mardi 1 août 2023

Dalida (1933-1987)

Née au Caire (Egypte), Dalida (1933-1987) était une chanteuse - Come prima, Gondolier, Les Enfants du Pirée, Itsi bitsi petit bikini, La Danse de Zorba, Les Grilles de ma maison,  Le Temps des fleurs, Darla dirladada, Paroles... Paroles... - duo avec Alain Delon -, Gigi l'amoroso, Il venait d'avoir 18 ans, Parle plus bas, Salma Ya Salama, Laissez-moi danser, Gigi in paradisco, Mourir sur scène et actrice italienne, naturalisée française, talentueuse et populaire. Arte diffusera le 4 août 2023 à 22 h 30 « Dalida et Orlando, les âmes sœurs » de François Chaumont, puis à 23 h 25 « Dalida - Ses plus grands tubes en quatre décennies » de Michael Leupold.


Iolanda Cristina Gigliotti, dite Dalida (1933-1987) est née dans une famille catholique italienne au Caire (Egypte) ; elle est la seule fille : Orlando (1930-1992) est son aîné et Bruno (né en 1936) le benjamin qui, comme manager de la carrière de Dalida, adoptera le prénom de son ainé. Son père Pietro Gigliotti est premier violon à l'Opéra du Caire. 

En 1934, un mauvais conseil d'un médecin rend Dalida atteinte d'un strabisme.

Durant la Deuxième Guerre mondiale, Pietro Gigliotti est interné dans le camp de Fayed, près du Caire, en Egypte, alliée du Royaume-Uni depuis 1936. Il est libéré en 1944, affaibli, aigri, violent. Il décède l'année suivante.

En 1954, élue Miss Egypte, elle tourne dans des films : Un verre, une cigarette de Niazi Mostafa, Le Masque de Toutankhamon de Marco de Gastyne... Sur les conseils de ce dernier, elle décide de tenter sa chance en France.

Elle arrive à Paris à l’hiver 1954. S'inspirant de "Dalila", elle décide de prendre comme nom d'artiste Dalida. Pour gagner sa vie, elle s'oriente vers une carrière de chanteuse, prend des cours de chant et est recrutée à la Villa d'Este. Elle fait la connaissance d'Alain Delon.

Le 9 avril 1956, à l’Olympia dirigé par Bruno Coquatrix, elle participe à l'émission de variétés, "Les Numéros un de demain". Elle est repérée par Eddie Barclay, producteur de disques qui a importé en France le disque microsillon en vogue aux États-Unis, et Lucien Morisse (1929-1970), né Lucien Trzesmienski dans une famille juive d'origine polonaise, talentueux directeur des programmes de la jeune radio Europe 1, découvreur de vedettes - Petula Clark, Michel Polnareff - et un Pygmalion qui l’épouse en 1961. Peu après le mariage, Dalida quitte son époux pour Jean Sobieski.

La chanteuse espagnole Gloria Lasso (1922-2005) - Etranger au Paradis (1955) - est une vedette. Eddie Barclay et Lucien Morisse décident de lancer une chanteuse "à accent", plus jeune : Dalida. D'abord, il convient de lui trouver un titre à succès pour que le public l'identifie, s'y attache et en fasse une vedette. Ce sera « Bambino », version française de la chanson napolitaine Guaglione (1956) destinée à l'origine à Gloria Lasso, mais Eddie Barclay et Lucien Morisse s'arrangent pour que Dalida enregistre son premier album, Son nom est Dalida (1957), avec ce titre en face A.

Lucien Morisse diffuse, voire matraque - système de la playlist - sur les ondes d'Europe 1, « Bambino » interprétée par Dalida. Un premier succès commercial - 300 000 exemplaires - d’un répertoire de plus de 700 chansons, en plusieurs langues, dans une carrière internationale couronnée par la vente de 120 millions de disques jusqu'à son décès en 1987 et 20 millions de 1987 à 2017.

Parmi ces titres, dont des "chansons de scène" magnifiées par un talent d'interprète excellant dans le registre dramatique, citons Come prima, Les Gitans, Gondolier, Les Enfants du Pirée, Itsi bitsi petit bikini, La Danse de Zorba, Bonsoir mon amour, Les Grilles de ma maison,  Le Temps des fleurs, Darla dirladada, Paroles... Paroles... - duo avec Alain Delon -, Gigi l'amoroso, Il venait d'avoir 18 ans, Parle plus bas, Salma Ya Salama, Laissez-moi danser, Gigi in paradisco et Mourir sur scène

Dalida a aussi chanté des chansons en hébreu, folkloriques : Hava Naguila et Inématov oumanaim.

Conseillée par ses proches, Dalida a su évoluer physiquement - chevelure éclaircie -, artistiquement, du yé yé au raï, du twist à la pop et le disco (J'attendrai, Bésame mucho). Suivant la mode, tout en restant fidèle à l'élégance, souvent signée Pierre Balmain. Alliant exigence, d'abord envers elle-même, et respect du public. 

Marquée par les destins tragiques de compagnons, dont le chanteur Luigi Tenco - déçu de n'avoir pas gagner le Prix au Festival de San Remo avec sa chanson Ciao amore, ciao (1967) - et Richard Chanfray, ainsi que sa stérilité consécutive à un avortement en Italie (1967), elle traverse des phases de dépression et tente de se suicider peu après la mort de Luigi Tenco. Après la tentative de suicide du chanteur israélien Mike Brant en 1974, Dalida lui apporte son soutien affectueux.

Une psychothérapie et la lecture, en particulier de Teilhard de Chardin et de Freud, lui apportent un réconfort.

En 1970, Dalida découvre grâce à son compagnon Arnaud Desjardins la philosophie orientale, et séjourne un mois par an dans un ashram du Bengale. 

En plus de grands paroliers - Dréjac, Delanoë, Lemesle, Michaële née à Alexandrie (Egypte) Jacqueline Mizrahi de Ferreiro, Brel, Gainsbourg -, elle oriente son répertoire vers des chansons fortes magnifiée par ses talents d'interprète et sa gravité : Avec le temps de Léo Ferré, Je suis malade de Serge Lama... Et en 1979, elle se lance dans un spectacle dansé et chanté dans une chorégraphie signée par Lester Wilson.

Un temps compagne de François Mitterrand, elle refuse d'être étiquetée politiquement, et subit une désaffection du public ainsi que de médias. Pour prouver son apolitisme, elle se fait photographier auprès de Jacques Chirac, leader de l'opposition. Elle soutient la cause des homosexuels, des radios libres...

Dalida se suicide peu après la sortie du film dramatique égyptien « Le Sixième Jour », film dramatique égyptien de Youssef Chahine (1986), adapté du roman éponyme d'Andrée Chedid (1960), et interprété notamment par Mohsen Mohieddin. Un rôle où Dalida apparaît sans maquillage, les cheveux cachés et un film bien accueilli par la critique...

Dans une lettre destinée à ses proches, Dalida écrit : « La vie m'est insupportable. Pardonnez-moi. » 

Son frère cadet Orlando est parvenu, grâce aux nouvelles technologies et à ses initiatives, à maintenir vivant le personnage de Dalida et son patrimoine artistique.

« Dalida et Orlando, les âmes sœurs »
« Summer of Brothers and Sisters », c’est « du 7 juillet au 20 août, chaque dimanche et vendredi à l'antenne, et à toute heure sur arte.tv, rendez-vous avec la crème des fratries. »

Arte diffusera, dans ce cadre, Arte diffusera le 4 août 2023 à 22 h 30 « Dalida et Orlando, les âmes sœurs » de François Chaumont.

« Si Dalida est restée au sommet tout au long de sa prolifique carrière, c'est aussi grâce à son frère, qui fut son protecteur et producteur. Avec le témoignage d'Orlando lui-même, ce documentaire raconte leur histoire, entre amour infini, succès et tragédies. »

« En un peu plus de trois décennies, Dalida a vendu 140 millions d'albums à travers le monde. »

« Derrière ce succès spectaculaire se cache un homme qui lui a consacré toute sa vie : son frère Orlando, de trois ans son cadet. »
 
« Nés Iolanda et Bruno Gigliotti, ils grandissent avec leur frère aîné au sein de la communauté italienne du Caire. »

« Devenue reine de beauté à 17 ans, la jeune femme fait quelques apparitions à l'écran avant de s'envoler pour Paris fin 1954. »

« Lors d'une audition à l'Olympia, elle est repérée par le producteur Eddie Barclay et le directeur d'Europe n° 1 Lucien Morisse, son futur mari, qui matraque ses chansons sur la station et la propulse à l'international... »

« Bruno, qui a tenté de marcher dans les pas de Dalida sous le pseudonyme d'Orlando, renonce bientôt à la scène pour devenir son directeur artistique, association qui les conduit à créer leur propre label. » 

« Forte de cette indépendance artistique et grâce au flair de son frère, Dalida s'est alors essayée à tous les styles, du raï au disco, enchaînant les tubes année après année... Mais ce triomphe est obscurci par des drames - la découverte de sa stérilité, puis les suicides successifs des hommes qui ont partagé sa vie. »

"Tu ne mourras jamais", promit Orlando à Dalida alors qu'elle venait à son tour d'attenter à ses jours, le 3 mai 1987. »

« Entre biopics, remixes et expositions, le fringant octogénaire déploie toujours toute son énergie pour faire vivre l'héritage de sa soeur adorée. »
 
« Mêlés à de riches archives et aux témoignages d'amis et de collaborateurs (l'ex-PDG d'Universal Pascal Nègre, Amanda Lear, l'ancien maire de Paris Bertrand Delanoë...), ses souvenirs recomposent la trajectoire de la chanteuse, entre joies et tragédies, et éclairent la relation fusionnelle qu'il continue d'entretenir avec celle dont il dit qu'elle aurait pu être sa jumelle. »


« Dalida - Ses plus grands tubes en quatre décennies »
Arte diffusera le 4 août 2023 à 23 h 25 « Dalida - Ses plus grands tubes en quatre décennies », documentaire de Michael Leupold.

« Entre clips vintage ("Come Prima") et prestations télévisées tout en paillettes ("Laissez-moi danser"), une délicieuse compilation de dix-huit des plus grands succès de la diva. »

« De la fin des années 1950 à sa disparition en 1987, Dalida aura laissé d'innombrables témoignages filmés de ses prestations, issues d'un répertoire de plus de sept cents chansons interprétées en plusieurs langues. »

« Elles se découvrent et se redécouvrent avec un plaisir nostalgique : les vidéoclips en noir et blanc de ses suaves premiers succès, "Gondolier" (1957) et "Come Prima" (1958), laissent place, dès la fin des années 1960, à d'extravagants shows télévisés tout en paillettes ». 

« De "Salma ya Salama", air traditionnel égyptien, au "Lambeth Walk", qui revisite un succès swing des années 1930, en passant par la performance délicieusement kitsch de "Laissez-moi danser", sorti au plus fort de la vague disco, Dalida s'essaiera à tous les styles. »

« Les dix-huit tubes ici réunis se dégustent comme autant de bonbons acidulés, parmi lesquels se cachent quelques trésors, à l'image des versions allemandes d'"Il venait d'avoir dix-huit ans" ou du "Jour où la pluie viendra", son plus grand succès outre-Rhin. »


« Dalida et Orlando, les âmes sœurs » de François Chaumont
France, 2023, 53 mn
Coproduction : ARTE GEIE, ITV Studios France
Sur Arte les 4 août 2023 à 22 h 30, 06 août 2023 à 15 h 35, 27 août 2023 à 20 h 05
Sur arte.tv du 28/07/2023 au 01/11/2023
Visuels : © Getty Images, © DR

Allemagne, 2023, 59 mn
Production : SWR/ARTE
Sur Arte les 4 août 2023 à 23 h 25, 06 août 2023 à 16 h 30, 24 août 2023 à 6 h 10
Sur arte.tv du 04/08/2023 au 01/11/2023
Visuels : © SWR

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