jeudi 13 juin 2019

Mon interview par Radio Chalom Nitsan le 13 juin 2019



J'ai été interviewée sur Radio Chalom Nitsan le 13 juin 2019 de 16 h à 16 h 30, dans le cadre d'Israël d'hier et d'aujourd'hui animée notamment par José Gimenez et André Barmo'ha. J’évoquais le livre « La France sans les juifs. Emancipation, extermination, expulsion » de Danny Trom, le « gouvernement des juges » qui est par essence anti-démocratique, anti-républicain, anti-judaïque, anti-juif et anti-chrétien, puis des fonctionnaires problématiques de la Direction des impôts en parlant d'un « département-qui-n-existe-pas » à Bercy et qui traquerait les transactions de Français juifs vers l'Etat d'Israël et d'olim. L'interview est disponible en podcast sur le site Internet de la radioLe 20 juin 2019, à 20 h, l'Espace Rachi accueillera "la conférence exceptionnelle "Hors d'Israël, point de salut ?avec notamment Danny Trom.

Mon interview par Radio Chalom Nitsan du 25 mars 2010
Mon interview sur Radio Chalom Nitsan le 31 mai 2018 
Mon interview sur Radio Chalom Nitsan le 13 juin 2019


Depuis 2000, la condition juive française s'est dramatiquement délitée, les déclins de la France s'aggravent et la crise de la démocratie s'approfondit.

Pire, le spectre de la guerre civile est évoquée par des journalistes - Yvan Rioufol, Eric Zemmour - et de hauts personnages de l'Etat.


« Qu'il y ait un problème avec l'islam, c'est vrai. Nul n'en doute... Comment peut-on éviter la partition [de la France, Ndr] ? Car c'est quand même ça qui est en train de se produire : la partition », a confié François Hollande, alors Président de la République, aux journalistes du MondeGérard Davet et Fabrice Lhomme, dans leur livre d'entretiens « Un président ne devrait pas dire ça » (Stock, 2016). 

Et le 3 octobre 2018, lors de la passation de pouvoir entre Gérard Collomb, alors ministre de l'Intérieur, et Edouard Philippe, le ministre de l'Intérieur démissionnaire a souhaité faire passer un message lourd de sens au Premier ministre qui assurera l'intérim. Gérard Collomb a en effet parlé de la situation «très dégradée» dans les quartiers sensibles et réclamé une «vision d'ensemble pour recréer de la mixité sociale» : «Aujourd'hui, on vite côte à côte... Je crains que demain on vive face à face ».

Dans cette perspective effrayante, la recherche de boucs-émissaires visera les Juifs. Dans une France future divisée entre "zones soumises à la sharia" et "zones régies par la Constitution de 1958", l'avenir des Juifs présenterait une triple possibilité : l'assimilation, donc la fin de l'identité juive, le "marranisme" et la dhimmitude.

A RCN qui soulignait la faiblesse quantitative des Français juifs, j'ai répondu que cela avait toujours été le cas - à noter les « royaumes juifs » de l’empire d’Occident au Moyen-âge, avec Rouen, Narbonne, sur la Méditerranée, et Mayence, sur le Rhin -, que les Juifs ont puissamment contribué à l'Histoire de la France, et que les dirigeants communautaires commettent une faute en n'allant pas sur le registre symbolique. Dans certains arrondissements parisiens le "vote juif" lors des élections municipales peut faire changer la majorité au Conseil de Paris. Au début des années 2000, après avoir nié, puis minoré la recrudescence du nombre d'actes antisémites, le pouvoir politique - alors le Président de la République Jacques Chirac et le Premier ministre socialiste Lionel Jospin -, ont obtenu que des célébrités juives françaises publiquement rassurent leurs coreligionnaires américains inquiets sur leur sort en soulignant que les autorités politiques nationales étaient déterminées à lutter contre l'antisémitisme. Comment imaginer que la France de la Ve République devienne Jüdenrein, ce que n'a pas obtenu Hitler ? Quels gouvernants pourraient admettre qu'à leur bilan figure l'exil des Juifs ?

J'ai ajouté que dénommer les Français Juifs des "Juifs de France" signifie les dénaturaliser, les réduire à être une communauté parmi d'autres, à supprimer la Nation. Quelle régression dangereuse !

« La France sans les juifs. Emancipation, extermination, expulsion » de Danny Trom
Qui aurait pu croire voici vingt ans qu'un essai portant un tel titre serait publié  ? Et que ses analyses et constats seraient discutés sans susciter l'incrédulité ?

Chercheur au CNRS, se situant au carrefour de la sociologie et de la science politique, Danny Trom étudie dans « La France sans les juifs. Emancipation, extermination, expulsion » les raisons de l’émigration juive d’Europe, notamment de France, dans le cadre de la construction européenne délitant des Etats-nations souverains et vitupérant la politique de l’Etat d’Israël, ainsi que dans l’indifférence, voire le soulagement général. Un angle d'analyse largement inédit.

Avec la monarchie, les juifs ont scellé une alliance centrée sur leur sécurité assurée par le pouvoir politique. Avec la Révolution française, et la République, une nouvelle transaction est imposée aux juifs qui l’acceptent : « leur dépolitisation ou neutralisation en tant que peuple en échange de la citoyenneté conférée à chaque individu juif » et d'une sécurité assurée.

C’est sur ce terreau d’un Etat-nation souverain que les citoyens Israélites, puis Français juifs se sont enracinés. Mais ce terreau a subi des secousses profondes - détestation par des élites de l'Etat-nation, haine de soi associée à une repentance d'une France sélective dans ses mea culpa, récusation des racines judéo-chrétiennes de l'Europe, etc. - qui ont influé négativement sur la condition juive. Et on assiste à un effondrement de la condition juive et à l'effacement des Juifs du récit national en France, et leur marginalisation dans l'ensemble de l'Europe.

Les « juifs importent en Europe en tant qu’ils ont disparu et parce que leur destruction a été une condition de l’édification de l’Europe. Après l’épisode nazi et la collaboration d’Etat en France, la défiance à l’égard de l’Etat moderne… prit résolument le dessus. La construction européenne vint signer le début de la fin de l’Etat-nation souverain et aucune instance crédible ne vient s’y substituer pour fonder une nouvelle alliance. Il n’est dans la nature ni dans le pouvoir d’une technostructure [européenne] d’accorder ce genre de protection ». Katharina von Schnurbein, coordinatrice européenne chargée de la lutte contre l'antisémitisme, serait-elle un leurre à l'égard de dirigeants communautaires désemparés ?

Dans ce cadre, l’attachement des juifs européens, en particulier français, à l’Etat d’Israël comme Etat-nation, semble un « anachronisme décevant pour les porteurs d’une Europe illimitée » géographiquement, une « pratique unilatérale déclarée révolue... Que le scandale cesse et l’esprit de l’Europe parviendra à sa complétude, pensent-ils ». Alors pourquoi ce soutien de l'Union européenne (UE) à la création d'un "Etat palestinien" ? Parce que cet Etat terroriste détruirait l'Etat-nation Juif ?

Et l’auteur s’interroge : s’achemine-t-on vers « l’ère de l’émancipation de la France des juifs ? Une émigration de masse ». Ce départ suscite une indifférence, « un soulagement maladroitement dissimulé ».

Ce sociologue et politologue démonte la « fable de la construction européenne » visant à « bâtir un Empire prospère, mais pacifique… L’Europe s’édifie sur le consentement et la paix, dit la fable. En réalité, elle s’édifie d’abord sur la défaite et sur le crime », c'est-à-dire la Shoah. 

Mais Danny Trom n’évoque pas ce que doit l’Union européenne aux « cercles intellectuels et politiques issus de la Révolution nationale » analysés par Antonin Cohen, à ces "pères fondateurs" admirateurs de régimes autoritaires ou attentistes (Robert Schuman et Jean Monnet) ainsi que de juristes sous le IIIe Reich d’Hitler (Walter Hallstein, premier président de la Commission de la Communauté économique européenne) ou Eurabia décrit par l’essayiste Bat Ye’or.

Le 20 juin 2019, à 20 h, l'Espace Rachi accueillera "la conférence exceptionnelle "Hors d'Israël, point de salut ?avec Danny Trom, checheur en sociologie politique au CNRS et à l'EHESS, auteur des livres " Persévérance du fait juif" (Seuil, EHESS, Gallimard), excellent ouvrage où l'auteur fait une théorie politique de la survie du peuple juif à partir de la Méguila Esther, et "La France sans les Juifs" (PUF) où le titre est assez explicite. Le Rav Julien Darmon, chercheur en sociologie politique et auteur de "L'Esprit de la kabbale" (Albin Michel), viendra étayer ce que nous disent les textes millénaires. Avishag Zafrani, philosophe, auteure de "Le défi du nihilisme, Ernst Bloch et Hans Jonas" (Hermann), la finesse de son esprit de synthèse mettra en lumière les divergences entre nos deux intervenants. Une conférence organisée par POL'ETHIQUE à l’occasion de la parution du quatrième numéro de la revue de pensée juive L’Éclaireur édité par les EEIF et avec le soutien de NOE pour la jeunesse.

 "Y a t-il encore une solution politique juive pour les juifs en France et plus largement en diaspora ? Que nous dit la tradition sur le fait de vivre en diaspora? Est-elle encouragée ou bien sceptique ? Le sionisme politique et la naissance de l’Etat d’Israël donnent l’impression d’un réinvestissement moderne du politique par le peuple juif, après une longue éclipse remontant aux débuts de l’exil. Cette vision oublie qu’il existe bel et bien une pensée et une pratique politiques ininterrompues, notamment théorisées dans les commentaires traditionnels du Livre d’Esther. Mais alors, l’Etat hébreu rompt-il avec la conception traditionnelle du pouvoir ou en est-il le prolongement ?"

"Par ailleurs, la naissance d’Israël et le fait qu’un Juif sur deux y réside aujourd’hui a induit une sorte de prédominance reléguant la diaspora à un « réservoir » d’immigrants potentiels. Or le peuple juif dans son ensemble n’a-t-il pas tout à perdre si la diaspora renonce à jouer un rôle actif dans le devenir de l’être juif ? Comment la pensée juive appréhende le politique et comment repenser les relations entre Israël et la diaspora."

« Gouvernement des juges » 
Les juges doivent statuer en appliquant le droit. Quand ils s'affranchissent de ce devoir et statuent selon leurs préjugés, leur perception du litige ou des parties, voire selon leurs intérêts ou idéologies, ils agissent en "gouvernement des juges".

Faits méconnus, qui semblent n'avoir pas été assez analysés : c'est la France de la IIIe République qui a spolié et durablement diffamé le génial producteur cinématographique Bernard Natan (1886-1942), pionnier qui a créé un empire médiatique dans les années 1930. Et c'est la France de la Ve République qui a spolié les Juifs Français depuis le début de l'Intifada II.

Des "Juifs de France", pour reprendre la terminologie officielle et erronée - il s'agit de jure et de facto de Français Juifs -, sont spoliés par l'institution judiciaire française, et ce "au nom du peuple français" : propriétaires de biens immobiliers en Allemagne (Monica Waitzfelder) et en France (Eva Tanger), spécialiste en médecine nucléaire et détenteur d'actions dans des sociétés (Dr Lionel Krief)... Et la liste est loin d'être complète ou close. 

J'invite les Internautes à signer la pétition "LA FRANCE DOIT CESSER DE RUINER SES JUIFS STOP RUIN OF FRENCH JEWS" qui au 13 juin 2019 a recueilli 2975 signatures.

Sans ces magistrats, agents publics rémunérés par l'Etat et formés à l'Ecole nationale de la magistrature (ENM) - les sessions de formation sur le racisme prodigués depuis plus de dix ans par la Commission nationale consultative des droits de l'Homme (CNCDH) et celles sur l'antisémitisme par le Mémorial de la Shoah s'avèrent insuffisants ou inadéquats à l'ENM -, aucun ennemi des Juifs ne pourrait légalement les ruiner ou les spolier. L'instrumentalisation de la justice à des fins privées représente un coût élevé pour les contribuables : encombrement de la justice par des procédures, etc. Et un manque-à-gagner pour l'Etat : au lieu de louer leurs biens, ce qui générerait des rentrées fiscales pour l'Etat et du travail pour les entreprises du bâtiment, des Français juifs sont englués par des procès ruineux, chronophages, psychologiquement éreintant.

En laissant la place au "gouvernement des juges", la justice française est devenue aléatoire, source d'insécurité juridique, car des magistrats s'abstiennent de respecter le droit. Ainsi, la disparition progressive du droit d'auteur, au fil de jurisprudences destructrices, dans le pays de Beaumarchais et de Hugo, s'avère emblématique de l'avènement du "gouvernement des juges". A la loi, règle de droit juridiquement obligatoire, ce "gouvernement des juges" a substitué son bon vouloir, ses préjugés, sa perversité en condamnant l'innocent réclamant ses droits et en récompensant celui qui les a violés... N'est pas le roi Salomon qui veut, ce roi qui implora Dieu ; "Donne donc à ton serviteur un cœur qui écoute, pour juger ton peuple, pour discerner entre le bien et le mal".

Se souvenant de la fronde des Parlements, cours suprêmes, sous l'Ancien Régime, et notamment au XVIIIe siècle, les auteurs de la Constitution de 1958 ont reconnu non pas un "pouvoir judiciaire", mais une "autorité judiciaire" (Titre VIII).

Au fil des décennies depuis l'avènement de la Ve République, parallèlement à la contestation de "l'autorité" (professeur, policier), cette "autorité judiciaire" s'est en partie affirmée en un pouvoir au-dessus des lois, voire au-dessus des traités internationaux.


Le "gouvernement des juges" n'est contrôlé par aucun (contre-)pouvoir. Les réformes lancées par les gouvernements successifs ont visé par exemple la "carte judiciaire", mais non à limiter ce "gouvernement des juges" attentatoire à la démocratie et à des éléments de la devise républicaine : l'égalité et la liberté.

A cet égard, est significatif le scandale du "Mur des cons", panneau constitué de photographies de personnalités, dont le père d'une victime assassinée, découvert dans les locaux du Syndicat national de la magistrature (SNM), au sein d'un bâtiment du ministère de la Justice, par le journaliste Clément Weill-Raynal en 2013. Un scandale suivi d'aucune sanction, hormis celle du journaliste ayant révélé ce "Mur des cons".

Des magistrats "dhimmitisent" les Juifs, leur refusant le droit à un procès équitable : pas de respect des droits de la défense, dénaturation des conclusions et des pièces. En clair, des magistrats déforment les conclusions des justiciables Français Juifs pour "expliquer" leur condamnation sévère, inique. Loin d'être impartial et de juger en droit et en fait, ils deviennent alliés des ennemis des Juifs et imposent "le fait du prince", l'aléa au lieu de la loi, le règne de l'anomie. Pourquoi cette absence de respect pour la loi, pour le Code listant les articles des lois en vigueur ?

Ce "gouvernement des juges" s'avère par essence anti-républicain - l'égalité devant la loi et la justice est une déclinaison de la devise de la République "Liberté/Egalité/Fraternité" -, antidémocratique - ce "gouvernement des juges", composé d'agents publics rémunérés par l'Etat, s'impose sans fondement juridique, sans légitimité, au-dessus des membres élus du Parlement -, anti-judaïque - le judaïsme est caractérisé notamment par le respect des commandements (mitzvot, en hébreu) -, antijuif - les juifs forment le peuple respectueux de la Loi - et christianophobe.

En effet, ce "gouvernement des juges" se développe en opposition à la Loi et à ceux qui ont accepté ce respect à l'égard de la Loi, éprouvent un profond souci et un sincère attachement à la justice (tsedek, en hébreu). Le vocable tsedek figure souvent dans les noms de synagogues ou est inscrit dans la salle de prières.

Ainsi, dans la Bible, Dieu, dénommé aussi l’Éternel, Adonaï, ou HaChem, a gravé, sur le mont Sinaï, le Décalogue sur les Tables de la Loi, tables en pierre. Ce Décalogue, ou Dix Commandements, constitue une alliance entre L’Eternel et les Hébreux/peuple d'Israël. Et bien plus, car il a été intégré dans le christianisme et le droit positif de la plupart des pays. "Les Hébreux ont plus fait pour civiliser les hommes que toute autre nation (The Hebrews have done more to civilize men than any other nation)", a déclaré John Adams (1735-1826), deuxième président des Etats-Unis.

Ce "gouvernement des juges" se révèle aussi christianophobe car le christianisme d'une part a intégré la Bible hébraïque et, d'autre part, a joué un rôle fondamental, incontournable, essentiel dans l'Histoire de France. Or, ce "gouvernement des juges" ne peut élargir sa sphère d'influence, affermir sa puissance qu'en "faisant du passé table rase", qu'en rejetant la Loi et ses fondements ou composants historiques, moraux, etc. Un passé également juif en France. C'est donc un combat existentiel qu'il mène.

Alors, me direz-vous ce "gouvernement des juges" est composé de magistrats de diverses religions, et un certain nombre d'entre eux n'ont pas eu d'éducation religieuse, sont athées, agnostiques, etc. Certes, mais dans leur (in)conscient, dans leur cerveau, tous savent que le respect de la loi à appliquer découle de celui de la Loi gravée sur les Tables de la Loi qui ont nourri tant de droits nationaux. Ce qui est aussi symboliquement très puissant. De nombreux œuvres picturales ou cinématographiques ont évoqué les Tables de la Loi. Est-ce un hasard si c'est un journaliste français juif, Clément Weill-Raynal, qui a révélé le "Mur des cons" , ou une journaliste française juive qui l'a analysé ?

Perméable à l'air du temps, ce "gouvernement des juges" veut se débarrasser de sa dette à la valeur inestimable à l'égard des apports en droit des civilisations grecque et romaine (jus ou ius latin), du judaïsme et du christianisme. Exeunt Athènes, Rome, Jérusalem et Byzance/Constantinople ! Sans ces civilisations qui ont policé les relations entre êtres humains, affiné la pensée par des concepts, la France tombera dans la barbarie.

Ce "gouvernement des juges" cible particulièrement ceux qui se revendiquent de l'Alliance avec Dieu, et notamment les Juifs, ce peuple si attaché aux Tables de la Loi et si respectueux de la Loi. "Dina de Malkhouta Dina" (« La loi du royaume a force de loi »), dit le Talmud. Ces Juifs qui sont les plus ardents défenseurs de la démocratie, de la devise de la République "Liberté Egalité Fraternité", et notamment de l'égalité de tous devant la Loi, ne peuvent que s'indigner du "Bon vouloir", de l'aléa pervers induit par ce "gouvernement des juges". Ce dont le "gouvernement des juges" a une conscience aiguë. Ses jugements condamnant injustement des justiciables juifs me font penser à des "crimes juridictionnels".

Ce faisant, ce "gouvernement des juges" est d'autant plus et mieux toléré par les "élites" françaises qu'il rejette les racines juives et chrétiennes de la France, et leur apport civilisationnel. Ainsi, Jacques Chirac, alors Président de la République, et Valéry Giscard d'Estaing, ancien Président de la République, ont refusé que la Convention européenne mentionne les racines chrétiennes de l'Union européenne.

Ainsi, des documents établis par la partie non Juive - Syndicat de copropriétaires, sociétés, huissier de justice, administrateur judiciaire, etc. - sont pris en compte pour accueillir les demandes de cette partie, alors qu'ils sont sciemment faussés. Et on peut s'interroger : des juges lisent-ils les conclusions et pièces versées aux débats par les parties juives ? Pourquoi les procureurs, informés de ces faits, demeurent-ils inactifs ?

Pour bien faire comprendre à des Juifs impudents, osant réclamer l'application du droit, qu'ils ne sont pas des justiciables français comme les autres, des magistrats bâclent leur arrêt par des phrases sans sens. Les condamnations au titre de l'article 700 du Code de procédure civile - indemnisation des frais judiciaires, en première instance et en appel, de la partie gagnant entièrement ou partiellement le procès - ? Elles se traduisent généralement pour des justiciables non Juifs - locataire, copropriétaire, banque, etc. - par une somme à payer par la partie perdant, en partie ou totalement le procès, allant de 4 000 € à 5 000 €. Or, une Cour d'appel a condamné un copropriétaire Français Juif, percevant le RSA et ayant obtenu l'aide juridictionnelle totale, a verser 6 000 € au Syndicat et à son syndic, et à Eva Tanger, copropriétaire Française Juive, à 20 000 € ! Mais, et c'était bien connu de Youssouf Fofana, "les Juifs ont de l'argent"...

Il est donc profitable, et sans risque, pour des Syndicats de copropriétaires d'assigner un copropriétaire français Juif en justice en lui réclamant de prétendues "charges impayées" : les magistrats n'acceptent qu’exceptionnellement de désigner un expert judiciaire pour vérifier les comptes du Syndicat. Et encore, des experts judiciaires s'avèrent problématiques. Ainsi, certains comptes d'un syndic et expert judiciaire ont été considérés comme "injustifiés" par un Tribunal de Grande instance. Mais curieusement, la Cour d'appel les a ensuite validés sans argumenter. Et la Cour de cassation a confirmé l'arrêt curieux de cette Cour !

Un Syndicat de copropriétaires peut s'enrichir aisément par ces procédures judiciaires : par le versement de sommes déjà payées par des copropriétaires Français Juifs, par des dommages et intérêts injustifiés, par l'indemnisation exagérée de ses frais judiciaires, par l'inscription d'une hypothèque sur les lots de ces copropriétaires, par des saisies bancaires, par la vente de leurs lots, par l'éventuel rachat de ces lots à prix bradés et en réalisant une juteuse plus-value, etc. Quant à son syndic, il perçoit en particulier des vacations sur le suivi judiciaire qui accroissent le montant de sa rémunération annuelle et il s'assure de garder ce Syndicat dans son porte-feuille de clients. Ce gestionnaire de biens a la faculté aussi de racheter ces lots en engrangeant un profit conséquent.

Ce faisant ces Syndicats et leurs syndics spoliateurs empêchent des Français Juifs de jouir d'une vie tranquille et bien méritée. Hasard ? Volonté d'éviter l'accusation d'antisémitisme ? Les spoliateurs choisissent souvent des avocats juifs lors des procédures judiciaires contre des Juifs.

Après les copropriétaires juifs spoliés ou/et ruinés, les locataires juifs ? Oui, vraisemblablement.

Et ce sont d'autres magistrats qui ont longtemps relaxé Dieudonné poursuivi pour incitation à la haine anti-juive. Ce sont aussi des fonctionnaires qui ont "oublié" pendant des années de réclamer à Dieudonné M'Bala M'Bala les montants élevés d'amendes auxquels des magistrats l'avaient finalement condamné.

Le 27 février 2018, après la deuxième audition de Kobili Traore, assassin de Sarah Halimi, la juge d'instruction Anne Ihuellou a retenu le caractère antisémite du meurtre comme circonstance aggravante. Francis Kalifat, président du CRIF, s'en est réjoui. On peut raisonnablement tempérer cette satisfaction induite par une décision tardive et partielle de la juge Anne Ihuellou. En effet, la juge Anne Ihuellou a défié le parquet pendant près de six mois. Et le droit pendant plus de dix mois. Pourquoi ?  Finalement, la juge a admis la circonstance aggravante d'antisémitisme, mais pas la séquestration et les tortures. Un tiers de victoire. La juge d'instruction a concédé in fine un des trois motifs réclamés depuis le printemps 2017. Peut-être pour éviter que son ordonnance soit infirmée par la Cour. Et peu avant le dîner annuel du CRIF en présence du Président de la République Emmanuel Macron.

C'est aussi la justice française qui a relaxé Alain Soral poursuivi pour avoir publié sur Internet un dessin considéré comme antisémite montrant Emmanuel Macron manipulé par des Juifs puissants, comme un Rothschild.

C'est le parquet qui a poursuivi l'historien Georges Bensoussan, co-auteur des Territoires perdus de la République et responsable éditorial au Mémorial de la Shoah, et a interjeté appel de sa relaxe. Le 10 octobre 2015, lors de l'émission « Répliques » d'Alain Finkielkraut sur France Culture, cet historien avait déclaré : « Aujourd’hui nous sommes en présence d’un autre peuple [les personnes de culture arabo-musulmane-Ndlr] au sein de la nation française, qui fait régresser un certain nombre de valeurs démocratiques qui nous ont portés. Il n’y aura pas d’intégration tant qu’on ne se sera pas débarrassé de cet antisémitisme atavique qui est tu, comme un secret... Il se trouve qu’un sociologue algérien, Smaïn Laacher, d’un très grand courage, vient de dire dans le film qui passera sur France 3 : c’est une honte que de maintenir ce tabou, à savoir que dans les familles arabes, en France, et tout le monde le sait mais personne ne veut le dire, l’antisémitisme, on le tète avec le lait de la mère ». Des pétitionnaires dont Alain Gresh et Shlomo Sand, ont dénoncé sur Mediapart ces propos qualifiés de « racistes » et d’« islamophobes », et ont demandé au Mémorial de la Shoah de se distancer de son responsable éditorial. Le sociologue français d'origine algérienne, Smaïn Laacher, a porté plainte contre Georges Bensoussan en lui reprochant de l’avoir diffamé. Il retira "cette plainte en février 2016, sans négociation ni contrepartie". En mars 2016, le Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF) a signalé ces propos au parquet pour « trouble à l'ordre public », c’est-à-dire ici « incitation à la haine raciale ».

En octobre 2016 il donnait suite à ce signalement alors que le CCIF ne remplissait pas les conditions légales pour ester en justice. Alors que des parties civiles, dont la LICRA et SOS Racisme, décidaient de ne pas interjeter appel, le parquet a interjeté appel et le procès s'est ouvert en mars 2018 devant la Cour d'appel de Paris. Ainsi, comme des Présidents ou ministres, le parquet sanctuarisait l'islam, feignait d'ignorer la nature des perceptions des Juifs dans l'islam. Le 24 mai 2018, la Cour d'appel de Paris a relaxé Georges Bensoussan des accusations d'incitation à la haine raciale, mais sans lui accorder le moindre dommage et intérêt. Le CCIF s'est pourvu en cassation. L'historien était aussi poursuivi par le « Comité de soutien O sans papiers ». Retraité, Georges Bensoussan n'a pas été reconduit en mars 2018 dans sa fonction, notamment de formateur, au Mémorial de la Shoah où il travaillait depuis 23 ans.

Des fonctionnaires problématiques de la Direction des impôts

Dans un article, j'analysais plusieurs affaires impliquant des contribuables juifs français, notamment le Dr Lionel Krief, qui devait payer des impôts sur des revenus non perçus.

Une autre affaire grave est passée quasi-inaperçue. Le 28 décembre 2017, le journal israélien Globes publiait deux articles-scoops – « Exclusive: France sets up tax dept to investigate Jews », puis « Tax lawyers: French procedure discriminates against Jews » signés par Ela Levi-Weinrib.

Globes y affirmait la création par Bercy d’un département secret chargé d’enquêter sur l’évasion fiscale de Français juifs ou de récents olim (Juifs ayant immigré en Israël, Nda) de France. Selon ce journal économique réputé pour son sérieux, le département emploierait vingt Français comprenant l’hébreu, et allait en recruter cinq autres pour enquêter sur des cas d’évasion fiscale de Français juifs et de nouveaux olim.

Globes évoquait des témoins, citait deux avocats. Pourquoi auraient-ils menti ? Il est conseillé de recourir à un avocat pour sécuriser un achat en Israël.

Sur Judaïques FM, radio de la fréquence juive francilienne, le rabbin Gabriel Farhi exprimait son inquiétude et s’enquérait sur l’éventuelle déclaration de ce fichier à la CNIL (Commission nationale de l'informatique et des libertés).

Des institutions juives françaises ont exprimé leur indignation.

Le 29 décembre 2017, la DGFIP (direction générale des Finances publiques) a publié un démenti récusant « de la manière la plus catégorique » l’affirmation sur la création d’un « département français qui serait spécialisé dans les Juifs français ». Et d’ironiser sur le 13e étage où serait situé ce département dans un immeuble à… neuf étages. Bref, une « fake news » selon la DGFIP.

L’ambassade de France en Israël a aussi nié l’existence d’un tel département.

Les organisations et les médias juifs français, ainsi que le député Meyer Habib, élu UDI (Union des démocrates, radicaux et libéraux)-Agir et indépendants de la 8e circonscription des Français établis hors de France – une circonscription incluant l’Etat d’Israël -, se sont satisfaits de ce démenti. Pourquoi ?  Cet édile multiplie pourtant les questions au ministre de l’Economie sur la fiscalité.

Aucun média français, français, communautaire ou non, ou israélien n’a demandé à ses correspondants en Israël d’enquêter. Pourquoi ?

Fermez le ban ! Y’a rien à voir !?

Globes a gardé ses articles sur son site Internet. Ce qui prouve sa certitude quant aux informations publiées.

En outre, ce « département » fiscal d’investigation ciblée serait une spécificité française, dans une république démocratique refusant les fichiers ethniques ou/et religieux. Ce qui s’avère fâcheux est l’apparition en filigrane du stéréotype du Juif riche. Le même cliché qui a inspiré les spoliations des Juifs et a tué Ilan Halimi.

Ce « département » fiscal d’investigation ciblant les Juifs révélerait un antisémitisme d'Etat, une discrimination en fonction de la religion des contribuables.

J’ai interrogé via Internet la journaliste Ela Levi-Weinrib et les deux avocats cités par Globes.

Seul, Me Itay Bracha a répondu par courrier électronique, le 27 juillet 2018, à mes questions :
« Je suis sûr [que ce Département existe]. Je pense que ce Département est très mauvais pour la communauté juive en France. Et je pense que c’est même un peu raciste. Je n’ai pas rencontré des employés travaillant dans ce Département, mais deux de mes clients l’ont fait. Et un avocat avec qui je travaillais y était. Je sais que la France a nié cela. Mais si vous prêtez attention, vous remarquerez que la France n’a pas nié l’activité que nous avions mentionnée (qu’elle cherche les Français juifs qui ont des biens immobiliers en Israël et qu’elle contrôle des documents israéliens sur ces biens). Elle a seulement nié l’existence de ce Département en tant que département distinct. C’est très significatif. Et je peux vous dire qu’après ce déni, Globes a vérifié en France et une source très haut placée a confirmé ses révélations. Mais cette source a dit que c’est plus compliqué et quelle ne peut pas expliquer. Je pense que ce Département est mauvais et dangereux pour la communauté juive française. Cela ne sent pas bon ».
J’ai demandé à cet avocat à interviewer ces deux clients. La réponse de Me Itay Bracha : « Mon client ne vous répondra pas. Par peur. »

Quel est l’objectif de ce « département-qui-n-existe-pas » - depuis quand ? - en plus de récupérer de l’argent et d’assurer le respect de la loi ? Fustiger des « Juifs de France » comme « mauvais-citoyens-qui-ont-des-fortunes-planquées-en-Israël » ? Jeter la suspicion sur l’origine de leur argent ? Renflouer les caisses d’un Etat dont la dette publique frôle les 100% et est en voie de tiers-mondisation et partition ?

Le 11 novembre 2018, sur Capital sur M6, Gérald Darmanin, ministre de l'Action et des Comptes publics, a annoncé que, dans le cadre de la traque de la fraude fiscale, le fisc surveillera des profils dans les réseaux sociaux - Facebook, Twitter, Instagram - dès 2019 : "Il y aura la permissivité de constater que si vous vous faites prendre en photo (...) de nombreuses fois, avec une voiture de luxe alors que vous n'avez pas les moyens de le faire, peut-être que c'est votre cousin ou votre copine qui vous l'a prêtée, ou peut-être pas." En résumé : le fisc va "analyser les publications sur les réseaux sociaux pour pointer d’éventuelles discordances avec les déclarations fiscales". 

Et Gérald Darmanin de préciser sur Facebook : "j’ai annoncé sur @M6 que le fisc allait expérimenter l’utilisation de données publiques issues des réseaux sociaux, notamment pour identifier des contribuables se déclarant faussement non résidents en France." Des Internautes ont commenté ce post en soulignant que les grandes entreprises ou les grandes fortunes n'avaient pas de comptes sur les réseaux sociaux ou  pratiquaient l'optimisation fiscale légale. Alors quels "non résidents en France" Gérald Darmanin va-t-il traquer ? Ceux qui viennent en France pour percevoir des aides sociales ou "la racaille, les délinquants qui roulent avec des voitures à 80 000 €", persiflent des Internautes ? Les Français Juifs de "l’aliyah-Boeing" ?

"La Direction générale des finances publiques (DGFIP) a déjà en sa possession beaucoup de données, comptes bancaires, numéros de téléphone, factures, réservations... Les éléments publiés sur les réseaux sociaux viendront s'ajouter à cette liste", a indiqué le cabinet du ministre.

Cette expérimentation s'inscrit "dans la loi contre la fraude fiscale. Celle-ci prévoit aussi la création d’une police fiscale qui dépendra directement de Bercy et qui aura autant de pouvoir de police (écoutes, filatures, gardes à vue, etc.) que les douanes".

Interrogée, la CNIL a confirmé qu’elle « n’a pas à ce stade été saisie officiellement » par Bercy. Néanmoins, elle tient à rappeler qu’ « une base légale claire et explicite est en tout état de cause nécessaire ». Un message adressé à Bercy qui sera ainsi bien inspiré de la saisir comme ce fut fait en 2017 à l’occasion de l’extension du « data mining » sur des dizaines de fichiers déjà à disposition des services. La commission précise par ailleurs que « le fait que les données soient accessibles publiquement ne leur ôte pas leur caractère de données personnelles et l’exigence de protection de la vie privée s’applique ». Sur ce point, si « la lutte contre la fraude constitue en soi un objectif légitime, […] un projet de ce type soulève, par nature, d’importantes questions de proportionnalité compte tenu de son caractère intrusif dans la vie privée des personnes et du caractère potentiellement massif de la collecte ». Et l’autorité de s’interroger sur le « périmètre des sources ouvertes concernées », les types de fraudes visés, la liste des agents habilités à procéder à cette collecte, outre les durées de conservation des informations glanées sur les profils publics." 

Curieusement, le procureur ne s’est pas saisi de cette affaire révélée par Globes et nul ne lui a demandé d’enquêter sur les affirmations de Globes, sur une éventuelle instrumentalisation politique d’une administration régie par les principes d’égalité et de neutralité du service public.

Pourtant, le 19 juillet 2018, Alexandre Benalla a « fait l'objet d'une enquête préliminaire ouverte après la diffusion de la vidéo [le 18 juillet 2018] par Le Monde  ».

En outre, début mai 2016, huit femmes, élues et membres du parti Europe Ecologie-Les Verts (EELV), ont allégué  sur France Inter et Mediapart avoir été victimes d’agressions et de harcèlements sexuels commis par Denis Baupin, député écologiste, entre 1998 et 2014. Le 10 mai 2016, le parquet de Paris a annoncé avoir ouvert  « une enquête préliminaire sur des faits susceptibles d’être qualifiés d’agressions sexuelles, harcèlements sexuels, appels téléphoniques malveillants » confiée à la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP). Et ce, alors qu’« aucune plainte relative à ces faits n’a été reçue au parquet de Paris » et que certaines allégations étaient prescrites.

Par ailleurs, le 4 décembre 2012, Mediapart avait révélé que Jérôme Cahuzac, alors ministre socialiste délégué au Budget, détenait un compte bancaire secret en Suisse. Le 27 décembre 2012, Edwy Plenel, directeur de Mediapart, a écrit à François Molins, procureur de Paris, pour lui demander d’ouvrir une enquête préliminaire  sur « l'affaire Cahuzac ». Le 8 janvier 2013, le procureur annonçait avoir ouvert une enquête sur les allégations de Mediapart. Une enquête confiée à la Division nationale des investigations fiscales et financières (DNIFF).

Pourquoi le Procureur n’a-t-il pas ouvert d’enquête préliminaire sur les faits évoqués par Globes ?

Par ailleurs, le 22 mai 2018, L’Express a publié l’article « L'homme qui valait 100 millions » sur Gérard dit « Gad » Chetrit, jugé  en janvier 2018 avec « 35 complices » et condamné « à huit ans de prison dans une escroquerie qui a coûté 385 millions d'euros au fisc » et lui aurait rapporté « 100 millions de dollars (85 millions d'euros »). L’affaire du « carbone marseillais », une « fraude fiscale sur le marché européen des droits à polluer » qui « aurait coûté au fisc français 1,6 milliard d'euros, selon la cour des Comptes ».

Le trafic de drogue génère un « chiffre d’affaires » de 2,7 milliards d'euros par an selon l’INSEE. Concernant celui en Seine-Saint-Denis, certains enquêteurs fiscaux et policiers, cités par le journaliste Frédéric Ploquin, l’évaluent, dans ce « département emblématique de ce trafic », dans ce « quasi narco-Etat », à 3 milliards d’euros pour 2018, et ce trafic fait vivre environ 150 000 personnes – par comparaison, le budget du conseil général de ce département  s’élève en 2018 à 2,2 milliards d’euros.

Mais des médias français indiquent rarement  les noms des trafiquants  lors de leur interpellation par la police - à Dijon, à Valence - ou lors de leur procès – à Agen -, sauf si le trafiquant octogénaire est membre de la French Connection ou a un nom patronymique européen. Pourquoi cette discrétion sélective ?

La fiscalité, un levier contre des Français juifs, et eux seuls ? Un levier d'autant plus menaçant à l'ère de l'informatique.

J'ai interrogé le ministère de l'Economie qui m'a répondu le 5 novembre 2018 : "La Direction Générale des Finances Publiques dément de la manière la plus catégorique ces affirmations dénuées de tout fondement".

Traversons l'Océan atlantique. En 2009, l’avocate américaine juive Lori Lowenthal Marcus a créé Z Street - Z pour Zionist (Sioniste) -, distincte du mouvement J Street. Une association juive américaine visant à informer sur la défense d’Israël contre le terrorisme et sur le Moyen-Orient.

En décembre 2009, Lori Lowenthal Marcus a sollicité  une exonération fiscale conformément à la Section 501(c)(3) du Code des impôts auprès de l’Internal Revenue Service (Service des recettes internes, IRS), agence fédérale liée au département du Trésor des États-Unis. Une demande traitée d’ordinaire en moyenne entre trois et six mois.

En juillet 2010, interrogé par l’avocat de Z Street sur le long délai de traitement du dossier de Z Street, un agent de l’IRS a alors expliqué candidement que ce dossier était examiné avec « une attention particulière car il avait un lien avec Israël », et que certains dossiers « étaient transmis à Washington pour vérifier si les positions politiques des demandeurs entraient en conflit avec celles de l’administration Obama  ».

En août 2010, Z Street a poursuivi l’IRS pour violation de ses droits, notamment pour non respect du premier amendement  de la Constitution américaine sur la liberté d’expression.

Durant ce procès, sommé aussi de répondre au Committee on Ways and Means  du Congrès, l’IRS a été contraint de mettre un terme à sa stratégie d’opacité et de silence, et de communiquer des documents prouvant des faits choquants, dont des discriminations patentes. Premièrement, l’IRS a déclaré avoir reporté sa décision sur Z Street pour enquêter afin de savoir si cette association en lien avec Israël, affligé par le terrorisme, finançait ce dernier, mais sans jamais l’interroger sur l’utilisation de son argent. Deuxièmement, l’IRS sélectionnait les dossiers à envoyer à ses bureaux à Washington en fonction des opinions des demandeurs. Troisièmement, en août 2010, l’IRS a demandé à trois associations juives, qui sollicitaient une exemption fiscale, « d’expliquer leurs croyances religieuses sur la Terre d’Israël ». Quatrièmement, l’IRS avait créé une catégorie spéciale pour les associations de défense des « territoires disputés ».

En outre, une enquête menée par Z Street a révélé que, de 2009 à 2016, période pendant laquelle son dossier était bloqué, des organisations affirmant que leurs dons iraient à la bande de Gaza dirigée par le Hamas, mouvement qualifié de terroriste par le Département d’Etat américain, obtenaient  rapidement leur exemption fiscale. Sans attention vigilante de l’IRS.

Z Street a finalement obtenu son exemption fiscale en… octobre 2016.


Dans les semaines ayant suivi la cérémonie d’investiture du Président démocrate Barack Hussein Obama, des dirigeants de l’IRS et du Département d’Etat américain ont réfléchi à la possibilité de révoquer ou de dénier une exemption fiscale à des associations fournissant un soutien matériel aux Juifs vivant au-delà de la Ligne Verte (ligne délimitant l’Etat d’Israël avant la guerre des Six-Jours (1967) de ceux conquis/libérés après la guerre des Six-Jours. L’idée était qu’une présence juive dans ces territoires disputés était en contradiction avec la diplomatie américaine. L’IRS a listé ces organisations en se fondant sur les informations de sites Internet anti-israéliens  tels Electronic Intifada et MondoWeiss. Et de 2009 à 2012, des dirigeants de l’IRS ont tenté d’appliquer la politique américaine à l’égard des territoires contestés. Bien que favorable à l’implantation juive dans ces territoires, Z Street n’a jamais dépensé son argent hors des Etats-Unis.

En janvier 2018, l’IRS a présenté des excuses officielles  pour son retard dans le traitement du dossier de Z Street, mais aucune mesure n’a sanctionné les responsables de ces discriminations illégales.

Une transaction entre Z Street et l’IRS a mis fin aux procédures, mais ces sept années ont induit des préjudices importants. « Pour apprendre la vérité, nous avons combattu seuls devant les tribunaux pendant sept ans... Pendant ces sept années, le dossier de Z Street a été gelé, et aucun fond n’a pu être levé. Si mon mari et moi n’avions pas été avocats, capables de poursuivre en justice sans être payés, nous n’aurions pas pu réussir. Quand a été annoncée la création de Z Street, des milliers ont cherché à nous rejoindre. C’est alors que l’IRS  a tenté de nous tuer », a analysé Lori Lowenthal Marcus (Wall Street Journal, 1er février 2018).

Le 1er novembre 2018, Lori Lowenthal Marcus m’a écrit :
« J’ai été très déçue que nul au Congrès n’a été intéressé par notre histoire – plusieurs législateurs ont initialement exprimé leur intérêt, puis ont décidé de ne rien faire. Et ce, pour plusieurs raisons : première et la plus importante, Z STREET n’était ni Démocrate ni Républicaine, et simplement pro-Israël sans penchant politique américain ou israélien. Aussi, nul n’avait rien à gagner politiquement à nous soutenir ou à nous faire témoigner, même si nous avions l’équivalent d’un « smoking gun » (preuve décisive, Ndt). Deuxièmement, nous étions le seul groupe pro-israélien à admettre publiquement avoir été ciblé. Bien que je connaisse d’autres cas, ils avaient trop peur de se créer des problèmes en nous laissant révéler leur identité. Aussi, j’ai été très déçue – même déprimée – par le refus des organisations juives ou pro-israéliennes importantes de nous soutenir, même par des mots. Mon mari et moi avons combattu pendant des années, sans grande attention publique. Ce qui m’amène au troisième point : pas un seul média mainstream n’a relaté notre histoire, hormis The Wall Street Journal qui a reconnu l’énormité du traitement infligé à Z STREET et publié une demi-douzaine d’éditoriaux sur notre affaire. Fox News aussi a informé sur elle. The New York Times, The Washington Post, The Los Angeles Times, ABC, CBS, NBC, CNN… Aucun n’a rien publié ou diffusé sur l’affaire Z STREET. Si mon mari et moi n’avions pas été avocats, nous n’aurions jamais pu payer d’autres avocats pour persévérer dans le procès. Enfin, la combinaison de tous ces facteurs, plus les sept longues années de cette bataille, ont absorbé mon énergie pour m’investir dans des activités organisationnelles pro-israéliennes ».
Cette action judiciaire semble inenvisageable par des organisations juives en France.

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