Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

vendredi 29 janvier 2016

Marc Chagall. Le triomphe de la musique


La Philharmonie de Paris présente l’exposition éponyme qui souligne l’importance de la musique dans l’univers et l’œuvre – plafond de l’Opéra de Paris - de Chagall. La musique comme « clef spécifique de lecture » des créations de l'artiste, du théâtre d'art juif à Moscou en 1919-1920 aux œuvres monumentales des années 1960.
Comme l’œuvre de Paul Klee, celle de Chagall est intimement nourrie de son rapport avec la musique.

« L’importance de la musique dans l’univers de Chagall est une évidence qui trouve sans doute son couronnement dans la réalisation, pour l’Opéra de Paris, du célèbre plafond  commandé au peintre par André Malraux en 1962. La richesse de cette démonstration, dans les deux parties de son parcours inédit, prouve à elle seule la place plurielle de la musique chez l’artiste, comme sujet, comme accessoire symbolique ou comme ligne directrice. Lorsque, dans Ma Vie, Chagall raconte son enfance dans le shtetl de Vitebsk, il emplit son récit de références à la musique dans le quotidien familial : le grand-père chantre, l’oncle Neuss jouant du violon, la mère entonnant la chanson du rabbin à la veillée du Sabbat, l’oncle Israël psalmodiant. Cette fusion du personnel et de l’universel crée une galerie d’archétypes qui traversent l’œuvre du peintre jusqu’à s’imposer comme des absolus de son univers thématique et plastique. Le violoniste traditionnel des orchestres de mariage, le klezmorim, est celui qui l’accompagne le plus régulièrement, tantôt comme une figure centrale, ainsi l’image de La Musique des panneaux du Théâtre d’art juif de Moscou en 1920, tantôt comme une allusion symbolique à la condition de l’artiste", écrivent écrivent Éric de Visscher, Directeur Musée de la musique (Cité de la musique), Philharmonie de Paris, et Bruno Gaudichon, Conservateur en chef, La Piscine-Musée d’art et d’industrie André Diligent, Roubaix.

Et d'ajouter : "Bien plus tard, Chagall explique : « Il faut faire chanter le dessin par la couleur, il faut faire comme Debussy ». Et c’est au nom de cette quête d’un rapport fusionnel entre le musical et le plastique que symbolise alors l’œuvre de Chagall qu’André Malraux invite le peintre à couronner la grande salle de l’Opéra de Paris. L’artiste y tentera moins une substitution moderniste au plafond originel de Lenepveu qu’une véritable fusion avec le palais de Charles Garnier, c’est-à-dire une contribution érudite et sensible au sanctuaire de l’art lyrique. Car Chagall était un fin connaisseur de l’opéra et du ballet, ayant contribué aux décors et costumes de plusieurs d’entre eux, à New York puis à Paris : Aleko, l’Oiseau de Feu, Daphnis et Chloé et enfin La Flûte enchantée constituent autant de jalons d’une passion intime pour l’art et la musique. Cette expérience de toute une vie est une contribution essentielle, par son ampleur et sa durée notamment, à la synthèse des disciplines artistiques qui a tenté presque toutes les grandes figures de l’art moderne et contemporain. Le musée souhaitait compléter cette riche lecture inédite en étudiant la relation de l’artiste à la musique et en décryptant les effets thématiques, mais également plastiques, dans l’œuvre de Chagall. Première aventure partagée par les deux institutions » - la Philharmonie de Paris et La Piscine-Musée d’art et d’industrie André Diligent à Roubaix, « née d’une envie commune d’explorer une thématique, la musique, au travers du regard d’un plasticien, cette exposition » s’articule « en deux volets jumeaux, en deux parcours parallèles, présentés concomitamment dans les deux musées. La répartition des thèmes et des œuvres reprend l’articulation du diptyque monumental commandé en 1966 par le Lincoln Center de New York. À Paris s’impose donc Le Triomphe de la musique, quand Roubaix s’attache aux Sources de la musique ».
  
L’exposition Marc Chagall : Le Triomphe de la musique « explore les créations pour la scène de Marc Chagall, les commandes décoratives et architecturales liées à la musique. Une nouvelle approche musicale de l’œuvre nourrie par l’écoute des sons et des résonances de la matière ». 

Dans un cheminement musical, environ 270 œuvres – « peintures, dessins, céramiques, sculptures, costumes de scène, collages, maquettes de décors et de costumes, esquisses, photographies de Boris Lipnitski et d’Izis dans l’atelier de Chagall dans les années 1960 -, dont certaines monumentales, montrent la richesse du travail de Chagall et de « sa recherche d’un art total ». Parmi ces prêts, des œuvres rarement montrées en France comme Le Théâtre d’art juif de la Galerie Tretiakov à Moscou, une des œuvres majeures du XXe siècle, spectacle de l’interaction entre les arts, ou Commedia Dell’Arte à Francfort ».

Les « décors que Chagall réalisa pour le Théâtre d’art juif de Moscou en 1920, conservés à la Galerie Tretiakov, constituent un décor universel réunissant les arts (Musique, Danse, Théâtre, Littérature) dans une approche d’art total, faisant rayonner la culture et la langue yiddish par l’association du spectacle populaire, de la musique, du rythme, du son et de la couleur. Plus tard, fuyant l’Europe pour les États-Unis, Chagall renouvelle son approche scénique par la découverte de l’espace et de la monumentalité de l’architecture et des paysages américains. En 1942, il crée les décors et les costumes pour Aleko à Mexico, puis pour L’Oiseau de feu à New York en 1945, renouant ainsi avec la musique russe".

A son "retour en France, l’Opéra de Paris lui commande un travail similaire pour Daphnis et Chloé en 1958 (1959 pour la première à l’Opéra de Paris), une collaboration qui culminera en 1962 avec la commande par André Malraux, alors ministre des Affaires culturelles, du célèbre plafond de l’Opéra Garnier, inauguré en 1964. Panthéon musical personnel de l’artiste, il constitue à lui seul un formidable hommage aux compositeurs qui ont marqué l’histoire de la musique. Les nombreuses esquisses inédites de ce projet restituent pas à pas la genèse de la création et les différentes étapes de son processus créatif. Dans toute l’œuvre de Chagall, la musique se manifeste par un surprenant éventail de résonances à travers lesquelles notre temps se révèle enchanteur ».

L’exposition Chagall et la musique sera montrée dans une scénographie plus concise à Nice, au Musée national Marc Chagall à Nice (5 mars-13 juin 2016) et dans une version différente au Musée des Beaux-arts de Montréal (Canada) du 21 janvier au 14 mai 2017.

Le théâtre d’art juif. Moscou, 1919-20
Le Théâtre d’art juif (GOSET) nait en 1919 sous la direction d’Alexeï Granovski.

A Petrograd puis à Moscou, il contribue « à la revendication et à l’affirmation d’une culture yiddish d’avant-garde en Russie, légitimant le droit de séjour des Juifs dans l’ensemble du territoire soviétique », et non dans la Zone de Résidence.

Granovski sollicite Marc Chagall pour « concevoir un programme artistique universel pour décorer les murs du théâtre. Véritable reflet de la culture et de la langue yiddish, cet ensemble réunit le monde du théâtre populaire, celui de la musique, du rythme et de la couleur ».

Le « rideau de scène et la peinture du plafond ayant disparu, seuls sept panneaux ont été conservés, composant la « Boîte à Chagall » : une Introduction monumentale, synthèse dynamique des activités du théâtre et de son combat politique ; quatre allégories (La Musique, La Danse, Le Théâtre et La Littérature) affirmant la réunion des arts dans une conception d’art total ; Le Repas de noce, composition horizontale présentant les mets d’un banquet sous différents angles et, enfin, L’Amour sur scène, représentant un couple dansant, aux formes géométriques tridimensionnelles empruntant au cubisme et au constructivisme ».

Sont associés à cet espace :
Klezmer - Yiddish Swing Music
Bagelman Sisters et Abe Ellstein Orchestre, A vaibele à tsnien (Soldore, 2002)

ALEKO 
Mexico, 1942 
Ballet en quatre tableaux créé par Léonide Massine et Marc Chagall, Aleko est inspiré d’un poème de Pouchkine, Les Tsiganes, et prend pour musique une version orchestrée du Trio op. 50 « À la mémoire d’un grand artiste » de Tchaïkovski.

Sur une commande du Metropolitan Opera de New York, Marc Chagall en réalise les costumes et les décors à Mexico en 1942, où a lieu la première représentation.

Vision romanesque de la vie bohémienne, l’œuvre prend pour thème l’amour malheureux de l’aristocrate Aleko et de la gitane Zemphira, nourri par leur exil et leur errance.

L’intensité dramatique du récit est magnifiée par les toiles de fond et les costumes réalisés par l’artiste, lui-même en exil aux États-Unis. Loin de refléter une inspiration isolée, ceux-ci témoignent d’une force vitale de création, aux thèmes et au vocabulaire artistique renouvelés, en intégrant à la trame russe des inspirations mexicaines.

Bella Chagall, qui réalise les costumes avec son mari, souligne l’influence des lumières éclatantes du Mexique : « Les décors de Chagall brûlent comme le soleil au firmament. » Inspiré par l’espace monumental américain, l’artiste compose une oeuvre scénique puissante, où le public est immergé dans la déferlante des couleurs et des mouvements des danseurs.

L’Oiseau de feu
New York, 1945
En 1910, les Ballets russes présentent pour la première fois L’Oiseau de feu, ballet en quatre tableaux sur un argument de Michel Fokine et une musique d’Igor Stravinski, alors inconnu. Créés par Léon Bakst, les décors et costumes se réfèrent à « une féérie slave et romantique, en accord avec l’origine russe du conte qui a inspiré le ballet. Celui-ci relate l’histoire d’une princesse captive, libérée par un prince aidé par un oiseau de feu enchanté ».

En 1945, le Metropolitan Opera de New York en commande une nouvelle version. Chagall connaissait la musique de Stravinski, célèbre, depuis la première du Sacre du printemps à Paris en 1913 à laquelle il avait assisté. Mais ces deux artistes « ne se rencontreront que lors de cette création à New York en 1945 ».

« Bien que s’inspirant du souffle romantique russe, Chagall propose une interprétation plus libre du thème slave : il développe un répertoire poétique ardent et sauvage inspiré par l’art populaire du Nouveau Mexique (les kachinas) ».

« Quatre rideaux de fond de scène sont créés, dont celui du premier acte, La Forêt enchantée, révélant une nature cosmogonique et magique. La lutte éternelle des forces du Bien et du Mal nourrit l’imaginaire de l’artiste, qui crée des figures chimériques et des monstres d’une inventivité formelle inégalée. Pour Chagall, le spectacle tout entier doit devenir tableau ».

« Avant la première, il ajoute des taches de couleur et intervient directement sur les costumes des danseurs avant le lever de rideau. Il se rapproche ainsi du rythme pulsé et des timbres chatoyants de la musique de Stravinski ».

Musique diffusée : 
Igor Stravinski (1882-1971), L’Oiseau de feu
Extraits : 
• Prélude et Danse de l’Oiseau de feu (00:17), 
• Variations (01 :21), 
• Danse infernale (02 :20), 
• Hymne final (01 :51)
Dir. Igor Stravinski, Columbia Symphony Orchestra (Sony Classical, 2007)

Daphnis et Chloé
Bruxelles et Paris, 1958-59
En 1909, l’impresario russe Serge de Diaghilev commande au compositeur Maurice Ravel et au chorégraphe Michel Fokine le ballet Daphnis et Chloé. Inspiré du roman antique de Longus, celui-ci décrit les multiples rebondissements qui empêchent Daphnis, jeune chevrier, et Chloé, bergère, de vivre leur amour.

L’Opéra de Paris invite Chagall à créer des décors et des costumes d’une nouvelle version, dont la première est prévue au Théâtre de la Monnaie à Bruxelles en 1958, dans une chorégraphie signée par Serge Lifar, avant la reprise par Georges Skibine à Paris en 1959.

« Travaillant parallèlement aux gouaches préparatoires destinées à la série lithographique commandée par Tériade sur le même thème, l’artiste nourrit ses maquettes de décors et de costumes de la luminosité éclatante et du bleu profond de la mer qu’il a éprouvé lors d’un séjour en Grèce. Son travail sur le volume (céramique) et l’utilisation de motifs méditerranéens (Le Poisson ou Le Songe) se retrouvent également dans les toiles de fond et costumes ».

Ainsi, Chagall « propose une vision plus proche de l’esprit lumineux et rayonnant de la musique de Ravel que de l’interprétation archaïsante des décors russes créé par le peintre Léon Bakst en 1912 ».

Projection : 
Maurice Ravel (1875 – 1937), Daphnis et Chloé
Le Pas de deux, extrait du troisième tableau 
Soirée hommage à Claude Bessy, Opéra National de Paris, 30 mars 2004
Dir. David Coleman, Orchestre de l’Opéra de Paris
Chorégraphie de Georges Skibine réglée par Claude Bessy
Danseurs : Marie-Agnès Gillot (Chloé) et Yann Saïz (Daphnis)

Les résonances de la matière
Vence et Saint-Paul-de-Vence, années 1960 
Dès les 1950, Marc Chagall oriente son art vers « une exploration aussi vitale que jubilatoire de toutes les techniques et matières ».

Dans sa quête de « nouveaux moyens d’expression, répondant au besoin de dialogue avec les matériaux, il se consacre à la sculpture et à la céramique ».

Le sculpteur veut faire « parler » la matière, « lui faire émettre des sons, la faire résonner en la taillant, en la façonnant, en la touchant. Pénétrant, prélevant, intervenant directement dans la terre ou la pierre, il devient lui-même producteur de sons, donnant naissance à des objets pleins ou creux, dont les formes résonnent d’éclats, d’échos ou de silence ».

Ce « dialogue polyphonique se poursuit dans les collages de papiers ou de tissus, ainsi que dans les huiles sur toile contemporaines pour lesquelles l’artiste mélange du sable à sa préparation afin d’obtenir une texture granuleuse, crissante et rugueuse ». 

Le plafond de l’Opéra de Paris 1964 
Peint sur une surface de 220 m², le décor monumental du plafond de l’Opéra de Paris résulte d’une commande d’André Malraux, ami de longue date et alors ministre des Affaires culturelles, à Marc Chagall en 1963.


 Malraux, spectateur lors de la première du ballet Daphnis et Chloé, exprime son enthousiasme admiratif : « Quel autre artiste vivant aurait pu peindre le plafond de l’Opéra de Paris comme Chagall ? C’est l’un des plus grands coloristes de notre temps […] ».

Cette création vise à se substituer au décor original réalisé par Jules Eugène Lenepveu entre 1869 et 1871, « en instaurant un nouveau programme décoratif universel sur le thème de la musique et des arts ».

En dépit « de vives critiques contre le peintre, accusé de rompre l’unité d’un bâtiment du Second Empire et d’occulter son œuvre originelle, Chagall, alors âgé de 77 ans, relève le défi et y travaille pendant près d’un an ».

« Telle une palette de couleurs monumentale, le décor rend hommage à quatorze compositeurs et à leurs œuvres ».

Le « portrait d’André Malraux apparaît dans le panneau dédié à Pelléas et Mélisande, s’inscrivant dans la tradition du portrait de mécène et affirmant l’amitié entre les deux hommes ».

 La « conception du plafond de l’Opéra résulte d’un travail préparatoire complexe et intense. Pendant près d’un an, l’artiste réalise une cinquantaine d’esquisses, dans des techniques variées (crayon, encre, gouache, feutre, collages) et deux maquettes finales dont une servira à réaliser la toile finale ».

De 1963 à 1964, le photographe Izis suit « la genèse de la création du plafond de l’Opéra de Paris, des esquisses réalisées en atelier à la fixation du décor. Un diaporama retrace l’aventure de cette œuvre titanesque ».

Numérisé, le plafond peint par Marc Chagall permet « de redécouvrir la splendeur de la matière et la minutie de détails jusqu’alors invisibles à l’œil nu. Le visiteur de l’exposition pénètre ainsi au cœur de cette œuvre à la fois personnelle, moderne et monumentale » accompagné d’œuvres de compositeurs français et étrangers :

• Jean-Philippe Rameau (1683-1764), Les Indes galantes
• Claude Debussy (1862 -1918), Pelléas et Mélisande
• Maurice Ravel (1875-1937), Daphnis et Chloé
• Igor Stravinski (1882-1971), L’Oiseau de feu
• Adolphe Adam (1803-1856), Giselle 
• Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840-1893), Le Lac des cygnes
• Modeste Moussorgski (1839-1881), Boris Godounov
• Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791), La Flûte enchantée
• Hector Berlioz (1803-1869), Roméo et Juliette 
• Richard Wagner (1813-1883), Tristan und Iseult
• Christoph Willibald Gluck (1714-1787), Orphée et Eurydice 
• Ludwig van Beethoven (1770-1827), Fidelio 
• Georges Bizet (1838-1875), Carmen
• Giuseppe Verdi (1813-1901), La Traviata6 

Les projets monumentaux des années 1950 et 1960
Dans les années 1960, Marc Chagall se concentre sur la réalisation de grands projets décoratifs et architecturaux : « lieux de spectacle, des salles de théâtre, de concert ou d’opéra ainsi que des édifices religieux ».

Diverses commandes publiques le conduisent à explorer une monumentalité différente et à « développer sa peinture sur de larges espaces ». Chagall résume ainsi sa quête : « Je cherche un grand mur »

Des bénéficient de son talent dans la conception de leur programme décoratif.

« Fort de sa connaissance intime des arts du spectacle et de son expérience du ballet et de l’opéra, Chagall consacre au cirque et à la musique deux de ses projets monumentaux : Commedia dell’arte, réalisé en 1958 pour le foyer du Théâtre de Francfort ainsi que les deux panneaux commandés par le Metropolitan Opera de New York pour le Lincoln Center en 1966 : Les Sources et Le Triomphe de la musique ».

L’exposition montre les esquisses du Triomphe de la musique utilisés dans le panneau mural du Metropolitan Opera. Les photographies d’Izis révèlent « le travail du peintre, du passage des esquisses préparatoires réalisées dans son atelier des Gobelins à Paris à l’œuvre monumentale ».

La flûte enchantée New York, 1966-67 
En 1964, de la rencontre entre Rudolph Bing, directeur du Metropolitan Opera, Günther Rennert, metteur en scène, et Chagall nait le projet d’une nouvelle adaptation de La Flûte enchantée, opéra en deux actes de Wolfgang Amadeus Mozart, à New York.

Marc Chagall en crée les décors et costumes.


« Sensible à la beauté de la musique et au récit initiatique de l’œuvre qu’il considère comme une somme philosophique », il consacre trois ans à cette création, « composant un univers féérique mais ténébreux, dans lequel le soleil et la lune sont en opposition ».

« Dépeignant une nature aussi luxuriante que menaçante, peuplée d’êtres hybrides et d’animaux fantastiques », Chagall « conçoit treize toiles de fond d’une hauteur de vingt mètres, vingt-six éléments de décor et plus de cent vingt costumes ».

« Pour sa première réalisation pour un opéra, il joue sur les contrastes de couleur et le volume des costumes (recourant à la technique du collage de tissus) pour occuper l’espace scénique tout entier. La première représentation de La Flûte enchantée eut lieu le 19 février 1967 ».

Wolfgang Amadeus Mozart (1756 – 1791), La Flûte enchantée
Extraits : 
• Ouverture, O Isis und Osiris, 
• Acte II scène 3, Air de la Reine de la nuit, 
• Acte II scène 11, Weibchen ! Täubchen ! 
• Acte II scène 27
Dir. Ferenc Fricsay, RIAS Symphonie-Orchester Berlin
Joseph Greindl (Sarastro), Rita Streich (La Reine de la nuit), Dietrich Fischer-Dieskau (Papageno), Lisa Otto (Papagena)
(Deutsche Grammophon, 2001)

La Petite Boîte à Chagall 
Aux enfants âgés de plus de quatre ans, l’exposition « propose des ateliers créatifs et des modules ludiques à partager en famille ».Un « espace d’émerveillement, de création et de découverte pour entrer dans l’univers poétique et coloré du peintre. Des installations numériques et des dispositifs multimédias permettent aux arts et aux couleurs de se mélanger. 


Exposition du 13 octobre 2015 au 31 janvier 2016
Galerie-atelier La Petite Boîte à Chagall  jusqu’au 6 mars 2016
221, avenue Jean-Jaurès. 75019 Paris
Du mardi au jeudi de12 h à 18 h, le vendredi de 12 h à 22 h, samedi et dimanche de 10 h à 20 h

Visuels :
Affiche
Izis, Marc Chagall travaillant aux panneaux du Metropolitan Opera de New York : Le Triomphe de la Musique (détail), atelier des Gobelins, Paris, 1966. © Adagp, Paris 2015. Photo : Izis © Izis-Manuel Bidermanas

Marc Chagall, Introduction au Théâtre d’art juif, 1920
Tempera, gouache, argile blanche sur toile.
Galerie nationale Tretiakov, Moscou
©ADAGP, Paris, 2015 - CHAGALL ®

Marc Chagall, Le Cirque bleu, 1950-52
Huile sur toile de lin
Centre Pompidou, Musée national d’art moderne, Paris, en dépôt au Musée national Marc Chagall, Nice
©ADAGP, Paris, 2015 - CHAGALL ®
Photo © RMN-Grand Palais (musée Marc Chagall) / Gérard Blot

Izis, Marc Chagall travaillant à des esquisses pour le Plafond de l'Opéra, atelier de Vence, 1963.
© Adagp, Paris 2015. Photo Izis © Izis-Manuel Bidermanas

Marc Chagall, Autoportrait ou Tête au nimbe, 1911
Huile sur carton marouflé avec bordage kraft
Collection particulière
©ADAGP, Paris, 2015 - CHAGALL ®

Marc Chagall, Commedia dell’Arte, 1958 Huile sur toile Adolf und Luisa Haeuser Stiftung, Francfort-sur-Main ©ADAGP, Paris, 2015 - CHAGALL ®

Marc Chagall, La Danse, 1950-52
Huile sur toile de lin.
Centre Pompidou, Musée national d’art moderne, Paris, en dépôt au
Musée national Marc Chagall, Nice
©ADAGP, Paris, 2015 - CHAGALL ®
Photo © RMN-Grand Palais (musée Marc Chagall) / Gérard Blot

Marc Chagall, La Danse, deuxième panneau pour le Théâtre d’art juif, 1920
Tempera, gouache, argile blanche sur toile.
Galerie nationale Tretiakov, Moscou
©ADAGP, Paris, 2015 - CHAGALL ®

Marc Chagall, La Musique, premier panneau pour le Théâtre d’art juif, 1920
Tempera, gouache, argile blanche sur toile.
Galerie nationale Tretiakov, Moscou
©ADAGP, Paris, 2015 - CHAGALL ®

Marc Chagall, Le Repas de noce, 1920
Tempera, gouache, argile blanche sur toile.
Galerie nationale Tretiakov, Moscou ©ADAGP, Paris, 2015 - CHAGALL ®

Marc Chagall, L’Amour sur scène, 1920
Tempera, gouache, argile blanche sur toile
Galerie nationale Tretiakov, Moscou
©ADAGP, Paris, 2015 - CHAGALL ®

Marc Chagall, Composition aux cercles et à la chèvre pour le Théâtre d’art juif 1920
Huile sur carton posé sur bois aggloméré.
Collection particulière

Marc Chagall, Projet pour une toile de fond pour Aleko : Aleko et Zemphira au clair de lune (scène I), 1942
The Museum of Modern Art, New York.
Gouache, lavis et crayon sur papier
©ADAGP, Paris, 2015 - CHAGALL ®

Projet pour le rideau de scène de L’Oiseau de feu 1945
Gouache, encre de Chine, pastel, crayons de couleur et papier
doré collé sur papier contrecollé sur carton.
Collection particulière.
©ADAGP, Paris, 2015 - CHAGALL ®

Poupée Kachina Kuwan Heheya 1910
Bois, pigments, plumes, fourrure, nacre.
© Galerie Flak - Paris

Marc Chagall, Projet de costume pour Daphnis et Chloé : Le Dieu Pan,
1958.
Gouache, aquarelle et crayon sur papier
Collection particulière
©ADAGP, Paris, 2015 - CHAGALL ®

Marc Chagall, Projet de costume pour L’Oiseau de feu : Le Monstre jaune au double profil, 1945
Encre de Chine, aquarelle, crayon et gouache sur papier
Collection particulière
©ADAGP, Paris, 2015 - CHAGALL ®

Marc Chagall, La Bête fantastique, 1952, sculpture en bronze
Collection particulière
©ADAGP, Paris, 2015 - CHAGALL ®

Marc Chagall, Danseuse sur fond mauve, 1970
Collage de tissus et de papiers, aquarelle, encre de Chine, gouache et pastel sur papier.
Collection particulière
©ADAGP, Paris, 2015 - CHAGALL ®

Izis, Le Plafond de l’Opéra pour la première fois assemblé au sol, hangar de Meudon, 1964
© Adagp, Paris 2015. Photo Izis © Izis-Manuel Bidermanas

Marc Chagall, esquisse préparatoire pour le Plafond de l’Opéra de Paris, 1963
Pastel, encre de Chine et crayons de couleurs sur papier.
Collection particulière
©ADAGP, Paris, 2015 - CHAGALL ®

Izis, Marc Chagall travaillant pour le Plafond de l’Opéra, partie Mozart, atelier des Gobelins, 1964
© Adagp, Paris 2015. Photo Izis © Izis-Manuel Bidermanas

Izis, Marc Chagall travaillant pour le Plafond de l’Opéra, parties Tchaïkovski et Adam, atelier des Gobelins, 1964
© Adagp, Paris 2015. Photo Izis © Izis-Manuel Bidermanas

Marc Chagall, Commedia dell’Arte, 1958
Huile sur toile
Adolf und Luisa Haeuser Stiftung, Francfort-sur-Main
©ADAGP, Paris, 2015 - CHAGALL ®

Marc Chagall, Esquisse pour Commedia dell’Arte, 1958
Crayon noir, crayons de couleur et pastel sur papier
Adolf und Luisa Haeuser Stiftung, Francfort-sur-Main
©ADAGP, Paris, 2015 - CHAGALL ®

Marc Chagall, Esquisse définitive pour la peinture murale du Metropolitan Opera, Lincoln Art Center, New York : Le Triomphe de la musique, 1966
Tempera, gouache et collage sur papier marouflé sur papier coréen.
Collection particulière
©ADAGP, Paris, 2015 - CHAGALL ®

Marc Chagall, Projet de costume pour Le Ballet des animaux (Mozart, La Flûte Enchantée), 1966-67
Mine graphite, aquarelle, encre et tissus sur papier vélin
Musée national d’art moderne, Paris
©ADAGP, Paris, 2015 - CHAGALL ®
© Philippe Migeat/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP


Marc Chagall, Costume pour La Flûte enchantée : La Reine de la nuit,
1967 The Metropolitan Opera Archives, New York
Robe en soie artificielle avec applications de tissus violet et bleu.
©ADAGP, Paris, 2015 - CHAGALL ®

Marc Chagall, Projet de rideau de scène pour l’acte I, scène 15 de la Flûte enchantée de Mozart : le Temple de la sagesse, 1966
Mine graphite, gouache, aquarelle, encre, tissu, papiers or et argent collés sur papier vélin.
Centre Pompidou, Musée national d’art moderne, Paris
©ADAGP, Paris, 2015 - CHAGALL ®
© Philippe Migeat/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP


Lucia Popp en Reine de la Nuit, La Flûte Enchantée, Metropolitan Opera, New York, Février 1967.
Photo Louis Mélançon © The Metropolitan Opera Archives, New York

A lire sur ce blog :
Les citations proviennent du dossier de presse.

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