Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

vendredi 7 avril 2017

"Brosses" de Yuri Kuper, sculpteur


La galerie Vallois Sculptures présente l'exposition "Brosses" de Yuri Kuper, artiste Juif d’origine russe à l’itinéraire complexe et aux talents multiples : peintre, romancier, sculpteur, céramiste, illustrateur, créateur de costumes et de décors d'opéras... Pour évoquer le temps qui passe, cet artiste s'inspire d'objets de la vie quotidienne, usagés, abîmés. Comme des vestiges d'ères oubliées... Inspirées par Pompéi, ces tasses sont parfois associées à une symbolique juive. Vernissage le 6 avril 2017 de 18 h à 21 h.

Né à Moscou (URSS) en 1940, Yuri Kuper étudie de 1957 à 1963 à l’Académie d’art de Moscou. Il devient membre de l’Union des artistes en URSS en 1967. Il expose dès 1970 au Salon graphique de Moscou.

En 1972, il fait son aliyah, puis s’installe en Angleterre. Il reçoit la Bourse de la Colonie artistique Yaddo à Saratoga Springs (Etats-Unis) en 1973.

Il publie un an plus tard à New York un roman « Fous sacrés à Moscou ».

C’est en 1975 qu’il décide de vivre à Paris.

Huit ans plus tard, il devient citoyen de Grande-Bretagne.

Il expose à Paris, New York, Berlin, Tel-Aviv, Moscou, Oslo, Bruxelles, Tokyo. Dans les années 1990, le musée Pouchkine à Moscou lui consacre une exposition individuelle.

Le MoMa (Museum of Modern Art) de New York ou le musée Pouchkine de Moscou lui ont consacré un one man show.

Yuri Kuper assure aussi la création de costumes et de décors d’opéras, dont le décor de « Boris Godounov » de Moussorgski pour la réouverture de l’opéra du Bolchoï en 2007.

Ce membre du groupe Mémoires s’intéresse à des objets de la vie quotidienne personnelle et professionnelle – pinceaux, entonnoir, vaisselle – qu’il présente comme des vestiges isolés d’un monde ancien. La patine grise accentue cet aspect ancien, un peu froid, légèrement flou. Des touches de peinture vives – rouge, bleu, jaune – renforcent l’authenticité de ces objets d’une vie banale.

En 2006, la galerie Vallois Sculptures a présenté des œuvres où « Les couteaux » semblaient dotés d’ailes. « Les deux brosses » paraissaient s’épanouir en fleurs qui atténuaient la tristesse émanant de cette œuvre.

C’est comme si l’artiste créait les vestiges de la société contemporaine pour le monde de demain, comme s’il les conservait pour l’avenir. Au spectateur d’imaginer la vie suggérée par ces objets si usités.

Dans le cadre de l’année croisée France-Russie, et parallèlement à l’hommage à Chana Orloff, la galerie Vallois Sculptures a présenté une série de 20 pièces uniques (technique mixte) - des pelles monodimensionnelles (50 cm – partie métallique), patinées en bleu, vert et jaune, réalisées en ce début 2010 – et des céramiques blanches de 2009 de Yuri Kuper.

Pelles
En 2010, ce sont donc les pelles empruntées à une vie russe qui ont inspiré l’artiste.

Des pelles érodées, usagées sur lesquelles Yuri Kuper a peint un paquet de cigarettes populaires sans filtre, des Belomorkanal, une boîte de sel, un rivage, un champ de blé, une boîte d’allumettes…

Des pelles puisant dans des fonds mémoriels russes et au-delà. Des objets d’une vie révolue.

En creux, ces pelles racontent l’humain, sa vie quotidienne, ses goûts, ses souvenirs, ses rêves…

Tasses
La galerie Vallois Sculptures présenta 15 tasses réalisées en 2013 à la Tuilerie de Treigny par Yuri Kuper, qui résume le propos de l'exposition Tasses par  ce mot : « Pompéi ».

"En effet, il s’agit d’oeuvres sans âge, objets de fouilles brisés et brûlés par les flammes du séisme. Enfouis sous les décombres, le temps a rongé leur matière à toutes. Parfois, il imprime sur certaines d’entre elles la symbolique judaïque comme l’évoquent « La Tasse au chandelier » ou « La Tasse à l’étoile ».

"La totalité des formes a été façonnée au tour d’après ses croquis. Ses mains les ont ultérieurement modelées, arrachées, torturées. La seconde cuisson n’a su le satisfaire. Il les a reprises une à une, modifiant leur surface. S’en sont suivis ajouts, ponçages et grattages assortis d’un nouveau travail aux oxydes et d’une application chargée de glaçure et d’émail. La troisième cuisson comprenait un grand risque de casse et la réaction de la tenue des émaux semblait très aléatoire".

Yuri Kuper "a mis tout son art, son cœur et sa force dans cette création quasi impossible. Ce travail pompéien, pour reprendre son qualificatif, s’inscrit dans sa création d’objets usuels, courants, oubliés par le temps…"

Brosses
La galerie Vallois Sculptures présente l'exposition "Brosses" de Yuri Kuper.

Des brosses de peintres ou d'artisans ébénistes. Usagées. Chargées de vernis ou d'un autre produit.


Du 6 au 29 avril 2017. Brosses. Vernissage le 6 avril 2017 de 18 h à 21 h.
Du 6 juin au 30 juillet 2013
"Tasses"
"Pelles" de Yuri Kuper. Jusqu’au 30 avril 2010
A la galerie Vallois Sculptures
35, rue de Seine, 75006 Paris
Tél. : 01 43 25 17 34
Du mardi au samedi de 10 h à 13 h et de 14 h à 19 h
Entrée libre. Vernissage le 6 juin 2013 à partir de 18 h.

Visuels de haut en bas : © DR
Affiche
Tasse bleue, détail

Tasse au chandelier, 2013, céramique, PU, H 41 x L 76 cm

Tasse bleue, 2013, céramique, PU, H 39 x L 72 cm


Article publié dans une version plus concise par L’Arche, et dans ce blog le 19 avril 2010, puis les 31 mai et 24 juillet 2013. Il a été actualité le 6 avril 2017. La citation provient du dossier de presse.

jeudi 6 avril 2017

Pallywood, Hezbollywood, Libywood, Syriwood et les autres Arabwoods



Le 13 décembre 2012, le JT de 20 h de France 2 a diffusé vers 20 h 25 un reportage marqué « Exclusive CNN » et intitulé Alep, le courage sous les balles. Des « images saisissantes » sur le courage d'un adolescent tentant de sauver une femme blessée, sous des « tirs croisés ». Et qui soulèvent bien des questions sur l'authenticité des faits allégués par ce reportage, surtout après avoir vu le reportage initial 17-year-old Syrian risks life to rescue par Arwa Damon sur le site Internet de CNN. Une énième production de Syriwood ? Réflexions sur Pallywood (néologisme forgé par l'historien Richard Landes), Hezbollywood, Libywood, Syriwood et les autres Arabwoods... 
Il est des images qui ont un air de déjà vu, qui éveillent une distanciation critique. Sans que l'on sache tout de suite pourquoi.

Des « images saisissantes »

La mine grave, David Pujadas a introduit ainsi ces images siglées « Exclusive CNN » et avec le logo de France 2 : « Dans cette guerre, si le courage avait un visage, ce serait peut-être celui de cet adolescent de 17 ans dans la ville d’Alep… Il n’a pas hésité à défier les snipers pour tenter de sauver une femme en pleine rue. Attention ! Si des enfants sont à vos côtés, certaines images peuvent choquer ». Cela ne vous rappelle rien ?

Continuons. Monté par E. Metge, le reportage de Frank Genauzeau débute.


Voix off, Frank Genauzeau explique obligeamment la scène filmée par au moins un cameraman placé face à la scène : « Etendue sur le sol boueux, une mère de famille inanimée, touchée quelques instants plus tôt par un tir de sniper.  A 50 mètres de là, un jeune combattant décide de ramper à sa rencontre. Il n’a que 17 ans, mais sous les tirs croisés, il risque sa vie pour cette femme qu’il ne connaît pas. « Couvrez-le ! Couvrez-le ! », entend-on autour de lui. Sans paniquer, l’adolescent attache les pieds de la blessée avec une corde, poussé par la conviction qu’il peut la sauver ».


Un jeune homme déclare : « On était sûr qu’elle était vivante. On voulait lui sauver la vie, l’amener le plus vite possible à l’hôpital », déclare un homme.

Reprise de la voix off : « Une fois la mère de famille fermement attachée, il bat en retraite. Les autres combattants vont ensuite la tirer sur 40 mètres afin de la mettre en sécurité. Un acte de bravoure finalement vain ».


Scène finale par un cameraman dont l’objectif est pailleté de taches : « Sous les yeux de son fils, la mère de famille est décédée quelques minutes plus tard ».

Conclusion : « Scènes de détresse quotidienne dans un pays où la guerre a fait déjà plusieurs dizaines de milliers de mort ».

Des questions légitimes
Cela ne vous rappelle toujours rien ? 


Quelques indices.

Pourquoi ce jeune Syrien rampe-t-il à l’aller, et retourne-t-il debout vers ses amis, dans un tel contexte de « tirs croisés » ?

Comment ces snipers ont-ils pu manquer ce "héros", surtout quand il se tenait debout, et le cameraman ?


On peine à distinguer des traces de sang sur le sol et les impacts de balles des « tirs croisés » signalés par le journaliste.

On se croirait au Far West : le jeune homme ficelle la dame en commençant par les pieds, comme les  cow-boys attachaient les pattes d'une vache.

Pourquoi ne voit-on jamais de près le visage de la victime ?

Pourquoi le "héros" ne témoigne-t-il pas devant la caméra ? Idem pour le ou les auteur(s) des images.

Pourquoi le journaliste ne traduit-il pas les cris « Allah Aqbar », cris du jihad affirmant la supériorité d’Allah, et qui ponctuent ce reportage.

Qui est l'auteur ou qui sont les auteurs de ces images ? Combien de cameramen dans cette scène de rue ? etc.


Ces questionnements sont renforcés lorsqu'on visionne le reportage complet (environ 3 minutes et douze secondes) sur le site de CNN. Intitulé 17-year-old Syrian risks life to rescue, il est ainsi présenté : "While in Aleppo, Arwa Damon gets exclusive footage of a Syrian during his act of heroism in rescuing a sniper victim" ("A Alep, Arwa Damon a eu le reportage exclusif d'un Syrien durant son acte d'héroïsme en se portant au secours d'une victime de sniper").



Le montage indique "Courtesy Saef Assam, Sakhour". Il est quasi-identique, sauf que Arwa Damon, journaliste de CNN, nomme l'adolescent prénommé Abdallah et est filmée interviewant un jeune homme qui relate les faits filmés. Bref : la femme qui a vu l'homme qui relate les dires attribués à cet adolescent... De plus, la journaliste filme la rue où s'est déroulé ce "sauvetage" : là où devait se trouver le cameraman, quel objet le protégeait de « tirs croisés » ?

En l’occurrence, ce reportage se focalise sur des "civils", dissimule les mercenaires et jihadistes, humanise les insurgés en Syrie, supplante toute image des chrétiens ou alaouites persécutés, occulte les enfants enrôlés dans les rangs des rebelles pour combattre, masque les armes sophistiquées de ces islamistes, etc.

Une manière de renforcer l'hostilité contre le régime de Bachar al-Assad et de préparer l'opinion publique à un futur gouvernement islamiste dirigeant la Syrie. Un de plus né de ce "printemps arabe" qui a épargné l'Autorité palestinienne. Un de plus ceinturant l'Etat Juif.

Une manière aussi de dissimuler les échecs des diplomaties américaines, européenne et française. La politique étrangère de la France s'avère particulièrement contradictoire, voire illisible : la France combat au Mali des islamistes... qu'elle soutient en Syrie !? Une aberration qui a probablement incité des djihadistes à commettre des attentats islamistes en France.

Pallywood, Hezbollywood, Libywood, Syriwood…
Ces images ne vous rappellent toujours rien ?


Moi, cela me fait penser à Pallywood, industrie de la propagande palestinienne, plus particulièrement au reportage al-Dura diffusé par France 2 le 30 septembre 2000. Même scène de rue. Même position de la caméra. Mêmes images parfois chaotiques. Mêmes questions légitimes. Même scénarisation filmée ciblant une sensibilité occidentale : registre lexical privilégiant les mots magiques telle "liberté". Même dramaturgie par voix off et bande son de rafales de tirs. Même story-telling réitérant des narratifs « clés-en-main », ou plutôt prêts-pour-diffusion-mondiale. Mêmes récits victimaires macabres et manichéens, sur un registre affectif universel – relations filiales tragiquement et injustement rompues par les « Méchants » (généralement les Yahoud, Juifs, Israéliens ou Sionistes, parfois des musulmans membres d’autres courants islamiques) -, voire uniquement occidental (figures de la Mater dolorosa, de la Piétà). Mêmes saynettes filmées dans des rues arabes transformées en studios de cinéma, par des fixers – cameramen de médias occidentaux – ou par des professionnels de la propagande, grâce à une figuration cabotinant et présentées comme réalité à l’opinion publique fidélisée par un faux décompte macabre destiné à être gravé dans le marbre de l’Histoire, etc.



Faute d'avoir reconnu la pertinence des questions posées par le reportage "al-Dura" controversé, France 2 et CNN risquent de diffuser des images induisant des interrogations similaires.

De quoi nourrir la méfiance des téléspecteurs à l'égard des médias, notamment arabes (chaine qatarie al-Jazeera).

Aux téléspectateurs donc de demeurer vigilants et d'aiguiser leur esprit critique.

Pallywood, Hezbollywood, Libywood, Syriwood… Il s'agit là de professionnels de supercheries médiatiques, de clichés photoshopés, de saynètes mises en scène, réalisées et diffusées comme reportages réels par des médias d'information dans le monde.

Ces pros de la communication ont parfaitement conscience des sensibilités, occidentales et arabes, ainsi que des impératifs de médias occidentaux en (quasi-)continu et leurs sites web multimédias : alimentation ininterrompue en images, dans un domaine concurrentiel - course à l'audience - et avec un marché publicitaire déprimé. Aussi, ils leur fournissent gracieusement des images susceptibles d'attirer les téléspectateurs, de les garder accros à une actualité car il faut vivre l'évènement  en direct. De manière plus perverse, Pallywood fait embaucher par des médias ses cameramen.

Des journalistes d’al-Jazeera ont dénoncé la couverture biaisée et mensongères des émeutes en Syrie, Libye et au Bahreïn. Ainsi, un reportage d’al-Jazeera sur des « rebelles » libyens triomphant dans un lieu présenté comme le Green Square à Tripoli (Libye) a été filmé... dans un studio au Qatar.

Lors du printemps arabe Bacharal-Assad a eu recours à Brown Lloyd James, agence américaine de relations publiques, à des spin-doctors, pour redorer son image. Parmi les résultats : un portrait flatteur d’Asma al-Assad, son épouse, illustré de photographies du célèbre James Nachtwey et signé Joan Juliet Buck dans Vogue (Une rose dans le désert, mars 2011). Devant le tollé, ce magazine américain a retiré de son site Internet cet article controversé.


Cette guerre médiatique est aussi émaillée de ratés. Le quotidien autrichien Die Kroner Zeitung a publié une photo truquée : le cliché original représente un couple syrien avec un enfant dans une ville ; au fonds originel, a été substitué un paysage de ruines.

Selon l’agence de presse publique syrienne SANA (Syrian Arab News Agency), une firme cinématographique qatarie réaliserait près de Doha (Qatar) des reportages sur des évènements censés se dérouler en Syrie : « On trouve dans la région d'al-Zoubayr, en banlieue de Doha, des maisons et des rues ressemblant à celles de Damas, de Lattaquié et d'Alep. A l'heure actuelle, cette région voit affluer des véhicules, dont des jeeps militaires avec des plaques d'immatriculation syriennes, ainsi que des lots d'uniformes syriens destinés à simuler les opérations des "troupes du régime de Damas"… Ces mises en scène seront utilisées par des chaînes de télévision arabes et occidentales hostiles à Bachar el-Assad pour déclencher une nouvelle vague de guerre médiatique et convaincre la communauté mondiale de la nécessité d'une intervention armée en Syrie ».

Qui dénonce ces fakes, ces "fauxtos" ? Qui découvre les oeuvres de Pallywood, Libywood, Syriwood ? Non pas les médias diffuseurs ou les autorités de régulations tel le CSA (Conseil supérieur de l'audiovisuel), mais la blogosphère qui exerce un cybercontrôle salutaire.

Ainsi, le 7 août 2013, Elder of Zion a publié la vidéo d'un rassemblement organisé en Egypte par les Frères musulmans en soutien au président islamiste Mohamed Morsi (Parti liberté et justice) déchu le 3 juillet 2013. Devant des piétons spectateurs, tout est joué, mis  en scène et faux : le manifestant portant un masque à gaz alors que nul policier n'est visible, les "blessures", les poses des manifestants, des "ambulanciers" et "médecin", etc. C'est Egyptwood !

Lors de l'Opération israélienne Pilier de défense, des médias ont diffusé des photographies de blessés ou morts présentés comme des Gazaouis atteints par des frappes israéliennes. Or, il s'est avéré qu'il s'agissait de clichés ayant illustré le conflit en Syrie. Ces images recyclées de Syriens, blessés ou morts, étaient-elles authentiques ou mises en scène ? Des questions en mise en abyme... Vertigineux !

De narratif à l'Histoire
Il serait grave, voire dangereux, de mépriser ou négliger Pallywood, Libywood, Syriwood. Car ces Arabwoods dupent des journalistes, tous les maillons des médias - du correspondant au rédacteur en chef -, de l'agence de presse ou de photo au magazine, du media print à celui imprimé. Viendra le temps où ces Arabwoods auront du talent, et où nul ne décèlera leurs mensonges.

De plus, l'Histoire est en train de s'écrire, voire s'est écrite - et à partir de quand ? - à partir de narratifs douteux, ou de propagandes mensongères qui s'interposent entre la réalité - un djihad mondial menaçant l'existence du peuple Juif, plus généralement des non-musulmans (chrétiens, hindous, etc.) et des musulmans modérés, ainsi que des démocraties occidentales (l'Etat d'Israël au premier rang) - et nous.

Par ailleurs, ces images visent à influencer les décideurs, notamment parmi la diplomatie, et obtenir le soutien des opinions publiques occidentales auxquelles sont sensibles leurs dirigeants politiques. Elles offrent aussi une grille de lecture occidentales : soulèvement populaire contre un tyran, révolution pour la liberté, etc.

En outre, ces images anesthésiantes, voire léthales, diffament l'Etat d'Israël, et fragilisent la condition Juive en diaspora. Car en arabe, les Israéliens ou les Sionistes diabolisés sont appelés les Yaoud (Juifs en arabe).


Pour éviter que Pallywood, Hezbollywood, Libywood ou Syriwood et d'autres Arabwoods déforment la réalité, il apparaît crucial notamment de mieux former les journalistes, et d'accorder plus de temps et de contrôles aux vérifications indispensables et préalables. Ainsi, la BBC a diffusé en 2011 un reportage de liesse supposée se passer à Tripoli (Libye) après la chute de Kadhafi, alors que la scène a été filmée en... Inde. Les journalistes de la BBC commentant ces images n'ont pas reconnu les drapeaux indiens brandis par des manifestants Indiens en Inde.

Il serait intéressant de déterminer ce qui relève de la propagande classique de ce qui révèle une taqiya - il conviendrait donc de parler aussi d'Islamwood -, d’étudier les fabricants professionnels de ces propagandes - Qatar, Autorité palestinienne, Emirats arabes unis (EAU), etc. -, leurs formateurs - ex-nazis, soviétiques, etc. - et la responsabilité de médias dans la diffusion de supercheries médiatiques produites ou/et diffusées par des professionnels du journalisme ou/et de la communication politique.

ADDENDUM
En août 2014, Elder of Zion a publié la vidéo d'un rassemblement organisé en Egypte par les Frères musulmans en soutien au président islamiste Mohamed Morsi (Parti liberté et justice) déchu le 3 juillet 2013. Tout est mis  en scène et faux : les "blessures", les poses des manifestants, des "ambulanciers" et "médecin", etc. C'est Egyptwood.


Le site Internet Pallywood a été créé en 2014. Il date l'émergence de Pallywood au moins à la première guerre israélienne au Liban en 1982.

Depuis, des couvertures médiatiques du conflit en Syrie ont suscité des controverses.

Le 27 février 2017, l'Oscar du Meilleur court métrage documentaire a distingué The White Helmets, réalisé par Orlando von Einsiedel. Ces White Helmets se présentent comme des sauveteurs de civils victimes de bombardements en Syrie. Or, leurs liens avec des mouvements terroristes islamistes et leurs mises en scène de "sauvetages" ont été prouvés.

L’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) ne comprend qu'une seule personne vivant à Birmingham (Grande-Bretagne). C'est la principale source, contestée, des médias.


Articles sur ce blog concernant :
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Cet article a été publié le 13 décembre 2012, puis les 8 août 2013 et 3 décembre 2014, 25 décembre 2016. Il a été modifié le 6 avril 2017.

lundi 3 avril 2017

Splendeurs de l’écriture au Maroc. Manuscrits rares et inédits


L’Institut du monde arabe (IMA) présente l’exposition Splendeurs de l’écriture au Maroc - Manuscrits rares et inédits, placée sous le Haut patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Un « événement d’exception » présentant notamment de superbes enluminures, mais véhiculant le « mythe al-Andalus ».
Parfois, l’art sert la diplomatie, notamment religieuse, les relations publiques (RP) d’un Etat soucieux de son image à l’étranger.

Une illustration ? Cette exposition conçue par la Direction des Archives Royales du Maroc, placée sous le haut patronage de S.M. le Roi du Maroc Mohammed VI et accueillie à l’Institut du monde arabe (IMA) à Paris.

A lire la presse dithyrambique, on peut considérer que l'opération est réussie.

L’invité d’honneur du Salon du Livre (24-27 mars 2017) a été le Royaume du Maroc. « Pour la première fois depuis sa création, le Salon met en lumière les lettres et la culture d’un pays du monde arabe, témoignant ainsi du dynamisme et de la richesse des échanges entre le Maroc et la France sur le plan éditorial et littéraire  ».

« Mythe al-Andalus »
En « réponse à la volonté de S.M. Mohammed VI de montrer les chefs-d’œuvre de l’Art du livre au Maroc à l’IMA, la Direction des Archives Royales a conçu une exposition d’écrits rares, tant par leurs sujets que pour leurs calligraphies et enluminures ».

« Si l'on en croit Ibn Khaldoun, l’écriture est le reflet de l’organisation d’une société en même temps qu'un art qui porte témoignage du degré de civilisation d’une nation ». Notons que l’écriture alphabétique hébraïque s’avère l’une des plus anciennes au monde.

Cette exposition « nous invite à découvrir et à admirer un patrimoine manuscrit, legs de 14 siècles d’histoire. Composée de manuscrits rarissimes, de documents inédits, de pièces muséologiques d’une immense valeur historique et symbolique, l’exposition permet de lire et de relire les facettes de la culture marocaine ». Le communiqué de presse de l’exposition fait remonter l’histoire de ce patrimoine à la conquête arabo-islamique du Maroc.

« Selon une conception scénographique et esthétique, l’exposition met en lumière la quintessence de la pensée marocaine. Trois livres sacrés, très anciens et inédits, se regroupent au centre de l’exposition pour dessiner les traits d’une conviction marocaine profonde, celle du respect des croyances ». 

Ce communiqué ne respecte pas l’ordre chronologique, car il liste ces « trois livres sacrés » en débutant par l’islam, en poursuivant avec le christianisme et en finissant par le judaïsme :
« un Coran sur parchemin, rare et précieux, copie datée probablement du 3ème siècle H. / IXe s.
un Évangile traduit en arabe conservé à la Qaraouiyne et datant du XIIe siècle, l’une des pièces rares et uniques dans le monde arabe et musulman, véritable joyau ;
un Rouleau de Torah écrite sur parchemin, avec graphie en hébreu, fixée dans un support métallique rotatif, l’ensemble dans un coffret couvert en cuir de couleur rouge, chef-d’œuvre exceptionnel jamais exposé ».

Et de poursuivre : « Tous les trois témoignent de la cohabitation et du respect des religions monothéistes au Maroc ». Une phrase qui occulte la dhimmitude - Corrélée au djihad, la dhimmitude est définie par Bat Ye’or comme « le statut de soumission des indigènes non-musulmans – juifs, chrétiens, sabéens, zoroastriens, hindous, etc. - régis dans leur pays par la loi islamique. Il est inhérent au fiqh (jurisprudence) et à la charîa (loi islamique) » -, dissimule que pour l’islam, la Bible est « une falsification de la vérité coranique » (Bat Ye’or), et véhicule le « mythe al-Andalus » de la coexistence pacifique inter-religieuse sous domination islamique.

Le livre « L’exil au Maghreb, la condition juive sous l’islam 1148-1912 » de David G. Littman et Paul B. Fenton (Presses de l'université Paris-Sorbonne, 2010) constitue une anthologie de témoignages émouvants, de récits incontestables de voyageurs et d'autochtones sur la condition juive sous joug islamique en Algérie et au Maroc de la fin du Moyen-âge à l'époque contemporaine. Une condition Juive faite d’humiliations, de précarité, de conversions forcées à l’islam, de rapts, de massacres, de rançons, de pillages, de destructions de synagogues et de textes sacrés…

La théologie islamique « voit dans la Bible une version falsifiée du Coran : pour l'islam, les prophètes bibliques sont des prophètes musulmans » a déclaré Bat Ye’or. 

L’exposition « nous fait aussi apercevoir les fondements de l’Etat marocain, caractérisés par l’adoption d’un islam modéré basé sur le rite malékite, la doctrine achaârite, le soufisme sunnite et la Commanderie des Croyants :
- « Al-Moata’ » de Al-Mahdi Mohammed ibn Tumart pour illustrer le rite malékite
- « Dalāil Al-khayrāt wa šawāriq Al-Anwār Fī Dikri Salāti ’alā An-nabiyyi al-Muẖtār » de Mohammed ibn Mohammad ibn Sulaymān al-Jazouli concernant le soufisme sunnite
- des documents de la Béïâ qui est à la base de la Commanderie des Croyants ».

« Porteur de valeurs universelles, le Maroc nous invite, à travers ses trésors inédits, à mieux connaître sa particularité et son identité politique et culturelle irriguée par plusieurs affluents : arabo-islamique, amazigh, saharo-hassani, africain, andalou, hébraïque et méditerranée :
- Coran sur parchemin, rare et précieux, copie datée probablement du 3ème siècle H. / IXe s. ère commune pour illustrer la composante arabo-islamique
- « Nayl al-ibtihaj bi-tatriz al-dibaj » de Ahmad Baba al-Timbukti as-Soudani qui témoigne de la dimension africaine
- « Infāq al-maysour fī tārīẖi bilādi at-takrour », du Prince Mohammad Belo ben Otmān ben Foudī (1879-1943) qui illustre les rapports historiques existant entre le Maroc et l’Afrique sub-saharienne 
- manuscrit de ben Maïmoun qui témoigne de l’affluent hébraïque ».

Pourquoi « l’affluent hébraïque » est-il systématiquement relégué en fin de liste ? Quid du christianisme ? Quid de la prohibition de la conversion à d’autres religions que l’islam ?

Autre facette du « mythe al-Andalous » : la « supériorité des sciences arabo-musulmanes  » et la dette de l’Occident à leur égard. Ainsi, l’exposition « nous invite également à nous enquérir des divers courants de la pensée et des diverses disciplines scientifiques qui se sont épanouies au Maroc, telles :
- la médecine et la pharmacopée avec le sixième volume du livre « Al-tasrif liman ‘ajaza ‘ani at-t’aleef » de Abū al-Qāsim Khalaf ibn Abbās al-Zahrāwī, copie écrite pour la bibliothèque du Sultan Moulay Hassan ;
- les mathématiques avec « Kitāb fī A’māl Al-hissāb», de Abī Al-Abbās Ahmed ibn Otmān Al-Azdī ;
- l’astronomie (« Charh Rawdat al-azhar li el-Jadiri Abderrahmane ben Abi Ghaleb Attajibi », Commentaire de Rawdat al-azhar par Abu al-Abbas Ahmed ben Mamad el-Mouassi décédé en 1505 et « At-tafhīm fī awāili at-tanjīm» de Mohammad ben Ahmed Al-Bīrounī décédé en 1048 (ère ch.)
- la physique-chimie avec « Nihāyat al-talab fi charhi al-mūktasab fi zirā’ati addahab » de Ibn Ali ben Aydmr Al-jaldakī (1342 ère commune) ;
- les sciences appliquées telles que l’architecture, l’urbanisme et l’aménagement des jardins ;
- la botanique avec « Hadikat al-azhar fi charhi mahiyat al’ouchb wa al’akâr », de Qasim ben Mohamed ben Ibrahim al-wazir al-Ghasani, décédé en 1600 ;
- l’agriculture avec « Kitab fi al-filaha » de Mohamed ben Ibrahim ben Bessal Al-Tolaytili décédé en 1067 ;
- la gestion de l’eau avec « Hadith bayad wa riad » ;
- la science vétérinaire avec « Kitab jar al-dhayl fi maarifati al-khail » de Djalâl Eddine Abderrahmane ben Abi Bakr Al-Souyoûtî et les soins apportés aux chevaux avec le Livre des soins pour les montures copie achevée en décembre 1714 et la production manufacturière avec « Kitāb Al-‘izzû wa Rīf’a wa Al-manāfi », livre sur la production manufacturière d’armes de Ibrāhīm ben Ahmed Ghānim ben Zakaria al-Andalusī décédé en 1132 ».

« D’autres livres se sont intéressés au domaine de la musique comme « Kitab fî Al-Msūsiqā Al-Andalussiyya» - copié en 1900 et à la création littéraire. »

Cette exposition « est un voyage à travers les méandres du passé. Elle nous éclaire sur la production intellectuelle propre à chacune des étapes de l’histoire marocaine. On y trouve ainsi des manuscrits qui remontent au IXe s., au XIIe s. ou encore au XXe s., ce qui permet une relecture de la civilisation marocaine, profondément enracinée dans l’histoire à travers notamment « Kitab al-Ibar » ou « Le Livre des exemples » d’Ibn Khaldoun ; ainsi que l’histoire de la dynastie Alaouite : « Al-Manza’ Al-lāītfī Fī At-talmīhi limafāẖri Mawlāy Ismā’īl », de Abd Rāhmān Ibn Zaydān ».

La manifestation « fait ressortir, en outre, les arts relatifs à la fabrication du livre, telles que la calligraphie sous ses diverses formes, les décorations et les dorures, les reliures et les enluminures. L’ensemble de ces arts révèle un haut niveau de créativité. Des objets méconnus se croisent au sein de l’exposition, éléments d’architecture, frises de céramique ou de bois, panneaux de zellige, plâtre sculpté, pièces de monnaie, qui tous apportent un nouvel éclairage sur l’empreinte de l’interaction de la production littéraire et artistique et témoignent de la rencontre de la spiritualité et de l’écriture ».

L’exposition « nous invite enfin à assister au dialogue des civilisations à travers les trésors des bibliothèques marocaines ».

La commissaire générale est Bahija Simou, Directrice des Archives Royales, et le co-Commissaire  Eric Delpont, Directeur du Musée de l’IMA.


Du 23 mars au 6 avril 2017
Salle du Haut Conseil (niveau 9)
1, rue des Fossés-Saint-Bernard
Place Mohammed V
75236 Paris Cedex 05
Du mardi au vendredi de 10 h à 18 h. Samedi, dimanche et jours fériés de 10 h à 19 h

Visuels © Thierry Rambaud sauf la première photographie

S.M. le Roi Mohammed V à la Quaraouiyne

Planche d’enluminures marocaines
Artiste : Abu Bakr Fassi Fihri
Ministère des Habous

Écritoire composée de deux encriers octogonaux et d’un plumier en étui s’ouvrant à l’une des extrémités ; décor végétal et géométrique sur cuivre ciselé, martelé et ajouré.
Matière : Bronze ajouré et gravé
Origine et provenance : Fès. Maroc
XIXe s.
Musée batha des Arts de vivre – Fès.
N° Inv. 46.1.1095
Fondation Nationale des Musées

Évangile
Support : parchemin
Reliure : cuir récent de couleur rouge avec des motifs
83 folios
En calligraphie « andalouse » authentique colorée
21 x 27 cm
inv. 730
Bibliothèque Qaraouiyne

La Torah
Rouleau d’une Torah écrite sur parchemin, graphie en hébreu, fixée dans un support métallique rotatif, l’ensemble dans un coffret couvert en cuir de couleur rouge.
Rabat (Maroc), Bibliothèque nationale du Royaume du Maroc
inv. Non communiqué

Mushaf karim (exemplaire du Saint Coran)
Support : parchemin
Reliure : Cuir récent en couleur rouge
En calligraphie « koufi » authentique colorée.
25 x 18 cm
328 folios
inv. 876
Bibliothèque Qaraouiyne

Livre des soins pour les montures.
Titre et auteur non mentionnés. Livre en trois volumes incomplets et amputés, classé en 30 volets, dont manquent les 4 premiers volets et une partie des cinquième et huitième.
La copie est écrite en calligraphie marocaine à l’encre noire, les titres sont en grande partie en rouge et parfois en vert. La copie est enrichie par des illustrations de divers soins apportés aux chevaux. Huit dessins figurent dans cette copie : 4 dans le premier volume ; 2 dans le deuxième; 2 dans le troisième.
Reliure marocaine en cuir rouge, écriture gravée. Nom du copiste non mentionné.
Copie achevée en décembre 1714.
Nombre de folios : Premier Volume : 21 ; Deuxième Volume : 26 ; Troisième Volume : 20.
17 lignes par page.
Inv 6126
Bibliothèque Royale Hassanya

Panneau de Zellige
Maison mérinide, Fès
XIIIème – XIVème siècle
Céramique de polychrome
Musée Batha, Fès
Fondation Nationale des Musées

Encrier en marbre sculpté à décor de polylobes et à orifices pour contenir plume et encre.
Plume en roseau.
Matière : marbre
Période islamique.
Musée batha des Arts de vivre – Fès.
N° Inv. 45.711
Fondation Nationale des Musées

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Cet article a été publié le 3 avril 2017.
Les citations proviennent du communiqué de presse.

vendredi 31 mars 2017

Avoir vingt ans à Jérusalem et à Tel Aviv


La Galerie Samuel (Paris) a présenté en 2005 l’exposition de trois photographes israéliens : Shaï Halevi, Dinu Mendrea et Ricki Rosen. Ces clichés offrent une image nouvelle, originale et variée de jeunes Israéliens, éprouvés par les attentats terroristes palestiniens, priant ou heureux de vivre, de s’amuser et de se détendre. Le 31 mars 2017 de 9 h 30 à 12 h 30, l'Institut français de Jérusalem Romain Gary à Jérusalem (Israël) proposera la conférence Beit Ham, une maison chaleureuse. "Les psychanalystes français Alain Didier-Weill et Paolo Lollo, invités par le Collège doctoral Paris-Jérusalem, se penchent, avec Alexandre Aiss, Henri Cohen Solal et Dominique Rividi, sur l’espace relationnel et les phénomènes transférentiels dans les lieux d’accueil pour les personnes en difficulté. Ce séminaire est consacré à la sortie du numéro 11 de la revue Insistance qui réunit des articles et des témoignages cliniques et humains liés à la pratique des lieux accueillant des jeunes : les maisons chaleureuses, Beit Ham. Celles-ci, influencées par la psychothérapie institutionnelle, témoignent de la confiance dans la capacité des humains à "devenir".


« Nous sommes las de voir qu’Israël est perçu sous un jour négatif dans de nombreux milieux. Pour nous, c’est une injustice, une faute due à l’ignorance et une entrave à la paix », déclare le 3 février 2005 Marc Lumbroso, alors membre du B’nai B’rith France, lors de l’inauguration de cette exposition.

« Faire découvrir différentes facettes d’Israël »
En 2005, le B’nai B’rith Paris-Ile-de-France et l’association CMJI (Connaissance du monde juif et d’Israël) organisent « Israël, un autre regard », « une série d’événements culturels et artistiques qui ont pour vocation de mettre en lumière des aspects méconnus de la société israélienne, d’en présenter la jeunesse, la gastronomie, la science ou encore l’histoire. Ce projet, qui s’inscrit au-delà des considérations politiques et religieuses, souhaite avant tout faire partager une émotion et des sentiments. Cette émotion, c’est celle d’hommes et de femmes qui voudraient faire découvrir Israël à ceux qui ne le connaissent pas ».

Les organisateurs veulent évoquer « la vie en Israël à travers les yeux de ceux qui la vivent au quotidien. C'est Israël à travers sa diversité, sa culture, ses modes de vie, son apport à la science ».

Voici donc la première manifestation, cette exposition de trois jeunes photographes israéliens - Shaï Halevi, Dinu Mendrea et Ricki Rosen – sur « deux villes que tout sépare, Jérusalem et Tel-Aviv, une description du quotidien de la jeunesse israélienne née dans la guerre, mais résolument tournée vers l'avenir ».

Shai Halevi est né en 1976 à Jérusalem. Cet adolescent se passionne pour la photographie. et intègre l’Ecole des hautes études en photographie de Jérusalem (Ecole Musrara). « L’Assocation des Amis de Beit Ham (« La maison chaleureuse »), qui assiste “les jeunes en difficulté sur la voie de leur vie d’adultes et de citoyens”, lui a donné les moyens de poursuivre sa démarche artistique ». Fondée par le psychanalyste Henri Cohen-Solal, l’association Beit Ham « met à disposition de ces jeunes des « lieux de vie », notamment un « centre de créativité » qui propose des activités » artistiques. En novembre 2003, Shai Halevi avait exposé au Passage de Retz (Paris) dix portraits de « citoyens anonymes de Jérusalem – Minyan (groupe de dix hommes adultes de la communauté d’Israël réunis pour la prière, Nda) – et cinq clichés de pierres et de béton”. En 2005, « ses clichés montrent le travail de ces jeunes en phase de réinsertion, dans les “maisons” de Beit Ham ». Dans ses dix clubs, éducateurs et moniteurs accueillent un millier d’enfants et d’adolescents en difficultés et de toutes religions. Là, ces jeunes dialoguent et travaillent (loisirs, métiers, arts). Un exemple intéressant pour les sociétés urbaines…

C’est Jérusalem que Dinu Mendrea a choisi de photographier. Né en 1970 en Roumanie, il a émigré en Israël à l’âge de seize ans. « Photographe pour l’armée pendant son service militaire, il a ensuite étudié la photographie pendant quatre ans à l’Académie d’Art Betzalel de Jérusalem. A 34 ans, ses clichés ont été présentés et publiés dans de nombreux titres de la presse française et internationale ». C’est dans la « ville d’or » qu’il a eu vingt ans. Il offre un « reportage photographique sur « l’ombre constante » que les attentats terroristes projettent au-dessus des Hiérosolymitains » et « une atmosphère partagée, une certaine lassitude de la situation ». Ces photos ont été présentées pour la première fois en France, après avoir été diffusés dans d’autres pays.

Ricki Rosen s’intéresse à Tel Aviv, l’occidentale, la ville réputée « ne jamais dormir ». Née aux Etats-Unis en 1956, Ricki Rosen vit en Israël depuis seize ans. Elle a couvert les principaux événements au Moyen-Orient ces dernières années. Ses clichés ont été publiés par les journaux français et internationaux et ont fait l’objet de nombreuses expositions. « Avoir vingt ans à Tel Aviv est un défi de tous les jours. Confrontée à la violence du terrorisme, la jeunesse libérale et laïque y poursuit envers et contre tout un idéal de vie hédoniste et cosmopolite ». Colorées, dynamiques et contrastées, ces photos ont illustré le reportage de Olivier Michel paru dans « Le Figaro Magazine » du 24 janvier 2004 et intitulé « Avoir 20 ans à Tel Aviv, La rage de vivre ».

Visuels : 
Copyright : Ricki Rosen/Corbis

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Cet article a été publié sur Guysen, et sur ce blog le :
- 25 juin 2014 et 2 janvier 2015. France 2 a diffusé Avoir 20 ans à Tel-Aviv de Michel Honorin les 26 juin 2014, à 4 h 05 et 2 janvier 2015, à 4 h 45 : "Pour plusieurs religieux israéliens, Tel Aviv fait figure de ville libertaire. Certains de ces "hommes en noir" n'hésitent pas à fustiger cette jeunesse qui déserte les synagogues les soirs de shabbat pour s'entasser dans les discothèques. Il est vrai que le service militaire obligatoire de trois ans pour les garçons, deux ans pour les filles, pousse certains jeunes à espérer la paix plutôt que l'avènement du Grand Israël. Certains d'entre eux témoignent de leur volonté de vivre libres, tout en craignant un conflit qui opposerait les laïcs et les religieux". 
- 14 juin 2015. Le 14 juin 2015, Les Nouveaux explorateurs sur Canal + ont évoqué notamment Tel Aviv.