Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

mardi 16 décembre 2025

Shelomo Selinger

Né en 1928, Shelomo Selinger est un rescapé de la Shoah. Ce sculpteur juif d'origine polonaise, adepte de la taille directe, souvent en granit, « la plus dure des pierres sur terre », est inspiré par la femme, le judaïsme, la mythologie gréco-romaine et les camps de concentration. Le Mémorial de la Shoah de Drancy propose « Bleu / Nuit. L’art après les campsUne exposition de l’oeuvre de Shelomo Selinger ». Entrée libre.


Shelomo Selinger  est né à Szczakowa (Pologne) en 1928 dans une famille de négociants dans le textile.

Après l’invasion nazie, sa famille est confinée dans le ghetto.

Après les travaux forcés, c’est la déportation en 1942.

Mentant sur son âge, il échappe aux chambres à gaz.

En mai 1945, à Theresienstadt (Terezín), après avoir survécu à neuf camps de concentrations et deux marches de la mort, il est sauvé par un médecin Juif de l’Armée rouge.

Et vive la vie !
Pendant sept ans, Shelomo Selinger  reste amnésique.

En 1946, il immigre clandestinement en Palestine mandataire. Là, il vit au kibboutz Beit-Haarava, près de la mer Morte, et participe à la guerre d’Indépendance.

Vers 1953-1954, cet homme sensible à la lumière, notamment à celle du désert de Judée, débute la sculpture et le dessin.

Ce lauréat du Concours israélien pour les jeunes sculpteurs se professionnalise en 1956 à Paris à l’Ecole des Beaux-arts, dans les ateliers de Brâncuşi, Zadkine, Arp, Constant et Giacometti.

Honoré de divers prix, Shelomo Selinger  multiplie les expositions et les sculptures, tels le Monument dédié aux déportés du camp de Drancy  (1976) et La Fontaine (La Défense).

En 2002, la galerie Bernheim-Jeune a présenté une soixantaine de bas-reliefs, sculptures, souvent en bois et en bronze, ainsi que des dessins aux fusains et crayon ou à l’encre de Chine rehaussée d’aquarelle bleue. En 2013, elle a montré des sculptures, en granit ou en bois, des reliefs, et des dessins de Shelomo Selinger.

En janvier-février 2015, la Bibliothèque Polonaise de Paris présenta des bas-reliefs et des dessins de Shelomo Selinger. Celui-ci a écrit dans le carton d'invitation :

"Mon approche à la sculpture est la taille directe manuelle dans la pierre et le bois. Je ne me sers pas d'instruments mécaniques. Mes premiers coups de marteau décident du devenir de l'œuvre.
Je creuse et fore des ouvertures afin de dégager la sculpture que je devine cachée en elle. Je détruis l'harmonie initiale de la pierre désirant en créer une nouvelle.
L'évolution lente de l'œuvre permet d'introduire tout au long de la création, des formes non programmées au départ.
Je ne suis pas le seul à les former. Nous sommes trois à être embarqués dans cette aventure  : la Matière, la
Lumière, et moi, – dont je suis le serviteur de l'infini.
Ces deux éléments me guident et modifient mes décisions. Des formes vont en générer d'autres, imprévues, donnant une signification aux précédentes.
Et moi, outil de ces formes, je souhaite que l'esprit veuille bien y demeurer.
De cet ensemble va rejaillir une nouvelle harmonie, une œuvre d'art sculpturale.
Je n'impose pas mon Moi à la matière. Je me considère comme un médium à travers lequel passent des pensées et des paroles qui ne sont pas les siennes.
Cependant, et ceci pourrait sembler contradictoire, ma démarche est entièrement personnelle, convaincu qu'en allant de plus en plus vers le Subjectif,
on peut atteindre l'UNIVERSEL.
En taillant la matière je taille ainsi la lumière qui va se poser sur de nouvelles surfaces.
Il se peut qu'en un de ces moments gratifiés de ma création, je rejoins les penseurs mystiques de la "Kabale"
juive qui aspiraient à Réparer le monde (en hébreu  : "Tikoun Olam").
J'ai une haute idée de l'importance de l'Art dans le monde. Cet Art sublime serait capable à lui seul de rendre l'humanité meilleure, moins cruelle, plus généreuse et plus tolérante.
Tout être a son âme et son esprit divins. Il suffit d'une étincelle pour les réveiller.
Je souhaite que mes sentiments enfouis dans mon œuvre puissent rayonner sur celui qui viendra la contempler"

Shelomo Selinger scinde l’espace pour multiplier les visions d’un sujet, quitte à ne pas respecter ensuite une courbe ou une diagonale.

Il « habite d’une forme sensible » - visages, seins ou jambes – chaque sous-partie.

Le spectateur a alors un regard actif : il recompose. Le mouvement est dans l’œuvre et dans le regard du visiteur.

L’influence de Picasso et de Goya est prégnante chez cet « athée qui se sent parfois guidé par l’Esprit » (La Bénédiction). En fait, Shelomo Selinger croit en l’Homme, mais il aime la Femme. Il garde en mémoire ceux qui lui ont donné des leçons de conduite, ceux à qui il doit la vie et ce qu’il sait des camps de concentration (« Janusz Korczak »).

Une large part de son travail est dédiée à l’éloge  de la Femme et au bonheur dans le couple.

Cet artiste respecte la matière. C’est l’une des raisons pour lesquelles il travaille au ciseau, sans outils mécaniques et ne polit pas ses sculptures, certes cirées.

Dans un bloc d’albâtre, il a découvert l’empreinte d’un coquillage (un cadeau de la nature).

Tout autour, il a sculpté « la naissance de Vénus »…

Journées du Patrimoine 2016
Pour les Journées du Patrimoine 2016, le Mémorial de la Shoah de Drancy " a ouvert ses portes pour un week-end de commémoration, dans un lieu historique, la Cité de la Muette, qui a vu partir des dizaines de milliers de Juifs pour la déportation". Le 18 septembre 2016, Shelomo Selinger évoqua sa vie après la Shoah, le "poids de la déportation dans sa vie d'adolescence", sa "renaissance en tant qu'artiste, lui qui a conçu le Monument à la mémoire des Juifs enfermés dans le camp de Drancy !"

Une "rencontre avec un artiste polonais né en 1928 à Szczakowa, et déporté à 14 ans. Cet homme, qui a survécu à neuf camps et deux "Marches de la Mort", est rattaché au Camp de Drancy par le monument en mémoire aux Juifs déportés au Camp de Drancy qu'il a réalisé il y a 40 ans maintenant.
A 11 h, l'artiste viendra présenter le Mémorial de la Shoah, à travers l'exposition De la conception à la réalisation du Mémorial National du Camp de Drancy qui présente des documents, dessins, la maquette préparatoire du projet, des photos historiques de Ruth Selinger, des plans et des documents de son archive".

"Ce mémorial est situé aux pieds de la Cité de la Muette, un habitat collectif bâti dans les années 1930 mais jamais achevé, qui devint en 1941 un camp d’internement, puis en 1942 le camp de regroupement des juifs de France en vue de leur déportation vers les camps d’extermination. Entre mars 1942 et août 1944, environ 63 000 des 76 000 juifs déportés de France sont passés par Drancy. À nouveau habitée depuis 1948, la Cité de la Muette est devenue peu à peu la mémoire du camp de Drancy : pose de plaques commémoratives, érection d’un monument du souvenir, présentation d'un wagon, qui lui a valu le classement au titre des monuments historiques depuis 2001.

"Lumières de Vie. Dessins de Shelomo Selinger"
La Bibliothèque polonaise de Paris présenta en 2022 l'exposition "Lumières de Vie. Dessins de Shelomo Selinger". 
"Après une exposition de sculptures en 2015 à la Bibliothèque Polonaise de Paris, celle-ci présente cette fois les dessins de l’artiste, tous à l’encre et à l’aquarelle, des compositions pleines de vie et de lumière, consacrées à la femme, au désir et à l’amour." 

"Rescapé miraculeux de la Shoah, Shelomo Selinger est retrouvé à la fin de la guerre sur un amoncellement de cadavres au camp de Theresienstadt par un médecin de l’Armée rouge qui le soignera à l’hôpital militaire. C’est en 1951, quand il rencontre Ruth Shapirovsky en Israël, que la mémoire lui revient avec la rencontre de l’amour et de la création artistique. Quatre ans plus tard, ils se retrouvent à Paris, où Shelomo Selinger suit les cours de Marcel Gimond à l’Ecole des beaux-arts. Il consacre sa vie à l’art, et plus particulièrement à la sculpture. En 197, il obtient le Premier prix du concours international pour la création du Mémorial du camp de Drancy. Suivent en 1987, le Mémorial de la Résistance à la Courneuve et Mémorial aux Justes parmi les Nations de Yad Vashem, à Jerusalem et en 2018, Kaddish, monument  à la mémoire des victimes de la Shoah à Luxembourg."

"Quarante œuvres de Shelomo Selinger, en granit, en basalte et en marbre, ornent des lieux publics en Israël et en France, en Allemagne et dans d’autres pays européens."

« Bleu / Nuit. L’art après les camps »
Le Mémorial de la Shoah de Drancy propose « Bleu / Nuit. L’art après les campsUne exposition de l’oeuvre de Shelomo Selinger ». Entrée libre.

« L’exposition « Bleu / Nuit. L’art après les camps. Une exposition de l’oeuvre de Shelomo Selinger » rassemble une sélection d’oeuvres représentatives du parcours de l’artiste, lui-même survivant de la Shoah, de ses motifs artistiques – la célébration de la vie, la commémoration des morts –, ainsi que de ses techniques de prédilection – sculpture en taille directe, bas-reliefs, dessins et xylographies. »

« L’exposition rend hommage à la trajectoire exceptionnelle de Shelomo Selinger, artiste et témoin de la Shoah. Elle se tient au Mémorial de la Shoah, érigé en 2012 en face du Monument aux déportés conçu par l’artiste en 1976 devant l’ancien camp d’internement de Drancy. »

« À travers quelques soixante œuvres, pour certaines jamais exposées ni reproduites, les visiteurs sont invités à découvrir la richesse et la diversité de l’oeuvre artistique de Shelomo Selinger, ainsi que la portée humaniste dont l’artiste l’a investie. »

Le Commissariat scientifique est assuré par Paul Bernard-Nouraud, historien et théoricien de l’art, docteur en esthétique de l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS), et le commissariat muséographique, coordination générale de l’exposition et du catalogue par Marie Deparis-Yafil, critique d’art et commissaire d’exposition indépendante en charge de la coordination générale, muséographie, scénographie.

 Le graphisme est signé par Hélène Degout.

Éléonore Ward, responsable du Mémorial de Drancy.

L’exposition est « proposée sous le patronage de la Commission nationale française pour l’Unesco ».

SHELOMO SELINGER : ARTISTE ET TÉMOIN
« Qui a connu les camps de concentration ne s’en libère jamais. Ils sont là, chaque nuit, et avec eux, chaque matin, ceux qui sont morts assassinés à mes côtés, témoins d’une ténèbre absolue et informe à partir de laquelle je sculpte l’espérance. » Shelomo Selinger

« L’exposition rassemble une vaste sélection d’œuvres représentatives de son parcours en tant qu’artiste et comme témoin. »

"En 1972, Selinger remporte à l’unanimité des membres du jury le concours international lancé pour la création d’un Monument aux déportés devant la cité de la Muette de Drancy ; un projet lancé dès 1963 par le maire communiste de l’époque, Maurice Nilès. Au terme de quatre ans d’efforts, dont deux passés en caravane dans une carrière de granit rose près de Perros-Guirec, Selinger livre les trois pièces constitutives de son monument, installées en 1976 au sommet d’une petite butte en guise de piédestal. Les trois sculptures forment ensemble la lettre shin (ש en hébreu). Ce motif suggère une forme d’union, en dépit des écarts qui séparent les deux blocs latéraux que l’artiste associe aux portes de l’Enfer, et pour lesquels son épouse Ruth a conçu la lettrine des textes qui y sont gravés. Les figures humaines se concentrent, quant à elles, dans le bloc central. Celles-ci s’entremêlent dans une forme d’étreinte, un mot dont l’ambivalence résonne avec les deux pôles de l’œuvre de Selinger, où l’étreinte de la mort et celle de l’amour luttent pour rendre hommage aux morts et célébrer la vie."

« Le Monument aux déportés qu’il érige en 1976 devant la Cité de la Muette constitue un moment décisif dans sa pratique artistique. La maquette originale du projet en est présentée au sein de l’exposition permanente, près des baies au travers desquelles on aperçoit la Cité de la Muette, à proximité de trois statues représentant trois héroïnes de l’histoire de la Shoah. »

« Dans quelque trois cents ans, un passant qui ne connaîtra rien de notre histoire s’arrêtera peut-être devant ce monument et, soudain, saisi par un voile sombre, s’interrogera : “Quel événement terrible a donc eu lieu ici pour que l’on ait bâti cette œuvre, érigé cette pierre ?” Et j’aime à espérer qu’il cherchera à comprendre et, partant, à se souvenir ? »

« À partir du projet drancéen, Shelomo Selinger a renoué avec cette mémoire que son oeuvre a certes toujours entretenu, mais jamais de manière aussi explicite que dans les dessins de grand format, exécutés au fusain, qui sont ici exposés. »

« Contrairement à d’autres artistes survivants, Selinger n’a pas dessiné dans les camps où il a été interné et déporté. Sa découverte de l’art leur est postérieure. Elle est liée à sa rencontre en 1951 avec Ruth, sa future épouse, en Israël où il a émigré après-guerre. L’art qu’il pratique à partir de cette période est essentiellement sculptural. »

« L’artiste fait oeuvre de témoignage. La dimension artistique dont il l’investit ne désavoue cependant pas le témoignage, pas plus qu’elle n’en diminue la valeur. Elle en intègre dans ses formes elles-mêmes les traces, les traumas prenant l’aspect de « blessures » graphiques. Si le rapport de forces est toujours défavorable aux figures de déportés, reconnaissables à leurs uniformes rayés, certains des dessins de Selinger témoignent aussi d’actes de résistance. »

"Nombre de déportés ont dessiné dans les camps, et beaucoup de leurs œuvres, outre leur vocation testimoniale, affirment une forme de résistance spirituelle. Celles de Selinger, bien que plus tardives, s’inscrivent dans cette lignée. Elles témoignent à la fois des camps nazis et contre eux, affirmant la dignité de leur auteur comme elles rendent hommage à ceux qui ont péri."

"Ces trois figures sculptées se présentent comme des hommages à trois femmes juives que l’artiste considère comme des « héroïnes de la Shoah » :
- Mala Zimetbaum (1918-1944), qui parvint à s’évader d’Auschwitz-Birkenau avant d’être rattrapée et de gifler son bourreau sur l’échafaud tout en se donnant la mort ;
- Zivia Lubetkin (1914-1978), membre fondatrice de l’Organisation juive de combat, qui participe à ce titre au soulèvement du ghetto de Varsovie en 1943, avant d’émigrer en Palestine trois ans plus tard, où elle fonde la Maison des combattants du ghetto ;
- Haika Grossman (1919-1996), qui a participé quant à elle au soulèvement du ghetto de Bialystock cette même année 1943, avant d’émigrer en Israël l’année de sa création, en 1948, où elle poursuit une carrière de parlementaire jusqu’à la fin des années 1980."

CÉLÉBRER LA VIE À TRAVERS L’ART
« Diverse par ses techniques, l’oeuvre de Selinger l’est aussi par ses thématiques. Tout un pan de sa création artistique célèbre en effet la vie dans ses expressions les plus heureuses et collectives, en particulier à travers la musique et la danse. Bien qu’il y applique également le principe des lignes brisées caractéristique de ses dessins, ceux qui prennent pour motif la musique et la danse donnent davantage le sentiment d’un miroitement que de ruptures visuelles brutales. »

« Dans une atmosphère plus familière et souvent familiale, les figures que dessinent alors Selinger se concentrent autour d’instruments divers, à la manière de certaines compositions de Marc Chagall, ou bien s’égayent en sarabandes heureuses, à la façon cette fois des premières variations d’Henri Matisse sur le thème de la danse. »

« Ces œuvres de grand format voisinent ici avec toute une série de dessins d’une taille plus modeste, aux contours bleuis, comportant quelquefois des figures isolées. À travers leurs danses et leurs gestuelles, toutes expriment une vitalité opposée à la dévitalisation des camps comme à la brutalité mortifère qui y régnait. Les corps s’entremêlent désormais au lieu de se télescoper. Ils s’embrassent et s’enlacent comme leurs lignes s’épousent. »

« L’étreinte de la mort s’y desserre peu à peu sous l’étreinte de l’amour. »

« Ce grand mélange auquel Selinger procède dans ses dessins bleus maintient néanmoins pour chacun d’entre eux une lisibilité grâce aux lignes plus épaisses qui en constituent en quelque sorte l’armature. Considérés individuellement, et plus encore en série, ces figures ressemblent à des idéogrammes. »

"Un bonheur dont les formes conservent cependant le souvenir du malheur, sans que celui-ci n’y absorbe tout entier l’élan créateur et vital qui ne cesse d’animer l’artiste."

« Lorsqu’en 1945 André Malraux découvrit la série des Otages de Jean Fautrier, qui tendaient eux aussi vers l’idéographie, l’auteur de La Condition humaine parla à leur propos d’une « hiéroglyphie de la douleur ». Dans une certaine mesure, les dessins bleu-nuit de Shelomo Selinger peuvent être tenus pour sa propre « hiéroglyphie du bonheur ».

SCULPTEUR ET DESSINATEUR
« Connu et réputé comme sculpteur, Shelomo Selinger a mené en parallèle une intense activité de dessinateur. Il emploie pour cela différentes techniques :
- le dessin à l’encre esquissé à la plume, dont la légèreté contraste avec la lourdeur des outils du sculpteur ;
- le fusain, en faisant varier l’intensité des traits noirs des bâtonnets qu’il emploie dans ses grands formats ;
- le lavis et l’aquarelle appliqués au pinceau, pour lequel il délaye de l’encre noire à l’eau ou recourt à différentes teintes de bleu plus ou moins sombre. »

« Dans tous les cas, Shelomo Selinger ne couvre pas l’intégralité de la surface des papiers. »

« Lorsqu’il dessine, il ménage de grandes plages blanches sur les papiers, dont il laisse ainsi voir la matérialité, comme celle de la pierre ou du bois reste visible dans ses sculptures. »


"31 mai 1928 : naissance de Shelomo Selinger dans la petite ville de Szczakowa, au sud de Cracovie et au nord du futur site d’Auschwitz-Birkenau.

Novembre 1941 : Shelomo Selinger est interné dans le ghetto de la ville proche de Chrzanów.

1942 : il est déporté avec son père au camp de Faulbrück, alors en Allemagne (actuellement en Pologne), près de Breslau (aujourd’hui Wroclaw), puis successivement dans trois autres camps de la région : Gröditz, Markstadt et Fünfteichen. Il est ensuite envoyé dans le camp de Gross-Rosen (aujourd’hui en République tchèque).

Début 1945 : une « marche de la mort » conduit Shelomo Selinger au camp de Flossenbürg, en Bavière. Évacué vers Dresde, il est renvoyé vers le camp-satellite de Leitmeritz, avant d’être finalement transféré à Theresienstadt (aujourd’hui Terezin, en République tchèque).
Mai 1945 : Shelomo Selinger est libéré de Theresienstadt, et soigné sur place.

Mars 1946 : le navire sur lequel il a embarqué pour la Palestine mandataire est intercepté par la Marine britannique et ses passagers internés dans le camp d’Atlit. Libéré, Shelomo Selinger vit et travaille alors dans plusieurs kibboutzim successifs.

1951 : il fait la rencontre de Ruth Shapirovsky, qu’il épouse en 1954.

1955 : le couple quitte Israël pour Paris, où Shelomo Selinger suit les cours du sculpteur Marcel Gimond aux Beaux-Arts.

1973 : Shelomo Selinger remporte à l’unanimité le premier prix du concours international pour un monument sur le site de l’ancien camp d’internement de Drancy, qui y est inauguré en 1976.

1980 : il réalise un nouveau monument : le Requiem pour les Juifs d’Allemagne à Bosen, dans la Sarre.
1987 : Shelomo Selinger réalise le Mémorial de la Résistance à La Courneuve et le Monument aux Justes parmi les nations à Yad Vashem, près de Jérusalem.

2018 : il réalise le Mémorial de la Shoah de la ville de Luxembourg".



Du 9 avril 2025 au 12 février 2026
Niveau -1
110 - 112 avenue Jean Jaurès. 93700 Drancy
Tél. : 01 41 83 04 10
Ouvert du dimanche au jeudi, de 10h à 18h.
Fermé vendredi et samedi
Fermé le 1er janvier 2026
Entrée libre
Visuels :
Photo de l’affiche : © Teresa Suarez et Olivier Laban - Mattei de l’Agence MYOP. Shelomo Selinger, ADAGP, 2025

Salle : ©  Y. Kellerman

Atelier de Shelomo Selinger - Olivier Laban- Mattei - Agence MYOP. Shelomo Selinger, ADAGP, 2025

Photographie de Shelomo Selinger C) Olivier Laban- Mattei - Agence MYOP.

Dessin - Shoah - L’orchestre - Schelomo Selinger
Olivier Laban- Mattei - Agence MYOP. Shelomo Selinger, ADAGP, 2025

Sculptures - Trois figures héroïnes de la Shoah - Haika Grossman - Tzivia - Mala - Olivier Laban-Mattei - Agence MYOP. Shelomo Selinger, ADAGP, 2025

Dessin - Le Danseur - Shelomo Selinger - Olivier Laban- Mattei - Agence MYOP.
Shelomo Selinger, ADAGP, 2025.

Dessin-Shoah-Le-Travail-Shelomo-Selinger
 Olivier Laban-Mattei - Agence MYOP. Shelomo Selinger, ADAGP, 2025


Le 18 septembre 2016
Au Mémorial de la Shoah de Drancy

De 10 h à 18 h. Gratuit

Du 18 octobre au 9 décembre 2022
Du 16 janvier au 13 février 2015. Vernissage le 15 janvier 2015 à 18 h 30.
6, quai d'Orléans. 75004 Paris
Du mardi au vendredi de 14 h 15 à 18 h
Tél. : 01 55 42 91 87

Du 30 mai au 29 juin 2013
A Bernheim-Jeune, éditeur et galerie d'art

83, faubourg Saint-Honoré - 27, avenue Matignon. 75008 Paris
Tél. : 33(1)42666031 - 33(1)42666503
Tous les jours sauf dimanche, lundi et jours fériés, de10 h 30 à 12 h 30 et de 14 h 30 à 18 h 30.
Vernissage le 29 mai 2013 de 17 h à 20 h.
Dans le cadre de la Nocturne Rive Droite, ouverture le 5 juin 2013 jusqu’à 22 h.


Visuels : sculptures de Shelomo Selinger
« Tsunami » - Bronze - 65 x 60 x 60 cm
 Cet article a été publié en une version plus concise par Actualité juive. Les citations proviennent des dossiers de presse.
Cet article a été publié le 27 mai 2013, puis les 14 janvier 2015, 15 septembre 2016, 8 novembre 2022. Il est actualisé au 8 décembre 2025.

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