Citations

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« Il faut commencer par le commencement et le commencement de tout est le courage » (Vladimir Jankélévitch).
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit » (Charles Péguy).

vendredi 15 novembre 2013

Lucian Freud. Portraits

 
Le Kunsthistorisches Museum viennois présente pour la première fois en Autriche une exposition de tableaux de Lucian Freud (1922-2011). En 2012, la National Portrait Gallery  britannique a montré l'exposition Portraits, rassemblant 130 oeuvres de Lucian Freud. Le Centre Pompidou avait consacré en 2010 à ce peintre l’exposition Lucian Freud. L'atelier. Agé de 88 ans, cet artiste Juif, petit-fils de Sigmund Freud, n’avait pas exposé en France depuis sa rétrospective dans ce Centre en 1987. La scénographie s’ordonne autour de l’atelier de l’artiste en présentant des (auto)portraits, quelques paysages urbains et des natures mortes au style froid. Lucian Freud est mort dans la nuit du 20 au 21 juillet 2011, à l'âge de 88 ans, à Londres.

Lucian Freud est né en 1922, à Berlin (Allemagne). Son père Ernst est le benjamin des fils de Sigmund Freud, fondateur de la psychanalyse. Sa mère, née Lucie Brasch, est la fille d’un négociant en céréales.

En 1934, la famille de Lucian Freud s’établit en Angleterre pour fuir le nazisme.

En 1939, Sigmund Freud décède. Lucian Freud obtient la nationalité britannique.

Il étudie la peinture à l’East Anglisan School of Painting and Drawing à Dedham. En 1942, il interrompt ses études pour servir dans la marine marchande. Trois mois après, il est réformé pour raisons médicales ; il reprend ses études.

Après avoir vendu quelques œuvres à des proches, il obtient une commande majeure : il illustre le recueil de poèmes de Nicholas Moore, The Glass Tower, en dessinant en couverture un oiseau-lyre.

Dans l’après-guerre, Lucian Freud rencontre Francis Bacon à Londres, ainsi qu’Alberto Giacometti et Pablo Picasso à Paris.

Il épouse en 1948 Kitty Garman, fille du sculpteur Jacob Epstein, et participe à l’exposition collective La jeune peinture en Grande-Bretagne du British Council.

Dans les années 1950, il abandonne le dessin pour la peinture. Ses tableaux au style délicat s’inspirent de l’école flamande du XVe siècle.

Il est distingué par le prix de l’Arts Council britannique en 1951 pour Interior at Paddington.

En 1953, divorcé, il épouse la romancière Caroline Blackwood.

A la XXVIIe Biennale de Venise (1954), une vingtaine d’œuvres de Lucian Freud sont présentées. Lucian Freud écrit l'article Some Thoughts on Painting dans le numéro de juillet 1954 de la revue Encounter. Une sorte de « manifeste esthétique » où est assignée à la peinture la fonction d’« intensification du réel ».

Dans les années 1960, Lucian Freud évolue vers une figuration quasi-expressionniste.

Depuis les années 1970, il privilégie un réalisme scrupuleux, jouant sur les perspectives, dans un décor minimaliste.

En 1972, deux ans après la mort de son père, il termine le premier tableau d’une série de portraits de sa mère, qui pose pour lui jusque dans les années 1980.

Deux ans plus tard, la première rétrospective Lucian Freud a lieu à la Hayward Gallery de Londres, à l’initiative de l’Arts Council de Grande-Bretagne.

A partir de 1975, Lucian Freud recourt au « blanc de Cremnitz dans certains de ses tableaux, une peinture riche en oxyde de plomb appelée aussi blanc d’argent. Il la mélange à ses couleurs et obtient ainsi une matière particulièrement lourde et filandreuse ».

La « pratique du dessin au crayon et au fusain reprend progressivement une place importante dans son œuvre, tant pour la gravure que pour les études ».

Dans le catalogue de l’exposition The Human Clay (L’argile humaine), le peintre américain Ronald B. Kitaj inclut Lucian Freud, Léon Kossof, Francis Bacon et Graham Sutherland dans ce qu’il nomme la « School of London » (1976).

Un an plus tard, Lucian Freud installe son atelier-appartement doté d’une grande verrière à Holland Park. Il le garde jusqu’en 2008.

En 1981, Lucian Freud est l’un des artites présentés comme les pères de la « nouvelle figuration » par l’exposition The New Spirit in Painting, à la Royal Academy. Un an plus tard, il reprend l’eau forte.

Organisée par le British Council, la rétrospective Lucian Freud est inaugurée à Washington en 1987, puis montrée à Paris, Londres et Berlin (1988).

En 2001, Lucian Freud peint la reine d’Angleterre Elisabeth II.

Il décède dans la nuit du 20 au 21 juillet 2011, à l'âge de 88 ans, à Londres.

L’atelier
Au Centre Pompidou, la cinquantaine de peintures figuratives de grand format – des huiles sur toile datant en majorité des deux dernières décennies -, des œuvres graphiques et des photographies de l'atelier londonien de Lucian Freud sont ordonnées autour de quatre sections : Intérieur/Extérieur (vues d’ateliers, banlieue londonienne, terrains vagues du New London), Réflexion/Reflection (variations autour d’autoportraits, parfois ironiques), Reprises (libre copie ou interprétations originales d’œuvres de maîtres, tels Chardin, Cézanne ou Picasso), Comme la chair/As Flesh (autoportraits et portraits de Leigh Bowery ou de Big Sue.

Au centre de l’hommage : l’espace personnel et professionnel, intime et clos de l’atelier. Là, Lucian Freud « installe ses modèles selon des mises en scène précises, mettant en jeu le mobilier et les objets raréfiés de l'atelier, accessoires récurrents et reconnaissables des compositions : plante verte, canapé crevé, fauteuil usé, lit en fer, lavabo, murs maculés de peinture. Les quelques paysages construits selon des angles de vue en plongée, serrés, sont peints en général depuis ses fenêtres ou son seuil. Ainsi, les adresses successives de ses ateliers constituent des éléments de titre ou de datation (w11, w9…), depuis celui de Paddington où il s'installe en 1943 pour trente ans, jusqu'à la maison de Notting Hill en passant par le loft de Holland Park ».

« Je veux que la peinture soit chair », déclare Lucian Freud qui peint ses personnages en plongée ou contre-plongée, rarement à hauteur humaine. Des personnages qui parfois ne se regardent pas, chacun semblant vivre dans son univers. Les regards des portraits sont d’une rare vivacité, profondeur. Parfois inquiets ou interrogatifs, révélant la vulnérabilité.

Lucian Freud s’attache à la chair avec un réalisme impitoyable, cru, soulignant les défauts physiques, les bourrelets. Une chair triste. Une palette souvent limitée à des gris, gris bleus, beige, blanc. Point de sensualité. Une froideur.

Le 12 novembre, à New York, un triptyque de Francis Bacon composé de trois études de Lucian Freud a été adjugé 142,4 millions de dollars (105,9 millions d'euros). Créée en 1969, estimée à 85 millions de dollars (63,2 millions d'euros), cette œuvre d'art est la plus chère du monde vendue aux enchères.


Jusqu'au 12 janvier 2014
Au Kunsthistorisches Museum Wien
Tel. : +43 1 525 24 - 0
Maria-Theresien-Platz, 1010 Wien
Du mardi au dimanche de 10 h à 18 h, le jeudi de 10 h à 21 h


Jusqu'au 27 mai 2012
A la National Portrait Gallery
St Martin's Place
Londres WC2H 0HE. Grande-Bretagne

Tél. : +44 (0) 20 7306 0055
Ouvert tous les jours de 10 h à 18 h, les mardis et vendredis jusqu'à 21 h

Puis du 2 juillet au 28 octobre 2012
Au Modern Art Museum of Fort Worth (Etats-Unis)


Jusqu’au 19 juillet 2010
Au Centre Pompidou
75191 Paris Cedex 04
Tél : 01 44 78 12 33
Tous les jours sauf le mardi de 11h à 21h


Visuels de haut en bas :
Affiche

Reflection with Two Children (Self-Portrait), 1965
Reflet avec deux enfants (autoportrait), 1965
Huile sur toile, 91 x 91cm
Madrid, Museo Thyssen-Bornemiska. Photo © José Loren,
Museo Thyssen-Bornemiska, Madrid © Lucian Freud

Painter’s Garden with Eli, 2006
[Le Jardin du peintre avec Eli]
Photographie - 56,5 x 75,8 cm
© David Dawson, courtesy of Hazlitt Holland-Hibbert, Londres

Working at Night, 2005
[Au travail la nuit]
Photographie - 56,7 x 76 cm
© David Dawson, courtesy of Hazlitt Holland-Hibbert, Londres

Large Interior, Notting Hill, 1998
Grand Intérieur, Notting Hill, 1998
Huile sur toile - 215,1 x 168,9 cm
Collection particulière
Photo John Riddy.
© Lucian Freud


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Les citations sont extraites du dossier de presse.

Cet article a été publié pour la première fois le 18 juillet 2010, puis les 12 mai 2012 et 15 novembre 2013. Il a été modifié le 16 février 2012.

1 commentaire:

  1. Merci, pour toutes ces explications précises.Un maître incontesté de son siècle.

    Merci véronique

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