Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

lundi 10 mars 2014

Un Matisse rendu en 2008 à la MDA UK est retourné à Francfort


 Le 11 mars 2014, Aurélie Filippetti, ministre de la Culture, restituera trois tableaux - Paysage montagneux du peintre flamand Joos de Momper (1564-1635), Portrait de femme  du XVIIIe siècle,  déposé au département des peintures du Louvre, dont l'auteur serait Louis Tocqué et les propriétaires étaient Rosa et Jakob Oppenheimer, marchands d'art berlinois Juifs, et une Vierge à l'Enfant, conservée dans ledit département, copie d'après Lippo Memmi ou un artiste de son cercle - aux ayants-droit de leurs propriétaires spoliés lors de la Seconde Guerre mondiale.
En illustration de mes articles sur Rose Valland et le pillage des oeuvres d'art appartenant à des Juifs en France pendant la Seconde Guerre mondiale ainsi que sur les amateurs d’art Juifs américains éclairés, Léo, Gertrude, Michael et son épouse Sarah Stein, et alors que le Centre Pompidou présente l’exposition Matisse, Paires et séries, je republie cet article sur la restitution en 2008, à son ayant-droit, dn tableau Paysage, le mur rose [de l’hôpital d’Ajaccio] (1898) de Matisse, ayant appartenu à un Allemand Juif spolié, Harry Fuld Senior. Une oeuvre acquise en 2010 par le musée Juif de Francfort (Jüdisches Museum Frankfurt).

 
Le 27 novembre 2008, Christine Albanel, alors ministre de la Culture, a restitué à Paris un tableau de Matisse, Paysage, le mur rose [de l’hôpital d’Ajaccio] (1898), à la Maguen David Adom du Royaume-Uni (MDA-UK), héritière de son propriétaire et représentée par Stuart Glyn.

Ce « geste s'inscrit dans le cadre de la politique française de recherche de provenance et de restitution des œuvres d'art pillées durant la guerre ».

Montrée par la galerie Druet en 1906, cette œuvre de jeunesse de Matisse figurait à la vente de la collection la « Peau de l’Ours » à Paris en 1914. Elle avait été vendue en 1914 à un marchand d’art allemand qui l’amena dans son pays, marquée du tampon des douanes françaises à son revers.

Un collectionneur Juif francfortois
Fondateur en 1899 de la première compagnie de téléphone allemande, Harry Fuld Senior était un collectionneur francfortois, et il acheta ce tableau de Matisse.

Son fils, Harry Fuld Junior, hérita de sa collection en 1932. En 1937, il fuit les persécutions antisémites de l’Allemagne nazie pour l’Angleterre, laissant dans son pays natal en particulier plusieurs boîtes emplies de tableaux. En 1941, il est spolié de ses biens, vendus en 1942. Il reconstitua l’inventaire après-guerre et conserva des photographies de la collection familiale, sans les négatifs.

Ce Matisse est retrouvé en 1948, sans document explicatif, dans une cache à Talheim (Allemagne) parmi des biens de Kurt Gerstein (1905-1945), officier controversé de la SS qui s’était suicidé en juillet 1945. Chargé de livrer le gaz Zyklon B dans les camps d’extermination, Kurt Gerstein avait alerté le Pape Pie XII et les Alliés sur la Solution finale. Selon un ami de Gerstein, cette œuvre picturale aurait été achetée « chez un camarade d’école à Berlin », peut-être le marchand de tableaux berlinois, Hans Lange, chargé de la vente en 1942.

Ce tableau est transféré au Central Collecting Point de Baden-Baden.

Au vu de son tampon, la France le récupéra en 1949 et l’inscrivit comme MNR (Musées nationaux récupération), i.e. une œuvre d’art issue de spoliation ou vente forcée de biens, souvent juifs, pendant la Seconde Guerre mondiale, et gardée dans l’attente de son identification par son propriétaire.

« Restituer, c’est se souvenir et réparer » (Christine Albanel)
Attribué aux Musées nationaux, en l’occurrence le musée national d’Art moderne en 1951, ce Matisse est prêté en 1952 au musée de Nantes pour huit mois.

Gisella Martin hérita d’Harry Fuld Junior, mort en 1962. Décédée en 1994, elle avait comme légataire la branche britannique de la MDA.

Depuis 1997, ce Matisse figurait sur la base de données en ligne des « MNR ». Il était conservé au Centre Pompidou depuis 2000.

Il est inclus dans la présentation inaugurale des collections du Musée d’art et d’histoire du judaïsme (MAHJ) en 1998-1999.

En 2008, il est montré lors de l’exposition A qui appartenaient ces tableaux ? Spoliations, restitutions et recherche de provenance : le sort des œuvres d'art revenues d’Allemagne après la guerre organisée à l’initiative du ministère de la Culture et de la Communication et du ministère des Affaires étrangères en 2008 au musée d’Israël (Jérusalem), puis au Musée d’art et d’histoire du judaïsme (Paris).

Se fondant sur la base de données en ligne dite MNR, l’historienne d’art allemande Marina Blumberg parvint à retrouver son propriétaire, décédé, et son héritière décédée. La succession en revint à la branche britannique de la MDA. Elle s’adressa alors au ministère des Affaires étrangères, responsable des œuvres « orphelines » et au Centre Pompidou.

La MDA UK a exposé ce Matisse à Berlin, puis à Francfort. Elle espérait le vendre – entre 100 000 dollars et 150 000 dollars - à un « bienfaiteur » qui le confierait à un musée israélien.

« Il y avait 27 caisses d’œuvres d’art entreposées par Harry Fuld Jr qui ont été « confisquées » par les Nazis. En théorie, le contenu de ces 27 caisses ont été léguées par Mme Martin à la MDA du Royaume-Uni. L’identification et la récupération du contenu de ces caisses est hautement problématique et sensible. Plusieurs œuvres ont été clairement identifiées et localisées. Les investigations se poursuivent », m’écrivait Stuart Glyn, représentant de la MDA-RU, le 30 novembre 2008. Parmi ces œuvres : des statues de Bouddha datant du XIIe siècle, des œuvres des maîtres italiens du XVIe siècle, du mobilier d'époque...

« Dès l'après-guerre, avec le retour en France de 60 000 œuvres spoliées, un immense travail de recherche de l'administration français s'est ouvert pour les rendre à leurs propriétaires. Il a permis, en l'espace de 5 ans, d'en restituer 45 000. Sur les 15 000 restantes, 2 000 œuvres d'exception ont été confiées provisoirement à la garde des musées sur un inventaire particulier sous le signe MNR, Monuments Nationaux Récupération », a déclaré Christine Albanel, alors ministre de la Culture, en restituant ce tableau de Matisse à son ayant-droit, la MDA-UK, le 27 novembre 2008, au siège du ministère.

Stuart Glyn espérait vendre ce Matisse – entre 100 000 dollars et 150 000 dollars - à un « bienfaiteur » qui le confierait à un musée israélien. Il l’a exposé à Berlin, puis à Francfort.

Grâce à des donateurs et à des fondations, le musée Juif de Francfort (Jüdisches Museum Frankfurt) a acheté en 2010 ce Matisse pour 200 0000 euros.


Addendum :
En février 2013, le ministère français de la Culture a annoncé son intention de rendre à deux familles Juives sept tableaux dont elles avaient été spoliées par les Nazis. Ces tableaux étaient conservées dans des musées.
En avril 2013, 44 carnets ont été découverts dans la maison de vente aux enchères munichoise Weinmüller. Une liste d'oeuvres confisquées, aryanisées ou ventes sous la contrainte dans les années 1930 et pendant la Seconde Guerre mondiale. 
 
 
Visuel :
Matisse
© Jüdisches Museum Frankfurt, Axel Schneider.
Articles sur ce blog concernant :

Cet article avait été commandé par L'Arche. Il a été publié sur ce blog les 15 mars 2012, 17 février  et 1er mai 2013.

dimanche 2 février 2014

« Noces Végétales » de Tzuri Gueta


La Fondation Ateliers d’Art de France et le Muséum national d’Histoire naturelle  présentent Noces Végétales, première exposition à Paris du créateur israélien Tzuri Gueta, dans les Grandes Serres  restaurées du Jardin des Plantes. Des œuvres organiques, oniriques, gracieuses, légères, douces dans un espace exotique aquatique et verdoyant. Comme des vestiges envahis par la Nature, enserrés par des végétaux décoratifs. 

« Quand j’étais petit, mon frère ainé pratiquait la plongée sous-marine. Je l’attendais au bord de la plage. Puis, j’ai appris la plongée et j’ai découvert un monde fascinant », a déclaré lors du vernissage presse Tzuri Gueta qui a grandi à Givat Olga, près de Hadera, sur la côte méditerranéenne d’Israël. Nul doute que son enfance a inspiré ses créations à mi-chemin entre l'artisanat et l'art, un "art appliqué" lié au monde sous-marin.


« Inventeur d’une technique unique et brevetée de « dentelle siliconée », Tzuri Gueta révèle depuis plus de quinze ans à travers ses textiles, ses parures et ses mises en scène un univers résolument organique, végétal ou géologique qui ne demandait qu’à s’épanouir dans un lieu dédié à la nature. Tzuri Gueta a choisi de présenter son exposition Noces Végétales à Paris, dans les Grandes Serres du Jardin des Plantes, et plus particulièrement dans la serre des forêts tropicales humides » qui « offre un dépaysement immédiat avec une immersion dans l’atmosphère chaude et humide d’une forêt tropicale imaginaire. S’y côtoient grands arbres, comme les ficus et le palmier des Bermudes, arbustes et arbrisseaux, grandes herbacées comme les bananiers, petites herbes du sous-bois, lianes, fougères, orchidées... Ses allées mènent à un imposant rocher recouvert d’un superbe Monstera deliciosa, sorte de philodendron, d’où l’on peut découvrir tout le panorama de la serre ».
A l’entrée, les œuvres de Tzuri Gueta sont difficilement discernables tant elles ressemblent aux lianes pendantes.

Prix Le créateur
À travers sa Fondation visant à « valoriser l’inventivité des métiers d’art et encourager leur modernité », Ateliers d’Art de France se joint au Muséum national d’Histoire naturelle pour présenter Noces Végétales dans les Serres du Jardin des Plantes, lieu emblématique dédié à l’univers végétal et accueillant la réalisation du projet désigné lauréat du Prix Le Créateur 2012 de la Fondation Ateliers d’Art de France.
Avec ce Prix, cette Fondation « récompense un professionnel des métiers d’art en lui offrant la possibilité de présenter son travail sous une forme à la fois exceptionnelle et singulière. À lui de proposer un concept et un lieu inhabituels, permettant de porter un regard différent sur les métiers d’art et de toucher un nouveau public ».
Au « carrefour des sciences de la Terre, de la Vie et de l’Homme, le Muséum d’histoire naturelle se consacre quotidiennement – et ce depuis près de 400 ans – à la nature. Créé en 1635, à l’origine jardin royal à vocation médicinale et lieu d’enseignement, devenu Muséum d’histoire naturelle en 1793, il est à la source de découvertes scientifiques majeures en sciences naturelles », et un lieu d’« enseignement hors pair ».
En juin 2012, le créateur textile Tzuri Gueta est le « premier lauréat du Prix pour son projet d’exposition qu’il rêvait au cœur d’un écrin dédié à la nature, où ses créations s’uniraient à la végétation : les Grandes Serres du Jardin des Plantes. Ainsi est né le projet Noces Végétales ». Source d’inspiration pour de nombreux artistes – peintres, hommes de lettres, sculpteurs ou musiciens – le Jardin des Plantes entretient depuis sa création au XVIIe siècle une relation féconde entre les sciences naturalistes et l’art.
Les créations de Tzuri Gueta investissent « la serre des forêts tropicales humides, bâtiment classé monument historique où l’on accède par un majestueux péristyle Art déco. Ferronniers, verriers, mosaïstes… cet écrin de verre et d’acier dédié à la botanique est né des gestes d’artisans d’art qui ont sublimé la matière ». Un « lieu choisi pour sa singularité et les résonances » avec ces créations.

Unions oniriques
Titulaire en 1996 du diplôme d’un master d’ingénieur textile du Shenkar College of Engineering and Design  de Ramat Gan, près de Tel Aviv (Israël) où il a effectué des recherches sur les polymères, Tzuri Gueta associe les compétences d’ingénieur, de créateur, de designer et d’explorateur.
Il s’installe à Paris en 1996. Il travaille pour l’agence Trend Union de Li Edelkoort, puis les ateliers du couturier Thierry Mugler. La Haute Couture est séduite par l’avant-gardisme du travail et les qualités créatives de Tzuri Gueta.
L’originalité du travail de cet artiste réside aussi dans sa technique de travail : l’injection de silicone. Tzuri Gueta recourt au silicone comme « colle » pour « maintenir des morceaux de textile, là où d’autres les assemblent à la machine à coudre. Les qualités artistiques du silicone, sa souplesse, sa capacité à se mélanger aux pigments et aux paillettes » ont ensuite incité Tzuri Gueta à le valoriser. Tzuri Gueta évalue à 20-25% la part d’aléatoire dans le processus du travail du silicone destiné à ses créations.
En 2005, Tzuri Gueta dépose son brevet de « dentelle siliconée ». Dans son atelier-laboratoire, grâce à cette technique qu’il garde secrète, il crée « sur le textile des volumes et des effets de perles, des « paysages » au toucher presque dérangeant, tant la texture est douce et onctueuse, d’une sensualité de peau humaine ».
Tzuri Gueta fabrique « des textiles troublants aux effets de matière, imprimés, gaufrés, découpés au laser et capables d’imiter les textures organiques ou végétales comme le cactus, le galuchat ou la peau de serpent ».
Il produit désormais régulièrement des gammes de textiles inédits pour Chanel, Issey Miyake, Jean-Paul Gaultier, Armani, Dior ou Givenchy. En 2013, ses « corolles en gel sablé associées à la dernière collection de la maison de Haute Couture Stéphane Rolland ont inauguré une nouvelle et prestigieuse collaboration ».
Si Tzuri Gueta « s’est d’abord fait connaître par son travail textile, le grand public le découvre à travers ses bijoux : ses bagues de la collection emblématique Boule, réalisées en maille hérissée de picots de silicone, mais aussi ses colliers au profil de corail ou d’ossements blanchis, et ses modèles exubérants qui se répandent en grappes, en pétales ou en perles de rosée. Les lustres et les paravents qu’il conçoit ne sont parfois que des bijoux qui changent d’échelle, extrapolant leurs formes de gouttes ou de cocons ».
Le monde de l’art découvre « l’emblématique Récif, un vélo abandonné que les algues semblent prendre d’assaut ».
En 2010, le Musée d’Art contemporain de Tel Aviv consacre à Tzuri Gueta une exposition individuelle sur son travail textile.
Les cinéphiles se souviennent de la robe en silicone désormais iconique, aussi romantique qu’ultra-futuriste, portée par l’actrice Milla Jovovich dans Les trois mousquetaires » de Paul William Scott Anderson (2011).
Sous le Viaduc des Arts, Tzuri Gueta a installé son atelier-showroom-galerie parisien ouvert en 2011. Là, il y travaille avec une dizaine de collaborateurs bénéficiant de formation textile ou bijou pour produire des pièces uniques dans « une approche transversale de tous les domaines de la création ».
« Utilisant une matière naturelle issue du silicium associée au textile pour créer des œuvres d’inspiration organique, Tzuri Gueta sublime une nature protégée et contrôlée en proposant un parcours dans les Grandes Serres à la fois réel et rêvé, empreint de symboles ».
Le « monde végétal se découvre autrement, à travers l’œil du créateur, passé sous le spectre de la modernité, de l’imaginaire, de l’engouement créatif ».
Noces Végétales « déroule pour le visiteur un parcours initiatique dans les rites et les symboles du mariage ». Les noces célébrées sont celles qui « associent dans un troublant mimétisme la dentelle siliconée et les végétaux abrités par la serre. Un rideau de gouttes déployé comme un dais, des fourreaux de dentelle épousant des troncs d’arbre au plus près de l’écorce ou des extensions de silicone prolongeant une branche mêlent leurs silhouettes organiques à la flore exubérante de la serre. Où se situe la limite entre le végétal et sa prothèse de silicone ? Entre le vrai et le faux ? Les créations simili-végétales de Tzuri Gueta collaborent avec le lieu, créent un dialogue avec les plantes. Elles prennent vie au sein de la serre et évoluent au fil des jours, suivant le rythme de la végétation. La serre devient un terrain de jeu pour un créateur qui sait entretenir la confusion entre les matières ».
Né « sur le rivage d’Israël, Tzuri Gueta a gardé en mémoire les formes organiques des éléments brassés par les fonds sous-marins dont il aime reproduire dans son travail les lignes de coraux, les coloris, mais aussi l’impression de mouvement généré par le courant. C’est cette impression de vie que l’on retrouve ici. Car si ces organismes en dentelle siliconée relèvent d’une nature imaginaire et fantasmée, ils sont pourtant parfaitement vraisemblables. A contrario, la nature ne produit-elle pas elle-même des éléments d’une telle perfection, vernissés et luisants, qu’ils semblent artificiels ? La consistance du silicone, matériau naturel issu du silicium et proche du verre, permet d’autant mieux la mise en œuvre du leurre. Dans Noces Végétales, le créateur n’imite pas la végétation, il la réinvente, en manipulant les codes d’une nature protégée et ultra-contrôlée par le lieu emblématique de la serre ».
Pour Tzuri Gueta, la « serre devient un laboratoire, une couveuse expérimentale dont les parois vitrées n’imposent qu’une frontière fragile entre l’intérieur et l’extérieur. Ses pièces hybrides, minutieusement réalisées à la seringue dans son atelier, sont surdimensionnées pour habiller un lieu si monumental ».
Noces Végétales est « une expérience visuelle et sensorielle propre à perturber le visiteur qui imaginait admirer une multitude de plantes. En s’immergeant dans le silence d’une végétation en trompe-l’œil qui bouscule ses perceptions, il est invité à découvrir la nature autrement, à travers le regard d’un artiste qui s’approprie à loisir le rôle » de « Créateur ».
Le visiteur a l’impression d’observer l’effet du temps sur les objets soumis à un processus de création-destruction silencieux, embellissant. Le temps semble suspendu par la fascination du visiteur admiratif d’une nature exubérante, mêlant ou confondant l’élément aquatique avec celui terrien ou aérien, métamorphosant des objets d’un temps révolu - calèche - en créations raffinées semblant issues de contes et renvoyant à l’imaginaire du visiteur.
OEUVRES
LA CALÈCHE
« En début de parcours, cette calèche monumentale, posée sur un bassin et visible de loin par son envergure, annonce le début d’un voyage immersif dans un autre univers.
Avec sa structure en métal habillée d’une dentelle de coquillages de silicone, elle entretient la confusion sur son origine. Vient-elle d’un monde sous-marin ou bien d’une jungle épaisse qui se serait approprié la structure jusqu’à la coloniser ? Le travail plastique du moulage et de l’injection de silicone accentue la mélancolie de cette calèche que l’on a visiblement longtemps négligée. Seule l’extravagante assise de bois flotté, habillée de la même dentelle, relie la sculpture à une dimension festive ».
TRAVERSÉE VÉGÉTALE
« Ce rideau monumental, qu’il faut franchir comme pour pénétrer dans un autre monde, est un leurre. Ou un demi-leurre puisque c’est le seul endroit de la serre où Tzuri Gueta mêle de longues lianes de silicone à de véritables branchages. Ces fils où la silicone reproduit des formes végétales imitent si bien la nature qu’ils ne peuvent que susciter le trouble chez le visiteur, et poser la question du vrai et du faux. D’autant plus qu’au milieu de cette floraison métissée se cachent, en intrus, des éléments copiés sur le monde sous-marin, tel le corail.
Pour Tzuri Gueta, si ce portique de vraie-fausse végétation cultive le doute, c’est bien en réponse aux plantes parfaites que l’on produit aujourd’hui et dont les couleurs et les textures sont trop extraordinaires pour ne pas être utopiques et génétiquement modifiées ».
PORTIQUE DE DENTELLE
« Pour ce portique plongeant fait de lianes en dentelle Tzuri Gueta utilise une dentelle aux motifs floraux très réalistes, quasi botaniques. Suspendue au-dessus du vide, l’installation en dentelle et silicone s’immerge dans la végétation toujours changeante de la serre ».
BLACK AND WHITE
« Tzuri Gueta, dont l’une des activités essentielles reste la création de vêtements, n’hésite pas à accorder ici des caractéristiques humaines aux végétaux. Aujourd’hui, les artistes tricotent pour les arbres, les parent de colliers surdimensionnés… Peut-on pour autant habiller un tronc comme on habille un corps ?
Le créateur a choisi de vêtir deux arbres : la « robe » blanche qui épouse le haut du tronc puis s’évase autour du pied est chargée de broderies qui donnent du relief à la texture.
La seconde silhouette se détache quant à elle par des éléments décoratifs noirs. Les « peaux » de dentelle empreintes de silicone moulent les arbres comme des fourreaux, au point que l’écorce traverse la trame de la dentelle ; elles symbolisent encore plus qu’ailleurs la fusion qui s’opère entre les végétaux naturels et une nature artificielle. Pour cette oeuvre, Tzuri Gueta a choisi d’introduire dans la serre deux arbres coupés et démontables dont il prolonge les branches par des « prothèses » en silicone ».
PONCTUATION DISCRÈTE
« Des grappes, des nids d’oiseau, des nénuphars qui nagent sur le bassin… Tzuri Gueta inscrit dans la végétation exubérante de la serre des éléments blancs artificiels qui ponctuent le parcours du visiteur. L’intimité des arbres que l’on scarifie pour en prélever la sève ou le latex lui a inspiré des éléments qui « dégoulinent » avec la fluidité d’une liane ou d’une cascade ».
ILOTS ET CASCADE
« Dans la moiteur de la serre, l’eau joue un rôle essentiel, notamment dans l’espace du bassin qui s’impose comme la clef de voûte du parcours.
Le voilà investi par de multiples îlots sculptés et recouverts de maille de silicone, qui se déplacent de façon aléatoire.
Au-dessus du bassin, une cascade de gouttes en silicone, reliée aux arrivées d’eau de la serre, ruisselle. Imposante par sa blancheur et son ampleur, cette installation vibrante conclut le parcours de Noces Végétales ».




Jusqu’au 2 février 2014
Dans les Grandes Serres du Jardin des Plantes
57, rue Cuvier. 75005 Paris
Tous les jours sauf le mardi de 10 h à 17 h




A lire sur ce blog :









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Les citations proviennent du dossier de presse.

jeudi 23 janvier 2014

Interview de Bat Ye'or sur son livre « L’Europe et le spectre du califat »

  
Le 14 octobre 2010, « L’Europe et le spectre du califat » de Bat Ye’or a été publié aux éditions Les Provinciales. Dans cet essai très argumenté, son auteur y évoque les réseaux par lesquels l’Organisation de la conférence islamique (OCI) parvient à atteindre ses buts. Bat Ye'or donne aussi des clés pour comprendre les enjeux du monde contemporain.

Interview de Bat Ye'or sur la dhimmitude
Interview de Bat Ye’or sur Eurabia (1/2)
Interview de Bat Ye’or sur Eurabia (2/2)
Interview de Bat Ye'or sur Geert Wilders et l'OCI
Interview of Bat Ye'or about the OIC, Eurabia, Geert Wilders' Fight, President Obama's diplomacy
Interview de Bat Ye'or sur Eurabia, l'OCI et l'Alliance des civilisations
Interview de Bat Ye'or sur son livre « L’Europe et le spectre du califat »
« L’Europe et le spectre du califat » de Bat Ye’or
Le directeur du CAPE a interdit une conférence de presse de Bat Ye'or
Interview de Bat Ye'or sur le califat et l'Etat islamique/ISIS
Interview de Bat Ye’or sur les « migrants », l’Union européenne et Eurabia

Pourquoi la dhimmitude est-elle la clé pour comprendre notre époque ?

La dhimmitude permet d’entrer dans l’univers conceptuel de l’islam concernant sa mission religieuse obligatoire d’islamisation au niveau mondial – non encore remise en question – et la stratégie, régie par des règles religieuses, que cette mission induit à l’égard du monde non-musulman.

Cette stratégie englobe les champs politique, militaire, juridique, religieux et social.

La dhimmitude entérine la condition dévolue au monde non-musulman par l’idéologie jihadiste. Elle établit leurs relations avec l’oumma, la communauté musulmane, conformément à l’ordre religieux irrévocable prescrit par Allah à son intermédiaire Mahomet.

Le jihad est mené dans le but d’imposer la dhimmitude, une étape provisoire avant la conversion. Jihad et mission sont corrélés, le premier n’étant que la stratégie militaire matérialisant la mission.

Aujourd’hui, il importe de connaître et de comprendre les buts et la stratégie de cette mission et de son modus operandi compte tenu de l’actualité d’un jihadisme planétaire et du renouveau religieux des pays majoritairement musulmans, unifiés dans un corps constitué représentatif, l’Organisation de la conférence islamique (OCI), qui a proclamé sa fidélité à la mission universelle de l’islam.

Pourquoi le jihad est-il, selon l’islam, religion universaliste, une « guerre musulmane défensive, juste et légitime » ?

Cette assertion se comprend par la promesse d’Allah de conférer à sa communauté la gouvernance du monde.

Le jihad consiste à reprendre aux non-musulmans les pays qui doivent revenir à la communauté islamique mais qu’ils occupent indûment. Quand les non-musulmans défendent leurs pays, ils agressent les musulmans qui, selon la promesse d’Allah, ne font que reprendre leurs biens.

Le jihad, entreprise défensive de réappropriation islamique, est juste et légitime car selon l’islam, il établit sur terre les volontés d’Allah. Ceux qui s’y opposent, mettent des obstacles à l’expansion de l’islam et à l’instauration de la sharîa dans leur pays, sont les agresseurs.

Certains présentent l’islam comme une religion abrahamique. Comment y sont présentés les personnages bibliques, tels Abraham, Moïse ou Jésus ?

Le Coran présente Abraham comme un prophète musulman.

D’autres personnages de la Bible sont aussi islamisés et ressemblent peu aux originaux, d’où les conflits de Mahomet avec les Juifs de Médine qui étaient des lettrés connaissant bien la Bible. Conflits qui se terminèrent par l’expropriation, l’esclavage, les massacres et finalement l’expulsion des Juifs d’Arabie.

Ces personnages aux noms bibliques sont respectés uniquement dans leur version coranique qui diverge de celle de la Bible.

Celle-ci, considérée comme une falsification de la vérité coranique, n’est nullement respectée.

La vision islamique du monde diffère du droit international public. Quels sont les sens de « paix », « sécurité » ou « terrorisme » dans l’islam ?

Le droit international public se situe dans un contexte laïc, nullement religieux. Il considère l’homme sur le plan universel et se construit sur l’axiome irrévocable de l’égalité des êtres humains et de leurs droits naturels inaliénables.

La vision islamique refuse la laïcité et demeure ancrée dans les principes religieux de l’islam fondés sur le Coran et la Sunna.

Dans le contexte islamique, les mots « paix » et « sécurité » représentent la soumission à l’ordre de la sharîa qui ordonne la suprématie islamique sur les non-musulmans refoulés dans la dhimmitude. Seules l’obéissance et la soumission protègent les dhimmis contre la reprise du jihad contre eux, et leur ménagent la paix et la sécurité relative de l’ordre islamique.

C’est le programme du Hamas pour les juifs et les chrétiens, exposé dans sa charte à l’idéologie génocidaire.

L’OCI parvient via des organisations internationales, transnationales ou régionales, des entités sans légitimité – Alliance des civilisations -, et des réseaux à appliquer son agenda visant la restauration du califat, c’est-à-dire de la gouvernance islamique mondiale, aboli en 1922 par Atatürk, président de la république turque. Pourriez-vous en donner un exemple ?

Créée en 1969, à Rabat (Maroc) pour combattre Israël, l’OCI est à l’origine de la guerre de diffamation d’Israël sur le plan mondial. C’est elle qui exigea le retrait de toutes les ambassades de Jérusalem en septembre 1980-janvier 1981.

L’Alliance des Civilisations (ADC) diffuse l’équivalence entre la Shoah et la nakba ainsi que l’interprétation islamique du jihad. Elle réclame en Europe et aux Etats-Unis l’application du programme de l’OCI concernant l’immigration musulmane et sa promotion politique et culturelle ainsi que les mesures sanctionnant l’islamophobie.

La négation du terrorisme et, par conséquent, la critique des mesures sécuritaires exprimées dans les Rapports sur l’islamophobie de l’OCI sont diffusées par les réseaux occidentaux liés à cette organisation.

N’y a-t-il pas des rivalités entre l’Iran, la Turquie et d’autres pays pour diriger l’oumma universelle, la communauté des musulmans ?

Oui bien sûr. Mais pour l’instant c’est la Turquie qui, semble-t-il, séduit le monde sunnite, d’où l’arrogance de Recep Tayyip Erdoğan, Premier ministre de la Turquie, et sa volonté d’humilier l’Etat d’Israël.

Vous célébrez les bienfaits de l’unité européenne, tout en dénonçant Eurabia. Quels sont les intérêts et les motivations des décideurs européens engagés dans ce processus pacifique, unilatéral, sans réciprocité aux concessions, et d’apaisement à l’égard du monde musulman ?

Les intérêts sont bien sûr économiques, énergétiques mais aussi géostratégiques.

Les motivations sont nombreuses. L’Europe s’est construite sur le désir de la paix et le refus de toute guerre. C’est le terrorisme palestinien qui, frappant l’Europe très durement dans les années 1960-1980, l’amena à s’aligner sur les positions de l’OLP (Organisation de libération de la Palestine) en politique étrangère.

Ceci amorça la collaboration – plutôt que la confrontation – avec la Ligue Arabe et l’OCI qui soutenaient l’OLP.

En quoi l’Etat d’Israël cristallise-t-il la haine de l’OCI et l’hostilité de politiques étrangères européennes ?

Avec l’OCI nous évoluons dans un domaine éminemment religieux qui ressuscite les conflits de Mahomet avec les Juifs de Médine, au VIIe siècle.

Comme le Coran déclare que toute l’humanité depuis Adam qui était musulman, est musulmane, il s’ensuit que toute l’histoire biblique est une histoire musulmane, et que l’histoire occidentale des juifs et des chrétiens précédant l’islam est une falsification.

L’Etat d’Israël qui s’appuie sur l’historicité de la Bible, confirmée par l’archéologie et d’autres sources, contredit le Coran considéré parole d’Allah. Israël est le symbole du droit des juifs et des chrétiens à une identité historique extérieure et antérieure au Coran. Il entérine aussi la libération des juifs du joug infâmant de la dhimmitude, la réappropriation de leur patrie colonisée par le dar al-islam, l’abolition de la sharîa sur ce territoire.

En somme, un processus semblable aux guerres de libération et d’indépendance des populations chrétiennes européennes qui se déroulèrent au cours des quatre derniers siècles. Durant cette longue période des pays européens conquis et colonisés par des armées jihadistes d’abord arabes, puis turques, parvinrent à se libérer : la botte italienne, la Sicile, l’Espagne, le sud de la Pologne, la Hongrie, toute la région balkanique de Belgrade (Serbie) à Athènes (Grèce) et Chypre ottomane jusqu’en 1914, l’Arménie…

L’hostilité des Européens s’inscrit dans un autre contexte. La dénazification de l’Europe ne s’est faite qu’en Allemagne… et encore ! D’anciens nazis reconvertis dans le socialisme peuplaient les administrations et même les instances internationales, parvenant comme l’autrichien Kurt Waldheim (1918-2007) à la fonction de secrétaire général des Nations unies.

La propagande nazie en arabe, qui notamment présentait la Seconde Guerre mondiale comme étant focalisée sur la Palestine mandataire, a eu un impact considérable dans le monde arabe. La présence d’importants contingents musulmans dans les forces SS et la collaboration arabe dans la propagande de guerre ont scellé l’alliance des nazis avec des dirigeants arabes. La contribution du grand mufti de Jérusalem, hadj Amin al-Husseini dans la guerre nazie contre les juifs et dans la Shoah, n’a pas été négligeable.

A cela s’ajoutent les communistes, ralliés aux ordres de Moscou et aux théologies tiers-mondistes de la libération, leur haine des religions de la Bible et des nationalismes.

Ce contexte a conduit l’Union européenne (UE) à combattre Israël pour deux raisons principales. Premièrement, reprochant à Israël d’être un obstacle à sa lune de miel avec les musulmans, l’UE s’efforce de saper la légitimité et la sécurité de l’Etat hébreu pour le remplacer par la Palestine. Deuxièmement, le poids du passé l’oblige à dissimuler sa stratégie derrière des affabulations, et ses échecs, non seulement provoquent une frustration rageuse, mais l’exposent au terrorisme palestinien.

C’est dans le contexte des représailles terroristes contre l’Europe, qu’il faut comprendre l’affirmation que l’existence d’Israël menace sa sécurité.

Quel est le bilan du « palestinisme » de l’Union européenne ?

Le « palestinisme » a été le cheval de Troie de la reddition de l’Europe, de son islamisation, de sa flagellation, de sa négation d’une identité chrétienne car elle est enracinée dans le judaïsme et dans l’histoire d’Israël que l’islam nie et que l’Europe nazie a abhorrés.

Le palestinisme a fondé le multiculturalisme, l’inversion de la vérité dans les concepts de paix (paix = soumission) et d’agresseurs (les résistants au jihad présentés comme les agresseurs). Il a induit la négation de l’histoire du jihad et de la dhimmitude et consacré la version d’un Occident agresseur et injuste. Incidemment, cette vision est celle de l’Alliance des Civilisations (ADC).

Le palestinisme a surtout libéré la mauvaise conscience de l’Europe qui a déguisé les promoteurs des idéologies de haine en victimes de l’Etat d’Israël, inversion morale jihadiste. Il a inculqué à l’échelle européenne une culture antisémite, fondée sur l’interprétation islamique de l’histoire, à savoir : la négation de l’histoire et des droits d’Israël à l’existence, principes qui ont un impact direct sur l’identité, la culture et le destin politique de l’Europe.

En faisant d’Israël la source des conflits, l’Europe s’est condamnée à la paralysie face à ses ennemis et n’a pu combattre une idéologie qui la condamne à disparaître.

Vous parlez peu des opinions publiques européennes dans votre livre…

Maintenant elles s’expriment davantage, mais quand je terminais le manuscrit voici deux ans, l’opinion publique était inexistante. De plus, un tel travail, si considérable puisqu’il consisterait à étudier les opinions publiques dans toute l’Europe, n’était pas mon sujet.

Mais aujourd’hui s’élèvent de partout en Europe et en Amérique l’appel à la fronde, le dégoût des politiques antisémites et du mensonge, le désir de démocratie, le respect des droits et des libertés érodés par le droit coranique du blasphème.

L’initiateur de ce réveil est assurément le député néerlandais, Geert Wilders qui a fondé en juillet 2010 l’International Freedom Alliance. Son discours historique à Berlin (2 octobre 2010) sonne le ralliement d’un mouvement trans-occidental des démocrates contre la nomenclature de l’UE active à contourner les opinions publiques par les réseaux de réseaux.

Que répondez-vous à ceux qui contestent vos analyses en y voyant une déclinaison de la théorie du complot ?

Je leur réponds que si complot il y a, c’est au sein du Quai d’Orsay, de la Commission européenne et d’autres organismes respectables qu’il faut le chercher, car je n’ai fait que reproduire leurs documents.

De plus, un nombre considérable d’auteurs – hommes politiques, historiens, universitaires, journalistes, etc. -, de différentes nationalités, s’y réfèrent dans des ouvrages ou des études spécialisées catalogués dans des bibliothèques sur divers continents. Le plus détaillé et le plus enthousiaste est le livre du chrétien palestinien Bichara Khader L’Europe et le Monde Arabe, Cousins, Voisins (Publisud, Paris, 1992).

Une transformation d’une telle envergure à l’échelle de tout un continent a suscité une énorme littérature en plusieurs langues. Rien qu’en 1979, Jacques Bourrinet en donne une impressionnante bibliographie dans son ouvrage Le Dialogue Euro-Arabe, Centre d’études et de recherches internationales et communautaires, Université d’Aix-Marseille III (Economica, Paris, 1979), qui fut publié avec le concours de la Commission pour l’étude des Communautés européennes (C.E.D.E.C.E.) et de l’U.E.R. Recherches juridiques de l’Université de Droit, d’Economie et des Sciences d’Aix-Marseille.

Alors tous des comploteurs ? Ces accusations émanent de l’ignorance et utilisent des insultes au lieu d’arguments.

Aux Etats-Unis, près d’un million d’Américains ont récemment manifesté leur attachement aux valeurs fondatrices de leur pays. Ce rassemblement augure-t-il un frein au multiculturalisme, à la politique du président Barack Hussein Obama à l’égard du monde musulman ?

Certainement, à moins que les ennemis de ce rassemblement réussissent à le torpiller.

Le président Obama, qui a remporté les suffrages de toute l’Europe, s’est soumis au cartel de l’OCI de façon encore plus radicale que l’UE.

Pourquoi les musulmans modérés (Ayaan Hirsi Ali, Wafa Sultan) ou les Arabes modérés (Nonie Darwish) -, qui alertent l’Occident, sont-ils si peu écoutés, notamment par les médias ?

Des médias craignent des représailles terroristes.

Ne présentant aucun danger, les musulmans modérés sont négligés par une Europe qui courtise ses ennemis et leur achète un répit provisoire par le paiement de milliards d’euros et la diffusion de leur propagande.

Charles Martel a arrêté les Arabes à Poitiers (732). Les souverains catholiques espagnols ont finalement reconquis tout leur territoire (1492). Vienne a résisté victorieusement aux Turcs (1683)… Quelles seraient les solutions pour éviter ce califat, cette gouvernance mondiale islamique ?

Si les peuples musulmans désirent restaurer le califat, autorité suprême unissant la législature, la politique et la religion, créée pour assurer la poursuite de la mission universelle de l’islam, l’Europe ne pourra pas les en empêcher.

Par contre, elle devra prendre des mesures urgentes pour sa sécurité et sa survie.

Mais tout laisse croire que les dirigeants qui nous ont mis dans ce pétrin, se réfugieront sous la protection du califat, et imposeront à leur peuple l’ordre islamique de la dhimmitude.

Aujourd’hui, le secrétaire-général de l’OTAN (Organisation du traité de l'Atlantique Nord), le danois Anders Fogh Rasmussen, suggère que l’Union européenne confère à la Turquie un statut spécial dans l’Agence de défense européenne (EDA) et l’associe davantage dans les décisions concernant la sécurité des missions européennes. Anders Fogh Rasmussen tient ainsi sa parole, n’ayant obtenu ce poste que par sa promesse à la Turquie de se réconcilier avec le monde musulman. A quel prix ?

C’est la négation de la victoire de 1683, mais l’Europe, depuis longtemps, a jeté l’histoire aux orties.

Bat Ye’or, L’Europe et le spectre du califat. Editions Les Provinciales, 2010. 215 pages. 18 euros. ISBN : 978-2-912833-22-8

A la demande de la New York Public Library, Bat Ye'or et David Littman ont confié à cette prestigieuse bibliothèque tous les manuscrits de leurs livres (de la première ébauche à l'édition originale et rééditée, via les épreuves), leurs articles, leurs correspondances - avec André Chouraqui, Jacques Ellul, Oriana Fallaci, Sir Martin Gilbert, Archduke Otto von Habsburg, Yehoshafat Harkabi, H.Z. Hirschberg, Teddy Kollek, John Laffin, Albert Memmi, Gershom Scholem, Robert Wistrich, etc. - et leurs photocopies d'archives, souvent traduites et dactylographiées, des pays d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient.
AGENDA

Bat Ye'or a dédicacéa son livre lors du XVe Salon des écrivains du B'nai B'rith le dimanche 14 novembre 2010 de 14 h à 19 h à la Mairie du XVIe arr. de Paris, 71, avenue Henri Martin, 75116 Paris. Renseignements : 01-55-07-85-45.
Elle donnera trois conférences :
- le 14 novembre 2010 à 19 h, invitée par le B'nai B'rith, elle est l'une des orateurs, avec Ivan Rioufol, chroniqueur, et Shmuel Trigano, écrivain,  de la conférence sur le thème La loi du pays est la loi ;
- le 16 novembre 2010 à 14 h, invitée par la WIZO, 10 rue Saint Augustin, 75002 Paris. Tél. : 01 48 01 97 70 ;
- le 18 novembre 2010, à 20 h 30 précises, lors du dîner-débat de l'UPJF. Inscriptions au 01 47 63 07 10 ou par mail au contact@upjf.org

Photo
Le président Obama lors de son discours au monde musulman prononcé à l'université al-Azhar au Caire (Egypte) le 4 juin 2009. © Chuck Kennedy/Maison-Blanche

Cet article a été publié pour la première fois le 10 octobre 2010 et modifié le 26 juillet 2012.
Il a été republié :
- à l'occasion de la déclaration d'Hamadi Jebali, un des principaux dirigeants du parti islamiste tunisien Ennahdha, espérant le 13 novembre 2011 un 6e califat ;
- le 26 juillet 2012 à l'occasion de la désignation le 23 juillet 2012, au quai d'Orsay, par Laurent Fabius, ministre français des Affaires étrangères, d'un envoyé spécial auprès de l'OCI, Louis Blin, consul général de France à Djeddah (Arabie saoudite), où siègle l'OCI. M. Fabius a déclaré : « Ce qui portera notre représentation au niveau de celle de nos partenaires proches. La France souhaite en effet suivre vos travaux assidûment et accompagner le développement d’une organisation qui a su trouver sa place par le dialogue avec le reste du monde ». Cette décision a été annoncée lors de l'« Iftar [Nda : diner rompant le jeûne lors du mois du Ramadan] en l’honneur des ambassadeurs des États membres de l’Organisation de la coopération islamique ». Seule la Syrie n'était pas invitée à ce diner initié par Bernard Kouchner, alors ministre français des Affaires étrangères et interrompu quelques années. Pour Laurent Fabius, ce diner « permet à la France de marquer, en ce début de Ramadan, notre intérêt et notre estime pour le monde musulman». Dalil Boubakeur, recteur de la grande mosquée de Paris, a décliné l'invitation à cette soirée. Les responsables du CFCM (Conseil français du culte musulman) étaient présents à ce diner ;
- le 11 septembre 2012 car Avi Dichter, ministre israélien de la Sécurité intérieure, a alerté le 10 septembre 2012, lors de la XIIe conférence de l'Institut international de contre-terrorisme (ICT) à Herzliya (10-13 septembre 2012), sur le risque d'avènement d'un Moyen-Orient constitué d'Etats dominés par les Frères musulmans, voire d'un califat ;
- le 9 janvier 2013 car sur Azhari TV le 31 décembre 2012 TayseerAl-Tamimi, haut juge islamique de l´Autorité palestinienne, a appelé à restaurer le califat. Il songe aussi, avec "l´Union des avocats arabes et des experts en droit international", à "déposer plainte contre la Grande-Bretagne auprès des tribunaux internationaux" à propos de la Déclaration Balfour du 2 novembre 1917 ;
- 23 juin 2013 après le deuxième congrès annuel intitulé Le califat, le changement et la libération/Chute des empires et retour de l’Islam, organisé par le parti Hizb Ettahrir  le 22 juin 2013 à Tunis et diffusé en direct par al-Jazeera. « La récupération de l’Etat islamique qui nous a été volé est politiquement possible. Il s’agit là d’un devoir religieux », a alors déclaré  le Ridha Belhaj, porte-parole officiel de ce parti salafiste. Membre du bureau central de Hezb Ettahrir, Hichem Bakhach a qualifié la démocratie de « système antireligieux et capitaliste basé sur le fait de donner le pouvoir au peuple », ce qui est contraire à la loi divine selon lui. « Ne pas poursuivre le califat, depuis l'époque des Ottomans, n'est qu'un simple manquement des musulmans d'accomplir leurs devoirs… Par définition, il s'agit d'un Etat islamiste où seules les normes divines sont appliquées. Le califat est aussi l'union d'un maximum d'Etats musulmans, en une seule et unique nation "Oumma" et c'est le seul système capable de faire face aux injustices du système mondial. Ce système est en train de se réaliser avec des gens qui se convertissent de plus en plus à l'islam, de partout dans le monde », a déclaré Ridha Belhaj, leader de ce parti salafiste le 21 juin 2013 ;
- 23 janvier 2014. Bat Ye'or a été l'une des oratrices du colloque L'Union européenne et les nouvelles formes de la "question juive", organisé par l'Université populaire du judaïsme, le 26 janvier 2014 à Paris.