jeudi 5 mai 2016

« Les épreuves d’une vie » de Tamar Tal


Après Arte et le MAHJ (Musée d'art et d'histoire du Judaïsme), le festival du cinéma israélien à Nice diffusa le 2 mars 2014, à 19 h, « Les épreuves d’une vie » (Life in Stills, Hatsalmania), documentaire de Tamar Tal. L’histoire du combat de Miriam Weissenstein, âgée de 96 ans, et de son petit-fils Ben Peter Weissenstein, pour éviter la démolition de leur studio et magasin de photographie (Photo HousePri-Or, au cœur de Tel-Aviv. La défense d’un patrimoine historique et artistique exceptionnel d’un million de négatifs pris par Rudi Weissenstein (1910-1992) des années 1930 aux années 1970. Le 2 mai 2016, le Bureau de presse d'Israël (GPO) a proposé au public une base de données de photos historiques libres de droits de la refondation de l'existence de l'Etat d'Israël à nos jours.


« Connaître à fond les archives de Miriam m’a fait prendre conscience de la force d’un documentaire mais aussi de celle d’une photographie qui parvient à raconter une vie entière, ou en tous cas la vie de gens à une époque donnée. Aujourd’hui, chaque fois que je prends des photos ou que je tourne une vidéo, j’ai présent à l’esprit l’impact qu’elles pourraient avoir », déclare Tamar Tal réalisatrice de Life in Stills, son premier documentaire.

Au MAHJ, la "projection sera présentée par Ben Peter Weissenstein, et suivie d’un compte rendu du parcours et de l’œuvre de son grand-père, Rudi Weissenstein".


Un Yekke photographe
Rudi Weissenstein nait en 1910 à Iglau, alors dans l’empire austro-hongrois, puis la Tchécoslovaquie.

En 1929-1931, il étudie la photographie, le graphisme et l’imprimerie à Vienne (Autriche).

En 1936, il immigre en Palestine sous mandat britannique. Là, il travaille comme photographe et journaliste.

Certains l’affublent du substantif Yekke (Juif d’origine germanique), en raison de son souci du détail, de sa ponctualité et de sa courtoisie.

Rudi Weissenstein rencontre Miriam, née en 1913 dans ce qui deviendra la Tchécoslovaquie et immigrée à l’âge de 8 ans en Palestine mandataire en 1921. Elle étudie les sports en Autriche en vue de devenir professeur de gymnastique. Rudi Weissenstein photographie Miriam alors qu’elle effectue un saut avec en arrière-plan la ville de Tel-Aviv.

En 1940, Rudi Weissenstein et son épouse Miriam ouvrent Photo House Prior, magasin Zalmania au 30 Allenby Road, à Tel-Aviv. Rapidement, ils se distinguent par une clientèle issue du Yichouv (communauté juive d’Eretz Israël), notamment les futurs dirigeants politiques d’Israël.

" Zalmania (tzalmania) est un mot ancien en hébreu pour dire Photo House, un studio de photo. Le nom officiel de notre magasin est Pri-Or Photo House. En hébreu, Pri signifie fruit et Or lumière, et c'est la raison pour laquelle mes grands-parents ont choisi d'appeler leur studio "fruit de la lumière". Ce qui est la signification de la photographie", m'a expliqué  Ben Peter le 15 janvier 2013.

Au fil des décennies, Rudi et Miriam Weissenstein constituent un fonds de négatifs, devenus des archives photographiques d’une diversité incroyable sur la Palestine mandataire et sur la refondation de l’Etat d’Israël. Des photographies en voie de numérisation et consultables sur le site Internet de Zalmania (The Photo House). Des sources d’informations historiques, sociologiques, artistiques sur ces Juifs alors palestiniens.

Pri-Or devient une « véritable institution », et Rudi Weissenstein devient photographe officiel de l’Orchestre philharmonique, reporter aux Nations unies, et photographe officiel lors de la proclamation d’Israël par David Ben Gourion le 14 mai 1948.

Les photos de Rudi Weissenstein sont montrées dans de nombreuses expositions, en Israël et dans de nombreux autres pays, et ont été primées. En 2002, plus de 150 000 visiteurs en six semaines ont vu l’exposition à Riding Power Station, à Tel Aviv. Les photos constituent un album national miroir d’une vie quotidienne disparue dans laquelle se retrouvent ou que découvrent des générations, restituent un esprit, un air d’un temps porté par l’enthousiasme, l’espoir et tant d’autres sentiments : « That is the way we were ! »´ « That is how we looked ! »

Au décès de Rudi Weissenstein, sa veuve et son petit-fils Ben Peter gèrent ce patrimoine unique de négatifs afin d’en assurer la pérennité.

Las ! Le maire de Tel-Aviv soutient un projet immobilier qui suppose la destruction de la boutique. Mais, c’était sans compter sur l’opposition déterminée des deux héritiers du magasin : Miriam, âgée de 96 ans, et son petit-fils Ben Peter.

Cette dame très âgée et son petit-fils luttent pour que perdure leur studio et magasin de photographie dans son quartier, malgré les bouleversements urbanistiques.

Miriam Weissenstein meurt à l’âge de 98 ans, en 2011, après la première de ce documentaire.

Le 27 novembre 2012, le magasin est démoli. Nouvelle adresse : 5 Tshernichovski street, à Tel-Aviv. Bien que le nouveau quartier d’implantation soit chic, Ben Peter nourrit l’espoir de réinstaller le studio et magasin à son adresse historique pendant 70 ans, dans environ deux ans, quand le projet immobilier sera entièrement réalisé.

Le 27 novembre 2012, Ben Peter signe un contrat avec la Bibliothèque nationale d’Israël pour préserver ce patrimoine photographique exceptionnel. 

« Chez Zalmania, les épreuves sur papier glacé racontent le destin chaotique d’un peuple et dissimulent une tragédie familiale dévoilée progressivement. Faisant fi du politiquement correct, la vieille dame dure d’oreille et son petit-fils passent sans cesse du sarcasme féroce à l’aveu de leur vulnérabilité ».

Ben Peter propose à la vente des photos de son grand-père sous forme de cartes postales ou d'affiches.

La réalisatrice « accompagne ce tandem peu commun, soudé par le drame, l’amour filial et la passion pour la photo et nous offre une leçon de vie pleine de finesse ». Sur sept ans, elle suit ces deux êtres que la passion pour la photographie rapproche, soude au-delà des divergences et de l’écart générationnel.

Depuis sa première internationale au festival Dok Leipzig (Allemagne), le film reçoit un accueil chaleureux du public ému par « le caractère universel de la relation entre Ben et sa grand-mère ». Il a été présenté dans une trentaine de festivals et reçu une quinzaine de prix internationaux ainsi que le Prix israélien du meilleur documentaire.

Je n’ai pas vu ce documentaire auquel Arte consacre un dossier sur son site Internet.

Le MAHJ a diffusé ce documentaire dans le cadre de Mémoire familiale, le 17 février 2013, à 1 7 h.

Après Arte et le MAHJ (Musée d'art et d'histoire du Judaïsme), le festival du cinéma israélien à Nice diffusa le 2 mars 2014, à 19 h, « Les épreuves d’une vie » (Life in Stills, Hatsalmania)documentaire de Tamar Tal.

« Les épreuves d’une vie » de Tamar Tal
Israël, 2011, 57 minutes
Sur Arte le 15 janvier 2013 à 0 h 00

Le 2 mars 2014, à 19 h, dans le cadre du festival du cinéma israélien à Nice, au cinéma Pathé Masséna : 31 avenue Jean Médecin, 06200 Nice


Le 17 février 2013, à 17 h
Au Musée d'art et d'histoire du Judaïsme (MAHJ)
Hôtel de Saint-Aignan
71, rue du Temple. 75003 Paris
Téléphone : (33) 1 53 01 86 60

Visuels :
Photos du film : © Heymann Brothers Films
 Photos de Rudi Weissenstein :
 Chalutzim (Pionniers), 1936.
-  La déclaration de la refondation de l'Etat d'Israël, Tel Aviv, 1948
- Hors de l'immeuble, la jour de cette déclaration, Tel Aviv, 1948  
- Rudi et Miriam Weissenstein devant leur studio de photographie.


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Cet article a été publié les 14 janvier  et 15 février 2013, 28 février 2014. Il a été modifié le 28 janvier 2013. 

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