samedi 18 mars 2023

Le grand rabbin Simon Fuks (1911-2008)


Né en 1911 dans une famille polonaise hassidique à Dobrzyn, Simon Fuks (z''l) grandit à Genève (Suisse). Formé dès 13 ans au Séminaire de la rue Vauquelin (Paris), Simon Fuks a mené en parallèle des études brillantes en anthropologie, philosophie et langues orientales à l’université de Genève et à l’Ecole des hautes études de Paris. Résistant, sioniste, cet humaniste fut grand rabbin du Haut-Rhin de 1947 à 1986. Son fils José Yossef Tvi Fuks (z''l), militant français juif sioniste, est décédé le 15 février 2023.


Né en 1911 dans une famille polonaise hassidique à Dobrzyn, Simon Fuks grandit à Genève (Suisse).

Formé dès 13 ans au Séminaire de la rue Vauquelin, Simon Fuks a mené en parallèle des études brillantes en anthropologie, philosophie et langues orientales à l’université de Genève et à l’Ecole des hautes études de Paris.

En avril 1936, il a été nommé rabbin à Wintzenheim, près de Colmar.

Mobilisé comme aumônier israélite, Simon Fuks déplorait l’antisémitisme au sein de sa division. Après la défaite militaire, à Dunkerque, il est évacué avec des soldats français en Angleterre. 

De retour en France, il est fait prisonnier en juillet 1940. Détenu dans un oflag à Oberlangendorf (Moravie), il revint de captivité en 1941.

Dès mai 1941, ce rabbin s’illustra activement avec son épouse Raymonde (1915-2004) dans l’aide sociale et le sauvetage de ses coreligionnaires, et dans la résistance à Agen et dans le Lot-et-Garonne.

En mai 1943, traqué par les Nazis, le couple se réfugie en Suisse. Sur ces faits, Simon Fuks avait écrit Un rabbin d’Alsace, souvenirs de guerre (Ed. Jérôme Do Bentzinger, 2003).

Il fut « un des hommes qui reconstruisirent le judaïsme français » (rabbin Haïm Korsia) et a redonné « son lustre d’antan à la communauté de Colmar » dont il fut le rabbin de 1945 à 1986

Cet humaniste fut grand rabbin du Haut-Rhin de 1947 à 1986. A ce double titre, il a déployé tous ses efforts pour accueillir fraternellement nos coreligionnaires venant d’Afrique du Nord, et en particulier d’Algérie.

Sioniste fervent, très marqué par l’exemple des prophètes d’Israël, il avait milité contre l’antisémitisme, contre l’exécution de Noirs américains condamnés sans avoir eu de réel moyen de défense et pour un règlement négocié du conflit au Proche-Orient, fut-ce au prix de sacrifices. 

Il est décédé le 26 août 2008, à près de 98 ans.

Un texte sur ce grand rabbin est publié en hébreu.

José Fuks
Son fils José Yossef Tvi Fuks (z''l) est décédé le 15 février 2023.

Cofondateur et président d'honneur de l'AJA (Amicale des Juifs d'Arcueil), ce retraité a milité, avec efficacité et une grande finesse tactique, contre l'antisémitisme, notamment l'antisionisme, et pour que la Mairie de cette ville de la banlieue sud de Paris, qui faisait partie de la "ceinture rouge" (communiste), adopte une position équilibrée concernant le conflit au Proche-Orient.

Au début des années 2000, l'activisme municipal soutenait la Cause palestinienne : exposition partiale, conférence d'édile "palestinien", etc.

José Fuks a alors dialogué avec le Maire, recouru à son expérience syndicaliste en contactant des médias : Actualité juive hebdo, l'agence de presse Guysen International New... Devant cette médiatisation et l'image d'Arcueil atteinte négativement par cet activisme pro-palestinien, le Maire avait réduit le "palestinisme" et s'était orienté vers une certaine neutralité.

J'avais rencontré José Fuks vers 2002. Je garde le souvenir d'un dirigeant associatif juif français placide, sioniste, lucide, etc. au grand sens familial.


Articles sur ce blog concernant :

Cet article a été publié par L'Arche. Cet article a été publié sur ce blog le 25 août 2014.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire