mercredi 30 novembre 2011

Mobilisation pour le terroriste Salah Hamouri au Conseil régional d’Ile-de-France (3/5)


Cet article est publié à l'occasion du séjour de Bertrand Delanoë, Maire de Paris, en « Palestine » où il a rencontré le 28 novembre 2011 les parents de Salah Hamouri, « prisonnier franco-palestinien détenu en Israël depuis mars 2005 » selon les termes du communiqué de la Mairie de Paris.


A Paris, des élus de gauche du Conseil régional d’Ile-de-France ont profité d’une séance du Conseil consacrée au budget 2010 des « Actions internationales et européennes » pour une opération de communication et de mobilisation en faveur du terroriste franco-palestinien Salah Hamouri. Sans réaction de l’exécutif dudit Conseil.


1ère partie : Le comédien François Cluzet désinforme sur Salah Hamouri (1/5)
2e partie : France 2 n’établit pas toute la vérité sur le terroriste Salah Hamouri (2/5)
4e partie : Salah Hamouri, terroriste "franco-palestinien" non repenti (4/5)
 

JewishRefugees pubished a relevant summary and analysis of those facts: Must Jewish celebrities behave like Dhimmis?

Le blog JewishRefugees a publié l'article pertinent Must Jewish celebrities behave like Dhimmis? Il y a insisté sur l'engagement partial de François Cluzet qui n'a jamais présenté le moindre mea culpa pour ses allégations erronées et ternissant à tort l'image d'Israël. Interviewés par une radio française Juive sur les déclarations controversées de cet acteur qui joue dans leur film Intouchables (2011), les deux réalisateurs Français Juifs, Olivier Nakache et Eric Toledano, apparemment gênés, ont répondu de manière évasive en évoquant un malentendu sur ces allégations... François Cluzet a utilisé sa présence sur France 2, chaine ayant diffusé le reportage controversé sur al-Dura, dans le cadre de la promotion d'un film pour exprimer son engagement partial pour un terroriste. Il serait intéressant que, lors de la campagne de promotion américaine des Intouchables en vue de l'Oscar, des journalistes interrogent cet acteur et ces deux réalisateurs, "anciens directeurs du mouvement YANIV", sur ces allégations.


Séance routinière en ce 16 décembre 2009 au Conseil francilien ? Pas vraiment.

RP et agitprop (agitation propagande)
Avant que ne débute la présentation du budget 2010 « Actions internationales et européennes » de ce Conseil – entre neuf et dix millions d’euros par an sur un budget annuel total de 4,6 milliards d’euros -, le groupe CACR (Communiste-Alternative citoyenne-républicain) a « dédié son intervention au franco-palestinien Salah Hamouri ».

Or, celui-ci a été légalement condamné par Israël à sept ans de prison pour son rôle leader au sein d’une branche du FPLP (Front populaire de libération de la Palestine), organisation terroriste, et pour avoir tenté d’assassiner Ovadia Yossef, grand rabbin israélien et chef du parti Shass.

Des élus de ce groupe ont ensuite brandi des affiches en soutien à ce prisonnier pour demander sa libération et se sont fait photographiés. Une opération médiatisée : le site Internet du Conseil régional francilien retransmet les débats en direct.

L’exécutif régional ? Il est resté silencieux face à ces actions qui perturbaient le déroulement de la séance en manifestant leur soutien au membre du FPLP, organisation figurant sur la liste des organisations terroristes de l’Union européenne (UE).

Une seule réaction : le 17 décembre 2009, Sylviane Tropper, conseillère régionale d’Ile-de-France (Majorité présidentielle), « s’étonnait que cette opération de communication ait eu lieu au sein de l’hémicycle régional, en pleine séance budgétaire ».

A l’heure où le Franco-israélien Guilad Shalit est toujours otage du Hamas, où des chrétiens sont persécutés dans le monde, du génocide au Darfour ou des atrocités au Congo, cette focalisation sur le cas du seul Salah Hamouri est pour le moins étonnante.

Rappelons que des élus d’Ile-de-France avaient lancé au printemps 2009 un « appel solennel » au Président de la République Nicolas Sarkozy pour obtenir la libération du terroriste. Le soutien de ces édiles à un terroriste et le silence dudit Conseil révèlent une grave confusion des esprits. Curieusement, aucune photo prise ce 16 décembre 2009 au Conseil régional n’a encore été publiée par ces élus.

Nous avons interrogé ledit Conseil et publierons sa réponse dès réception.

Comme des ONG
Ce qui est étrange est que ces élus ont emprunté, dans leur communication, les méthodes provocatrices d’ONG (Organisations non gouvernementales).

Ainsi, à Paris, le 2 décembre 2009, lors d’un débat à l’Assemblée nationale sur le sommet relatif au prétendu réchauffement climatique à Copenhague, une dizaine de militants de Greenpeace ont tenté de pénétrer illégalement dans l’hémicycle à partir des tribunes publiques et ont brandi des banderoles exhortant le Président à agir. Le député Noël Mamère (Les Verts) avait notamment applaudi leur action. Des députés de la majorité présidentielle avaient proféré des injures à l'encontre de ces militants.

Le 16 décembre 2009, le Bureau de l’Assemblée nationale, la plus haute autorité collégiale chargée du fonctionnement interne de l'Assemblée, a « considéré qu’il s’agissait de la part d’un parlementaire de la remise en cause d’un principe de base de l’institution parlementaire et de la démocratie représentative. Cette intrusion et cette attitude sont non seulement illégales et antidémocratiques mais aussi susceptibles de s’inscrire dans une dérive préoccupante ». Condamnant aussi les injures proférées, le Bureau a « prononcé la sanction de rappel à l’ordre, [soit la privation pendant un mois du quart de l’indemnité parlementaire de 5 200 €], avec inscription au procès-verbal ».


A lire sur le blog :
Le comédien François Cluzet désinforme sur Salah Hamouri
France 2 n’établit pas toute la vérité sur le terroriste Salah Hamouri


Article publié le 22 décembre 2009 et modifié le 30 novembre 2011

lundi 28 novembre 2011

France 2 n’établit pas toute la vérité sur le terroriste Salah Hamouri (2/5)


Cet article est publié à l'occasion du séjour de Bertrand Delanoë, Maire de Paris, en « Palestine » où il rencontrera le 28 novembre 2011 les parents de Salah Hamouri, « prisonnier franco-palestinien détenu en Israël depuis mars 2005 » selon les termes du communiqué de la Mairie de Paris. Le 29 novembre 2011, à 11 h, Bertrand Delanoë « se rendra à la Mouquata’a où il déposera une gerbe à la mémoire de Yasser Arafat » (ibid).


Le 8 novembre 2009, lors du magazine d’informations 13 h 15 de France 2, l’acteur François Cluzet avait allégué à tort que Salah Hamouri, « franco-palestinien », avait été emprisonné pour « délit d’opinion » en Israël. Le 9 novembre 2009, le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme (BNVCA) saisissait le CSA (Conseil supérieur de l’audiovisuel) pour « désinformation et incitation à la haine » car Salah Hamouri avait été légalement condamné par Israël à sept ans de prison pour son rôle leader au sein d’une branche du FPLP (Front populaire de libération de la Palestine), organisation terroriste, et pour avoir tenté d’assassiner Ovadia Yossef, grand rabbin israélien et chef du parti Shass. Le 22 novembre 2009, ce magazine diffusait un reportage partial, lacunaire et déséquilibré en occultant une partie essentielle de la vérité sur ce terroriste.
 
4e partie : Salah Hamouri, terroriste "franco-palestinien" non repenti (4/5)

JewishRefugees pubished a relevant summary and analysis of those facts: Must Jewish celebrities behave like Dhimmis?

Le blog JewishRefugees a publié l'article pertinent Must Jewish celebrities behave like Dhimmis? Il y a insisté sur l'engagement partial de François Cluzet qui n'a jamais présenté le moindre mea culpa pour ses allégations erronées et ternissant à tort l'image d'Israël. Interviewés par une radio française Juive sur les déclarations controversées de cet acteur qui joue dans leur film Intouchables (2011), les deux réalisateurs Français Juifs, Olivier Nakache et Eric Toledano, apparemment gênés, ont répondu de manière évasive en évoquant un malentendu sur ces allégations... François Cluzet a utilisé sa présence sur France 2, chaine ayant diffusé le reportage controversé sur al-Dura, dans le cadre de la promotion d'un film pour exprimer son engagement partial pour un terroriste. Il serait intéressant que, lors de la campagne de promotion américaine des Intouchables en vue de l'Oscar, des journalistes interrogent cet acteur et ces deux réalisateurs, "anciens directeurs du mouvement YANIV", sur ces allégations.

 
Il a fallu deux semaines à ce « magazine de la rédaction de France 2 au ton dynamique et décalé sur l’actualité, l’air du temps et la politique » pour revenir sur les faussetés de François Cluzet sur Salah Hamouri !

C’est long, mais c’est quand même mieux que le CSA toujours silencieux,  et embarrassé notamment par la polémique sur la « mise en disponibilité » par France 2 de deux de ses membres (dénommés conseillers), Rachid Arhab, co-responsable avec Michèle Reiser du Groupe de travail Déontologie des contenus audiovisuels, et Françoise Laborde.

Des faits reconnus par Salah Hamouri et certains de ses soutiens
Rappelons les faits.

En mars 2005, trois jeunes membres du FPLP, dont Salah Hamouri sont arrêtés par le Shin Bet (Service de sécurité intérieure) et la police israélienne. Titulaires de cartes d’identification israéliennes, ils préparaient l’assassinat du révéré et âgé Ovadia Yossef.

Un mois plus tard, les quotidiens israéliens font état du degré avancé du complot : repérages des lieux, surveillance des habitudes du rabbin, etc. The Jerusalem Post décrit leur plan :
« Salah Hamouri devait abattre le rabbin Yossef à son entrée à son domicile avec son M-16. Ses complices se ruaient alors dans la maison pour tuer, avec leurs Kalashnikov et grenades, les gardes et toute personne aux alentours ».
Un massacre prémédité.

« Peu après la libération de prison d’Hamouri en raison de son activité terroriste en 2004, tous trois ont reconstruit l’infrastructure du FPLP parmi la communauté Arabe vivant au Nord de Jérusalem » précise Arutz Sheva. De son propre aveu, Salah Hamouri projetait, avec ses complices, d’autres attentats. Selon les services de sécurité, cette cellule du FPLP avait aussi reçu d’un responsable du FPLP à Jérusalem argent,  « armes et munitions à utiliser lors d’attentats terroristes contre des cibles juives de la capitale ». Selon Haaretz, les assassins du ministre israélien du Tourisme Rehavam Zeevi, emprisonnés à Jéricho selon un accord avec l’Autorité palestinienne (AP), ont apparemment donné à cette cellule leur accord/bénédiction pour tuer ce rabbin. Depuis 2001, le FPLP « fomentait les meurtres de figures publiques israéliennes, en recrutant principalement parmi les Arabes israéliens qui ont un libre accès partout dans le pays ».

L’appartenance de Salah Hamouri au FPLP est reconnue par des sources françaises. La newsletter de l’ambassade de France en Israël le présente comme membre du FPLP. Tout comme Dominique Lagarde, rédacteur en chef adjoint de l’hebdomadaire L’Express (23 avril 2009) dans un article repris par l’Association France-Palestine Solidarité. Cet article évoque aussi la tentative d’assassinat.

Même Me Leah Tsemel, avocate de Salah Hamouri, reconnaît ce complot, mais nie toute preuve attestant une décision de passer à l’acte.

Buzz et soutien politique
Après les allégations désinformantes de François Cluzet, des soutiens à ce terroriste ont tenté de faire monter le buzz sur Internet en enjoignant de visionner la vidéo de l’intervention de François Cluzet, afin d’atteindre un seuil critique de clics et d’avoir des retombées médiatiques.

Cet acteur a reçu le soutien du NPA (Nouveau parti anticapitaliste) – le NPA qui accueillait un leader du FPLP à son congrès en 2009 - et du syndicat des journalistes SNJ-CGT. D’aucuns alléguaient une tentative de brimer la liberté d’expression, en occultant le droit à l’information, le devoir d’un media d’informer honnêtement et la responsabilité d’un acteur-citoyen. Une étrange conception de la responsabilité. Une démocratie définie comme une addition de droits et émondée de devoirs, de contrôles et de sanctions.

De nombreux Internautes ont réagi avec une rare violence verbale contre le BNVCA et son président Sammy Ghozlan. Un BNVCA sans soutien d’autres organisations juives, alors que celles-ci se sont élevées lorsque la Mairie de Vitry-sur-Seine (banlieue au Sud de Paris, Val-de-Marne) a attribué en juin 2009 le titre de citoyen d’honneur au terroriste Marwan Barghouti, créateur des Brigades des martyrs al-Aqsa liées au Fatah.

Un traitement biaisé et déséquilibré
« Voici notre reportage sur ce Franco-palestinien actuellement emprisonné en Israël. Il a été condamné à sept ans de prison par un tribunal militaire », annonce le journaliste Laurent Delahousse ce 22 novembre 2009. Pourquoi ne pas dire « terroriste » ? Pourquoi n’avoir pas rappelé les chefs d’inculpation et et les motifs de la condamnation ?

Et de poursuive : « Nous avons voulu équilibrer ce débat et entendre toutes les parties dans cette affaire ». Mais il n’y a aucun débat. Les faits sont têtus et établis. France 2 met sur un pied d’égalité les faits et la propagande sur ce terroriste.

Après cette introduction (17 secondes), France 2 diffuse donc un reportage de Marie-Pierre Farkas et Charles Enderlin, correspondant de France 2 à Jérusalem, intitulé 7 ans de prison. Un titre glaçant. Comme si la peine d’emprisonnement était irréelle, sans lien avec les griefs de terrorisme et de complot pour tuer un grand rabbin. Pourquoi pas ce titre : 7 ans de prison pour un terroriste français ? En effet, la condamnation est devenue définitive, car ce terroriste a refusé d’interjeter appel.

Quelques précisions de « terminologie ». Le site du Comité de soutien à ce terroriste s’appelle http://www.salah-hamouri.fr/. Tout comme ce reportage, il montre son passeport français (2005) où le nom est orthographié « Hammouri ». Une revue de presse d’UNISPAL (Système d’information des Nations unies sur la question de Palestine), évoque l’arrestation en 2004 d’un « Palestinien Salah Al-Hamouri » en compagnie de Ghassan Abu Kharan, soupçonné d’être, « selon des sources palestiniennes, un responsable du FPLP ». Quant à la mère de Salah Hamouri, France 2 l’appelle Denise Hamouri. Celle-ci signe ses lettres à des officiels français Annick-Denise Guidoux-Hamouri. Etrange…

Dans ce reportage, sont interrogés Denise Hamouri, la mère - note humaine -, ledit comité de soutien – note altruiste –, et l’ambassadeur d’Israël en France Daniel Shek – note étatique.

Charles Enderlin a interrogé Denise Hamouri,  mais curieusement, il n’a interviewé aucun officiel du gouvernement et des services de renseignements israéliens, ni le grand rabbin visé par la tentative d’assassinat. Pourquoi ?

La caméra s’attarde sur le passeport français du terroriste, mais ne montre pas et ne cite pas le jugement condamnant ses complices et lui. Pourquoi ?

France 2 n’a pas questionné Sammy Ghozlan, président du BNVCA, auteur du communiqué alertant sur une « désinformation caractérisée et une incitation à la haine ». Pourquoi ?

Examinons les temps de parole de ce reportage de 5 minutes et 18 secondes (générique compris) : ceux qui soutiennent Salah Hamouri se sont exprimé pendant 116 secondes, soit plus d’un tiers du reportage. France 2 n’a accordé à Israël, représenté par son seul ambassadeur en France, Daniel Shek, que 48 secondes, soit deux fois moins de temps et moins d’un septième du reportage.

Quant au commentaire en voix off du reportage, il est loin d’être neutre. Il exprime souvent la voix des proches de Salah Hamouri : « Son fils est passé deux ou trois fois devant la maison d’un rabbin. Ce n’est pas un crime. Il va être libéré ». Ou « Sur les conseils de son avocate, Salah Hamouri accepte de plaider coupable ». C’est-à-dire un accord intégré dans le droit de démocraties, notamment la France (loi Perben II du 9 mars 2004), et permettant une « décision rapide de la justice », ce que réclamait la France, tandis que les Hamouri se plaignaient de l’absence de jugement.

Ce commentaire ternit également l’image d’Israël présenté comme Etat pratiquant l’arrestation arbitraire et la détention injustifiée : « Son jugement est reporté faute de preuve ». Non, la justice militaire tributaire a été lente en ce dossier visant plusieurs terroristes, et en raison de contraintes internes : nombre limité d’heures judiciaires, de chambres, etc. Rappelons que la France a été condamnée à maintes reprises par la Cour européenne des droits de l'homme pour la lenteur de son institution judiciaire.

Cette voix off présente dès le début une version édulcorée, soft, de la vie de Salah Hamouri : « Une vie sans histoire jusqu’au 13 mars 2005 ». Or, sur le site de son Comité de soutien, sa biographie s’apparente au casier judiciaire d’un multirécidiviste. Jugez plutôt. 24 ans, trois arrestations et trois détentions en lien avec le terrorisme : 2001, 2004 et 2005. Lourd passif avec escalade vers l’assassinat terroriste. Graves antécédents que les journalistes de France 2 ont du lire sur ledit site dont ils montrent des images.

Bilan. L’ambassadeur d’Israël qui s’en tient aux faits : 48 secondes. La version des soutiens de Salah Hamouri : entre quatre et cinq minutes. Quant aux images tournées en Israël - interview de Denise Hamouri et vues sur Jérusalem -, elles représentent une durée d’une minute et 33 secondes, soit moins de 30% du reportage, alors que tous les faits sur lesquels il aurait fallu enquêter – complot, arrestation, emprisonnement, jugement - se sont produits en Israël. C’est l’équilibre, l’enquête, la déontologie professionnelle selon France 2.

Les faits initiaux sont présentés par la seule Denise Hamouri, interviewée dans son appartement bourgeois, dont on voit les photos de famille encadrées. Donc, dès la première minute, ce reportage joue sur le subjectif, l’affectif, l’empathie du téléspectateur à l’égard d’une mère. Il omet de montrer l’être humain visé par le complot terroriste fomenté par Hamouri et ses complices du FPLP. Il dissimule que le FPLP est une organisation listée comme terroriste en particulier par l’Union européenne et a notamment assassiné Rehavam Zeevi, le 17 octobre 2001.

Combien d’enfants ? Selon ce reportage - voix off et photo familiale - Denise Hamouri « a rencontré l’amour lors d’un voyage en Terre sainte. Elle a épousée Hassan. Elle a eu deux enfants, Salah et Caroline, tous deux, élevés dans des établissements privés catholiques de Jérusalem ». Or, Denise Hamouri a écrit fin 2007 à la mère de Guilad Shalit : « Je suis française mais je vis à Jérusalem Est depuis plus de 20 ans car mon mari est palestinien. Je suis enseignante , nous avons 3 enfants qui ont la nationalité française » .

Que s’est-il passé ce 13 mars 2005 ? Voici la version de Jean-Claude Lefort, ancien député communiste et « coordinateur de son Comité national de soutien », le 20 février 2008, d’après le récit que lui a fait Salah Hamouri le 18 février 2008 : « Ce jour-là, 13 mars 2005, [Salah Hamouri] allait en voiture avec des copains à Ramallah. Arrivés au « chekpoint » de Qalqiliya il présente ses papiers. Les soldats consultent, le font descendre du véhicule et l’arrête sans aucune explication. Il est conduit aussitôt en prison ». Ce qui diffère quelque peu de la version de Denise Hamouri ce 22 novembre 2009 à France 2 - une version déjà énoncée en avril 2009 : « On a été prévenu par un de ses amis qui l’a vu, par hasard, les yeux bandés, les mains menottées monter dans une jeep ». Comment et où un de ses amis a-t-il pu le voir « par hasard, les yeux bandés, les mains menottées monter dans une jeep », alors que Salah Hamouri a été « arrêté et conduit aussitôt en prison » sans les « yeux bandés, [ni] les mains menottées », et ce, sous les yeux de ses « copains » selon ses propres dires relatés par Jean-Claude Lefort ? Si vraiment ce terroriste avait eu « les yeux bandés et les mains menottées », il l’aurait dit à Jean-Claude Lefort, d’autant qu’il lui dit être amené menotté à ses audiences. Nul doute que Jean-Claude Lefort et que le site Internet dudit Comité de soutien l’auraient mentionné. Or, ils ne l’ont pas fait.

Denise Hamouri aurait « appris par la presse pourquoi il a été arrêté » un mois après son arrestation et, selon France 2, elle aurait tardé à « appeler la France à l’aide » car elle aurait minoré le problème. C’est invraisemblable. A chacune des trois interpellations et détentions de son fils, elle n’a saisi aucun media - alors qu’Israël concentre la plus grande densité de médias au monde -, aucun consul ou ambassadeur de France, aucune association de droits de l’homme, aucune association française pro-palestinienne !? Israël est une démocratie, pas une dictature.

Les soutiens du terroriste ? Ils sont filmés souvent en plan moyen, mobiles, insérés dans un décor intimiste ou républicain (Elysée, Assemblée nationale). Alors que Daniel Shek est filmé en très gros plan, statique, sur un fond beige, neutre, sans les emblèmes colorés reconnaissables de l’Etat d'Israël : ménorah (Nda : chandelier à sept branches) ou drapeau bleu et blanc frappé de l’étoile de David. En fait, les soutiens du terroriste sont filmés en action, en marche – comme la vérité ?! -, en nombre. Et Daniel Shek semble leur opposer l’immobilisme d’un Etat. Là où les uns parlent « humain », le diplomate se situe sur le registre des institutions, du juridisme.

Parmi ces soutiens, Michel Voisin, député UMP de l’Ain, allègue : «  Il n’y a rien dans le dossier. Ça a été prouvé par ses avocats » (sic). La journaliste de France 2 ne lui cite même pas les motivations, les attendus du jugement condamnant ce terroriste qui a reconnu les faits. Donc, l’Etat d’Israël ne respecterait pas le droit, pratiquerait l’arbitraire et condamnerait sans preuve ! Non. Les faits sont têtus : « Les preuves présentées par le procureur militaire démontraient son implication dans les crimes dont il est accusé », précise Nina Ben-Ami, porte-parole de l’ambassade d’Israël en France. Et de préciser : « Hamouri a été jugé devant un tribunal militaire parce qu'une partie des crimes dont il est accusé a été commis dans les territoires palestiniens, et non en Israël. En outre, ses deux complices résident dans les territoires palestiniens. Selon le code de procédure militaire, ces crimes relèvent de la compétence du tribunal militaire et non de la justice civile ». Cette justice militaire, à la procédure similaire à celle des tribunaux civils, garantit les droits des prévenus, etc.

Ce parlementaire ajoute : Salah Hamouri  « mérite pas d’être sous les verrous…. S’il est transféré en France, je pense que compte tenu de son dossier, il aura pas beaucoup de problème à être remis en liberté ». C’est la journaliste qui lui a suggéré ce transfert. Ce qui n’a été demandé par aucun de ses soutiens. Même pas par sa mère !

Que fait ce terroriste, qui « a le moral », en prison ? « Il enseigne le français à ses camarades de cellule », déclare Denise Hamouri. Précisons : Salah Hamouri a « donné des cours » de français à un terroriste condamné à la prison à perpétuité pour attentats contre des civils israéliens, Marwan Barghouti, quand il purgeait sa peine à « la prison de Rimonim, au Nord de Tel-Aviv » .

Marie-Pierre Farkas montre Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères, insistant sur Europe 1 sur les efforts déployés « à toutes les rencontres » pour faire libérer « le Franco-palestinien ». Or, Daniel Shek rappelle clairement : « Il a été condamné par un tribunal, et c’est la justice qui doit le libérer, ce n’est pas la politique ». Et pourtant, cette journaliste poursuit : « Sans un coup de pouce diplomatique, Salah Hamouri, étudiant français [Nda : donc inoffensif], ne sera pas libéré avant novembre 2011 », au lieu de « Salah Hamouri, terroriste français qui n’a jamais exprimé de regret demeure en prison ». Bref, le reportage laisse croire en des pressions diplomatiques sans dire qu'elles sont illégales : le professeur David Ruzié rappelle le « droit reconnu à un Etat d’intervenir pour veiller, précisément, à ce que ses ressortissants, en dehors de son territoire, soient traités suivant les normes du droit international, mais toute immixtion dans le fonctionnement de la justice d’un autre Etat est interdite ». Indignés par la demande de la France visant la libération de Salah Hamouri, des médias israéliens ont souligné qu’Israël n’est pas une autocratie et qu’Israël a le droit de protéger ses citoyens.

Le reportage s’achève sur des images de l’exposition du CICR (Comité International de la Croix-Rouge) « L’Humanité en Guerre ou 150 ans de photos du front » devant l’Hôtel de Ville de Paris. La caméra s’immobilise sur l’article 1 de la Déclaration universelle des droits de l’homme « Tous les hommes naissent libres et égaux en dignité et en droits… », puis s’élève vers une statue de cet édifice.

L’égalité ! Elle résonne en écho à la revendication d’égalité de traitement exprimée par Jean-Claude Lefort. Sous-entendu : comme le franco-israélien Guilad Shalit.

Cette fin lie aussi le cas de Salah Hamouri à un principe juridique universel, et non au terrorisme, et l’ancre dans l’histoire de France, et non dans l’histoire du Proche-Orient. Mais elle fait sourire quand on dresse le bilan déséquilibré du temps de parole d’un « débat équilibré » selon France 2. Alors, oui, pour l’égalité de traitement de Salah Hamouri avec les terroristes. Et oui, pour l’égalité de traitement par l’examen de ce reportage à l’aune de la déontologie professionnelle, des « exigences d’honnêteté de l’information et de rigueur dans sa présentation et son traitement », termes du CSA. Et oui pour l'égalité de traitement entre tous ceux qui saisissent le CSA.

Que vont retenir les téléspectateurs ? La vérité – Salah Hamouri est un terroriste légalement condamné et emprisonné – ou le narratif le présentant comme une victime d’une injustice ?

Quant à Sammy Ghozlan, président du BNVCA, il a exprimé son indignation face à un reportage si déséquilibré.

Une manipulation politique franco-française
Les communiqués les plus anciens favorables à Salah Hamouri remontent à octobre 2007. Pourquoi des associations pro-palestiniennes n’ont-elles pas parlé de son cas avant ?

Lors d’une interview radiophonique en 2008, Denise Hamouri explique avoir écrit « au quai d’Orsay, au consulat », mais
« au début, on ne se bougeait pas trop... Au moment où le soldat Shalit a été enlevé, et que la France s’est mis à dire qu’il fallait le libérer parce qu’il était français, je me suis dit qu’après tout nous étions aussi dans un cas un petit peu pareil à Guilad Shalit. Mon fils pour moi a été enlevé. Ce n’est pas une arrestation, pour moi c’est un enlèvement. Il est otage puisqu’il est depuis trois ans sans jugement… [Nda : elle nie l’existence de l’Etat d’Israël et les lenteurs de la justice] Et c’est là que j’ai commencé à écrire un peu partout en réclamant qu’on me considère un peu pareil. Cela a pris du temps, jusqu’au jour où j’ai écrit aux parents de Guilad Shalit ... La lettre a été publiée. Des associations ont été un petit peu au courant et elles se sont mises à m’aider un petit peu à travailler ».

Parmi les associations de défense des droits de l’homme - israéliennes (Acri, Adalah, B’Tselem, Yesh Din) et palestiniennes (Centre palestinien pour les droits de l’homme (PCHR), le Groupe de surveillance des droits de l’homme palestinien [PHRMG]) - si promptes par ailleurs à stigmatiser Israël, laquelle défend Salah Hamouri ? Aucune.

De même, on ne trouve aucune occurrence « Hamouri » sur les sites Internet, en français et en anglais, d’ONG internationales, ayant pourtant tancé maintes fois et à tort l’Etat juif : Human Rights Watch (HRW) et Amnesty International.

Par contre, sur quel site palestinien trouve-t-on des communiqués en français et en anglais sur Salah Hamouri ? Celui du FPLP.

Quel texte incontesté décrit Salah Hamouri comme membre du FPLP ayant été lié à des actions terroristes, et ceci en se fondant notamment sur les déclarations de ses complices ? C’est l’arrêt de la Cour suprême israélienne (§ 8) d’août 2005 correspondant à un appel de complices. Sans réaction offusquée de Salah Hamouri qui a préféré une peine d’emprisonnement de sept ans au risque d’une condamnation plus lourde en appel.

Enfin, Charles Enderlin et les membres de sa rédaction auraient ignoré cette injustice cruelle frappant un jeune compatriote emprisonné pour rien et n’auraient réalisé, durant toutes ces années, aucun reportage sur lui ? Voyons, voyons, ce n’est pas crédible.

La mobilisation autour de ce terroriste est une affaire franco-française. Et même une manipulation politique franco-française, visant à ternir l’image d’Israël, à exercer des pressions sur l’Etat juif. Et qui alimente une tension entre la France et Israël.

Par un actif travail de réseautage, des groupes très actifs ont sensibilisé la France profonde et des VIP, en s’appuyant sur un front « Rouge/Vert »,  similaire à celui de manifestations de la « rue Arabe » en France lors de l’Opération Plomb durci, et en présentant un narratif loin de la réalité. Ainsi, lors d’une interview radiophonique en 2008, Denise Hamouri occulte la vérité : elle allègue qu’on reproche à son fils son appartenance aux Jeunesses du « Front populaire », tout en dissimulant la moitié si significative du sigle FPLP : Front populaire pour la libération de la Palestine. Un mouvement au logo éloquent.

Faiblesses de la démocratie
En attirant l’attention sur Salah Hamouri, François Cluzet a mis France 2 dans une situation délicate.

D’une part, la chaîne publique avait été mise en demeure le 13 janvier 2009 par le CSA, saisi le 9 janvier 2009 par le CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France),  pour avoir présenté le 5 janvier 2009 comme reportage sur les dégâts de l’Opération Plomb durci des images sur l’explosion d’un dépôt de munitions du Hamas datant de 2005.

D’autre part, aucun journaliste n’apprécie d’avoir été instrumentalisé, et aucun média ne goûte d’être visé par une (nouvelle) saisine du CSA. Les magazines d’informations réfléchiront vraisemblablement à deux fois avant d’inviter cet acteur, qui sera cependant toujours bienvenu dans les émissions prisant les diatribes anti-israéliennes.

De plus, le parallèle infondé entre Guilad Shalit, otage du Hamas, et Salah Hamouri aura du mal à être avalisé par des ministres ou élus. Ceux-ci vont hésiter à afficher ostensiblement leur soutien à ce terroriste qui n’a jamais présenté de regret. Notons les piques de son comité de soutien contre Bernard Kouchner qui a annulé son rendez-vous avec Denise Hamouri prévu le 18 novembre 2009. Un dommage collatéral de l’affaire Cluzet/Hamouri ? Cependant, Jean-Claude Lefort et Monique Cerisier-ben Guiga, sénatrice socialiste des Français du monde, ont été reçus à l’Elysée le 10 novembre 2009 par Nicolas Galey, conseiller à la présidence de la cellule diplomatique en charge du Proche-Orient .

Cette affaire Hamouri révèle une grave confusion des esprits, similaire à celle remarquée lors d’affaires concernant les extraditions de Cesare Battisti ou Marina Petrella, anciens membres des Brigades rouges et condamnés en Italie pour crimes : soutenir un terroriste visant la destruction de l’Etat juif, une démocratie, c’est sidérant !

Cette crédulité ou cette appétence à l’égard de ce qui diffame Israël est grave, pour l’Etat d’Israël et plus généralement pour tous les pays visés aussi par l’islamisme.

En janvier 2010, l’avocat de ce terroriste devrait présenter une nouvelle demande, qui sera appuyée par son Comité de soutien. Et par la France ? Un officiel français dira-t-il enfin que Salah Hamouri est un terroriste du FPLP, organisation figurant sur la liste des organisations terroristes de l’Union européenne ?


Saisi le 9 novembre 2009 par le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme (BNVCA) présidé par Sammy Ghozlan à propos de deux émissions partiales de France 2 sur Salah Hamouri diffusées en novembre 2009, le CSA (Conseil supérieur de l’audiovisuel) a répondu le 1erdécembre 2009. Le CSA a considéré que les propos de François Cluzet « n'étaient pas constitutifs d'une incitation à la haine ou à la violence. En les diffusant, France 2 n'a donc pas manqué à ses obligations en matière de déontologie et de maîtrise de l'antenne » et « qu'en diffusant, le 22 novembre 2009, un sujet complet sur Salah Hamouri, France 2 avait assuré la diversité des points de vue et l'honnêteté de l'information ». (publication sur le site Internet le 13 janvier 2010).

Comparons avec la rapidité du CSA dans l'affaire al-Dura - silence total - et à l’égard de déclarations du journaliste Eric Zemmour, le 6 mars 2010, sur les contrôles au faciès, lors de l'émission Salut les terriens, présentée par Thierry Ardisson sur Canal + : «Mais pourquoi on est contrôlé 17 fois ? Pourquoi ? Parce que la plupart des trafiquants sont Noirs et Arabes, c’est comme ça, c’est un fait ». Le lendemain, le dimanche 7 mars 2010, Rachid Arhab, président du groupe de travail "Déontologie des contenus audiovisuels" du CSA, a déclaré dans Médias le magazine présenté par Thomas Hughes sur France 5 : le CSA s'était saisi de ces propos « bien avant même la saisine par le MRAP [Nda : Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples] et par le Club Averroès ». Journaliste de France 2 qui l’a « mis en disponibilité » lors de sa nomination au CSA, ce conseiller a ajouté :« C'est une question que nous avons regardée de très près cette semaine, que nous allons continuer d'examiner". Et le 23 mars 2010, le CSA a sanctionné Canal + par une mise en demeure pour ces propos controversés d'Eric Zemmour.


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Article publié le 25 novembre 2009 et modifié le 28 novembre 2011.

mardi 22 novembre 2011

Une délégation de l'Orthodox Union reçue au Consistoire israélite de Paris Ile-de-France


Cet article est republié en mémoire de David Messas, grand rabbin de Paris, décédé le 20 novembre 2011.
Cet article a été publié en américain par Ami magazine et modifié le 26 mai 2011
That article was published in American English by Ami magazine.
  
Deux rabbins de l'organisation juive américaine Orthodox Union (O.U.), Moshé Elefant, coordinateur rabbinique, et Menachem Genack, administrateur, ont été invités par le Consistoire de Paris Ile-de-France (9-12 mai 2011).

Ce Consistoire est l'un des Consistoires locaux institués, avec le Consistoire de France, en 1808 par l'empereur Napoléon 1er. Le Consistoire de Paris Ile-de-France est le Consistoire local le plus important parmi les Consistoires départementaux et régionaux membres du Consistoire central de France.
Au service de communautés
Fondée en 1898, l'O.U. est l'agence de certification cacher la plus importante au monde : elle a accordé sa certification cacher orthodoxe à plus de 500 000 produits dans environ 6 000 entreprises dans 80 pays et dans chaque Etat des Etats-Unis. Elle exige que chaque ingrédient composant le produit à certifier réponde à sa cacherout : pas de mélange entre la viande et le lait, viande provenant d'un abattage rituel juif et d'un contrôle particulier par un shochet juif spécialement formé, absence de tout lien avec le porc, interdiction d'animaux (chevaux, cochons, etc.), visites de contrôle selon une périodicité variable par un rabbin de l'OU, etc. Ses 600 rabbins, dont 50 rabbins coordinateurs au siège newyorkais, connaissent la loi juive, "les techniques modernes de production alimentaire, et les procédés chimiques et biologiques". Sa base informatique contient des "informations sur plus de 250 000 ingrédients alimentaires". Les marques agroalimentaires les plus célèbres sont certifiées par O.U. : Coca Cola, Nestlé, Procter & Gamble, Unilever, etc.

Représentant cette association communautaire majeure aux nombreux domaines d'actions - cacherout, synagogues, social, éducation, culture, etc. -, les rabbins Elefant et Genack ont assisté aux cérémonies pour Yom Hazikaron (Remembrance Day) et Yom Haatsmaout (Jour d'indépendance d'Israël) à la grande synagogue de la rue des Victoires à Paris.
Ils ont aussi visité des communautés et établissements scolaires juifs - l'école Lucien de Hirsch et l'ESEJ -, ainsi que le Centre Edmond Fleg. Situé dans le Quartier Latin, le Centre Edmond Fleg est dédié aux étudiants Juifs.


Le 11 mai 2011, les deux représentants de l'O.U. ont dialogué avec les rabbins parisiens en charge des services de la cacherout. A la grande synagogue de la rue des Victoires, ils étaient les invités d'honneur du déjeuner d'une gastronomie française cacher raffinée en présence de responsables de ce Consistoire et de rabbins de communautés franciliennes. Les convives ont pu goûter un vin dont l'étiquette était revêtue des logos de la cacherout de l'O.U. et du Beth Din de Paris (KBDP). Emanant de ce Consistoire, le KBDP a vu ses marges réduites par la multiplication des labels cacher, notamment celui du Rabbinat Loubavich de France.


Fils de l'ex-chef sépharade de Jérusalem, le grand rabbin de Paris David Messas s'était rendu aux Etats-Unis voici quelques mois à l'invitation de l'OU. Lors de ce déjeuner parisien, son discours vibrant était centré sur la nécessité du Tikkoun Olam ("réparation" du monde) par la fraternité, l'amour d'Israël et l'unité.


Puis, le Rav Jermiyahu M. Kohen, Av Beth Din, a loué la compétence des rabbins de l'OU.

Quant à Joël Mergui, président du Consistoire de Paris Ile-de-France, il a souligné la caractéristique de ce Consistoire francilien : une organisation communautaire sans but lucratif. Ainsi, il a rendu hommage aux rabbins qui ont remis des repas spéciaux pour Pessah aux Juifs hospitalisés, emprisonnés, dans l'Armée, etc. Il a souhaité que la nourriture cacher soit à la portée de tout Juif, y compris les plus démunis, et a mis l'accent sur l'élargissement de la gamme de produits cacher. Il a aussi désiré que "plus de Juifs se rapprochent de la communauté Juive institutionnalisée et du judaïsme au travers de la nourriture cacher et de l'éthique". Il a brièvement mentionné le combat du Consistoire pour empêcher une interdiction européenne de l'abattage rituel Juif (shehita).


Un rabbin de l'OU a souligné la mission de l'OU, "une organisation communautaire" guidée par des considérations religieuses et sociales.

Après des prières, les rabbins Elefant et Genack ont participé à un séminaire du Beth Hamidrach des rabbins de Paris.

"Le KBDP est une certification cacher française et européenne importante. L'OU a des standards élevés de certification cacher et déploie une activité européenne et mondiale. De représentants de l''OU et du Consistoire de Paris se sont rencontrés pour envisager des partenariats dans l'intérêt des communautés juives. Nous partageons les mêmes buts : servir la communauté Juive. Nous souhaitons optimiser nos actions. L'industrie alimentaire sera plus intéressée dans la production de produis cacher si nous proposons une échelle qui inclut le marché américain, en plus de celui français", m'a confié le président Joël Mergui, le 11 mai 2011. Il a ajouté que des activistes qui soutiennent les boycotts de produits cacher risquent d'exercer des pressions pour intimider les industriels de l'agro-alimentaire.

"L'OU et le Consistoire de Paris ont défini de stricts critères de certification cacher. Leurs activités sont complémentaires. Aussi, une synergie sera positive pour les deux organisations. Par exemple, l'OU bénéficie de l'expertise du Consistoire de Paris en matière de production de vins cacher en France. Des milliers de bouteilles certifiées cacher par l'OU et le KBDP sont venues", m'a dit Alain Korcarz, chargé de mission auprès du grand rabbin Messas. Alain Korcarz dirige une entreprise "leader européenne dans la boulangerie et viennoiserie cacher" et dont les deux sites de production ont reçu quatre labels de cacherout, dont ceux de l'OU et du KBDP.


"Notre impression de la communauté juive française a été très positive. Nous avons été impressionnés par la vie juive riche à Paris. Les synagogues, les écoles, les institutions juives, les restaurants... Tout nous a montré une communauté en croissance et très vibrante", m'a indiqué le rabbin Moshe Elefant, le 25 mai 2011.


Et d'ajouter : "Nous avons été particulièrement impressionnés par le travail du Beth Din de Paris et de son équipe, tant laïque que professionnelle. Nous sommes très intéressés par l'opportunité de continuer à développer nos relations avec le Consistoire afin de faciliter la disponibilité de tous types de nourritures cacher pour le public qui les demande, tant en Europe qu'aux Etats-Unis. La communauté bénéficiera de ce co-marketing".


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mercredi 16 novembre 2011

Mon interview par Radio Chalom Nitsan le 17 novembre 2011


Le 17 novembre 2011, vers 13 h 40, pendant environ 15 minutes, je serais été interviewée par Radio Chalom Nitsan, radio Juive de la Côte d’Azur.
J’y évoquerai la procédure d’indemnisation des Juifs originaires de Tunisie et du Maroc par la Claims Conference ainsi que le diner pour les 30 ans de Radio J, radio Juive parisienne, qui s'est tenu le 15 novembre 2011 à Paris. Claude Guéant, ministre de l'Intérieur chargé des Cultes, était l'un des invités d'honneur de ce diner placé sous la thématique des Résistances.

J'inviterai les auditeurs à lire l’interview de Maitre Axel Metzker portant sur l’assassinat de Sébastien Selam.

Mon interview par Radio Chalom Nitsan du 25 mars 2010
Mes interviews par Radio J et par Radio Chalom Nitsan (podcast) des 24 et 25 novembre 2010
Interview par Radio Chalom Nitsan ce 31 mars 2011
Mon interview par Radio Chalom Nitsan le 17 novembre 2011

Mon interview sur Radio Chalom NItsan le 16 février 2012 à 13 h
Mon interview sur Radio J le 27 avril 2012 sur le « vote Juif pour Marine Le Pen »

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Cet article a été modifié le 17 novembre 2011 à 8 h 42.

mardi 25 octobre 2011

« Cristina’s History » de Mikael Levin


Après le Musée d’art et d’histoire du Judaïsme (MAHJ), le Centre  culturel portugais en Guinée Bissau présente l’exposition éponyme assortie d’un catalogue du photographe Mikael Levin. Des clichés, à valeur documentaire et poétique, en noir et blanc, pris entre 2003 et 2005, sur l’itinéraire de sa famille juive sur quatre générations, de Zgierz (Pologne centrale) en Guinée Bissau (Afrique) via Lisbonne (Portugal). Une réflexion qui se veut universelle sur les mémoires et les identités, les exils et les racines, le temps et l’histoire. Dans une salle contigüe, sont montrées des œuvres de Marek Szwarc (1892-1958), peintre, sculpteur et grand-père de Mikael Levin.


Mikael Levin est né en 1954 à New York, où il vit. Il a également résidé en France et en Israël.

Il débute sa carrière, à la fin des années 1970, comme photographe de paysages.

Ainsi, en 2003, « Notes from the Periphery » a été présenté en 2003 à la Biennale de Venise. Un travail sur trois lieux liés au commerce triangulaire d’esclaves : Nantes (France), Sénégal (Afrique), Laventille (Port d’Espagne ou Port of Spain, île de Trinité dans les Caraïbes).

A Paris, deux expositions importantes lui sont consacrées. La Bibliothèque nationale de France (Bnf) a montré quatre séries de clichés - « Border crossings » (1993), « Common places » (1996-1998), « Elsewhere » et « Chambres d’amis » (2000) – sur les méditations de ce photographe sur la frontière, l’espace urbain et les décors de maisons.

Au Musée des archives nationales un lieu était dédié à la confrontation de ses clichés (War Story, 1995-1996) et d’extraits de In Search  (1950), l’autobiographie de son père, l’écrivain Meyer Levin (1905-1981), chargé en 1945, au sein de l’Armée américaine, de retrouver les vestiges des communautés juives européennes et qui a découvert la Shoah dans le « cœur noir de l’Allemagne ».

La galerie parisienne Gilles Peyroulet & Cie, qui le représente, a présenté en 2008 « Seuil/ Threshhold » et au printemps 2010 « Prince Aniaba, il n'y a donc plus de différence entre vous et moi que du noir au blanc ».

L'« œuvre photographique – principalement en noir et blanc – de Mikael Levin questionne les notions d’identité, de mémoire et donc d’oubli ; elle prend la forme d’enquêtes, d’explorations, dont elle offre des traductions visuelles ».

Cristina’s History
Coproduction du Point du Jour (Cherbourg) et du Museu Colecção Berardo (Lisbonne), co-éditeurs du catalogue, qui l’ont présenté en 2009, Cristina’s History est un projet coordonné au MAHJ par Nathalie Hazan-Brunet et Juliette Braillon-Philippe.

Conjuguant aspects autobiographiques, documentaires et poétiques, l’exposition a été distinguée par le prix Maratier de la Fondation Pro-MAHJ, héritière de la Fondation Kikoïne.

Cristina’s History est un « récit en images qui retrace, à travers l’histoire européenne moderne, faite d’espoirs sans cesse anéantis et refondés », l’itinéraire, sur quatre générations, de la famille juive de l’artiste, de Zgierz (Pologne centrale), à la Guinée-Bissau (Afrique), via Lisbonne (Portugal). Le photographe n’apparaît pas dans ses photos empreintes de rigueur.

À « ces trois lieux, photographiés entre 2003 et 2005, correspond, à chaque fois, un récit qui croise la biographie des personnages et les événements historiques auxquels elle est liée. La nostalgie n’y a pas sa place, et pas davantage l’affirmation d’une identité intangible. Au contraire, cette histoire atteste de la possibilité d’inventer sa vie, à partir d’une tradition ».

A caractère personnel et historique, les textes de l’exposition évoquent le passé, les itinéraires de membres de la famille du photographe et relèvent de l’intime. Quant aux images, elles reflètent un présent, des paysages urbains, des lieux publics dont cette parentèle est absente. Entre l’espace narratif et l’espace géographique, cette exposition tisse des liens étroits, personnels.

Dans « chacun des trois espaces, des images sont projetées (paysages urbains, photos de famille, manuscrits, cartes postales d’époque), des photographies sont présentées, et un texte dit par l’artiste évoque, à travers l’histoire familiale, l’histoire de la modernité, des guerres, des empires, du colonialisme ».

Le catalogue trilingue français/anglais/portugais présente 124 photographies en trichromie. Il est composé de trois chapitres d’images (Zgierz, Lisbonne, Guinée-Bissau), chacun étant précédé d’un récit de Mikael Levin. Les photographies sont présentées bord à bord, formant « une bande horizontale continue sur toute la largeur des doubles pages ».

Les textes sont signés de Carlos Schwarz, agronome vivant en Guinée-Bissau et cousin de l’artiste ; Jonathan Boyarin, spécialiste en études juives modernes, auteur de Pouvoirs de Diaspora (Le Cerf, 2007) ; Jean-François Chevrier, historien d’art, auteur d‘une monographie consacrée à Jeff Wall (Hazan, 2006) et collaborateur au livre Tulle du photographe Patrick Faigenbaum (Le Point du Jour, 2007).

Présentation par Mikael Levin
« J’ai rencontré Cristina da Silva-Schwarz en 2003 en Guinée-Bissau.

Quatre générations plus tôt, notre ancêtre Isuchaar Szwarc, un célèbre érudit juif, vivait à Zgierz, en Pologne centrale. Au cours de son existence, il assista à la transformation de cette petite ville médiévale sous l’effet de l’industrialisation. Il mourut alors que les nazis exterminaient les communautés juives (Ndlr : curieusement, le communiqué de presse traduit ainsi cette phrase : « Il mourut alors que les nazis resserraient leur étau sur la communauté juive »).

Le fils aîné d’Isuchaar, Samuel, s’était installé au Portugal durant la Première Guerre mondiale. Devenu ingénieur des mines, il y vécut les dernières décennies de l’époque coloniale.

La fille de Samuel, Clara, née à Lisbonne, partit en Guinée portugaise en 1947. Là-bas, elle et son mari jouèrent un rôle important dans le mouvement anticolonialiste. Depuis l’indépendance, Carlos, leur fils cadet, se consacre, en tant qu’agronome, au développement agricole de ce pays, parmi les plus pauvres au monde.

Cristina est la fille aînée de Carlos.

J’avais toujours entendu parler de l’histoire de cette branche de ma famille, et il m’est finalement apparu qu’elle incarnait cette foi positiviste moderne dans la mobilité et le progrès.

Les familles juives sont souvent marquées par la dispersion et les migrations, des traits qui caractérisent aujourd’hui la population mondiale en général. Mes images concernent des lieux très précis, mais mon but est d’aller au-delà des identités restreintes d’une communauté, quelle qu’elle soit. C’est cette tension entre le proche et le lointain qui m’intéresse.

Les notions de multiplicité, d’errance et d’exil, telles qu’elles apparaissent dans cette histoire particulière, pourraient servir à définir une identité culturelle différente, fondée sur la tolérance et l’expérience partagée ».

Marek Szwarc, peintre et sculpteur
Dans une salle contiguë, on peut voir des oeuvres de Marek Szwarc (Zgierz, 1892–Paris, 1958), peintre et sculpteur, grand-père de Mikael Levin, dont le MAHJ détient une collection importante, résultant de dons de la fille de l’artiste, Tereska Torres-Levin, et de la famille du critique Georges Brazzola.

S’il est souvent associé aux artistes de l’École de Paris, Marek Szwarc a suivi un parcours particulièrement original. Issu d’un milieu intellectuel, il se rend à Paris en 1910. Là, il étudie à l’École des beaux-arts, séjourne à La Ruche, où il contribue à la création de la première revue d’art juif, Makhmadim.

En 1914, très lié aux cultures juive et polonaise, il retourne en Pologne. Il s'y marie à Evguenia Markova, écrivain, et participe aux mouvements d’avant-garde, tel le Yung-Yidish.

Les thèmes bibliques, juifs et chrétiens (crucifixion), l’inspirent. Il se convertit au catholicisme en 1919.

Il « s’installe définitivement à Paris, où, proche du cercle de Jacques Maritain, il va se consacrer essentiellement à l’art sacré ».

En 1940, il rejoint l’armée polonaise en France, puis en Écosse, pour lutter contre le nazisme.

Il décède à Paris en 1958.

Jusqu'au 28 octobre 2011
Au Centre culturel portugais
Guinée-Bissau
Jusqu’au 18 juillet 2010
Hôtel de Saint-Aignan
71, rue du Temple, 75003 Paris
Tél. : 01 53 01 86 48
Ouvert du lundi au vendredi de 11 h à 18 h et le dimanche de 10 h à 18 h
Nocturnes les mercredis jusqu’à 21 h.

Vidéo de l’installation au Berardo Foundation Museum

Mikael Levin, Cristina’s History. Le Point du Jour (Cherbourg) et le Museu Colecção Berardo (Lisbonne), 2009. 164 pages. ISBN : 978-2-912132-60-4 / 32 euros

Visuels de haut en bas :
Mikael Levin, Cristina’s History © Mikael Levin

Mikael Levin, Marché, centre-ville © Mikael Levin

Mikael Levin, Feira da Ladra © Mikael Levin


Mikael Levin, Bairro Alto © Mikael Levin

Mikael Levin, Bissau © Mikael Levin


Mikael Levin, Bissau, Centre - ville © Mikael Levin

Les citations sont extraites du dossier de presse et d’un de mes articles sur une exposition à Paris de ce photographe.

Cet article a été publié une première fois à l'été 2010 et modifiée pour la dernière fois le 25 octobre 2011.