mardi 31 mars 2020

« Tempête de sable » d'Elite Zexer


Arte diffusera le 1er avril 2020 « Tempête de sable » (Sufat Chol) d'Elite Zexer. « Aspirant à l'émancipation, une jeune Bédouine se heurte aux lois de sa communauté. Le premier film, sensible et fort, d'une cinéaste israélienne qui pointe sans manichéisme les ambivalences de chacun. »

Nurith Aviv

Elite Zexer est née à Netanya (Israël), et grandit à Herzliya, puis à Raanana. Diplômée de l’Université de Tel Aviv, elle a aussi un BFA et MFA.

Son premier court métrage « Take Note » (2008) reçoit le Prix du meilleur film de fiction au Festival international du film étudiant de Tel Aviv.

En 2010, Elite Zexer réalise « Fire Department, Bnei-Brak » sur la vie de pompiers dans une ville de la banlieue au nord est de Tel Aviv et peuplée de Juifs haredim (« craignant D. »).

Dans un autre court métrage « Tasnim », Elite Zexer relate l’histoire de Tasnim, une fille de dix ans vivant avec sa mère et sa parentèle dans un village bédouin dans le Négev. La visite surprise de son père l’amène à affronter, pour la première fois, les normes conservatrices de sa tribu et à mûrir. Présenté dans 120 festivals cinématographiques dans le monde, « Tasnim » a été distingué par des Prix.
Premier long métrage d’Elite Zexer en 2016, « Tempête de sable » décrit aussi une famille de Bédouins pour étudier les tensions entre traditions et modernité chez des femmes bédouines.

« En Israël, dans un village bédouin à la lisière du désert du Néguev et de la Jordanie, Jalila est chargée d'organiser les festivités du mariage de son époux Suliman avec une seconde femme beaucoup plus jeune qu'elle. Ravalant son humiliation, elle compte sur Layla, l'aînée de leurs quatre filles, pour lui prêter main-forte. Mais tout juste rentrée de la ville, où elle étudie, Layla aspire à s'affranchir des traditions et à mener une vie indépendante. Surprenant sa fille au téléphone avec Anwar, le camarade de classe dont elle s'est éprise, Jalila lui intime de cesser tout contact avec lui. Comptant sur son père pour lever l'interdit maternel, Layla ignore que ce dernier projette de l'unir à Munir, un membre de leur clan… »

« De la mère et de la fille, laquelle pliera, laquelle parviendra à s'affranchir ? Qui se sacrifiera, qui ouvrira la voie ? » 

« Fidèle aux lois du clan lorsqu'il arrange le mariage de sa fille aînée ou se conforme à la polygamie – illégale en Israël, mais tolérée chez les Bédouins –, Suliman sait aussi se montrer libéral quand il encourage Layla dans ses études ou la laisse conduire la voiture familiale ». 

« Dans ce premier film sensible et fort, nourri par dix ans de compagnonnage avec des femmes de la communauté bédouine, la réalisatrice israélienne Elite Zexer pointe sans manichéisme les ambivalences de chacun, soulignant notamment la manière dont les femmes elles-mêmes peuvent se faire garantes de la soumission à la toute-puissance masculine ».

« Pour Tempête de sable, la réalisatrice s’est inspirée des souvenirs de sa mère qui partait photographier les femmes bédouines du Néguev. « Elle revenait chargée d’histoires incroyables qui m’ont donné envie de l’accompagner. » Un jour, elles rencontrent une jeune femme victime d’un mariage forcé. « Quand elle a dit : “Cela n’arrivera jamais à ma fille”, j’ai su, au plus profond de moi, que j’allais faire un film de cette histoire », se souvient Elite pour Le Monde (26 janvier 2017).

« Tempête de sable, c’est quasiment dix ans de ma vie », explique la réalisatrice de 36 ans, exigeante et déterminée. Déjà quatre ou cinq ans rien que pour écrire le scénario : « Je ne voulais absolument pas qu’on entende ma voix, ni qu’il y ait un quelconque soupçon de jugement, je voulais raconter l’histoire de l’intérieur. »


« Elite passe du temps à recueillir des témoignages, à prendre des notes. « Je voulais que le film soit le plus juste possible et, en même temps, qu’il soit universel, qu’apparaissent les questions majeures : un premier amour, des parents séparés, les relations père-fille, mère-fille. » Le financement trouvé, arrive l’étape cruciale du casting : « Je savais dès le début que je ne pourrais pas faire jouer des femmes de la région dont parle le film. Il est en effet impossible pour elles d’être filmées et de se montrer en images devant un public sans nuire à leur réputation. Nous avons donc décidé de travailler avec des actrices professionnelles arabes, qu’il a fallu coacher afin qu’elles apprennent le dialecte bédouin. » Dix ans de vie, et, in fine, vingt-deux jours de tournage : « Les meilleurs de ma vie », confie-t-elle dans un large sourire. »

« Alors qu’il s’est passé 12 années depuis qu’elle a eu l’idée du film pour la première fois, Zexer a indiqué qu’il était important pour elle que l’œuvre fasse le portrait réaliste des particularités de la société bédouine conservatrice tout en jouant sur des thématiques universelles. Pendant cinq ans, elle a visité des villages et revu son script. Elle passait une semaine dans un village pour retourner à Tel Aviv où elle effaçait le scénario préconçu, le réécrivait puis repartait en repérage. Dans sa recherche d’authenticité, les acteurs – des femmes israéliennes arabes et des hommes bédouins et arabes – ont dû travailler leur accent pour être fidèles au dialecte arabe bédouin. Leur dur travail se reflète dans le succès qu’a remporté le film auprès du public bédouin et les bédouins locaux ont pris d’assaut, pendant trois mois, les deux cinémas où était diffusé « Tempête de sable » à Beer Sheva – obligeant une autre salle à ajouter l’œuvre de Zexer à sa programmation à Omer, la ville voisine. »

« Tempête de sable » devait à l’origine débuter par une projection offerte à des représentantes de mouvements féministes bédouins et juifs au Centre Peres pour la paix, qui promeut la coexistence. Malheureusement, le président Shimon Peres a été admis à l’hôpital quelques jours avant cette première prévue et l’événement a été annulé. »

Ce long métrage a été montré en compétition à la Berlinale 2016. Il est notamment lauréat du Prix First Look Rator au Festival de Locarno (2015), du Grand Prix du jury au Festival du film de Sundance (2016), du Prix du meilleur film et de la meilleure actrice dans un second rôle (Ruba Blal) au Festival international du film de Toronto, Prix du meilleur maquillage aux Ophirs du cinéma, Prix du cinéma européen (Discovery of the Year- Prix FIPRESCI).

Il a représenté l’Etat d’Israël à la cérémonie des Oscars en 2017 dans la rubrique du Meilleur film en langue étrangère.


« Tempête de sable » d'Elite Zexer
Israël, Allemagne, 2016, 1 h 24mn, VOSTF
Production : 2 Team Productions, Rotor Film Babelsberg
Scénario : Elite Zexer
Producteur/-trice : Haim Mecklberg et Estee Yacov-Mecklberg
Image : Shai Peleg
Montage : Ronit Porat
Musique : Ran Bagno
Maquillage : Carmit Bouzaglo
Avec : Lamis Ammar (Layla), Ruba Blal-Asfour (Jalila), Haitham Omari (Suliman), Khadija Alakel (Tasnim), Jalal Masarwa (Anwar), Shaden Kanboura (Alakel)
Grand prix du jury, Sundance 2016
Sur Arte le 1er avril 2020 à 23 h 25
Visuels :
Ruba Blal-Asfour (Jalila) et Shaden Kanboura (la deuxième épouse de Suliman) dans " Tempête de sable" d' Elite Zexer (2016)
Ruba Blal-Asfour est Jalila dans " Tempête de sable" d' Elite Zexer (2016)
Lamis Ammar (Layla, la fille de Jalilia) dans " Tempête de sable" d' Elite Zexer (2016)
Lamis Ammar (Layla) et Jalal Masarwa (Anuar) dans " Tempête de sable" d' Elite Zexer (2016)
Lamis Ammar (Layla, la fille de Jalilia) dans " Tempête de sable" d' Elite Zexer (2016)
© Pyramide Films

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Les citations sont extraites du site d'Arte.

« Moscou, la ville souterraine de Staline » de Peter Moers


Arte diffusera le 1er avril 2020 « Moscou, la ville souterraine de Staline » (Geheimes Russland - Moskaus Unterwelten) de Peter Moers. « Depuis la fin de la guerre froide, on découvre dans le luxueux réseau du métro moscovite, inauguré en 1935, des trésors et des secrets insoupçonnés ». 

« Le procès » par Sergei Loznitsa 
A Moscou, Staline (1878-1953) « avait fait construire des infrastructures ultra-secrètes, camouflées sous des bâtiments d’État en chantier : un bunker personnel, l’un des quartiers généraux de l’état-major soviétique, et même une route souterraine ».

Pour dissimuler l'existence de son bunker à Moscou, Staline avait fait édifier au-dessus de cet immense espace un stade de 120 000 places. Le dictateur communiste aurait passé un mois, en novembre 1941, durant la Deuxième Guerre mondiale, dans ce bunker moscovite de 300 000 m² pouvant accueillir mille personnes et des équipements militaires dont 300 tanks. Dix entrées permettaient d'y accéder.

Dans son bureau joliment meublé, Staline disposait de trois téléphones lui permettant de joindre le KGB, le Quartier général et le gouvernement. De ce bunker, partait un tunnel de 17 km permettait de se rendre au Kremlin. Le nombre et l'emplacement des autres bunkers demeurent un secret défense. Une partie du bunker est ouverte aux touristes.

« En remontant jusqu’à la révolution de 1917, ce documentaire explore l’histoire de Moscou vue d’en dessous, dévoilant le rôle qu’ont joué ces étonnantes constructions au cours de la guerre froide, notamment pendant la crise de Cuba ».

« Des historiens spécialistes de l’ère stalinienne prennent la parole, tout comme la poignée de passionnés qui se glissent à leurs risques et périls dans ces mystérieuses entrailles de Moscou ».

Un autre bunker se trouve à Samara.

« Moscou, la ville souterraine de Staline » de Peter Moers
Allemagne, 2017, 53 min
Sur Arte le 1er avril 2020 à 03 h 05
Disponible du 20/03/2020 au 19/04/2020

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samedi 28 mars 2020

« Louise Weiss, une femme pour l’Europe » par Jacques Malaterre


Arte rediffusera le 30 mars 2020, dans le cadre de la série documentaire Les oubliés de l’Histoire (Vergissmeinnicht), « Louise Weiss, une femme pour l’Europe » (Louise Weiss, Europäerin par Jacques Malaterre. Née d’un père protestant et d’une mère juive alsaciens, journaliste, femme de lettres, politicienne et féministe française, Louise Weiss (1893-1983) a milité pour que le droit de vote soit accordé aux femmes.

Pierre Clostermann (1921-2006)


 Louise Weiss (1893-1983), agrégée de lettres à 21 ans et diplômée d'Oxford, est une journaliste fondatrice en 1918 de la revue L’Europe nouvelle, écrivaine, féministe, femme politique française, et militante pour le droit de vote des femmes.

Louise Weiss est née dans une famille d'origine alsacienne. Son père Paul Louis Weiss est un ingénieur des mines protestant. Sa mère Jeanne Félicie Javal est la fille de Emile Javal (1839-1907), ingénieur des Mines, politicien, auteur prolifique, et médecin ophtalmologue juif inventeur de l'orthoptie. Une famille laïque, aux forts principes moraux.

Agrégée de lettres à 21 ans en 1914, elle est aussi diplômée d'Oxford. A une carrière dans l'enseignement, elle préfère le journalisme.

Pendant l'exode du début de la Première Guerre mondiale, la famille Weiss quitte Paris pour sa maison secondaire en Bretagne. Louise Weiss s'engage comme infirmière. Elle "s'initie au journalisme, fréquente les salons" et se lie avec un officier slovaque militant pour des Etats-nations. Cet officier, qui l'avait quittée pour une Italienne et créer la Tchécoslovaquie, décède en 1919 dans un accident d'avion près de Bratislava.

Fervente pacifiste persuadée d'une Europe fondée sur la "réconciliation des peuples", "humaniste, de la culture" au Parlement supra-national affirmant la primauté du droit sur la force, convaincue du rôle de la Société des Nations (SDN), Louise Weiss crée en 1918 la revue « L’Europe Nouvelle » et milite pour le rapprochement entre la France et l'Allemagne, ainsi que pour l’accès des femmes au droit de vote ».

Elle fonde aussi une "école de la paix".

En octobre 1934, Louise Weiss, engagée dans le "suffragisme", inaugure les locaux de la Femme nouvelle, centre de propagande pour le vote féminin.

L'année suivante, elle se présente aux élections municipales dans le XVIIIe arrondissement de Paris. Sans craindre l'illégalité de son acte.

En 1936, avec des militantes, elle envahit la pelouse du champ de course de Longchamp avant le Grand Prix.

Louise Weiss s'efforce vainement d'alerter la France sur les dangers du nazisme. Son dernier éditorial s'intitule : "On ne pactise pas avec Hitler".

Pendant la Deuxième Guerre mondiale, Louise Weiss est classée "comme juive selon les lois de Vichy". Donc, à spolier, à arrêter, à déporter. Elle parvient à obtenir un « certificat » de non-appartenance à la « race juive ». Il n'existe aucune preuve de son engagement dans la Résistance.

En 1945, Louise Weiss participe aux premières élections.

Elle couvre le procès de Nuremberg.

Elle cherche un nouveau thème de lutte. Elle devient réalisatrice et arpente le monde avec le cameraman et directeur de la photographie Georges Bourdelon. Ses livres ne sont pas des succès commerciaux.

Oeuvrant à l'unification européenne, Louise Weiss est choisie par Jacques Chirac pour atténuer le caractère nationaliste de son parti lors des élections européennes. Le 17 juillet 1979, le Parlement européen, élu au suffrage universel pour la première fois, se réunit. Doyenne des députés, octogénaire, Louise Weiss, "grand-mère de l'Europe", en est la présidente et prononce le discours d'ouverture; "à valeur quasi testamentaire", à Strasbourg. Elle est eurodéputée jusqu'à son décès en 1983. La figure de Simone Veil semble avoir quelque peu occulté celle de Louise Weiss dans l'histoire du Parlement européen. Une Union européenne devenue bureaucratique, dispendieuse, inutile et sans solidarité en cas d'épidémie de coronavirus, dominée par un "gouvernement des juges".

"Il y a quelque chose qui déconcerte dans l'attitude de Louise Weiss. Elle donne l'impression que le combat ne vaut plus la peine d'être livré lorsqu'il a été remporté", observe Bernard Billaud, ancien directeur de cabinet de Jacques Chirac.

"L'Histoire avance. Ce qui était impossible hier sera possible demain", affirmait Louise Weiss, convaincue que "l'utopie n'est que la réalité de demain".


« Louise Weiss, une femme pour l’Europe » par Jacques Malaterre
2015, 27 minutes
Sur Arte le 11 février 2017 à 17 h 10, le 13 janvier 2018 à 16 h 55, le 6 février 2018 à 9 h 15, le 30 mars 2020 à 3 h 55
Disponible du 22/03/2020 au 27/05/2020

Visuels :
La journaliste et femme politique Louise Weiss devant l'hémicycle en juillet 1979. Elle s'est engagée dans les premiers projets d'une union européenne et a été membre lors de la création du Parlement européen. À 86 ans, elle y prononcera, au titre de doyenne, un discours d'ouverture historique lors de la première session du nouveau parlement à Strasbourg le 17 juillet 1979.
© European Union 1979

Comité de soutien de Louise Weiss
La journaliste et femme politique Louise Weiss devant une carte de l'Europe
© Musée de Saverne

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Les citations sont extraites du communiqué de presse du film. Cet article a été publié le 10 janvier 2018.

mercredi 25 mars 2020

Les Kurdes


Peuple de langue indo-européenne, dénués d'Etat, majoritairement musulmans sunnites, les Kurdes vivent en Turquie, en Iran, en Irak et en Syrie. Au nombre de 30 à 40 millions, ils sont affaiblis par leurs divisions. Arte diffusera le 24 mars 2020 "Autopsie d’un triple meurtre - Sakine, Fidan, Leyla, militantes kurdes" (Paris - Die Kurdinnen und ihr KillerDer Kampf von PKK und Türkei mitten in Europa) de Ahmet Senyurt. 


Vivant dans le nord de l’Irak (cinq millions), les Kurdes sont aussi implantés en Turquie (15 millions), Iran (sept millions), Syrie (un million) et en Russie (350 000). Une diaspora kurde réside aussi en Europe occidentale, aux Etats-Unis et en Australie.

L'aspiration des Kurdes à un Etat indépendant, prévu par le traité de Sèvres (1920), refusé par celui de Lausanne (1923), menace d’éclatement les pays où ils habitent.

Instrumentalisés par divers gouvernements, minés par leurs divisions, les Kurdes se sont opposés au régime du dictateur irakien Saddam Hussein qui a réprimé leurs insurrections, notamment en 1991, provoquant alors la fuite de deux millions d’entre eux vers la Turquie et l’Iran.

Le 8 septembre 2002, les dirigeants de l’opposition kurde au Raïs, Massoud Barzani du Parti Démocratique du Kurdistan (PDK) et Jalah Talabani, de l’Union Patriotique du Kurdistan (UPK), ont signé la paix. Gouvernant une zone autonome au nord du 36e parallèle, ils s’accommoderaient d’un Etat fédéral au régime démocratique.

Les Kurdes ont combattu l'Etat islamique (ISIS) qui a déclaré le califat islamique en 2014.

Le 25 septembre 2017, "le « oui » l’a emporté avec 92,73 % au référendum d’indépendance organisé au Kurdistan irakien, selon les résultats officiels proclamés" le 27 septembre 2017 "par la commission électorale. Selon ces données, la participation a atteint 72,16 %, soit plus de 3,3 millions de votants".


Ces "chiffres viennent renforcer le président de cette région autonome, Massoud Barzani, à l’initiative du référendum. Avant même la proclamation officielle des résultats, l’homme fort du Kurdistan irakien avait pris la parole, mardi, lors d’une allocution télévisée, pour inviter le gouvernement irakien à entamer avec lui « un dialogue sérieux (…) plutôt que de brandir des menaces ».

Des drapeaux israéliens ont été brandis lors de rassemblements de Kurdes au Kurdistan ou en Europe avant ce référendum. L'Etat d'Israël, où vivent des Kurdes juifs, a salué les résultats de ce référendum et un Etat kurde indépendant, et condamne l'utilisation du terrorisme.

Ce qui a suscité l'ire notamment de la Turquie au printemps 2018.


"Près d'un an après avoir proclamé en mars 2019 l'éradication du "califat" de l'EI en Syrie, les forces kurdes ont réitéré" le 23 février 2020 "leur besoin d'une aide internationale juridique pour juger sur place les milliers de djihadistes du groupe État islamique (EI). Ils détiennent toujours, dans le nord-est du pays, plus de 12 000 djihadistes : des Syriens, des Irakiens mais aussi 2500 à 3000 étrangers originaires d'une cinquantaine de pays. Si les Kurdes réclamaient au départ le renvoi vers leur pays d'origine des combattants étrangers, ils se sont résignés à l'idée de les juger en Syrie, face aux tergiversations des gouvernements occidentaux."

"L'autorité semi-autonome kurde a besoin d'une coopération internationale. Nous avons beaucoup de besoins, sur le plan juridique et technique. Plusieurs pays vont commencer dans un mois ou deux à nous apporter leur aide et soutien sur les questions juridiques ou techniques", a plaidé Fener Al-Kaït, un responsable du département des Affaires étrangères. Fener Al-Kaït a réitéré l'engagement des autorités semi-autonomes kurdes à garantir "un procès transparent et juste" pour les djihadistes qui seront traduits en justice. "

"Les Kurdes réclament le rapatriement des femmes et des enfants étrangers, mais les pays occidentaux avancent lentement sur le dossier, accueillant uniquement au compte-goutte des enfants, souvent orphelins."

Arte diffusa le 19 juin 2018 « Kurdistan, la guerre des filles » (Der Freiheitskampf der Kurdinnen). « De Paris à Kobané, en Syrie, du Kurdistan de Turquie au Sinjar en Irak, une immersion dans le mouvement des femmes kurdes luttant contre Daech, héritières d’une longue tradition de résistance ».

« Début 2015, le monde saluait le courage des femmes kurdes des Unités de défense féminines (YPJ) qui avaient combattu pour libérer la ville symbole de Kobané, en Syrie, du joug djihadiste ». 

« Dans la foulée, kalachnikov en main, elles poursuivaient leur résistance massive face à Daech dans le Rojava, le Kurdistan syrien, comme au Sinjar, en Irak, vaillantes et militantes, des chants partisans aux lèvres ». 

« Leur slogan ? « Femmes ! Vie ! Liberté ! » 

« Mais cette armée de femmes, formée militairement et politiquement, qui porte haut le projet d’une société affranchie du patriarcat, s’inscrit dans un mouvement de résistance déjà ancien, créé il y a bientôt quarante ans en Turquie autour de Sakine Cansiz ». 

« Cofondatrice du PKK ‘Parti des travailleurs du Kurdistan), assassinée avec deux autres militantes kurdes à Paris le 10 janvier 2013, cette icône a inspiré des générations de femmes. Elle est en outre à l’origine des communautés et des camps d’entraînement installés dans les montagnes du Qandil, dans le nord de l’Irak, qui rassemblent des femmes kurdes de la région mais aussi d’Europe, unies par un même idéal : construire des sociétés démocratiques, multiethniques et multiconfessionnelles pour, peut-être, changer l’histoire du Proche-Orient ».

« Suivant depuis plus d’une décennie ces héroïnes kurdes en treillis, Mylène Sauloy est allée une nouvelle fois à leur rencontre en 2015, et s’emploie ici à restituer pas à pas leur héritage ». 

« Jeunes recrues ou plus anciennes, ces femmes, qui luttent en première ligne contre Daech, défendent dans le même mouvement – et le même sourire – l’égalité et la parité ». « Passionnant, ce documentaire en forme d’hommage montre comment une utopie salvatrice s’inscrit sur le terrain. Un féminisme vivifiant, servi par une remarquable maturité politique ».

Devant le courage, l'engagement, le patriotisme de ces femmes, Kurdes, yézidies ou chrétiennes, on ne comprend pas le refus de musulmans de combattre l'Etat islamique et leur fuite vers l'Occident sous la forme de "migrants".

"Autopsie d’un triple meurtre - Sakine, Fidan, Leyla, militantes kurdes"
Arte diffusera le 24 mars 2020 "Autopsie d’un triple meurtre - Sakine, Fidan, Leyla, militantes kurdes" (Paris - Die Kurdinnen und ihr KillerDer Kampf von PKK und Türkei mitten in Europa) de Ahmet Senyurt. "Début 2013, trois militantes kurdes sont abattues en plein coeur de Paris. Le documentariste Ahmet Senyurt passe au crible ce crime impuni, dans lequel seraient impliqués les services secrets turcs."

"Le 10 janvier 2013, les corps criblés de balles de trois militantes du PKK, le parti des travailleurs du Kurdistan, qui mène une guérilla contre l’État turc depuis 1984, sont retrouvés dans un appartement du 10e arrondissement de Paris. Sakine Cansiz, cofondatrice du parti, Fidan Dogan, responsable du lobbying en France et en Belgique, et Leyla Saylemez, chargée de recruter de nouveaux combattants, ont été exécutées de sang froid en une poignée de secondes. Alors que la Turquie mène des pourparlers de paix avec le PKK, le président Erdogan pointe du doigt des "luttes intestines" au sein de l’organisation kurde, considérée comme terroriste par une partie de la communauté internationale. Une semaine après le triple homicide, Ömer Güney, un ressortissant turc qui fut le chauffeur de Sakine Cansiz, est arrêté par la police française. Mais celui-ci décède des suites d’une tumeur au cerveau en décembre 2016, quelques semaines avant l’ouverture de son procès. L’assassin présumé a-t-il agi pour le compte du MIT, les services de renseignement turcs, comme le laissent supposer certaines pièces du dossier ? Qui sont les commanditaires ? Au printemps 2018, le parquet de Paris rouvre une information judiciaire suite au dépôt d’une plainte par les familles des victimes."

"De la France à l’Allemagne en passant par les camps d’entraînement kurdes du nord de l’Irak et de la Syrie, le réalisateur Ahmet Senyurt plonge dans les zones d’ombre de ce crime non élucidé en retraçant, avec les témoignages de leurs proches et de leurs avocats, les trajectoires des trois militantes kurdes et de leur meurtrier présumé. En s’appuyant sur les éléments de l’enquête et sur des affaires parallèles – le cas d’un journaliste condamné en Allemagne pour avoir espionné au profit de la Turquie des individus proches du PKK –, il met ainsi en évidence une inquiétante exportation du conflit turco-kurde en Europe."


"Autopsie d’un triple meurtre - Sakine, Fidan, Leyla, militantes kurdes" de Ahmet Senyurt
Allemagne, 2019, 52 min
Sur Arte le 24 mars 2020 à 22 h 35
Disponible du 24/03/2020 au 22/04/2020

France, 2016
Visuels
combattantes yézidies sur la ligne de front
Bienvenue au Kurdistan syrien ou Rojava
Les filles sur la ligne de front
Mamies rebelles au Kurdistan syrien ou Rojava
Dans un village kurde, libéré de Daech
© Magneto Presse

A lire sur ce blog :
Articles in English
Les citations sur les documentaires sont d'Arte. Cet article a été publié le 19 juin 2018.

mardi 24 mars 2020

L’antisionisme : une forme d’antisémitisme ?


Le Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples (MRAP)  a organisé un « débat » le 9 janvier 2002 au thème : « Antisionisme, antisémitisme... Jusqu’où peut-on critiquer la politique d’Israël sans être accusé d’antisémitisme ? » avec Alain Gresh, rédacteur du Monde diplomatique et auteur de Israël-Palestine : vérités sur un conflit (Fayard). Un discours délégitimant Israël et victimaire sur les Palestiniens s’est exprimé sans réel contradicteur. Article republié après le décès de Jean Daniel (1920-2020) présent à cette conférence.

Quel avenir pour les Juifs en France ?
Antisémitismes de France 
« La France sans les juifs. Emancipation, extermination, expulsion » par Danny Trom
« La condition juive en France. La tentation de l’entre soi » par Dominique Schnapper, Chantal Bordes-Benayoun et Freddy Raphaël
Un sondage français biaisé sur l’évolution de la relation à l’autre 
La Présidence Hollande, les gouvernements Ayrault, Valls et Cazeneuve, c'était bien pour les Français Juifs ? 
« Un peuple élu et mis à part : l’antisémitisme en Europe » par Joachim Schroeder et Sophie Hafner
Soirée spéciale de France 2 sur l’antisémitisme 

L’antisionisme : une forme d’antisémitisme ?
Des « Blacks, Blancs, Beurs » antisémites ont attaqué des Juifs lors de l'opération défensive « Protective Edge » (2/2) 
Interview de Maitre Axel Metzker, avocat de la famille Selam
Le procès du gang des Barbares devant la Cour d'assises des mineurs de Paris (1/5) 
Jean-Louis (Chalom) Levy, victime d’une tentative d’assassinat antisémite, est mort
Spoliations de Français juifs : l’affaire Krief (version longue)

L’affaire Krief, exemple d’antisémitisme d’Etat (version courte)
Spoliations de Français juifs : l’affaire Tanger
La Cour d’appel de Paris a condamné des copropriétaires juifs français en créant leur « dette » ! 
L’avocate de Foncia, Foncia Paris, Jean-Patrick Jauneau et Karima Aktouf m’a adressé une mise en demeure liberticide
Des fonctionnaires de la Direction des impôts problématiques à l’égard de Juifs français
Des huissiers de justice problématiques à l'égard de Français Juifs 
« Le flic casher » 
Le Centre européen judaïsme a été inauguré à Paris
Krief Affair, an example of French state-backed anti-Semitism

Selon Alain Gresh, « le sionisme est un mouvement national de libération et de colonisation. Il est né notamment de l’idée que les Juifs ont droit à un territoire. On a pensé à l’Amérique du Sud, à l’Afrique, puis on a décidé que ce serait en Palestine ». Quid du lien entre les Juifs et la terre d’Israël ? « C’est un lien religieux, pas fondateur de droit. Un fantasme... L’option de la création d’Israël a triomphé pour des raisons politiques. On peut s’en féliciter ou pas. Je le laisse à votre appréciation... On peut accepter Israël, mais pas la légitimité du mouvement sioniste ».

S’opposant à Pierre-André Taguieff, ce « fedayin de l’esprit » s’est fondé sur « les chiffres du ministère de l’Intérieur : le nombre des violences antisémites a baissé en 2001. Mais la communauté juive éprouve un sentiment d’inquiétude, réel et manipulé ».

La Shoah ? « Un des pires crimes. Elle fait partie du patrimoine commun de l’Humanité et est utilisée par le gouvernement d’Israël ». L’antisémitisme dans la presse arabe ? « Un dérivatif pour éviter l’anti-américanisme ». Les manuels scolaires palestiniens haineux ? « Jusqu'à l’automne 2000, ils étaient ceux de pays arabes. Les Palestiniens, opprimés, n’en ont pas besoin pour être hostiles à l’occupant. Allez à Gaza... ». Les erreurs politiques d’Arafat ? « Il n’aurait pas du nier le lien des Juifs avec le mont du Temple. Mais, et après ? ». La proposition généreuse d’Israël à Camp David ? Selon M. Gresh, un mensonge « à démonter... »

Pot-pourri
Propos de spectateurs, souvent du MRAP, qui déploraient l’insuffisant soutien des médias aux Palestiniens : « Les Arabes ne peuvent pas être antisémites », « Sharon est responsable des trois mille morts à Sabra et Chatila. Réduire ce nombre, c’est du révisionnisme.». Ou « En Allemagne, des responsables juifs seraient devenus nazis si... ». Et « on parle de proposition généreuse à Camp David, mais qui dit proposition dit vous acceptez celle-ci ou c’est la violence... ». Encore : « la Bible dit que les Hébreux ont exterminé les Cananéens. Pour le justifier, ceux-ci sont présentés comme des idolâtres, sacrifiant leurs enfants au Moloch ». Puis, « ils veulent déporter les Palestiniens en Jordanie et les exterminer ». Enfin, « c’est difficile de ne pas être traités d’antisémites depuis les procès staliniens antisémites condamnant pour sionisme ».

Jean Daniel s’est dit « d’accord à 70% » avec M. Gresh. Évoquant l’article de Sara Daniel alléguant que Tsahal violerait les palestiniennes en sachant qu’elles seraient victimes de « crimes d’honneur », il a loué l’ambassadeur d’Israël, Elie Barnavi, « un héros en opposition avec les siens et son gouvernement ». Il a condamné « les manuels scolaires palestiniens qui procèdent par harcèlements, mises en condition et répétitions : quand il y a volonté politique (Tunisie), des manuels montrent une ouverture d’esprit ». Et a jugé les propositions d’Israël à Camp David et Taba porteuses de paix. Il a alerté Mouloud Aounit, secrétaire général du MRAP, sur des phrases choquantes proférées.

Rare lumière, la citation de Martin Luther King dans la campagne de l’Union des étudiants juifs de France (UEJF) : « L’antisionisme est antisémite par nature et le restera ».

Après la conférence, j'ai évoqué avec Jean Daniel cet article infondé de Sara Daniel. Et Jean Daniel a répliqué, outre l'erreur technique  : "Mais pourquoi me parlez-vous si c'est pour me dire des choses désagréables ?"

Toute la vanité du paon.

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