Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
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« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Ne demande jamais ton chemin à quelqu'un qui le connaît, car tu ne pourrais pas t'égarer ! » (Nahman de Bratslav)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

vendredi 11 septembre 2015

Léon Barsacq (1906-1969), chef décorateur de cinéma



La Capitale Galerie a présenté, dans l'exposition collective Œuvres sur papier, dessins, peintures, des créations du célèbre chef décorateur de cinéma et de théâtre Léon Barsacq (1906-1969). Né en Russie d’une mère Juive russe et d’un père Français, Léon Barsacq a mis son art du décor au service de l’histoire, associant élégance, fantaisie, réalisme et poésie, dans des chefs-d’œuvre – comédies, drames, reconstitutions historiques - de René Clair, Marcel Carné, Jean Grémillon, Julien Duvivier ou Henri-Georges Clouzot. Arte diffusera le 13 septembre 2015 Les Diaboliques d'Henri-Georges Clouzot, avec Paul Meurisse, Simone Signoret et Véra Clouzot, et des décors signés Léon Barsacq.


« Le décor, conception du réel « imité », avec le minimum de paradoxe que, pour le film, le décor le plus réussi est celui qu’on remarque le moins. C’est à une telle réussite que Léon Barsacq atteignait et pourtant, pour un œil exercé, ce qu’il construisait portait la marque de sa manière. Ainsi, pour le film Porte des Lilas il avait bâti tout un ensemble de rues et de ruelles dont peu de spectateurs, je pense, ont pu mettre en doute la réalité. De ces grands maquilleurs du réel que sont les décorateurs (ou plutôt les architectes) du cinéma, vous trouverez ici l’histoire racontée par un maître de leur art. Grâce au livre que Léon Barsacq rédigea dans les dernières années de sa vie, est gardée la mémoire de ces œuvres dont il ne reste que des ombres fixées sur une pellicule fragile », a écrit René Clair, réalisateur, romancier et essayiste membre de l’Académie française, dans la préface du Décor de film, 1895-1969 de Léon Barsacq (Seghers, 1970 ; rééd. Henri Veyrier, 1985).

Avec Max Douy (1913-2007), Alexandre Trauner (1906-1993), Willy Holt (1921-2007) et quelques autres, Léon Barsacq a été une des grands chefs décorateurs du cinéma, en France et à l’étranger.

De Paris à Hollywood

Léon Barsacq est né en Crimée (alors en Russie, aujourd’hui en Ukraine) d’une mère Juive. Son père était un ingénieur agronome français envoyé par le gouvernement français dans l’empire russe pour y familiariser les paysans avec des méthodes modernes de viticulture ; il décède prématurément. Sa veuve et leurs enfants s’installent en France. André Barsacq (1909-1973), cadet de deux ans de Léon, sera décorateur, costumier, scénographe et metteur en scène ; époux de la nièce du peintre, décorateur et costumier Léon Bakst, il dirigera le théâtre de l’Atelier à Paris.


Formé aux Arts décoratifs de Paris, Léon Barsacq est aussi diplômé d’architecture.


Dans une industrie cinématographique française caractérisée par ses célèbres studios – Pathé-Natan rue Francoeur, Paramount à Saint-Maurice (Val-de-Marne), Studio Albatros à Montreuil, Studios Eclair à Epinay-sur-Seine - situés en Ile-de-France – Joinville-le-Pont, Boulogne-Billancourt – ou à Nice – Studios de la Victorine ou Riviera -, les décorateurs donnent l’illusion de la réalité aux acteurs et aux spectateurs. L’un des plus renommés est Lazare Meerson (1897-1938), dont les plus célèbres assistants ont été Georges Wakhevitch, Eugène Lourié et Alexandre Trauner », écrit Jacques Kermabon.


Léon Barsacq débute comme assistant décorateur d’André Andreïev, de Jean-Barthélémy Perrier (1884-1942) et Robert Gys. Premiers films auxquels il collabore comme décorateur : Chansons de Paris (1934) de Jacques de Baroncelli, Touche-à-tout (1935) de Jean Dréville, Le Coupable (1936) de Raymond Bernard.

Vite remarqué par son talent, Léon Barsacq conçoit et surveille a construction des décors de Yoshiwara de Max Ophuls (1937) – décors cosignés avec son frère André -, La Marseillaise (1938) de Jean Renoir, Lumière d'été (Jean Grémillon, 1943), Les Mystères de Paris (Jean de Baroncelli, 1943), Les Enfants du Paradis (Marcel Carné, 1944).
Pour cette oeuvre magnifique Les enfants du Paradis, ce chef décorateur « collabore avec Alexandre Trauner et Raymond Gabutti », écrit Gregory Volotato. « Trauner a dessiné des maquettes de décor du film », précise Françoise Barsacq, belle-fille du chef décorateur. Et d’ajouter que sous l’Occupation, le patronyme Barsacq d’origine landaise « n’a pas éveillé les soupçons ».

Léon Barsacq déploie une attention aux détails contribuant à la crédibilité immédiate du décor, de la situation, de l’atmosphère, comique ou dramatique, légère ou tendue. Dans des genres divers, adaptations de romans - L'Idiot (G. Lampin, 1946), Michel Strogoff (C. Gallone) 1957 - ou nouvelle - Boule de Suif (Christian-Jaque, 1945) – ou scénarios originaux, en noir et blanc ou dans les nouveaux procédés en couleurs (Violettes impériales (R. Pottier, 1952).

Après-guerre, le nom de Léon Barsacq figure au générique de films, témoignant souvent de la « qualité française », et de pièces de théâtre : Les Dernières Vacances (R. Leenhardt, 1947), Pattes blanches (J. Grémillon, 1948), Le Château de verre (R. Clément, 1950), Maya (Raymond Bernard), Deux sous de violettes (J. Anouilh, 1951), Rome onze heures (Guiseppe de Santis), Le Grand Jeu (Robert Siodmak, 1953), Bel ami (Louis Daquin), Les Diaboliques (H-G. Clouzot, 1954), The Ambassador’s daughter (La fille de l’ambassadeur, Norman Krasna), Pot-bouille (Julien Duvivier), Recours en grâce (László Benedek, 1959), Les joies de la famille (Philippe Hériat, 1961), Trois chambres à Manhattan (Marcel Carné, 1963), La Rancune (The Visit, Bernhard Wicki, 1964), J'ai tué Raspoutine (Robert Hossein, 1966), Phèdre (Pierre Jourdan, 1968)…

Pour René Clair, Léon Barsacq imagine les décors de films aussi variés que Le Silence est d’or (1947) – sur les débuts du cinéma à Paris et l’apprentissage sentimental - jusqu’à Porte des Lilas (1957), via La Beauté du diable (1949) – mythe de Faust -, Les belles de nuit (1952) mêlant onirisme et réalisme dans un montage fluide passant du Paris de la Belle Epoque ou des années 1950 à un Orient rêvé esquissé, et remontant à la Préhistoire -, et Les Grandes manœuvres (1955).
« A défaut de disposer des témoignages qui décriraient par le menu le cheminement de leur collaboration, on peut imaginer que, partant du découpage de René Clair, Léon Barsacq émettait des propositions, auxquelles le réalisateur devait réagir. La confrontation de deux dessins pour le premier plan du film le laisse supposer. Dans l’aquarelle qui apparaît comme une esquisse, quelques éléments sont suggérés : une rue qui débouche sur un manège, des promeneurs, tête baissée sous leur parapluie… Par contraste, le dessin, disons « définitif », une gouache, emprunte un trait si précis, il est si proche tout à la fois du cadrage que de l’action du film que l’on serait presque tenté d’y voir le croquis d’un observateur du tournage. Tout y est, la largeur de l’avenue bien plus conséquente, le bâtiment haussmannien à l’arrière-plan, la forme du manège, jusqu’à la flaque d’eau dans le creux de pavés inégaux. La puissance évocatrice du dessin de Léon Barsacq transparaît tout autant, qu’il dessine la salle du café-concert ou le studio de prise de vue », observe Jacques Kermabon.

Et de louer dans La Beauté du diable « la précision du trait du décorateur, la définition des détails, les jeux d’ombres, le soin apporté aux reflets, qui confirment ce qu’il revendiquait lui-même : la mise en place d’une atmosphère ». Un éloge valable pour les autres maquettes de décor de films éternisant une certaine réalité et nourrissant une certaine nostalgie.

Pour Les aventures de Till l'Espiègle (Gérard Philipe, 1956), Léon Barsacq s’inspire de peintres flamands, dont Brueghel.

Il est nommé aux Oscar pour Le Jour le plus long (The Longest Day, 1962), de Ken Annakin, Andrew Marton et Bernhard Wicki.

Parallèlement à son intense activité de chef décorateur, Léon Barsacq enseigne à l’IDHEC, école de formation aux métiers du cinéma devenue la FEMIS.

« Un grand nombre de maquettes sont visibles à la Bibliothèque Nationale et à la Cinémathèque Française. Des maquettes de Léon Barsacq ont été exposées de son vivant, en France et à l'étranger. Depuis sa mort des maquettes ont été exposées à l'Ecole des Beaux-Arts de Paris et au Salon d'automne », me confiait Mme Barsacq le 2 novembre 2011.

En 2011, dans l'exposition « Maquettes de décors de films », la Capitale Galerie a présenté 30 aquarelles, lavis, fusain, encres de Chine et pastels du célèbre chef décorateur de cinéma et de théâtre Léon Barsacq.

La Cinémathèque française a présenté l'exposition Profession Chef décorateur (3 décembre 2014-28 juin 2015). L'exposition "est consacrée aux dix dernières années d'enrichissement des collections de la Cinémathèque française et présente environ 150 documents illustrant l'art du décor de cinéma en France. Elle propose un parcours chronologique en trois temps, retraçant l'évolution du métier de l'après-guerre à nos jours.

L'âge d'or des studios (1945-1960). À partir de 1945 et jusqu'aux années soixante, les studios situés autour de Paris tels que Boulogne-Billancourt, Joinville-le-Pont, Saint-Maurice entre autres, permettent à de grands chefs décorateurs comme Max Douy, Léon Barsacq, René Renoux ou encore Alexandre Trauner, d'inventer et de construire les décors de quelques-uns des plus grands films de l'histoire du cinéma français.

Le déclin des studios (1960-1990). Même si la Nouvelle Vague impose de nouvelles pratiques de tournage en extérieur, elle ne met pas fin à l'usage des studios car de nombreux réalisateurs attachés à cette ancienne pratique lui restent fidèles. Cet outil sera encore, durant de nombreuses années, l'allié de la complicité entre des décorateurs et des réalisateurs tels que Jacques Saulnier et Alain Resnais, Pierre Guffroy et Roman Polanski. A partir de la fin des années soixante-dix, de nombreux studios disparaissent, victimes de la spéculation immobilière. Malgré tout, les années quatre-vingt voient la naissance des studios d'Arpajon, anciens hangars à pomme, situés dans l'Essonne et de ceux de Bry-sur-Marne. Témoins du renouveau des studios, ils fonctionnent et s'agrandissent, abritant des tournages aussi variés que prestigieux. À ce jour, les Studios de Paris basés à Saint-Denis leur succèdent.

Aujourd'hui une nouvelle génération de décorateurs est confrontée à d'autres défis : délocalisations des tournages dans les studios des pays de l'Est moins coûteux pour les producteurs, évolution des techniques du numérique. Malgré tout, des décorateurs comme Jean Rabasse, William Abello, Anne Seibel, Jean-Marc Kerdelhué et Olivier Raoux perpétuent chacun à leur manière la tradition des chefs décorateurs. Et qu'ils aient étudié l'architecture, les Beaux-arts, la décoration ou qu'ils aient appris sur le « tas », ils restent pour plusieurs générations encore, les « architectes du rêve ».


Jusqu'au 14 mars 2015
Jusqu’au 19 novembre 2011
A la Capitale Galerie 

18, rue du Roule, 75001 Paris
Tél. : 01 42 21 19 31
Du lundi au samedi de 11 h à 13 h et de 14 h à 19 h 30

Visuels : ©  Léon Barsacq/DR
Bel Ami II
Maquette
Aquarelle
Le Silence est d’or II
Maquette
Encre

Dessins de Léon Barsacq pour Le Silence est d'or de René Clair, 1946
©  ADAGP, Paris 2014

Articles sur ce blog concernant :
- Chrétiens 

Cet article a été publié le 13 novembre 2011, puis le :
- 4 novembre 2012 à l'approche de la diffusion le 5 novembre 2012, à 20 h 50, des Enfants du Paradis de Marcel Carné par Arte ;
- 12 mars et 11 septembre 2015.

mercredi 9 septembre 2015

« Süskind » de Rudolf van den Berg



En 2012, l’Institut néerlandais de Paris a présenté à l’Action Christine (Paris) le film « Süskind » de Rudolf van den Berg en la présence exceptionnelle du réalisateur et de l’acteur Jeroen Spitzenberger. Personnage ambigu, homme d’affaires Juif allemand, marié et père de famille, Walther Süskind (1906-1945) « collabore avec les nazis au transport des Juifs à Amsterdam en direction des camps, tout en organisant parallèlement le sauvetage de 900 enfants juifs ». Depuis le 4 septembre 2015, les ayants-droits ou les familles des centaines de Juifs d'Amsterdam, survivants des camps de concentration « peuvent demander le remboursement (…) des amendes pour retard de paiement de loyer pendant la Deuxième Guerre mondiale, payées injustement » à leur retour, a indiqué la municipalité d'Amsterdam dans un communiqué.


C’est la première projection en France de ce film - la première internationale a eu lieu à Jérusalem (Israël) - dont la presse néerlandaise a souligné l’ambigüité du personnage principal : Walter Süskind, surnommé à tort le « Schindler néerlandais » et interprété par Jeroen Spitzenberger (Love Is All).


Un film qui montre "le processus qui mène de l'interdiction des Juifs dans les parcs jusqu'à la Shoah", a déclaré  Rudolf van den Berg lors de la projection le  23 octobre 2012.

Ce qui effraie dans le film est le rôle tragique, terrible du Judenrat d'Amsterdam formé à l'instigation des autorités allemandes. Ce conseil de notables Juifs était chargé d'assurer l'ordre public parmi ses coreligionnaires listés, réunis dans des conditions déplorables avant leur transfert vers le camp de transit aux Pays-Bas, puis leur déportation vers le camp d'Auschwitz.

Diplômé de Sciences Politiques, Rudolf van den Berg a débuté comme documentariste - Algerian Times (1976), le controversé TheAlien’s Place (1979), Stranger at Home (1985) sur le retour à Jérusalem de l’artiste arabe palestinien Kamal Boullata - questionnant son identité juive.

Après un séjour à Rome comme assistant de Marco Ferreri dans les studios de la Cinecittà, il s’oriente vers la fiction, et réalise des films à succès : Bastille (1983) consacré meilleur film néerlandais de l’année - un homme recherche son double -, Les Johnsons (1992), film d’horreur culte, Snapshots (2002) avec Burt Reynolds et Julie Christie, Tirza (2007), d’après le roman homonyme d’Arnon Grunberg.  

Collaborateur/Sauveteur
Walter Süskind est né à Lüdenscheid (Allemagne) dans une famille néerlandaise Juive.

Directeur des ventes d’une usine de fabrication de margarine Bolak, victime de persécutions antisémites du régime nazi, il fuit en mars 1938 aux Pays-Bas dans l’espoir d’immigrer aux Etats-Unis. Il y est recruté par Unilever comme directeur des ventes. Son but : se réfugier aux Etats-Unis pour y rejoindre un membre de sa famille, Robert Salzberg. Mais ce projet échoue en 1941 en raison de l’interdiction d’émigrer imposée par les Allemands.

Après l’invasion allemande des Pays-Bas en mai 1940, la reine Wilhelmine et le gouvernement s'exilent à Londres (Grande-Bretagne). Lors de cinq années d’émissions radiophoniques, ils ont évoqué le sort des Juifs en cinq phrases. Selon l’universitaire néerlandais, Manfred Gerstenfeld, ils « ne considéraient pas les Juifs comme de vrais néerlandais ».

A l’instigation des Nazis, le Reichskommissar Arthur Seyss-Inquart dirige le pays avec l’appui de la NSB (Alliance nationale-socialiste).

Dès juin 1940, débutent les persécutions contre les Juifs.

Walter Süskind vit de 1942 à sa déportation à Westerbork, dans le centre d’Amsterdam, avec son épouse Johanna Natt (1906-1944) et leur fille Yvonne.

Pour le Conseil Juif néerlandais (Joodse Raad), il dirige le Hollandsche Schouwburg (Théâtre néerlandais), situé dans le quartier Juif, où les Juifs d’Amsterdam sont internés avant leur transfert vers le camp de transit de Westerbork, puis leur déportation vers les camps nazis. A ce poste, il peut manipuler les informations fournies, notamment celles concernant les enfants Juifs.

Il se lie d’amitié avec le SS Ferdinand aus der Funten, alors numéro deux au Bureau central pour l’émigration juive à Amsterdam. Et est perçu comme un collaborateur.

Face au Hollandsche Schouwburg, se dresse la crèche dans laquelle les Nazis dirigeaient les enfants Juifs. Elle est la plaque-tournante du système de sauvetage de ces enfants mis en place par la directrice de cet établissement, Henriette Henriques Pimentel, l’économiste Felix Halverstad et Süskind avec le concours de résistants, dont Johan van Hulst, directeur du Hervormde Kweekschool : plusieurs centaines d’enfants sont dissimulés dans des sacs, transportés clandestinement par train et tramway vers Limburg et Friesland, cachés dans la campagne hollandaise, tandis que Süskind et Felix Halverstad effacent leurs noms des listes d’enregistrement au Théâtre.

Süskind est brièvement arrêté et emprisonné en septembre 1943.

La famille Süskind est envoyée en 1944 au camp de transit de Westerbork - Süskind ne parvient pas à faire sortir des Juifs de ce camp -, puis à Theresienstadt.

Sa femme et sa fille sont assassinées au camp d’Auschwitz en octobre 1944.

Süskind meurt le 28 février 1945 dans des circonstances non élucidées : lors de marches de la mort eu Europe centrale ou tué par des déportés néerlandais qui le prenaient pour un collaborateur. Il a sauvé environ 900 enfants Juifs.

« Le mythe du bon Hollandais »
Les autorités nazies ont débuté la déportation en 1942 et ont assassiné 75 % des 140 000 Juifs habitant aux Pays-Bas.
Environ 107 000 des 140 000 Juifs des Pays-Bas ont été arrêtés – généralement par la police néerlandaise -, et ont péri lors de la Shoah, soit 76% de la population Juive. L’un des taux les plus élevés en Europe : 40% des Juifs de Belgique et 25% des Juifs de France ont été décimés par la Shoah. Les Pays-Bas sont aussi le deuxième pays ayant le plus grand nombre de Justes parmi les nations.

« Les Juifs qui sont revenus des camps n’étaient pas les bienvenus. Certains d’entre eux n’ont pas été indemnisés pour la spoliation de leurs biens et d’autres ont même du payer une taxe municipale et des factures de services publics correspondant à leur période de déportation », a déclaré Van Hulst en 2012.

Les Pays-Bas n’ont jamais présenté d’excuse pour leur participation aux étapes préparatoires à la destruction des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale, et pour le manque d’intérêt du gouvernement hollandais exilé à l’égard du sort des Néerlandais Juifs, ainsi que pour le traitement des Juifs survivants de la Shoah et internés. Interrogé par le parlementaire Geert Wilders du Parti pour la liberté, le Premier ministre Mark Rutte a refusé en janvier 2012 de reconnaître la responsabilité de son pays.


« En raison du paradigme Anne Frank, le mythe du bon Hollandais a perduré en donnant l’impression que de larges fractions de la population hollandaise ont résisté aux Nazis et aidé les Juifs. Beaucoup d’attention est donnée aux remarquables Hollandais qui l’ont cachée, et aucune à ceux qui l’ont trahie », écrit Manfred Gerstenfeld, auteur de Judging the Netherlands: The Renewed Holocaust Restitution Process, 1997-2000 qui décrit le contexte des persécutions antisémites pendant la guerre, leur accueil glacial aux Pays-Bas après le conflit mondial, et la procédure problématique des restitutions de leurs biens volés. 

En avril 2013, Charlotte van den Berg, alors étudiante, avait révélé des archives prouvant des réclamations à ces locataires néerlandais  Juifs d'Amsterdam  les "arriérés de paiement pour des loyers de bâtiments appartenant à la ville". Ce qui avait suscité une polémique. Occupée par les Occupants allemands, la ville d'Amsterdam avait réclamé des amendes pour "retard de paiement pour des habitations qui avaient été confisquées et occupées par des Allemandes ou des membre du NSB, le mouvement national socialiste des Pays-Bas qui a collaboré avec les nazis. Des amendes qui concernaient parfois des maisons détruites par les bombardements.
Le 16 juillet 2013, Eberhard van der Laan, maire d'Amsterdam, a estimé que les Juifs survivants de la Shoah qui, à leur retour des camps nazis, avaient été contraints de verser à cette municipalité les arriérés de loyers  impayés correspondant à la période de leur déportation, devaient être remboursés avec intérêts. "Seuls 18 000 des 80 000 Juifs déportés ont survécu". "Chaque centime qui nous brûle les poches, parce que nous aurions été sans cœur ou froidement bureaucratiques, doit être remboursé, et les intérêts également", a affirmé cet édile.

Le 15 avril 2014, l’Institut de la guerre, l'Holocauste et les études sur le génocide (NIOD) a rendu public son rapport à la demande de la municipalité d'Amsterdam. Selon Het Parool, la ville d’Amsterdam "a recueilli plus de 10 millions de dollars de survivants de l’Holocauste, accusés de ne pas s’être acquittés de leur loyers alors qu’ils étaient déportés dans les camps de concentration". Dès 1947, la ville avait contraint des centaines de survivants Juifs de la Shoah à payer des impôts et amendes pour retard dans le paiement pour les biens dont ils étaient propriétaires, et dont il n'avaient pas acquitté les taxes liées "au bail foncier après l’invasion de l’armée allemande en 1940 aux Pays-Bas". Un grand nombre de ces locaux avaient été utilisés par les occupants nazis et leurs collaborateurs néerlandais. Selon le NIOD, et notamment Ronny Naftaniel, ancien négociateur en chef pour la communauté Juive néerlandaise dans les négociations de restitution et membre du comité de surveillance du NIOD, la ville a perçu 14,5 millions de dollars d’amendes injustement imposées aux Juifs, dont 6,76 millions de dollars de 217 Juifs ayant contesté les amendes infligées. 

« Ce qui a été révélé, c’est une scandaleuse procédure, dans laquelle des gens ont été dépouillés de leurs maisons et ont dû payer pour ceux qui les ont déplacés de chez eux », a déclaré Ronny Naftaniel.

Des membres Juifs de la commission de contrôle ont réclamé à la ville de restituer les sommes aux ayants droit des survivants de la Shoah.

Le "maire de la ville, un fils de combattants de la résistance, et le conseil de la ville d’Amsterdam doivent décider dans un proche avenir de la façon de procéder".

Âgée de 78 ans, Anne-Ruth Wertheim, néerlandaise Juive a témoigné en juillet 2013 sur son enfance en Indonésie, alors dénommée Indes orientales néerlandaises. Pendant l’occupation de cet archipel par le Japon (mars 1942-août 1945) lors de la Seconde Guerre mondiale, Anne-Ruth Wertheim a été internée en 1944 dans un camp spécifique destiné aux Juifs. Ceux-ci y ont été battus, sous-alimentés… L’internement des Juifs a débuté en 1943 : le Japon a interné des Juifs de pays autres que ceux des Alliés – Etats-Unis, Grande-Bretagne, etc. -, par exemple du Moyen-Orient, dont l’Egypte. En 2014, le musée juif historique d’Amsterdam programme une exposition sur les Juifs en Indonésie.

Depuis le 4 septembre 2015, les ayants-droits ou les familles des centaines de Juifs d'Amsterdam, survivants des camps de concentration « peuvent demander le remboursement (…) des amendes pour retard de paiement de loyer pendant la Deuxième Guerre mondiale, payées injustement » à leur retour, a indiqué la municipalité d'Amsterdam dans un communiqué.


Süskind de Rudolf van den Berg (2012)
118 minutes
En avant programme En observation, de Eché Janga (8 mn)
Un couple séparé se retrouve à l’hôpital où leur fils a été placé en observation. Subtil et délicat. Compétition Festival International de Contis 2012

Le 23 octobre 2012, à 20 h
A l’Action Christine
4, rue Christine. 75006 Paris
Information au +33 1 53 59 12 40

Articles sur ce blog concernant :

Cet article a été publié les 22 octobre 2012, 6 février et 30 avril 2013 alors que, ce 30 avril 2013, le prince Willem-Alexander est devenu  roi des pays-Bas sous le nom de Guillaume IV, le premier homme à monter sur le trône d'Orange depuis 120 ans. Le 28 janvier 2013, la reine Beatrix des Pays-Bas avait annoncé son abdication au profit de son fils Willem-Alexandre. Problème : le 14 septembre 2013, est prévu un rassemblement visant à souhaiter une joyeuse retraite à la reine Beatrix. Or, ce sera le Jour de Kippour (Jour du Grand pardon), fête Juive la plus importante.
Republié les 18 juillet et 30 juillet 2013, 20 avril 2014 et 9 septembre 2015, il a été modifié le 9 septembre 2015.

jeudi 3 septembre 2015

« Retour à Auschwitz » de Daniel Gauthier


La rencontre Mémoires Juives en Limousin se déroulera du 4 au 6 septembre 2015. C'est aussi dans le Limousin que se situe l'action du polar « Retour à Auschwitz » de Daniel Gauthier.


1989. Jeffrey Baron, étudiant américain, accompagne en Europe son grand-père, antiquaire à Peoria, Français installé depuis des décennies aux Etats-Unis. Mais, en Pologne, il ne se sent pas la force de se rendre à Auschwitz. Son Grandpa y va donc seul. Et en retourne bouleversé.

Leur voyage se poursuit en France, plus précisément dans la région de Limoges.

Là, Jeffrey découvre le manoir familial et des secrets enfouis. Secrets de familles. Secrets d’alliances tactiques sous l’Occupation. Secrets de la Shoah (Holocaust) décimant une famille Juive française et résistante, les Bloch. Secrets autour d’un meuble, un secrétaire Louis XVI, surgi d’un autre continent et d’un passé douloureux occulté.

Secrets aussi d’une région aux résistances diverses, notamment communiste - Georges Guingouin (1913-2005), valorisée et meurtrie par l’Histoire, et où la communauté juive, augmentée de coreligionnaires ayant fui Strasbourg, maintint sa spiritualité et son activisme.

Citons deux grandes figures Juives françaises : Robert Gamzon (1905-1961), fondateur des Eclaireurs et Eclaireuses Israélites de France, chef de la « Sixième » et du maquis « Marc Haguenau », puis créateur après guerre de l'école Gilbert Bloch d'Orsay. Et le grand rabbin Abraham Deutsch (1902-1992), rabbin de Bischeim, qui fonda un Petit Séminaire israélite à Limoges en 1942…

Sur un fond historique tragique, l’auteur noue la petite histoire à la grande, toutes deux entremêlées de politique. L’Occupation et la déportation, la Résistance et la délation, le sauvetage des Juifs et leur spoliation, des apprentis enquêteurs et des sauveteurs israéliens…

En un style vif et fluide, l’intrigue conjugue amour et vengeance, amitié et jalousie, de puissants moteurs du comportement humain. Réunit et sépare des couples. Se déplace du Limousin à Bordeaux.

Ce retour à Auschwitz marque un tournant pour les deux principaux protagonistes, ce grand-père ancien déporté et son petit-fils. Renforce leur relation scellée par un nouveau secret.

Un périple initiatique – sentimental, intellectuel -, qui bouleversera la vie de tous les personnages, masculins et féminins.

Après Cauchemar rouge – roman policier évoquant le terrorisme en France dans les années 1980 -, Daniel Gauthier a écrit un thriller au rythme soutenu mêlant humour et réflexions sur la vie, en le nourrissant de ses recherches documentaires, et en se plaçant dans la tradition du polar engagé.

Mémoires juives en Limousin ont eu lieu les 23 et 24 août à Chavanac (Corrèze) "sur le thème de la mémoire de la présence Juive en Limousin pendant la Deuxième Guerre mondiale : témoignages, conférences, présentation de films, exposition, concert".


Articles sur ce blog concernant :

Daniel Gauthier, Retour à Auschwitz. Editions Amalthée. 324 p. 22 €. ISBN : 978-2-310-00528-9

Le premier chapitre est publié sur le site de l’auteur .

Daniel Gauthier a participé au 15e Salon des écrivains du B'nai B'rith à la Mairie du XVIe arrondissement de Paris, 71, avenue Henri Martin, 75116 Paris. Renseignements : 01-55-07-85-45

Articles sur ce blog concernant :
Cet article a été publié le 12 novembre 2010, puis le 20 août 2014.

La musique yiddish à travers les partitions


La chanson occupe une place centrale dans la culture yiddish. En 2006, la Maison de la culture yiddish-Bibliothèque Medem à Paris a présenté l’exposition éponyme réunissant près de cent partitions de chansons yiddish. Cet article est republié pour les Journées Européennes  de la Culture et du Patrimoine Juifs en France (2, 6 septembre 2015).


La chanson occupe une place centrale dans la culture yiddish. Elle témoigne de l’histoire des communautés Juives d’Europe de l’Est, reflète fidèlement la vie Juive et présente des héros, grands ou modestes : enfant faisant sa bar-mitzva, tailleur, marieur, fiancés, rabbi, patriarches, et surtout la yidishe mame. 

« On chante dans tous les milieux et pour toutes les occasions. Qu’elle soit liturgique ou profane, la chanson accompagne les grands moments et le quotidien de chacun. Le chant est le moyen d’expression privilégié des milieux ouvriers, des petits métiers, des mouvements sioniste, traditionaliste et révolutionnaire. Les airs les plus joyeux se teintent du fait d’une abondance de tragédies d’une nuance de tristesse, d’une note introspective, de nostalgie  ».

Cette chanson yiddish gagne l’Amérique avec les immigrants. A New York, au début du XXe siècle, c’est en yiddish que l’on joue, danse et chante. C’est ce théâtre yiddish musical naissant qui va nourrir les comédies musicales de Broadway, permettant à de jeunes acteurs, dont certains deviendront célèbres, d’y débuter.

Das emese Yidishe harz (1906, 35 cm) est ainsi résumé : "The true Jewish heart; it's not in outward appearances, but in the soul, in true faith and love of God" ("Le vrai cœur Juif : il n'est pas dans des apparences externes, mais dans l'âme, dans une foi et l'amour de Dieu véritables") de "The quiet/secret wedding." (Source: Heskes, Irene, Yiddish American Popular Songs, 1895-1950. )

"The Jewish funeral processional" ("Le cortège funèbre Juif"), est inscrit sur la couverture de Der Yidisher trauer-march (1907, 4 pages). Et d'ajouter : "Inspired and written for the demonstration of December 5th, 1905, participated in by 250,000 citizens of Greater New York in tribute to the memory of the victims of Russian brutal massacres." ("Inspiré et écrit pour le défilé du 5 décembre 1905, auquel ont participé 250 000 citoyens du Greater New York en hommage à la mémoire des victimes des massacres brutaux russes") 

« A Brivele der Kale » de M. Aronson et Joseph Rumshinsky (1910) relate l'histoire tragique d'une jeune épouse Juive dont l'époux part en Amérique. Sans nouvelle de son époux, cette jeune femme meurt de chagrin. La couverture indique "Sung with Great Success" ("Chanté avec un grand succès").

Litwack and Galitzianer (1912, 6 pages) est l'oeuvre de Joseph Rumshinsky (1881-1956), compositeur, et A. (Anshel) Shor (1871-1942), parolier.  "Litvak (someone from Lithuania/Latvia) and Galician (someone from Galicia, then Austria/Poland)" (Litvak [quelqu'un de Lituanie] et Galician [quelqu'un de Galicie, alors partagée entre l'Autriche et la Pologne]) de "Dos meydel fun vest" ("The girl from the west"). "More in jest than real antagonism, Jews from those two areas of East Europe poked fun at each other for their regional pronunciations of Yiddish, as well as their special food preferences and social..." ("Plus une plaisanterie qu'un réel antagonisme. Des Juifs venant de ces deux zones d'Europe orientale se moquent d'eux-mêmes en raison de leurs prononciations régionales du yiddish, ainsi que de leurs préférences spéciales alimentaires et sociales...")

En 2006, la Maison de la culture yiddish-Bibliothèque Medem à Paris a conçu une exposition à partir des 92 partitions de chansons yiddish, publiées en général aux Etats-Unis au début du XXe siècle et acquises fin 2005 par la Bibliothèque Medem. La couverture est souvent illustrée et certaines chansons sont méconnues. Cet ensemble a rejoint les 312 partitions déjà conservées par cette Bibliothèque. La phonothèque  de la Bibliothèque Medem conserve environ 4 500 enregistrements de chansons yiddish et de musique Juive d'Europe orientale. Plus de la moitié a été numérisée. A la la Maison de la culture yiddish-Bibliothèque Medem, étaient montrées les partitions de « Oy des yetser-hore » et « Oy di meydelekh » de Arn Lebedeff, « A brivele fun Rusland » et « A yor nokh der Khasene » de Solomon Smulevitz, « A glezele lekhayim » de J.M. Rumshisky...

L'Institut européen des musiques Juives (IEMJ) L’Institut Européen des Musiques Juives a numérisé "une cinquantaine de documents musicaux rares : livres, partitions, chansonniers en yiddish, etc., provenant des collections privées de Bernard Vaisbrot et du Centre Medem-Arbeter Ring. La numérisation de ces collections a permis de sauvegarder ces documents originaux des outrages du temps et des manipulations humaines, tout en rendant leur contenu accessible à un large public. Un inventaire de ce fonds sera bientôt consultable sur cette page. Les documents numériques seront intégrés dans son catalogue en ligne".


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Cet article a été publié en une version plus concise dans L'Arche.

mardi 1 septembre 2015

« La fille du charbonnier » d’Emmanuelle Polack et Sarah Royon


Les éditions Lharmattan publient La fille du charbonnier, un conte bilingue français-yiddish écrit par Emmanuelle Polack et sa fille écolière, Sarah Royon. Un récit charmant et simple sur l’amour familial et l’intelligence sauvant de situations délicates. Article republié en ce jour de rentrée des enfants en France et en Israël.


L’histoire se déroule dans un petit village de Pologne, Zabludow, où vivait un pauvre charbonnier juif.

Ce modeste charbonnier était veuf et élevait sa fille chérie adolescente dont il admirait la beauté et l’intelligence.

A l’approche des 15 ans de sa fille, il lui achèta deux rubans rouges, épuisant ses maigres économies dans ce futur cadeau.

Quelques mois plus tard, arriva l’intendant du royaume qui lui réclama la dîme royale. Malheureusement, cet humble charbonnier ne pouvait s’acquitter de cet impôt et fut donc arrêté. Emmené au château, il comparut devant le roi…

Ce conte dépeint des sentiments essentiels au travers de personnages traditionnels d’un shtettl : le père pauvre et méritant, la jeune fille parée de toutes les qualités (intelligence, sensibilité, pudeur) et le roi dur, mais cachant un bon fond.

Il est écrit en termes simples, habillé par un habile équilibre entre le texte – dans ses deux langues – et les dessins en noir et blanc, comme au fusain, de Johann Le Berre. Quelques mots sont expliqués clairement.

Autre originalité : ce livre a été écrit par Emmanuelle Polack, attachée de conservation au musée des Monuments français, et sa fille Sarah Royon, écolière de onze ans.

La version en yiddish est l’œuvre de Bernard Vaisbrot, enseignant de yiddish à l'université Paris VIII et auteur d'historiettes dans cette langue dans la revue estudiantine américaine Yug-nt Ruf.

Ce livre court se termine par une brève histoire du conte yiddish. Il se conclut sur une citation d’Isaac Bashevis Singer (1902-1991), auteur américain d’origine polonaise de romans, contes et nouvelles en yiddish, qui déclara lors de la remise de son Prix Nobel de littérature en 1978 : « Je suis sûr qu’un jour des millions de cadavres parlant yiddish se lèveront de leur tombe, et la première question qu’ils poseront, ce sera : quel est le dernier livre publié en yiddish ».

Par ce conte, voici une tendre réponse…


Emmanuelle Polack et Sarah Royon. La fille du charbonnier. L’Harmattan, coll. Contes des quatre vents, bilingue français-yiddish, version en yiddish de Bernard Vaisbrot, illustré en noir et blanc par Johann Le Berre. Paris, 2007. 24 pages. ISBN : 978-2-296-03472-3


En charge des archives historiques du musée des Monuments français au sein de la Cité de l’architecture et du patrimoine, chercheuse associée au musée de Montparnasse, Emmanuelle Polack est commissaire invitée de l’exposition Rose Valland sur le front de l’art, la dame du Jeu de Paume, jusqu’au 2 mai 2010 au Centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation. Elle est co-auteur de deux bandes dessinées pour la jeunesse :
- avec Bouilhac et Catel de Rose Valland, Capitaine Beaux-Arts. Editions Dupuis, 2009. 48 pages. ISBN : 9782800145525
- avec Emmanuel Cerisier de L’espionne du Jeu de Paume. Editions Gulfstream, 2009. 96 pages. ISBN : 978-2-35488-046-0

Articles sur ce blog concernant :

Cet article a été publié par Guysen International News; le numéro 79 de mars 2010 de la revue Los Muestros et sur ce blog le 13 février 2010. Article modifié le 7 juin 2010