Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

vendredi 16 mars 2018

"El Gusto" de Safinez Bousbia


Le documentaire El Gusto (2011) de Safinez Bousbia évoque le chaâbi, genre musical populaire algérien né dans les années 1920 par le musicien El Anka, interprété par un orchestre réunissant, près de 50 ans après l’indépendance de l’Algérie, les instrumentistes juifs et musulmans âgés ayant composé cette formation dans les années 1950. qui se préparaient pour quatre dates aux Etats-Unis. Le 18 mars 2018 à 16 h 30, le Centre Edmond Fleg de Marseille proposera un "concert Maalouf. Un hommage à Cheikh Raymond Leyris et Mohamed Tahar Fergani. Une soirée pour célébrer l’amitié et l’échange entre tous les marseillais".


Safinez Bousbia rit souvent quand elle raconte l’aventure d’El Gusto au cours de laquelle elle a appris les métiers de la réalisation, de la production – elle fonde sa société Quidam Production El Gusto -, a convaincu des coproducteurs et un distributeur de films, et s’est même lancée dans l’organisation de concerts de 42 musiciens, et la vente des CD (EMI) de cet orchestre.

Née à Alger de parents algériens – sa mère est une Berbère chaoui -, Safinez Bousbia poursuit sa scolarité en Europe – Suisse, France, Italie, Grande-Bretagne, Irlande –, et aux Emirats arabes unis.

Le chaâbi, musique de la Casbah algéroise
Polyglotte, Safinez Bousbia découvre en 2003 la musique chaâbi, l’orchestre El Gusto auxquels cette trentenaire consacre son documentaire éponyme en découvrant un miroir peint à la main dans une échoppe de la Casbah d’Alger, ville filmée avec amour par cette trentenaire. Elle entame alors la conversation avec le miroitier, Mohamed Ferkioui, qui s’avère aussi musicien – un célèbre accordéoniste dans l’Algérie des années 1950 - et lui conte son histoire, celle de la musique chaâbi et celle d’un orchestre, El Gusto, associant musiciens Juifs et musulmans à Alger. Diplômé du Conservatoire municipal de musique et de déclamation d’Alger – Premier Prix en 1956 -, élève de M’hamed El Meddah (El Anka, le grand), Mohamed Ferkioui « dansait avec son accordéon » quand il jouait l’air d’une valse ou d’un tango… « Quand on faisait des galas à l’Opéra d’Alger, c’était formidable », se souvient-il, nostalgique.

« La bonne humeur, el gusto, caractérise » le chaâbi, musique de la Casbah d’Alger, « cette musique populaire inventée au milieu des années 1920 par le grand musicien El Anka. Ses jeunes élèves du Conservatoire, arabes ou juifs, jouaient ensemble ce mélange de chants berbères, de mélodies andalouses et de refrains religieux ». 
Le chaâbi est « une musique issue de plusieurs influences. Berbère, andalouse et chants religieux... L’inventeur de « ce son magique qui résonne » encore dans le cœur et les oreilles de ses anciens élèves, s’appelle Cheikh- Le Maître- El Anka (Hadj M’ahmed El Anka, 1907-1978). Sa recette est faite d’emprunts et de mélanges, de métissages et d’adaptations, de transformations mais aussi d’innovations musicales ».
El Anka « donne naissance à un style musical original et personnel qui remporte immédiatement un formidable succès : « Le public a marché. Il a trouvé ça merveilleux. (…) Dans toutes les rues on entendait cette musique. (…) Tout le monde chantait ça. » Cette musique nouvelle à l’audience populaire – « chaâb » signifie le peuple – touche tous les habitants de la Casbah d’Alger, berceau du chaâbi et ville natale d’El Anka dont la famille est originaire de Kabylie. Musulmans, Juifs, Italiens, Espagnols : tous vivent au rythme du chaâbi. Ce « Blues de la Casbah » est un joyeux mélange. El Anka apporte à la musique « une note de fraîcheur pétillante », mettant « la mélodie au service du verbe ».
« En plus de cinquante ans de carrière, le maître du chaâbi a interprété près de 360 chansons et enregistré plus d’une centaine de disques ». 
Séparation et retrouvailles
Ces « papis du chaâbi », chanteurs et instrumentistes, sont séparés par l’indépendance en 1962. « Ils nous ont mis le dos au mur. Ils nous ont dit : « La valise ou le cercueil ? » On a préféré la valise », commente un rapatrié Juif. « Beaucoup d’Algérois ont pleuré quand ils sont partis les Juifs qui étaient copains à eux. Du jour où ils sont partis, le pays s’est vidé. Et on l’a surtout ressenti dans l’économie », ont constaté des Algériens. Un départ d’Algérie tragique pour de nombreux Juifs algériens, comme en témoigne avec pudeur le comédien et humoriste Robert Castel, fils de Lili Labassi, compositeur et violoniste mythique du chaâbi.

Déterminée, Safinez Bousbia entreprend de « retrouver les autres anciens élèves d’El Anka au Conservatoire d’Alger », les interviewe, les réunit, conte cette « histoire impressionnante par des témoins humbles », et réalise ce film émouvant. Cela lui prend près de trois ans.

« On rencontre une à une ces figures mythiques, séparées par la guerre, exilées, nostalgiques... jusqu’au moment où le film ne se contente plus de raconter, mais provoque l’aventure de ce Buena Vista Social Club algérien ».

« Les retrouvailles ont été émotionnelles. Comme une colonie de vacances. Ils s’interrogeaient « Tu te souviens ? », se racontaient des blagues. De grands gamins, galants, libres dans leur parole en raison de leur âge, pas aigris », observe Safinez Bousbia. Et d’ajouter : « Après 1962, les musiciens musulmans ont été forcés de quitter la Casbah d’Alger. Ils ont été déracinés et ont déménagé vers des HLM de banlieue. Pour certains, cela a signé la fin de leur carrière ».

Ces artistes sont réunis par leur passion commune pour cette musique, « se retrouvent cinquante ans plus tard pour faire redécouvrir cette musique joyeuse, qui évoque leur pays, mais aussi l’amitié et la passion partagée pour cette musique », qui « fait oublier la misère, la faim, la soif ».

Ponctué d’images d’archives et d’extraits de cette musique, ce documentaire a rencontré un accueil excellent dans les festivals cinématographiques de Busan (Corée du Sud), d’Abu Dhabi, d’Amsterdam, de Dublin, de Göteborg (Suède).Ce film est distingué par le Prixde la FIPRESCI (Fédération internationale de la presse cinématographique), ainsi que le Prix du meilleur réalisateur du monde arabe -,

Si les concerts se sont succédés en Europe - le Barbican à Londres, le Palais Omni-Sports de Paris-Bercy – et en Afrique - Festival des Andalousies Atlantiques d'Essaouira -, celui prévu en Algérie a du être annulé en raison de l’opposition des autorités algériennes ; il s’est déroulé à Marseille (France) en 2007.

Dans le cadre de son exposition Juifs d’Algérie, le Musée d'art et d'histoire du Judaïsme (MAHJ) a présenté le 30 septembre 2012, à 20 h, le concert de l’orchestre d’El Gusto, et le 25 novembre 2012, à 19 h, ce documentaire. « Les mille places du concert ont été réservées », me confiait Laurent Héricher, directeur du MAHJ. Une preuve de la vivacité de l’intérêt, de l’amour pour le chaâbi.

En 2013, Safinez Bousbia a organisé la tournée d'El Gusto à New York (3 août), Washington (6 août), Los Angeles (10 août) et Sonoma (11 août). "Pour financer cette tournée aux Etats-Unis et réaliser ce rêve américain", elle a "lancé une campagne de collecte de dons". "El Gusto's American Dream", a Must See and Hear. Au 16 juillet 2013, plus de 920 dollars ont été récoltés sur les 49 300 dollars nécessaires.  


Le 17 octobre 2015, les chanteuses algériennes Amina Karadja, Hassina Smail, Hind Abdellali, Malya Saadi, Nacera Mesbah et Syrine Benmoussa, ont donné à Bagnolet un concert de chaâbi sous la direction de Noureddine Aliane.

Dans le cadre de Souvenirs d’Andalousie (16 janvier-8 avril 2016), l'Institut du monde Arabe (IMA) proposera le 8 avril 2016 à 20 h  Chaâbi - Voix de velours et violon dingue (75-90 min) avec Robert Castel (El Gusto). "Robert Castel est né à Alger. C’est un enfant de Bab-El-Oued. Il est le fils de Lili Labassi, l’un des plus grands maîtres du chaâbi. Dans le ventre de sa mère, il a dû entendre son père jouer du violon et chanter. Dès lors, la drogue bienfaisante de la musique était inoculée dans son ADN. Il commence à jouer du tar (tambourin) à l’âge de cinq ans. Il monte sur scène dès ses 11 ans. Il faisait alors partie de l’orchestre de Radio-Alger où les musiciens accompagnateurs de Lili Labassi s’appelaient Mustapha Scandrani, Ali Debbah dit Aalilou, Mohamed El Anka, Abdelghani Belkaïd ou Kadour Cherchali. Robert Castel enregistra avec son père de nombreux disques".

"Pour faire vite, disons que la Providence, imprévisible, lui dressa un pont pour faire du théâtre, du cinéma, de la télévision, de la radio et du music-hall. Il joua avec les plus grands : Alain Delon, Jean Gabin, Michel Bouquet, Micheline Presle, Jean Poiret, Charles Vanel, Michel Galabru ou encore Annie Girardot. Il eut la douleur de perdre son père en 1969. Par un mouvement irrésistible, il revint alors à son premier amour : la musique, dont il affirme qu’elle est sa deuxième religion, et plus particulièrement la musique chaâbi. Avec l’orchestre El Gusto, il donna des concerts en France, à Bruxelles, à Amsterdam, Fès, puis aux États-Unis à New York, Washington et Los Angeles, et enfin à Alger pour deux dates en avril 2015". 

"Aujourd’hui, le voici accompagné de quatre talentueux musiciens : Mohamed Abdenour dit P’tit Moh (mandole, guitare, banjo), Smaïn (piano), Ali Bensadoun (nay) et Nacer (percussions). Maintenant, la parole est à la musique".



Dans le cadre de Souvenirs d’Andalousie (16 janvier-8 avril 2016), l'Institut du monde Arabe (IMA) proposa le 8 avril 2016 à 20 h  Chaâbi - Voix de velours et violon dingue avec Robert Castel (El Gusto).

Le 18 mars 2018 à 16 h 30, au théâtre de l'Oeuvre, le Centre Edmond Fleg de Marseille proposera un "concert MaaloufUn hommage à Cheikh Raymond Leyris et Mohamed Tahar Fergani. Une soirée pour célébrer l’amitié et l’échange entre tous les marseillais".


Hôtel de Saint-Aignan
71, rue du Temple. 75003 Paris
Téléphone : (33) 1 53 01 86 60 

El Gusto
Réalisation de Safinez Bousbia
2011, 93 minutes
Montage de Françoise Bonnot
Projection le 25 novembre 2012 à 19 h
En présence de la réalisatrice (sous réserve)
et
Concert exceptionnel d’El Gusto le dimanche 30 septembre 2012 à 20 h dans la cour du MAHJ(ouverture des portes à 18 h 30) avec le soutien exceptionnel de la Sacem.
Avec :
Azzeeddine Abdelkrim, bongo
Mohamed Abdennour, banjo
Rachid Berkani, luth
Mahieddine Brahimi, banjo
Mohamed El Mancour Brahimi, mandoline
Abdelkader Chercham, chant/mandole
Luc Cherki, chant/mandole
Maurice El Medioni, chant/piano
Mohamed El Ferkioui, accordéon
Smaïl Ferkioui, piano
Abdessasek Gaoua, deff et bendir
Hamid Guendouz, violon
Mebrouk Hamai, quanoun
Liamine Haimoun, chant/mandole
Chris Jennings, contrebasse
Arezki Khelidjeni, taâr
Abdelmadjid Meskoud, chant/mandole
Abderrahmane Slim, derbouka
Paul Sultan, chant/clavier
Redha Tabti, violon
Mustapha Tahmi, guitare

Robert Castel a été présent parmi les musiciens d’El Gusto. Maurice El Médioni, souffrant, ne pourra pas être présent sur scène.
El Gusto (bande originale)
CD, Remark Records, 2012
ASIN : B0067NE5IC  

El Gusto (DVD)

2012
ASIN : B007P5LOJE


Visuels :
Affiche
Rachid Berkani d'El Gusto
© Quidam Productions El Gusto
Ruelle de la Casbah d'Alger
© Quidam Productions El Gusto

Tahmi arrive sur le bateau d'un ami
© Quidam Productions El Gusto

Répétition de l’orchestre El Gusto
© Quidam Productions El Gusto
El Gusto
© Jackie King

Robert Castel

© DR


Les extraits sur ce film proviennent de communiqués de presse, du film et de mon interview de la réalisatrice en 2012.

Articles sur ce blog concernant :
 Cet article a été publié le 30 septembre puis le 22 novembre 2012, les 17 juillet et 9 août 2013, 16 octobre 2015, 6 avril 2016.

jeudi 15 mars 2018

Le peintre Alfréd Réth (1884-1966)

La galerie Le Minotaure présente l’exposition collective "L’avant-garde hongroise à la galerie Der Sturm (1913-1932)". Parmi les artistes : Alfréd Réth (1884-1966), peintre méconnu de l’Ecole de Paris. Cet artiste précurseur de l’abstraction, s’est illustré dans le cubisme et l’usage de matériaux divers pour des œuvres mixtes. 
« Réth fait partie de la phalange des sept ou huit cubistes du début, ceux de 1910, ceux qui ont donné à la peinture son écriture formelle : Picasso, Braque, Metzinger, Gris, Delaunay, La Fresnay, Fernand Léger, Gleizes, et Réth. La peinture contemporaine vit de leur apport », écrit en 1949 Paul Garcin dans un article pour Le Soir Sud-Est de Lyon. Une analyse reprise dans le catalogue la rétrospective organisée en 1984 au Musée Toulouse Lautrec d’Albi à l’occasion du centenaire de la naissance d’Alfréd Réth.

Un artiste d’avant-garde
Alfréd Réth, né Roth, est né dans une famille nombreuse bourgeoise Juive en 1884 ; à Budapest, alors dans l’empire austro-hongrois.

Il suit des études artistiques auprès de László Mednyánszky et Károly Ferenczy, qui l’initient aux philosophies orientales. A l’été 1903, Alfréd Réth travaille à la colonie d’artistes de Nagybánya, l’équivalent hongrois de Barbizon.

Après avoir visité l’Italie avec le peintre István Farkas, il s’installe définitivement à Paris en 1905 avec József Egry.

Il suit les cours de Jacques-Emile Blanche

Au Salon d’Automne de 1907 à Paris, Alfréd Réth découvre des tableaux de Cézanne – il a admiré des œuvres de ce peintre chez Ambroise Vollard -, les arts khmer et hindou au Musée Guimet, puis rejoint les artistes cubistes.

Dès les années 1910, il s’impose comme l’un des grands maîtres du cubisme et ce précurseur, qui connaît Picasso et Braque, expérimente les collages. Il travaille dans ses ateliers du quartier Montparnasse et de Provence.

Il expose notamment au Salon des Indépendants (1910, 1925-1926) et chez Berthe Weill (1914, 1939).

En 1911, il expose au Salon des Indépendants, et en 1913 à Budapest au Mûvészház avec Léger, Kandinsky, Delaunay, Metzinger, Klee, et noue une amitié avec Matisse et Kupka.

L’influence de Cézanne est prégnante dans « Nus et chevaux », et la lumière bien rendue dans « Ouvriers au bord de la Seine ».

Alfréd Réth « stylise les formes, en les insérant dans une surface géométrique - sphère, cône, cube, cylindre ». Il explore le cubisme, évolue vers l’abstraction, annoncé dans certains toiles, et reviendra vers le figuratif vers la fin de sa vie, sans abandonner ses recherches abstraites.

Il présente quatre-vingts tableaux et dessins lors de l’exposition berlinoise Der Sturm (1913). « Le thème de ces tableaux est la relation entre les lignes et les plans, sans représentation d’objet, ce qui place Réth parmi les premiers à avoir emprunté la voie menant à l’abstraction », écrit l’historienne de l’art Júlia Cserba, en 1996.

« Je suis d'avis que l'art n'est pas en compétition avec la nature par l'atmosphère, la psychologie, la sensation, mais que l'affaire de l'art est d'exprimer, dans l'espace, les représentations qu'a des choses l'esprit de l'homme. De même qu'il ne peut exister une poétique ou une musique picturale et une peinture littéraire ou musicale, de même, que toute tentative de mélange ou de déviation des arts conduit à l'absurde, de même le fait de la production, de la création dans l'art, a les mêmes racines dans l'homme. Ainsi, il est un moment de la nature qui correspond aux autres arts, comme il est un moment des arts plastiques qui correspond à la nature. La poésie et la musique prennent leur point de départ dans le temps. Le facteur temporel ne paraît pas jouer de rôle dans les arts plastiques, mais ceci est seulement une apparence. On conviendra de ce qu'il est absolument impossible d'appréhender un tableau d'un seul coup d'œil ainsi qu'on le croit communément. Instinctivement, le regard prend un point de départ et parcourt l'image dans un temps déterminé. Seule l'illusion d'une peinture naturaliste en perspective cherche à nier l'évidence de ce fait ; une tâche importante de l'artiste est de guider l’œil du spectateur », a déclaré Alfréd Réth, dans Der Sturm, repris dans Alfréd Réth, catalogue de l’exposition de la Galerie Withofs (1969).

La Première Guerre mondiale est la première césure : ce ressortissant d’un pays alors ennemi devient résident surveillé en Bretagne, et à son retour, il découvre qu’on a dérobé toutes les œuvres laissées à Paris.

« Dans ses œuvres construites à partir de formes géométriques, de courbes et de cercles colorés, on peut découvrir les formes simplifiées du corps humain », note Júlia Cserba, co-auteur d’une magnifique biographie de cet artiste.

Une artiste russe fréquente l’atelier parisien de Réth rue Joseph Bara : Sarah Sonia Terk , future peintre sous le nom de Sonia Delaunay (1885-1979) et épouse de Robert Delaunay.

En 1933, ce passionné de sciences devient membre du groupe Abstraction-Création : art non figuratif qui réunit Arp, Kupka... Les séries Rythmes et Découpages de Réth datent de cette époque.

En 1935, il crée son premier « tableau » pluridimensionnel : « les éléments colorés, découpés dans le bois et aux formes essentiellement rondes sont placées soit plus en avant soit plus en arrière que le plan du tableau ».

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Alfréd Réth se réfugie à Chantilly. Faute de matériau pour peindre, il expérimente du charbon, du ciment, de la craie, etc.

Après s’être intéressé aux formes géométriques, il recourt à des matières variées collées par un collage particulier. Après sa période « Solides colorés » (peintures constituées de combinaisons de courbes), viennent « Formes dans l’espace » (années 1940), puis « Harmonies des matières » : rythme né des formes, couleurs et reliefs - sable, tissu, brique pilée, mâchefer, ciment, coquilles d’œufs broyées, etc. - jusque dans les années 1960.

En 1946, il expose au Salon des réalités nouvelles, et en 1948 à la galerie Denise René.
Il a exposé notamment au Musée d’art moderne de la Ville de Paris en 1953 lors de l’exposition Le cubisme (1907-1914).

En 2003, grâce à Júlia Cserba, journaliste au « Magyar Hírlap », et Makláry Artworks, l'Institut Hongrois de Paris, Institut Balassi-Collegium Hungaricum a exposé vingt peintures - paysages, portraits, nus et natures mortes - dont une inédite : la version horizontale du célèbre « Restaurant Hubin » - de sa période cubiste et post cubiste (1908-1930) : Le restaurant Hubin (1913, Musée National d’Art Moderne/Centre Pompidou), Paysage du Midi (1928, Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris), Personnages dans la nature (1911, Musée Géo-Charles), Nature morte à la carafe (1911, Petit Palais de Genève)... Des tableaux de collections privées françaises et étrangères étaient présentés pour la première fois en France.

Le « premier hommage rendu » à un peintre majeur « par son pays natal », qui avait montré les œuvres de Réth pour la dernière fois à Budapest au Salon National de 1930, et consacré sa dernière exposition individuelle en 1922-1923 !

En octobre 2003, l’événement phare du Festival d’Automne de Budapest a été la rétrospective de ses toiles montée pour la première fois en Hongrie par la galerie Budapest (l’équivalent de la salle Saint Jean). Ses dessins et aquarelles étaient présentés à l’Institut français de la capitale.

Si sa discrétion explique qu’Alfréd Réth soit méconnu, son talent justifie sa redécouverte à laquelle contribue la galerie Le Minotaure  qui avait rendu hommage à cet artiste  en 2007.

Au printemps 2013, la galerie Le Minotaure et la galerie Alain Le Gaillard ont présenté l’exposition Artistes hongrois après-guerre à Paris réunissant des œuvres abstraites de ces artistes.

Le musée du Luxembourg a proposé l'exposition Chefs-d'oeuvre de Budapest. Dürer, Greco, Tiepolo, Manet, Rippl-Rónai....

Dans le cadre de la saison Nouvelles Vagues du Palais de Tokyo, la galerie Le Minotaure a présenté l’exposition collective ∞ > ∞.

La galerie Le Minotaure présente l’exposition collective L’avant-garde hongroise à la galerie Der Sturm (1913-1932). « En mars 2018, la Galerie Le Minotaure et la Galerie Alain Le Gaillard – assistées par Krisztina Passuth, la doyenne de l’histoire de l’art moderne hongroise et spécialiste des avant-gardes – se réunissent dans le cadre de l’exposition majeure de la saison pour attirer l’attention du public sur un épisode particulier de l’histoire des avant-gardes européennes des premières décennies du XXème siècle, à savoir le phénomène des artistes hongrois exposant à la galerie berlinoise Der Sturm dans les années 1913-1932 ».

« A ce moment, le champ artistique international subit des transformations touchant à la fois sa structure et son fonctionnement. Jusqu’alors centralisé et concentré sur l’activité artistique parisienne, il s’ouvre vers international. Les nouvelles générations d’artistes sont de plus en plus attirées par les nouveaux centres artistiques émergeant en Allemagne, en Europe Centrale et de l’Est ou plus loin encore, en Russie soviétique ».

« Elles se détournent des recherches purement formelles au profit de l’engagement socio-politique que la capitale parisienne regarde avec une plus grande réserve ».

« Les collaborations de créateurs actifs dans des domaines différents deviennent une caractéristique des manifestations avant-gardistes : désormais les expositions sont souvent accompagnées de conférences et d’événements culturels intégrant la littérature et la musique contemporaines. Un des « noeuds » où ces nouvelles tendances et les esprits novateurs se rencontrent devient la revue et la galerie allemande Der Sturm (La Tempête) tenues par Herwarth Walden un personnage polyphone – musicien, compositeur, écrivain, critique, éditeur et galeriste – qui incarnait l’interdisciplinarité des avant-gardes de son temps. Publications et expositions sous l’enseigne du Sturm deviennent très rapidement l’étape obligée pour les artistes en recherche de reconnaissance ».

« L’histoire de la galerie Der Sturm qui commence en 1912 (la revue apparaît en 1910) et se termine en 1932, nous permet d’étudier également les évolutions esthétiques observables dans les arts plastiques du début du siècle. Pour marquer sa place dans le champ artistique international, Walden commence par exposer les expressionnistes – comme Kokoschka – et les membres du groupe Blaue Reiter pour ensuite pouvoir orienter le profil de sa galerie vers les nouveaux prétendants à ce titre : les futuristes et à partir du début des années 1920, les constructivistes. Ne pouvant pas toujours accéder aux grands maîtres du rang de Picasso ou d’El Lissitzky, il est obligé de rechercher des « remplaçants », pas forcément connus, mais ayant une approche esthétique et intellectuelle similaires, ce qui lui vaut le titre de « découvreur des talents ». Les affinités électives veulent que ces grands « remplaçants » soit en majorité des artistes hongrois : Walden s’intéressait à leur travail dès l’ouverture de sa galerie et vice versa, il était connu par les Hongrois car la revue et les expositions du Sturm ainsi que Walden lui-même voyageaient dans leur pays. Au fil des années leurs relations deviennent de plus en plus fréquentes, et nous pourrions même dire, indispensables pour les deux côtés ».

« Le premier Hongrois, exposant à la Galerie Der Sturm en 1913, est le cubiste Alfred Réth prenant la place vide laissée pour Picasso qui avait refusé d’exposer à la galerie du Potsdamer Strasse. Pendant la Première Guerre mondiale, beaucoup d’artistes appréciés par Walden, notamment ceux du cercle du Blaue Reiter, doivent quitter l’Allemagne ou bien disparaissent sur le front. Le galeriste berlinois découvre alors – par l’intermédiaire de Lajos Kassák, rédacteur de la revue MA – l’oeuvre de János Mattis Teutsch, Béla Kádár et Hugó Scheiber qu’il inscrit dans la lignée des artistes tels que Vassily Kandinsky, Franz Marc, Georg Schrimpf ou Heinrich Campendonk. Tous les trois seront liés à la galerie jusqu’à la fin des années 1920. Grâce à Walden, leurs carrières deviendront vraiment internationales et leur renom ira bien au-delà de l’Allemagne : en 1926, Kádár sera remarqué par la collectionneuse américaine Katherine Dreier (Société Anonyme) qui l’invitera à exposer au Brooklyn Museum de New York ; événement qui se prolongera par une série d’expositions voyageant à travers les États-Unis ».

« Néanmoins, après la guerre le mouvement expressionniste commence à se retirer de la scène d’avant-garde et s’institutionnalise. Même s’il restera jusqu’à la fin une marque de Der Sturm, Walden – toujours en quête de nouveautés – s’intéresse de plus en plus au constructivisme importé de Russie qui bouleverse la vision européenne de l’art moderne et révolutionnaire, visant plutôt l’industrie que le marché de l’art. Berlin devient alors non seulement un foyer pour les Russes, mais aussi pour les autres nationalités venant de l’Europe de l’Est, entre autres les Hongrois qui pendant la guerre et suite à la chute de la République des Conseils migrent vers d’autres pays. Walden pense à eux car dans cette Allemagne du début des années 1920, ce sont justement les Hongrois qui incarnent le mieux l’esprit et la connaissance des mouvements suprématistes et constructivistes. Ainsi, parmi les noms phares de la galerie Der Sturm se retrouveront, entre autres : Lajos Kassák, Sándor Bortnyik, et notamment László Moholy-Nagy et László Péri que Walden considérera comme les porte-paroles du constructivisme d’esprit soviétique ».

« Toutefois, à partir de la deuxième moitié des années 1920, Der Sturm, aussi bien comme galerie que comme revue ou maison d’édition, perd progressivement sa vigueur initiale. Les raisons en sont multiples tout autant liées au fonctionnement interne du Sturm, qu’à l’évolution du champ artistique international et au changement de la situation politique en Europe. En 1932, toujours autant fasciné par la Russie, Walden s’installe en Union Soviétique dont la politique devient pourtant de plus en plus hostile vis-à-vis des Allemands (surtout des Juifs). En 1941, le galeriste est envoyé dans un camp de travail près de Saratov où il meurt de faim ».

« Malgré cette fin brutale, la tempête que déclencha à son époque Der Sturm dans le champ artistique international marqua à jamais l’histoire de l’art européen. Dès lors son activité focalisera et accompagnera les évolutions de l’art moderne de la première moitié du XXème siècle dont, aujourd’hui encore, nombre de galeries et de musées se font les passeurs pour un public toujours autant fasciné par cet avant-garde venu de l’Est ».

« A partir du 15 mars 2018, à la Galerie Le Minotaure et Alain Le Gaillard, nous pourrons donc plonger dans l’univers de la galerie Der Sturm et admirer environ quatre-vingt pièces exceptionnelles des artistes tels que : Alfred Réth, János Mattis Teutsch, Béla Kádár, Hugó Scheiber, Lajos Kassák, Sándor Bortnyik, Lajos Ébneth, László Moholy-Nagy et László Péri. L’exposition sera accompagnée d’un important catalogue bilingue (en français et en anglais), contenant deux articles scientifiques inédits (par Krisztina Passuth et Maria Tyl) et riche en reproductions et images d’archives ».


Kalman Maklary, Krisztina Passuth, Julia Cserba Csaba Kopeczky, Alfréd Réth. 2003. 344 pages. ISBN : 978-9632122441

Citations de Júlia Cserba, dans le Dictionnaire de l’Art Contemporain Hongrois, Editions Lexikon, 2002, Budapest, traduction par Zsuzsa Kis.

Du 15 mars au 12 mai 2018

Jusqu’au 30 mars 2013
A la
galerie Le Minotaure
2, rue des Beaux-arts. 75006 Paris
Tél. : 01 43 54 62 93
Du mardi au samedi de 10 h 30 à 13 h et de 14 h à 18 h 30
Et
Du 20 juin au 27 juillet 2013
A la galerie Alain Le Gaillard
19, rue Mazarine. 75006 Paris
Tél. : 01 43 26 25 35

Visuels :
Reth, Alfred
Composition, 1959
Technique mixte sur bois
55 x 46 cm

Reth, Alfred
Composition, 1952
Huile et sable sur panneau
101 x 60 cm
Signé et daté en bas à droite A.Reth.52
Au dos : indications manuscrites, n°163/53-4-73/1952
101 x 60 cm

Reth, Alfred
Composition, 1959
Technique mixte sur bois
65 x 54 cm

Reth, Alfred
Bords de Seine, 1926
Huile sur toile
80 x 148 cm

Reth, Alfred
Formes dans l'espace,1935
Huile, ciment et plâtre sur bois
32 x 31 cm

Reth, Alfred
Petit garçon au tablier, 1910
Huile et collage sur toile
52 x 63 cm

A lire sur ce blog :
Articles in English
Cet article a été publié le 6 mars 2013, puis le 7 juillet 2016.

jeudi 8 mars 2018

« Ben Gourion, testament politique » par Yariv Mozer


« Ben Gourion, testament politique » (Ben-Gurion, Epilogue ; Ben Gurions Vermächtnis) est un documentaire réalisé par Yariv Mozer. Le montage d’une interview filmée de six heures de David Ben Gourion (1886-1973), ancien Premier ministre travailliste israélien, en 1968. Un représentant de la génération fondamentale de l’épopée sioniste au XXe siècle. Le Jewish Film Festival of Sarasota-Manatee (8-18 mars 2018) présentera ce documentaire les 8, 12, 15 et 16 mars 2018.


En 1968, David Ben Gourion (1886-1973), « le père fondateur de l’État juif, retiré dans le kibboutz de Sde Boker depuis sa démission du gouvernement cinq ans plus tôt, accepte de se confier lors d’un entretien au long cours ».

A son intervieweur, jeune Juif américain, qui privilégie sa foi en lui et refuse toute croyance en Dieu, Ben Gourion répond : « Parler de la sorte c’est nier l’existence de Dieu. Et il n’y a rien dans ce monde sans Dieu ! »

Sioniste
Deux heures durant ; pendant trois jours consécutifs, il répond, souvent en anglais, aux questions posées sous l’objectif de la caméra.

Ces images inédites « ont été retrouvées dans les tiroirs de la fondation Spielberg, à l’université de Jérusalem, tandis que les bandes sonores se dissimulaient aux archives Ben-Gourion ». Yael Perlov les a découvertes tandis qu’elle assurait la restauration des œuvres de son père et documentariste David Perlov. Membre de l'Académie européenne du cinéma, du Forum israélien des réalisateurs de films documentaires et de l'Académie israélienne du cinéma et de télévision, Yariv Mozer a été « le premier Israélien à être intégré au programme européen des entrepreneurs de l'audiovisuel EAVE. « Les hommes invisibles », son film sur les homosexuels palestiniens a reçu le premier prix du Festival de cinéma LGBT de San Francisco, et Le Jardin des arbres morts a été projeté lors du festival international du film LGBT de Tel-Aviv.

En 1968, l’ancien Premier ministre israélien « y évoque son enfance en Pologne et son arrivée en Palestine » - non, en Eretz Israël -, « en 1906, son amour profond pour Paula, sa femme américaine et anarchiste, décédée quatre mois plus tôt – « Depuis que Paula est décédée, je suis seul. La moitié de moi-même » -, sa retraite paisible dédiée à l’écriture, à la marche et aux travaux communautaires, mais aussi son rapport à l’exercice du pouvoir et au projet sioniste » : « Un homme politique qui ne pense qu'à sa popularité et pas aux choses qui doivent être faites, qu'elles soient plaisantes ou non, est un homme dangereux », peut-on l'entendre dire. Ou encore : « Il vaut mieux se tromper en démocratie que d'adopter une autre conception ».

« Éloigné de la vie politique, David Ben Gourion analyse avec recul l’histoire de l’État hébreu, ses fondements et ses faillites (« Israël ne peut pas encore se vanter d’être une nation exemplaire », dit-il) ». Quelle nation est exemplaire ? En fait, Ben Gourion croyait que la mission de l’Etat consistait à accomplir l’idée biblique d’« am segulah » (Israël, bien propre de Dieu), nation exemplaire aux vertus élevées, chérie par Dieu. Interrogé pour savoir si l’Etat d’Israël a rempli cette mission, Ben Gourion répondit : « Pas encore ».

Associant des extraits de cet entretien et des archives variées - photographies, journaux télévisés, rencontres avec ses homologues, discours à la Knesset, fêtes pour ses anniversaires -, ce film Ben-Gurion, Epilogue fait « entendre la voix d’un leader dont les réflexions trouvent un puissant écho aujourd’hui, alors que le futur du conflit israélo-palestinien reste chargé de menaces ». Non, c’est un conflit né du refus islamique d’un Etat Juif.

A noter que la propagande arabe palestinienne a repris les mots et les maux du peuple juif pour les retourner contre Israël. Ben Gourion était surnommé gentiment « le vieux » (The Old Man). Arafat a posé lui aussi en « vieux sage ».

Le Keren Hayessod et l’Organisation Sioniste Mondiale (OSM) ont organisé une projection exceptionnelle du documentaire « Ben Gourion – Epilogue » de Yariv Mozer à Paris, le 6 novembre 2017 à 20 h au Cinéma Publicis, à Paris, et le 7 novembre 2017 à 19 h 30 au Cinéma Le Chambord  à Marseille. Les projections seront suivies d’un débat : « le Néguev, un enjeu pour le développement d’Israël » avec la participation exceptionnelle de Michaël Bitton, maire de Yérouham, ville du Néguev en pleine expansion et de son adjointe, Tal Ohana, et d'un apéritif cocktail.

"David Ben Gourion parle à bâtons rompus dans un entretien récemment retrouvé dans les archives Steven Spielberg du film juif, à Jérusalem. Cinq ans avant sa mort, en 1968, David Ben-Gourion accordait une interview à une équipe israélo-britannique qui voulait faire un film sur sa vie. L’ancien homme d’Etat, âgé de 82 ans, vivait alors reclus dans sa maisonnette de Sde Boqer dans le désert du Néguev, loin de la vie politique. Cet entretien a été retrouvé par Yael Perlov, monteuse et productrice du film, dans les archives Steven Spielberg de films juifs à Jérusalem alors qu’elle restaurait les films de son père, le cinéaste documentaire David Perlov. Le Premier ministre d’Israël, fondateur de Tsahal, y parle avec une franchise surprenante à la fois de sujets personnels, comme sa nostalgie pour sa femme Paula, décédée 4 mois auparavant, ses relations avec son père, ou encore son attirance pour le bouddhisme, et de son rôle dans l’histoire du peuple juif, ainsi que de ses angoisses quant à l’avenir de l’Etat qu’il a créé. À la fin de l’entretien, lorsqu’on lui demande s’il a peur pour Israël, Ben Gourion répond : « J’ai toujours eu peur. Ça ne date pas d’aujourd’hui. Cet État n’existe pas encore ».

Le Jewish Film Festival of Sarasota-Manatee (8-18 mars 2018) présentera ce documentaire les 8, 12, 15 et 16 mars 2018. "Winner of Israel’s Ophir Award for Best Documentary, Ben-Gurion, Epilogue is an invaluable historical document and cinematic treasure compiled from six hours of newly discovered conversations with Israel’s founding father and one of the most important statesmen of the 20th century".


« History is not moral ». L'Histoire n'est pas morale.

« God is everywhere ». Dieu est partout.

Eprouve-t-il des craintes pour son pays, Israël ? « Oh, I always feared. I always. Not just now… [I fear that] the state does not yet exist. It’s a beginning only. » Oh, je les toujours éprouvées. Toujours. Pas seulement maintenant. Je crains que l''tat n'existe pas encore. C'est seulement le début.

Sur le prophète Jérémie qu’il admire : « I have the feeling that what he was saying is true. He understood politics more than the kings,” Ben-Gurion said. “But he was unpopular ». Je sens que ce qu'il disait était vrai. Il a compris la politique plus que les rois... Mais il était impopulaire.

Sur les pionniers sionistes : « We wanted to create a new life, not the life that exists... I believed that we had a right to this country. Not taking away from others, but recreating it. » Nous voulions créer une nouvelle vie, pas la vie qui existe... Je croyais que nous avions le droit à ce pays. Pas prendre à d'autres, mais le recréer.

Notre avenir ne dépend pas de ce que d'autres nations disent, notre avenir dépend de ce que les Juifs font. Le Jour de l'Indépendance, 27 avril 1955.

      
« Ben Gourion, testament politique » par Yariv Mozer
Mozer Films, Arte, Radio Canada et la chaine 8 de la télévision israélienne, NDR, la Fondation Rabinovitch pour les Arts, la Fondation Makor, la Fondation Gesher, la Fondation Avi Chai, l'Institut Ben-Gurion Heritage, l'Institut Ben-Gourion pour l'étude du sionisme et le Fonds national juif, 2016, 54 min
Sur Arte le 23 mai 2017 à 22 h 40

Visuels
Dans les archives de la fondation Spielberg à l’université de Jérusalem ont été retrouvées des bobines de film contenant 6 heures d’une interview inédite de David Ben Gourion, l’une des principales icônes du mouvement sioniste et l’un des plus grands dirigeants de l’époque moderne. Nous sommes en 1968, il a 82 ans, cinq ans après avoir démissionné du gouvernement, cinq ans avant que le fondateur d’Israël et premier dirigeant du pays ne meure. Il vit dans sa maison isolée dans le désert du Néguev, symbole de son attachement à cette terre du sud d’Israël
© Courtesy of David Marks

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Les citations proviennent d'Arte et du documentaire. Cet article a été publié le 22 mai 2017, puis le 6 novembre 2017.