lundi 28 février 2022

« Rachel Carson, la mère de l'écologie » de Tamara Erde

Arte diffusera le 2 mars 2022 à 23 h 45 « Rachel Carson, la mère de l'écologie » (Rachel Carson - Die Mutter der Ökologie), documentaire de la réalisatrice franco-israélienne Tamara Erde. « En 1962, le livre "Printemps silencieux" de Rachel Carson ouvre les yeux de l’Amérique sur les dangers des pesticides et sur la place de l’homme dans l’écosystème. Plongée dans la genèse d’un texte poétique et puissant, qui inspira la pensée écologiste moderne. »

« Les colères de la Terre », par Sam Stourdzé
« Avant/après », la nouvelle collection d’ARTE revient sur les grandes œuvres ou mouvements culturels qui ont, à leur époque, secoué, alerté ou éveillé nos sociétés ».

« Au début des années 1960, alors que les mouvements politiques contestataires commencent à bouillonner aux États-Unis, une scientifique, Rachel Carson (1907-1964), alerte le pays sur les dangers d’une industrie chimique toute-puissante ». 

« Dans Printemps silencieux, cette biologiste marine, déjà réputée pour ses ouvrages de vulgarisation sur le monde du silence et la pollution environnementale, décrit les dégâts des pesticides agricoles – en premier lieu le redoutable DDT, alors en vente libre – sur les populations d’oiseaux, mais aussi, par ricochet, sur l’espèce humaine. »

« C’est un livre sur la guerre de l’homme contre la nature ; et comme l’homme fait partie de la nature, c’est fatalement aussi un livre sur la guerre de l’homme contre lui-même", écrit-elle, dénonçant l’idée arrogante et immature d’une nature dominée grâce aux progrès techniques ».

« Jamais l’importance cruciale de la protection de l’environnement pour la survie humaine n’avait été présentée aussi clairement au grand public ». 

« Best-seller de l’année 1962, Printemps silencieux (Silent Sprint) contribuera à convaincre le président Kennedy d’interdire le DDT, puis inspirera la création de l’Agence américaine de protection de l’environnement. Tout en semant dans bien des têtes les graines de l’écologie... » 

Essayiste - Cette mer qui nous entoure (The Sea Around Us, 1951), Les Merveilles de la mer et de ses rivages Printemps silencieux - « volontaire, charismatique et courageuse, Rachel Carson apparaît comme l’une des grandes lanceuses d’alerte de son temps et comme la "mère" de l’écologie moderne ». 

« Si elle a su à ce point toucher le public, c’est aussi grâce à l'élégance de son écriture, poétique et généreuse, reflétant sa vision holistique de notre place au sein du monde vivant et son constant émerveillement face à sa beauté ». 

« Dans ce documentaire retraçant la genèse d’un ouvrage aujourd’hui encore considéré comme une référence théorique, Tamara Erde fait longuement entendre la voix de cette éveilleuse de consciences », inscrite au National Women's Hall of Fame et distinguée à titre posthume par la Médaille présidentielle de la Liberté. Depuis 1991, un Prix international est remis aux défenseurs de l'environnement.

« La réalisatrice entremêle des extraits des livres et lettres de Rachel Carson, lus par Sandrine Bonnaire, et des témoignages d’intervenants entrant en résonance avec son travail : Irène Frachon, qui a mis en lumière les dangers du Mediator, l’auteur italien Paolo Cognetti, ou encore Martha Freeman, qui consacra un livre (Always, Rachel) à la correspondance intime qu’entretint la pionnière de l’écologie avec sa grand-mère Dorothy. » 

Le 27 mai 2014, Google a dédié un Doodle à Rachel Carson en la citant :
“As much as I liked the image itself, as well as a chance to do a small piece of animation, I thought it shifted the focus away from the wildlife she sought to learn about and protect,” Matt explains. In the final illustration, Rachel Louise Carson is shown surrounded by a variety of species that dwell within the marine ecosystem, seemingly inspired by this quote from her book, Silent Spring:
“In nature nothing exists alone.”


France, Elda Productions, 2021, 54 min
Coproduction : ARTE France, Elda Productions 
Avec la voix de Sandrine Bonnaire 
Sur Arte les 2 mars 2022 à 23 h 45, 6 mars 2022 à 5 h 30, 24 mars 2022 à 1 h 45
Disponible du 02/02/2022 au 04/09/2022
Visuels :
Biologiste marine américaine et écrivaine, Rachel Carson a fait de sa vie un combat pour prévenir des enjeux environnementaux déjà présents dans les années 60 et ce par sa plume, en utilisant la littérature comme outil pour réveiller nos consciences et notre regard sur la nature
© Elika Hedayat / Elda Productions

« A la mode. L’art de paraître au 18e siècle »

Le Musée d’arts de Nantes présente l’exposition « A la mode. L’art de paraître au 18e siècle ». Au siècle des Lumières, les vêtements à la mode, qui résulte d’artisans aux "métiers nouveaux" et est accompagnée d'une "presse spécialisée", expriment le « goût de l’époque, la quête de luxe et de liberté que l’on perçoit dans la peinture à travers les scènes de genre et les portraits ».

L’histoire sous les pieds. 3000 ans de chaussures 
« Pour la première fois, la confrontation d’œuvres picturales avec des costumes du 18e siècle permet d'explorer une nouvelle mise en scène du corps et des individus, entre l'exigence sociale et les caprices du goût. »

« En collaboration exceptionnelle avec le Palais Galliera et pour la première fois, le Musée d’arts de Nantes confronte des pièces textiles et picturales iconiques révélant ainsi les influences réciproques entre le monde artistique et la naissance de la mode au 18e siècle. Le partenariat avec le musée de la Mode de la Ville de Paris permet la présentation particulièrement exceptionnelle, du fait de la rareté, préciosité et fragilité des matériaux, de nombreux ensembles textiles et accessoires. »

« L’histoire du costume et de sa représentation au siècle des Lumières sont autant l’illustration réelle d'une culture matérielle qu’une création de l'imaginaire. Au 18e siècle, la naissance de la mode est d’abord celle de nouveaux métiers et d’une presse spécialisée, et constitue le signe d’une transformation accélérée de la société. Le style français, porté à la fois par l’aristocratie et la haute bourgeoisie urbaine, s’impose dans toutes les cours et villes d’Europe. »

« L’exposition À la mode. L'art de paraître au 18e siècle réunit près de 200 objets du 18e siècle, issus des grands musées textiles (Musée de la Mode de la Ville de Paris, Musée des tissus de Lyon, Musée de la toile de Jouy, Musée de la Chemiserie et de l’Élégance Masculine) et de beaux-arts (Nationalmuseum de Stockholm, Rijksmuseum d’Amsterdam, Victoria and Albert Museum de Londres, Versailles, Louvre, Ecouen, Nantes, Dijon, Tours, Orléans…)

« Des tableaux emblématiques (La Duchesse de Polignac d’Élisabeth Louise Vigée Le Brun et La Marchande de modes de François Boucher, Nationalmuseum de Stockholm) côtoieront textiles précieux dessins inédits, vêtements et accessoires, dont certains spécialement restaurés pour l’exposition. »

« Le parcours de l’exposition se déploie en quatre univers distincts, comme autant de facettes qui explorent le lien entre les peintres et la fabrique de la mode. »

« Le premier chapitre de l’exposition s’attache à démontrer l’accélération des phénomènes de mode, autant en peinture que dans le vêtement, dans un jeu de compétition entre les élites dirigeantes et les classes montantes. »

« Le deuxième chapitre met en scène les peintres comme acteurs de la « fabrique de la mode », ils se révèlent les vrais ancêtres des couturiers et créateurs de mode : de fait, ils inventent silhouettes, motifs textiles, décors d’accessoires, d’objets de poche et de toilette, tout en réalisant les dessins pour la presse spécialisée. »

« Le troisième chapitre, « Fantaisies d’artistes », explore les liens entre des mondes picturaux imaginaires - fêtes galantes de Watteau et Lancret, pastorales enchantées de François Boucher – et des vêtements devenus iconiques grâce à eux. »

« Enfin la dernière partie, « Pour une histoire du négligé-déshabillé », porte un regard inédit sur la vogue grandissante du négligé dans le vestiaire masculin et féminin, de la robe de chambre à la robe empire, des voiles des vestales au déshabillé antique. Elle met en lumière l'évolution d’une nouvelle silhouette féminine, qui s’allonge et se simplifie jusqu’au monochrome blanc. »




Du 26 novembre 2021 au 6 mars 2022
10, rue Georges Clemenceau. 44000 Nantes
Tél. : 02 51 17 45 00
Du lundi au dimanche, de 11 h à 19 h, nocturne le jeudi jusqu’à 21 h.
Fermé le mardi. 


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vendredi 25 février 2022

« L’hygiène à travers les âges » de Claudia Spoden

Arte diffusera le 27 février 2022 à 15 h 20 « L’hygiène à travers les âges » (Auf Leben und TodMeilensteine der Hygiene) de Claudia Spoden. « 
Les pratiques d’hygiène en Occident ont notamment été inspirées par les avancées scientifiques en réaction aux épidémies. Panorama historique. » 

Une problématique Fondation Casip-Cojasor 
L’affaire Krief, exemple d’antisémitisme d’Etat (version courte)

« Les pratiques de l’hygiène accompagnent l’humanité depuis ses origines. Destinés à préserver des maladies, les soins du corps se sont imposés comme de véritables rituels sociaux, intimement liés aux conventions culturelles, aux connaissances scientifiques et aux idéologies politiques de chaque époque. »

« Des avancées également marquées par des périodes d’errements, entre superstitions et théories savantes hasardeuses, face à de terribles épidémies à l’origine incertaine. »

« Ludique et informatif, ce documentaire retrace l’histoire de l’hygiène en Occident, depuis les thermes et réseaux d’égouts de l’Empire romain jusqu’aux révolutions hygiénistes de l’âge industriel, en passant par la parenthèse de l’âge baroque, où la peur des miasmes entraîna une véritable aversion pour l’eau… ». Citons aussi l'empereur Napoléon Ier qui créa des structures pour lutter contre l'insalubrité à Paris.

Le Judaïsme prescrit aussi une hygiène rigoureuse. Les ablutions sont communes à plusieurs religions.

Le documentaire évoque aussi le Dr 
Ignace Philippe Semmelweis (1818-1865), médecin obstétricien hongrois qui prouva l'efficacité de l'hygiène des mains et du matériel médical pour réduire le nombre de décès hospitaliers induits par la fièvre puerpérale des femmes après avoir accouché. En effet, il avait observé que des médecins ne se lavaient pas les mains après avoir disséqué des cadavres et avant de procéder à l'accouchement de patientes. Il s'est heurté aux réticences de ses confrères et à des conservateurs hostiles à ses idées libérales. Certains de ses collègues obtiennent son internement dans un asile psychiatrique privé où il décède des suites de traitements violents infligés par des employés de l'asile. 

Le Dr Ignace Semmelweis demeure comme un pionnier de l'antisepsie et de l'élimination des maladies nosocomiales. L'hypothèse d'une cause microbienne à ces décès sera avancée après la mort du praticien et notamment par le Dr Carl Mayrhofer,  obstétricien viennois. En 1924, Louis-Ferdinand Céline consacre sa thèse de médecine à La Vie et l'Œuvre de Philippe Ignace Semmelweis, publiée en 1936 sans grande modification.

Toutes les mesures d'hygiène - port du masque, etc. - ont réduit le système immunitaire des organismes humains.


« L’hygiène à travers les âges » de Claudia Spoden
Allemagne, 2021, 52 min
Sur Arte les 27 février 2022 à 15 h 20 et 8 mars 2022 à 10 h 55
Disponible du 18/02/2022 au 19/05/2022
Visuels :
© Gruppe 5/ZDF
© bpk

« Marie-Thérèse d'Autriche » par Robert Dornhelm


Marie-Thérèse d’Autriche (1717-1780), membre de la Maison des Habsbourg, a été impératrice du Saint-Empire et reine de Germanie (1745-1765). Mère de seize enfants, dont la future reine de France Marie-Antoinette, elle a imposé le catholicisme comme seule religion officielle, et fait procéder à l’expulsion des Juifs de Prague. Arte diffusera le 5 mars 2022 à 22 h 20 "Le chasseur de vampires de l’impératrice" (Der Vampirjäger der Kaiserin. Habsburgs Kampf gegen den Aberglauben) de Gigga Neunteufel.

« Frédéric II - La splendeur du Saint-Empire » par Markus Augé 
« Marie-Thérèse d'Autriche » par Robert Dornhelm


Arrivée au pouvoir grâce à la Pragmatique Sanction, édit du 19 avril 1713 de son père l'empereur Charles VI (1685–1740) et finalement accepté notamment par les royaumes de Prusse et de de France lors de la Guerre de Succession d'Autriche (1740-1748), « moderne et catholique, amoureuse et maternelle, Marie-Thérèse d’Autriche (1717-1780) s’impose dans un XVIIIe siècle dominé par les hommes ». Elle œuvra aussi à accroître les règles d’hygiène et à développer l’inoculation.

Arte
En 2018, Arte avait diffusé un téléfilm sur cette souveraine européenne.

Arte diffusa « Marie-Thérèse d'Autriche » (Maria Theresia), série réalisée par Robert Dornhelm. 

« Conciliant romanesque et rigueur historique, cette superproduction européenne retrace l'histoire d'une souveraine exceptionnelle qui, de 1745 à 1780, dirigea l'Empire austro-hongrois en vivant au grand jour sa vie amoureuse et familiale. » 

« Montrant comment cette souveraine moderne et pleine de vitalité – incarnée cette fois par la charismatique Stefanie Reinsperger – sut s’imposer en autocrate dans un siècle des Lumières dominé par les hommes et user de sa féminité comme d’un instrument de pouvoir, cette fiction n’occulte pas pour autant sa bigoterie. Car la mère de la future reine de France, Marie-Antoinette, mit en place une police de la vertu, congédiant sa fidèle gouvernante, coupable d’adultère ». 

« Mêlant avec fluidité trame romanesque et reconstitution historique, elle renoue avec les ingrédients qui avaient fait le charme et le succès de la première : distribution étincelante, costumes et décors somptueux, dialogues incisifs, sens efficace du détail, fastes du palais de la Hofburg et secrets d’alcôves, stratégie politique et scènes de la vie conjugale ». 

« Au travers d’une fresque flamboyante, le portrait nuancé d’une femme hors norme qui parvint à concilier ses rôles d’épouse, de mère – de seize enfants –, d’impératrice et même de chef de guerre. »

« Cette brillante superproduction européenne retrace tambour battant l'adolescence et la tumultueuse première année de règne de Marie-Thérèse d'Autriche en mettant en lumière les dimensions à la fois féministe et romanesque de son remarquable destin. Incarnée par la convaincante Marie-Luise Stockinger, cette souveraine qui gouvernera judicieusement l'empire durant près de quarante années fera en effet de sa féminité la pierre angulaire de son pouvoir, vivant au grand jour sa vie d'amoureuse et de mère auprès de son époux François Étienne, avec lequel elle aura seize enfants ».

« Un biopic romanesque sur une souveraine hors norme qui usa habilement de sa féminité comme d’un instrument de pouvoir. 

Affermissant l’autorité de l’Etat, Marie-Thérèse d’Autriche a été influencée par le jansénisme. Elle a noué des relations complexes avec les Jésuites.

En 1722, Diego D’Aguilar, un Marrane (un Juif espagnol contraint au baptême) est appelé à Vienne pour réorganiser le monopole du tabac. Par 300 000 florins, il contribue à financer les modifications architecturales du château de Schönbrunn.
      
Marie-Thérèse d'Autriche haïssait les Juifs, Marie-Thérèse d’Autriche expulse les 20 000 Juifs de Prague, et plus généralement de Bohême et des grandes villes de Moravie, en 1744. Il en résulte une crise économique car le commerce du verre et de la toile de Bohême était assuré par les Juifs. Marie-Thérèse d’Autriche leur demande de revenir en 1748 pour relancer l’économie. Pour réduire le rôle économiqu des Juifs, elle encourage temporairement les entrepreneurs et financiers protestants – elle expulsera les Protestants d’Autriche.

A la fin de son règne, sous l’influence de son courtier juifs Abraham Mendel Theben, Marie-Thérèse d’Autriche a édicté des textes assurant la protection étatique à ses sujets juifs. Elle a aussi interdit la conversion forcée des enfants juifs au christianisme. En 1764, elle a ordonné la libération de deux juifs emprisonnés à la suite de l’accusation de blood libel portée contre eux dans le village d’Orkuta. La même année, elle fait adopter des lois restreignant les autorisations de résidence des Juifs.

« À la tête d’un vaste territoire européen, la très moderne Marie-Thérèse d’Autriche s’imposa comme femme de pouvoir dans un XVIIIe siècle dominé par les hommes, sans renoncer à son rôle de mère et d’épouse. Un destin hors norme retracé avec brio dans une fiction ».

« Voltaire, qu’elle n’appréciait guère, parlait d’elle comme d’une "grande femme qui excelle dans l’utile et l’agréable". Surnommée de son vivant "Marie-Thérèse d’Autriche la Grande", l’unique souveraine de la maison des Habsbourg réussit l’exploit de mener de front à parts égales une vie de femme d’État, d’ardente amoureuse et de mère attentive de famille nombreuse. Célébrée pour ses réformes visant à moderniser et à unifier ce qui allait devenir l’Empire austro-hongrois, elle fit aussi preuve de finesse diplomatique pour préserver des territoires s’étendant des Balkans à la Méditerranée, ainsi que d’une singulière pugnacité lors des deux guerres qui ont émaillé ses quarante ans de règne. Instructive et enlevée, la superproduction européenne que diffuse ARTE revient notamment sur la périlleuse première année de son règne, l'archiduchesse n'étant âgée que de 23 ans lorsqu’elle succède à son père Charles VI, disparu sans héritier mâle en 1740. Pensant n’en faire qu’une bouchée, Frédéric II de Prusse déclenche avec ses alliés une guerre de succession en attaquant la Silésie. Plaidant humblement sa cause devant la noblesse hongroise, qui lui envoie ses troupes, l'audacieuse se fait couronner "roi" de Hongrie, à cheval et l’épée au poing, avant de renverser les alliances. »

« Dès 1740, elle nomme son époux François Étienne de Lorraine corégent d’Autriche, l’autorisant ainsi à être élu empereur du Saint Empire romain germanique en 1745. Impératrice consort, couronnée reine de Bohême en 1743, c’est elle qui dirige de facto, laissant la conduite des affaires (filatures, manufactures de draps et de faïences) à son fringant mari, qu’elle a épousé en 1736. De leur mariage d’amour naissent seize enfants, cinq garçons et onze filles, dont la dernière reine de France, Marie-Antoinette. Comme le souligne Élisabeth Badinter dans l’ouvrage « Le Pouvoir au féminin. Marie-Thérèse d'Autriche (1717-1780), l'impératrice reine » qu’elle lui a consacré en 2016, l’impératrice supervise elle-même l’éducation de chacun d’entre eux – une implication exceptionnelle parmi les souveraines de son temps. Très éprise de son conjoint, avec lequel elle fera – autre comportement inhabituel à l’époque –, lit commun jusqu’à sa mort en 1765, elle se montre jalouse de ses multiples infidélités et impose une austère rigueur morale à la cour de Vienne, nourrie par un intolérant catholicisme. La souveraine protège néanmoins les arts, aime la musique – jeune fille, elle chante admirablement et, plus tard, prendra le petit Mozart sur ses genoux – et institue en 1774 l’école publique et la scolarité obligatoire des enfants de 6 à 12 ans. Lorsqu’elle décède en 1780, au terme de quinze années de corégence avec son fils Joseph II, Marie-Thérèse laisse un empire aussi riche que puissant, consolidé par les mariages stratégiques de ses enfants », a écrit Marie Gérard.

« Les Français connaissent mal celle qui fut la mère de Marie-Antoinette. Pourtant, Marie- Thérèse d'Autriche (1717 -1780) est l'une des grandes figures tutélaires de son pays. Je l'ai découverte par sa correspondance privée, dans laquelle elle se révèle guerrière, politique avisée, mère tendre et sévère. Mais cette mère-là n'est pas n'importe laquelle, c'est une femme au pouvoir absolu, hérité des Habsbourg, qui régna pendant quarante ans sur le plus grand empire d'Europe. Et, ce faisant, elle eut à gérer trois vies, parfois en opposition les unes avec les autres : épouse d'un mari adoré et volage, mère de seize enfants, souveraine d'un immense territoire. Cette gageure qu'aucun souverain masculin n'eut à connaître, j'ai voulu tenter de la comprendre : qui fut cette femme et comment elle put - ou non - concilier ses différents statuts. Prendre la mesure, en somme, de ses forces et faiblesses, de ses priorités et inévitables contradictions. Ce portrait, qui puise à des sources abondantes et souvent inédites, ne saurait être exhaustif : Marie-Thérèse garde bien des mystères. Cette femme incomparable en son temps, qui inaugure une nouvelle image de la souveraineté et de la maternité, ressemble, sous certains aspects, aux femmes du XXI siècle », a résumé Élisabeth Badinter.

Premier volet
« Vienne, 1732. Le Saint Empire romain germanique attend avec de moins en moins d'espoir la naissance d'un héritier mâle au palais de la Hofburg. Même si, en vertu de l'édit de la Pragmatique Sanction, la fille aînée de Charles VI, Marie-Thérèse, peut lui succéder sur le trône des Habsbourg, l'empereur veut croire, envers et contre tout, que son épouse vieillissante peut encore lui donner un fils. Turbulente et passionnée, la jolie archiduchesse de 15 ans se moque bien de ses chances d'exercer le pouvoir. Seul compte pour elle son mariage annoncé avec François Étienne de Lorraine, qu'elle aime depuis l'enfance. Mais un proche conseiller de l'empereur, Eugène de Savoie, juge ce dernier incapable de défendre l'empire contre les dangers qui le menacent. Il convainc Charles VI de rompre les fiançailles et de se concilier la Prusse en offrant à son prince héritier Frédéric la main de Marie-Thérèse. Révoltée, celle-ci sabote la négociation en dénigrant publiquement la belle-famille qu'on lui destine, en présence de l'ambassadeur prussien… »

2e volet  
« Florence, 1740. Près de cinq ans après leur mariage, Marie-Thérèse ("Rési") et François, qui ont fui l'atmosphère persifleuse de Vienne pour leur grand-duché de Toscane, élèvent deux petites filles et attendent un troisième enfant. Mais la mort soudaine de Charles VI, à la suite d'un accident de chasse suspect (on soupçonne un assassinat fomenté par Berlin), oblige le jeune couple à regagner l'Autriche pour s'y emparer d'un pouvoir que tous lui contestent. Tandis que François s'absorbe dans le commerce de la soie et flirte avec de charmantes intrigantes, sa jeune épouse affronte le dégoût à peine voilé de ses ministres, qui refusent de se plier à l'autorité d'une femme, qui plus est novice en politique. Alors que Carolina, leur dernière-née, a contracté la variole, la Prusse et la France, jugeant l'Autriche très affaiblie, attaquent l'empire en violation des traités… »

3e volet 
« Marie-Thérèse d’Autriche est attaquée de toutes parts, la Prusse, la Bavière, la France, la Saxe et l'Espagne contestant son droit à la succession. Frédéric II conquiert la riche Silésie et entraîne ses ennemis dans une guerre contre elle, alors qu’à la Hofburg à Vienne sa belle-mère, Mlle de Chartres, l’espionne pour le compte de Louis XV. De son côté, son mari François Étienne de Lorraine se lance dans un commerce lucratif – y compris avec ses ennemis –, et la catholique souveraine est ulcérée par les jeux d’argent qu’il encourage. Devant l’inexorable avancée des Français, l’impératrice se résout à faire appel au baron Franz de Trenck, redoutable et sanguinaire cheffe de guerre, qui lève pour elle un régiment de pandours. »

4e volet 
« Le baron de Trenck remporte des victoires décisives, mais Marie-Thérèse ne peut plus ignorer ses crimes de guerre et il est jeté en prison. Se posant en "mère bienveillante" de son peuple, la souveraine se fie à son instinct pour régner et asseoir son pouvoir, n’écoutant que son ancien précepteur, Emmanuel de Silva-Tarouca. Mais les infidélités de son époux François Étienne lui attirent les railleries de la cour. L’impératrice nomme le père Johannes, un jésuite, à la tête d'une inquisitrice commission de chasteté. Lequel s’en prend au volage mari, qu’il soupçonne en outre d’être franc-maçon. Les époux s’éloignent, Marie-Thérèse succombant à son tour au charme d’un officier... »

"Le chasseur de vampires de l’impératrice"

"Historiens et scientifiques décryptent les origines du mythe du vampire, qui prospère sous le règne de Marie-Thérèse d’Autriche, grande pourfendeuse de superstitions…"

"Au milieu du XVIIIe siècle, dans les Balkans, récemment passés sous le joug des Habsbourg, d’inquiétantes rumeurs sont colportées : des villageois ont déterré une trentaine de cadavres qui, plus d’un an après leur mise en terre, ne portent nulle trace de décomposition. Échappant aux lois divines, ces morts revenus hanter les vivants subissent alors les traitements autrefois réservés aux sorcières : le pal, la décapitation ou le bûcher. Informée de ces pratiques de "magie posthume", contraires à l’esprit des Lumières autant qu’à la foi catholique, l’impératrice Marie-Thérèse d’Autriche charge, en 1755, son médecin personnel et conseiller, le Hollandais Gerard van Swieten, d’enquêter sur place sur les origines de ces superstitions…"

"Corps imputrescibles, possession des vivants, attirance pour le sang : ces croyances pourraient-elles s’expliquer par des phénomènes naturels ? Dans l’esprit de la mission confiée au premier "chasseur de vampires" de l’histoire – qui inspira peut-être la figure du professeur Van Helsing de Bram Stoker –, ce film documenté interroge historiens, médecins légistes et chercheurs, pour décrypter les fondements scientifiques d’une somme de croyances qui, rassemblées, ont forgé le mythe du vampire tel que nous le connaissons aujourd’hui."
 

"1713 : Charles VI de Habsbourg, archiduc d’Autriche, roi de Hongrie, de Bohême et empereur du Saint Empire romain-germanique instaure la Pragmatique sanction, qui permet qu’une femme puisse hériter des territoires de la Maison des Habsbourg
1717 : naissance de Marie-Thérèse d’Autriche, fille aînée de Charles VI
1736 : mariage avec François Etienne, duc de Lorraine
1740 : mort de Charles VI. Marie-Thérèse prend la tête de l’archiduché d’Autriche, est couronnée « roi » de Hongrie et reine de Bohême. Frédéric II de Prusse conteste la Pragmatique sanction, marquant début de la Guerre de succession d’Autriche
1741 : naissance d’un premier garçon, Joseph
1745 : François Etienne devient François Ier, Empereur des Romains, et Marie-Thérèse impératrice consort
1748 : fin de la Guerre de Succession d’Autriche, signature du Traité d’Aix-la-Chapelle. Marie-Thérèse obtient de la Prusse la confirmation
de la Pragmatique sanction et la reconnaissance de son mari comme Empereur
1755 : naissance de Marie-Antoinette, 15ème et avant-dernier enfant de Marie-Thérèse et François Etienne
1756 : début de la Guerre de Sept ans qui oppose Marie-Thérèse d’Autriche et Louis XV de France au royaume de Grande-Bretagne et celui de Prusse
1763 : fin de la Guerre de Sept ans ; le fils aîné de Marie-Thérèse devient Empereur du Saint Empire romain-germanique sous le titre de Joseph II.
Mais Marie-Thérèse conserve la réalité du pouvoir
1765 : mort de François Etienne
1770 : mariage de Marie-Antoinette d’Autriche avec le dauphin de France et futur Louis XVI, une des alliances stratégiques et politiques dont Marie-Thérèse a le secret
1780 : mort de Marie-Thérèse d’Autriche."


Autriche, 2020
Sur Arte les 5 mars 2022 à 22 h 2013 mars 2022 à 9 h 35, 23 mars 2022 à 9 h 25
Visuels : © Christian Haake/RAUM.FILM

«Marie-Thérèse d'Autriche » par Robert Dornhelm
Robert Dornhelm
Autriche, République tchèque, Slovaquie, 2017, 4 x 1 h 40
Scénario : Miroslava Zlatnikova
Production : MR Film, Maya Production, Ceska Televize, RTVS, ORF, MTVA
Producteur/-trice : Marcela Mojtova, Peter Cermak, Oliver Auspitz, Andreas Kamm, Ferdinand Dohna
Image : Tomas Juricek
Montage : Michal Lansky
Musique : Roman Kariolou
Avec Marie-Luise Stockinger (Marie-Thérèse de Habsbourg), Vojtech Kotek (François-Etienne de Lorraine), Fritz Karl (Charles VI), Zuzana Stivinova (l'impératrice Elisabeth-Christine), Karl Markovics (Eugène de Savoie), Vladimir Javorsky (Kampmüller), Ratoti Zoltan (Grumbkow), Cornelius Obonya (Gottfried Philipp Spannagel), Julia Stemberger (Marie-Caroline de Fuchs-Mollard), Anna Posch (Marie-Anne de Habsbourg), Adorjani Balint (Nicolas 1er Esterházy), Tatiana Pauhofova (la comtess Elisa Fritz), Alexander Barta (Kinsky), Zuzana Maurery (Mademoiselle de Chartres)
Costumes : Jan Kocman
Décors de film : Martin Kurel
Chargé(e) de programme : Olaf Grunert
Son : Michal Deliopulos
Sur Arte 
1er volet : le 8 avril 2020 à 20 h 55
2e volet : le 8 avril 2020 à 22 h 40
3e volet  : le  9 avril 2020 à 20 h 55
4e volet  : le 9 avril 2020 à 22 h 35
Disponible du 07/04/2020 au 06/07/2020
Visuels :
© ZDF/Dusan Martincek
© Ceská televize/Karel Cudlín
© ZDF/Jakub Hrab

Articles sur ce blog concernant :
Les citations et la chronologie sont extraites du site d'Arte. Cet article a été publié le 6 avril 2020.