lundi 30 janvier 2023

« Des femmes au service du Reich » de Christiane Ratiney

Arte diffusera le 31 janvier 2023 à 20 h 55 « Des femmes au service du Reich » (Frauen der NS-Zeit), documentaire de Christiane Ratiney. « Nées dans une Allemagne humiliée par la défaite de la Première Guerre mondiale, adolescentes à l'accession de Hitler au pouvoir en 1933, près de 500.000 femmes ont servi le nazisme. Retour sur l'itinéraire de ces témoins, complices et actrices du génocide. »

« Descendants de nazis. L’héritage infernal » de Marie-Pierre Raimbault et Michael Grynszpan 

Arte réunit des documentaires souvent bouleversants dans son dossier « Les nazis au pouvoir. Terreurs, résistances et libération » (Die NS-Zeit. Von Terror, Krieg und Befreiung). « Le 27 janvier est dédié à la mémoire des victimes de l'Holocauste. 1933, Adolf Hitler devient chancelier du Reich. À partir de 1939, l'Allemagne nazie impose au monde guerre et meurtres de masse. De l'horreur de la Shoah à la délivrance, des témoins et des historiens racontent cette funeste période de l'histoire du XXe siècle. Une collection de films documentaires pour mieux retracer la réalité du nazisme. » 

« Quels rôles ont joué les femmes dans l'Allemagne nazie : témoins passives ou rouages indispensables du régime ? » 

« Dès 1933, 200 000 adolescentes, petites-bourgeoises en rébellion ou filles de prolétaires en quête d'émancipation, s'engagent au sein du Bund Deutscher Mädel (BDM), la branche féminine des Jeunesses hitlériennes. »

En dépit du numerus clausus réduisant leur nombre dans les universités, « malgré les lois misogynes du régime nazi et l'assignation nataliste et maternelle dont elles font l'objet, elles trouvent dans cette organisation un lieu de brassage social et de propagande où elles embrassent l'idéologie raciste et antisémite » et se fondent dans un groupe.

« Au début de la guerre, nombre d'Allemandes rejoignent la Pologne, pour participer à la germanisation de l'Est, et, plus ou moins activement et consciemment, au génocide. »  

Certaines Allemandes écrivent dans leur Journal leurs aspirations ainsi que leur rébellion contre le modèle féminin proposé et perçu comme ennuyeux.

« Infirmières, secrétaires, gardiennes de camps de concentration, médecins ou encore épouses de généraux SS... : au service du Reich, elles ont apporté leur concours à l'expansion allemande et à l'extermination de 6 millions de juifs. » 
« Si certaines d'entre elles se sont limitées à éduquer les jeunes Allemands et à soigner les soldats, d'autres femmes, par leur rôle dans les camps, se sont distinguées par leur effroyable violence : expériences médicales sur des déportés, maltraitances ou encore sélection des détenus, promis au travail forcé ou à la mort. »

« En images d'archives et au travers d'analyses d'historiennes, comme Wendy Lower ou Elissa Mailänder, ce film retrace l'itinéraire de ces femmes. » 

« Rompant le tabou de la violence féminine, il contribue au devoir de mémoire concernant un pan encore méconnu du génocide, et met en lumière le crime perpétré par une société tout entière. » 

Pourquoi ces adolescentes et adultes ont-elles adhéré au nazisme alors qu'elles avaient grandi durant la République de Weimar ? Influence de la propagande nazie remarquablement mise en scène ? Effet de foule ? Conflit de générations ? Arrivisme ? Sadisme ?

" Pourquoi la justice d'après-guerre a-t-elle fermé les yeux sur leurs crimes ? Quels tabous nous empêchent encore aujourd'hui de regarder en face la violence de ces femmes ? Pourquoi certaines n'ont-elles jamais mis un terme à leur engagement ?"

Comment leurs enfants et leurs petits-enfants considèrent-ils leurs mères et grands-mères ?

La dénazification incomplète en raison de la Guerre froide et de la nécessité de disposer d'une administration, des stéréotypes favorables aux femmes ainsi qu'une stratégie judiciaire habile - masquer ses vraies responsabilités, alléguer avoir du obéir aux ordres - contribuent à expliquer la clémence dont ont bénéficié ces tortionnaires.

Ainsi, seules vingt-cinq femmes ayant commis des crimes contre l'humanité ont été condamnées à mort.

Membre du parti nazi, Herta Oberheuser (1911-1978) est une doctoresse allemande qui a mené des expérimentations médicales sur des détenus, dont des enfants, au camp de Ravensbrück (1940-1943). Elle est la seule femme dans le box des accusés du procès des médecins à Nuremberg. Elle est condamnée à vingt ans de prison : « Herta Oberheuser, le tribunal militaire vous a jugée coupable de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité. Pour lesdits crimes, le tribunal militaire vous condamne à vingt ans de réclusion dans la ou les prisons ou centres de détention qu'il appartiendra à l'autorité compétente de décider. »

En 1952, Herta Oberheuser est libérée pour bonne conduite. Elle ouvre un cabinet médical à Stocksee. Son activité professionnelle prend fin en 1956, après qu'elle ait été reconnue par une ancienne détenue du camp de Ravensbrück. Deux ans plus tard, son permis de pratiquer la médecine est révoqué. Elle interjette appel de cet acte, et obtient le droit d'exercer la médecine en1961. Elle est recrutée par un laboratoire de l'institut Bodelschwing.



« Des femmes au service du Reich » de Christiane Ratiney
France, 2020, 92 min
Coproduction : ARTE France, Hauteville Productions 
Sur Arte les 31 janvier 2023 à 20 h 55, 10 février 2023 à 1 h 55
Disponible du 24/01/2023 au 31/03/2023
Visuels :
© Bundesarchiv
© AKH / Agentur Karl Höffkes
© Museum Sokolov / Vaclav Nemec
© United States Holocaust Memorial

Articles sur ce blog concernant :
Les citations proviennent d'Arte

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire