jamais les camps ! L'autre message de l'opéra Brundibar » (Wiedersehen mit Brundibar) de Douglas Wolfsperger 
Douglas Wolfsperger Filmproduktion, Berlin in Co-Produktion mit Negativ-Film, Prag / Cine Impuls, Stuttgart et WDR / arte, 53 min
Visuels :
Dans l'affiche
Greta Klingsberg (à gauche) et Annika Westphal à Theresienstadt
© Joachim Gern

Une représentation de l’opéra « Brundibár » au camp de Theresienstadt – au milieu : Greta Klingsberg
© Joachim Gern

Greta Klingsberg (au milieu) avec des membres du groupe de théâtre « Die Zwiefachen » à Theresienstadt
© Joachim Gern

Spectacle à la Schaubühne de Berlin 
Heiko Schäfer, 2012

Greta Klingsberg à Theresienstadt
© Joachim Gern

A lire sur ce blog :

Les citations proviennent d'Arte. Cet article a été publié le 25 janvier 2015, puis les 18 mai 2015 et 11 juin 2017, 26 janvier et 4 mars 2018, 10 mai 2019.

mardi 28 janvier 2020

« Le musée d'Israël à Jérusalem » par Jérôme-Cécil Auffret


Arte diffusera le 2 février 2020, dans le cadre de la série documentaire « Trésors oubliés de la Méditerranée » (Vergessene Schätze des Mittelmeers), « Le musée d'Israël à Jérusalem » (Das Israel-Museum, Jerusalem) par Jérôme-Cécil Auffret. Un musée aux remarquables collections d'art et oeuvres trouvées lors de fouilles archéologiques. A voir particulièrement : les manuscrits de la mer Morte et une maquette de la Jérusalem antique.

« Juifs et Arabes de France : dépasser la question israélo-palestinienne »
« La Judée » sous le roi Hérode le Grand 
Qumrân, le secret des manuscrits de la mer Morte
« Le mystère Atlit Yam. 10 000 ans sous les mers » de Jean Bergeron 
« Jérusalem et Athènes », de Pierre-Henry Salfaty (1/2)
L'avenir de Jérusalem 
« Hadassah. Un centre médical pour tous à Jérusalem »
« Le musée d'Israël à Jérusalem » par Jérôme-Cécil Auffret 

« Trésors oubliés de la Méditerranée » est "une collection qui dévoile les musées méconnus et emblématiques de la culture méditerranéenne.  Cette série de documentaires sur les musées méconnus de la Méditerranées souhaite mettre en relief le dialogue Nord- Sud et montrer comment les différentes cultures des deux rives se sont nourries les unes des autres, dans le but de construire et de s'apporter mutuellement leur savoir et savoir faire". 

« Bâti en 1965 dans les limites de la vieille ville de Jérusalem, le musée d'Israël réunit sur quelque 80 000 mètres carrés de remarquables collections, notamment dans les domaines de l'archéologie et des beaux-arts ». Le documentaire les met en relation avec des épisodes relatés dans la Bible.



"Le Musée d’Israël, la plus grande institution culturelle du pays, figure en bonne place parmi les principaux musées d’art et d’archéologie au monde. Fondé en 1965, il abrite des collections encyclopédiques, notamment des articles   datant de la préhistoire à l’époque moderne dans ses ailes d’Archéologie, des Beaux-Arts, de Culture et Art Juifs. Il possède également les vestiges les plus nombreux au monde d’archéologie de la Bible et de la Terre sainte. En quarante-cinq ans à peine, grâce aux dons qui lui ont été offerts et au soutien généreux de son cercle international de bienfaiteurs, le Musée est parvenu à réunir 500 000 objets représentant tout l’éventail de la culture matérielle des cinq continents."

"A l’été 2010, les plus grands travaux de réfection jamais entrepris au Musée d’Israël sont achevés sur un campus de 80 000 mètres carrés proposant de nouvelles galeries, des édifices d’entrée et des espaces publics. Ce projet d’expansion et de restauration a eu pour objectif d’agrémenter la visite des collections, de faire apprécier aux visiteurs l’architecture et le paysage environnant du site. Faisant écho au design originel d’Alfred Mansfeld et de Dora Gad, le projet dirigé par la société James Carpenter Design Associates de New York et le cabinet d’architectes Efrat-Kowalsky de Tel-Aviv inclut la réfection et le réagencement des ailes Samuel et Saidye Bronfman d’Archéologie ; Edmond et Lily Safra des Beaux-Arts ; Jack, Joseph et Morton Mandel de Culture et Art Juifs."  


"Au nombre des édifices les plus prestigieux du campus, le Sanctuaire du Livre dessiné par Armand Bartos et Frederick Kiesler qui abrite les Manuscrits de la mer Morte, les plus anciens manuscrits bibliques au monde, ainsi que des manuscrits bibliques rares datant du Haut Moyen-Age. A proximité immédiate du Sanctuaire du Livre, la maquette de Jérusalem à l’époque du Second Temple reconstitue la topographie et l’architecture de la ville avant sa destruction par les Romains en l’an 66 de l’ère chrétienne, et rappelle le contexte historique des Manuscrits de la mer Morte tels qu’ils sont exposés au Sanctuaire du Livre." 


"Érigé en 1965, le Sanctuaire du Livre fut commandité en vue de la préservation et de l’exposition permanente des Manuscrits de la mer Morte. Parmi les items exposés : huit des rouleaux bibliques les plus complets jamais mis au jour, ainsi que l’une des Bibles hébraïques les plus importantes sur le plan historique : le codex d’Alep datant du Xe siècle de l’ère chrétienne. Conçu par l’architecte américain d’origine autrichienne Frederick Kiesler et par son homologue américain Armand Bartos, le Sanctuaire du Livre est considéré comme un chef-d’oeuvre d’architecture et un jalon de niveau international. Seule réalisation permanente du talent de Kiesler, il a été conçu dans l’intention de communiquer à la fois l’expérience physique de la découverte des Manuscrits de la mer Morte et la dimension métaphorique de leur contenu. En 2004, grâce à la générosité de Herta et Paul Amir (Los Angeles) et de la Fondation D.S. et R.H. Gottesman (New York), l’architecture du Sanctuaire a été entièrement rénovée et le complexe environnemental et muséal a été modernisé pour garantir des conditions optimales de préservation et d’exposition des Rouleaux et des autres trésors abrités dans le Sanctuaire. Le Dr Adolfo Roitman, directeur du Sanctuaire du Livre, est conservateur des Manuscrits de la mer Morte."

"Le célèbre Jardin d’art Billy Rose qui fut conçu sur le campus originel du Musée par le sculpteur nippo-américain Isamu Noguchi est tenu pour l’un des plus beaux jardins d’art sculptural du XXe siècle. Il réalise une synthèse entre différentes cultures dans un paysage oriental et sur une ancienne colline de Jérusalem pour mieux représenter la toile de fond des traditions sculpturales modernes en Occident. On y trouve des oeuvres de grands sculpteurs modernes tels que Jacques Lipchitz, Henry Moore et Pablo Picasso, aux côtés d’œuvres spécifiquement commanditées pour être exposées dans ce jardin : entre autres celles de Magdalena Abakanowicz, Mark Dion, James Turrell et Micha Ullman."


"L’aile Ruth d’enseignement de l’art aux jeunes, unique par sa superficie et l’ampleur de ses activités, propose tous les ans une grande variété de programmes à plus de 100 000 écoliers par an et abrite des galeries d’exposition, des ateliers d’art, une bibliothèque de livres d’enfants illustrés et une salle de recyclage. Certains programmes sont spécialement conçus pour stimuler la compréhension entre jeunes juifs et arabes. Toutes ces activités sont suivies par de jeunes membres de toutes les communautés d’Israël".

"Outre les nombreux programmes proposés sur son campus principal, le Musée d’Israël organise des activités dans deux autres sites muséaux de Jérusalem : le musée archéologique Rockfeller, édifice érigé en 1938 où sont exposés des vestiges archéologiques mis au jour en Terre d’Israël ; et la Maison Ticho où de jeunes artistes israéliens exposent leurs travaux dans un site historique entouré d’un beau jardin."

"S’étendant sur une superficie de quelque 400 mètres carrés, cette maquette restitue l’ancienne ville de Jérusalem telle qu’elle était à la veille de l’an 66 de l’ère chrétienne, année où éclata la Grande Révolte contre les Romains qui se solda par la destruction de la ville et du Temple. Elle évoque Jérusalem à son apogée, à l’époque où la ville couvrait une superficie de quelque 18 hectares, soit plus de deux fois celle de la Vieille Ville actuelle. Cette maquette a été conçue à l’échelle 1/50e, autrement dit deux centimètres du modèle équivalent à un mètre de l’ancienne cité. Cette reconstitution est réalisée essentiellement en pierre calcaire dite “pierre de Jérusalem” qui servait dans l’Antiquité et sert encore de nos jours à la construction des édifices publics et des logements privés."

"Inaugurée en 1966, cette maquette de Jérusalem à l’époque du Second Temple a été édifiée sur l’initiative de Hans Kroch, propriétaire et promoteur de l’hôtel Holyland, à la mémoire de son fils Jacob tué lors de la guerre d’Indépendance, et sous la direction scientifique du professeur Michaël Avi-Yonah de l’Université hébraïque de Jérusalem. Ce modèle de la ville romaine de Jérusalem a été reconstitué sur la base de trois sources essentielles : en premier lieu, les sources littéraires anciennes, en particulier les ouvrages de l’historien juif Flavius Josèphe, la Michna, le Talmud et les Évangiles ; en second lieu les informations livrées par les fouilles archéologiques menées dans des cités antiques de la même période ; enfin, les vestiges des fouilles entreprises à Jérusalem même."

"Si les informations disponibles à l’époque de la construction de cette maquette étaient relativement partielles, les fouilles entreprises depuis à Jérusalem ont considérablement enrichi nos connaissances de la cité au Ier siècle de l’ère chrétienne, et ont permis la mise à jour de la maquette. Des additions et changements sont également intervenus en 2006, au moment où cette  maquette a été transférée au Musée d’Israël, et l’on peut à juste titre s’attendre à ce que des ajustements se poursuivent à l’avenir. Le transfert de cette maquette sur le campus du Musée d’Israël en 2006, dans le périmètre du  Sanctuaire du Livre, offre au visiteur une remarquable perspective sur la période décisive qui vit le développement du judaïsme et la gestation du christianisme."


« Parmi les trésors qu'il abrite figurent notamment les manuscrits de la mer Morte, plus anciens parchemins bibliques au monde ». "Rédigés entre le IIIe siècle avant l’ère chrétienne et le Ier siècle de notre ère, les Manuscrits de la mer Morte offrent un aperçu fascinant de l’histoire juive ancienne et du contexte historique à partir duquel a émergé le christianisme. Leur contenu relève de trois catégories principales : biblique, apocryphe et sectaire. Les manuscrits bibliques recensent quelque deux cents copies de livres de la Bible hébraïque et constituent les preuves les plus reculées au monde des textes bibliques ; les manuscrits rédigés par des membres de sectes couvrent une grande variété de genres littéraires : commentaires bibliques, textes religieux,  juridiques et liturgiques ; enfin, les manuscrits apocryphes incluent des textes dont seules des traductions étaient connues jusqu’à la découverte des Manuscrits de la mer Morte, voire étaient totalement inédits". 


"Mis au jour en 1947 dans les grottes de Qumran situées dans le désert de Judée, les Manuscrits de la mer Morte comptent au nombre des plus anciens manuscrits bibliques au monde et constituent pour certains le patrimoine culturel essentiel de l’Etat d’Israël. Leur découverte – jalon exceptionnel pour l’étude de l’histoire ancienne du peuple juif – mettent en lumière un trésor littéraire hébraïque sans précédent dans l’histoire juive."

"Les chercheurs sont parvenus à la conclusion que certains de ces manuscrits furent rédigés ou copiés par une secte d’ascètes juifs que la plupart des scientifiques identifient aux esséniens contemporains des pharisiens, des sadducéens, des premiers chrétiens, des Samaritains et des zélotes. Tous ces groupements formaient la société juive en Terre d’Israël au cours de la fin des  périodes hellénistique et romaine, depuis l’émergence de la dynastie des Maccabées jusqu’à la destruction du Second Temple ( soit de – 167 à 70 de l’ère chrétienne). La majorité des manuscrits furent rédigés ou copiés en hébreu, un petit nombre en araméen et en grec. La plupart furent écrits sur parchemin et certains sur papyrus. Si un petit nombre nous sont parvenus dans leur intégralité, il ne reste de la majorité que des fragments épars."


"Tenu pour l’un des plus beaux jardins d’art sculptural du XXe siècle, le Jardin d’art Billy Rose a été conçu par le sculpteur nippo-américain Isamu Noguchi et réalise une synthèse entre différentes cultures – les cultures extrême-orientale et occidentale convergeant au coeur du Moyen-Orient – qui se détachent sur le paysage saisissant de Jérusalem. La collection exposée dans ce jardin comprend des œuvres des célèbres sculpteurs Magdalena Abakanowicz, Henry Moore, Pablo Picasso, James Turrell et Micha Ullman." 

"S’étendant sur le versant ouest du campus du Musée, le Jardin d’art est divisé en vastes terrasses en forme de croissant de lune inversé et renforcées par de grandes parois de soutènement en pierres massives. Comme dans un jardin zen japonais, le sol est parsemé de gravier, et des sentes agrémentées de plantes et d’arbres indigènes relient les terrasses. Une multitude de matériaux ont été incorporés dans le design : des pierres de sorte et de taille différentes, du béton brut et de l’eau. Des murailles encerclent les espaces plus réduits et les terrasses rectilignes du jardin, faisant ainsi écho aux formes des édifices du Musée".


"Depuis sa création, le Jardin d’art n’a cessé d’attirer les visiteurs, de servir de site à des cérémonies publiques et privées, à des festivals, des foires et des activités proposées par le Musée. Pendant l’été s’y déroule le festival annuel du Vin : pendant trois jours, au pied de l’œuvre célèbre de Robert Indiana Ahava (“Love”), ce festival attire des amateurs de vin en provenance de plus d’une trentaine de producteurs vinicoles israéliens, qui se détendent dans de confortables aires de repos, écoutent du jazz, se promènent entre les sculptures spécialement illuminées pour la circonstance et s’abreuvent de la fraîcheur et de la magie des nuits estivales de Jérusalem. Le festival annuel des cerf-volants est organisé en août au Jardin d’art en fin d’après-midi quand le vent se lève pour laisser planer les cerf-volants. Très apprécié des petis et des grands, ce festival attire les meilleurs professionnels et propose des activités de fabrication destinées aux enfants et aux parents. Autres manifestations se déroulant au Jardin d’art : des spectacles de danse et des concerts de qualité, notamment de l’Orchestre philharmonique, de la Compagnie de danse contemporaine du kibboutz, ainsi que du Projet Idan Reichel, pour n’en citer que quelques-unes". 

« Visite d’un musée universel qui témoigne de plus de deux mille cinq cents ans d'exil du peuple hébreu aux quatre coins du monde ».


En 2016, le musée d'Israël a été fréquenté par 750 066 visiteurs.




« Le musée d'Israël à Jérusalem » par Jérôme-Cécil Auffret
France, 2016, 27 min
Sur Arte les 2 février 2020 à 11 h et 15 février 2020 à 4 h 25
Disponible du 26/01/2020 au 01/04/2020
Visuels :
Vue du musée d' Israël par drone
Sculpture devant le musée d' Israël
Le sanctuaire du livre
La Torah, oeuvre exposée au musée d' Israël
Qumran

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