vendredi 1 mai 2026

Sylvin Rubinstein (1914-2011)

Sylvin Rubinstein (1914-2011) était un danseur et travesti juif russe. Sa jumelle Maria et lui constituèrent un duo célèbre de flamenco dans l’Europe des années 1930, sous le nom de « Dolorès et Imperio ». Durant la Deuxième Guerre mondiale, il a résisté au nazisme. Le documentaire « Sylvin Rubinstein, le danseur qui tuait les nazis » (Vergissmeinnicht. Sylvin Rubinstein, Tänzer des Lebens) de Lorenz Findensen, et, au Théâtre Actuel La Bruyère, « Dolores », pièce de Yann Guillon et Stéphane Laporte, mise en scène par Virginie Lemoine et interprétée par Olivier Sitruk, François Feroleto en alternance avec Emmanuel Curtil, Joséphine Thoby, Sharon Sultan, Ruben Molina en alternance avec Carlos Escudero Ramirez, Cristo Cortes, Dani Barba en alternance avec Paul Buttin, évoquent sa vie.


Né à Moscou, Sylvin Rubinstein (1914-2011) était un danseur et travesti juif russe. Sa jumelle Maria et lui « devinrent les chefs de file du flamenco dans l’Europe des années 1930, sous le nom de « Dolorès et Imperio ». Il forment un duo célèbre.

Pendant la Deuxième Guerre mondiale, Sylvin Rubinstein oeuvre dans la résistance au nazisme. Ses actions dans la résistance polonaise sont retracées notamment dans « Dolores & Imperio: Die drei Leben des Sylvin Rubinstein » (Dolores & Imperio. Les trois vies de Sylvin Rubinstein) de Kuno Kruse.

« Sylvin Rubinstein, le danseur qui tuait les nazis »
La série documentaire « Les oubliés de l'Histoire » propose « une traversée haletante de l’histoire européenne du XXe siècle à travers les destins extraordinaires d’hommes et de femmes étonnamment peu connus du grand public ».

Arte rediffusa, dans la série « Les oubliés de l'Histoire » de Jacques Malaterre, « Sylvin Rubinstein, le danseur qui tuait les nazis » (Vergissmeinnicht. Sylvin Rubinstein, Tänzer des Lebens), documentaire par Lorenz Findensen. Sylvin Rubinstein, « chef de file du flamenco dans l’Europe des années 1930, effectua ses missions, au sein de la résistance, travesti en femme... » Un danseur résistant juif.. 

Sylvin Rubinstein (1914-2011) et sa sœur jumelle Maria sont nés à Moscou, alors dans l’empire tsariste. Ils sont les enfants illégitimes d’une danseuse juive polonaise et de Nikolai Pjetr Dodorow, prince russe et officier du tsar Nicolas II.

Lors de la Révolution russe, les bolcheviques tuent son père, aristocrate.

La famille Rubinstein fuit pour se réfugier à Riga (Lettonie) en 1924. Les enfants suivent des cours de danse classique auprès d’une danseuse étoile, puis apprennent le flamenco.

A Brody (maintenant en Ukraine), les jumeaux dansent sur les places de marché pour survivre. Adolescents, ils dansent en couple, et avec succès, le flamenco sous le nom de Imperio y Dolores. Ils sont réclamés non seulement en Europe, mais aussi en Australie et aux Etats-Unis. 

Sylvin Rubinstein et sa jumelle Maria « devinrent les chefs de file du flamenco dans l’Europe des années 1930, sous le nom de « Dolorès et Imperio ».


Lors de l’invasion de la Pologne par le IIIe Reich le 1er septembre 1939, Sylvin et Maria Rubinstein se produisent à l’Adria Théâtre de Varsovie. Juifs, ils sont contraints de rejoindre le ghetto de la ville. Selon Sylvin Rubinstein, il parvient à s’échapper du ghetto en s’emparant de l’arme d’un garde et en tuant plusieurs officiers de la Gestapo.

« Entré dans la résistance après l’invasion de la Pologne, par le biais de Kurt Werner, un major allemand » anti-nazi et admirateur du couple d’artistes, Sylvin obtient par Werner de faux papiers pour sa sœur et lui. Werner les exhorte à trouver un abri en Suisse. Mais Maria Rubinstein essaie de retrouver sa mère, qui était retournée à Brody. Maria et sa mère sont tuées à Treblinka.

En 1943, Sylvin Rubinstein est caché notamment au monastère de Saint-Michel l’Archange de Miejsce Piastowe. Sous le nom de Silwan Turski, Sylvin Rubinstein retourne à Berlin. Il « effectua ses missions travesti en femme après la mort de sa sœur, victime des nazis… » Sylvin Rubinstein effectue des missions de sabotage et de meurtres en se faisant passer pour une femme.

Après la Deuxième Guerre mondiale, Sylvin Rubinstein reprend son métier de danseur. Il incarne sur scène sa sœur Dolorès. Il témoigne aussi, en Allemagne occupée par les Alliés, en faveur du Major Werner devant les Américains. Il obtient la libération de cet officier allemand avec lequel il reste en relation jusqu’à sa mort à l’âge de 93 ans.

Sylvin Rubinstein poursuit sa carrière dans les années 1950 dans des music-halls – en 1951, le compositeur Michael Jary lui a dédié la chanson Die Beine von Dolores -, puis dans des clubs de Hambourg.

Sylvin Rubinstein prend sa retraite vers 1970.

En 2003, Er tanzte das Leben (Dancing His Life), documentaire de Marian Czura et Kuno Kruse évoque son parcours. Lors des projections du film, Sylvin Rubinstein apparaissait aux yeux des spectateurs médusés en danseuse de flamenco, à la silhouette élancée, et avec une maîtrise de cette danse aux castagnettes non altérée par l’âge.

Sylvin Rubinstein décède à Hambourg (Allemagne) en 2011. Il est enterré au cimetière juif d'Ohlsdorf à Hambourg-Ohlsdorf.

« Dolores »
Le Théâtre Actuel La Bruyère présente « Dolores », pièce de Yann Guillon et Stéphane Laporte, mise en scène par Virginie Lemoine.

« Sylvin et Maria Rubinstein, frère et soeur jumeaux, rencontrent un succès international dans les cabarets des années 30 avec un numéro de flamenco phénoménal. Ensemble, ils forment le couple vedette d’Imperio et Dolorès. Mais leur ascension va vite être brisée par la montée du nazisme. »

« Découvrez comment un homme qui ne rêvait que de danser sa vie avec sa soeur va devenir un résistant à l’oppression en accomplissant une vengeance aussi impitoyable que spectaculaire. »

« Danseur, travesti, tueur de nazis : certains destins sont plus incroyables que d’autres »
« La tourmente de l’Histoire transforme parfois les quidams en héros. Sylvin Rubinstein, qui n’attendait de la vie que de danser le flamenco avec sa sœur jumelle Maria, entre dans la résistance contre les nazis. Après plusieurs mois dans le ghetto de Varsovie, il s’allie à Kurt Werner, officier de la Wehrmacht et résistant, et mène des actions de plus en plus dangereuses. Hanté par la disparition de sa soeur aux mains des nazis, il prend son apparence, et c’est en tenue de Dolores, le nom de scène de Maria, qu’il accomplit un acte d’une violence inouïe. »

« Au soir de sa vie Sylvin Rubinstein lève le voile sur son destin, de peur que le souvenir de Maria s’éteigne en même temps que lui. »

C'est curieux que ces textes de présentation omettent le mot "juif", et "Shoah".


Note d’intention des auteurs Yann Guillon et Stéphane Laporte

« Certaines histoires sont plus incroyables que d’autres.
Celle que Sylvin Rubinstein se décida de révéler à plus de quatre-vingts ans, après toute une vie de silence, est sidérante.
Il nous a fallu la recommandation aléatoire d’un réseau social pour avoir la chance de visionner un épisode de la série documentaire « Les Oubliés de l’Histoire » qui lui était à juste titre consacré.
En quelques minutes à peine, nous avons été happés par le récit que fait de sa vie de ce héros-antihéros.
Lorsque l’émission a brossé le tableau de Sylvin dansant sur un toit de Berlin un flamenco illuminé par les bombes américaines en 1944, aucun doute n’était permis : nous devions partager ce témoignage. C’était une évidence, une nécessité.
La forme s’est décidée d’elle-même dès le début du processus créatif. 
Il était impensable d’adopter les conventions du théâtre musical classique. Puisque Sylvin était danseur, il était difficile d’imaginer des chansons pour accompagner les différentes étapes de sa vie. En revanche, nous disposions de la possibilité d’inclure des moments de flamenco qui viendraient ponctuer le récit, tantôt de façon réaliste, tantôt onirique, et c’était en cela que la pièce pourrait trouver son identité musicale.
Dès lors, nous avons eu le souci
d’élaborer le texte en alternant des moments de dialogue (ou de monologue, car à plusieurs reprises le personnage de Sylvin fait « tomber le quatrième mur ») et de danse. Le côté viscéral du flamenco, que ce soit dans le flamboiement ou dans le tragique, servirait de contrepoint au récit.
Il ne nous restait plus qu’à suivre les souvenirs de Sylvin Rubinstein afin de retracer cette histoire singulière : une histoire de passion pour la danse, mais aussi de lutte, de survie et de vengeance, une histoire à la fois faite de rencontres inattendues et de séparations déchirantes.
Mais c’est aussi et surtout une histoire d’amour absolu entre un frère et une soeur, déterminés à ne faire qu’un, quoi qu’il arrive…
Tous les éléments de la tragédie étaient présents. Nous n’avions plus qu’à les ordonner pour leur conférer une logique théâtrale et un liant chorégraphique. La contribution de Virginie Lemoine, tant dans ses choix toujours astucieux que dans le souci du détail de sa direction d’acteurs, sera la pierre angulaire de l’édifice. »

« Note d’intention de Virginie Lemoine »

« À 87 ans, Sylvin Rubinstein revient pour la première fois à l’Adria, célèbre cabaret où, en 1933, il a fait ses débuts aux côtés de sa soeur jumelle Maria.
Il est tard, et Joseph, le serveur du lieu, passe un dernier coup de balais en prêtant une oreille - de plus en plus attentive - à Sylvin, qui a la nostalgie bavarde.  
Le vieil homme n’est guère loquace habituellement, mais ce soir tout est différent : le lieu le bouleverse, et la bienveillance du serveur le conforte. 
Il se lance et, pour la première fois de sa longue existence, il va raconter son destin hors du commun : sa carrière de danseur de flamenco fauchée au sommet de sa gloire, son amour brisé pour sa soeur jumelle et vénérée Maria, ses traumatismes, ses blessures et sa rage, le réseau de résistance qu’il rejoint et au sein duquel il s’illustre de façon exemplaire, avec parfois des habits de femme, sa folle danse sur le toit de l’hôpital lorsque Berlin est enseveli sous les bombes.
Une épopée extravagante inspirée du propre récit de Sylvin Rubinstein…
Mais laissons-nous glisser dans l’histoire : 1933, l’Adria !! Sylvin fait ses débuts aux côtés de sa soeur Maria. Ils sont encore de simples débutants et se présentent au culot dans un cabaret de renom.
Le lieu retrouve aussitôt ses couleurs d’antan, Sylvin redevient un bel adolescent et Maria apparaît. 
Leur numéro de flamenco est phénoménal.
Ils deviennent « Imperio et Dolores », entament une carrière internationale, voyageant dans le monde entier… avant de s’établir à Berlin et de croiser un soir un défilé impressionnant de chemises brunes.
C’est la fin de l’insouciance.
Ils choisissent de rentrer à Varsovie.
Sylvin est alors arrêté lors d’un contrôle
et jeté dans la cauchemardesque prison
Paviak, où le pire l’attend.
Il s’échappe et retrouve sa soeur. Mais l’armée allemande envahit la capitale, érigeant un ghetto dans le quartier juif où les jumeaux se retrouvent rapidement emmurés.
Sylvin refuse de plier l’échine. Au bout de quelques mois, il parvient à passer de l’autre côté du mur, via l’arrièreboutique d’un salon de coiffure, sa main dans la main de sa soeur.
Les jumeaux sont déterminés : Maria décide d’aller chercher leur mère à Brody et, en attendant leur retour, Sylvin veut offrir ses services à la résistance.
Il dépose sa soeur à la gare… et pour la première fois de leur vie, ils se séparent.
Leur chrysalide se déchire.
Sylvin raconte alors avoir intégré un réseau de résistance, celui de Kurt Werner, officier de la Wehrmacht et opposant de la première heure au régime nazi.
Ils enchaînent ensemble les actes de résistance les plus insensés.
Mais le temps passe… et Sylvin est sans nouvelles de Maria.
C’est Kurt qui, bien malgré lui, va jouer les Cassandre en lui annonçant un jour que Brody a été bombardé, et les survivants jetés dans un train.
Sylvin le pressent, Sylvin le sait… sa jumelle est morte.
Le chagrin est abyssal, l’absence devient insupportable. Alors, pour la supporter, il devient sa soeur, c’est pour lui une question de survie… et dès lors c’est « Dolores » qui pose les bombes.
Dans l’obscurité de l’Adria qui va bientôt fermer ses portes, devant un serveur fasciné, Sylvin Rubinstein 87 ans poursuit son récit : la fin de la guerre, les autorités américaines auprès desquelles il vole pour faire libérer Kurt Werner, le flamenco qu’il va danser désormais seul, affublé de robes à volants… les lettres que Kurt lui adresse tout au long de sa vie et auxquelles il ne répondra jamais…
Pourquoi ?…
Pour illustrer ce parcours foisonnant où une foultitude de personnages se croisent dans une foultitude de lieux, où il nous est donné de faire sans cesse des bonds dans l’espace et le temps - retrouvant régulièrement Sylvin âgé à l’Adria - la technique est essentielle.

Le décor
Le principe en sera très épuré.
En fond de scène, à un mètre du mur du fond environ, pendront à cour et à jardin deux voilages froissés aux tons gris pierreux, qui se coloreront comme des cyclos en fonction des éclairages, offrant parfois de la transparence (que nous utiliserons pour faire disparaître des personnages ou pour assister à la métamorphose de Sylvin en Maria), où qui serviront de support à diverses projections (le défilé de chemises brunes, le mur de brique du ghetto, le salon de coiffure, entre entres).
Les seuls éléments tangibles du décor seront deux tabourets et une haute table en bois.
Cette table figurera beaucoup de lieu : l’Adria où Sylvin est attablé à 83 ans, le petit deux-pièces des jumeaux, le palier du ghetto (Sylvin et sa soeur s’installeront par terre entre ses pieds, éclairés par une ampoule installée sous le plateau de la table), le balcon de la villa de Kurt à Krosno (la table mise sur la tranche, le plateau vers le public, recouvert de lierre), la petite chambre de Sylvin plus tard (la table mise sur la tranche pieds vers le public, l’intérieur du plateau recouvert de papier à mur jauni, éclairé au centre par une applique).

La bande-son
Elle illustrera les explosions, les portes en ferraille et les verrous de la prison Paviak, les bruits de bottes, les ordres en allemand, et accompagnera les courts films d’époque (la foule insouciante en dehors du ghetto, les trains qui partent lorsque les jumeaux se séparent, entre autres). Certains bruitages seront de véritables partenaires pour Sylvin lorsqu’il racontera la prison Paviak, par exemple, ou l’attentat à la grenade qu’il a commis dans les habits de Dolores.

La musique
Un chanteur/joueur de cajòn et un guitariste accompagneront les danses de flamenco, mais ponctueront aussi le récit en lui donnant parfois une couleur particulière (Maria écrivant à sa mère, ou les adieux des jumeaux sur un quai de gare).
Les musiciens interpréteront aussi quelques personnages secondaires, et participeront de façon très chorégraphiée à l’installation des éléments sur scène (l’emplacement de la table variera en fonction du récit, se retrouvant côté cour, côté jardin, ou fond de scène, et sera donc parfois déposée sur la tranche).

Les chorégraphies
Le flamenco tient une place essentielle dans le récit. La musique sera toujours jouée en direct, et le spectacle agrémenté de nombreuses chorégraphies (utilisant parfois des éventails ou des castagnettes). Lorsque Sylvin danse sur le toit de l’hôpital alors que les bombes pleuvent à Berlin, le danseur sera juché sur un échafaudage (une installation en acier servant à accrocher les projecteurs).

Les rôles
Sylvin Rubinstein sera joué par un seul comédien. Pour qu’il se mue en homme de 87 ans, un rendez-vous ponctuel sous une douche aux teintes ambrées creusera ses traits, le vieillissant immédiatement. Sa voix deviendra aussitôt plus rocailleuse, et ses gestes plus lents. Lorsqu’il incarnera Sylvin pendant ses jeunes années, son rythme sera vif et sa voix assurée. Et quand il deviendra Dolores, son phrasé sera juste un peu plus mélodieux et ses gestes plus ronds.
Maria aura une grande communauté de traits avec son frère, mais pourra cependant paraître un peu plus jeune, figée dans le souvenir qu’il garde
d’elle, « Elle aura toujours 25 ans, j’en ai 87 » explique Sylvin à Josef, le garçon de café. Beaucoup moins impulsive que lui, mais aussi courageuse et déterminée, Maria pourra apparaître comme l’incarnation d’une véritable force de fragilité.
Kurt Werner n’intervient le premier tiers de la pièce passé, ce qui permettra au comédien d’incarner avant lui toute une galerie de personnages hauts en couleur (Josef le serveur de l’Adria à qui Sylvin se confie, Madame Litwinova l’excentrique et exigeante professeure de danse, Rubstein le cousin dans le ghetto ou Zalenska qui cache courageusement les jumeaux lorsqu’ils s’évadent). Les personnages seront sobrement symbolisés par quelques accessoires. Kurt Werner fera une entrée officielle, du fond de la scène, et sera évidemment vêtu de l’uniforme de la Wehrmacht.
Deux danseurs incarneront Imperio et Dolores. Nous soignerons les passages de relais entre le couple de danseurs et le couple de comédiens pour que le code soit rapidement établi (en passant par exemple derrière les voilages côté cour et côté jardin, Maria et Sylvin deviendront Imperio et Dolores).

La direction d’acteur
J’ai coutume de commencer les répétitions par des lectures à la table, mais en tête-à-tête avec chaque comédien. Je considère l’élaboration des personnages comme un travail très personnel, qui requiert souvent de la solitude et du temps. Nous cherchons ensemble, nous envisageons le ou les caractères, et le fait d’être seul à seul facilite la réflexion, rendant souvent ensuite le travail plus fluide.
Lorsque les répétitions à proprement parler commencent, chacun à une idée de son parcours, et « l’orchestre » peut progressivement commencer à jouer, chaque instrument ayant été doucement accordé au préalable. Il reste bien sûr un long temps consacré à la genèse, à l’exploration précise de chaque étape qui jalonne le récit et à l’évolution des personnages.
Des séances sont ensuite envisagées avec la troupe entière pour que les chorégraphies et le jeu se répondent, et que le déplacement des décors accompagne avec fluidité le déroulement de l’histoire.
« Monsieur Rubinstein, vous êtes un héros » déclare Josef, le serveur de l’Adria lorsque Sylvin âgé de 87 ans achève son récit.
« Un héros ? Non, lui répond Sylvin.
J’étais un innocent, ils ont fait de moi un assassin. Moi, je ne demandais qu’à danser avec ma soeur. Au lieu de ça, j’ai grandi sans elle… j’ai vieilli sans elle ».
Nous espérons surtout qu’au-delà de son épopée, notre spectacle saura prendre la forme d’un véritable hommage à l’héroïsme de Sylvin Rubinstein. »

Virginie Lemoine
Mise en scène

« Virginie Lemoine a fait ses études d’art dramatique au conservatoire de Rouen. Elle crée en 1982 Les Ginettes et fait ainsi la première partie entre autre de Juliette Gréco.
Elle intègre de 1987 à 1990, la troupe du théâtre du hangar avec laquelle elle fait de nombreuses tournées et festivals. Elle rejoint l’équipe du Vrai faux journal de Claude Villers sur France Inter de 1990 à 1993 et participera à de nombreuses émissions tout en continuant la scène.
Elle obtient avec Laurent Gerra en 1997 un Molière pour leur spectacle au Théâtre Déjazet, et le prix d’humour de la SACEM.
En 1999, Virginie met fin au duo et anime La Grosse Emission sur la chaîne Comédie, tout en continuant sa carrière de comédienne. Elle incarne de nombreux rôles au théâtre. Elle joue récemment dans Piège mortel d’Ira Levin aux cotés de Nicolas Briançon, Meurtre Mystérieux à Manhattan ou dernièrement dans Spiridon Superstar, d’après le roman de Philippe Jaenada, qu’elle co-met en scène avec Laury André.
Depuis 2008, Virginie écrit et met en scène plusieurs pièces de théâtre : Une diva à Sarcelles, Brigitte directeur d’agence, Les Maurice Girls, Le Bal. Depuis 2016, elle met en scène 31, Chagrin pour soi, co-écrit avec Sophie Forte ou encore Suite française ou encore, créé à Avignon en 2022, La vie est une fête, de Lilian Lloyd, et dernièrement Dolores, qui sera créé à Avignon en 2023.
Elle tourne également pour le cinéma et la télévision, en incarnant Marion Ferrière, l’héroïne de la série Famille d’accueil de 2001 à 2016, et plus récemment Marianne Raguenelle dans Meurtres à Valenciennes de Elsa Bennett et Hyppolyte Dard. »


ARTE France, Les Films du Tambour de soie, Sara M, France, 2014, 27 min 
Sur Arte le 14 janvier 2017 à 17 h 40, le 24 février 2018 à 16 h 30
Visuel : © Les Films du Tambour de la soie


Du 29 août 2025 au 17 mai 2026
Un texte écrit par Yann Guillon et Stéphane Laporte
Mise en scène Virginie Lemoine
Atelier Théâtre Actuel, en coproduction avec Fiva Production, IMAO, RSC P et Macal Prod
Avec le soutien de l’Espace culturel Bernard Dague de la ville de Louvres, de la Fondation Rothschild et de la galerie Olivier Waltman
1h30
5, rue La Bruyère. 75009 Paris
Assistant mise en scène Laury André
Scénographie Grégoire Lemoine
Costumes Julia Allègre
Lumières et vidéo Mehdi Izza
Création sonore Vincent Lustaud
Chorégraphie Marjorie Ascione en collaboration avec Sharon Sultan et Ruben Molina
Avec Olivier Sitruk
François Feroleto en alternance avec Emmanuel Curtil
Joséphine Thoby
Sharon Sultan (Maria, danseuse)
Ruben Molina (Sylvin, danseur) en alternance avec Carlos Escudero Ramirez
Cristo Cortes (chanteur et musicien)
Dani Barba (musicien) en alternance avec Paul Buttin
La pièce Dolores de Yann Guillon et Stéphane Laporte est représentée par l’agence DRAMA www.dramaparis.com
Du mercredi au dimanche Les mercredis, jeudis, vendredis et samedis à 21h
Le dimanche à 17h


Articles sur ce blog concernant :
Les citations sont d'Arte. Cet article a été publié le 11 janvier 2017, puis le 23 février 2018.

mercredi 29 avril 2026

Une histoire du ski

L'origine des skis remonte à des millénaires avant l'ère commune et l'usage était utilitaire  A partir du XIXe siècle, se développe leur usage à fins scientifiques, politiques, sportives, de loisirs... Dans les années 1920, la baronne Noémie de Rothschild construit la station d'hiver Megève pour l'aristocratie et la haute bourgeoisie parisiennes. Arte diffuse sur son site Internet « La grande histoire du ski », documentaire de Pierre-Antoine Hiroz.

Point of no return published a biographical article about Alfred Nakache and Claude Boukobza 

L'origine des skis remonte à des millénaires avant l'ère commune - plus de 5200 ans en Suède, et plus de 10 000 ans en Mongolie - et l'usage était utilitaire : moyen de transport, chasse, guerre.

Ce n'est qu'à partir du XIXe siècle que le ski sert à des missions scientifiques - traversée à skis du Groenland en 49 jours par le jeune norvégien Fridtjof Nansen (1888), auteur du récit de son périple devenu un best-seller -, politiques - surveillance des frontières par les chasseurs alpins - ou à des fins de loisirs, sportives. "Des rendez-vous sportifs réunissent chasseurs alpins français, suisses et italiens. Face à ce spectacle, un public qui n’avait jamais mis les pieds en montagne se laisse tenter. De ski utile, on va bientôt passer au ski futile. Avec un corollaire inattendu : la pratique balbutiante du ski sert de tremplin à une forme d’émancipation féminine. Dès le début du XXe siècle, des élégantes en chapeaux et longs jupons dévalent les pistes, mais il faut attendre les années 1920 pour que Marie Marvingt (1875-1963), alpiniste, aviatrice et journaliste, se débarrasse de ses jupons et incite les skieuses à s’habiller comme les hommes pour dévaler les pistes."

"Au fil du temps, la technique change, le talon se fixe au ski, le matériel se modernise et les inventions permettent de démocratiser la pratique. Le premier tire-fesses apparaît à Davos, en Suisse, dans les années 1930. Les télécabines suivront".

La pratique du ski transforme les paysages, suscite l'essor économique et la renommée de modestes villages, et se démocratise. 

Dans les années 1920, la baronne Noémie de Rothschild (1888-1968), épouse du baron Maurice de Rothschild (1881-1957) dont elle divorcera,  philanthrope et mécène juive française, cherche dans les Alpes françaises une station de sports d'hiver comparable à celles suisses, en particulier celle à Saint-Moritz. Conseillée par son « professeur de ski » François Parodi ancien champion du monde de combiné nordique, elle achète des hectares au mont d'Arbois (village constitué de fermes d'alpage). En 1919, elle crée la Société française des Hôtels de Montagne (SFHM) pour édifier une station de sports d'hiver à Megève (du latin Media Aquarium, entre les eaux, car le village était situé entre deux torrents), en lieu et place d'un village à proximité du Mont Blanc, et promouvoir un art de vivre. 

Deux ans plus tard, est inauguré le Palace des Neiges. Bénéficiant d'un des premiers spas des Alpes, il devient l'hôtel des célébrités mondiales. 1926, la baronne Noémie de Rothschild fait construire son chalet par l'architecte Henry Jacques Le Même. Elle est la fondatrice et présidente de l'Œuvre des séjours israélites à la campagne." En 1934, est ouvert un des premières téléphériques situé sur le Mont d'Arbois. En 1963, En 1945, l'Ecole de ski français (ESF), créée à Megève, est soutenue par la famille Rothschild. L'oeuvre de la baronne Noémie de Rothschild est poursuivie et amplifiée par son fils Edmond de Rothschild (1926-1997) qui en particulière acquiert en 1963 le Chalet du Mont d'Arbois, et son épouse la baronne Nadine de Rothschild, puis à la mort du baron, par sa veuve Nadine de Rothschild, leur fils unique le baron Benjamin de Rothschild (1963-2021) et son épouse Ariane de Rothschild, née en 1965, ainsi que leurs filles.  

A Megève, station chic caractérisée par un art de vivre empreint d'élégance et de raffinement, se rendent l'aristocratie et la haute bourgeoise (milieux des affaires, de la finance) parisiennes pour leurs sports d'hiver et d'été (golf). "Dès 1937, de grands noms du ski français font parler d'eux dont quelques champions originaires de Megève : Emile Allais, Charles Bozon, Christine et Marielle Goitschel, Adrien et Henri Duvillard, Jean-Claude Killy, Guy Périllat..." 

« La grande histoire du ski »
Arte diffuse sur son site Internet « La grande histoire du ski », documentaire de Pierre-Antoine Hiroz.

« D'Émile Allais, premier médaillé olympique français, qui osa défier Hitler sur ses terres, à Dominique Perret, élu en l'an 2000 "meilleur freerider du XXe siècle", ce documentaire retrace tout schuss l'histoire de ce moyen de déplacement rudimentaire devenu phénomène de masse. »

« Deux planches de bois recouvertes de peau de renne : aujourd’hui encore, les nomades mongols perpétuent les coutumes de leurs ancêtres, qui furent parmi les premiers à chausser des skis, il y a plus de 10 000 ans. »

« Le ski n’est donc pas une invention récente – l’homme ayant toujours eu besoin de se déplacer sur la neige pour chasser –, mais son essor date de la première traversée du Groenland par le Norvégien Nansen, en 1888. »

« Dans le sillage de cet aventurier de l'extrême, les chasseurs alpins français popularisent ces drôles de patins fixés au pied. »

« Ski utile ou bien futile, le plaisir enivrant de la glisse et de la vitesse devient à la mode. Les femmes le transforment en vecteur d’émancipation, notamment en portant des pantalons, plus adaptés à la pratique. »

« Plus tard, lors des JO de 1936, les nazis instrumentalisent les victoires de leurs athlètes, et font des skis un équipement essentiel à la guerre. »

« Durant les Trente Glorieuses, les vacances à la neige, devenues un loisir de masse, bouleversent le visage des montagnes et de leurs habitants… »

« Depuis le début du XXe siècle, le ski est synonyme de nouveaux territoires à conquérir, qu’ils soient naturels, techniques ou commerciaux. Les stations apparues ex nihilo en haute montagne, comme Avoriaz, ou l’essor du free-style laissent croire à un présent perpétuel. Pourtant, le réchauffement climatique fait fondre les neiges et menace son avenir... » 

« Émaillé d’archives et d’anecdotes surprenantes, ce documentaire donne la parole à des historiens du sport, des journalistes et des champions, évoquant aussi l’évolution de notre société vers le "tout-loisir" et la recherche effrénée de sensations fortes. » 

"L’un des temps forts de ce documentaire richement illustré est de montrer les images rarement diffusées des Jeux olympiques d’hiver disputés en février 1936 à Garmisch-Partenkirchen, en Bavière. Hitler compte sur ses skieurs pour faire briller l’excellence allemande aux yeux du monde entier. De fait, ils montent sur tous les podiums… sauf un. A l’issue d’un combiné, Emile Allais (1912-2012) se fait une place dans le trio gagnant. Le jeune Français refusera de faire le salut nazi, son geste fera le tour du monde et contribuera à faire de lui un champion mythique".


« La grande histoire du ski » de Pierre-Antoine Hiroz
France, Suisse, 2020, 53 min
Coproduction : ARTE GEIE, MC4, Point Prod, RTS   
Sur arte.tv du 25/01/2026 au 30/04/2026
Visuels :
© Gallica
© Montreux Oberland Bernois SA
© GPA Films

dimanche 26 avril 2026

« Geluck expose Le Chat »

Le musée Maillol propose l’exposition « Geluck expose Le Chat ».
 Le parcours du belge Philippe Geluck, comédien, chroniqueur dans des émissions radiophoniques et télévisées, dessinateur et auteur du personnage Le Chat, qui se veut drôle et a été popularisé par la presse ainsi que par des albums de BD. Un auteur aux dessins et prises de position politiques parfois problématiques.
 
« Three With A Pen: Lily Renée, Bil Spira, And Paul Peter Porges »

Situé dans le quartier de Saint-Germain-des-Prés, le musée Maillol a été créé par Dina Vierny, muse du sculpteur Aristide Maillol. Il est dirigé par la Fondation Dina Dina Vierny-Musée Maillol, reconnue d'utilité publique par l'État français. On aurait pu s'attendre à des exposition mettant davantage en valeur Aristide Maillol et les sculpteurs de son époque. Thèmes jugés peu intéressants pour le public ?  Or, si ce musée expose des œuvres de Maillol, il a délégué son exploitation à des sociétés privées : société Tecniarte en 2009, puis l'entreprise Culturespaces, filiale du groupe Engie (ancien GDF-Suez). jusqu'en 2020, et depuis sa réouverture en 2021 l'opérateur culturel belge Tempora. Et ce, avec plus ou moins de bonheur et d'intérêt pour les visiteurs. 

« Geluck expose Le Chat » résulte d'un partenariat entre le musée Maillol et Tempora, « agence belge spécialisée dans la conception, la réalisation, la promotion et la gestion de musées, d’expositions et d’équipements culturels. Forte d’une équipe intégrée – historiens, scientifiques, commissaires, architectes, scénographes, graphistes et spécialistes des multimédias, ingénieurs et techniciens – la société assure l’ensemble de la chaîne, de la conception à la gestion en passant par la fabrication dans son studio bruxellois ». Et les produits dérivés aussi ?

Tempora et le musée Maillot savent qu'on n'est jamais si bien servi que par soi-même. Aussi, le commissaire de l'exposition « Geluck expose le Chat au musée Maillol est...  Philippe Geluck himself. D'où un discours lissé, où l'on a gommé certaines aspérités pour présenter un dessinateur sympa auteur du Chat sympa et populaire. Bref, une exposition fédératrice. Pour preuve, le livret-jeu pour le jeune public. Et « une exposition passionnante et joyeuse ! »  Moi, Philippe Geluck et son Chat ne m'ont jamais fait rire. 

La biographie de Philippe Geluck est expurgée de certains faits, dont sa participation à Siné hebdo (2008-2009), journal créé par Siné, son "ami et maitre", après avoir été licencié de Charlie hebdo par Philippe Val. "Siné avait été licencié après une chronique publiée le 2 juillet par Charlie Hebdo, dans laquelle il ironisait sur une éventuelle conversion au judaïsme de Jean Sarkozy : "Il vient de déclarer vouloir se convertir au judaïsme avant d'épouser sa fiancée, juive, et héritière des fondateurs de Darty. Il fera du chemin dans la vie, ce petit !" C'est dans les pages de l'hebdomadaire que le caricaturiste apprenait le 16 juillet son renvoi. Le directeur de la publication, Philippe Val, justifiait alors la fin de la collaboration en arguant que les propos de Siné "pouvaient être interprétés comme faisant le lien entre la conversion au judaïsme et la réussite sociale, et ce n'était ni acceptable ni défendable devant un tribunal. Siné avait alors assigné Charlie Hebdo en justice pour rupture abusive de contrat. Il réclamait 148 000 euros de dommages et intérêts. Dans un jugement rendu le 30 novembre 2010, la 3e chambre civile du Tribunal de Grande Instance de Paris" a condamné "les Éditions Rotatives, société éditrice du journal Charlie Hebdo, à payer à Siné 40 000 euros de dommages et intérêts pour rupture abusive de leur collaboration. En décembre 2012, la Cour d’appel de Paris a confirmé la condamnation de Charlie Hebdo et augmenté le montant des dommages et intérêts à 90 000 euros". Nulle trace non plus dans cette biographie du psychanalyste Gérard Miller, son collègue dans l'émission On a tout essayé de Laurent Ruquier (2000-2007).

C'est le même Philippe Geluck qui n'a pas manifesté le 12 novembre 2023 contre l'antisémitisme et pour la République, mais a marché pour la paix de l'Institut du monde Arabe (IMA) au musée d'art et d'histoire du Judaïsme (mahJ) à Paris, le 19 novembre 2023, à l’appel de la comédienne Lubna Azabal et avec la ministre de la Culture Rima Abdul-Malak, les actrices Isabelle Adjani, Ariane Ascaride, Nadia Farès, Macha Méril, Emmanuelle Béart et Julie Gayet, la chanteuse Yael Naim, Yamina Benguigui, l’écrivaine Elsa Wolinski, Laure Adler, Jack Lang... "Pas de slogans, pas de chants, pas de banderoles. Juste le silence, et une bannière blanche en tête de cortège. « On aimerait que ce soit le symbole d’un avenir qui reste à écrire ensemble », commente Philippe Geluck" qui a expliqué : "Je ne choisis pas. Les déclarations vont dans tous les sens d'où qu'elles viennent. Si vous dites votre empathie pour le martyr des innocents palestiniens qui se font bombarder, on vous dit, "Quoi, vous êtes antisémites ?". Non, évidemment ! Si vous parlez de l'horreur du 7 octobre, quelqu'un vous répondra : "Et alors ? À Gaza, depuis 50 ans, qu'est-ce qu'ils vivent ? Est-ce que ce n'est pas un martyr ?"... J'espère qu'il y aura beaucoup de monde pour dire notre indignation devant ce conflit, devant ces massacres d'innocents"... A la question "Emmanuel Macron a appelé à l'arrêt des bombardements qui "tuent des femmes et des enfants à Gaza sans aucune justification et aucune légitimité". Vous soutenez cette position ?", Philippe Geluck a répondu : "Il ne peut pas faire autrement. Ce qui se passe est effrayant. Les chemins de la paix n’ont pas été empruntés, ont été sabotés par les attaques du Hamas, mais au-delà de ça, l'assassinat de Rabin et la prise de pouvoir par l'extrême droite en Israël. Tout cela est tellement complexe, que nous ne pouvons de loin que lancer des appels à l'apaisement, au dialogue, car il n'y a que ça qui peut fonctionner dans la relation entre tous."

Plus gênant, et choquant : lors de l'
émission "28 Minutes Samedi" sur Arte, le 8 février 2025, Philippe Geluck commente l'actualité par un dessin à propos du "projet israélien de déplacement des Gazaouis". Son titre :"Faut-il déplacer les Gazaouis ?" Au centre du dessin, le Chat encadré par deux bulles où est inscrit ce texte : "Et pourquoi pas vers Madagascar ? Comme l'Allemagne nazie avait projet de le faire avec les juifs d'Europe jusqu'en 1941 avant d'y renoncer pour adopter le sinistre projet de la Solution finale". Ni le journaliste présentant l'émission ni aucun invité n'exprimèrent la moindre indignation. Pourtant, des Israéliens/juifs nazifiés, des Palestiniens qui risqueraient d'être victimes d'un génocide comme les juifs l'ont été par les Nazis, il y avait là matière à s'indigner, à refuser ces parallèles infondés. Que dirait Philippe Geluck si ses voisins immédiats étaient des tortionnaires, des violeurs, des assassins, des djihadistes qui auraient commis les pires actes barbares dans sa famille ? Il continuerait de les accepter comme voisins ? Doit-on lui rappeler les milliers de Gazaouis qui ont violé, tué, kidnappé, torturé, brûlé vifs enfants et personnes âgées, des familles entières avant de rentrer chez eux avec leur butin en yahoud et en marchandises ? Doit-on lui rappeler les Gazaouis qui ont séquestré des femmes et des homme et les ont violées, des enfants qu'ils ont torturés ? Pourquoi l'Egypte et les autres pays Arabes ont-ils refusé d'accueillir les Gazaouis, voire édifié un mur pour les empêcher d'entrer illégalement dans leurs territoires ? La France a accueilli des Gazaouis dont l'un a agressé un rabbin...

Philippe Geluck est aussi l'auteur de La Bible selon Le Chat. « Dieu est humour ! », proclame le dessinateur de BD belge Philippe Geluck qui publie une Bible parodique et irrévérencieuse, sans craindre de choquer les bonnes âmes car « il faut oser rire de tout ». « À mon âge, je peux prendre certains risques », s'amuse à 59 ans le créateur du Chat, le gros matou philosophe le plus populaire de la BD. Philippe Geluck s'est donc lancé il y a trois ans [en 2010] dans « une nouvelle version » illustrée de la Bible car « après 2000 ans, il était temps de dépoussiérer ce livre qui est quand même très rasoir à lire ». Quel mépris, quelle bêtise et quelle vanité en une seule phrase. La Bible a suscité des civilisations exceptionnelles, des œuvres artistiques, des régimes politiques... Juifs et chrétiens la lisent, la relisent, mais Môssieur Philippe Geluck la trouve ennuyante !? On attend le Coran selon Le Chat par Philippe Geluck... Selon l'AFP, ""Le Chat connait un certain succès au delà des pays francophones, notamment dans le monde anglo-saxon et jusqu'en Iran où il est publié par un magazine humoristique".

En 2020, Philippe Geluck confiait : le jour de l'attentat contre la rédaction de Charlie hebdo, "j’étais dans mon atelier, et avant de m’effondrer en larmes, j’ai dit une chose à mes collaborateurs : le temps de l’insouciance est terminé. En dehors du chagrin effroyable que cela représentait, de l’indignation, et la constatation qu’on avait assassiné des génies irremplaçables, je me suis dit qu’il ne fallait pas se laisser bâillonner et qu’il fallait continuer à exercer son métier comme avant. Je n’ai rien changé dans ma façon de m’exprimer. Je dirais presque « au contraire ». Mais il y a une limite que je ne franchirai jamais, c’est de représenter le prophète de l’islam. J’ai toujours trouvé ça vain et dangereux. Ce serait se suicider que de le refaire. Je trouve qu’il faut prendre garde à ne pas blesser des gens pacifiques et sincères qui n’ont pas forcément la même culture, la même formation à la liberté d’expression, à une époque où Internet diffuse tout et n’importe quoi à travers la planète en trois secondes. Par contre, je représente toujours des femmes en burqas qui se confrontent à des problèmes X ou Y, je continue à parler de toutes les religions".

Philippe Geluck a aussi déclaré : "L’humour permet de traverser les moments les plus épouvantables que les humains puissent connaître. Nous étions deux familles dans la même maison, il y avait deux filles du même âge que mon frère et moi. Leur mère a été élevée au rang de Juste, car elle avait sauvé 700 enfants juifs pendant la guerre. Tous les amis de mes parents étaient des juifs progressistes, athées, beaucoup de rescapés des camps. L’un d’eux m’a dit que rire de leurs tortionnaires en les ridiculisant, entre eux, dans les camps, était l’une des choses qui les avaient fait tenir et que ceux qui avaient perdu cette faculté avaient lâché la rampe. Je trouve cela bouleversant. Avec mes pitreries, je ne me compare pas à ça, mais la démarche est forcément identique. L’humour aide à vivre, à survivre. C’est une des façons de réfléchir le monde, c’est peut-être l’une des branches de la philosophie." Et c'est le même homme qui, enfant a côtoyé des rescapés de la Shoah, a créé ce dessin choquant.

Qu'en pense Elie Barnavi dont l'interview de Philippe Geluck conclut le parcours de l'exposition ?

« L’exposition aurait très bien pu s’intituler Le Chat expose Geluck tant la destinée de ces Laurel et Hardy de l’art est intimement liée. « Geluck expose le Chat nous emmène à la découverte passionnante des dessins de jeunesse, des aquarelles, des balbutiements puis de l’épanouissement du Chat. Croquis, dessins originaux, planches, toiles à l’acrylique, sérigraphies, objets improbables et sculptures : les moyens d’expression semblent sans limites. »

« Nous proposons de vous emmener en balade à travers une vie d’artiste peu commune, celle de celui qui deviendra le papa du chat le plus connu de la bande dessinée et du monde de l’art. Avant de pénétrer dans la première salle, Philippe Geluck nous accueille et remercie Maillol, Tempora et les filles du photographe de nous avoir offert une si belle rétrospective de l’oeuvre infinie de Robert Doisneau. Il accroche côte à côte le mythique Baiser de l’Hôtel de Ville et la photo de Thomas Van Den Driessche intitulée Le baiser de l’Arc de Triomphe où l’on voit Philippe et Dany Geluck s’embrasser sur le toit du célèbre monument dominant les Champs-Élysées au printemps 2021 lorsqu’ils sont occupés à installer 20 sculptures monumentales du Chat entre Concorde et le Rond-Point… »
« En une heure et demie, le visiteur découvre le parcours inattendu d’un gamin qui comprend très jeune sa faculté de faire rire les autres par ses dessins d’humour noir et décalé et qui, dès ses 14 ans, se met à en produire en quantité, nourri au biberon de ses idoles (Siné, Bosc, Chaval, Sempé, Reiser...). Cela le mènera tout naturellement à devenir... comédien et à monter sur les planches durant 10 ans, à se muer en animateur ou chroniqueur radio et télé, d’abord en Belgique et puis en France, notamment aux côtés de Laurent Ruquier et Michel Drucker. Mais cela n’est rien à côté de ce qui va lui arriver en 1983, lorsqu’il invente Le Chat qui deviendra en quelques années une icône de la bédé, le chouchou des galeries d’art et le sujet de nombreuses expositions, notamment sous forme de sculptures monumentales en bronze sur les Champs-Élysées en 2022. »

« Dans la deuxième partie de l’exposition, Geluck et Le Chat s’adressent à de prestigieux « confrères » comme Warhol, Picasso, Banksy, Vermeer ou Courbet en se confrontant à leurs chefs-d’oeuvre. Dans cette liste des grands prédécesseurs, Courbet n’est pas cité par hasard car une  salle sera consacrée à L’origine du monde (non pas celle peinte par Gustave mais une copie scrupuleuse attribuée à René Magritte (tableau jamais exposé jusqu’ici) dont l’histoire est à elle seule surréaliste ! »

« Une exposition passionnante et joyeuse ! » 

Il aurait été judicieux que le service de presse propose une planche avec les dessins avec leurs légende et copyright.


L’ENFANCE
« La visite peut commencer : vous découvrirez que le petit Philippe a toujours dessiné. Sans doute les goûts artistiques du père Geluck n’y sont pas étrangers : peu enclin aux sports et autres spectacles télévisuels, Didier Geluck, lui-même dessinateur de presse de 1946 à 1953, a toujours mis des pinceaux dans les mains de ses deux fils. Il les a initiés aux merveilles de l’art, de Rembrandt à Soulages, de Brueghel à Mondrian. Et ça a marché puisque Jean-Christophe est devenu graphiste puis peintre et Philippe, dessinateur et bien d’autres choses. Très jeune il se passionne pour le dessin humoristique et nous montre ici plusieurs exemples du travail de ceux qui l’éblouissaient Chaval, Bosc, Reiser, Sempé, Siné ou Tetsu… »

LES PREMIERS DESSINS D’HUMOUR
« Dès ses 13 ans, il se met à dessiner des horreurs. Nous voulons dire par là que les cartoons qu’il produit, jeune adolescent, vont surprendre par leur noirceur, leur cynisme et leur drôlerie. Son père voyant ça lui dira « Tu tiens quelque chose. Ne le lâche pas et ne t’arrête jamais ». Et il en fut ainsi. Philippe ne s’arrêtera plus jamais, il publiera des dessins à l’âge de 16 ans et exposera ses premières aquarelles dès ses 18 ans. »

LES AQUARELLES
« Et ce sont justement les aquarelles que nous découvrons dans les salles suivantes. Avec la découverte de la couleur, l’on perçoit comme le jeune artiste est impressionné par le travail de Folon, de Tomi Ungerer et de l’immense Saul Steinberg. Cependant, il ne copie ni ne parodie ses aînés, il s’invente un univers à la fois poétique, un brin cruel et ne soit permis sur qui est qui, il fait porter au mâle une paire de lunettes rondes, pareilles aux siennes. Le carton fait rire tout le monde. Cependant que Geluck poursuit son métier de comédien et joue Un certain Plume au théâtre, anime Lollipop à la RTBF (émission devenue culte pour une génération), Madame Geluck met au monde leur premier bébé et Philippe dessine un carton annonçant la naissance d’Antoine, mettant en scène les deux chats du mariage et un bébé chat emmailloté. Et l’histoire va s’accélérer : le mois suivant, Luc Honorez, journaliste au Soir propose à Geluck de participer à une sorte de casting de dessinateurs auprès de la rédaction. Grand admirateur de ses aquarelles, il lui propose d’essayer d’inventer un personnage qui illustrerait chaque mardi le supplément Temps-Libres. Le dessinateur s’exécute, invente Le Chat le soir du 3 mars 1983, apporte ses croquis à la rédaction et se trouve être l’heureux élu. La grande aventure va commencer. »

« Le début de la publication a lieu le 22 mars 1983 et ne suscite pas l’enthousiasme immédiat. Il faut bien avouer que la place allouée au nouveau venu est réduite et que le style de l’auteur est un peu sommaire. Mais les progrès sont fulgurants : le style se précise tandis que le propos gagne en pertinence et en drôlerie. En quelques mois, Le Chat devient la mascotte du quotidien. Et, loin de se douter de la suite des événements, Geluck — il le racontera bien plus tard — se dit à lui-même « Là, mon pote, j’ai l’impression que tu as inventé un truc qui risque de t’accompagner un bon moment ».

« Lors de la célébration des 10 ans du Chat dans Le Soir, plusieurs journalistes m’avouent qu’au début, ils retenaient leurs articles jusqu’au lendemain de ma venue à la rédaction pour qu’ils ne se retrouvent pas affublés d’un de mes dessins navrants jusqu’à ce qu’une étude révèle que les articles illustrés par Le Chat étaient lus cinq fois plus que les autres. À partir de ce jour, ils m’attendaient, papier à la main, en me disant qu’ils avaient écrit un truc qui, normalement, devrait m’inspirer. Nous en avons bien ri ! »

ET LA COULEUR FUT
« Jean-Paul Mougin, rédacteur du mensuel (À SUIVRE), tombe sous le charme du Chat et demande à Geluck de créer cinq planches entières de bande dessinée. L’auteur se régale et s’exécute. Lorsqu’il montre le résultat à Mougin, ce dernier rit beaucoup en les lisant, puis les rend au dessinateur en joliment surréaliste. Les œuvres sont douces et plaisantes au regard, mais lorsqu’on s’approche, on découvre un bossu coupant la langue d’un manchot ou un type sur son tracteur labourant un champ de têtes humaines. Au milieu de ces ambiances inquiétantes apparaît soudain, toujours à l’aquarelle, un chat se cachant derrière un masque d’oiseau pour approcher trois volatiles. Un chat, certes, mais pas celui qu’on croit. Nous ne sommes qu’en 1976. Plusieurs années avant l’autre ! »

LA NAISSANCE DU CHAT
« Et, un jour Geluck créera Le Chat. C’est un concours de circonstances inénarrable qui verra apparaître l’animal dans les pages du journal Le Soir en 1983. Premier geste : le carton de mariage. En 1980, Dany (la jolie femme du Baiser de l’Arc de Triomphe) et Philippe se marient. Pour remercier ceux qui leur ont fait un cadeau, Philippe dessine un petit carton sur lequel il représente les jeunes mariés sous la forme de deux chats faisant un câlin. Et pour qu’aucun doute lui disant « J’adore ! Tu peux les mettre en couleur. » Ce à quoi Geluck répond « Ben, non. Le Chat c’est du noir et blanc ! » Et Mougin de lui rétorquer « En noir et blanc, je ne les publierai pas donc c’est toi qui vois. Soit en couleur, soit pas. » Et, devinez ce que fit Geluck ? Il fit quelques essais à l’aquarelle, pas terribles. Il eut ensuite la bonne idée de solliciter la coloriste Françoise Procureur qui lui proposa ce gris qui ira si bien au teint du minet et Le Chat fit son entrée dans le temple de la BD, aux côtés de Pratt, Tardi, Schuiten, Boucq et autres immenses. »

« Comme on l’imagine, Le Chat occupe largement la vie de notre dessinateur-humoriste. Au-delà des frontières, plusieurs journaux français ou suisses, européens et même iraniens, le réclament. Mais, soucieux de ne pas se laisser réduire à ce héros solitaire, Geluck poursuit l’aventure dans les médias en participant activement à La semaine infernale (où naîtra Le Docteur G. répond à vos questions), au Jeu des Dictionnaires à la RTBF. Il tourne des sketches pour la télévision en remporte le prix de l’émission la plus drôle à la Rose d’or de Montreux. Invité par Laurent Ruquier à France Inter, il devient très vite un des piliers de la « bande à Ruquier » et à partir de 1999, de la « bande à Drucker » sur les canapés rouges du dimanche. »

LE CHAT DEVIENT UNE STAR
« En 20 ans, Le Chat acquiert le statut de star et chacun de ses albums est un best-seller. Mais Geluck, ne cédant jamais à la facilité, se diversifie artistiquement et plastiquement en introduisant dans ses livres des dessins « autres que Le Chat », en détournant des gravures anciennes, en réalisant des toiles de grand format, des objets surréalistes et des sculptures… mais nous en reparlerons. »

« En octobre 2003, pour les 20 ans du héros, l’École nationale des beaux-arts à Paris accueille Le Chat s’expose, une mise en scène immersive du travail de l’artiste. L’exposition attirera 350 000 visiteurs. »

« Dans les années qui suivront, on ne compte plus les participations de Geluck et son Chat à des salons d’art et des expositions en galerie. Le bonhomme continue à dessiner, mais s’est aussi mué en peintre et sculpteur. Ses réalisations plaisent autant au grand public qu’aux amateurs chevronnés. Fait assez rare pour être mentionné. L’art pourrait donc aussi faire rire ! Télérama lui consacre un Hors-Série. »

LE CHAT DÉAMBULE
« C’est en repensant au succès considérable de la grande exposition de 2003 que l’idée de la création d’un musée du dessin d’humour emmené par Le Chat fait son apparition quelques années plus tard. C’est Michel Draguet, directeur des Musées Royaux d’art et d’histoire à Bruxelles qui en suggère l’idée à Philippe Geluck. Il serait trop long ici de raconter ce cheminement-là. Le projet est en cours et, pour le mener à bien, Geluck et son équipe sollicitent des partenaires, mécènes et sponsors, car ils doivent apporter un budget de 7,7 millions d’euros au projet. Le Musée du Chat et du dessin d’humour sera locataire d’un bâtiment construit par la Région de Bruxelles Capitale et créera 25 emplois en fonctionnant d’une façon autonome (non subsidiée). »

« C’est pour financer une partie de ce projet que Geluck, en 2019 à l’idée de produire une exposition de 20 sculptures monumentales du Chat en bronze dans l’espace public. Il en assure la production et annonce que les oeuvres sont mises en vente au profit intégral du budget du futur musée. Le Chat déambule est un succès considérable que 10 millions de visiteurs ont déjà pu apprécier (à Paris, Bordeaux, Caen, Genève, Monaco, Montreux, Bruxelles, Guérande, Lyon…).

« De nombreux collectionneurs, sociétés ou municipalités se sont déjà portés acquéreurs d’exemplaires de ces géants de bronze. Il en reste cependant quelques-uns qui attendent encore l’adoption (ce serait bête de ne pas en parler). La salle qui suit rappellera quelques souvenirs à certains. Le plancher du Musée Maillol ne pouvant supporter la charge des statues monumentales, nous nous sommes permis d’aligner les sculptures au format original… »

L’ART ET LE CHAT
« L’exposition se poursuit au rez-de-chaussée avec L’Art et Le Chat, un principe que le Musée en herbe avait présenté en 2016 dans lequel Geluck et Le Chat dialoguaient avec de prestigieux « confrères » comme Andy Warhol, Vermeer, Soulages, Picasso ou Mondrian. L’idée est d’accrocher côte à côte une oeuvre de l’artiste en question et l’hommage, admiratif, poétique ou insolent du Chat. L’exposition de 2016 eut tant de succès qu’elle fut prolongée de six mois. »

« En 2025, ce son bien entendu d’autres oeuvres et d’autres hommages qui seront proposés. Une sorte d’Art et Le Chat, chapitre 2. »

L’ORIGINE DU MONDE
« La salle suivante est entièrement dédiée à L’origine du monde et cela tombe à pic, car le nouvel album du Chat, sorti le 15 octobre 2025 s’intitule… L’origine du Chat ! » 

« Bien sûr, il sera question de Courbet, mais le tableau exposé ne sera pas le sien, mais une copie dont certains spécialistes de l’art croient fermement qu’elle est l’œuvre de René Magritte. L’histoire du tableau de Gustave Courbet est connue et l’on se souvient qu’il a été la propriété de plusieurs collectionneurs successifs jusqu’à Jacques Lacan et sa femme. Il sera exposé au public (et photographié) seulement en 1988 à New York avant de finalement rejoindre le Musée d’Orsay. » 

« Jusqu’en 1970 (?) les livres ou revues d’art n’en présentent qu’une reproduction en noir et blanc (la photo avait été prise dans les années 20), or dès 1965 (?), apparaît une reproduction de L’origine du monde en couleurs sous-titrée L’origine du monde Gustave Courbet 1819-1877. C’est la photo du tableau présenté dans l’exposition Geluck qui fut utilisée plusieurs fois dans ces années-là et non celle du véritable Courbet. S’il est un jour avéré que cette copie est véritablement de la main de Magritte (qui a notoirement réalisé plusieurs faux, notamment Picasso ou Max Ernst pendant la guerre 40-45), l’événement sera considérable. »

« Wait and see. Dans cette salle dédiée, Geluck nous présente plusieurs hommages qu’il a lui-même rendus à Courbet comme L’homme à la touffe, L’origine du monde par Fontana, L’origine du monde vue par le bébé, etc. »

SUITE ET FIN
« La visite se poursuit avec des dessins d’actualité, une installation dans laquelle Le Chat a étalé devant son fils tous les objets des années 60 à 90 que « contient » un smartphone (caméra, appareil photo, radio, encyclopédie, journaux, télévision, tourne-disque, 33 tours, etc.), une série de cadres aux vitres cassées et des toiles d’hommage à Michel-Ange et Da Vinci. »

« Et la visite se termine par un entretien entre Elie Barnavi et Philippe Geluck au milieu d’une salle décorée d’affiches punaisées, de sérigraphies encadrées et de vitrines contenant des objets absurdes et tellement drôles. »

L’ARTISTE PHILIPPE GELUCK

« Véritable homme-orchestre, dessinateur, humoriste, comédien, homme de radio et de télévision, Philippe Geluck est né à Bruxelles en 1954 dans une famille amoureuse des arts. En 1976, il fonde le Théâtre Hypocrite et mène une carrière de comédien dans les principaux théâtres belges pendant une dizaine d’années. De 1979 à 2006, il crée, anime ou participe à des milliers d’émissions de radio et de télévision, à la RTBF, sur France 2, France Inter, Europe 1 ou RTL. Il est chroniqueur régulier chez Michel Drucker et chez Laurent Ruquier. Parallèlement, il dessine et expose ses dessins et aquarelles loufoques en galerie à Bruxelles, Paris, Londres, Milan, Copenhague, Neuchâtel et Dallas. »

« En 2003, la grande expo Le Chat s’expose, qui célèbre les 20 ans du héros, attire plus de 350.000 visiteurs à Paris, Bruxelles, Bordeaux et Rennes. En 2016, L’art et Le Chat initie petits et grands aux oeuvres emblématiques de l’histoire de l’art avec cette drôlerie si caractéristique. Depuis lors, les dessins, toiles et sculptures de Philippe Geluck sont exposés dans de nombreuses galeries et salons d’art contemporain. »

« Aujourd’hui, Philippe Geluck prépare activement l’ouverture du Musée du Chat et du dessin d’humour qui ouvrira ses portes à Bruxelles en 2027. »

PRINCIPALES EXPOSITIONS

« La Vénus de Milo ou les dangers de la célébrité », exposition collective pour le « Ready Museum » présentée à Bruxelles, Paris, Londres, Milan, Copenhague… Philippe Geluck y expose ses dessins et aquarelles aux côtés de Folon, Dali, Man Ray…
1972.

Exposition personnelle, Galerie Maya, Bruxelles. Aquarelles, 1974.
Première exposition personnelle avec des oeuvres du Chat à la Galerie Van De Weghe à Bruxelles. Dessins, planches, gouaches, sculptures et toiles acryliques, 1991.

La Grande Expo : dessins, aquarelles, planches, gouaches, objets, sculptures, toiles acryliques, mur vidéo et bornes sonores. Le Chat s’expose dans la cour vitrée de l’École des beaux-arts de Paris, puis à Bruxelles, Bordeaux, Rennes, La Charité-sur-Loire, 2003 à 2008.

Depuis 2010, Philippe Geluck expose chaque année une sélection d’oeuvres originales à la BRAFA à Bruxelles, avec la complicité de la galerie Huberty&Breyne.

« Le Chat et les Droits de l’Homme », exposition dans le hall de la Cour européenne des Droits de l’Homme à Strasbourg, en France, 2015.

Exposition de toiles à la Galerie Petits Papiers lors de Affordable Art Fair à Hong-Kong, en Chine, 2015.

Exposition de sculptures « Le Chat au journal », customisées par de grands artistes contemporains en vue d’une vente aux enchères au profit du Fonds Erasme, à Art Brussels, en Belgique, 2015.

Exposition « L’Art et Le Chat » au Musée en Herbe, à Paris, 2016.

« Le Chat visite le Musée Soulages », vingt-cinq toiles et dessins originaux de Philippe Geluck parmi les oeuvres de la collection permanente du Musée Soulages à Rodez, 2020-2021.

« Picasso et la bande dessinée », Musée Picasso, Paris. 3 toiles de Geluck rendent hommage au maître du cubisme, 2020.

PETITE HISTOIRE DU CHAT

« Pif, paf pouf. C’est un bon début ». C’est en tout cas ceux du Chat dans Le Soir le 22 mars 1983. C’était tellement crétin que cela a fait rire tout le monde. En 1986, Le Chat est édité en album, aux éditions Casterman, au départ un peu sceptiques quant aux chances de réussite en librairie d’un recueil de cartoons, pourtant le succès est immédiat en Belgique et en Suisse. Lorsque, un an plus tard, l’auteur leur proposera un second volume, l’éditeur n’hésitera plus. »

« Depuis, Le Chat a conquis la France et toute la francophonie et il apparaît toujours avec le même bonheur dans de nombreux quotidiens et magazines. En 2003, pour célébrer en grand les 20 ans du personnage, Philippe Geluck conçoit Le Chat s’expose à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris. L’exposition passera ensuite par Bruxelles, Bordeaux, Rennes, La Charité-sur-Loire. En 2008, le prestigieux magazine Télérama consacre un numéro hors-série complet au Chat et à son créateur (cet honneur est d’habitude réservé à des artistes disparus : Giacometti, Béjart, Monet…). Les deux dessinateurs à qui Télérama avait déjà dédié un numéro étaient Walt Disney et Hergé. Quelques années auparavant, le 23 mars 2003, le journal belge Le Soir avait choisi de sortir un numéro spécial à l’occasion des 20 ans du Chat, sans une seule photo. L’édition fut entièrement dessinée par Geluck et les publicités par des amis dessinateurs (Siné, Schuiten, Moebius, Goffin, Loustal, Dehaes...). Geluck a réalisé pour cette édition 80 dessins inédits. »

« En 2016, L’Art et Le Chat, présentée au Musée en Herbe de Paris, rend un hommage ludique aux plus grands de l’Histoire de l’art (de Vermeer à Jeff Koons, en passant par Van Gogh, Picasso, Warhol…), dont les oeuvres originales sont exposées, à chaque fois, vis-à-vis d’un clin d’oeil du Chat. »

« Le Chat est devenu en 40 ans l’animal le plus populaire de la BD franco-belge. 25 albums ont été publiés chez Casterman, plusieurs best of, catalogues et livres de textes. Il est traduit en 17 langues dont l’anglais, le néerlandais, l’italien ou le coréen. »

… LE 15 OCTOBRE 2025 EST PARU... LE 25ÈME ALBUM DU CHAT

« Après Tout est vrai, en 2024, revoici un Chat 100 % pur Chat. Si on croit à la numérologie, un 25e album en 2025, ça veut dire plein de choses. Si on n’y croit pas, ça ne change rien et ça veut juste dire de jolis moments de régalade en perspective. »

« Ce nouvel opus est bien sûr truffé de gags hilarants, de réflexions aussi profondes que désarmantes et d’inventions graphiques plus drôles les unes que les autres. »

« Mais la grande nouveauté de cet album est le récit en planches de bande dessinée (une première pour Geluck) de la rencontre entre l’auteur et son personnage.

« Personne ne pouvait imaginer, et Geluck nous en apporte la preuve irréfutable, qu’un héros de BD ait pu exister avant d’être inventé. »

« Et il ne s’agit pas, comme dans certains romans historiques, de mettre en scène la vie d’une personne ayant vécu il y a plusieurs siècles. Non, ici, c’est différent : nous apprenons que Le Chat est né bien avant 1983, d’un père chat de gouttière et d’une mère siamoise (et qu’il a été bébé, enfant, puis adolescent, ce que nous ignorions jusqu’ici). »

« Dès ses premières années, il rêve d’un jour devenir héros de bande dessinée. Et même si ses gags de jeunesse ne suscitent pas l’enthousiasme de ses camarades, sa détermination est grande et il se met à rechercher un dessinateur de talent pour lui proposer une collaboration qu’il pressent porteuse de lendemains qui chanteront… »

« On utilise parfois un peu abusivement le terme d’album majeur ou de meilleur de tous. Il n’empêche qu’avec ce 25e tome, l’auteur frappe un grand coup qui ravira ses lecteurs les plus fidèles et séduira définitivement ceux qui n’ont pas encore découvert Le Chat. »

« Plusieurs pages de L’origine du Chat sont une sorte de préquel qui, en plus de nous faire marrer, nous emmènent dans un récit haletant que l’on ne peut lâcher avant d’en avoir découvert la résolution. »


Du 14 novembre 2025 au 3 mai 2026
59-61, rue de Grenelle. 75007 Paris. France
Tél. : +33 1 42 22 59 58
Ouvert tous les jours de 10h30 à 18h30
Nocturne le mercredi jusqu’à 22h00
Visuels
Philippe Geluck, 2018 et 2023_©StudioFiftyFifty 

Vues des salles, 2025 
© Tempora-18

© Frédéric Latinis


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