Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

jeudi 25 avril 2013

Howard Greenberg Collection


La Fondation Henri Cartier-Bresson  (HCB) présente l’exposition éponyme, coproduite avec le musée de l’Elysée à Lausanne  (Suisse), et rendant hommage à Howard Greenberg, photographe, galeriste et collectionneur newyorkais Juif. Cet artisan pionnier et majeur de l’essor du marché actuel de la photographie a constitué une collection évolutive qui comprend des maitres : Abbott, Cartier-Bresson, Frank, Friedlander, Kertész, Klein, Lange, Model, Parks, Steichen, Strand, Sudek, Weston… Une « centaine de chefs-d’œuvre, caractéristiques » de ses choix avisés, éclectiques – du pictorialisme au modernisme via la Street Photography, le photojournalisme et des clichés contemporains conçus pour la publicité, la mode et l’industrie - et « pour la première fois dévoilés au public » à Paris.


« Le bon tirage de la bonne image trouvé au bon moment ». C’est ainsi qu’Howard Greenberg définit son métier ou/et sa passion : galeriste newyorkais et collectionneur.

Des plus de 500 photographies collectionnées, la Fondation HCB expose une centaine de chefs-d’œuvre inédits et caractéristiques des choix avisés du « galeriste-collectionneur » newyorkais.

Des « modernistes de l’école tchèque (Drtikol, Rössler, Funke) aux photographes de la FSA (Lange, Evans) en passant par les humanistes (Hine, Seymour) ou les maîtres américains (Callahan, Frank, Winogrand), c’est une histoire personnelle de la photographie qui est racontée. Parmi la sélection, sont présentés des tirages d’une qualité exceptionnelle et des photographes majeurs, parfois méconnus comme Roy DeCarava, Leon Levinstein ou Ralph Eugene Meatyard ».
« Une tendance obsessionnelle pour la collection »
Howard Greenberg  est né dans une famille américaine, dont le père est un représentant de commerce en cigares et cigarettes.

Il est un « collectionneur dans l’âme » depuis l’enfance : cartes de baseball, numéros du magazine Rolling Stone.

Howard Greenberg entame des études de psychologie.

« Engagé politiquement », il doit arrêter ses études de psychologie au niveau du doctorat. Voulant éviter de combattre au Vietnam, il s’enrôle comme réserviste. Au bout d’un an, il est démobilisé.

Il visite l’Europe, en particulier la France. Un grave accident de voiture le contraint à une longue convalescence.

Pendant une année « sabbatique » aux Etats-Unis, Howard Greenberg s’intéresse, ou plutôt se passionne pour la photographie à l’automne 1970.

Il s’installe à Woodstock en septembre 1972. « Pendant cinq ans, j’étais parallèlement professeur de photo, photographe pour la ville, photographe du journal local, photographe pour artistes : j’avais appris de l’un des meilleurs spécialistes de New York comment photographier les œuvres d’art ».

Howard Greenberg s’intéresse à « l’histoire de Woodstock et à cette colonie d’artistes – la seconde plus ancienne du pays, installée dès 1902 » –.

Il découvre Eva Watson-Schütze, photographe membre de la Photo-Secession que Stieglitz avait publiée dans Camera Work.

Il apprend que Russell Lee vivait à Woodstock, se lie avec Dennis Stock, photographe de Magnum, résidant près de la ville. « Dennis est devenu l’un de mes mentors », confie Howard Greenberg à Sam Stourdzé, à New York, le 23 mai 2012.

En 1977, à Woodstock, Howard Greenberg fonde le Centre de la photographie, puis ouvre une école. Il se heurte à la méfiance de cette « communauté d’artistes » à l’égard de la photographie considérée comme une œuvre artistique.

Lectures, visites mensuelles d’expositions de photographes dans la Big Apple, notamment au « MoMA  (Musée d’art moderne) pour voir l’accrochage de la collection permanente proposé par John Szarkowski »… Tels sont les « cours » intensifs de formation de cet autodidacte.
De la Photofind Gallery à la Howard Greeenberg Gallery
En 1981, Howard Greenberg  ouvre six mois par an sa galerie de photographies, Photofind Gallery à Woodstock. Il est alors un nouvel entrant dans un marché de la photographie encore émergent, et où les galeries ont déjà fidélisé ses photographes préférés.

« L’intérêt pour la photographie est balbutiant, seules quelques galeries spécialisées sont installées à New York, quelques-unes dans le reste du monde. Ces galeries proposent principalement des œuvres du XIXe siècle et du début du XXe. Le contemporain intéressait moins, certainement parce que nous étions nous-mêmes des contemporains ! », se souvient Howard Greenberg mû par sa curiosité de l’histoire de la photographie dont les débuts ont déjà été écrites, en particulier par Beaumont Newhall.

Cependant, Newhall avait négligé « la photographie sociale, la photographie documentaire. Il avait rapidement abordé Lewis Hine et peut-être quelques autres, mais globalement, il avait laissé un manque dans l’histoire du milieu du XXe siècle. J’ai ainsi fait la connaissance de photographes étonnants que peu connaissaient à l’époque. Ce n’était pas le résultat d’une stratégie de développement économique, mais simplement le fruit de ma curiosité. J’ai ainsi découvert, un peu par accident, l’histoire de la Photo League  à travers le propriétaire d’un cinéma à Woodstock qui en avait été membre ».

Au fil de ses rencontres, Howard Greenberg expose « des photographes obscurs et inconnus dont je pensais qu’ils méritaient d’être connus. C’était osé car ils n’étaient pas faciles à vendre ! Parallèlement, je montrais donc des grands maîtres. Ainsi je faisais une exposition Alfred Stieglitz ou Margaret Bourke-White et entre les deux une exposition de Louis Faurer ou de Rosie Green (une formidable photographe de mode) ».

En 1986, Howard Greenberg déménage sa galerie de Woodstock à Soho (New York), dans un lieu « au même étage que Laurence Miller », et en la dénommant désormais par ses prénom et nom.

Puis, en 2003, il installe la Howard Greenberg Gallery dans le Fuller Building au 41 East 57th Street. Ce qui lui permet de présenter plusieurs expositions simultanées dans un espace modulable .

Howard Greenberg montre aux visiteurs de sa galerie, aux collectionneurs, le travail des grands photographes décédés et celui d’inconnus en vie. Il « expose ce qui lui tient à cœur, sans tenir compte de l’aspect commercial, le travail des grands maîtres aidant à financer le reste ». Il « utilise le même principe pour sa collection qu’il complète au gré de ses coups de cœur, de sa sensibilité sans courir après une liste de photographies idéales ».

Découvrant les photographes actifs à New York dans les années 1940 ou 1950, il sensibilise avec succès le public à ces artistes.

Dénué de tout esprit d’exclusion, Howard Greenberg déplore que des pans entiers de la photographie aient été alors minorés, méconnus. « Beaucoup ont réalisé que l’histoire de la street photography devait être écrite. Aujourd’hui, nous avons un livre sur la New York School, un autre sur la Photo League ; les figures secondaires ont eu des expositions muséales et des livres. Dans les quinze dernières années, il y a eu de grands changements. C’est vrai que j’ai souvent présenté pour la première fois au public beaucoup de ces photographes ».

« Je me suis focalisé sur la photographie du milieu du XXe siècle ; peut-être parce que je suis un humaniste, parce que j’ai une formation en psychologie, parce que je m’intéresse aux gens. La photographie que j’ai exposée, celle que j’ai collectionnée, est vraiment la photographie de gens. Cette photographie est la plus difficile à vendre. Les collectionneurs qui achètent de la photographie pour la mettre sur leurs murs ne veulent pas être sous le regard d’une image. Bien sûr, il y a des exceptions comme Diane Arbus. Mais Diane Arbus s’adresse à une marge, c’est différent. La photographie de rue, le New York style, c’est plus difficile à collectionner. Les avant-gardes ou le modernisme, c’est plus facile ; surtout le modernisme, parce que c’est du design ».

Howard Greenberg « s’affirme très vite comme l’un des piliers de la scène photographique new yorkaise ».

Grâce à son activité de galeriste, il acquiert des pièces majeures, auréolé de sa notoriété d’expert ès photographie new-yorkaise du milieu du XXe siècle.

S’il acquiert par troc sa première photographie – de Jerry Uelsmann - en 1972 et pratique des « échanges avec des photographes », il n’initie sa collection qu’en 1981.

Il se lie d’amitié avec Sid Avery, photographe de cinéma à Hollywood et collectionneur qui lui vend des photos de sa collection : la première est un tirage de Karl Struss sur une rue newyorkaise. Cet achat marque le vrai début de sa collection. Une activité en conflit parfois avec celle de galeriste.

Il est parfois contraint de vendre des clichés - Penny Picture de Walker Evans – par besoin d’argent pour sa vie familiale, pour acquérir de nouvelles œuvres, ou pour racheter des tirages de photographies dont il avait du se défaire (La Jeune femme américaine en Italie de Ruth Orkin).

Avec patience et prudence, sa collection s’est enrichie lors des 30 dernières années selon « deux approches : l’utilisation expérimentale de la photographie qui s’interroge comme médium et à l’opposé, l’utilisation documentaire, portée par sa fonction d’enregistrement du réel. Cette dualité aux apparences inconciliables, prend corps cependant au sein de cette collection, grâce à l’acuité d’un regard passionné et curieux, qui laisse une large place à la découverte des figures, longtemps négligées, de la scène new yorkaise d’après-guerre : les photographes de la Photo League  et de la New York School (Abbott, Liebling, Faurer, Friedlander, Model ) ».
L’importance du tirage
Howard Greenberg « accorde une place essentielle au tirage. Celui des Trois mineurs gallois d’Eugene Smith est ainsi entré dans sa collection lorsqu’il découvre le premier tirage utilisé pour la reproduction dans Life, un tirage d’une grande simplicité », sur papier très fin, un tirage brut à partir du négatif. C’est ce tirage qu’il privilégie pour sa force d’expression.

Dans les archives de TimeLife, il trouve un tirage de La Mort d’un soldat républicain de Capa. « Ce n’est peut-être pas le vintage absolu ». Malgré ses marques de retouches, ce « tirage fait très tôt a une vraie marque d’authenticité… [Il] parle de l’Histoire, c’est une représentation de la guerre ».

Ses motivations de collectionneur ? « La première tourne autour de la magie. C’est lié au processus photographique, c’est l’idée d’une vision mécanique. Le photographe voit la photo qu’il veut créer. Il la cherche, la voit et la restitue. La restitution, c’est le tirage... Parmi les milliards de photos qui ont été réalisées depuis 150 ans, c’est pourtant rare de se retrouver face à un morceau de papier qui vous touche profondément, qui vous emmène ailleurs. Cette émotion est simplement indescriptible, mais lorsqu’elle se produit, je tombe amoureux du tirage que je regarde. C’est ce que j’appelle la magie. C’est l’expérience de l’art. C’est transcendant, cela peut arriver quand on regarde une peinture, mais aussi quelquefois quand on regarde un tirage. Dans ma collection, il y a aussi des photos que j’appelle « hommage ». Hommage aux artistes que j’ai admirés quand j’étais jeune photographe. Ils m’ont influencé par leurs photos, parfois aussi à travers leur enseignement. Je pense à Nathan Lyon, à Van Deren Coke. Il y a aussi des grands commissaires d’exposition qui ont repoussé les frontières. J’ai eu la chance de connaître la plupart d’entre eux. Ils ont compté et ils comptent toujours.
Eclectisme
Ceux qui ont influencé Howard Greenberg ? D’abord, John Szarkowski, conservateur « génial, formidable » du MoMA, en raison de sa « façon d’appréhender la photographie, sa manière unique de la regarder, de la penser. Il était génial et m’a vraiment inspiré. Je l’ai connu à la fin de sa vie. C’était un élitiste, un intellectuel particulièrement snob… Il avait une façon particulière de vous entraîner dans une conversation, il vous mettait sur un pied d’égalité ».

Et Minor White : « En 1972, le premier jour du stage avec Jerry Uelsmann, je suis arrivé un peu plus tôt dans la ferme où se tenaient les cours. En attendant, j’ai attrapé le livre de Minor White, Mirrors Messages Manifestations, qui venait de sortir. Le peu que je connaissais de Minor White, je l’avais découvert dans le magazine Aperture, dont il était fondateur. J’ai découvert une autre dimension de la photographie et son potentiel. Minor White photographie le réel et le transforme en quelque chose de cosmique. Il a toujours laissé libre cours à son imagination et tendu vers une pure abstraction ».

Une partie de la collection d’Howard Greenberg comprend des photographies ayant « une dimension politique, plus connectée à la réalité ».

Les images qui ont fasciné Howard Greenberg ? Celle de Livia de Frederick Sommer découverte lorsqu’il débute dans la photographie : « Elle m’a laissé une impression indélébile. J’ai attendu trente ans pour pouvoir l’acquérir. C’est comme la photographie de la pomme de Caponigro, je l’ai cherchée pendant des années pour finalement la trouver il y a seulement deux ans ».

Dans sa collection, de nombreux petits formats de grandes photos car Howard Greenberg a « toujours été attiré par les petits formats… J’aime être proche, être très près, même d’une grande photo. Un petit format recèle une forme d’intimité. Déjà, quand j’étais photographe, on ne tirait plus vraiment en petit format. Les grands tirages étaient en 40 x 50 cm, le format moyen 30 x 40. Si on voulait faire des économies, on choisissait le 18 x 24, mais on tirait très rarement en plus petit. Dans les petits formats, il y a un sens de l’histoire qui m’attire. A de rares occasions, je me suis trouvé face à des images célèbres, proposées en petits formats. Je les ai tout de suite intégrées dans ma collection. J’ai un petit format de « The Critic » de Weegee ; j’ai un Robert Frank des Américains ; j’ai un petit polaroid de Helmut Newton  des quatre femmes nues. J’ai vu passer plusieurs tirages de « Pioneer » de Rodchenko, mais le tirage que j’ai gardé, c’est celui que j’ai trouvé en petit format. Chez Mondrian par Kertész  est au format carte postale. Il est petit et je l’aime dans cette taille. Mais je ne l’ai pas acheté parce qu’il était petit, je l’ai acheté parce que c’est la parfaite expression d’une photographie parfaite ».

La part importante de la mode et des VIP dans la collection d’Howard Greenberg ? « A la galerie, j’ai régulièrement organisé des expositions de photographes de mode. Mon seul critère pour les montrer, c’était de trouver des photographes qui faisaient de bonnes photos. La mode, c’était peut-être une excuse parce qu’il fallait gagner sa vie. D’ailleurs, certains photographes ont fait du journalisme, d’autres ont enseigné. William Klein  est l’exemple d’un photographe brillant qui pouvait exercer son talent dans la mode. Ces photos, je ne les vois pas comme des photographies de mode. C’est la même chose avec les célébrités. Beaucoup de photographes ont travaillé avec des gens célèbres et ont fait de bonnes photos, c’est d’ailleurs souvent leur job. Mais quelques-uns ont photographié des gens connus et réalisé des portraits mémorables. C’est ce qui m’attire. Ainsi j’ai dans la collection des portraits signés Arnold Newman, William Klein, Lillian Bassman, ou encore le portrait de Bacon par Bill Brandt. Et comme toujours, posséder le bon tirage est essentiel, parce qu’il s’agit d’images connues dont il existe énormément de tirages tardifs sur le marché ».

Les internautes peuvent acheter des photographies sur le site internet de la Howard Greenberg Gallery, lancé en 2000.

Jusqu’au 28 avril 2013
A la Fondation HCB

2, impasse Lebouis. 75014 Paris
Tel : 01 56 80 27 00
Du mardi au dimanche de 13 h à 18 h 30. Le samedi de 11 h à 18 h 45. Nocturne gratuite le mercredi de 18 h 30 à 20 h 30

Visuels :
 Henri Cartier-Bresson, Madrid, 1933
© Henri Cartier-Bresson/Magnum Photos. Courtesy Fondation HCB et Howard Greenberg Gallery

Leon Levinstein, Cinquième Avenue, ca 1959
© Howard Greenberg Gallery / Courtesy Howard Greenberg Gallery

Dorothea Lange, Cueilleur de coton saisonnier, Eloy, Arizona, 1940
© Library of Congress / Courtesy Howard Greenberg Gallery

Dorothea Lange, Migrant Mother, Nipomo, Californie, 1936
© Library of Congress / Courtesy Howard Greenberg Gallery

Ruth Orkin, Jeune femme américaine en Italie, 1951
© Ruth Orkin / Courtesy Howard Greenberg Gallery

Walker Evans, Eglise pour les noirs, Caroline du Sud, 1936
© Library of Congress / Courtesy Howard Greenberg Gallery

A lire sur ce blog :
Articles in English

Les citations sont extraites du dossier de presse, et de l’entretien réalisé à New York le 23 mai 2012 par Sam Stourdzé.  

mardi 9 avril 2013

Dans l’affaire al-Dura, la Cour d’appel de Paris reporte son délibéré au 22 mai 2013


Le 3 avril 2013, la Cour d’appel de Paris  a annoncé sa décision de reporter son délibéré au 22 mai 2013 dans la plainte pour diffamation initiée par France 2 et Charles Enderlin, son correspondant en Israël, contre Philippe Karsenty, maire-adjoint de Neuilly et directeur de l’agence de notation des médias Media-Ratings. Au centre : le reportage controversé de Charles Enderlin et Talal Abu Rahma, diffusé par France 2 le 30 septembre 2000, et accusant Tsahal d’avoir intentionnellement tué l’enfant dénommé Mohamed a(l)-Dura et blessé son père Jamal.

Ce 3 avril 2013, vers 13 h 30, la salle d’audience de la Cour d’appel de Paris est ensoleillée, mais peu remplie.

Sont présents Me Bénédicte Amblard, avocate de France Télévisions et de Charles Enderlin, Philippe Karsenty, ainsi que quelques journalistes.

Pour la deuxième fois, Charles Enderlin est absent d’une audience d’une procédure qu’il a initiée, mais sera présent à Paris, à quelques jours de cette audience, pour lancer son nouveau livre. En effet, il donnera sa conférence/débat  Israël et l’irrésistible ascension du messianisme juif organisée par La Paix Maintenant , le 9 avril 2013, au cercle Bernard Lazare. Il y parlera de son nouveau livre Au nom du Temple. Israël et l’irrésistible ascension du messianisme juif (1967-2013).

Coïncidence : alors que l’arrêt de la Cour est attendu en silence, sort dans les salles de cinéma françaises Inch Allah d’Anaïs Barbeau-Lavalette, film distillant le narratif palestinien, dont deux blood libels.
 
Report sans motivation éclairante
Vers 13 h 40, les trois magistrats de la Cour d’appel de Paris entrent dans la salle.

« La Cour n’est pas en mesure de rendre son arrêt. Le délibéré est prorogé au 22 mai 2013 », déclare laconiquement Jacques Laylavoix, président de la Cour.

Six heures de débats judiciaires, plus de deux mois et demi de réflexion… A l’évidence, la Cour a conscience de l’importance de son prochain arrêt dans une affaire confinant à la « politique arabe de la France », au retentissement international, et aux effets tragiques.

Dans le hall attenant à la salle d’audience, Philippe Karsenty loue la liberté d’expression auprès des journalistes.

Placide, il déclare  : « La Cour d’appel veut plus de temps ». Elle a « conscience que l’arrêt sera décortiqué précisément... Je suis un politicien. Les journalistes sont critiques et demandent beaucoup de transparence aux hommes politiques. Et la société demande beaucoup de transparence aux journalistes. Il n’y a pas une caste de citoyens qui doit être protégée de la critique... Il est très important que les journalistes aient à rendre des comptes quand ils commettent des fautes avec des conséquences aussi importantes et aussi graves ».

Me Orly Rezlan, avocate  dans une autre procédure dans l’affaire a(l)-Dura, s’engouffre dans la salle d’audience. Las ! La Cour a déjà annoncé le report de son délibéré. Avec une ironie mordante, Philippe Karsenty interpelle l’avocate lors d’un bref échange verbal.

Quelques heures après l’annonce du report du délibéré, TéléObs titre son article Affaire Enderlin : Philippe Karsenty sera fixé fin mai. Un glissement sémantique significatif : il ne s’agit plus de l’affaire a(l)-Dura ; l’affaire est désormais dénommée curieusement du patronyme d’une partie civile, comme si Charles Enderlin devenait le prévenu.

A la différence de médias israéliens et américanophones, peu de médias français ont informé sur ce report.

Le 4 avril 2013, le CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) a annoncé ce report du délibéré et publie une interview filmée de Philippe Karsenty au sortir de l’audience. Lors même que le CRIF n’a publié aucun texte sur l’audience cruciale du 16 janvier 2013. C’est si emblématique de la position paradoxale du CRIF…

Le 4 avril 2013, Times of Israel  publie une des rares interviews du physicien Nahum Shahaf, le premier à avoir mené une enquête sérieuse - analyse scrupuleuse des images, reconstitution exacte des lieux, etc. - fondamentale, devenue incontournable sur le controversé reportage a(l)-Dura, et à avoir exclu toute responsabilité israélienne dans les tirs. Souligné les invraisemblances : impact rond de balles sur le mur selon des tirs de face, alors que la position militaire israélienne est située en oblique par rapport à l’emplacement des a(l)-Dura, faible impact de poussière liée à des tirs présumés obliques, etc. Et exclu tout décès, le 30 septembre 2000, de l’enfant filmé.

Cet ancien instructeur balistique à l’université Bar Ilan songe à poursuivre Charles Enderlin et France 2 aux Etats-Unis.

Le 8 avril 2013, la Société des personnels de Libération (SCPL), qui représente les salariés au Conseil de surveillance du journal, a déploré  « que Libération ait relayé ce matin une rumeur sans fondement sur un prétendu compte en Suisse de Laurent Fabius, avec pour effet de l’accréditer. Notre travail de journaliste ne consiste pas à rendre publique une rumeur, mais à enquêter pour savoir si elle correspond à des faits. Ce travail élémentaire n’a pas été fait. Il s’agit là d’une faute déontologique grave ».

Le 11 avril 2013, Nicolas Demorand, directeur de ce quotidien, a présenté ses excuses aux lecteurs de Libération. Il a assumé la responsabilité pour des erreurs.

A méditer par Charles Enderlin et France 2…


A lire sur ce blog :

Cet article a été publié le 9 avril 2013 et modifié le 11 avril 2013.
 

dimanche 24 mars 2013

Les affinités du Conseil régional Ile de France pour la "Palestine" et l’Iran

 
Dans son article Ile-de-France : luxe, voyages et notes de frais  (Le Figaro, 14 décembre 2012), la journaliste Sophie Roquelle livre des informations passionnantes sur la gabegie et le népotisme  de la région Ile-de-France, région la plus riche de France – budget  d’environ 4,7 milliards d’euros -, et s’attarde sur sa coopération internationale  qui absorbe neuf  millions d’euros, selon l’entourage de Valérie Pécresse, conseillère régionale UMP.

Ainsi la région Ile-de-France a développé 14 accords de coopération avec différentes parties du monde dont la « Palestine » et l’Iran.

Le contribuable francilien paie chaque année 500 000 € pour la coopération de cette région avec « Jérusalem-Est (Territoires palestiniens)  ». A comparer aux 300 000 € finançant une piste cyclable à Santiago du Chili.

Rappelons la mobilisation  du Conseil régional francilien du 16 décembre 2009 pour Salah Hamouri, terroriste franco-palestinien non repenti qui a été invité à la signature de cet accord de coopération décentralisée au consulat de France à Jérusalem, le 10 novembre 2012.

La Région d'Ile-de-France va allouer 210 000 € pour « financer l'ouverture à Machhad, deuxième ville d'Iran, d'un bureau du FMDV [Fonds mondial pour le développement des villes présidé par Jean-Paul Huchon, président socialiste du Conseil régional francilien, Nda]. Hasard ? « Dans l'islam chiite, c'est dans cette ville sainte que doit apparaître « l'imam caché ».
 
Le mahdaviat
Dans son remarquable article Waiting for the rapture in Iran  (Christian Science Monitor, 21 décembre 2005), Scott Peterson explique l’importance du mahdaviat, foi dans la venue du mahdi (bien guidé) et actions pour préparer son retour.

« Personnage central de l'eschatologie islamique  », le mahdi est « le restaurateur de la religion et de la justice, celui qui régnera avant la fin des temps » selon l’Encyclopedia of Islam. Pour les chiites, le 12e imam s’est occulté en 874. L'ère de la Grande Occultation se terminera quand l’imam caché « réapparaîtra sur terre pour y instaurer la justice et la paix ».

Ce que Peterson appelle l'« obsession présidentielle » du mahdaviat inspire au président iranien Mahmoud Ahmadinejad « une certitude qui ne laisse que peu de place au compromis. Le comblement du fossé entre riches et pauvres en Iran, le défi lancé à l'Amérique et à Israël et la création d'un programme d'armement nucléaire – toutes ses initiatives s'inscrivent dans la préparation du retour du mahdi ».

Et l’UMP de s’interroger sur cet accord de coopération décentralisée : « Est-ce vraiment indispensable alors que la Région n'a même pas dépensé la totalité du budget voté pour la rénovation des lycées faute d'être capable de mener à bien les travaux ? »


A lire sur ce blog :
 

mardi 26 février 2013

« La loi des plus forts » de Ra’anan Alexandrowicz

Arte diffusera les 26 février et 4 mars 2013 « La loi des plus forts  » (The Law in These Parts, Shilton Hahok), documentaire partial de Ra’anan Alexandrowicz (2012). Coproduit notamment par la France - CNC (Centre national du cinéma) -, le Fond documentaire Sundance et par la Lynn and Jules Kroll Fund for Documentary Film/Foundation for Jewish Culture), ce film biaisé est construit à charge contre Israël en mêlant archives et interviews de responsables israéliens.

« La loi des plus forts » de Ra’anan Alexandrowicz

Grand Prix du jury (documentaire étranger) à Sundance (2012), meilleur documentaire à Jérusalem (2011)… La loi des plus forts  de Ra’anan Alexandrowicz réunit tous les ingrédients assurant un succès critique : parti pris anti-israélien, poncifs infondés, etc.

Ce réalisateur  avait déjà montré une vision sombre d’Israël dans Le Voyage de James à Jérusalem (James’ Journey to Jerusalem).

Ra’anan Alexandrowicz aborde le documentaire avec la même partialité. Et la même fausse naïveté pour dénoncer le langage juridique israélien ésotérique. Une difficulté de compréhension qui n'est pas propre au juridisme israélien, mais que tout justiciable lambda éprouve face à son système national. Profondément, le réalisateur laisse transparaître sa méfiance à l'égard de l'autorité, du pouvoir en général, comme si le pouvoir n'avait aucune légitimité démocratique en Israël ! Autre parti pris : le refus d'interviewer une Palestinienne condamnée par un tribunal militaire israélien pour avoir donné de la nourriture à un terroriste. Un intervenant lui explique que le terme "colonie" est inapproprié - "pas de transfert contraint de population", installations d'individus de plein gré en Judée et en Samarie - et le refus israélien d'appliquer la convention de Genève ? Ra’anan Alexandrowicz persiste dans sa terminologie biaisée.

Il a rudement interrogé des généraux, magistrats du parquet, dont Meir Shamgar, ancien président de la Cour suprême israélienne. "Des sujets d'un pays ennemi" peuvent saisir la Cour suprême israélienne. Une exception juridique mondiale. Une Cour suprême qui doit souvent arbitrer entre les impératifs de la sécurité d’un pays en guerre existentielle – a fortiori lors des Intifadas - et des normes de droit dont une loi datant de l’Empire ottoman (1858). Une Cour qui a souvent accueilli les demandes des Arabes palestiniens et d'organisations droitsdel’hommistes et d'ONG anti-israéliennes subventionnées par les Européens…

"Un monde gris"
« La législation en vigueur dans les Territoires palestiniens occupés dévoilée par ceux qui l’ont mise en place. Un exposé d’une grande rigueur, primé au Festival de Sundance 2012. Lorsqu’en 1967 Israël occupe la bande de Gaza et la Cisjordanie, il y instaure une administration et une législation spécifiques, sous contrôle de l’armée. Plutôt que d'appliquer le droit israélien à ces zones nouvellement conquises, hommes politiques et militaires bâtissent progressivement un système complexe de lois et d’ordonnances, guidés par une préoccupation principale : maintenir l’ordre. Plus de quarante ans après, cette législation est toujours en vigueur. Exemplaire dans sa forme et maintes fois primé, le documentaire interroge ses architectes – de vieux messieurs qui étaient autrefois procureurs ou présidents de cours martiales ou membres de la Haute Cour de justice israélienne. Comment juger les Palestiniens, eux qui sont à la fois des « ennemis » et des résidents de territoires officiellement israéliens ? Quels argumentaires juridiques ont jeté les bases de la colonisation ? Sans jamais occulter la dimension subjective et interprétative de leur travail de documentaristes, Ra’anan Alexandrowicz et Liran Atzmor démontrent avec gravité que le droit n’est pas neutre. Les entretiens, menés dans un décor minimaliste, dévoilent les arcanes d’une législation sur laquelle les citoyens israéliens ne sont que peu consultés et que les Palestiniens ressentent comme arbitraire et opaque. Avec en fil rouge une question cruciale et dérangeante : une occupation militaire est-elle compatible avec l’État de droit ? » C'est ainsi qu'Arte résume ce documentaire.

Il s’agit de « territoires disputés  », et non de « territoires occupés », de « localités » ou d’« implantations » (settlements), et non de « colonies », etc.

L’histoire ne débute pas en 1967. Ces territoires bibliques - la Judée et la Samarie – font partie de ce foyer Juif prévu par la Déclaration Balfour, puis par la Conférence de San Remo (1920), entériné aussi par la Société des Nations, puis par la Charte des Nations unies. Et la partition de la Palestine mandataire, refusée par le monde arabe ou/et musulman en 1948, n’a pas la force des textes précédemment cités. Sous occupations égyptienne – bande de Gaza – et jordanienne – Judée et Samarie -, ces territoires ont abrité des fédayins  qui commettaient des attaques meurtrières contre les civils sraéliens, des terroristes ne respectant pas le droit de la guerre comme le souligne un magistrat.

« La loi des plus forts  » de Ra’anan Alexandrowicz
Israël – producteur Liran Atzmor -, 2012, 86 minutes
Diffusions les :
- 26 février 2013 à 23 h 15 ;
- 4 mars 2013 à 2 h 25.
Visuels : ZDF / © Shark De-Mayo

A lire sur ce blog :

mardi 19 février 2013

Déborah Sportès, peintre

 
Peintre sur toile et sur photographie, Déborah Sportès  inaugure son Espace de création à Paris les 21, 22 et 23 février 2013. Le parcours atypique d’une artiste ayant présenté ses techniques mixtes dans des expositions, salons et foires dans le monde.


Deborah Sportès  est une artiste autodidacte, au style non conventionnel.
Dès l’enfance, la peinture a été « un moteur et une raison de vivre ».

Deborah Sportès s’intéressa aussi à la création d’objets. Et « oscille entre le pouvoir des mots, des couleurs, de la matière ».

Cette comédienne, mannequin et présentatrice d’émissions télévisées peint depuis 1995.

En 2002, pour sa deuxième exposition en un an, Déborah Sportes  a présenté dans le cadre d’Art’titude 20 tableaux, surtout à l’huile. Une matière qu’elle « aime travailler ».

Elle a développé deux styles abstraits : l’un faussement impressionniste, et l’autre caractérisé par des « traînées ».

Dans un souci d’harmonie, elle a « dégradé prunes, verts et bruns » sur une même ligne, horizontale ou verticale...

Dans diverses expositions en galeries, salons et foires dans le monde, cette artiste a montré des œuvres reproduisant des surfaces colorées surchargées de graffitis et traversées de coulées verticales.

Deborah Sportes diversifie ses modes d’expressions, par des incursions dans la photographie, l’art de la maison – partenariat avec le Groupe MAISON de la LITERIE depuis plusieurs années -, l’architecture et la décoration : cette artiste a peint des fresques murales, des surfaces inattendues, des objets, etc.

En 2010, pour les 30 ans de MAISON de la LITERIE, elle a ainsi dessiné à la main le logo du groupe qui l’a utilisé dans toute sa communication cette année-là. Ce logo a aussi été imprimé sur un matelas créé en édition limitée.

Après environ 20 ans de créations, Déborah Sportès inaugure son Espace de création à Paris les 21, 22 et 23 février 2013.

Son but : « proposer au grand public et aux marques son univers ».
 
 
Inauguration les 21 et 22 février 2013 de 11 h à 20 h, et le 23 février 2013 de 13 h à 20 h
Espace de création DS
3, boulevard Emile Augier. 75016 Paris



Visuels :
Almost Famous
polaroid peint 110 x 90 cm
réalisé en collaboration avec François Darmigny

 Inclusion plexi - « Crazy »
34 x 45.5 / 7 cm

Don’t Leave Me
150 x 150 cm

Tableau « Sleep Together » créé par l’artiste peintre Deborah Sportes pour les 30 ans de MAISON de la LITERIE (dimension 150x150 cm).
 
A lire sur ce blog :
 

dimanche 17 février 2013

Al-Dura: French Court (Re-)Considers Philippe Karsenty’s Fate

 
The man who uncovered the Al-Dura video fraud is still being tried for defamation. Updated article.
 
My article is perfectly and kindly translated in English by Michel Gurfinkiel for Pajamas Media.

What will the Court of Appeals of Paris decide about Philippe Karsenty — the deputy mayor of Neuilly, director of the Media Ratings rating agency, and foreign affairs head of the French Liberal Democratic Party (a free-market party)?
 Will it hold him fully guilty of defamation against France Televisions (the umbrella organization behind France’s many state-owned TV channels) and Charles Enderlin, the state-owned France 2 channel chief correspondent in Jerusalem? Or will it release him once and for all based on the fact that he had the right to defame them because he had enough material to substantiate his accusations?
The recent Court hearings on January 16 were about this ultimate question.
Karsenty, one will remember, claimed that the infamous TV report on the killing in cold blood by Israeli soldiers of Palestinian boy Mohamed al-Dura — as it was released on September 30, 2000, by France 2 under Enderlin’s supervision — was a media hoax. Technically, such words can either be understood as defamation under French law, or accepted as legitimate criticism of the way the report was conducted, edited, and distributed worldwide.
The hearings took place in a special atmosphere: Paris was in the middle of a biting cold wave; one could feel it even at the majestic Palais de Justice near Notre Dame cathedral. Then there was the Al-Dura file itself, the ever-increasing suspicion about the report, the concern about Enderlin’s image. A feeling that some kind of censorship was at work, one way or the other, and that taboo issues were at stake. Also, a widespread fear that some of the people involved might engage in legal procedure almost at will.
You could also notice a measure of irritation with Karsenty, along with the growing questioning of “Pallywood,” “Hezbollywood,” “Syriawood,” and almost any other Mideast production.
SNJ, the French journalists union, requested its members attend the hearings in order to grant support to Enderlin, yet very few turned up for the six-hour Court session. Daniel Bilalian and Vincent Nguyen from France 2 were there, as well as Emilie Raffoul of Canal+[1].
However, the top echelon of France Televisions, who had attended a previous Court session on February 27, 2008, was conspicuous by its absence. So were the French Jewish media.
On the other hand, there was a large audience present, including VIPs like Richard Prasquier, the chairman of Crif (the Representative Council of French Jewish Organizations). JSS News, an Israel-based online magazine, covered the hearings live.
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Before the hearings start, Karsenty approaches Enderlin and shakes hands with him. They chat briefly.
The president of the Court, Jacques Laylavoix, sums up the case and the procedure. Reading from stapled sheets of paper, he mentions — quite amazingly — “the Israeli positions” (plural) at the Netzarim crossing in the Gaza Strip. A factual error to be found in earlier Court decisions as well as in the submissions of Enderlin and France Televisions. It appears the judges repeated the plaintiffs’ error.
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Both in the report broadcast by France 2 on September 30, 2000, and in the reels undersigned by Talal Abu Rahma, the Palestinian cameraman, Enderlin says:
"3:00 PM … Everything turns upside down near the colonial settlement of Netzarim in the Gaza Strip… Here, Jamal and his son Mohamed are targeted by shootings from the Israeli position (singular) … Mohamed is 12 years old … His father tries to protect him … He waves his hand … But a new burst of fire … Mohamed is dead and his father heavily wounded …"
The France 2 report draws doubts and investigations from and by Nahum Shahaf, an Israeli physicist; Gerard Huber, a French psychoanalyst and philosopher of science; Stéphane Juffa, the editor in chief of Mena, a press agency; Esther Schapira, a German journalist and filmmaker; Luc Rosenzweig, a French journalist; and Richard Landes, the American scholar who coined “Pallywood” as a generic name for the Palestinian propaganda industry.
Things got more polemical as France 2 declined to release the report’s rushes, and as Abu Rahma made contradictory statements about what happened. On October 3, 2000, Abu Rahma declared under oath at the Palestinian Human Rights Center that “the child was killed on purpose and in cold blood by the Israeli Army.” Two years later, on September 30, 2002, he said in a facsimile message sent to the France 2 Jerusalem desk: “I never said to the Palestinian Human Rights Organization that Israeli soldiers killed Mohamed al-Dura and wounded his father on purpose and in full awareness.”
What first amounted to a discussion about the shootings — who actually shot, Israelis or Palestinians? — quickly switched to whether the whole France 2 narrative and the facts it relied upon were true or not.
Karsenty, as the director of Media Ratings, twice dismissed the France 2 report as a “media hoax,” “sham reporting,” “pure fiction,“ and a “hoax” in two electronic messages forwarded in November 2004. Moreover, he demanded that both Enderlin and Arlette Chabot, then-director of information at France 2, be fired.
Enderlin and Chabot’s reaction was to sue Karsenty for defamation. Karsenty was found guilty by the Court of Paris on October 19, 2006. He appealed. Upon his demand, the Court of Appeals of Paris requested on October 3, 2007, that France 2 present the report rushes. After viewing them, the Court released Karsenty on May 21, 2008. Moreover, it berated the respondent party.
However, the Court of Annulment, France’s highest authority in judicial matters, quashed the decision on technical grounds on February 28, 2012: it argued that the defender is supposed to produce evidence by himself.
The case was thus sent back to the Court of Appeals of Paris — with a new panel of judges — in order to either confirm or revoke its decision. Hence the current hearings.
The Court’s president asks Karsenty to introduce himself.
Karsenty presents the equipment he will use in order to defend his standpoint: a PowerPoint presentation consisting of September 30, 2000 press agencies’ rushes; and a one-hundredth model of the Netzarim crossing.
Then, he corrects the president’s aformentioned error: there was only one Israeli position at Netzarim crossing.
He reminds the Court about his political duties as deputy mayor of Neuilly (a posh surburban municipality in Greater Paris, of which Nicolas Sarkozy was mayor until being elected president) and as spokesman and person in charge for international affairs at the Liberal Democratic Party (nothing to do with the American Democrat party — they were the only ones in France to support Mitt Romney).
Then, he places the Al-Dura case within the global historical context and points to the controversial pictures’ “planet-wide impact”: from Osama Bin Laden, who used them to instill hatred among jihadists; to the video featuring the slaughtering by jihadists in Pakistan of the American journalist Daniel Pearl, inlayed with the face of Mohamed Al-Dura; to the French jihadist Mohamed Merah, who ascribed his killing spree in Montauban and Toulouse in March 2012 to a will to avenge the Palestinian boy:
Back in 2002, I, like many other people, just held as wholly unthinkable that France 2, the French public television, would broadcast a false report, or make any mistake, especially within the framework of a report commented by Charles Enderlin. … He is seen in France as the voice of the Middle East. Dominique de Villepin is reported to have asked, just ahead of a press conference at the French embassy in Israel: “What does Charles think about it ?” One must remember how powerful Enderlin is as a character. He is a very convincing person. I would dare to say that he is the Middle East’s Thierry Roland.
(Dominique de Villepin is a former conservative foreign minister and prime minister of France. Thierry Roland was for decades the number one TV commentator on sports in France.)
Karsenty reminds the Court about Enderlin’s political friends: Jacques Chirac, the former president of France; Bertrand Delanoë, the mayor of Paris. “And Shimon Peres,” Enderlin adds. Karsenty:
As a matter of fact, I think that Enderlin is a victim. He is the victim of his cameraman, who supplied him with doubtful pictures. He is the victim of his own fame, which somehow prevented him to admit he had erred. He is the victim of his friends or of those who pass as his friends, who built around him a wall to protect him against the truth.
Karsenty then explains how he gradually got involved in the ever-changing controversy, both through personal research and professional investigation undertaken within his agency’s activities.
Karsenty starts his presentation by quoting “La Charte des Antennes de France Television” [2], the ethical and deontological charter of France Televisions.
He then displays samples from France 2 news programs devoted to the Al-Dura case and its legal developments as evidence that the channel did not just report facts or events, but actually distorted them in its own interest.
Moreover, he mentions that Senator Jean-Pierre Plancade, the deputy chairman of the French Senate’s commission on Culture, Education and Communication, quoted another deontological code — the “Charte du Groupe Audiovisuel Public (Charter for Public Broadcasting)” — on July 12, 2010, in a question to Remy Pfimlin, then a candidate to France Televisions’ chairmanship.
As he did in the 2008 hearings, Karsenty displays evidence that on October 1, 2000, France 2 broadcast as a factual report complete with comments by Enderlin a mere staging by Gaza militants. The respondent party looks embarrassed.
Karsenty then displays more samples to establish that anonymous Palestinians were staging various war sketches at Netzarim crossing on September 30, 2000, the very day of Mohamed Al-Dura’s alleged killing, and shows how these playlets were staged in order to pass as real incidents and as evidence of tension on the ground. He lists the famous Al-Dura report’s many contradictions.
He insists on the unlikelihood of many parts of the report: no blood on the sidewalk, the walls, or the alleged victims’ clothes, almost no bullet impacts on the wall after what was a supposedly 45-minute shooting, and so on.
He stresses that there are many contradictions between Enderlin’s and Abu Rahma’s narratives on the Netzarim shooting. Regarding the Palestinian cameraman, Karsenty reminds the Court that he said on April 2, 2001, in an interview with Le Matin du Sahara, that “he made a decision to become a journalist in order to uphold the Palestinian cause.”
All in all, Karsenty speaks for about an hour and one half (with one interruption by Enderlin on a factual point). To conclude, he quotes one of the two texts for which he is being sued: “Charles Enderlin erred and by his very erring led us into error.”

Enderlin did not express any dissent with what amounted to a lecture on controversial images. The only time he attempted to correct Karsenty, he withdrew on face of evidence. When Karsenty quoted Abu Rahma as saying: “The Israelis kept shooting the child for 45 minutes,” Enderlin shook his head, and claimed “that was not true.” “Let’s look again”, Karsenty replied. Indeed, the France 2 cameraman was heard saying it, several times: “The Israeli soldiers targeted the child for 45 minutes.”

It is now the plaintiff’s turn. Enderlin stresses that he is a good Israeli citizen, that he served in the Israeli Army and that his children served in the Army also. In other terms, there are no reasons why he would harm his country.
He then quickly conjures up the tensions stirred in September 2000 by Ariel Sharon’s visit to what he terms “the Mosques Esplanade“ (the Temple Mount, according to Jews and Christians). True, he was in Ramallah (on the West Bank) on September 30, and not in the Gaza Strip. On the other hand, he knew the place very well and trusted Talal Abu Rahma, who at the very moment he was filming the controversial scene called him on the phone and told him in a tragic tone that he was “filming a child’s death.” Charles Enderlin does not make clear how the cameraman would know, in a premonitory manner, that the child would die, and not the father, especially since the child did not appear to be wounded.
Did Enderlin ever entertain doubts about the cameraman? He says that he consulted the Shin Bet (Israel’s home security service) about Talal Abu Rahma, “who constantly goes out of Gaza.” He admits that Abu Rahma does not hold a press card anymore.
Enderlin admits that he made a mistake when he mentioned to Telerama (a magazine dealing with TV programs and cultural issues) that he edited out images showing “Mohamed al-Dura’s agony.” “Agony” (“agonie” in French, which means both “dying“ and “unbearable suffering”) was not the proper word to be used, even if the Littré dictionary (the French language’s most respected, but somewhat outdated dictionary) could be quoted to the contrary.
Enderlin and France Televisions then use DVDs to make their point. They intend to show again the Al-Dura report and other films they already submitted in the 2008 hearings. Unbelievably, technical difficulties arise. Karsenty obligingly lends his own loudspeakers to allow for a proper sound level.
Some scenes had already been dissected by Karsenty, and had raised the audience’s hilarity.
As for the picture of a Palestinian child brought to the morgue on September 30, held by the plaintiffs as being Mohamed Al-Dura’s, Karsenty establishes on sheer chronological grounds that it must be another child.
Three witnesses speak on behalf of the appellant.
Esther Schapira, a frequently awarded German journalist and filmmaker, explains that she devoted a first documentary movie to the Al-Dura case in 2002: Three Bullets and a Dead Child. She says she made sure to listen to both parties, and did not question then the images’ authenticity, even if she suspected the boy to have been killed by Palestinian gunmen rather than by Israeli soldiers. However, she adds that she was dismayed — since France 2 and ARD, the German TV channel she was working for, were partners in the same European media network and usually cooperated in such matters — that Charles Enderlin declined to show her the France 2 report rushes. Even more shockingly, she was not just deprived of any help in her investigation but was actually threatened.
Schapira says also that Karsenty visited her in Frankfurt in 2002, after her documentary was broadcast by ARD, and he viewed her rushes at length. This is an important statement as far as the appellant is concerned, since it confirms that he was already engaged in a serious investigation and already fully cognizant of the inconsistencies and contradictions of the France 2 report. The appellant’s lawyers will refer to it later on.
After she finally viewed the France 2 rushes during the 2007 hearings in Paris, Schapira completed a second movie: The Child, the Death and the Truth. She insists that Enderlin made two grave errors about her in his book Un Enfant est mort (A Child Died): contrary to what he said, she visited the Gaza Strip; and her movies were sold out of Germany, the first one to nine different countries and the second one to five countries.
Dr. Patrick Bloch, war surgeon and medical expert, makes clear that children hit by bullets “don’t move, as a result of a specific traumatic shock, but stay in a state of sideration,” contrary to the allegedly wounded child shown in the France 2 report who does move. Moreover, bullets usually go through a human body and “always create a second visible wound as they go out,“ except when lodged in the head and the thorax, where they may remain. Also, the damage created by high-velocity bullets, either in terms of flesh or blood projection, is always significant, whereas no such necessary outcome of a shooting is to be seen in the report. If the femoral artery is hit — something that happened to the father, according to his own words — “blood runs out at a 300 to 600 milliliters per minute speed, which means that the wounded person is completely emptied of his or her blood in 10 minutes.” The father, Jamal al-Dura, is supposed to have been rescued by an ambulance after 20 minutes of bleeding.
The terse and sharp-minded public prosecutor Jean-François Cormaille de Valbray asks Dr. Bloch about a reddish spot he says he has noticed on Jamal al-Dura’s abdomen. The expert looks carefully at the spot. After some reflection on the matter, Dr. Bloch concludes that while it is likely to be just a color spot that popped up through image processing, it could be a blood stain as well.
Jean-Claude Schlinger, a ballistic expert to the Court of Appeals of Paris, was consulted in 2008 at Karsenty’s request, and built up his opinion on both the report and additional evidence. From the “eight bullet impacts” that can be seen behind the Al-Dura persons, he concludes that the shootings cannot have originated from the Israeli position. From a 30° shooting angle, the impacts would have been oval-shaped rather than round — and a 45-minute non-stop shooting is totally unbelievable. Schlinger goes so far as to admit that the whole thing “may have been staged.” Cormaille de Valbray asks: “How can one say that the people who hit the Al-Duras were not snipers, who shot bit by bit?“
Schlinger’s reply is even terser: “Because the cameraman said otherwise”.
The actual pleading starts in the afternoon. Under French law [3], the defendant in a defamation case is released if he can prove that his assertions are true, or that he acted in good faith. And good faith, in turn, needs four conditions under French case law to be established: a serious preliminary investigation; a legitimate aim; caution in the wording; and the absence of personal enmity. More often than not, release is granted under an assumption of good faith.
Maître Bénédicte Amblard, counsel for France Televisions and Charles Enderlin, faintly denounces “a media destruction undertaking,” labors to establish that defamation is “well-established,” argues that Karsenty has no access in 2004 to any information that would substantiate his statements, and requests him to be found guilty and “legally publicized as such … in order to turn the page.” She says that a book and a movie will be available shortly.
Prosecutor Jean-Francois Cormaille de Valbray reminds the Court that it does not rule on “historic truth” in “a difficult, sensitive debate,” but rather on “the defamatory character of the incriminated remarks.” He leaves it to the Court to decide, just as he did previously in Jamal al-Dura’s suit against Dr. Yehuda David, an Israeli witness, and Clément Weill-Raynal, a French journalist.
Maître Delphine Meillet and Maître Patrick Maisonneuve, Karsenty’s counsels, claim on behalf of him “a strategy” of deliberate, yet legitimate, “provocation.” According to them, it was the only way to crush the media silencing of any questioning about the reality of the France 2 report’s allegations[4]. They mention case law precedents allowing “for the sake of the public interest” either “immoderate remarks” or “an amount of exaggeration, or even of provocation” in remarks (in particular a Court of Annulments decision from February 3, 2011).
To keep it short, Philippe Karsenty “conveniently broke the law in the interest of our democracy.” What he did can be described as “defamation without personal enmity, with a legitimate object, in good faith, substantiated by a serious and protracted investigation drawing from different sources.”
There is a light moment as Maître Delphine Meillet sarcastically quotes some certificates put forward by the respondent party in order to validate previous certificates delivered by Palestinian cameramen[5].
The Court will deliver its judgment on April 3, 2013.

An incident occurs right after the hearings, as people are leaving the courtroom. It does not involve the parties. In an adjacent hall, Charles Enderlin calls Esther Schapira “a militant journalist“ in English. He wonders why she interviewed only three of the twenty Israeli soldiers or so that were on duty at Netzarim on September 30.
I reply: “Why did you not tell it to the Court?”
Enderlin shrugs. I insist: “You should have told it to your counsel, who in turn would have asked the Court.”
Finally, as I advance the view that “Talal Abu Rahma is a militant cameraman,” he goes away, in the custody of three people. One whispers to him: “They are filming you … “.
Esther Schapira will tell me later that she interviewed only the three Israeli soldiers who were standing in front of the Al-Duras. The other soldiers could not possibly have watched the scene from where they stood.
French-style journalism vs. Western-style journalism, opacity vs. transparency, blind faith vs. methodical doubt. There is a striking contrast between the two journalists.
There were some changes since 2000 in the stances of both France 2 and Talal Abu Rahma.
Thus, Arlette Chabot, the then director of news at France 2, said on November 16, 2004: “One will never know where the shootings came from. Was it from the Israeli or the Palestinian position?”
Nevertheless, and in spite of many revelations about other Mideast fabrications, Charles Enderlin unconvincingly sticks to his 2000 comments.
Charles Enderlin claims he knows the place well. Still, being asked by Richard Landes about the Israeli position, he did not locate it accurately on a map.
Moreover, he has resorted to puzzling details. During the present hearing, he said that the ambulance man attempted in vain to resuscitate Mohamed Al-Dura. Quite a new fact, it seems. How do we reconcile it with the France 2 report as it has been released, according to which the ambulance arrives after the child has been declared dead by the commentator? Was the ambulance man a doctor as well? Why did he engage into a resuscitation attempt? Everything is clouded in mystery. All the more so since Mohamed al-Dura must have been emptied of his blood in the course of an alleged 45-minute shooting.
Even if no blood is to be seen on the film.
Strangely enough, almost no French media saw to it to publish or quote the AFP dispatch about the January 16 hearing. Except Rue89, which published a rather partial piece.
On January 21, Charles Enderlin posted a factual account of the hearing, written at the third singular person, on his blog. He did not answer the questions raised by his report.
On February 11 and 12, 2013, Enderlin posted two articles: Esther Schapira and Esther in Gaza. He criticized Esther Schapira's work.
On February 22, 2013, Esther Schapira posted her Open Letter to Charles Enderlin.
 

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[1] Emilie Raffoul signed the Pour Charles Enderlin pétition (siding with Enderlin). Along with Stéphane Harment, she authored a TV report mentioning the Al-Dura controvesy that was broadcast on April 24, 2008 by Jeudi Investigation, a program on the French privately owned TV channel Canal+. Jeudi Investigation and Tac Presse were found guilty of defamation against Philippe Karsenty by the Court of Paris on June 10, 2010. The judgement was upheld by the Court of Appeals of Paris on January 5, 2012.
[2] http://www.francetelevisions.fr/downloads/charte_des_antennes_web.pdf. See page 50.
[3] According to the French Freedom of Press Act, passed on July 29, 1881.
[4] France 2 is one of France Televisions several TV channels.
[5] France 2 broadcast in 2002 one of Pallywood’s most egregious flops: a scene where the corpse of the alleged victim of an Israeli shooting rises from a stretcher and runs.


Veronique Chemla is an investigative journalist based in Paris. She also contributes to FrontPage Magazine and American Thinker, and posts at The Veronique Chemla Report.
 
 
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