Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

vendredi 9 décembre 2016

Erich Lessing (1923-2018), photographe


Le musée Juif de Vienne  (Jüdische Museum Wien) a présenté l’exposition Lessing présente Lessing (Lessing zeigt LessingLessing presents Lessing). Né dans une famille viennoise Juive, Erich Lessing  fuit le nazisme en rejoignant la Palestine mandataire. Après son engagement dans la RAF (Royal Air Force) comme pilote et photographe, il est recruté comme photojournaliste par Magnum. Pour les plus grands magazines, il couvre l’insurrection hongroise (1956) et la guerre d’Algérie. Puis s’oriente vers les livres de photographies sur l’art et enseigne. L'Institut hongrois montre l'exposition La Révolution en images avec des photographies notamment d'Erich Lessing.


Erich Lessing  est né dans une famille bourgeoise, juive et viennoise en 1923. Son père est un dentiste, et sa mère pianiste concertiste.

En décembre 1939, après l’Anschluss (12 mars 1938), annexion de l'Autriche par l'Allemagne nazie, cet adolescent s’installe en Palestine mandataire (Eretz Israel).

Après avoir étudié au Technion (Haïfa) et exercé divers métiers (éleveur de carpes, chauffeur de taxi), il se fixe sur sa passion, la photographie.

Il sert comme pilote et photographe dans des unités de la RAF (Royal Air Force) en Afrique.

Sa mère, pianiste, est déportée à Auschwitz où elle est tuée lors de la Shoah.

En 1947, c’est un reporter-photographe, notamment pour l’Associated Press, qui rentre en Autriche.

Dès 1951, Erich Lessing est recruté par David Seymour (Chim) pour Magnum, agence photographique dont il devient membre en 1955.

Ses reportages sur les grands événements politiques européens sont publiés par les plus célèbres magazines, dont Life, Picture Post, Paris-Match, Epoca et Quick Magazine.

Insurrection hongroise
En 2002, l’Institut hongrois et la Galerie Bernard Jordan ont présenté quarante photographies d’Erich Lessing sur la révolution hongroise de 1956 sous le titre « Photographies de Erich Lessing, 1956-Budapest ».

En noir et blanc, dans l’ordre chronologique, ces photographies témoignaient de l’effervescence intellectuelle, d’une insurrection jeune et déterminée, réprimée violemment par l’Armée rouge, puis de la vie qui continue. Elles révélaient aussi la sympathie pour Imre Nagy, premier ministre.

Après les révélations du rapport Khroutchev et les grèves en Pologne, « un peuple avide de liberté » secoue le joug communiste comme le montrent les numéros de Paris Match publiant en novembre 1956 des clichés de Eric Lessing consacrés à ces semaines qui déchirent « un peuple avide de liberté », après la révélation du rapport Khrouchtchev et les grèves des ouvriers polonais, et alors que survient la guerre de Suez.

Au « Petöfy Club », se prépare l’insurrection : intellectuels et journalistes y évoquent les réformes nécessaires. Dans les rues, les gens écoutent attentivement leurs discours qui y sont diffusés via des hauts parleurs.

Les symboles du régime honni - livres de propagande communiste, les photographies de Mátyás Rákosi, ex-premier secrétaire du PC hongrois, statue de Staline - sont détruits, brûlés ou dépecés. Le pain est amené de la campagne au QG des insurgés. Un homme récite des poèmes de Sandor Petöfi, écrivain de la révolte hongroise de 1948. Un vétéran unijambiste de la guerre et un Gavroche campent fièrement. Près d’immeubles en ruines, des insurgés ont peint leur emblème national sur un tank soviétique.

Peu après la réaction sanglante de la police à une manifestation pacifique, des Hongrois battent et lynchent un membre de l’AVO (police secrète communiste). Près d’immeubles en ruines, des insurgés ont peint leur emblème national sur un tank soviétique. Les personnes dans la file d’attente regardent le magasin où elles espèrent se procurer des vivres, et deux dames conversent devant un soldat mort.

C’est chez lui que le Premier ministre, Imre Nagy, pose.

Soutenue par des partis communistes européens, bénéficiant d’un contexte international où l’intervention à Suez capte l’attention, l’URSS réprime cette volonté hongroise d’émancipation.

Imre Nagy est arrêté, emmené en Roumanie, jugé et pendu le 16 juin 1958.

Détentions sans jugement, condamnations à mort et exécutions se multiplient.

Dans les trois mois qui suivent la répression, sur les 10 millions d’habitants de Hongrie, plus de 200 000, souvent jeunes, fuient la répression. Lessing les aide et les photographie près de la frontière, dans des « conditions de misère... ». Arrêté, emmené en Roumanie, jugé, Nagy est pendu le 16 juin 1958.

Après ses photographies sur la révolution hongroise - un travail honoré de l’American Art Director’s Award en 1956 - et la guerre d’Algérie (1958), ce témoin se rend compte que son travail n’a « rien changé ».

Erich Lessing entame alors sa « seconde vie » : il publie une quarantaine de livres sur l’art, les religions et les civilisations et enseigne.

Le Prix Nadar récompense l’ensemble de son œuvre. Il est membre du Comité International des Musées à l’UNESCO .

Dans le cadre du 1er Mois européen de la Photographie 2004, la Mairie du Xe arrondissement de Paris a accueilli une rétrospective de plus de 400 photographies de Erich Lessing intitulée « Mémoire du temps, photographies de reportage 1948-1973 ».

Le musée Juif de Vienne  (Jüdische Museum Wien) présente l’exposition Lessing zeigt Lessing (Lessing presents Lessing). « Les images du photographe autrichien Lessing sont célèbres. Sa photo légendaire de Leopold Figl et des ministres Alliés des Affaires étrangères sur le balcon" du palais du Belvédère lors de la signature du traité d’Etat autrichien (Österreichischer Staatsvertrag), rétablissant l'indépendance d'une Autriche indépendante et démocratique, le 15 mai 1955, “est devenu une icone de la nouvelle Autriche”… Les photographies d’Erich Lessing “sur la campagne israélienne, prises au fil des années, évoquent les scènes de la Bible. Hannah Lessing, secrétaire générale de l’Austrian National Fund, a effectué une sélection hautement personnelle des photos de son père. Son choix comprend non seulement les photos historiques et les magnifiques paysages israéliens, mais aussi une rétrospective historique de la vie dans l’Autriche et l’Europe après-guerre.

L'Institut hongrois montre l'exposition La Révolution en images avec des photographies notamment d'Erich Lessing. "À l’occasion du 60e anniversaire de la révolution hongroise de 1956, l’Institut hongrois de Paris présente, en collaboration avec le Musée de la photographie hongroise, les œuvres de Ferenc Berendi, Mario de Biasi, Erich Lessing, Ata Kando, Jean Marquis et de Jean Pierre Pedrazzini. Documents et films d’époque accompagnent ces images bouleversantes devenues iconiques, pour mieux raconter encore ce chapitre douloureux de l’histoire hongroise. L’exposition a été réalisée grâce au soutien du Comité commémoratif du 60e anniversaire de la révolution de 1956".

Du 21 octobre au 10 décembre 2016. Vernissage le 20 octobre à 19h
92, rue Bonaparte 75006 Paris
Tél. : +33 1 43 26 06 44

Du 29 avril au 6 septembre 2015
Au musée Juif de Vienne (Jewish Museum Vienna)
Museum Judenplatz
Judenplatz 8, 1010 Wien, Autriche
Tel: +43 (1) 535 04 31
Du dimanche au jeudi de 10 h à 18 h, le vendredi de 10 h à 17 h

Visuel :
Leopold Figl and signatory powers present the state treaty at the balcony of the Upper Belvedere 1955 /© VBK/Lessing

Articles sur ce blog concernant :
Articles in English
Cet article a été publié par Guysen. Cet article a été publié le 30 avril 2015.

jeudi 8 décembre 2016

Le sénateur Jean-Pierre Plancade a interpellé Rémy Pflimlin, futur président de France Télévisions, sur l’affaire al-Dura


Le 12 juillet 2010, le sénateur français Jean-Pierre Plancade (élu du Rassemblement démocratique et social européen, RDSE) a interrogé Rémy Pflimlin, futur président du groupe télévisuel public, lors de son audition par la commission de la culture, de l'éducation et de la communication du Sénat (Paris). Il lui a demandé ce qu’il fera, à son entrée en fonction, afin de « rétablir la vérité » sur les allégations du reportage controversé diffusé par France 2 le 30 septembre 2000. The last, not least. Durant son mandat (2010-2015), Rémy Pflimlin n'a rien fait pour établir la vérité sur "l'incident al-Dura". Le 24 octobre 2016, la Cour des comptes a publié un rapport fustigeant la gestion du groupe public télévisuel : cumul de contrats et de rémunérations, "réformes trop timides, achats peu contrôlés, salaires qui dérapent chez les journalistes, absentéisme ou encore retard dans le numérique". Le 3 décembre 2016, Rémy Pfimlin est mort à Paris.


Après plus d’une heure et demie d’audition de Rémy Pfimlin par la commission sénatoriale de la culture, de l'éducation et de la communication, c’est Jean-Pierre Plancade, vice-président de cette commission, qui prit finalement la parole pour poser la question originale, inattendue.


« Confiance dans l’information » (Rémy Pfimlin)

En une trentaine de minutes, au fil de la présentation de son « projet d’entreprise qui doit se développer autour de valeurs » , Rémy Pfimlin a évoqué trois « corps de valeurs », « socles sur lesquels on construit » et qu’il « souhaite être partagées dans l’entreprise afin de servir de références ».

L’un de ces corps de valeurs était constitué du « respect de l’autre, de la tolérance, des valeurs liées à la diversité ».

Mais c’est le troisième « corps de valeurs » qui revenait en leitmotiv dans son discours : « l’indépendance, la rigueur, la fiabilité qui sont au cœur de ce pacte » qu’il « souhaite voir refonder entre nos concitoyens et la télévision publique » et « marqué par un mot-clé : confiance. Confiance dans l’information, confiance dans les choix, confiance dans la qualité de ce qui est présenté ». Une information définie comme « une des missions-clés des chaines » de France Télévision.

Après une pensée pour Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier, deux journalistes de France 3 « allés sur le terrain pour faire des reportages » et devenus otages des Talibans en Afghanistan, Rémy Pfimlin a dit sa détermination à « mettre tout en œuvre pour permettre une libération aussi vite que possible » et a insisté sur le reportage, un « élément-clé de la mission du journaliste. C’est ce qui permet d’expliquer, de comprendre, de montrer et c’est un élément déterminant de la vie démocratique, parce que, sans comprendre ce qui se passe, il est difficile de se faire son propre jugement ».

Et d'exprimer sa « conviction profonde sur l’importance, la nécessité de voir l’information produite par des journalistes dont c’est le métier, la formation et qui produisent une information pertinente, rigoureuse, fiable ». Car la « confiance de nos concitoyens » dans « l’information est directement liée à la rigueur de cette information, et donc à l’application des règles pratiquées dans la déontologie journalistique. Les deux éléments-clés de ce caractère de fiabilité absolue et de confiance sont l’indépendance et la rigueur. Et j’attacherai un poids très particulier à ce que notre information soit… indépendante et rigoureuse, et cette rigueur, en particulier en recoupant l’information, en respectant toutes les règles de l’information, est un élément-clé de la confiance que doivent avoir nos concitoyens ».

Il convient aussi de prendre le « virage numérique pour toucher tous les publics » et de relever « le défi d’avoir des informations en temps réel ». Rémy Pfimlin a souhaité une vigilance à l’égard des « échanges d’images sur les réseaux sociaux ».

Favorable à un « contrat de mandature », il aspirait à une ressource financière « dynamique, pérenne, et prévisible pour travailler sur un plan stratégique à quatre-cinq ans » dans le « siècle du bouleversement numérique ». Sur la publicité, il « s’inscrit dans le cadre de la loi - compensation complète du manque de ressources publicitaires » quand la publicité est supprimée -, il suggérait en une ère difficile le maintien de la régie publicitaire pour rechercher les recettes.

Il a aussi souligné l’urgence de « renforcer les identités des antennes », ce qui requiert « courage et ténacité ».

« Rétablir la vérité » dans l’affaire al-Dura (Jean-Pierre Plancade)

Puis vint le débat qui a duré environ une heure et demie. Le candidat répondant après que deux-trois membres de la commission l’aient interrogé.

Placide, il a écouté deux sénateurs, le socialiste David Assouline et le communiste Jack Ralite, récuser son indépendance : « Vous avez donc été nommé par le Président de la République qui pourra vous révoquer aussi quand bon lui semblera. Epargnez-nous les faux-semblants. Le CSA [Ndlr : Conseil supérieur de l'audiovisuel], les commissions des affaires culturelles de l'Assemblée nationale et du Sénat ne sont consultés que pour entériner cette décision… Il s'agit [pour nous] de vous demander comment vous allez crédibiliser [l']indépendance [de France Télévisions] alors que le Président Nicolas Sarkozy vous a mis un tel boulet au pied en mettant son sceau sur votre désignation ?... Comment allez -vous assurer le maintien et le développement d'une information de qualité, honnête, complète et pluraliste. Quelle dispositions comptez-vous prendre pour assurer, en toutes circonstances, l'indépendance de toutes les rédactions ? », résumait David Assouline, vice-président de cette commission, pour expliquer que le parti socialiste ne prendra pas part au vote.

« Un individu prend une fonction en ayant un parcours, une histoire. Peser une décision à l’aune d’une révocation, ce n’est pas être un chef d’entreprise », a répliqué Rémy Pfimlin, ancien Directeur général de France 3 (1999-2006) puis directeur général des messageries Presstalis (ex-NMPP, Nouvelles messageries de la presse parisienne, acteur majeur dans la diffusion de la presse).

Les autres questions ont amené Rémy Pfimlin à répéter son laïus, notamment sur des « antennes différenciées ».

Enfin (71e minute de la vidéo), Jean-Pierre Plancade prit la parole sur une affaire qui lui « tient à cœur et dure depuis trop longtemps ». Habilement, il a repris les valeurs avancées par Rémy Pfimlin – « confiance, indépendance, rigueur et fiabilité » - et auxquelles il est « très sensible » afin de formuler sa question.

Il a souligné que la France « plus que jamais, a besoin de réaffirmer que dans chaque corps de métier, la déontologie, l’éthique est une valeur essentielle sur laquelle on ne saurait transiger. A cet égard, le service public se doit, plus que tout autre, d’être exemplaire ».

Et d’évoquer « l’affaire de la diffusion du reportage sur « la mort », que je mets maintenant entre guillemets, du jeune Mohamed al Doura qui aurait, d’après ce reportage, été tué par une balle israélienne » au carrefour de Netzarim. Un reportage signé par Charles Enderlin, correspondant de France 2 à Jérusalem, sur des images attribuées au cameraman palestinien de la chaîne publique, Talal Abu Rahma.

Il « pèse aujourd’hui à l’encontre de France 2 un soupçon grave d’avoir diffusé une mise en scène de cette affaire ; soupçons renforcés par le fait que cette chaîne a perdu le procès qu’elle a intenté contre l’un de nos concitoyens [Ndlr : Philippe Karsenty] qui avait accusé ce reportage d’être, je le cite « une pure et simple mise en scène ». 

Un reportage qui a « catalysé la deuxième Intifada, attisé la haine dans le monde musulman ; des places portent le nom de Mohamed al Doura, des timbres à l’effigie de cet enfant ont été créés et dans la vidéo montrant la décapitation du journaliste américain Daniel Pearl, on voit en fond les images du jeune Mohamed al Doura »

Ce sénateur indiquait avoir vu L’enfant, la mort et la vérité d'Esther Schapira, reportage de la chaîne publique allemande ARD, « soutenant également la démonstration de la mise en scène », ainsi que lu le récent livre de Pierre-André Taguieff [Ndlr : La nouvelle propagande antisémite] édité aux Presses Universitaires de France, dans lequel « est soutenue l’idée de la mise en scène sans que personne, n’ait encore porté plainte pour diffamation contre l’auteur ».

Et de conclure :
« Il est temps que soit levée cette suspicion qui pèse sur France 2, suspicion qui est un poison pour l’esprit et qui, pour la circonstance, pourrait bafouer l’éthique de notre service public. Je souhaiterais donc, Monsieur le président, que vous m’indiquiez quand vous serez en fonction, ce que vous comptez faire pour redonner confiance et rétablir la vérité ».
Se levant spectaculairement, le sénateur Plancade remettait le livre de Pierre-André Taguieff et le DVD de l’émission allemande à Rémy Pfimlin.

Celui-ci répondait alors aux deux questions précédentes, mais non à celle du sénateur Plancade. Puis, voyant ce membre éminent de la commission lever la main pour actionner le micro et reprendre la parole afin d’obtenir une réponse à sa question, Rémy Pfimlin concédait : « Bien sûr, je regarderai le dossier ».

Un sénateur engagé ami d’Israël

Philippe Karsenty, directeur de l’agence de notation des médias Media-Ratings, remerciait et félicitait
« le sénateur Plancade pour sa prise de position citoyenne, honnête, digne et courageuse. C’était la première fois que l’Affaire al Doura était exposée aussi clairement sur une chaîne de télévision française. C’est une avancée majeure qui nous rapproche du dévoilement de la vérité ».
Un bémol : aucun média n’a mentionné l’interpellation du sénateur Jean-Pierre Plancade.

Membre du groupe d’amitié France-Israël au Sénat et de l’association France-Israël, ce parlementaire nous a rappelé, le 13 juillet 2010, son amitié « constante, renouvelée » pour l’Etat juif dans lequel il s’est rendu « une à deux fois ».

Il nous a expliqué son engagement dans l’affaire al-Dura par les « réponses équivoques de France 2 et le refus systématique de celle-ci de fournir l’ensemble des rushes demandés ». Jean-Pierre Plancade refuse cette « guerre médiatique permanente contre Israël ». Il a d’ailleurs été le seul à défendre Israël après l’arraisonnement de la flottille de la « paix » dans une émission de la chaîne du Sénat, Public Sénat, face à  Dominique Voynet, écologiste rattachée au groupe socialiste.

Et d’ajouter : « Derrière [cette guerre médiatique], consciemment ou non, on est dans l’antisémitisme ». Ce que « l’éducation et la culture » de cet élu républicain et catholique, ancien cadre du secteur social, lui ont appris à rejeter. Et si Jean-Pierre Plancade  n'a pas nommé l’antisémitisme dans sa question, c'est pour éviter qu’on ne lui réplique : « On est taxé d’antisémitisme quand on critique Israël ».

Déterminé, ce sénateur de Haute-Garonne (Midi-Pyrénées) va remettre à ses collègues le livre de Pierre-André Taguieff ainsi que le DVD du documentaire d’Esther Schapira concluait : « J’interrogerai Rémy Pfimlin lors de son audition annuelle pour expliquer le budget de France Télévisions, et le ministre de la Culture et de la Communication, Frédéric Mitterrand ».

Et de renvoyer la balle à Philippe Karsenty et au CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) qui avait obtenu le 18 septembre 2008 l’aval de France 2 pour un « groupe de travail d'experts indépendants » chargé d’« examiner les cicatrices de Jamal al-Dura et son dossier médical, faire de nouvelles radios, analyser les images (en particulier le timecode)… »

Présidée par Patrick Gaubert, ancien président de la LICRA (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme), ce groupe de travail ne s’est jamais réuni ; ses membres n’ont pas été désignés.

Le sénateur Jean-Pierre Plancade a été candidat aux élections municipales à Toulouse en 2014.

Durant son mandat (2010-2015), Rémy Pflimlin n'a rien fait pour établir la vérité sur "l'incident al-Dura". Après son mandat, il a été nommé Conseiller d'Etat.

Le 24 octobre 2016, la Cour des comptes a publié un rapport fustigeant la gestion et les "pratiques peu respectueuse des deniers publics" du groupe public télévisuel et aboutissant à une "impasse financière" : cumul de contrats et de rémunérations, "réformes trop timides, achats peu contrôlés, salaires qui dérapent chez les journalistes, absentéisme ou encore retard dans le numérique", cumul de contrats et de rémunérations, situation critique caractérisée par des procédures de contrôles insuffisantes en matière d'achats (hors programmes) de l’entreprise, secteur de l'information peu enclin à se réformer, réseaux régionaux dense et coûteux au regard des deux à trois heures quotidiennes de décrochage produits, définition hésitante de ses missions de service public...

France Télévisions, "société détenue à 100 % par l’État, est un groupe qui rassemble cinq chaînes nationales, 24 antennes régionales, neuf stations de télévision et de radio outre-mer, ainsi que plusieurs filiales. Elle comptait 9 932 emplois à temps plein fin 2015 (hors filiales), dont 86 % d’emplois permanents. Les fonds d’origine publique (2,5 Md€ en 2015) représentent près de 80 % de ses ressources. Après avoir procédé au contrôle des exercices 2009 à 2015, la Cour constate que la gestion de France Télévisions manque de rigueur et que l’entreprise ne s’est pas assez réformée pour faire face à la révolution numérique qui modifie profondément l’environnement dans lequel elle évolue, ses métiers et les usages des téléspectateurs".

Le 3 décembre 2016, Rémy Pfimlin est mort à Paris. Des journalistes et producteurs l'ont loué sur Twitter.


Articles sur ce blog concernant :
Cet article a été publié le 18 mars 2014 et modifié le 8 décembre 2016.

L'Origine de la violence, par Elie Chouraqui


L'Origine de la violence d’Elie Chouraqui sera projeté au Royal Palace de Nogent-sur-Marne. Adapté du best-seller de Fabrice Humbert (2009), ce film évoque des secrets de famille douloureux liés à la déportation d’un jeune Juif français au camp nazi de Buchenwald. Une œuvre bien réalisée et remarquablement interprétée par des comédiens, renommés et débutants, mais qui suscite une gêne.


Lors d’un voyage au camp de concentration de Buchenwald (Allemagne), Nathan Fabre (Stanley Weber), jeune enseignant français dans un lycée franco-allemand, remarque la photographie d’un déporté qui ressemble à son père, Adrien (Richard Berry). De retour en France, il déjeune avec son père, assiste à une réunion dans la demeure de sa famille catholique en Normandie. Intrigué par cette photographie, il entreprend une enquête et découvre de graves secrets familiaux qui vont, d’une certaine manière, le libérer d’une violence intérieure qui le minait.

Le 3 mai 2016, organisée par des associations juives françaises, l’avant-première du film  a suscité une standing ovation du public ému par le film, remarquablement interprété, notamment par César Chouraqui, bouleversant tant il est crédible dans les scènes dramatiques tournées au camp de Buchenwald.

« Après la projection, Michel Bouquet a dit « Vous avez fait un grand film pour votre peuple ». Cela m’a touché car il est la sommité des acteurs français », a déclaré Elie Chouraqui sur RCJ, le 16 mai 2016.

Cette œuvre rassure, réjouit les Français en présentant de manière finalement positive la famille Fabre : un grand bourgeois ni collaborateur ni résistant, magnanime et généreux. Certes, il y a la dénonciatrice, mais elle a regretté et « les nazis lui ont permis d’agir en monstre ». Le fils illégitime ? Il a été élevé avec amour, mais dans le secret, et n’est pas si pâlot.

Et pourtant, L'Origine de la violence d’Elie Chouraqui m’a laissé un sentiment de gêne. Ce film obère la famille juive. Jean Sorel interprète Charles Wagner, frère cadet du jeune Nathan Wagner, déporté. Un bourgeois vivant dans un appartement cossu. Quid du destin de sa famille ? Quel lien avec la judéité pour les survivants de la Shoah ? Que reste-t-il de l’identité juive ? Qu’est-ce qu’être juif ? Que fait-on quand on apprend sa filiation avec un déporté juif ? Soit le film occulte ces questions, soit il y répond par un acte violent proche de la vengeance, et en montrant la dilution, jusqu’à la disparition de la judéité au bout d’une seule génération.

Cette gêne perdure en lisant le dossier de presse. Elie Chouraqui confie : « Après la sortie de « Ô Jérusalem », je me souviens avoir entendu des journalistes me dire que le conflit israélo-palestinien ne pourrait jamais se résoudre. C’est perdre la notion des choses : comment penser que ce ne soit pas possible alors que soixante ans après que la moitié du monde a été détruite par le conflit franco-allemand, n’importe quel citoyen peut se sentir chez lui en Allemagne ». C’est révéler une grande ignorance sur un conflit mondial qui n’a pris fin que par la capitulation du IIIe Reich. Ce parallèle est si infondé : le IIIe Reich ne voulait pas de Paris comme capitale, etc.


L'Origine de la violence, par Elie Chouraqui
D’après le roman de Fabrice Humbert (2009, éd Le Passage)
Avec Richard Berry, Stanley Weber, Michel Bouquet, César Chouraqui, Miriam Stein, Christine Citti, Jeanne Cremer
Production : L’origine Productions, Integral Film e.K
Sortie France : 25 mai 2016

Articles sur ce blog concernant :
Articles in English
Cet article a été publié le 25 mai 2016.

jeudi 1 décembre 2016

Foncia Paris a comparé trois de ses salariés aux Juifs dénoncés


Le 18 novembre 2016, Jean-Patrick Jauneau, mandataire social de Foncia Paris, a fait une analogie choquante entre les Juifs persécutés sous le régime de Vichy et trois de ses salariés nommés dans un article publié en juillet 2016 par Alliancefr.com. Cet article intitulé Foncia au cœur d'une nouvelle polémique aux relents antisémites, et dont la teneur a été reprise dans notre article, évoquait M. B. en voie d'être ruinés et spoliés, par un syndicat de copropriétaires sous ses deux syndics successifs, dont Foncia Paris.

Spoliations de Français juifs : l’affaire Tanger

Pour ceux ayant manqué le premier épisode, en voici un résumé.

M B., copropriétaires français juifs, ont un appartement parisien dont le syndic est Foncia Paris, ex-Foncia Rives de Seine. Depuis plus de dix ans, ils subissent un traitement discriminatoire.

D’une part, leur appartement vacant est abîmé par des parties communes endommagées et l’installation sanitaire non conforme de l’appartement au-dessus. Malgré des injonctions de la Ville de Paris, le Syndicat a refusé de lancer une expertise judiciaire pour déterminer les causes des dommages et y remédier. Ce qui a induit plus de 145 000 € de manque-à-gagner en termes de loyers non perçus par M. B.

Et d’autre part, pour corser le tout, après avoir quasiment ruiné M. B., le Syndicat les a assignés en réclamant un prétendu arriéré d’appels de charges. En reprenant toutes les écritures comptables du Syndicat et le relevé de leurs paiements, M. B. ont estimé leur compte créditeur et ont proposé un règlement amiable au Syndicat via son syndic Foncia Paris. En vain.

Une stratégie létale. Le précédent propriétaire juif de cet appartement est mort prématurément. L'un des membres de l'indivision M. B., juifs eux aussi, souffre d'une grave maladie accentuée par le stress induit par cette stratégie.

Opacité
Le 25 juillet 2016, mandaté par le Syndicat, Michel Coeret, architecte, a constaté le délabrement de l'appartement et de parties communes, dont un mur pignon. Il a remis au Syndicat son rapport.

Le 7 novembre 2016, avant l'Assemblée générale de copropriétaires du 18 novembre 2016, lors de sa vérification des comptes du Syndicat, M. B. a demandé la communication de ce rapport. Une collaboratrice de Foncia Paris avait conditionné la communication de ce rapport à l'accord préalable de Mme Ohlman, alors absente. Rapport non reçu.

Lors de l'Assemblée générale des copropriétaires du 18 novembre 2016, Mme Ohlman, en présence, de Jean-Patrick Jauneau, mandataire social de Foncia Paris, s'était engagée à envoyer ce rapport à M. B. Promesse non tenue.

Le 26 décembre 2016, Jean-Patrick Jauneau a écrit à M. B. qui réclamait ce rapport : "Je vois avec Mme Ropert ou Mme Ohlman pour que ce document soit transmis dès leur retour de congés".

Pourquoi ces refus réitérés à ce jour ? Qui contrôle le travail de Mmes Ohlman et Ropert, et de Jean-Patrick Jauneau ?
    
Censure
Rebondissement récent. 

Lors de l’Assemblée générale des copropriétaires de cet immeuble du 18 novembre 2016, Jean-Patrick Jauneau, mandataire social de Foncia Paris, a évoqué l’article Foncia au cœur d'une nouvelle polémique aux relents antisémites d'Alliancefr à plusieurs reprises.

Jean-Patrick Jauneau s’est dit « dans l’obligation de demander le retrait » des noms de ses trois « collaborateurs dévoués » en charge de cet immeuble - Dominique Ohlman, Frédérique Ropert et Karima Aktouf - figurant dans cet article car ils « interviennent au nom et pour le compte d’un syndicat représenté par une société commerciale. Si vous souhaitez qu’un nom apparaisse, c’est le mien : je suis mandataire social de la structure. Je la représente. Je dispose de moyens différents pour réagir. Je pourrais avoir une réaction qui sera proportionnée à ce que j’estime être une agression, une information erronée ». En outre, « il n’est pas acceptable de se voir dénoncé par une publication internationale… Vous attribuez [à ces collaborateurs] des convictions erronées… Vous les taxez d’antisémitisme… Il n’y a jamais eu chez Foncia de propos qui peuvent être taxés de racisme, d’antisémitisme, d’exclusion… Il y a chez Foncia des collaborateurs de confession juive qui sont aussi un peu en porte à faux avec le contenu de l’article ». Quant à Foncia, elle « fera ce qu’elle estime devoir faire à l’égard du contenu » de l’article d’Alliancefr.

Mais les médias publient les noms des individus, cadre supérieur ou vendeur, impliqués dans des affaires. Les salariés de Foncia Paris seraient-ils irresponsables ?

Le site Internet du Figaro publie à ce jour des articles sur l’affaire du Mediator, dans lesquels il mentionne « Lucy Vincent, porte-parole de Servier mais aussi directrice générale chargée des relations extérieures, Christian Bazantay, le secrétaire général du laboratoire, Jean-Philippe Seta ».

Dans une affaire de faux espionnage, le site Internet de L’Express publie à ce jour la retranscription d’un dialogue  entre Matthieu Tenenbaum et Christian Husson, respectivement cadre supérieur et directeur juridique de Renault. 

Le site du Parisien relaie à ce jour la révélation par Le Canard enchaîné selon lequel Pierre Lachaize, directeur juridique de l’Unedic, « organisme paritaire qui s'occupe de l'assurance-chômage », « chasseur de fraudeurs fraudait lui-même » : il « a cumulé son salaire et ses allocations chômage pendant plus d'un an ». 

Quant au site Internet du Huffington Post, il publie à ce jour la vidéo d’un employé de SFR disant « Connard de Juif ». Etc. Etc. Etc.
      
Pourquoi Jean-Patrick Jauneau veut-il censurer Alliancefr, « premier magazine de la communauté juive », voire aussi mon blog ? « Crime de lès-Foncia » ?

Avant de publier nos articles, Alliancefr et moi avions interrogé par courriers électroniques les intervenants dans cette affaire. Nous n’avions reçu aucune réponse. Dominique Ohlman a avancé son absence pour causes de vacances estivales. Mais depuis sa reprise d’activité, plusieurs mois se sont écoulés sans qu’elle juge utile, comme ses deux autres collègues, de répondre à ces questions.

Et pourquoi le groupe Foncia, informé dès 2010, des arguments de M. B. à l’égard de son syndic, alors Foncia Rives de Seine, n’a-t-il pas réagi ?

Pas d’antisémitisme chez Foncia ? C’est réécrire l’histoire de Foncia. 

Souvenez-vous. En 2014, la « CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés) a infligé un avertissement public au groupe Foncia : lors d’un contrôle en 2010, elle avait découvert que Foncia avait indiqué dans ses fichiers notamment la religion juive de clients ». Pourquoi quatre ans pour révéler cet avertissement ? Foncia avait demandé au Conseil d’Etat que cette sanction ne soit pas rendue publique. Une demande rejetée in fine par le Conseil d’Etat. 


Décidément, Foncia ne semble pas aimer la transparence.

M. B. ont donc rappelé ce passage peu reluisant dans l’histoire de Foncia à Jean-Patrick Jauneau, qui a alors déclaré : « Ce collaborateur a immédiatement été sanctionné et exclus ».

Quand on n’est pas d’accord ? On engage une procédure judiciaire, a asséné Jean-Patrick Jauneau. « Non, on dialogue », ont répliqué M. B.

Les trois saisies bancaires par Me Thierry Guinot, huissier de justice, sur les comptes bancaires de M. B. en réclamant des montants supérieurs aux soldes dus ? Un huissier de justice est un officier ministériel, au-dessus de tout soupçon et il ne s'amuse pas à exiger une somme supérieure à la dette due, a répété Jean-Patrick Jauneau. Une manière de se défausser.

Le 8 août 2016, Me Thierry Guinot m’a écrit : 
« Les versements directs portés au dossier correspondent à ce qu’il nous a été transmis à l’époque par le Cabinet Goldberg et Masson, avocats à la Cour [et avocat du Syndicat]... Peut-être encore le Cabinet Foncia a-t-il omis de signaler certains versements à son avocat, et alors nous n’avons pas pu en avoir connaissance.
En tant qu’huissier de justice, je ne peux procéder à la vérification des comptes de copropriété des requérants... A vu des arguments que vous soulevez, il y a manifestement compte à faire ! »
Bref, cet huissier de justice a reproduit ce que le défenseur du Syndicat lui avait transmis. Et s’en lave les mains. Donc pas responsable ? Qui est responsable : l'avocat du Syndicat, le Syndicat ou Foncia Paris ? Et qui, au sein de Foncia Paris ?

Habilement, Jean-Patrick Jauneau a évoqué des « propos antisémites ». Une manière d’éluder les reproches de traitement discriminatoire. Exemples.

« Aucun appartement dans l’immeuble n’est dans l’état du votre », a reconnu Dominique Ohlman, principale de copropriété chez Foncia Paris, en niant toute responsabilité. « Oui, notre appartement est le seul dans cet état. Pourquoi ? Le Syndicat des copropriétaires et un copropriétaire en sont responsables. La façade sur cour tombe en morceaux dans notre salon. La gouttière de l’immeuble est fuyarde. Une souche de cheminée est fissurée… Pourquoi avez-vous laissé l’immeuble dans cet état déplorable ? », ont interrogé M. B. Et d’ajouter : « Les intérêts perçus par le Syndicat dans une procédure judiciaire contre nous n’apparaissent pas dans les comptes annuels du Syndicat. Pourquoi ? » Silence. Pourquoi cette indifférence du Syndicat, de cette Assemblée et du conseil syndical sur la destination de ces intérêts ?

Dominique Ohlman n’a pas informé les copropriétaires de l’immeuble de l’arrêté d’injonction de la Mairie de Paris de 2013. Pourquoi ? Est-ce légal ?

En outre, elle a, avec le conseil syndical, sollicité et obtenu un report de la date limite pour effectuer les travaux exigés par la Mairie de Paris. Et pour ce faire, elle a évoqué des procédures judiciaires du Syndicat, des impayés, etc. En résumé, elle a utilisé notamment les « charges impayées » de M. B. contre leurs intérêts et ceux de l’immeuble. Pourquoi n'avoir pas sollicité une expertise judiciaire pour résoudre les problèmes multiples de parties communes avant cette injonction, et dès 2010 ?

Le contrat de syndic de Foncia Paris, Formule 1 par 1 et forfait FonciaHorizon, stipule une mise en demeure suivie de deux relances aux copropriétaires débiteurs avant toute constitution de dossier. Pourquoi Foncia Paris n’a-t-il pas respecté son contrat à l'égard de M. B. au lieu de les assigner directement devant le Tribunal ?  Pourquoi cette hâte ? 

Le Syndicat est représenté par une avocate au nom patronymique juif, Me Carine Smadja, dans les procédures contre M. B. Par contre, dans la procédure d’expertise, dont bénéficient Mme Marx et M. Coele, membres du conseil syndical, l’avocat a un nom patronymique chrétien, Me Philippe Bocquillon. Hasard ?

Quel(s) collaborateurs de Foncia Paris a(ont) pris ces décisions : Karima Aktouf, Dominique Ohlman ou/et Frédérique Ropert ?

Le Syndicat représenté par son syndic Foncia Paris exige de M. B. « 6 721,38 € au titre des charges de copropriété arrêtées au 13 janvier 2016 ». Quant à M. B., ils estiment leur solde créditeur. selon le tableau ci-joint. Pourquoi Foncia Paris a-t-il refusé un dialogue avec M. B. afin de comparer leurs tableaux respectifs pour détecter et corriger d'éventuelles erreurs ? Pourquoi Jean-Patrick Jauneau n’a-t-il pas lu les conclusions et preuves de M. B. avant cette Assemblée ? Qu'en pense Claude Gervais, comptable de Foncia Paris ?

Le Syndicat a aussi inclus dans ce montant réclamé 1 737,68 € de frais divers et bizarres, soit environ la moitié de ses honoraires annuels. Or, ces frais font parties de la gestion courante du syndic. Pourquoi Foncia Paris les a-t-ils inclus ? D'autant que dans la précédente procédure, il avait distingué dans deux tableaux d'une part les appels de charges et, d'autre part, les frais (1 922,97 €). Et en 2012 le Tribunal l'avait débouté de sa demande visant la condamnation de M. B. à payer ces frais. Le Syndicat et ses avocates ont-ils voulu éviter que les juges les déboutent de nouveau de leur demande visant ces frais farfelus ? Pourquoi le Syndicat refuse-t-il à ce jour de créditer le compte de copropriétaires de M. B. de ces 1 922,97 € : en 2013, il l'a  crédité de 1.800,62 €, soit un écart de 122,35 € en leur défaveur !?

« Vrais-faux forfaits tout compris » associé à une « myriade de facturations supplémentaires », clauses abusives dans les contrats de syndics et manque de transparence dans ses comptes, hausse de leurs tarifs en raison de prestations supplémentaires qui auraient du être incluses dans les forfaits du syndic, compte unique « imposé » au détriment du compte séparé affligé d’un surcoût, tarifs exorbitants des prestations exceptionnelles… Ces pratiques préjudiciables de syndics sont fustigées régulièrement, notamment par la Commission des Clauses Abusives ou la DGCCRF (Direction générale de la répression des fraudes), et en 2013 par l'UFC-Que Choisir et l'ARC (Association de responsables de copropriété) dans leur Observatoire des syndics. Celui-ci a alors publié une étude sur cinq principaux syndics - Citya, Foncia, Immo de France, Nexity et Urbania - qui représentent 40 à 60% du marché. L’arrêté Novelli de 2010 n’a à l’évidence pas produits les effets escomptés.

Stigmatiser M. B. par des résolutions inscrites à l’ordre du jour d’Assemblées générales et évoquant leurs prétendus « impayés », communiquer à la justice et à un huissier de justice des chiffres erronés, c’est… normal chez Foncia Paris ?

Mais désigner les collaborateurs ayant commis ces « bizarreries », ce serait un « crime de lèse-Foncia » !?

« Dénonciation »
« A titre personnel, pour une communauté qui a souffert de la dénonciation, dénoncer à son tour, c’est peut-être un peu… déplacé », a ajouté Jean-Patrick Jauneau qui s’est déclaré « catholique ».

Ni le conseil syndical composé de MM. Arnoult, Coële et François Schleret, ni les autres copropriétaires ni Dominique Ohlman, principale de copropriété chez Foncia Paris, ne se sont indignés de ce parallèle infondé. Qui ne dit mot consent ? Pourquoi la candidature de M. B. au conseil syndical est-elle refusée, année après année, par tous les autres copropriétaires présents et représentés en Assemblées générales ?

Pourquoi Jean-Patrick Jauneau, « à titre professionnel », n’a-t-il pas organisé une réunion avec M. B. pour résoudre les différends, par exemple en comparant les tableaux comptables de Foncia Paris avec ceux de M. B. ?

Pourquoi « à titre professionnel » n’a-t-il pas jugé utile de prendre connaissance du dossier avant cette Assemblée ? Ce qui lui aurait permis de répondre aux questions graves posées dans cet article : saisies bancaires exigeant de M. B. des sommes indues, tableaux erronés communiqués à la justice, etc.

Est-ce normal qu’un mandataire de Foncia s’exprime « à titre personnel » ? N’est-on pas en droit d’attendre de lui une position strictement professionnelle ?

Informer, ce serait dénoncer ? Et la liberté d’expression ? 

Alliancefr est un magazine sur Internet. Comment et pourquoi Jean-Patrick Jauneau a-t-il extrapolé à toute la communauté juive ? Pourquoi a-t-il essentialisé cette affaire ? Pourquoi a-t-il "assigné à résidence identitaire" un magazine d'informations ?

Comment peut-on oser comparer le sort de ces « trois collaborateurs » de Foncia Paris au destin tragique des Juifs que l’occupant nazi et l’Etat français ont persécutés, traqués, ostracisés, dépouillés de leurs droits, spoliés de leurs biens, et déportés vers le camp d’Auschwitz ?

Comment qualifier ce parallèle choquant ? Révisionnisme ? Négationnisme ?

Car enfin, si ce parallèle scandaleux était pertinent, cela annihilerait tous les travaux d’historiens et les témoignages des Juifs sur cette période. 

Le groupe Foncia sanctionnera-t-il Jean-Patrick Jauneau et Dominique Ohlman, voire aussi Frédérique Ropert et Karima Aktouf ? Si oui, par quelles sanctions ?

Agression
« Je dispose de moyens différents pour réagir. Je pourrais avoir une réaction qui sera proportionnée à ce que j’estime être une agression, une information erronée ». Des menaces à peine voilées exprimées par Jean-Patrick Jauneau.

Mais quand M. Coele, membre du conseil syndical, a eu un comportement agressif en niant avoir bénéficié de « faveur », seuls M. B. ont exprimé leur surprise devant cette attitude violente. Nul ne lui a rappelé les règles élémentaires de politesse, de respect, de "proportionnalité" au sein des Assemblées.

Revenons à Jean-Patrick Jauneau. Quel dommage qu’il n’ait pas consulté le dossier de M. B., il aurait pu indiquer quelles informations seraient « erronées » !

« Agression », « proportionnée », ces mots ne vous rappellent rien ? 

Moi, cela me rappelle la terminologie des médias et de la « communauté internationale » à l’égard de l’Etat juif quand ils présentent une image inversée de la réalité.

Ainsi, quand l’Etat d’Israël informe ou se défend contre des agressions visant ses habitants, il est représenté comme agresseur, et sa réponse est souvent jugée disproportionnée. Pensez-donc, des Yaoud, ces Juifs persécutés des siècles durant, ces anciens dhimmis qui refusent d’être victimes ! La venue de Juifs sur le mont du Temple ou l'arraisonnement de la flottille visant à briser en 2010 le blocus israélien naval de la bande de Gaza ? Une « agression ». La guerre de l’Etat d’Israël contre le Hezbollah au sud du Liban ou contre le Hamas dans la bande de Gaza ? « Disproportionnée », même quand Tsahal informait les habitants de ces zones de futures attaques.

C’est à ce même registre lexical que recourt Jean-Patrick Jauneau à l’égard des Juifs, excusez-moi d’Alliancefr.

M. B. ont osé se confier à un magazine électronique français juif qui en a tiré un article publié sur son site ? Une « agression ». Ils ont analysé le processus de ruine et de spoliation en cours ? « Sois-juif, et tais-toi pendant qu'on te ruine pour te spolier !? »

Que des Juifs exercent leurs droits les plus élémentaires, par exemple informent ou se défendent, c’est pour beaucoup inacceptable.

Alors, pas d’antisémitisme dans cette affaire ?

On ne sait ce qui est le plus effrayant dans cette affaire : la stratégie du Syndicat et de ses syndics successifs visant à ruiner ces copropriétaires français juifs par harcèlement judiciaire et discriminations, ou la certitude d'obtenir systématiquement par le "gouvernement des juges" leur injuste condamnation malgré la communication de décomptes erronés par le Syndicat et ses avocates ?

J'ai interrogé le groupe Foncia, et je publierai sa réponse dès réception.

Articles sur ce blog concernant :