« C’était Paris en 1970 »
L’
exposition présentée à la BHVP, notamment dans sa cour, « met à l’honneur ce fonds pléthorique, instructif et émouvant, à la fois nostalgique des années 1960 et annonciateur de la modernité des Seventies. »
« Elle est une invitation à se plonger dans ces archives visuelles, témoins d’un Paris en partie disparu : des rues où les enfants sautent à l’élastique et jouent librement au gendarme et au voleur, où les vieux se retrouvent sur un banc le temps d’une belote, où l’on rencontre des boulistes dans chaque square et terrain vague. » « Vieux » ? Plutôt personnes âgées.
La Commissaire de l'exposition est Juliette Eyméoud, Conservatrice au département de la Photographie et de l’Iconographie à la Bibliothèque historique de la Ville de Paris.
Sur Instagram et Facebook, la BHVP offre une visite virtuelle et partielle de cette exposition qui suscite nostalgie et attendrissement. Chaque semaine jusqu'à la fin de l'été, elle proposait de gagner une affiche de l’exposition en identifiant le lieu d'une photo.
Une invitation à la découverte de la capitale et de Parisiens, badauds, touristes, provinciaux ou étrangers, et banlieusards.
Les photographes amateurs ont saisi le Paris chanté par Yves Montand et Jacques Dutronc. Et celui immortalisé par les photographes humanistes : Henri Cartier-Bresson, Robert Doisneau, Willy Ronis, Brassaï, Izis, André Kertesz, Sabine Weiss…
Le noir et blanc de photographies de ruines dramatise le caractère désolé de certains quartiers. « Paris est « une ville en chantiers, tout en démolition, construction et restructuration, dans laquelle on s’inquiète de l’expropriation comme du temps d’Haussmann, et sous laquelle un dédale de souterrains accueille les lignes du Métro et du récent RER. »
De ces photographies, émerge surtout l’image d’un Paris éternel avec sa butte Montmartre, la Tour Eiffel. Une belle capitale ensoleillée, arpentée par des personnes bien habillées, des femmes arborant parfois des mini-jupes et de rares hippies.
Une ville vivante, belle, propre. Avec des enfants bien vêtus, jouant dans des squares sous la surveillance de leurs mères et non de nounous immigrées. Des garçons en patins à roulettes et non en trottinettes dans une rue, des petites filles à socquettes blanches et chaussées de babies en cuir jouant dans un square. Des devantures de magasins divers – quincaillier ou droguiste, magasins de prêt-à-porter -. Des quartiers spécifiques. Des immeubles sans interphone, où artisans et ouvriers pouvaient encore y vivre, où des passants pouvaient entrer dans la cour intérieure pavée et découvrir une fontaine, des ateliers de confection. Une cité touristique saisie sous des angles surprenants : des enfants assis sur et dans une voiture. Un mobilier urbain en bon état : bancs en bois verts où nos ainés aimaient observer le spectacle de la rue, grilles métalliques protégeant la base des arbres. Une ville diurne où règnent la voiture, sous l’œil vigilant de « contractuels », et des bus à plateforme arrière ouverte.

Une ville « enfin où l’information et la politique se lisent dans la presse imprimée, distribuée partout, et sur les murs, couverts d’affiches et de graffitis ».
Une vitrine de l’exposition rappelle la rivalité entre deux quotidiens populaires France-Soir et Le Parisien libéré. Beaucoup de graffitis du Parti communiste français (PCF) ou de la Confédération générale du travail (CGT) et d’affiches sur la guerre au Vietnam.
Aucun graffiti « Free Palestine » ou « Free Gaza ».
« Paris 1970 »
Le 23 septembre 2026,
Le Parisien a publié son
hors-série inédit «
Paris 1970 » : « 113 photos inédites d'une capitale en pleine transformation » sont commentées par la rédaction du journal.
Des auteurs de ces photographies et Antoine de Caunes témoignent sur leur vécu.
« Au printemps 1970, Paris est en pleine effervescence : chantiers et grands travaux métamorphosent la capitale. La ville de Paris et la Fnac organisent alors « le plus grand concours photo du monde » ! L’objectif : documenter une ville en pleine mutation. »
« Plongez dans un Paris où s’entrechoquent les générations, où se croisent encore Parisiens d’avant-guerre et hippies des 70’s. Redécouvrez une ville populaire chargée d’histoire bousculée par un vent de modernité. »
On est épaté par la beauté d’une ville vivante, sans camps de migrants, avant l’immigration de masse « chance pour la France » et marqueur de la « diversité ». Les clochards ou vagabonds n’étaient pas encore dénommés « SDF » (Sans domicile fixe), acronyme réapparaissant dans les années 1980, dès le premier septennat du Président socialiste François Mitterrand.
Un tel concours serait-il envisageable en 2026 ? S'imposeraient le floutage des visages par respect pour la vie privée et le droit à l’image, la censure de certains lieux squattés par des drogués ou des étrangers en situation irrégulière. On verrait des piétons aux godasses moches, des adolescentes ou jeunes femmes aux vêtements amples dissimulant la silhouette, des boutiques "Bail à céder", une rue de Rivoli quasi-morte le matin vers 9 heures avec ses doubles allées pour de rares cyclistes et la file des voitures et camions...
En un peu plus d’un demi-siècle, Paris s’est métamorphosé. Pas en bien ni en beau. L’exposition et le hors-série montrent le « Paris d’avant »…
Avant sa gentrification, sa boboïsation, son uniformisation, et l'instrumentalisation du logement social devenu un moyen d’éviction de la classe moyenne et permettant le basculement politique de circonscriptions et la conquête de la Mairie de Paris.
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