Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Ne demande jamais ton chemin à quelqu'un qui le connaît, car tu ne pourrais pas t'égarer ! » (Nahman de Bratslav)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

dimanche 3 août 2025

Les accords de Munich

30 septembre 1938 : l’annonce de la signature des accords de Munich – démantèlement de la Tchécoslovaquie par l’abandon de la région des Sudètes - est accueillie par la liesse populaire à Londres et à Paris, et la stupéfaction à Prague, capitale de l'Etat absent à la conférence de Munich. Des accords symboles de la lâcheté, de l’aveuglement et de la naïveté de dirigeants politiques de démocraties, non préparées à la guerre, face au totalitarisme nazi. 
Arte rediffusera le 17 août 2025 à 7 h 15, dans le cadre de "Mystères d'archives", "1938. Chamberlain cherche la paix avec Hitler" de Serge Viallet et Julien Gaurichon. La Conférence internationale de haut niveau des Nations Unies pour "le règlement pacifique de la question de Palestine et la mise en œuvre de la solution des deux États" s'est déroulée au siège des Nations unies à New York (28-30 juillet 2025). L'Etat d'Israël n'y était pas invité et était donc absent.
  

29-30 septembre 1938. La conférence de Munich réunit les représentants de la Grande-Bretagne – Premier ministre conservateur Neville Chamberlain -, de la France – Edouard Daladier, président du Conseil -, de l’Italie – Benito Mussolini, Duce - et de l’Allemagne – Führer Adolf Hitler. En est absente la Tchécoslovaquie, pourtant au centre des négociations.

Pour mettre un terme à la crise des Sudètes – trois millions de germanophones vivent dans la région tchèque des Sudètes, en Bohême et en Moravie - et « pour sauvegarder la paix », la Tchécoslovaquie est démembrée : le IIIe Reich annexe les Sudètes. Après 1945, par les décrets Beneš, la Tchécoslovaquie expulse et exproprie 2,6 Allemands des Sudètes, « collaborateurs du régime nazi », qui s’installent dans les Länder allemands - notamment de Bavière et de Saxe – ainsi qu’en Autriche. Un événement tragique, douloureux prévu par la conférence de Potsdam (17 juillet- 2 août 1945) et qui se conclut par l’intégration des réfugiés dans leurs pays d’accueil dont ils contribuent à l’essor.

A Londres, Chamberlain est alors accueilli par une foule enthousiaste. Winston Churchill avait pourtant prévenu : 
« Vous aviez le choix entre le déshonneur et la guerre. Vous avez choisi le déshonneur, et vous aurez la guerre ».
En France, Daladier craint une réaction courroucée de la population. C’est au contraire des Français en liesse qui l’accueillent. «  Les cons ! », murmure Daladier. Le socialiste Léon Blum est partagé entre « un lâche soulagement et la honte ».

Les Tchécoslovaques dont Jiři Kosta, Juif tchèque né en 1921, sont stupéfaits par l’abandon ou le sacrifice contraint de leur pays, bastion de démocratie en Europe de l’Est, havre pour les réfugiés ayant fui le nazisme.

A la suite de l’invasion allemande dans les Sudètes, 100 000 sociaux-démocrates, communistes et Juifs fuient cette région.

Moins d’un an plus tard, l’invasion de la Pologne par la Wehrmacht déclenche la Seconde Guerre mondiale. Ce répit a-t-il été utile aux démocraties européennes pour mieux se réarmer face à une armée allemande vantant sa Luftwaffe ? La Blitzkrieg (guerre éclair, en allemand) tend à prouver le contraire.

Des enseignements tirés des accords de Munich
Les accords de Munich ont démontré l’inanité et le danger de la « politique d’apaisement », du déni de la réalité – réarmement allemand, projet expansionniste nazi -, du pacifisme ayant guidé les démocraties européennes à l’égard de l’Allemagne nazie. Pour le gouvernement britannique, « la question des Juifs est une affaire intérieure allemande, donc sans influence sur la politique étrangère » britannique, précise l’historien Ian Kershaw.

L'historiographie sur cette période a nuancé le portrait de Chamberlain et la perception des accords de Munich. Se fondant sur des archives rendues publiques dans les années 1960, des historiens ont souligné la faible marge de manœuvre du Premier ministre britannique. Des auteurs ont insisté sur la nécessité de la France et de la Grande-Bretagne de gagner du temps pour se doter d'un arsenal militaire moderne.

Ce chemin de la lâcheté, de l’aveuglement, de la vanité et de l’illégalité – la France ne respecte pas ses engagements à l’égard de la Tchécoslovaquie – est jalonné par des étapes importantes auxquelles ces démocraties, comme la Société des Nations (SDN), ne réagissent pas, tels le rétablissement du service militaire obligatoire par Hitler en 1935 ou l’occupation en 1936 par l’Allemagne nazie de la Rhénanie démilitarisée, en violation de trois clauses du traité de Versailles et des traités de Locarno.

Munichois ou antimunichois ? Depuis des décennies, ces épithètes qualifient les partisans ou les adversaires de l’appeasement lors des crises affectant les relations internationales. Et certains s’efforcent de tirer des enseignements de ces accords honteux pour éviter une telle faute politique aux conséquences graves : millions de victimes de la guerre, dont celles Juives de la Shoah. Comment et quand faut-il réagir face aux dictateurs ? Les démocraties doivent-elles s'atteler à soutenir tous ceux qui luttent contre des dictateurs ou autocrates, et au risque d'amener au pouvoir, via des élections démocratiques des ennemis des libertés, des islamistes qui imposeront un régime autoritaire fondé sur la sharia (Libye) et promouvront le jihad ? 

"1938. Chamberlain cherche la paix avec Hitler" 
"Mystères d'archives" est "une collection d'enquêtes fouillées qui interroge les images historiques, célèbres ou inédites" qui offre un "autre regard sur les événements du XXe siècle. Comment les médias ont-ils couvert la capitulation du Japon en 1945 ? Pourquoi y a-t-il eu trois cérémonies pour les funérailles de Charles de Gaulle ? A quoi les images des ONG ont-elles servi lors de la famine en Russie ? Cette série documentaire jette un nouveau regard sur l'histoire mondiale et des événements du XXe siècle en analysant minutieusement les images d'archives, célèbres ou inédites".

Arte rediffusera le 
17 août 2025 à 7 h 15, dans le cadre de "Mystères d'archives", "1938. Chamberlain cherche la paix avec Hitler", documentaire de Serge Viallet et Julien Gaurichon.

"En septembre 1938, alors qu'Adolf Hitler veut s'emparer par la force des Sudètes, le Premier ministre britannique Neville Chamberlain décide de mener seul des négociations avec le Führer pour dénouer une crise qui fait courir le risque d'une nouvelle guerre à l'Europe. Comment ces trois entretiens effectués en quinze jours se sont-ils réellement passés ?"

"Septembre 1938. Six mois après l'annexion de l'Autriche par le IIIe Reich, Adolf Hitler veut s'emparer des Sudètes, où vivent 3,5 millions de Tchécoslovaques d'origine allemande. Le leader nazi menace d'utiliser la force pour y parvenir. Neville Chamberlain, le Premier ministre britannique, décide de mener seul des négociations avec le Führer pour dénouer une crise qui fait courir le risque d'une nouvelle guerre à l'Europe."

"Voulant à tout prix préserver la paix entre le Royaume-Uni et le IIIe Reich, il effectue trois voyages en Allemagne en quinze jours pour s’entretenir avec Hitler."

"À chacun de ses retours, le pied à peine posé sur le tarmac, il diffuse tout sourire aux nombreux journalistes présents des messages d’apaisement et d’espoir."

"Mais comment ses entretiens avec une personnalité aussi déterminée et colérique que Hitler se sont-ils réellement passés ? De quelle manière la Tchécoslovaquie et la France, grande alliée du Royaume-Uni, sont-elles consultées par Chamberlain ?"


"1938, Chamberlain et Munich"
Histoire rediffusa le 24 mai 2016, dans le cadre de "Histoire de comprendre", 1938, Chamberlain et Munich, réalisé par Robert Mugnerot, avec Alexandre Adler.

"Le 30 septembre 1938, la conférence de Munich mettait fin à une grave crise internationale. Les représentants de la France et de l'Angleterre, le président du Conseil Edouard Daladier et le Premier ministre Arthur Chamberlain, de crainte de provoquer un embrasement généralisé, abandonnaient la Tchécoslovaquie, leur alliée, aux appétits d'annexion de l'Allemagne hitlérienne. La région des Sudètes fut immédiatement rattachée au Reich. De retour à Londres, Chamberlain, triomphant, annonçait à une opinion soulagée qu'il ramenait « la paix pour notre temps ». Un temps qui fut très bref. Un an plus tard, les démocraties, qui n'avaient pas voulu entrer en guerre pour la Tchécoslovaquie, le faisaient pour la Pologne : la Seconde Guerre mondiale éclatait". 

« Les dessous des accords de Munich »
Arte rediffusa le 17/08/2025 à 7 h 15 « Les dessous des accords de Munich » (Hitlers Ultimatum – DieWahrheit über das Münchner Abkommen), documentaire de Christine Rütten.

La réalisatrice Christine Rütten évoque Saddam Hussein massacrant des Kurdes. Montre des images de musulmans décharnés internés derrière des fils barbelés d’un camp de concentration dans l’ex-Yougoslavie. « Slobodan Milošević avait exposé son projet dans son discours du champ des merles en 1989 », déclare Daniel Cohn-Bendit, eurodéputé Vert qui a prôné l’intervention armée dans l’ex-Yougoslavie contre le leader serbe Milošević.

Mettre en parallèle Hitler, Hussein et Milošević ne parait pas pertinent.

Par contre, la comparaison entre Hitler et les islamistes qui veulent détruire Israël, peuple et Etat, s’impose.

ADDENDUM

Autres exemples de l’actualité des accords de Munich, l’approbation par nombre de pays de la proclamation unilatérale d’un Etat palestinien observateur non membre de l'ONU le 29 novembre 2012, à l’assemblée générale des Nations unies ou l’attentisme – Union européenne (UE) -, voire le possible soutien français à cette proclamation illégale de la « Palestine » et qui implique la disparition de l’Etat Juif. Les Etats-Unis ont annoncé qu’ils opposeront leur veto si une telle proclamation était présentée au Conseil onusien de sécurité dont ils sont membres de droit.

Quant à la conférence de Paris que la France entendait réunir fin mai 2016 en vue de mettre fin au "conflit israélo-palestinien", sans l'Etat d'Israël ni l'Autorité palestinienne, et tout en affirmant avec prétention et vanité détenir les "paramètres de la paix" et a déjà annoncé qu'elle proclamera l'Etat palestinien en cas de refus de l'Etat Juif de ses conclusions, elle fait penser à quoi ?

La Conférence internationale de haut niveau des Nations Unies pour "le règlement pacifique de la question de Palestine et la mise en œuvre de la solution des deux États" s'est déroulée au siège des Nations unies à New York (28-30 juillet 2025). L'Etat d'Israël n'y était pas invité et était donc absent.

Les coprésidents de la conférence étaient la République française et le Royaume d’Arabie saoudite.

Et les coprésidents des groupes de travail étaient la République fédérative du Brésil, le Canada, la République arabe d’Égypte, le Royaume d’Espagne, le République d’Indonésie, l’Irlande, la République italienne, le Japon, le Royaume hachémite de Jordanie, les États-Unis du Mexique, le Royaume de Norvège, l’État du Qatar, le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord, la République du Sénégal, la République de Turquie, la Ligue des États arabes et l’Union européenne.

"Dans une déclaration publiée la veille [de la clôture] au soir à New York, en marge de la Conférence, les ministres des affaires étrangères de 15 pays occidentaux ont affirmé leur « engagement indéfectible envers la vision de la solution des deux États ».  Alors que 6 de ces pays (Espagne, France, Irlande, Islande, Slovénie et Norvège) ont déjà reconnu ou annoncé leur prochaine reconnaissance de l’État de Palestine, 9 autres (Andorre, Australie, Canada, Finlande, Luxembourg, Malte, Nouvelle-Zélande, Portugal et Saint-Marin) expriment « la volonté ou la considération positive » de le faire.  Tous appellent les pays qui n’ont pas encore franchi ce pas à se joindre à « l’Appel de New York ». 

Le 29 juillet 2025, tous ces coprésidents, de la conférence et des groupes de travail, ont émis cette déclaration en 42 points :
"La République fédérative du Brésil, le Canada, la République arabe d’Égypte, le Royaume d’Espagne, le République d’Indonésie, l’Irlande, la République italienne, le Japon, le Royaume hachémite de Jordanie, les États-Unis du Mexique, le Royaume de Norvège, l’État du Qatar, le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord, la République du Sénégal, la République de Turquie, la Ligue des États arabes et l’Union européenne.

1. Nous, chefs d’États et de gouvernement et représentants, nous sommes réunis au siège des Nations Unies à New York du 28 au 30 juillet 2025, à un moment d’une importance historique pour la paix, la sécurité et la stabilité au Moyen-Orient.

2. Nous sommes convenus de prendre ensemble des mesures pour mettre fin à la guerre à Gaza, parvenir à un règlement juste, pacifique et durable du conflit israélo-palestinien reposant sur une mise en œuvre véritable de la solution des deux États, et bâtir un avenir meilleur pour les Palestiniens, les Israéliens et l’ensemble des peuples de la région.

3. Les événements récents ont montré, une fois de plus et plus que jamais, le coût humain terrible et les graves implications pour la paix et la sécurité régionales et internationales de la persistance du conflit au Proche-Orient. En l’absence de mesures décisives en faveur de la solution des deux États et de garanties internationales solides, le conflit s’aggravera et la paix régionale demeurera impossible à atteindre.

4. Nous avons réaffirmé notre condamnation de toutes les attaques contre des civils, par toute partie au conflit, notamment des actes de terrorisme et des attaques indiscriminées, et de toutes les attaques contre des biens civils, des actes de provocation, de l’incitation à la haine et des destructions. Nous rappelons que la prise d’otages est interdite par le droit international. Nous réaffirmons notre rejet de toute action pouvant entraîner des changements territoriaux ou démographiques, et notamment des déplacements forcés de la population civile palestinienne, qui constituent une violation flagrante du droit international humanitaire. Nous condamnons les attaques perpétrées le 7 octobre par le Hamas contre des civils. Nous condamnons également les attaques perpétrées par Israël contre des civils et des infrastructures civiles dans la bande de Gaza, ainsi que le siège et la famine imposés aux populations civiles, qui ont entraîné une catastrophe humanitaire dévastatrice et une situation de crise pour la protection des populations. Rien ne peut justifier des violations graves du droit international, et notamment du droit international humanitaire, et nous soulignons la nécessité d’assurer la reddition des comptes.

5. La guerre, l’occupation, la terreur et les déplacements forcés ne peuvent en aucune façon conduire à la paix ou à la sécurité. Seule une solution politique le peut . La fin du conflit israélo-palestinien et la mise en œuvre de la solution des deux États sont le seul moyen de répondre aux aspirations légitimes des Israéliens et des Palestiniens, conformément au droit international, et la meilleure façon de mettre un terme à la violence sous toutes ses formes et au rôle déstabilisateur des acteurs non étatiques, de mettre fin au terrorisme et à la violence sous toutes leurs formes, de garantir la sécurité des deux peuples et la souveraineté des deux États, et de faire prévaloir la paix, la prospérité et l’intégration régionale au profit de tous les peuples de la région.

6. Nous nous sommes donc engagés à prendre des mesures tangibles et irréversibles s’inscrivant dans un calendrier précis pour régler pacifiquement la question de Palestine et mettre en œuvre la solution des deux États, pour parvenir, grâce à des actions concrètes et aussi rapidement que possible, à la mise en place d’un État de Palestine indépendant, souverain, économiquement viable et démocratique, vivant côte à côte en paix et en sécurité avec Israël, ce qui permettra une pleine intégration régionale et une reconnaissance mutuelle.

7. À cette fin, nous sommes convenus de soutenir, dans le cadre d’un processus assorti de délais, la conclusion et la mise en œuvre d’un accord de paix juste et global entre Israël et la Palestine, conformément aux résolutions pertinentes des Nations Unies, au mandat de Madrid, notamment le principe de l’échange de territoires contre la paix, et à l’initiative arabe de paix, en mettant fin à l’occupation, en réglant l’ensemble des questions en suspens et relatives au statut final, ainsi que l’ensemble des revendications, en parvenant à une paix juste et durable, en garantissant la sécurité pour tous, et en favorisant la pleine intégration régionale et la reconnaissance mutuelle au Moyen-Orient, dans le plein respect de la souveraineté de tous les États.

Mettre fin à la guerre dans la bande de Gaza et garantir la sécurité des Palestiniens et des Israéliens pour le jour d’après

8. La guerre à Gaza doit cesser immédiatement. Nous avons affirmé notre soutien aux efforts menés par l’Égypte, les États-Unis et le Qatar pour que les parties reprennent immédiatement la mise en œuvre de l’accord de cessez-le-feu dans toutes ses phases afin de mettre fin aux hostilités de manière permanente, de permettre la libération de tous des otages, l’échange de prisonniers palestiniens, la restitution de l’ensemble des dépouilles et le retrait total des forces israéliennes de la bande de Gaza et nous avons réitéré notre détermination à agir pour atteindre ces objectifs. Dans ce contexte, le Hamas doit libérer tous les otages.

9. Nous avons exigé l’acheminement immédiat, sûr, inconditionnel et sans entrave de l’aide humanitaire en quantité importante par tous les points de passage et dans toute la bande de Gaza, en coordination avec les Nations Unies et le Comité international de la Croix-Rouge, et conformément aux principes humanitaires. Pour cela, il est nécessaire qu’Israël, la puissance occupante, lève les restrictions et ouvre les points de passage aux frontières, et il est indispensable d’assurer la reprise de la fourniture d’électricité et l’entrée des carburants, du matériel médical, de la nourriture, de l’eau et d’autres fournitures essentielles. Nous avons rappelé que le personnel des Nations Unies et le personnel humanitaire doivent être protégés et pouvoir travailler efficacement. Nous avons souligné notre refus de l’utilisation de la famine comme instrument de guerre, qui est contraire au droit international, et l’importance de prendre des mesures immédiates pour lutter contre l’augmentation rapide des cas de famine et prévenir une famine de grande ampleur à Gaza.

10. La bande de Gaza fait partie intégrante d’un État de Palestine et doit être unifiée avec la Cisjordanie. Toute occupation, siège, amputation territoriale ou déplacement forcé sont exclus.

11. La gouvernance, les services de police et de justice et la sécurité dans l’ensemble des territoires palestiniens doivent incomber de manière exclusive à l’Autorité palestinienne, avec un soutien approprié de la communauté internationale. Nous avons accueilli favorablement la stratégie de l’Autorité palestinienne dénommée « Un seul État, un seul gouvernement, une seule loi, un seul monopole de la violence armée » et nous nous sommes engagés à en soutenir la mise en œuvre notamment par le processus nécessaire de DDR (désarmement, démobilisation et réintégration) qui doit être mené à bien dans le cadre d’un mécanisme convenu avec les partenaires internationaux et d’un calendrier défini. Dans le contexte de l’achèvement de la guerre à Gaza , le Hamas doit cesser d’exercer son autorité sur la bande de Gaza et remettre ses armes à l’Autorité palestinienne, avec le soutien et la collaboration de la communauté internationale, conformément à l’objectif d’un État de Palestine souverain et indépendant.

12. Nous avons soutenu la prompte mise en œuvre du plan de reconstruction de la Ligue arabe et de l’Organisation de la conférence islamique visant un relèvement précoce et une reconstruction rapides dans la bande de Gaza tout en garantissant que les Palestiniens puissent demeurer sur leur territoire. À cet effet, nous avons encouragé l’ensemble des États et des partenaires régionaux et internationaux à participer activement à la conférence pour le relèvement et la reconstruction de Gaza, qui se tiendra prochainement au Caire.

13. Une fois le cessez-le-feu rétabli, un comité administratif de transition doit être immédiatement mis en place et opérer à Gaza sous l’égide de l’Autorité palestinienne.

14. Nous avons appelé les États membres, les Nations Unies et leurs institutions, et les organisations internationales à fournir des ressources et de l’aide en quantité importante pour appuyer le relèvement et la reconstruction, notamment par le biais d’un fonds d’affectation spéciale international dédié à la reconstruction. Nous avons souligné le rôle indispensable de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) et nous avons exprimé notre engagement à continuer d’appuyer l’office dans la mise en œuvre de son mandat, notamment grâce un financement adapté, et avons salué son engagement et les efforts qu’il déploie pour appliquer les recommandations du rapport Colonna. Lorsqu’une solution juste au problème des réfugiés palestiniens sera trouvée, conformément à la résolution 194 de l’Assemblée générale des Nations Unies, l’UNRWA remettra ses services « publics » dans le territoire palestinien aux institutions palestiniennes dûment habilitées et préparées.

15. Nous avons soutenu le déploiement d’une mission internationale temporaire de stabilisation, à l’invitation de l’Autorité palestinienne, sous l’égide des Nations Unies et dans le respect des principes des Nations Unies, reposant sur les capacités onusiennes existantes, et mandatée par le Conseil de sécurité des Nations Unies, avec un appui régional et international approprié. Nous avons noté avec satisfaction que plusieurs États membres étaient disposés à mettre des troupes à sa disposition.

16. Cette mission, qui pourrait évoluer en fonction des besoins, fournirait une protection à la population civile palestinienne, appuierait le transfert des responsabilités en matière de sécurité intérieure à l’Autorité palestinienne, soutiendrait le renforcement des capacités de l’État palestinien et de ses forces de sécurité et apporterait des garanties de sécurité à la Palestine et à Israël, notamment le suivi du cessez-le-feu et d’un futur accord de paix, dans le plein respect de leur souveraineté.

17. Nous nous sommes engagés à soutenir le gouvernement et les forces de sécurité palestiniens, grâce à des programmes de financement de partenaires régionaux et internationaux, assortis de contrôles, équipements, formations et recommandations appropriés, en mettant à profit l’expérience de mécanismes comme le Coordinateur en matière de sécurité des États-Unis pour Israël et l’Autorité palestinienne (USSC), la mission de soutien à la police dans les territoires palestiniens (EUPOLCOPPS) ou la mission d’assistance à la frontière au point de passage de Rafah de l’Union européenne (EUBAM Rafah).

18. Nous nous sommes également engagés à soutenir, en Israël et en Palestine, des mesures et programmes sur l’ensemble des plateformes et visant tous les acteurs, pour lutter contre la radicalisation, les provocations, la déshumanisation, l’extrémisme violent favorisant le terrorisme, les discriminations et les discours de haine, à promouvoir une culture de paix à l’école ainsi qu’à appuyer l’action de la société civile et le dialogue avec celle-ci. Nous nous sommes félicités des efforts en cours pour moderniser le programme scolaire palestinien et avons appelé Israël à déployer des efforts en ce sens. Nous avons soutenu la mise en place d’un mécanisme international de suivi pour vérifier le respect de ces objectifs par les deux parties.

Permettre la création d’un État de Palestine souverain et économiquement viable, vivant côte à côte en paix et en sécurité avec Israël

19. Nous avons réaffirmé notre soutien indéfectible, conformément au droit international et aux résolutions pertinentes des Nations Unies, à la mise en œuvre de la solution des deux États, avec deux États démocratiques et souverains, la Palestine et Israël, vivant côte à côte en paix et en sécurité, au sein de frontières sûres et reconnues, selon les lignes de 1967, y compris en ce qui concerne Jérusalem.

20. Nous avons noté avec satisfaction les engagements que le Président palestinien, Mahmoud Abbas, a exprimés dans sa lettre en date du 9 juin 2025, qui comprennent notamment le règlement pacifique de la question de Palestine et le rejet constant de la violence et du terrorisme. Nous nous sommes également félicités de la déclaration du Président Abbas selon laquelle l’État palestinien doit être le seul à assurer la sécurité sur son territoire mais n’a pas l’intention de devenir un État militarisé et est prêt à travailler à des arrangements de sécurité bénéfiques pour toutes les parties, dans le plein respect de sa souveraineté et pour autant qu’il bénéficie de la protection internationale.

21. Nous avons réaffirmé la nécessité pour l’Autorité palestinienne de continuer à mettre en œuvre un programme de réformes crédible, avec le soutien de la communauté internationale, notamment de la Ligue des États arabes et de l’Union européenne, en mettant l’accent sur la bonne gouvernance, la transparence, la viabilité des finances publiques, la lutte contre l’incitation à la violence et les discours de haine, la fourniture de services, l’environnement des affaires et le développement.

22. Nous avons également noté avec satisfaction l’engagement pris par le Président Abbas d’organiser des élections présidentielle et générales transparentes et démocratiques dans l’ensemble des territoires palestiniens occupés, y compris Jérusalem-Est, dans un délai d’un an, sous supervision internationale, facilitant une compétition démocratique entre acteurs palestiniens engagés à respecter le programme politique et les engagements internationaux de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), les résolutions pertinentes des Nations Unies ainsi que le principe « Un seul État, un seul gouvernement, une seule loi, un seul monopole de la violence armée », et permettant ainsi à une nouvelle génération de représentants élus d’accéder aux responsabilités. À l’invitation de l’Autorité palestinienne, l’Union européenne s’est engagée à poursuivre son soutien au processus électoral.

23. Nous avons appelé les dirigeants israéliens à prendre un engagement public clair en faveur de la solution des deux États, qui prévoie un État palestinien viable et souverain, à mettre un terme immédiat à la violence et à l’incitation à la haine contre les Palestiniens, à mettre fin immédiatement à toutes les activités de colonisation, d’appropriation et d’annexion des terres dans les territoires palestiniens occupés, y compris Jérusalem-Est, à renoncer publiquement à tout projet d’annexion ou politique de colonisation et à faire cesser la violence des colons, notamment en mettant en œuvre la résolution 904 du Conseil de sécurité des Nations Unies et en adoptant une loi pour punir et dissuader les colons violents et leurs actes illégaux.

24. Nous avons demandé aux deux parties de poursuivre leurs efforts pour que les partis politiques adhèrent aux principes de non-violence et de reconnaissance mutuelle et à la solution des deux États.

25. Nous avons réaffirmé notre soutien au droit du peuple palestinien à l’autodétermination. Prenant note du fait qu’il n’existe aucune négociation en cours entre les parties et que les mesures unilatérales illégales constituent une menace existentielle pour la création d’un État de Palestine indépendant, nous avons réaffirmé que la reconnaissance et la création de l’État de Palestine sont une composante essentielle et indispensable de la réalisation de la solution des deux États, tout en rappelant que la reconnaissance est une décision souveraine revenant à chaque État. L’admission pleine et entière de l’État de Palestine aux Nations Unies constitue un élément indispensable à la solution politique qui mettra fin au conflit et permettra l’intégration régionale totale.

26. Nous nous sommes engagés à mobiliser des soutiens politique et financier au profit de l’Autorité palestinienne dans son action réformatrice pour l’aider à renforcer ses capacités institutionnelles, à mettre en œuvre son programme de réformes et à assumer ses responsabilités dans l’ensemble des territoires palestiniens occupés. À cet effet, nous avons demandé à d’autres États de s’engager à accroître leur aide budgétaire, aux côtés de l’UE et d’autres donateurs, et à organiser dès que possible une réunion internationale des donateurs.

27. Nous sommes convenus de promouvoir le développement économique de la Palestine, de faciliter le commerce et d’améliorer la compétitivité du secteur privé palestinien. Nous avons appelé à la levée des restrictions en matière d’accès et de circulation et à la libération immédiate des recettes fiscales palestiniennes bloquées, et nous nous sommes engagés à revoir le Protocole de Paris relatif aux relations économiques (1994), à mettre en place un nouveau cadre pour le transfert des revenus douaniers afin que les Palestiniens contrôlent la fiscalité, à permettre l’intégration pleine et entière de la Palestine dans le système monétaire et financier international et à garantir des relations de correspondance bancaires durables à long terme.
Préserver la solution des deux États face aux mesures unilatérales
28. Nous avons souligné que le respect de la Charte des Nations Unies et du droit international est une composante essentielle de la paix et de la sécurité dans la région.

29. Nous nous sommes engagés à protéger les efforts de paix face aux éventuels fauteurs de troubles qui cherchent à faire échouer la mise en œuvre de la solution des deux États par des mesures unilatérales illégales et des actions violentes.

30. Nous avons réaffirmé notre vive opposition à toutes les actions illégales des deux parties qui compromettent la viabilité de la solution des deux États, notamment les activités de colonisation, et nous avons exprimé notre détermination à prendre des mesures concrètes, conformément au droit international, et en phase avec les résolutions pertinentes des Nations Unies et à l’avis consultatif de la Cour internationale de justice du 19 juillet 2024, pour aider le peuple palestinien à exercer son droit à l’autodétermination et lutter contre la politique de colonisation illégale dans les territoires palestiniens occupés, y compris Jérusalem-Est, ainsi que les mesures et menaces de déplacements forcés et d’annexion.

31. Nous avons appelé au respect du statu quo historique légal sur les lieux saints musulmans et chrétiens à Jérusalem, sans le modifier et soulignons le rôle essentiel de gardien joué par la monarchie hachémite à cet égard. Nous soutenons également le rôle joué par le Département des Affaires du Waqf de Jérusalem et de la mosquée al-Aqsa sous administration jordanienne.

32. Nous nous sommes engagés à adopter des mesures restrictives contre les colons extrémistes violents et les entités et personnes qui soutiennent la colonisation illégale, conformément au droit international.

33. Nous nous sommes engagés à adopter des mesures ciblées, conformément au droit international, contre les entités et les personnes qui ne respectent pas le principe du règlement pacifique de la question de Palestine, en commettant des actes de violence ou de terrorisme en violation du droit international.

Parvenir à l’intégration régionale en mettant fin au conflit israélo-palestinien

34. L’intégration régionale et la création d’un État palestinien indépendant sont des objectifs indissociables. La fin du conflit israélo-palestinien, qui est au cœur du conflit israélo-arabe, est un impératif pour la paix, la stabilité et l’intégration de la région. Seuls la fin de la guerre à Gaza, la libération de tous les otages, la fin de l’occupation, le rejet de la violence et de la terreur, la création d’un État palestinien indépendant, souverain et démocratique, la fin de l’occupation de tous les territoires arabes, et des garanties de sécurité solides apportées à Israël et à la Palestine peuvent permettre la normalisation des relations et la coexistence entre les peuples et les États de la région.

35. Nous sommes convenus de prendre des mesures concrètes pour promouvoir la reconnaissance mutuelle, la coexistence pacifique et la coopération entre tous les États de la région, en lien avec une mise en œuvre irréversible de la solution des deux États.

36. Nous avons appelé les Israéliens et les Palestiniens à reprendre de bonne foi et avec bonne volonté les négociations, avec le soutien, la supervision et des garanties de la communauté internationale, afin de parvenir à une paix et à une stabilité mutuellement garanties.

37. Nous sommes convenus de soutenir, parallèlement à la conclusion d’un accord de paix entre la Palestine et Israël, des efforts renouvelés sur le volet Syrie-Israël et le volet Liban-Israël, afin de parvenir à une paix globale, juste et durable au Moyen-Orient, conformément au droit international et aux résolutions pertinentes des Nations Unies, mettant fin à toutes les revendications.

38. Nous nous sommes engagés à préparer le terrain en vue d’une future « journée de la paix » (« Peace Day ») en nous appuyant sur l’initiative arabe de paix, sur le paquet de mesures européennes au service de la paix (« European Peace Supporting Package ») ainsi que sur d’autres contributions internationales, qui apporteront de réels bénéfices aux Palestiniens, aux Israéliens et à la région tout entière, notamment en matière de commerce, d’infrastructures et d’énergies, et permettront l’intégration régionale pour parvenir à une architecture de sécurité régionale promouvant et respectant les droits de tous les peuples et la souveraineté de tous les États.

39. À cet égard, nous avons décidé d’étudier, dans le contexte de la création d’un État palestinien souverain, une architecture de sécurité régionale susceptible de fournir à tous des garanties de sécurité, en nous inspirant de l’expérience de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) et de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), et en ouvrant la voie à un Moyen-Orient plus stable et sûr, ainsi qu’un cadre régional et international apportant une aide appropriée au règlement de la question des réfugiés, tout en réaffirmant le droit de retour.

40. Nous sommes déterminés à faire en sorte que les décisions prises lors de cette conférence constituent un tournant, mobilisant la communauté internationale tout entière aux niveaux politique, économique, financier et de la sécurité, afin d’ouvrir la voie à un avenir prometteur attendu de longue date par tous les États et tous les peuples.

41. Nous avons décidé de charger les co-présidents de la conférence et des groupes de travail, notamment dans le cadre de l’Alliance globale pour la mise en œuvre de la solution des deux États, de servir de mécanisme international de suivi des objectifs de cette conférence et des engagements qui y ont été pris. Nous sommes convenus de mobiliser la communauté internationale au niveau des chefs d’État et de gouvernement autour de ces engagements, en marge de la 80e Assemblée générale des Nations Unies en septembre 2025.

42. La présente déclaration et son annexe exposent les conclusions des huit groupes de travail réunis dans le cadre de la conférence et définissent un cadre global opérationnel pour le règlement pacifique de la question de Palestine et la mise en œuvre de la solution des deux États. Ces conclusions reflètent les propositions portant sur les dimensions politiques, humanitaires, économiques, juridiques, stratégiques et de sécurité et constituent un plan d’action concret assorti de délais pour guider sur le plan international l’engagement, la mise en œuvre, la coordination opérationnelle et les efforts de suivi dans la perspective de la mise en œuvre de la solution des deux États et de la pleine intégration régionale."
Le 30 juillet 2025, la conférence s'est achevée par l'annonce de futures déclarations de reconnaissance d'un "Etat de Palestine". "Pour une majorité d’États Membres, de Cuba à la Malaisie, de l’Iran au Nigéria, en passant par la République-Unie de Tanzanie, la Somalie ou encore le Soudan, mettre en œuvre la solution des deux États implique, en priorité, d’admettre l’État de Palestine en tant que Membre de l’ONU de plein droit.  Le Conseil de sécurité, en vertu de l’Article 4 de la Charte des Nations Unies, a le devoir de recommander cette admission qui représente « la volonté écrasante de la communauté internationale, exprimée dans les résolutions de l’Assemblée générale », a souligné l’Iran, pour qui ce processus « ne doit pas être entravé par les intérêts étroits d’un seul État Membre », à savoir les États-Unis."

"Face à l’absence de consensus au Conseil de sécurité sur la question de l’État de Palestine, la Côte d’Ivoire a invité l’organe chargé de la paix et de la sécurité internationales à surmonter ses divergences, « notamment dans les situations d’urgence humanitaire ».

« Nous pensions que ceux qui ont été victimes du génocide et de ses affres ne tenteraient pas de les commettre à leur tour », a renchéri le représentant de la Ligue des États arabes, voyant dans « le prix du sang » payé par les Palestiniens le prolongement des crimes de l’occupation, dénoncés par la Cour internationale de Justice.  Selon lui, la volonté internationale est claire: il faut mettre un terme à l’occupation israélienne « raciste et coloniale », reconnaître l’État de Palestine et faire en sorte qu’un État palestinien viable devienne Membre à part entière de l’ONU lors de la quatre-vingtième session de l’Assemblée générale". 

"Dénonçant les « crimes systématiques commis par Israël » depuis des décennies, l’Organisation de la coopération islamique (OCI) a également appelé tous les États à « reconnaître pleinement l’État de Palestine comme membre de l’ONU », saluant au passage l’annonce faite par le Président français Emmanuel Macron, qu’elle a qualifiée de « soutien essentiel à la légitimité palestinienne ».  Une décision « courageuse », selon le Conseil de coopération du Golfe, qui a également rendu hommage à la reconnaissance conditionnelle faite hier par le Royaume-Uni, estimant que ne pas reconnaître l’État de Palestine crée un « déséquilibre structurel dans le processus de paix ». 

"Pour sa part, le Saint-Siège a rappelé avoir reconnu l’État d’Israël en 1993 et l’État de Palestine en 2015.  Si la solution des deux États est, à ses yeux, « la seule voie viable », il a demandé que Jérusalem soit dotée d’un statut internationalement protégé afin de garantir les droits de tous ses habitants, y compris des chrétiens qui s’y sentent « de plus en plus menacés » alors même qu’ils ont toujours eu « un rôle modéré et stabilisateur dans la région ».  Il s’est par ailleurs déclaré alarmé par la gravité de la situation humanitaire à Gaza, dénonçant le caractère disproportionné de la riposte israélienne à « l’odieuse attaque » du 7 octobre 2023". 

"Cette situation extrême a entraîné une réaction ferme de l’observatrice de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, qui a exigé la mise en place dans l’enclave palestinienne d’un mécanisme de distribution de l’aide humanitaire digne de ce nom.  « Dans leurs centres médicaux à Gaza, nos collègues de la Société du Croissant-Rouge palestinien accueillent des personnes évanouies et malades à cause de la faim, alors qu’ils ne peuvent pas non plus trouver de nourriture pour eux-mêmes ou leurs propres enfants », s’est-elle indignée, signalant aussi des difficultés opérationnelles en Cisjordanie occupée".

Redynamisée par le Président français Emmanuel Macron, la reconnaissance de la "Palestine" correspond à une récompense donnée aux djihadistes dont les visées sont mondiales.

Le 29 juillet 2025, durant une conférence de presse, Gideon Sa’ar, ministre israélien des Affaires étrangères, a dénoncé une "campagne de pression internationale biaisée...
Cette pression, en pleine phase critique des négociations, a déjà encouragé le Hamas à se radicaliser. Elle sabote directement les chances d’un accord" pour la libération des otages et un cessez-le-feu. Il  a exprimé son opposition au projet de reconnaissance d'un Etat palestinien : 
« Nous sommes conscients qu'il existe aujourd'hui en Europe des pays comptant une importante population musulmane, et cela influence parfois la politique des gouvernements. Mais cela ne peut pas et ne conduira pas Israël au suicide.
Nous ne permettrons pas l'établissement d'un État terroriste djihadiste au cœur de notre patrie historique. Nous ne permettrons pas qu'un État terroriste du Hamas apparaisse à quelques kilomètres de nos centres de population.
Israël ne sera pas la Tchécoslovaquie du XXIe siècle. Nous ne sacrifierons pas notre existence même à la politique d'apaisement. Nous ne renoncerons pas à nos intérêts fondamentaux pour des considérations de politique intérieure de pays qui ont perdu le contrôle de leurs rues. Mais ces pays prétendent encore avec arrogance nous dicter ce qui est bon pour notre sécurité.
Il n'y aura JAMAIS d'État palestinien. Jamais !!! »

"Des journalistes et des érudits islamiques affiliés au Qatar ont critiqué l'appel au désarmement du Hamas lancé par la Conférence internationale de haut niveau de l'ONU pour la mise en œuvre de la solution à deux États : « C'est une trahison d'Allah », « une collaboration avec l'ennemi » ; les droits ne seront obtenus que par la force". (MEMRI, Dépêche spéciale n° 12109, 5 août 2025)    

"Fin juillet et début août 2025, un certain nombre de journalistes, d'influenceurs et d'érudits musulmans au Qatar et affiliés au Qatar ont exprimé leur opposition à la Conférence internationale de haut niveau des Nations Unies pour le règlement pacifique de la question de Palestine et la mise en œuvre de la solution à deux États, tenue du 28 au 30 juillet à New York à l'initiative de la France et de l'Arabie saoudite. Ils se sont notamment opposés à la déclaration finale de la conférence, qui incluait un appel au désarmement du Hamas et à la fin de son règne dans la bande de Gaza, et une condamnation de son invasion et des massacres du 7 octobre 2023 dans le sud d'Israël, que le Hamas appelle Le déluge d'Al-Aqsa."

"Appelant le Hamas à ignorer les appels à son désarmement, les auteurs ont souligné que les droits du peuple palestinien ne seront garantis que par la force. Un membre de l'Union internationale des oulémas musulmans (IUMS), basée à Doha et soutenue par le Qatar, a même republié une décision islamique stipulant que l'abandon des armes de la résistance à Gaza constituerait une « trahison envers Allah, le prophète Mahomet et les musulmans », ainsi qu'une « collaboration avec l'ennemi ».

"Il est remarquable que cette critique soit exprimée au Qatar, alors même que ce dernier a participé à la conférence internationale et a même été l'un des pays à approuver sa déclaration finale. Il s'agit là d'un nouvel exemple du double langage du Qatar et de ses tentatives de se présenter à l'Occident comme un pays en quête de paix, malgré son soutien constant au terrorisme, au Hamas et aux attentats du 7 octobre."

"De plus, l'opposition aux appels au désarmement du Hamas formulés par des individus affiliés au Qatar fait écho à l'opposition exprimée ces derniers mois dans les médias qataris à ces mêmes appels, lors des négociations de cessez-le-feu au Qatar. Par exemple, Jaber Al-Harmi, rédacteur en chef du quotidien gouvernemental qatari Al-Sharq, a appelé le Hamas à conserver ses armes afin qu'elles puissent être utilisées pour vaincre Israël, tout comme les talibans ont vaincu les États-Unis et l'Occident. De même, en juin, des centaines d'érudits musulmans du monde musulman, parmi lesquels des membres de l'IUMS, soutenue par le Qatar, ont signé une pétition accordant une approbation religieuse aux opérations du Hamas et aux attentats du 7 octobre, et rejetant les demandes de désarmement du Hamas."

"Ce rapport présente des exemples de critiques formulées par des individus affiliés au Qatar à l'encontre de la Conférence internationale de haut niveau des Nations Unies pour le règlement pacifique de la question de Palestine et la mise en œuvre de la solution à deux États, ainsi que de l'appel de la conférence au désarmement du Hamas - y compris une republication par l'un d'eux d'un clip récent de MEMRI TV montrant un haut responsable du Hamas, Ghazi Hamad, déclarant que le Hamas ne renoncera jamais à ses armes." Le 2 août 2025, Ghazi Hamad a déclaré sur al-Jazeera que la cause palestinienne est synonyme d'armes, que l'agression djihadiste du "7 octobre 2023 a conduit à la reconnaissance internationale d'un État palestinien et a prouvé que vaincre Israël n'est pas si difficile ; nous ne rendrons jamais nos armes – Israël peut rêver que nous le ferons". (Source : MEMRI) 

Le 31 juillet 2025,  le Jihad islamique palestinien puis le Hamas ont publié deux vidéos d'otages israéliens affamés, l'une d'Evyatar David, squelettique, creusant semble-t-il sa tombe dans un tunnel, et l'autre montrant Rom Braslavski affaibli, incapable de tenir debout. 

Pendant que les médias, l'ONU et de nombreux dirigeants politiques allèguent faussement, depuis des mois, une prétendue famine et un "génocide" dans la bande de Gaza fomentés par l'Etat d'Israël, les otages israéliens sont affamés. Aucune convention internationale n'impose à un belligérant à nourrir l'autre belligérant. En acceptant, sous les pressions internationales et intérieures, de fournir de l'alimentation aux Gazaouis, l'Etat d'Israël permet aux djihadistes de maintenir leur contrôle sur la population gazaouie, et réduit les chances d'obtenir la libération des otages, surtout les vivants. Et c'est pour ces Palestiniens que la "communauté internationale" veut créer un Etat ?!

Parallèlement, était révélé l'antisémitisme de deux Gazaouis, non victimes de la prétendue "famine", accueillis généreusement en France. Deux parmi les "292 Gazaouis ayant bénéficié d'un droit d'exil vers la France depuis mars dernier, selon le quai d'Orsay".

Agée de 25 ans, portant le voile islamique, Nour Atallah est "la nièce de Ayoub Ahmed Atallah, garde du corps personnel du fondateur du Hamas, le Cheikh Ahmed Yassine". Lors de la deuxième édition du « Concours Dis-moi 10 mots à Gaza » aux parrains prestigieux, le jury du concours 2023 a récompensé le 8 mars 2023, à l’Institut français de Gaza et en visioconférence, 4 lauréats. Un "premier prix ex-æquo a été attribué à Mme Nour Atallah qui propose une vidéo pour promouvoir la langue française et sa diversité et à Mohammed Abu Khammash qui nous invite à un voyage dans le temps, un mariage bédouin, un clin d’œil passé-présent. C’est Mme Alia Abu Amr qui a reçu, cette année, le prix Francophone avec une vidéo pleine d’humour d’un ours qui préfère hiberner. Enfin, le Prix encouragement a été décroché par Mme Jamila Al Fere pour une pastille carte postale en direct de Gaza. Chaque lauréat recevra une liseuse offerte par le ministère français de la Culture. La célébration de la Journée de la francophonie qui s’est déroulée le 14 mars à l’Institut français de Gaza leur a permis de présenter leurs vidéos sur scène et en public."

Elle était "entrée en France grâce à l’obtention d’une bourse sociale délivrée par le consulat français de Jérusalem, lui-même sous la supervision directe du cabinet du ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot," en vue de son inscription à Sciences Po Lille. Elle est logée "au sein de l'appartement personnel du directeur de Sciences Po Lille, Etienne Peyrat « dans l'attente du logement universitaire qui lui était réservé », explique l'établissement. Elle a été sélectionnée par la grande école en raison de son profil académique, Nour Atallah présentant notamment une licence en droit à l'Université de Palestine". RMC Info a diffusé un reportage sur Nour Atallah. 
Sur les réseaux sociaux, des Internautes ont révélé que Nour Atallah avait "relayé des messages de « glorification d’Adolf Hitler » et aux attentats du 7-Octobre, ou encore des appels à « tuer les juifs partout » et exécuter les otages israéliens aux mains du Hamas".
Le 30 juillet 2025, « la direction de Sciences Po Lille a pris la décision d’annuler l’inscription prévue de cette étudiante dans notre établissement», car elle entre en «contradiction frontale avec les valeurs portées par Sciences Po Lille, qui lutte contre toute forme de racisme, antisémitisme et discrimination, ainsi que contre tout type d’appel à la haine, contre quelque population que ce soit».
Nour Atallah "devrait faire l'objet d'une expulsion du territoire, comme l'avaient demandé certaines figures politiques. Une source diplomatique française a indiqué qu'elle était visée par une enquête judiciaire pour « apologie du terrorisme et apologie de crime contre l'humanité» et qu'elle avait « vocation à quitter le territoire national ».
Le 31 juillet 2025, France Inter a allégué : « d’après nos informations, elle est bouleversée et accablée par la situation ».
Le 3 août 2025 à 18h04, Jean-Noël Barrot, ministre français de  l'Europe et des Affaires étrangères a posté sur X :
"Nour Attaalah a quitté le territoire national. Elle n’y avait pas sa place. Je l’avais dit, nous l’avons fait. Ce départ n’aurait pas été possible sans la mobilisation décisive des agents du Quai d’Orsay, et de ceux qui les ont appuyés : je les en remercie."
"Mme Atallah ne pouvait demeurer sur le territoire national. Elle a quitté la France aujourd’hui pour rejoindre le Qatar et y poursuivre ses études »,  a précisé le Quai d’Orsay dans un communiqué. La diplomatie française « remercie les autorités qatariennes pour leur coopération déterminante ».
"Selon une source du JDD, ce départ est le fruit d’une négociation entre les autorités et la jeune Palestinienne : le ministère de l’Intérieur l’aurait menacée d’abroger son visa, de lui édicter une OQTF et de la placer en Centre de rétention administrative (CRA) - une place lui était réservée au Cra du Mesnil-Amelot. En outre, le visa de Nour Atallah aurait été immédiatement abrogé après son départ, afin qu’elle ne puisse pas regagner le territoire français."
Avocat de Nour Atallah qui bénéficie d'un visa étudiant et d'une bourse gouvernementale, Me Ossama Dahmane a confirmé dans un communiqué qu’elle avait « fait le choix, en concertation avec le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, de poursuivre ses études dans un autre pays, dans un esprit d’apaisement et pour préserver sa sécurité », même si elle « conteste fermement l’ensemble des accusations dont elle fait l’objet ».
« Tous les profils qui sont entrés en France vont faire l’objet d’une nouvelle vérification », a indiqué le Quai d'Orsay. 
Donc, malgré une enquête judiciaire sur Nour Atallah, celle-ci a pu volontairement, et avec "la mobilisation" du Quai d'Orsay et d'aitres soutiens, quitter la France. Qu'en pense le ministre de la Justice, Gérald Darmanin ? Qu'en pensent le Procureur et le magistrat instructeur ? Silence car raison d'Etat ? 
Cela rappelle la duplicité de la France qui avait "arrêté" à Constance (Allemagne), le 15 mai 1945, le grand mufti de Jérusalem Mohammed Amin al-Husseini, allié du Führer Adolf Hitler. Le Quai d'Orsay l'avait pris en charge : accueil dans des villas agréables en banlieue parisienne, autorisations de bénéficier d'un cuisinier de la mosquée de Paris et de recevoir ses invités, etc. Il refusa les demandes d’extradition de la Grande-Bretagne et de la Yougoslavie - al-Husseini devait être jugé comme criminel de guerre et collaborateur des Nazis au Tribunal de Nuremberg - et lui remit un faux passeport, avec un nom d'emprunt, afin de lui permettre de rejoindre, dans un vol régulier de la compagnie américaine TWA d’Orly Le Caire (Egypte) en mai 1946.
Le Qatar, qui héberge dans des palaces la direction richissime du Hamas en exil, a accueilli Nour Atallah. Pourquoi ? Quel est son intérêt ? Combien cela coûte-t-il à la France ? Cela accroît la dépendance de la France envers le Qatar, soutien important avec l'Iran, des mouvements islamistes palestiniens. Et Nour Atallah échappe ainsi à une enquête et à une éventuelle condamnation judiciaire. 
Ce dénouement soulage la Macronie qui évite une procédure d'expulsion avec des rebondissements judiciaires sur des années, des révélations sur l'enseignement de la haine des kouffars financé par l'Union européenne et divers Etats européens dont la France, et met un terme aux critiques du Rassemblement national, des Républicains, de Reconquête !, du Journal du dimanche et de CNews.
Cet épilogue permet de tourner une page qui suscitait des inquiétudes chez nombre de Français convaincus que "l'immigration n'est pas une chance pour la France", et car il intervient deux semaines après la décision du 11 juillet 2025 de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) qui a jugé "que les ressortissants palestiniens originaires de la bande de Gaza non protégés par l’ONU peuvent se voir accorder le statut de réfugié en application de la convention de Genève de 1951 en raison des méthodes de guerre utilisées par les forces israéliennes depuis la fin en mars 2025 du cessez-le-feu conclu le 19 janvier 2025". La CNDA "avait accordé à une mère et à son fils mineur, apatrides palestiniens résidant dans la bande de Gaza, le statut de réfugiés en considérant qu’ils craignent, avec raison, en cas de retour dans ce territoire d’être personnellement persécutés, du fait de cette « nationalité », par les forces armées israéliennes qui contrôlent une partie substantielle de ce territoire."

Agé de 37 ans, le journaliste et fixer Fady Hossam, "collaborateur régulier de France 24 dans la bande de Gaza depuis 9 ans, a été évacué" de ce territoire le 25 juillet 2025 vers la France. "Ses enfants et sa femme ont pu être évacués vers l'Égypte."
En 2022, le New York Times avait licencié son correspondant Fady Hossam quand le quotidien américain après la révélation de ses twitts antisémites. Fady Hossam avait travaillé pour le Guardian et Vice News. 
Sur les réseaux sociaux, il avait écrit : « Les juifs sont des fils de chiens », « Il faudrait les tuer et les brûler comme l’a fait Hitler. J’en serais tellement heureux », « Je n’accepte pas un Juif, un Israélien ou un sioniste, ni quiconque parlant hébreu. Je suis pour les tuer où qu’ils soient - enfants, personnes âgées et soldats ». Il pourrait être visé par une 
une enquête judiciaire.

Devant ces deux scandales, et le danger que représentent ces individus élevés dans la haine des kouffars, juifs et chrétiens, le ministère français des Affaires étrangères a annoncé initié une enquête pour déterminer les failles dans les criblages visant ces "réfugiés" et la suspension provisoire de l'arrivée de Gazaouis.

Le 3 août 2025, dans son éditorial sur X, Madar a appelé à la démission de Jean-Noël Barrot :
"La France a accueilli depuis novembre 2023 environ 1 500 Gazaouis, évacués pour des raisons soi-disant « humanitaires ». À cela s’ajoutent entre 200 à 500 Palestiniens privilégiés : la bourgeoisie du Hamas, des notables triés sur le volet, exfiltrés avant la fermeture des frontières. Rien, absolument rien, ne se fait sans l’accord du Hamas. Et la France ? Elle tamponne. Elle imprime les visas. Elle ouvre les portes.
[Parmi ces Palestiniens privilégiés] la famille d’Abou Marzouk, un des fondateurs du Hamas. Refugiée en France. Toujours sans vérification de Jean-Noël Barrot
Est-ce qu’on peut vraiment appeler ça une politique humanitaire ? Évidemment, Non. C’est une stratégie de blanchiment terroriste, avec cachet officiel de la République française. Parce qu’il faut dire les choses clairement : Jean-Noël Barrot, n’est pas seulement le ministre des affaires étrangères. C’est lui qui a la responsabilité des tampons sur les visas validés par le Hamas.
Le Hamas ne s’est pas infiltré en France. Il y a été invité. Et pas par accident. Par décision politique.
Un jour, il y aura d’autres victimes. Et les familles demanderont : "Qui leur avait ouvert la porte ? Qui avait signé le visa ?" Et la réponse sera : Jean-Noël Barrot. Il doit démissionner."


"1938. Chamberlain cherche la paix avec Hitler" de 
Serge Viallet et Julien Gaurichon
France, 2021, 26 min
Coproduction : ARTE France, INA
Sur Arte les 6 avril 2023 à 03 h 40, 17 août 2025 à 7 h 15
Disponible du 24/02/2023 au 01/09/2023
Sur arte.tv du 10/08/2025 au 23/08/2025
Visuels : © Institut National De L'Audiovisuel Ina

« Les dessous des accords de Munich » de Christine Rütten
2008, 52 minutes
Diffusions les 15 septembre 2011 à 1 h 35 et  27 septembre 2011 à 10 h 55

1938, Chamberlain et Munich de Robert Mugnerot
Diffusions sur Histoire les 4 et 11 février, 18 et 19 mars 2014, 2, 9, 17 et 27 juillet 2015
Visuels : © HR

Articles sur ce blog concernant :
- France
- Shoah (Holocaust)

Cet article a été publié le 14 septembre 2011 et le :
- 7 mai 2013 à l'approche de la diffusion par la chaine Histoire, les 11 et 14 mai 2013, du documentaire de 1938, Chamberlain et Munich, documentaire de Robert Mugnerot ;
- 17 mars 2014. Histoire a diffusé les 18 et 19 mars 2014 1938, Chamberlain et Munich de Robert Mugnerot ;
- 2 juillet 2015, 24 mai 2016, 2 avril 2023. 

Dani Karavan (1930-2021), sculpteur et artiste plasticien

Dani Karavan (1930-2021) était un artiste plasticien israélien - décorateur pour le théâtre, l’opéra et la danse, sculpteur d’œuvres monumentales – distingué par de nombreux prix. Il a notamment conçu l'"Axe majeur" à Cergy (banlieue parisienne), le Square de la Tolérance situé à l'UNESCO depuis 1996 et un monument à Port-Bou en hommage à Walter Benjamin. Il était proche du Meretz, parti de gauche, voire d'extrême-gauche israélien. Arte rediffusera le 9 août 2025 à 02 h 45 "Dani Karavan, l’artiste des grands espaces", documentaire israélien de Barak Heymann.


Dani Karavan est né en 1930 à Tel Aviv, en Eretz Israël, alors Palestine mandataire.

Ses parents, Abraham et Zehava Karavan, étaient deux pionniers qui ont immigré en Eretz Israel en 1920. Abraham Karavan a été l'architecte en chef chargé du paysage de la cité de Tel Aviv du début des années 1940 à la fin des années 1960.

Après un séjour en kibboutz, Dani Karavan étudie aux Ecoles de Beaux arts de Tel-Aviv et Jérusalem, à l’Académie des Beaux-arts de Florence, puis à l’Académie de la Grande Chaumière à Paris.

Dans les années 1960, il débute comme décorateur pour le théâtre, l’opéra et la danse, notamment pour la Martha Graham Dance Company.

Il évolue vite vers « la sculpture environnementale, dont le Monument du Néguev est la première expression emblématique, internationalement reconnue ».

« Ses œuvres, profondément humanistes, se déploieront aux quatre coins de la planète, puisant leur matière d’éléments naturels comme le sable, le bois, l’eau, le vent et la lumière. Conçues comme autant d’espaces voués à convoquer la mémoire, commémorer l’histoire, souligner la destinée d’un site, rendre hommage et interroger la condition humaine, elles sont aussi des lieux de vie, de réflexion, de recueillement, de communion avec la nature ».

En 1976, Dani Karavan représente l’Etat d’Israël à la Biennale de Venise, puis participe à la Documenta 6 de Kassel en 1977.

Dès les années 1980, la galerie Jeanne Bucher Jaeger a exposé ses œuvres alors qu’il débute son Axe Majeur à Cergy-Pontoise, en notamment ses maquettes en plastilline en bronze ou en marbre, ses dessins et ses œuvres en néon.

Dani Karavan a été distingué par de prestigieux prix internationaux - le Prix Israël (1977), la médaille des arts plastiques de l’académie française d’architecture (1992), le Goslar Kaiserring (1996) et la médaille Goethe (1999) en Allemagne, le Praemium Imperiale au Japon (1998), le prix Michel Ange, Carrare, Italie (2005) - et décoré de la Légion d’Honneur, France (2014).

"Axe majeur" à Cergy
Dani Karavan "aura marqué de son empreinte le quartier de Cergy-Saint-Christophe et plus généralement l’ancienne ville nouvelle, avec cet ensemble de 3,2 km commencé en 1980, alors que l’espace était encore occupé par la végétation sauvage". A 
Cergy, ce "parcours urbain regroupe douze stations comme la tour du belvédère ou les douze colonnes surplombant les étangs de Cergy."

Unesco
"En décembre 1993, Dani Karavan a participé à la rencontre internationale « La Paix, le jour d’après », organisée par l’UNESCO à Grenade, en Espagne. Cette rencontre a rassemblé pour la première fois un grand nombre d’intellectuels et d’artistes israéliens et palestiniens, d’afin d’établir un dialogue culturel et soutenir le processus de paix. Suite à cette rencontre, M. Karavan a créé une sculpture environnementale dans les jardins de l’UNESCO, pour symboliser l’aube du processus de paix israélo-palestinien. Lors de l’inauguration de l’œuvre intitulée « Square de la Tolérance » en mai 1996, Dani Karavan a rendu hommage à Yitzhak Rabin, Premier Ministre israélien assassiné en 1995". 

Le « Square de la tolérance » de Dani Karavan est un don de l’artiste et de l’Etat d’Israël. Sa construction a été élaborée de 1993 à 1996 au siège de l’UNESCO à côté du jardin japonais et de l’œuvre de Vassilakis Takis, « Signaux éoliens » (1993)".

"Ce monument est composé de plusieurs éléments. Sur une colline artificielle est érigé un olivier, arbre à la fois symbole de la Paix ainsi qu’un élément renvoyant à la biographie personnelle de l’artiste. « Tout ce que je fais vient de mon histoire personnelle, » explique Dani Karavan, « Mon père a été jardinier, puis paysagiste de la ville de Tel-Aviv. Il a transplanté un vieil olivier dans notre jardin et j'ai grandi avec lui, il est devenu mon ami et m'a toujours accompagné, jusqu'à aujourd'hui.».

"Autour de cette colline se trouve des bancs circulaires en pierre, propices à la méditation des premières lignes du préambule de l’acte constitutif de l’UNESCO, gravée en 10 langues différentes (arabe, hébreu, français, anglais, chinois, espagnol, hindi, italien, portugais, russe), sur le mur de pierre :
« Les guerres prenant naissance dans l’esprit des hommes, c’est dans l’esprit des hommes que doivent être élevées les défenses de la paix. ».
"Afin d’affirmer son espoir pour la paix au Proche-Orient, Dani Karavan a fait gravé sur la même ligne la phrase en arabe et en hébreu. La méditation est renforcée par la fraîcheur et le bruit de l’eau qui s’écoule d’une sorte de colonne et vient entourer la colline de l’olivier."

"Un quatrième élément vient parachever cette structure environnementale : une tranchée permet de surplomber des éléments archéologiques provenant de la terre d’Israël, mises en dépôt à l’UNESCO par le Département des Antiquités d’Israël. Ceux-ci ont été choisis, à dessein, parmi certaines cultures et croyances qui ont peuplé la terre d’Israël au cours de l’histoire : une colonne d’époque romaine (1er-2ème siècle), une colonne de granit de Césarée d’époque d’Hérode (1er-2ème siècle), une base de colonne de l’époque byzantine (6ème-7ème siècle), une colonne d’époque byzantine de Néguev (5ème-6ème siècle), un chapiteau d’époque romaine (3ème-4ème siècle), un chapiteau de l’époque byzantine (6ème siècle)…"

"Avec ses chemins de pierre, ses espaces de repos, et le bruit de l’eau, cette structure environnementale est une « œuvre à voyager physiquement ».

En 1996, le « célèbre artiste plasticien et sculpteur israélien Dani Karavan a été nommé Artiste de l’UNESCO  pour la paix en juillet 1996, en reconnaissance de sa contribution à la promotion de la paix à travers ces sculptures". 

"En sa qualité d’Artiste de l’UNESCO pour la paix, il a participé en 1997 à la remise du Prix Nuremberg, une manifestation pour la tolérance, les droits de l’homme, la paix sur le pourtour méditerranéen et au Moyen-Orient. »

Hommage à Walter Benjamin
« On m’a demandé un monument à Port-Bou en hommage à Walter Benjamin, je préfère dire un hommage. J’ai cherché le meilleur endroit, j’étais vraiment hésitant. Et puis, j’ai pensé qu’il devait être près du cimetière. Walter Benjamin n’était certes pas venu à Port-Bou pour cela, pour y être enterré. Mais le fait est qu’il y fut enterré, sans l’avoir voulu. J’ai regardé autour de moi, j’ai vu ce tourbillon au pied de la falaise, j’ai pensé : c’est vraiment l’histoire de cet homme. Ce tourbillon a été le premier point de mon projet...», a expliqué Dani Karavan. Walter Benjamin, « écrivain et philosophe juif allemand, mit fin à ses jours dans la petite ville frontalière. Parvenu jusqu’à Port-Bou par un sentier montagneux et non sans grandes difficultés, Walter Benjamin, craignant d’être reconduit vers la France de Vichy par les autorités espagnoles, se suicida dans la nuit du 26 septembre 1940 ».

Autres œuvres
Parmi les œuvres célèbres de l’artiste : Le Monument du Néguev (1963-1968) en Israël, l’Axe Majeur à Cergy-Pontoise en banlieue parisienne, Ligne 1,2,3+1+1=5 en Italie, à la Fattoria di Celle (Pistoia, 1982-2000), le Chemin des droits de l’Homme à Nuremberg (1989-1993), Passages - Hommage à Walter Benjamin (1990-1994, Portbou, Espagne), Murou Art Forest (1998-2006, Murou, Japon), le Memorial dédié aux Sinti et Roms (1999- 2012, Berlin), la Place de la Culture (2005-2012, Tel-Aviv, Israël).

Les « réalisations monumentales de Dani Karavan puisent aux sources de différents champs artistiques et de réflexion sur l’homme et son environnement : la sculpture, le monument, l’architecture, l’urbanisme, la nature. Conçues comme autant d’espaces voués à commémorer l’histoire et les tragédies du XXe siècle, à souligner la destinée d’un site, à rendre hommage, à interroger la condition humaine, elles sont aussi des lieux de vie, de réflexion, de recueillement, de communion avec la nature. Elles invitent le visiteur à une expérience particulière qui sollicite dans le même temps son esprit, sa sensibilité et ses sensations. Véhiculant un message humaniste et universel, elles ont pour dénominateur commun de prôner des valeurs de paix et de tolérance.

Les matériaux utilisés par Dani Karavan sont évocateurs de l’esprit qui guide sa démarche : de l’acier Corten, du verre, mais aussi et surtout un tourbillon naturel se formant sur la mer, un olivier, et une citation de Benjamin en hommage aux victimes anonymes des conflits : « Honorer la mémoire des anonymes est une tâche plus ardue qu’honorer celle des gens célèbres. L’idée de construction historique se consacre à cette mémoire des anonymes ».

Dani Karavan a exposé dans de nombreux musées, dont le Martin-Gropius-Bau à Berlin, le Musée d’art de Tel-Aviv en Israël, le Musée d’art moderne de Kamakura au Japon, le Palazzo Vecchioà Florence, le Musée d’art moderne de la ville de Paris, le Château de Versailles et le musée d’art moderne de Céret.

Knesset
En juin 2016, lors de la conférence de Herzliya, Dani Karavan, qui en 1966 avait dessiné le mur devant lequel les membres de la Knesset à Jérusalem (Israël) s'expriment, a déclaré qu'il n'a cessé de répéter sa demande visant à ce que ce mur soit enlevé ou couvert par une tapisserie jusqu'à ce que le Parlement israélien, selon lui, reflète l'esprit de la Déclaration d'Indépendance du pays.


"Dani Karavan, l’artiste des grands espaces"
Arte rediffusera le 9 août 2025 à 02 h 45 "Dani Karavan, l’artiste des grands espaces", documentaire israélien de Barak Heymann.

"Sur les pas de l’artiste israélien Dani Karavan (1930-2021), suivi lors de sa tournée d’adieu à ses monumentales sculptures."
 
"Auteur de sculptures monumentales dialoguant avec les paysages où elles s’insèrent, l’artiste Dani Karavan, à l’aube de ses 90 ans, a entrepris un voyage d’adieu à ses œuvres, en Allemagne, en France, en Espagne et en Israël."

"Avec attention, l’artiste scrute l’état de ses créations et s’inquiète de leur bon entretien". 

"La ville de Cergy et son célèbre Axe majeur représentent l’une des grandes destinations de cet émouvant périple. Les travaux de cette gigantesque œuvre hybride, qui forme une promenade urbaine de plus de 3 kilomètres, ont commencé voilà plus de trente ans, et l’artiste espérait encore en voir aboutir la construction de son vivant".

"Alors que ses réalisations sont remplies de souvenirs du temps passé, Dani Karavan commence à perdre la mémoire au cours du voyage. Malgré ces premiers signes de faiblesse, l’homme se montre énergique, provocateur et plein d’humour. Un hommage à cet "artiste de la paix" – comme il fut qualifié par l’Unesco –, qui s’est éteint en mai 2021."

ADAMA
La Galerie Jeanne Bucher Jaeger présenta l’exposition de Dani Karavan, « intitulée ADAMA, « Terre » en hébreu, nouvel hommage rendu à l’artiste israélien, exposé et soutenu par la galerie depuis l’exposition « Questions d’urbanité » des années 80 dans laquelle la galerie présentait, auprès de Jean-Pierre Raynaud et Gérard Singer, sa toute première maquette en plastiline et dessins de son Axe Majeur.

"Sculpture urbaine et environnementale de 3 km de long, à la frontière entre sculpture, paysage, urbanisme et architecture, L’Axe Majeur est conçu alors pour lier la ville nouvelle de Cergy-Pontoise à l’un des plus beaux paysages de l’Ile-de-France dans l’axe central de Paris et ses quartiers de la Défense, de l’Arc de Triomphe et de la Pyramide du Louvre en perspective. Composée de 12 stations – chiffre ô combien symbolique – 11 d’entre elles sont à présent achevées ».

« Afin d’attirer l’attention du public sur cette œuvre majeure, empreinte d’espace et de temps, développée durablement depuis 1980 et toujours en cours en 2018, la galerie a choisi de présenter la maquette de 8 m de long de cette œuvre monumentale afin de faire partager toute l’ampleur de la vision de l’artiste sur sa capacité à offrir un paysage à la fois empreint de mémoire et tout en perspective. Parallèlement à cette œuvre majeure, un mur de photographies présentera les innombrables réalisations de l’artiste à travers le monde, réalisées en parallèle à la construction de l’Axe Majeur ».

« Egalement, cinquante ans après la réalisation de sa première sculpture environnementale dans le désert israélien, intitulée Monument du Néguev (1963-1968) et installée en plein désert israélien, la galerie expose les toutes dernières sculptures de Karavan, de petit ou grand format, et bas-reliefs de l’artiste en béton de terre crue. Ces sculptures en béton de terre remémorant les villages en terre de son enfance dont les constructions étaient conçues comme des sculptures habitables puisque pièces et mobilier étaient entièrement faits de terre, comme certains vestiges de constructions cananéennes et israélites datant de plus de 1500 à 3000 ans. Grâce à la technique innovante du béton de terre crue pour bas-reliefs et sculptures réalisées avec l’aide de l’artisan Rachid Mizrahi, et de la maquettiste de l’artiste, Anne Tamisier, Dani Karavan a pu donner naissance à ces œuvres, évocation des architectures de terre communes à plusieurs cultures et de l’universalité qui relie ces cultures entre elles. Exceptionnellement prêtées pour quelques unes d’entre elles, au Musée d’art moderne de Céret en 2015, elles sont aujourd’hui présentées dans leur totalité à la galerie qui en a soutenu durant ces trois dernières années toute la conception et la production ».

« Évoquant ces architectures de terre à taille humaine, l’artiste commente : 
« Cinquante ans  après le Monument du Néguev, je ressentais le besoin de revenir à des œuvres de plus petites dimensions, à la musique de chambre. J’ai donc commencé par le bon matériau. En fait, pour moi, tous les matériaux sont appropriés, j’en ai d’ailleurs utilisé un grand nombre tout au long de ma vie artistique. Cependant, j’avais envie d’en découvrir de nouveaux et c’est alors qu’une voie s’est ouverte à moi : travailler avec la terre. J’étais enthousiasmé par cette idée ». Œuvrant constamment avec des formes simples et universelles, dans la lignée de sculptures spatiales de grands artistes du 20e siècle tels que Brancusi, Noguchi et Giacometti, Dani Karavan a toujours conservé sa nature profonde d’innocence de l’enfance et de pacifisme comme il le décrit lui-même : « Je suis né sur les rivages de la mer Méditerranée, j’ai marché dans les dunes, auprès des oliviers, des montagnes et des vallées qui ont survécu à toutes ces terribles guerres. La mémoire est devenue partie de mon propre être, et si la mémoire est oubliée, la direction se perd et aussi le chemin ». Selon Germain Viatte qui a été de toutes les aventures de l’art contemporain en France pendant un demi-siècle et a toujours démontré un intérêt particulièrement marqué pour les musées de civilisation, ces nouvelles œuvres apparaissent comme « une sorte de grand ‘abécédaire de sa description du monde’, un dépassement personnel que l’artiste n’a eu de cesse de parfaire et de préciser tout en l’appliquant aux situations géographiques er historiques les plus variées. La plupart des cultures ont ainsi dressé – et ceci dès la préhistoire – poteaux anthropomorphes, totems incarnant les esprits animaux et invoquant les morts, stèles votives des conquêtes et du pouvoir, cairns jalonnant des espaces indifférenciés afin de dialoguer avec les vents et de se mesurer avec le temps, la course du soleil et des étoiles ; ils viennent toujours établir, à proximité des lieux du sacré et du vivre, l’aplomb des hommes capables de dialoguer ainsi avec les forces de la nature. Verticale, la stèle marque le désir ascendant d’échapper à la gravité et de placer l’homme à parité avec les arbres et les montagnes, entre terre et ciel ».
« Cet ensemble de sculptures, telles des stèles, dont les nuances variées d’ocre ou de rosé, lisses en surface ou grumeleuses à l’intérieur, sont semblables à des demeures ; à l’image des ces maisons traditionnelles, ou encore, à ces villages historiques que nous connaissons, ici et là, par les innombrables fouilles archéologiques en Israël et Palestine" (?!), "à Chypre, ou encore en Afrique ou au Maroc, où les techniques de construction de béton de terre étaient si avancées. Comme les décrit Germain Viatte dans son texte Stèles et Reliefs, « ces édifices nous parlent clairement tout en demeurant secrets. Toujours simple et d’apparence élémentaire, leur forme peut être savante comme Metuman (Octogone), ou la double sinusoïde de Knisa (Entrée), ou même le fût resserré de ce Shovach (Pigeonnier). Ce qui compte, c’est toujours leur élan croissant, celui de Aliya (Ascension), de Tfila (Prière), des cinq percées superposées de Halonot (Fenêtres) ou celui de Haritz (Fente), acéré en flèche ; et ce sont enfin leurs percées qui disent l’oculus astral, la vue multiple, l’accès, la traversée, la visée, la pénétration directe, ou oblique comme dans Mabat (Vue). Ils ont la familiarité rythmée d’un cortège processionnel qui serait celui des hommes. Ils manifestent l’être vrai. Leurs titres éclairent l’intention sans la livrer vraiment ; ils préfèrent proposer, et gardent, pour nous, le caractère ésotérique de leur formulation en hébreu ». Les bas-reliefs de Dani Karavan, eux, sont l’écriture de paysages, le murmure de l’eau, les ondulations de dunes, les structures de tentes préhistoriques, habitats de ces premiers hommes dont les titres sont éclairants : Ha’acher (L’Autre), Vayachaloku (Partage), Meshulashim (Triangles), Sefer Patuach (Livre ouvert) ou des équivalences apparemment contradictoires Shakua et Bolet (Négatif et Positif). Pour toutes ces œuvres, Dani Karavan choisit le matériau de la terre unificatrice dans sa capacité à transmettre un message universel de paix. Elles semblent ainsi venir compléter et donner racine à ses œuvres des années 50, où Karavan aimait à peindre ces villages proches des kibboutz de son enfance ».

Dani Karavan « travaillant toujours chaque site de manière précise, chaque détail de l’exposition à la galerie a été conçu par l’artiste tels ces piliers/miroirs qui renvoient, par leurs multiples réfléchissements, aux structures de terre et à la multiplicité de cadrages et d’images ».

Hommages en 2022
Coorganisée par la galerie Jeanne Bucher Jaeger, "une soirée-hommage lui est dédiée le 5 juin 2022 de 17 h 30 à 21 h 30 sur l’amphithéâtre de l’Axe Majeur". 

Directrice générale de cette galerie parisienne, Véronique Jaeger a écrit :
"Dani Karavan nous a quittés il y a tout juste un an, le 29 mai 2021. Une soirée-hommage lui est dédiée le 5 juin prochain de 17h30 à 21h30 sur l’amphithéâtre de l’Axe Majeur, une œuvre universelle de 3km de long, composée de 12 stations, construite dans la temporalité des pyramides et la continuité de l'axe historique de Paris. Débutée dans les années 80, cet axe majeur est à présent en cours de finition avec la mise en route de la dernière station, l'île astronomique et son jardin, mettant en relief l'environnement végétal et aquatique du site; une descente en hélice de 6m est prévue au centre de l'île de 60m de diamètre; ce sera la seule partie de l'Axe Majeur où le visiteur sera totalement immergé avec pour seule vision le ciel". 
"Nous vous invitons à nous rejoindre pour cet événement et partager au sein de l'amphithéâtre de Gérard Philippe, localisé sous la passerelle de l'Axe Majeur, les concerts, lectures de textes et danses prévus pour honorer Dani Karavan; entre autres, une performance de danse par sa fille Yaël Karavan, ainsi qu'un concert de percussion iranienne par notre ami Madjid Khaladj, qui a joué à la galerie et dans notre maison familiale à de nombreuses reprises. Nous nous réjouissons beaucoup de vous y retrouver et vous remercions de bien vouloir nous confirmer par mail à info@jeannebucherjaeger.com en précisant les noms et nombres de personnes qui seront présentes pour cet hommage inédit. 
Un hommage plus privé à Dani Karavan se tiendra également à l'UNESCO début juillet."
"Programme détaillé de l'évènement :
17h30 Hommage officiel
18h00 Deux compositeurs et professeurs du Conservatoire à Rayonnement Régional de Cergy-Pontoise (CRR), Alain BESSON et Yves CHAURIS, ont préparé un programme d’hommage avec les élèves-compositeurs et élèves interprètes et la participation de Yael KARAVAN et Jean-Marie POUPELIN
Des textes de Georges Duby, Paul Valéry et Marguerite Yourcenar seront lus par les élèves comédiens du CRR
19h15 Concert de MADJID KHALADJ
Né en Iran, en 1962, Madjid Khaladj a commencé à étudier le tombak dès l'âge de sept ans. Internationalement reconnu comme un maître des percussions iraniennes, il est régulièrement invité sur les scènes des plus grands festivals et concerts, et a produit divers enregistrements et BO de films, notamment  avec Ry Cooder et Lisa Gerrard. En 1984, il a été invité à enseigner les percussions iraniennes au Centre d'études des musiques du Moyen-Orient de l'Institut de musicologie de Paris-Sorbonne, alors sous la direction de Yehudi Menuhin.  En 1996, il fonde l'Ecole de Tombak à Paris (Centre d'étude des percussions iraniennes). Depuis 1998, il enseigne également à la Cité de Musique de Paris, en France, et à l'Académie de Musique de Bâle, en Suisse (Musik Akademie der Stadt Basel, en Suisse).La beauté inégalée de son style, sa maîtrise des rythmes et l'éclat de ses créations  ne le placent pas seulement au rang des grands maîtres de la musique classique persane, mais le distinguent également comme une figure majeure de la percussion mondiale.
Madjid Khaladj est un ami de longue date et  plusieurs concerts mémorables ont été organisés à la galerie.
 
20h30 TI’KANIKI
Un collectif de maloya métissé se produira dans la pure tradition des premiers kabars, ces bals clandestins où les esclaves y clamaient leurs envies d’indépendance au fil des percussions, Ti’Kaniki célèbre le partage, le respect des anciens, le vivre-ensemble et l’altérité, avec une chanteuse originaire du Cameroun ou un musicien spécialiste de la cumbia colombienne."

Du 7 décembre 2021 au 2 juillet 2022, le musée d'Israël à Jérusalem proposa l'exposition "Dani Karavan. on an Intimate Scale" (Dani Karavan, à une échelle intime) dont le texte de présentation est parfois biaisé. 

Le commissaire en est Amitai Mendelsohn.

"
L'œuvre de l'artiste israélien de renommée mondiale Dani Karavan (1930-2021) avait de nombreuses facettes. Il est surtout connu pour ses sculptures environnementales, révolutionnaires dans tous les sens du terme. Ces sculptures, qui s'attaquent à la terre et à l'espace à une échelle monumentale, ne peuvent être contenues : seul l'air libre est assez vaste pour elles. Mais cette exposition présente une autre facette de l'artiste, des œuvres du début de sa carrière et d'autres de sa fin qui partagent une intimité d'échelle et de sujet."

"Les dessins présentés dans l'exposition ont été réalisés dans les années 1950, lorsque le jeune Karavan représentait des villages et des quartiers arabes qui avaient cessé d'exister après la guerre de 1948, ainsi que des kibboutzim et des logements pour les nouveaux immigrants. Les dessins au crayon de Karavan de Bayt Jiz et des environs de Jaffa constituent l'un des premiers exemples d'art israélien à aborder les effets de la Nakba, montrant des lieux abandonnés ou détruits lors de la guerre qui a accompagné la création de l'État d'Israël", guerre menée par des Etats arabes, des Arabes de la Palestine mandataire. 

"Quelques cinq décennies plus tard, peu de temps avant sa mort, Karavan a travaillé sur une série de petites œuvres en terre. Elles sont comme des archétypes distillés de son langage moderniste, mais entrent également en résonance avec les maisons vides qu'il a dépeintes dans les années 1950, ainsi qu'avec les sites archéologiques en Israël. C'est comme si Karavan revenait à ses débuts en tant qu'artiste, à la terre d'où nous venons tous et à laquelle nous retournerons."

"Enchan-Temps : Habiter la Terre – Archéologie intérieure"

"ENCHAN-TEMPS est un cycle de trois expositions autour de l’espace, du temps, de l’environnement, de l’enchantement (4 février-6 mai 2023) :
DANI KARAVAN – JEAN-PAUL PHILIPPE
Vernissage samedi 4 février 2023

Mai – Septembre 2023
Les Yeux du Ciel
ANTOINE GRUMBACH

Octobre – Décembre 2023
Le Souffle d’Ici – L’Eau de là
SUSUMU SHINGU

"La sculpture ne serait-elle pas un moyen
de poser son cœur
au milieu du paysage pour voir"
Bernard Noël, Lettre verticale XXVII

"La galerie est heureuse de présenter la première exposition d’un cycle de trois expositions autour de l’Espace et du Temps, de la mémoire des hommes et des paysages, de la trace et du chemin, de l’empreinte dans l’environnement, du chant et du champs, de l’enchantement. "
"Dans un temps particulièrement sujet à la dispersion, au déracinement, à la rapidité, à l’éphémère, à l’image qui fait sensation sans faire sens pour autant, il nous semble essentiel de faire appel à la mémoire, au sens, et aux sens. "
"Mémoire d’artistes dont le travail trouve sa source même au cœur de l’environnement et son histoire depuis plus de 40 ans, et dont l’œuvre, à la fois singulière et profonde, toujours à échelle humaine, est fondamentalement visionnaire, si l’on considère notamment l’époque où ils ont conçu leurs formes et leurs sculptures. "
Ce cycle, intitulé ENCHAN-TEMPS, se déploiera dans l’espace Marais de la galerie au cours de l’année 2023, et s’ouvre par la mise en perspective de deux artistes soutenus de longue date par la galerie : 
DANI KARAVAN (1930 – 2021) et JEAN-PAUL PHILIPPE (1944)."

"À l’heure de nos profondes réflexions sur les ressources locales « zéro carbone », les éléments naturels comme la terre, le bois ou la pierre retrouvent leurs lettres de noblesse, et font figure de matériaux novateurs dans la création contemporaine. Cette exposition aspire à faire ressentir combien la Terre est une ressource précieuse, vivante, vibrante, nourricière et céleste, à la fois matériau de création et habitacle, avec cette double notion d’intériorité et d’extériorité, d’intimité et de cosmique, d’instant et d’histoire."

"Je pars toujours d’un lieu, d’un dialogue avec ce lieu, j’essaie de comprendre ce qu’il demande, c’est le lieu qui crée mon travail."
Dani Karavan

"La Galerie expose une série d’œuvres en terre crue de Dani Karavan, en particulier son grand relief intitulé Ohel Shalom – Tente de la Paix faisant tant écho à notre actualité contemporaine.  La terre crue est un matériau pauvre, accessible et résilient, utilisé depuis près de 11 000 ans à travers le monde : Mésopotamie, Égypte, Pakistan, Chine, Pérou, Amérique du Nord et Centrale, Afrique… Le béton de terre crue est une terre compactée, les sculptures de Dani Karavan sont réalisées principalement avec la technique du torchis à l’ancienne, technique ancestrale de conception des huttes congolaises, des mosquées au Mali, de certaines parties de la Muraille de Chine ou encore des habitats traditionnels de Bretagne ou de Beauce… Béton de terre et bois s’épousent dans certaines des sculptures totémiques de l’artiste. Alors que se poursuit toujours la 12e et dernière station de son Axe Majeur de Cergy-Pontoise, sculpture de 3 kms de long initiée en 1980, Dani Karavan, pour ses ultimes œuvres, avait souhaité revenir à des sculptures de petites dimensions, revisitant les constructions traditionnelles des villages de ses ancêtres, œuvrant à des formes simples et universelles, dans la lignée des sculptures spatiales de grands artistes du 20e siècle tels que Brancusi, Noguchi et Giacometti."

"À la suite de tant d’artistes qui, depuis la préhistoire, se sont acharnés à contraindre les formes naturelles, à réduire leur exubérance, à les ramener à la rectitude d’une ordre cosmique idéal, Dani Karavan inscrit dans le paysage les signes de l’homme, c’est-à-dire à la fois ceux de la raison et du sacré. Ainsi a-t-il érigé à Cergy-Pontoise, en plein cœur du décor baroque planté par Bofill, une tour austère semblable à celle que dressaient au XIIIème siècle les patriciens des cités lombardes. L’ombre de cet édifice décrit sur le sol l’orbe changeante du temps solaire."  Georges Duby

"Commandé par la Galerie pour cette exposition, un film sur l’œuvre précoce et emblématique de Dani Karavan, le Monument du Néguev, première sculpture environnementale pour un site spécifique réalisée par l’artiste, sortie de terre en 1963 dont la réalisation s’achève en 1968, à une époque où l’art environnemental n’existait pas. En hommage aux membres de la brigade du Néguev tombés pendant la guerre d’indépendance en 1948, il réalise un ensemble de sculptures émergeant du désert de Beer Sheva, œuvre d’art totale créée à partir des éléments naturels, sensoriels, mémoriels qui deviendront constitutifs du langage de l’artiste : les dessins créés par la lumière du soleil, le chant du vent qui circule à travers la sculpture, le cheminement des reflets de l’eau, la densité de la terre comme espace à la fois habitable et habité, les formes universelles et géométriques sacrées, la mémoire du lieu et l’accueil de la présence humaine en son cœur. Ce « Monument à la Vie », taillé de béton brut, comprend dix-huit éléments symboliques évoquant la Guerre d’Indépendance : une tour perforée, faisant allusion aux tours de guet criblées de balles, une conduite d’eau, rappelant les batailles pour leur défense afin d’assurer l’approvisionnement en eau des localités, des textes gravés dans le béton : les noms des 324 soldats tombés au combat, des passages du journal des soldats, le registre de bataille de la Brigade, des versets bibliques, des paroles de chansons…"

"Nombre d’œuvres de Dani Karavan sont marquées par la question de la mémoire et celle des droits de l’Homme, comme le bas-relief Prière pour la Paix de Jerusalem pour l’Assemblée de la Knesset, conçu dans l’esprit de la fondation de l’État d’Israël, représentant un paysage abstrait de Jérusalem, ses collines environnantes et le désert de Judée. "Mon œuvre rappelle aux députés qu’ils travaillent devant un mur qui représente la paix et les droits de l’Homme et où les deux écritures, hébreu et arabe, ont la même taille. Les pierres que j’ai utilisées proviennent de la carrière d’un village arabe, Dir el Assad. Ce ne sont pas les pierres d’une colonie d’où je ne veux rien prendre. Depuis ma tombe, je continuerai à créer dans ce sens, croyez-moi."    Dani Karavan

"Jean-Paul Philippe a coutume de dire que la poussière émanant de sa pierre, quand il la façonne, est une poussière de temps. Sans doute réalise-t-on, lorsque l’on descend dans les entrailles de la Terre, les millions d’années inscrites dans la pierre. Les 7 pierres du Site Transitoire de Jean-Paul Philippe installées dans les Crete Senesi, au cœur d’un paysage toscan d’une beauté à couper le souffle, entre Sienne et Asciano, pourraient être, dans la lumière et l’espace, les limites d’une demeure au seuil invisible. Quelques dalles à terre, une chaise, un banc, une fenêtre et, pour toit, la voûte céleste. Par la grâce des apparitions de la lune et du soleil l’ombre de ce mobilier de pierre traçait au sol sa promenade, racontant nuit et jour, un immobile voyage. Au solstice d’été, le disque solaire descend à l’aplomb de la fenêtre de pierre et disparaît derrière les collines (…) Jean-Paul Philippe. L’artiste y fait dialoguer plusieurs éléments de basalte gris avec la nature, composant une œuvre monumentale où la pierre épouse le lieu en harmonie avec le cosmos."

"Les sculptures de Jean-Paul Philippe s’érigent essentiellement dans la pierre et le paysage, tour à tour, marelles, labyrinthes, roues, chaises… L’artiste utilise une grande variété de pierres dans ses sculptures telles que le marbre, le granit, l’albâtre, le basalte, le travertin… Chaque pierre a son âme et se modèle d’une façon absolument singulière. Il n’y a qu’à regarder les mains de l’artiste pour voir combien il est l’artisan de son œuvre. Géométries simples et primordiales, odes à l’immuable et au silence, à la nature et à la mémoire, elles se donnent dans une vérité nue, essentielle, et donnent à contempler – au sens étymologique du terme, contemplor, être avec une portion du ciel – l’espace et le temps, l’ombre et la lumière, l’homme et l’étoile, le toujours et l’Instant."

"Les pierres du Site Transitoire prennent sur elles-mêmes l’aridité de l’argile ; leur silence dessèche la langue du paysage et transforme les collines en mise à nu des sens, et c’est à partir de ce degré zéro de la signification, de cette vanitas élémentaire du dire, qu’entre les pierres sculptées et le paysage s’ouvre un dialogue, un échange de regards et de reflets. La fenêtre monumentale est un paysage vers l’ouvert, mais elle est aussi un passage pour le vent qui caresse les surfaces et parle une langue de pure sonorité, une musique d’avant et d’après la langue des hommes. Les blocs de basalte s’unissent : ils embrassent l’espace et, dans l’espace, l’herbe, les cyprès lointains, les lignes de crêtes, l’ordre des collines (…) Avec leurs formes – avec leur pensée faite forme – les pierres levées sur la terre ramènent les lointains du ciel vers leur propre immobilité. Le mouvement des nuages, les couleurs de l’aube, l’inquiétude du couchant sont autant de précipitations sur la sculpture, tandis que son exposition à la pluie, à la neige, au soleil est une offrande de silence à la langue de la nature et de la solitude, à l’affolement des signes qui habitent – l’écoulement du jour – de la lumière du jour. (…)
Antonio Prete, La pierre, l’écriture, Jean-Paul Philippe, Archéologies intérieures

"Le jumelage de la ville de la Roque d’Anthéron avec celle d’Asciano, a naturellement fait émerger le désir de matérialiser ce lien de manière pérenne par la création d’une œuvre sculptée faisant écho à la fois au Site Transitoire, réalisé par l’artiste Jean-Paul Philippe, et à la relation particulière de la Commune de la Roque d’Anthéron avec le programme ITER. Quand il fallut penser à cette œuvre Résonances, inaugurée en octobre 2022, et faire écho au Site Transitoire, une de mes premières intentions était de faire signe à l’œuvre d’Albert Camus. Un affectueux et discret hommage, en mêlant aux pierres une ou deux paroles, phrases signifiantes, de l’écrivain qui repose de l’autre côté de la Durance. Je pensais à la dernière phrase de l’essai philosophique le Mythe de Sisyphe."
« … il faut imaginer Sisyphe heureux ». Jean-Paul Philippe

"Une quarantaine d’œuvres sont exposées au sein de l’exposition – une vingtaine par artiste – autour des préoccupations et thématiques majeures des 2 artistes notamment : les maquettes et dessins de la toute première sculpture environnementale de Dani Karavan sortie du désert de Beer Sheva dans les années 60 intitulée le Monument du Negev accompagnés d’une courte vidéo réalisée pour l’exposition permettant de vivre l’œuvre comme si nous étions présents sur le site ainsi que les toutes dernières sculptures et bas-reliefs en terre crue de l’artiste et son grand bas-relief intitulé Ohel Shalom – Tente de la Paix. Des maquettes, dessins, et sculptures autour du Site Transitoire de Jean-Paul Philippe à Asciano en Italie , 7 sculptures de fenêtre, sedia, roue, labyrinthe… offertes au paysage des Crete Siennese italiennes dans les années 90, ainsi que la maquette de sa toute récente sculpture jumelle Résonances venant à peine d’être inaugurée à la Roque d’Anthéron en France complétée de sculptures de marbre, d’albâtre, de granit, de basalte et d’acier corten de Jean-Paul Philippe autour de thématiques chères à l’artistes telles que La Mélancolie et la Marelle…Le tout complété par le film Pelle della Luna réalisée sur le Site Transitoire ainsi que des vues d’œuvres ou de sites réalisés par l’artiste en France, en Égypte, en Italie, en Belgique…"

"Depuis les premières constructions en terre crue il y a près de 11 000 ans jusqu’à l’époque actuelle, les architectures en terre crue n’ont eu de cesse de se développer à travers les continents : Mésopotamie, Egypte, Pakistan, Chine, Pérou,  Amérique du Nord et Centrale, Afrique… À l’heure de nos profondes réflexions sur les ressources locales « zéro carbone », la terre et la pierre apparaissent non plus comme matériaux inertes mais comme des matériaux novateurs auxquels la création tant architecturale qu’artistique donne du sens. Le mot TERRE exprime à la fois la notion de matériau et celle d’habitacle, avec cette double notion d’intériorité autant que d’extériorité et de contenant. La PIERRE est, quant à elle, un paysage de mémoire, dans son immobilité comme dans son silence puisqu’elle cristallise l’espace et offre un condensé de temps, conviant à la fois le Toujours et l’Instant. Terre et Pierre sont donc des matériaux vivants portant l’extérieur à l’intérieur afin de faire ressentir une évidence propre à l’œuvre de Dani Karavan et de Jean-Paul Philippe, tous deux sculpteurs d’une Présence intemporelle à l’œuvre.  Habiter la Terre – Archéologie Intérieure peuvent alors coexister."
Véronique Jaeger

"(…) De chez moi, je pouvais voir le lever du soleil sur les montagnes au-dessus de Jérusalem. C’était aux confins de la construction de Tel-Aviv, aujourd’hui on est au centre-ville. Il n’y avait que quelques maisons autour, et puis le sable. Je marchais pieds nus la plupart du temps, ce sont ces sensations différentes qui m’ont marqué, le sable très chaud, le sable mouillé. Je crois avoir créé mes premiers bas-reliefs avec mes pieds.  (…)
Je travaille pour les personnes afin de les inviter à communiquer avec l’environnement, les matériaux, la mémoire, et eux-mêmes."
Dani Karavan

"La pierre que je travaille recueille tout un ensemble de sensations, d’émotions perçues çà et là, paysages de mémoire, bouts de voyages… Cela vient sous la main comme un besoin de redonner. C’est peut-être l’exigence du souvenir ? Un passeport pour l’immobile ? La pierre est silence. Choisir cette matière plus qu’une autre, choisir de s’approcher des pierres, c’est déjà s’approcher du silence… La pierre est mémoire. (…)"
Jean-Paul Philippe

Israël, 2021
Sur Arte le 9 août 2025 à 02 h 45 
Sur arte.tv du 03/07/2025 au 29/09/2025
Visuels : © Lukasz Konopa

Du 04 février au 06 mai 2023. Vernissage le 4 février 2023 de 15 h à 19 h.
Du 13 octobre 2018 au 19 janvier 2019
Espace Marais
5 rue de Saintonge. 75 003 Paris – France
Tél. : +33 1 42 72 60 42
Du mardi au vendredi de 10 h à 19 h
Le samedi de 11 h à 19 h
Visuels :
Dani Karavan, Bereshit (détail), 1998-2000, Kirishima Open Air Museum, Kagoshima, Japon / Jean-Paul Philippe, Site Transitoire, 1993, Asciano, Italie
Photographies Gil Percal et Maurizio Prosa


Du 7 décembre 2021 au 2 juillet 2022
Au musée d'Israël
Hagit Gallery
Derech Ruppin 11
Tel: 02-6708811 
Mardi de 16 h à 21 h. Mercredi, jeudi, samedi et dimanche de 10 h à 16 h. Vendredi de 10 h à 14 h. Fermé le lundi.
Visuels :
Kibbutz Harel IV, drawn from memory, ca. 1958. Tempera on paper, 49.7 x 70 cm. Karavan Family Collection
New Immigrants, ca. 1958. Mixed media on paper, 35 x 61 cm, Karavan Family Collection
Ruins in Southern Tel Aviv–Yafo, ca. 1955. Pencil on paper, 35.5 x 50.5 cm, Karavan Family Collection


Articles sur ce blog concernant :
Articles in English 
Les citations sur l'exposition sont extraites des communiqués de presse. Cet article a été publié le 10 octobre 2018, puis les 1er juin 2021, 31 mai 2022, 2 février 2023.