Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

vendredi 29 mai 2020

A l’Ecole militaire, le Président Jacques Chirac a présidé la cérémonie nationale en hommage à Alfred Dreyfus

   
Le 12 juillet 2006, dans la Cour d’honneur de l’Ecole militaire (Paris), le Président de la République Jacques Chirac a présidé la cérémonie nationale en hommage à Alfred Dreyfus (1859-1935). Cet événement s’inscrit dans le cadre du centenaire de l’arrêt de la Cour de cassation  innocentant et réhabilitant le capitaine français Juif injustement accusé de trahison au bénéfice de l’Allemagne. Récit. Les 30 mai et 2 juin 2020, LCP diffusera, dans le cadre de "Ces idées qui gouvernent le monde", "L'affaire Dreyfus : Quel héritage ? Quelle actualité ?"

A l’époque de l’affaire Dreyfus
A l’Ecole militaire, le Président Jacques Chirac a présidé la cérémonie nationale en hommage à Alfred Dreyfus 
« Clemenceau, le courage de la République » 
Jacques Chirac (1932-2019)
Michel Legrand (1932-2019)
TIM (1919-2002)


Depuis quelques mois, des voix avaient demandé le transfert au Panthéon des cendres du capitaine Dreyfus, inhumé au cimetière du Montparnasse (Paris). Ce que ne sollicitait pas la famille Dreyfus.

D’autres voix s’élevaient afin que les cendres de l’historien Marc Bloch soient transférées au Panthéon, cette ancienne église située près du Jardin du Luxembourg dont la crypte abrite les tombes notamment de l’abbé Grégoire et de Emile Zola.

Ces bonnes intentions négligeaient un fait : selon la religion juive, sauf exception, un Juif ne peut être déterré que pour être inhumé en Israël.

Le Président Jacques Chirac a écarté la panthéonisation du capitaine Dreyfus et préféré lui rendre un hommage national, dans la Cour d’honneur de l’Ecole militaire.

Ce lieu correspond à deux événements cruciaux de l’affaire Dreyfus. Là, le matin du 5 janvier 1895, le capitaine Dreyfus y est dégradé pour trahison. Là aussi, le 21 juillet 1906, l’officier réhabilité est fait chevalier de la Légion d’honneur.

Le Président Jacques Chirac est donc entré par la belle porte de cette Cour d’honneur accompagné du Premier ministre Dominique de Villepin et de la ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie.

L’assistance réunissait les représentants des corps constitués, des communautés juives, chrétiennes et musulmanes, de nombreuses personnalités, des descendants de Emile Zola et Alfred Dreyfus et l’historien Vincent Duclert. Charles Dreyfus, petit-fils de Alfred Dreyfus, témoignait de la discrétion de ses grands-parents à l’égard de cette épreuve dramatique.

Après lecture d’une lettre du capitaine Dreyfus et de l’arrêt de la Cour de cassation par des militaires, le Président Jacques Chirac a prononcé un beau discours centré sur l’histoire de l’affaire Dreyfus en restituant la dimension personnelle. Il a souligné « la fermeté d'âme, la droiture, le courage exemplaire d'Alfred Dreyfus forcent l'admiration ».


Le combat de la vérité
De cette belle allocution, voici ces extraits :
« Il n'y aurait jamais dû y avoir d'Affaire Dreyfus : cette médiocre machination aurait pu être dévoilée dès le départ. Mais, parce que la haute hiérarchie ne pouvait s'être trompée, le capitaine devait à tout prix rester coupable. D'autres ont refusé la conspiration de l'injustice. Face à l'adversité, ils ont livré le combat de l'honneur, le combat de la vérité. Et d'abord, bien sûr, Dreyfus lui-même. Issu d'une famille Juive profondément ancrée dans la République, polytechnicien, brillamment sorti de l'école de guerre, admis au sein de l'état-major, il a accompli, par son travail et sa compétence, une carrière exemplaire d'officier d'élite de l'armée nouvelle ».

Injustement condamné, le capitaine Dreyfus est amené au bagne sur l’île du Diable, près de la Guyane. Enfermé dans des conditions insalubres pendant cinq ans.

« S'il accepte en 1899 la grâce présidentielle, c'est à la condition de continuer à lutter pour faire reconnaître son innocence. Il se bat pour que son procès soit révisé. Réhabilité, il est mobilisé pendant la Première Guerre mondiale et il combat vaillamment pour son pays ».

« L'Affaire [est] une crise majeure, mais aussi un moment fondateur pour l'enracinement de la République. Chacun doit choisir son camp. Deux conceptions de l'individu et de la nation s'affrontent. D'un côté, il y a ceux pour qui la raison d'Etat, l'honneur de l'armée doivent prévaloir sur toute autre considération, y compris les droits de l'Homme. De l'autre côté, il y a ceux qui combattent au nom du droit fondamental de chaque personne à la justice. Ces hommes ont des parcours, des croyances, des opinions très différents : Clemenceau, Emile Zola l'écrivain engagé et Anatole France, l'académicien au faîte de sa gloire. Léon Blum le socialiste et Charles Péguy, le poète catholique. Bernard Lazare, l'anarchiste et le vice-président du Sénat Auguste Scheurer-Kestner. Jaurès, l'éloquence faite homme, et le pur et ardent Lucien Herr, bibliothécaire de l'Ecole normale supérieure.


La violence des antagonismes nés dans l'Affaire est d'une violence extrême. Dans un pays où les Juifs ont obtenu l'égalité des droits civiques dès 1791, l'antisémitisme se déchaîne, dans les rangs nationalistes, et ceci avec une violence inouïe.

Mais, grâce à la mobilisation des dreyfusards, la voie est enfin ouverte pour la révision. Le 12 juillet 1906, il y a cent ans jour pour jour, la Cour de cassation rend son arrêt. Après avoir conclu, comme vous venez de l'entendre, "que de l'accusation portée contre Dreyfus rien ne reste debout", elle annule la décision du conseil de guerre de Rennes. Réhabilitant Dreyfus, elle se place sur le terrain des principes.

L'affaire aurait pu porter un coup fatal à la République : au lieu de cela, non seulement elle a surmonté la crise, mais elle en est sortie plus forte. Plus assurée de sa légitimité et de ses valeurs. La tragédie du capitaine Dreyfus fut un moment de la conscience humaine.

Le refus du racisme et de l'antisémitisme, la défense des droits de l'homme, la primauté de la justice : toutes ces valeurs font aujourd'hui partie de notre héritage. Elles peuvent nous sembler acquises. Mais il nous faut être toujours extrêmement vigilants : le combat contre les forces obscures, l'injustice, l'intolérance et la haine n'est jamais définitivement gagné ».


Une affaire close ?
En cette année de commémoration, des villes ont décidé de nommer des lieux du nom du capitaine Dreyfus. Les expositions  se multiplient : au Musée d’art et d’histoire du judaïsme  (Paris), qui a consacré un site Internet au fonds Dreyfus, au Musée d’art et d’archéologie d’Aurillac et au musée de la ville natale de Alfred Dreyfus, Mulhouse qui lance une fondation Dreyfus et va édifier un monument en l’honneur de cet officier patriote. A l’initiative de l’association Pro Arte, La Poste a émis un timbre à l’effigie du capitaine Dreyfus.

On pourrait donc penser que les polémiques sont éteintes dans une célébration marquée par l’unanimisme. Ce serait vraisemblablement erroné.

Le 7 juillet 2006, le député socialiste Jack Lang a demandé à M. Chirac le transfert de la statue du capitaine Dreyfus, du petit jardin très ombragé du boulevard Raspail à cette Cour d’honneur.

C’est Jack Lang qui, alors ministre de la Culture, avait commandé au dessinateur Tim cette sculpture qui représente de manière saisissante d’émotions le capitaine Dreyfus portant son sabre brisé.

Ni la Cour de cassation  ni l’Ecole militaire n’acceptèrent d’accueillir cette belle statue qui fut placée aux Tuileries, puis retrouva l’atelier de son fondeur avant d’être abritée, quasi-dissimulée du regard des riverains, dans un espace vert peu ensoleillé.

Affaire à suivre…


ADDENDUM

Dans le cadre du Festival Avignon Off, la compagnie de la Traversée présenta Dreyfus, l'Amour pour Résister (4-26 juillet 2015, 1 h 20), librement adapté par Joël Abadie de « Écris-moi souvent, écris-moi longuement... », correspondance d’Alfred et Lucie Dreyfus par Vincent Duclert (©Mille et Une nuits, Ed Fayard), et de « Cinq années de ma vie » d'Alfred Dreyfus. La pièce est mise en scène par Gilbert Ponte : "A travers des lettres d’une beauté à couper le souffle, se révèle le témoignage d’un homme, injustement éclipsé par sa propre Affaire, qui puise dans l’amour de sa femme la force de résister"

Le 20 novembre 2015, dans le cadre de Mystères d'archives, Arte rediffusa 1939. Dernières images du bagne de Guyanedocumentaire de Serge Viallet et Pierre Catalan (2013, 27 minutes) : "En 1939, les reporters Raymond Mejat et Pierre-André Martineau tournent des images dans plusieurs pénitenciers de Guyane. Comment expliquer que le bagne de Cayenne soit encore en activité à la fin des années 1930 ?"


Le 18 septembre 2016, dans le cadre des Journées européennes du patrimoine sur le thème de « Patrimoine et citoyenneté », le Musée d'art et d'histoire du Judaïsme (MAHJ) proposa au jeune public un parcours sur l'affaire Dreyfus. Le livret-jeu Où sont passés les galons du capitaine ? est disponible gratuitement sur demande à la billetterie du musée. "Un jeu de piste ludique et original qui permet aux enfants d’appréhender l’affaire Dreyfus en s’amusant. Un petit cadeau est remis aux jeunes visiteurs à l’issue du parcours."


Le 13 avril 2018, Me Ardavan Amir-Aslani, avocat de Laetitia Hallyday, veuve de l'artiste Johnny Hallyday, a déclaré sur BFM TV : "Cette affaire me rappelle l'affaire Dreyfus puisqu'on voit aujourd'hui la France divisée en deux". Ce qui a suscité l'indignation de la journaliste Ruth Elkrief.


Le 17 mai 2018, à Artcurial (Paris), l'université hébraïque de Jérusalem proposa la conférence "Le Capitaine Dreyfus : une histoire toujours d'actualité ?", avec Simon Epstein, historien, auteur, Laurent Greilsamer, écrivain, et Alexis Lacroix, journaliste. "En six mois, la vie du Capitaine Alfred Dreyfus (1859-1935), promis à un bel avenir au sein de l’armée française, bascule dans l’enfer. Le 15 octobre 1894, ce militaire républicain, juif alsacien,est arrêté pour «haute trahison». En mars 1895, après avoir été condamné et dégradé, il est exilé sur l’Ile du Diable, où il restera plus de quatre longues années. Il mettra près de douze ans à être réhabilité. Il participe à la Première Guerre Mondiale comme engagé volontaire. Le sort du Capitaine Dreyfus va diviser la France entre Dreyfusards et anti-Dreyfusards. Un siècle après l’émancipation des juifs de France, la IIIème République fut en but à un antisémitisme florissant".

"Simon Epstein, historien, est né à Paris en 1947 et vit à Jérusalem depuis 1974. Il a été directeur du Centre international de recherche sur l’antisémitisme à l’Université hébraïque de Jérusalem. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages dont Les Dreyfusards sous l’Occupation (2001) et Un paradoxe français : antiracistes dans la Collaboration, antisémites dans la Résistance (2008). Il enseigne, depuis plus de 30 ans, aux étudiants étrangers de l’Institut international Rothberg sur le campus du Mont Scopus."

"Laurent Greilsamer, écrivain, est né en 1953. Il a fait l’essentiel de sa carrière au Monde, dont il a été Directeur adjoint de 2007 à 2011. Il est l’un des fondateurs de l’hebdomadaire Le 1 et l’auteur de plusieurs biographies consacrées à Nicolas de Staël, René Char et Hubert Beuve-Méry. Son dernier livre, La vrai vie du Capitaine Dreyfus, est paru en 2014."
Alexis Lacroix, "journaliste est né en 1973. Il est directeur délégué de la rédaction de L’Express chargé de la culture. Son premier ouvrage (2004) s’intitulait Le Socialisme des imbéciles – Quand l’antisémitisme redevient de gauche. En 2011, il créé avec Bernard-Henri Lévy les Séminaires de La Règle du jeu. Son dernier livre, paru en début d’année, s’intitule J’accuse -1898-2018. Permanences de l’antisémitisme".

Le 27 novembre 2018, à Tel Aviv (Israël), a été inaugurée une statue en hommage au capitaine Dreyfus à Tel Aviv. "L'inauguration s'est déroulée en présence d'une centaine de personnes dont le maire de Tel-Aviv Ron Huldaï et la maire de Paris Anne Hidalgo". "Figure marquante de l’histoire de France, Alfred Dreyfus a également eu un grand impact sur le mouvement sioniste et la fondation de l'État d'Israël. Pour lui rendre hommage, une copie de la statue Hommage au capitaine Dreyfus de l'artiste français Tim (Louis Mitelberg) a été offerte par l'ambassade de France et l'Institut français d'Israël à la ville de Tel Aviv. C'est une "réplique de celle réalisée par Louis Mitelberg, dit Tim et installée depuis 1994 place Pierre-Lafue, dans le 6e arrondissement". Ce projet de statue commémorative est porté par Yaël Perl Ruiz, arrière-petite-fille du capitaine Dreyfus, déjà à l'origine en mars 2014 d'une exposition consacrée à l’Affaire Dreyfus à Tel Aviv.

En 2014, cette exposition Dreyfus, histoire d’une famille juive française présentée au Musée de la Diaspora (Beit Hatfutsot) à Tel Aviv se proposait d’explorer l’Affaire Dreyfus sous son angle le moins connu, celui des membres de la famille d’Alfred Dreyfus restés dans l’ombre et pourtant engagés jusqu’au bout sur le plan juridique pour obtenir sa réhabilitation. Elle proposait des objets personnels issus de la collection privée de la famille Dreyfus, prêtés par le Musée d’art et d’histoire du judaïsme à Paris et par Yaël Perl Ruiz, arrière-petite-fille d'Alfred Dreyfus. Ces objets sont exposés pour la première fois en Israël. L’exposition présentait également des coupures de presse originales et des caricatures qui ont illustré l’Affaire à l’époque, et propose la projection du film original de Georges Méliès,  L’Affaire Dreyfus (1899), ainsi qu'un film sur l’identité juive dans la France d’aujourd’hui, conçu et réalisé spécialement pour cette exposition. Cette exposition a reçu le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah."


"Installée devant le 9 Ahad Ha'am Street - à proximité du Sentier de l'indépendance, entre la plus ancienne maison de Tel Aviv, rue Herzl, l’Institut français et la place Rothschild - la statue s'insère dans l'itinéraire des visites éducatives et culturelles destinées aux jeunes Israéliens et aux touristes. S'inscrivant dans le cadre de la saison France Israël 2018, ce projet a reçu le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah. La statue a été inaugurée le 27 novembre 2018 en présence des maires de Paris - Anne Hidalgo - et de Tel Aviv et de l'ambassadrice de France en Israël".

"En marge de l’inauguration, deux tables rondes ont été organisées le 28 novembre 2018, à partir de 18 h 30, à l'Hôtel de ville de Tel-Aviv-Jaffa :.

"Une affaire d'images : caricatures et politique"
Avec Philippe Val, ancien directeur de Charlie Hebdo, Michel Kichka, dessinateur de presse, et Joël Kotek, politologue et historien.
"L'Affaire, aux origines du sionisme ?"
Avec Philippe Oriol, historien spécialiste de l’Affaire Dreyfus, Simon Epstein, historien spécialiste de l’antisémitisme, et Martine Le Blond Zola, arrière-petite-fille d'Émile Zola, vice-présidente de la "Maison Zola - Musée Dreyfus".


Les 30 mai et 2 juin 2020, LCP diffusera, dans le cadre de "Ces idées qui gouvernent le monde", "L'affaire Dreyfus : Quel héritage ? Quelle actualité ?" En février 2020, Emile Malet proposa à ses invités de remonter le temps en abordant l´Affaire Dreyfus, ou le complot contre un officier juif alsacien, accusé à tort d´espionner au profit de l´Allemagne. De l´exil à l´Île du Diable en 1894, au procès de Rennes en 1899 et à la réhabilitation en 1906 d´Alfred Dreyfus, cette « affaire », remise dans l´actualité par le film « J´accuse » de Roman Polanski, a eu un retentissement national et international, déclenchant un réveil politique, un renouveau intellectuel et une bataille médiatique sans précédent. Tout cela dans une effervescence républicaine et nationaliste, universaliste et antisémite. Les invités d'Emile Malet pour débattre de ce sujet : Pierre Nora, historien, membre de l´Académie française, François Dosse, historien, biographe, Jean-Noël Jeanneney, historien et ancien ministre et Philippe Oriol, historien et universitaire."


A l'approche du procès du Premier ministre Benjamin Netanyahu, le parallèle avec l'affaire Dreyfus a été dressé par les partisans du politicien. "Netanyahu, qui nie tout acte répréhensible, est accusé de fraude et d’abus de confiance dans trois dossiers et de pots-de-vin dans l’un d’entre eux."

Les figures du capitaine Alfred Dreyfus et du Premier ministre israélien ont été imprimés sur des masques protégeant de la coronavirus.

Dans les réseaux sociaux, l'un des fils du politicien, Yair Netanyahu, a été particulièrement actif : soit en retwittant des posts  évoquant ce parallèle - statue du capitaine Dreyfus à Paris -, soit en publiant une lettre du capitaine Dreyfus se trouvant dans le bureau du Premier ministre israélien, la Une d'un journal français sur cette affaire ou des affiches du procès du capitaine Dreyfus. 

"Le 24 mai 2020, alors que le procès de Netanyahu commençait à la Cour de district de Jérusalem, son fils Yair a écrit sur Twitter : « Le procès Dreyfus commence aujourd’hui ! » Et plus tard, lors d’un rassemblement organisé en soutien au Premier ministre, certains manifestants ont brandi des bannières et porté des masques faciaux tout en mettant sur le même pied les deux procès."


Le 26 mai 2020, sur i24 NewsYael Perl-Ruiz"arrière-petite-fille d’Alfred Dreyfus a fait part de son indignation suite à la comparaison faite par certains partisans du Premier ministre Benjamin Netanyahu – notamment par son fils – entre le procès du chef de gouvernement et le procès antisémite de son célèbre aïeul au tournant du 20e siècle. 

Yael Perl-Ruiz "a confié devant les caméras de i24 News qu’elle avait été « horrifiée » par la comparaison. « Si l’on s’en tient aux faits historiques, il est impossible de comparer l’affaire Dreyfus et ce qui arrive en Israël », a-t-elle déclaré. Perl-Ruiz a dit qu’établir un parallèle entre les deux procès « amenuise la symbolique » de l’affaire Dreyfus. « A chaque fois qu’il y a un procès pour meurtre ou pour corruption, ou une affaire politique, il y a une comparaison avec Dreyfus. Il faut se rappeler que Dreyfus a été jugé et condamné pour un crime qu’il n’a pas commis. Dreyfus est resté emprisonné sur l’île du Diable pendant cinq ans après un passage devant la cour martiale. Je ne peux vraiment pas parvenir à voir où les situations sont comparables », a-t-elle continué. Perl-Ruiz, qui vit à Paris, a ajouté que « la famille Dreyfus ne s’intéresse guère à se trouver impliquée dans les affaires politiques israéliennes ». Elle a dit adorer l’Etat juif et que ce dernier était important pour elle, mais qu’elle était « très inquiète » au sujet des divisions apparaissant dans la société israélienne qui, selon elle, se déchire sur des valeurs « qui ne sont pas les valeurs morales sur lesquelles l’Etat avait été fondé ».


"L'affaire Dreyfus : Quel héritage ? Quelle actualité ?".
Diffusée le 02/02/2020
Sur LCP TNT :
Dimanche 2 février 2020 à 22:58
Vendredi 1 mai 2020 à 03:00
Dimanche 24 mai 2020 à 23:02
Sur LCP 100%
Vendredi 1 mai 2020 à 02:54
Lundi 4 mai 2020 à 03:55
Lundi 25 mai 2020 à 00:23
Samedi 30 mai 2020 à 07:01
Samedi 30 mai 2020 à 23:00
Mardi 2 juin 2020 à 06:00


Visuel :
Affiche de l'exposition au MAHJ
Alfred Dreyfus
Photographie de Gerschel vers 1890
©MAHJ

A lire sur ce blog :
Cet article a été publié par Guysen en 2006. Il a été publié sur ce blog le 11 mars 2013 alors que dans « le cadre de sa politique de valorisation culturelle et en étroite collaboration avec les auteurs du livre Le dossier secret de l'affaire Dreyfus (Alma éditeur), le Service historique de la Défense (SHD) a entrepris la numérisation du corpus complet des pièces qui composent le dossier secret militaire de l'affaire Dreyfus ».
Il a été republié le :
- 27 mai 2013 alors qu'une lettre du capitaine Alfred Dreyfus du 26 janvier 1895 a été mise en vente ce 29 mai 2013. par Sotheby's à Paris Ce capitaine l'a écrite lors de sa captivité à l'ile de Ré, un mois après sa condamnation, trois semaines après sa dégradation". Il y clame son innocence. Cette lettre est estimée 100 000-150 000 euros. Petit-fils et héritier du capitaine, Charles Dreyfus, et l'historien Vincent Duclert, demandent au vendeur de renoncer à sa mise aux enchères et de donner cette archive à la Bibliothèque nationale de France ou au Musée d'art et d'histoire du Judaïsme (MAHJ) ;
- 17 février 2014. L'Espace Hillel, centre culturel et social Juif de Lyon, a présentér la pièce de théâtre Dreyfus, l'amour pour résister, le 18 février 2014, à 21 h ;
- 10 septembre 2014 ;
- 5 décembre 2014.  Beit Hatfutsot- Musée du peuple Juif a présenté l'exposition Dreyfus, histoire d’une famille juive française. Pour son 60e anniversaire, le Cercle Bernard Lazare organise le 7 décembre 2014 au Collège des Bernardins un colloque sur l'affaire Dreyfus au cours duquel seront rappelées notamment deux figures majeures : Bernard Lazare et Charles Péguy ;
- 4 mai 2015. Le 4 mai 2015, à 20 h 50, L'Ombre d'un doute sur France 3 a été consacré au Dossier secret de l'affaire Dreyfus : "En octobre 1894, dans un contexte de tensions internationales, éclate une affaire d'Etat qui va diviser la France. Le capitaine Alfred Dreyfus est condamné par un tribunal militaire à la dégradation et à la déportation pour avoir fourni des documents secrets aux Allemands. Quand des voix s'élèvent pour dénoncer l'injustice dont à été victime l'officier français et que le doute commence à se faire sur la probité des accusateurs de Dreyfus, le scandale éclate. Il s'avère que le dossier accusant Dreyfus est bien un montage, organisé par de hauts responsables de l'Etat et de l'armée française. L'étude des documents de ce dossier secret permet de retracer le déroulement de l'une des plus retentissantes affaires politiques de l'histoire de France" ;
- 20 juillet 2015. Dans le cadre du Festival Avignon Off, la compagnie de la Traversée présenta Dreyfus, l'Amour pour Résister (4-26 juillet 2015, 1 h 20), librement adapté par Joël Abadie de « Écris-moi souvent, écris-moi longuement... », correspondance d’Alfred et Lucie Dreyfus par Vincent Duclert (©Mille et Une nuits, Ed Fayard), et de « Cinq années de ma vie » d'Alfred Dreyfus. La pièce est mise en scène par Gilbert Ponte : "A travers des lettres d’une beauté à couper le souffle, se révèle le témoignage d’un homme, injustement éclipsé par sa propre Affaire, qui puise dans l’amour de sa femme la force de résister" ;
- 19 novembre 2015. Le 20 novembre 2015, dans le cadre de Mystères d'archives, Arte rediffusa 1939. Dernières images du bagne de Guyanedocumentaire de Serge Viallet et Pierre Catalan (2013, 27 minutes) : "En 1939, les reporters Raymond Mejat et Pierre-André Martineau tournent des images dans plusieurs pénitenciers de Guyane. Comment expliquer que le bagne de Cayenne soit encore en activité à la fin des années 1930 ?"
- 17 septembre 2016, 16 mai et 12 décembre 2018.

mercredi 27 mai 2020

L'ADL et « Diffamation » de Yoav Shamir

L'ADL (Anti-Defamation League) est une organisation Juive américaine créée en 1913 pour lutter contre l'antisémitisme et présidée jusqu'en 2015 par Abraham Foxman, rescapé de la Shoah (Holocaust), et depuis par Jonathan Greenblatt « Diffamation » (Defamation) est un documentaire biaisé du réalisateur israélien Yoav Shamir. Un film superficiel, bâclé, choquant par ses partis pris, censé être une enquête sur l'antisémitisme en observant le combat mené par Abraham Foxman, et en interviewant trois universitaires controversés. En mai 2020, l'ADL a publié son rapport sur 2019 au cours de laquelle elle a recensé 2 107 actes antisémites aux Etats-Unis, le niveau le plus élevé depuis que l'ADL a établit son Audit en 1979.


L'Anti-Defamation League (Ligue antidiffamation, ADL) est une association fondée par l'organisation juive américaine B'nai B'rith (Fils de l'Alliance) aux États-Unis afin de défendre les Juifs contre l'antisémitisme et la discrimination. Elle recourt à des actions juridictionnelles, des campagnes d'informations, d'actions et de sensibilisation. Elle a été fondée par Sigmund Livingston en 1913 en réaction à l'arrestation en Géorgie (États-Unis) du Juif américain Leo Frank injustement accusé du viol et du meurtre de Mary Faghan, âgée de 14 ans. Condamné à mort puis gracié par le gouverneur, persuadé de son innocence, Léo Frank est lynché par des habitants de Marietta. 

« Diffamation »
« Diffamation » (Defamation) est un documentaire biaisé du réalisateur israélien Yoav Shamir. Un film superficiel, bâclé, choquant par ses partis pris, censé être une enquête sur l'antisémitisme en observant le combat mené par Abraham Foxman, et en interviewant trois universitaires controversés.

Sceptique quant à l'existence de l'antisémitisme, ce chauffeur de taxi. Selon lui, "les Juifs contrôlent le monde".


Yoav Shamir est né en Israël, "créé pour donner un pays où les Juifs peuvent vivre sans crainte". Il n'a jamais été victime de l'antisémitisme, "un problème qui semble toujours d'actualité". Inquiet à la lecture d'articles sur tant d'actes antisémites dans le monde, il décide "d'en savoir plus" sur ce phénomène qu'il lie à la Shoah et aux nazis.


Dans le site Internet de Defamation, Yoav Shamir ajoute une autre explication. Lors de la sortie de son film Checkpoint, il s'est vu qualifier de "Mel Gibson israélien". Pourquoi ? "En raison des points de vue que j'avais exprimés dans ce film : critiques par rapport à la politique d'Israël en ce qui concerne les Palestiniens, ce qui laissait à penser que j'étais antisémite. L'auteur de cet article était lui-même juif". Yoav Shamir a alors l'idée de ce film sur l'antisémitisme, "la «vache sacrée » des Juifs", dernier volet d'une trilogie : "Checkpoint, sur les soldats israéliens ; Flipping Out, sur ce qui arrive à ces soldats lorsqu'ils quittent l'armée ; et Defamation, qui étudie la jeunesse israélienne avant qu'elle ne commence son service militaire".

Yoav Shamir rencontre Abraham (Abe) Foxman, qui dirige l'ADL, une association juive dont l'une des missions consiste à lutter contre l'antisémitisme - 1500 actes antisémites sont recensés par an aux Etats-Unis - et qui bénéficie d'un budget annuel dépassant 70 millions de dollars. "Très coopératif", Abraham Foxman, l'accueille cordialement ; l'ADL lui accorde "un accès illimité à son QG à Manhattan" afin d'aider Yoav Shamir qui souhaite enquêter sur un acte antisémite.

Le réalisateur recueille les réflexions de sa grand-mère, pionnière sioniste nonagénaire ayant quitté la Russie et qui véhicule des stéréotypes sur les Juifs de diaspora qui "gagnent de l'argent sans travailler, prêtent de l'argent sans intérêt. Les Juifs savent y faire..."


Yoav Shamir interviewe le journaliste Noah Klieger, survivant d'Auschwitz où il avait sympathisé avec le champion de natation Alfred Nakache. Ce journaliste à Yediot Aharonot accole l'épithète "antisémite" à de nombreux pays européens, américains et arabes.


A voir la place tenue par la relation des actes antisémites dans le monde par ce journal israélien, le réalisateur en conclut que l'antisémitisme est "bon pour le journal".


Si environ 500 lycéens israéliens se rendaient voici 20 ans en Pologne dans le cadre d'un voyage de la mémoire sur des lieux de la Shoah, ils sont plus de 30 000 élèves à s'y rendre encadrés en 2010. Yoav Shamir décide de se joindre à un groupe de lycéens israéliens, de leur cours sur la Shoah à Yad Vashem jusqu'à leur visite de quartiers Juifs de villes polonaises. A Lublin, il assiste à un malentendu, une incompréhension grave entre trois adolescents israéliens et des Polonais âgés : ces jeunes croient à tort que leurs interlocuteurs sont antisémites. Dissipés à leur arrivée, ces jeunes sont bouleversés lors de leur visite au musée d'Auschwitz.


Retour à New York où est signalé le jet de deux pierres contre un bus scolaire d'une école Juive orthodoxe à Crown Heights, à Brooklyn, un quartier qui a connu trois jours d'émeutes en 1991. Notre réalisateur s'y précipite. Benjamin Lifschitz, reporter, lui explique que les Juifs, par crainte d'agressions, "se déplacent rarement seuls ou la nuit tombée".

Interrogés par Yoav Shamir, de jeunes Afro-américains se récrient : "Je n'ai jamais vu un Juif se faire braquer". Et " les juges condamnent plus sévèrement si l'agression vise un Juif", "Les Juifs sont mieux traités", "Il se débrouillent toujours pour trouver les bons plans", "Les Juifs ne se mélangent pas", "Ils font partie du système de manipulation utilisé par les plus puissants à la télévision et dans les médias". Et de citer Les Protocoles des Sages de Sion, un livre présenté par ces jeunes comme relatant des faits avérés, alors qu'il s'agit d'un faux fabriqué par la police tsariste au début du XXe siècle sur une prétendue conspiration Juive pour dominer le monde.

Quant au rabbin Hecht, chargé des droits de l'homme à la mairie de New York, il estime que les Juifs sont attaqués car ils sont des proies faciles. Leurs agressions ne sont pas nécessairement antisémites. "Je me méfie des gens qui gagnent leur vie à la faveur d'une situation particulière. Dans certains cas, l'ADL est clairement responsable d'avoir mis de l'huile sur le feu, autant qu'elle a été utile", déclare le rabbin Hecht à qui l'ont pourrait rétorquer qu'il gagne sa "vie à la faveur d'une situation particulière". A quels faits ce rabbin fait-il allusion ? Yoav Shamir n'est pas curieux.

Il préfère suivre la délégation de l'ADL, composée notamment de donateurs américains, en Europe, leurs rencontres avec des dirigeants politiques italiens - Fini, Prodi -, ukrainiens, etc. L'Ukraine souhaite se rapprocher de l'Occident, en particulier des Etats-Unis, "et croit que les Juifs américains peuvent devenir leurs alliés au Congrès". L'ADL demande à l'Ukraine une action plus ferme contre l'antisémitisme et de distinguer nettement la Shoah de l'Holodomor (extermination par la faim, en ukrainien), tragédie survenue en 1932-1933 en Ukraine qui le dénomme génocide. Pourquoi ces dirigeants reçoivent-ils cette délégation ? " Je le dis souvent : "Les Juifs sont moins puissants qu'ils le croient et que le croient leurs ennemis"... Ils croient que nous sommes assez influents pour peser sur Washington. Nous n'allons pas les contredire", résume Abraham Foxman.

Quel lien entre le combat contre l'antisémitisme et "un évènement vieux de 60 ans" ? "D'abord, il faut assumer tout l'héritage du passé pour arriver au présent", résume Abraham Foxman.


Yoav Shamir entend-il qu'un Juif a été poignardé dans une synagogue à Moscou ? Il s'y précipite. Las ! Un Russe âgé, fidèle de la synagogue, nie tout antisémitisme dans son pays. Pour le grand rabbin Bleich, à Kiev, "les Juifs laïcs se préoccupent plus de l'antisémitisme que les Juifs religieux. Ils considèrent cela comme un élément de leur judéité". Une affirmation que semble corroborer le couple américain retraité Harvey et Suzanne Prince.


Le reste du film - 40 dernières minutes - est composé d'interviews de trois universitaires ayant signé deux livres controversés : le professeur Norman Finkelstein, auteur de L'industrie de l'Holocauste : réflexions sur l'exploitation de la souffrance des juifs (2001), John J. Mearsheimer, professeur de sciences politiques à l'Université de Chicago, et Stephen M. Watt, professeur de relations internationales à la Kennedy School of Government d'Harvard, auteurs du Lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine (2007) alléguant que ce lobby "soutient la politique israélienne même si elle est contraire aux intérêts des Etats-Unis". Faux naïf ? Provocateur ? Yoav Shamir les laisse exprimer leurs thèses sans avancer aucun argument contraire.


En Israël, il filme la conférence des deux auteurs américains invités par le Gush Shalom, puis se rend à la conférence à Jérusalem sur les formes de l'antisémitisme, notamment l'antisionisme. Soudain, un orateur, sociologue, rompt avec le discours dominant - " Ceux qui attaquent Israël sont des antisémites masqués ", ou plutôt l'antisionisme est le paravent d'antisémites -, et allègue que cet antisémitisme est causé par " l'occupation des terres palestiniennes ", la " colonisation " israélienne, etc. " Vous raisonnez comme la femme battue par son mari : " C'est de ma faute si mon mari me bat ! ", rétorque un orateur.


Primé lors de nombreux festivals, ce film a été présenté à deux reprises au festival Cinéma du réel (11et 14 mars 2009), au Centre Pompidou qui a alors diffusé aussi Rachel, film de Simon Bitton sur la mort accidentelle de Rachel Corrie, militante américaine du Mouvement international de solidarité (ISM), par un bulldozer israélien, dans la bande de Gaza, en 2003. Nulle surprise donc que ce film ait été encensé par des mouvements anti-israéliens.
 
Quelle a été la réaction de l'ADL en découvrant Defamation de Yoav Shamir ? Ce film "déforme la fréquence et l'impact de l'antisémitisme et devalorise la Shoah. C'est la perspective politique, perverse, personnelle de Shamir et une occasion manquée pour informer sur une question sérieuse et importante", a déclaré l'ADL le 8 mai 2009 .


Ressortent en effet de ce film les idées fausses que l'antisémitisme est quasi-introuvable, voire que certains qualifient à tort certains actes d'antisémites, et que les Israéliens sont élevés dans l'idée que le monde entier les hait, dans "l'obsession du passé", et sans "vivre dans le présent". Ainsi, le réalisateur Lars von Trier, auteur de propos choquants lors du festival de Cannes,  déclare dans une interview au Monde : "Quant aux réactions qu'ont suscitées ses propos, il invoque un documentaire israélien, Defamation, de Yoav Shamir, qui traite de l'antisémitisme contemporain à travers l'action de l'Anti Defamation League américaine. "Je voyais ce bureau dans lequel ils attendent qu'on leur signale des cas d'antisémitisme. Ils avaient recensé cinq incidents en un mois, le réalisateur essayait d'enquêter, mais ils n'avaient rien à faire. La réaction à cette chose à Cannes est arrivée exactement à l'heure où on se réveille à New York et je les imaginais se disant : "Enfin nous avons quelque chose !""


Cette impression est renforcée par l'absence de toute interview d'historiens de l'antisémitisme, comme Pierre-André Taguieff ou Robert Wistrich, de toute citation de rapports publics sur l'antisémitisme, comme ceux de la Commission nationale consultative des droits de l'homme ou de Jean-Christophe Rufin Chantier sur la lutte contre le racisme etl'antisémitisme, les citations de rapports d'organisations juives européennes - tel celui du SPCJ en France ou de la CICAD en Suisse - ou de médias arabes.


Aux Etats-Unis, un rapport récent du Center for Security Policy démontre que de 2000 à 2009 le nombre d'actes contre les Juifs (9 692) y a été six fois supérieur à celui des actes contre des musulmans (1 580).


Des thèmes essentiels ont échappé à Yoav Shamir : les critiques adressées à des organisations juives comme l'ADL d'élargir leurs champs d'intervention au-delà de la lutte contre l'antisémitisme, les intimidations et attaques ciblant les étudiants Juifs, surtout quand ils défendent l'Etat d'Israël, sur les campus américains, l'accusation d'antisémitisme adressée par Larry Franklin à l'égard du FBI, etc.


ADDENDUM :

En juillet 2013, le "Palestino-Américain" Oday Aboushi, joueur de football dans la célèbre équipe newyorkaise Jets, est décrit, preuves à l'appui, par FrontPage Magazine comme un "musulman fondamentaliste". Des preuves écartées par l'ADL et l'AJC qui défendent ce sportif.

En janvier 2014, l'ADL a estimé que le traitement infligé à Jonathan Pollard est "un effort pour intimider les Américains Juifs et confine à l'antisémitisme. Il s'agit de confirmer un stéréotype antisémite ancré dans l'opinion publique : les Américains Juifs sont plus loyaux à l'Etat d'Israël qu'à leur propre pays, les Etats-Unis".

Le 27 octobre 2014, l'ADL organisa son 20e concert contre la haine.

Lors de sa réunion annuelle à Los Angeles le 6 novembre 2014, l'Anti-Defamation League (ADL) a remis le prestigieux prix ADL Daniel Pearl au projet Aladin pour "promouvoir une plus grande compréhension entre Juifs et musulmans".

La désignation de Jonathan Greenblatt pour succéder à Abe Foxman a suscité en novembre 2014 de vives critiques. En effet, Jonathan Greenblatt a été directeur du Bureau de l'innovation sociale et de la participation civique à la Maison Blanche sous l'administration démocrate Obama. Il dirige l'Aspen Institute financé notamment par George Soros.

L'éditorialiste Caroline Glick a écrit : "Un dirigeant de l'ADL m'avait prévenue voici deux ans que le successeur d'Abe Foxman serait quelqu'un qui transformerait l'ADL, organisation défendant les droits de l'homme Juif, en une énième association gauchiste "de droits civils" qui s'en prendra à Israël et aux Juifs. Et maintenant, c'est arrivé".

Par la voix de son dirigeant actuel Jonathan Greenblatt, l'ADL a critiqué la loi israélienne rappelant qu'Israël est l'Etat-nation du peuple Juif.

L'évolution du logo de l'ADL révèle la métamorphose d'une association juive luttant contre l'antisémitisme en une organisation ancrée à gauche, voire à l'extrême-gauche et dont le but initial est noyé, minoré, par rapport aux positions prétendument morales et politiquement partiales de sa nouvelle direction.

Le 12 mai 2020, l'ADL a publié son rapport sur 2019 au cours de laquelle elle a recensé 2 107 actes antisémites aux Etats-Unis, le niveau le plus élevé depuis que l'ADL a établit son Audit en 1979. Ce qui représente une augmentation de 12% par rapport à 2018 (1 879 actes antisémites) et plus précisément une hausse de 56% concernant les agressions. Ce nombre correspond à des attentats antisémites commis à Poway, Jersey City et Monsey, et des agressions à Brooklyn. Et à une moyenne de six actes antisémites quotidiens aux Etats-Unis.

"Antisemitic Incidents Hit All-Time High in 2019
ADL annual report found more than 2,100 acts of antisemitic hate; 56 percent increase in assaults, five fatalities."

"American Jewish community experienced the highest level of antisemitic incidents last year since tracking began in 1979, with more than 2,100 acts of assault, vandalism and harassment reported across the United States, according to new data from ADL (the Anti-Defamation League). The record number of incidents came as the Jewish community grappled with vicious and lethal antisemitic attacks against communities in Poway, Jersey City and Monsey, and a spree of violent assaults in Brooklyn".

"The 2019 ADL Audit of Antisemitic Incidents, issued today, found that the total number of antisemitic incidents in 2019 increased 12 percent over the previous year, with a disturbing 56 percent increase in assaults. The audit found there were, on average, as many as six antisemitic incidents in the U.S. for each day in the calendar year – the highest level of antisemitic activity ever recorded by ADL."

"The year included five fatalities directly linked to antisemitic violence and another 91 individuals targeted in physical assaults. Incidents were reported in every one of the 48 contiguous United States and Washington, D.C. More than half of the assaults nationwide took place in the five boroughs of New York City, including 25 in Brooklyn alone."

“This was a year of unprecedented antisemitic activity, a time when many Jewish communities across the country had direct encounters with hate,” said Jonathan A. Greenblatt, ADL CEO. “This contributed to a rising climate of anxiety and fear in our communities. We are committed to fighting back against this rising tide of hate and will double down on our work with elected leaders, schools, and communities to end the cycle of hatred.”

ADL’s Center on Extremism identified 234 incidents targeting Jewish synagogues and community centers in 2019. This included the white supremacist shooting at a Chabad center in Poway, California, which killed one worshipper, a 60-year-old woman who was mourning her mother’s recent death, and injuring three more, including the rabbi.

Major Findings:
"In 2019, ADL counted a total of 2,107 antisemitic incidents across the U.S., a 12 percent increase from the 1,879 incidents recorded in 2018."

"ADL’s Audit classifies all incidents into three categories: assault, harassment and vandalism. Of the total incidents reported in 2019:"

- "Harassment: There were 1,127 harassment incidents, cases where one or more Jews reported feeling harassed by the antisemitic language or actions. Acts of harassment increased by 6 percent from 1,066 in 2018."

- "Vandalism: There were 919 vandalism incidents, cases where property was damaged in a manner which that harmed or intimidated Jews. Swastikas, which are generally interpreted as symbols of antisemitic hatred, were present in 746 of these incidents. Acts of antisemitic vandalism increased 19 percent from 774 in 2018."

- "Assault: There were 61 assault incidents, cases where individuals were physically targeted with violence accompanied by evidence of antisemitic animus. Antisemitic assault increased 56 percent from 39 in 2018. Eleven of the 61 assaults were perpetrated with deadly weapons such as guns or knives. The 61 assault incidents harmed 95 victims, including five fatalities."

"There were incidents reported in every state, except Alaska and Hawaii. The states with the highest numbers of incidents were New York: 430, New Jersey: 345, California: 330, Massachusetts: 114 and Pennsylvania: 109. Combined, these states account for nearly 45 percent of the total number of incidents."

"ADL’s Center on Extremism has gathered the complete 2019 data, as well as data from the previous two years, on ADL’s H.E.A.T. Map, an interactive online tool that allows users to geographically chart antisemitic incidents and events nationally and regionally."

“It’s clear we must remain vigilant in working to counter the threat of violent antisemitism and denounce it in all forms, wherever the source and regardless of the political affiliation of its proponents,” said Mr. Greenblatt. “We need to ensure that synagogues and community centers have the right security measures in place to prevent the next potential attack. We plan to work with members of Congress and other elected officials this year to ensure that funding is in place and that all states mandate Holocaust education, which can serve as an effective deterrent for future acts of hate.”

"In 2019, ADL recorded 270 antisemitic incidents attributed to known extremist groups or individuals inspired by extremist ideology. This represents 13 percent of the total number of incidents."

"K-12 schools, as well as colleges and universities, continue to experience a significant number of antisemitic incidents. ADL recorded 411 incidents at K-12 non-Jewish schools in 2019 (up 19 percent from 344 in 2018), and 186 incidents at colleges and universities (down 10 percent from 201 in 2018)."

"In 2019 there were 234 reported incidents at Jewish institutions such as synagogues, Jewish community centers and Jewish schools, a decrease of 12 percent from 265 in 2018. More than 170 were incidents of harassment and 60 were incidents of vandalism. Fifty of the incidents targeting Jewish institutions were perpetrated by domestic extremists."

"At least 170 antisemitic incidents in 2019 referenced Israel or Zionism. Of those, 68 took the form of white supremacist groups’ propaganda efforts, which attempt to foment anti-Israel and antisemitic beliefs. Most of the remaining incidents were expressions of anti-Israel animus that incorporated antisemitic imagery or harassment and demonization of Jewish students for their real or assumed connection to Israel."

"The Audit offers a snapshot of one of the ways American Jews encounter antisemitism, but a full understanding of antisemitism in the U.S. requires other forms of analysis as well, including but not limited to, public opinion polling, assessments of online anti-Semitism, and examinations of extremist activity, all of which ADL offers in other reports, such as ADL Global 100, Quantifying Hate: A Year of Anti-Semitism on Twitter, Online Hate and Harassment: The American Experience, Murder and Extremism in the United States in 2019, and the ADL Survey of American Attitudes Toward Jews."

How ADL is Responding
"ADL has a comprehensive approach to addressing antisemitic incidents and behavior, including educating youth to prevent these incidents and working with law enforcement to apprehend the perpetrators. ADL works to enact laws to improve federal, state, and local prevention tactics and response to antisemitic hate crimes and all forms of hate violence."

"ADL partners with law enforcement to raise awareness of extremist threats and trains law enforcement professionals to recognize and disrupt potential threats. ADL likewise provides education and training every day to students, reaching young people at a time when they are most vulnerable to bullying and social pressures. ADL also works with victims and universities to respond to antisemitic harassment and other worrying incidents on college campuses. Finally, ADL’s No Place for Hate and Words to Action programs teach understanding and promote inclusivity in schools and on campuses, respectively."

"In response to the historic rise in antisemitic incidents over the past four years, ADL has made the following policy recommendations:
- "Nationwide, public officials and civic leaders should use their bully pulpits to speak out against antisemitism and all forms of hate and extremism."
- "Congress should hold additional hearings on the increase in hate crimes, the rise of extremist groups and proliferation of their propaganda, and support legislation, including the Domestic Terrorism Prevention Act, that calls on the federal government to improve coordinated responses and collect data on domestic terrorism."
- "Congress should increase funding for non-profit security grants for synagogues and other houses of worship, schools, and community centers."
- "Policymakers must support efforts to provide law enforcement officials with the tools and training they need to prevent and effectively respond to hate crimes. Federal, state and local law enforcement agencies should also improve their procedures for responding to and reporting hate crimes. Congress should approve the pending Jabara-Heyer NO HATE Act and fully fund Section 4704 of the Matthew Shepard and James Byrd, Jr. Hate Crimes Prevention Act for “technical, forensic, prosecutorial, or any other form of assistance” to state and local law enforcement authorities for investigating and prosecuting hate crimes."
- "School districts should promote anti-bias, bullying prevention, and Holocaust education programs in elementary and secondary schools. University leadership should respond firmly and forcefully to antisemitic acts on college campuses, including incidents that target Jewish students because of their actual or perceived support of the state of Israel. Congress, the U.S. Department of Education, state legislators and mayors should increase funding to promote an inclusive school climate and for anti-bias education, Holocaust and genocide education, and hate crime prevention."
"The ADL Audit includes both criminal and non-criminal acts of harassment and intimidation, including distribution of hate propaganda, threats and slurs. Compiled using information provided by victims, law enforcement and community leaders, and evaluated by ADL’s professional staff, the Audit provides a regular snapshot of one specific aspect of a nationwide problem while identifying possible trends or changes in the types of activity reported. This information assists ADL in developing and enhancing its programs to counter and prevent the spread of antisemitism and other forms of bigotry."     

"The Audit of Antisemitic Incidents is a project of ADL’s Center on Extremism, whose work is supported in part by the following generous donors as well as numerous others: The ADL Lewy Family Institute for Combating Antisemitism, Roman Abramovich, the David Berg Foundation, Nathan Cummings Foundation, Joyce and Irving Goldman Family Foundation, The Marlene Nathan Meyerson Family Foundation, New England Revolution Foundation, Rowland & Sylvia Schaefer Family Foundation, Inc., Charles and Mildred Schnurmacher Foundation, The Nancy K. Silverman Foundation, Louis Sobelman, and Zegar Family Foundation."



de Yoav Shamir
Autriche, Danemark, Etats-Unis, Israël, 2009
1 h 31
Diffusions les 6 mai 2011 à 23 h 10, 19 mai 2011 à 10 h 05 et 25 mai 2011 à 0 h 40

Cet article a été publié le 6 mai 2011, le 14 juillet 2013 et :
- 18 août 2013 alors que l'ADL compare à tort la lutte pour la défense des Juifs dans l'Union soviétique au combat quelle prône contre les "lois anti-homosexuels" dans la Russie actuelle.. Il a été modifié le 10 août 2011 ;
- 29 janvier et 27 octobre 2014, 24 août 2018.