vendredi 1 mai 2026

Sylvin Rubinstein (1914-2011)

Sylvin Rubinstein (1914-2011) était un danseur et travesti juif russe. Sa jumelle Maria et lui constituèrent un duo célèbre de flamenco dans l’Europe des années 1930, sous le nom de « Dolorès et Imperio ». Durant la Deuxième Guerre mondiale, il a résisté au nazisme. Le documentaire « Sylvin Rubinstein, le danseur qui tuait les nazis » (Vergissmeinnicht. Sylvin Rubinstein, Tänzer des Lebens) de Lorenz Findensen, et, au Théâtre Actuel La Bruyère, « Dolores », pièce de Yann Guillon et Stéphane Laporte, mise en scène par Virginie Lemoine et interprétée par Olivier Sitruk, François Feroleto en alternance avec Emmanuel Curtil, Joséphine Thoby, Sharon Sultan, Ruben Molina en alternance avec Carlos Escudero Ramirez, Cristo Cortes, Dani Barba en alternance avec Paul Buttin, évoquent sa vie.


Né à Moscou, Sylvin Rubinstein (1914-2011) était un danseur et travesti juif russe. Sa jumelle Maria et lui « devinrent les chefs de file du flamenco dans l’Europe des années 1930, sous le nom de « Dolorès et Imperio ». Il forment un duo célèbre.

Pendant la Deuxième Guerre mondiale, Sylvin Rubinstein oeuvre dans la résistance au nazisme. Ses actions dans la résistance polonaise sont retracées notamment dans « Dolores & Imperio: Die drei Leben des Sylvin Rubinstein » (Dolores & Imperio. Les trois vies de Sylvin Rubinstein) de Kuno Kruse.

« Sylvin Rubinstein, le danseur qui tuait les nazis »
La série documentaire « Les oubliés de l'Histoire » propose « une traversée haletante de l’histoire européenne du XXe siècle à travers les destins extraordinaires d’hommes et de femmes étonnamment peu connus du grand public ».

Arte rediffusa, dans la série « Les oubliés de l'Histoire » de Jacques Malaterre, « Sylvin Rubinstein, le danseur qui tuait les nazis » (Vergissmeinnicht. Sylvin Rubinstein, Tänzer des Lebens), documentaire par Lorenz Findensen. Sylvin Rubinstein, « chef de file du flamenco dans l’Europe des années 1930, effectua ses missions, au sein de la résistance, travesti en femme... » Un danseur résistant juif.. 

Sylvin Rubinstein (1914-2011) et sa sœur jumelle Maria sont nés à Moscou, alors dans l’empire tsariste. Ils sont les enfants illégitimes d’une danseuse juive polonaise et de Nikolai Pjetr Dodorow, prince russe et officier du tsar Nicolas II.

Lors de la Révolution russe, les bolcheviques tuent son père, aristocrate.

La famille Rubinstein fuit pour se réfugier à Riga (Lettonie) en 1924. Les enfants suivent des cours de danse classique auprès d’une danseuse étoile, puis apprennent le flamenco.

A Brody (maintenant en Ukraine), les jumeaux dansent sur les places de marché pour survivre. Adolescents, ils dansent en couple, et avec succès, le flamenco sous le nom de Imperio y Dolores. Ils sont réclamés non seulement en Europe, mais aussi en Australie et aux Etats-Unis. 

Sylvin Rubinstein et sa jumelle Maria « devinrent les chefs de file du flamenco dans l’Europe des années 1930, sous le nom de « Dolorès et Imperio ».


Lors de l’invasion de la Pologne par le IIIe Reich le 1er septembre 1939, Sylvin et Maria Rubinstein se produisent à l’Adria Théâtre de Varsovie. Juifs, ils sont contraints de rejoindre le ghetto de la ville. Selon Sylvin Rubinstein, il parvient à s’échapper du ghetto en s’emparant de l’arme d’un garde et en tuant plusieurs officiers de la Gestapo.

« Entré dans la résistance après l’invasion de la Pologne, par le biais de Kurt Werner, un major allemand » anti-nazi et admirateur du couple d’artistes, Sylvin obtient par Werner de faux papiers pour sa sœur et lui. Werner les exhorte à trouver un abri en Suisse. Mais Maria Rubinstein essaie de retrouver sa mère, qui était retournée à Brody. Maria et sa mère sont tuées à Treblinka.

En 1943, Sylvin Rubinstein est caché notamment au monastère de Saint-Michel l’Archange de Miejsce Piastowe. Sous le nom de Silwan Turski, Sylvin Rubinstein retourne à Berlin. Il « effectua ses missions travesti en femme après la mort de sa sœur, victime des nazis… » Sylvin Rubinstein effectue des missions de sabotage et de meurtres en se faisant passer pour une femme.

Après la Deuxième Guerre mondiale, Sylvin Rubinstein reprend son métier de danseur. Il incarne sur scène sa sœur Dolorès. Il témoigne aussi, en Allemagne occupée par les Alliés, en faveur du Major Werner devant les Américains. Il obtient la libération de cet officier allemand avec lequel il reste en relation jusqu’à sa mort à l’âge de 93 ans.

Sylvin Rubinstein poursuit sa carrière dans les années 1950 dans des music-halls – en 1951, le compositeur Michael Jary lui a dédié la chanson Die Beine von Dolores -, puis dans des clubs de Hambourg.

Sylvin Rubinstein prend sa retraite vers 1970.

En 2003, Er tanzte das Leben (Dancing His Life), documentaire de Marian Czura et Kuno Kruse évoque son parcours. Lors des projections du film, Sylvin Rubinstein apparaissait aux yeux des spectateurs médusés en danseuse de flamenco, à la silhouette élancée, et avec une maîtrise de cette danse aux castagnettes non altérée par l’âge.

Sylvin Rubinstein décède à Hambourg (Allemagne) en 2011. Il est enterré au cimetière juif d'Ohlsdorf à Hambourg-Ohlsdorf.

« Dolores »
Le Théâtre Actuel La Bruyère présente « Dolores », pièce de Yann Guillon et Stéphane Laporte, mise en scène par Virginie Lemoine.

« Sylvin et Maria Rubinstein, frère et soeur jumeaux, rencontrent un succès international dans les cabarets des années 30 avec un numéro de flamenco phénoménal. Ensemble, ils forment le couple vedette d’Imperio et Dolorès. Mais leur ascension va vite être brisée par la montée du nazisme. »

« Découvrez comment un homme qui ne rêvait que de danser sa vie avec sa soeur va devenir un résistant à l’oppression en accomplissant une vengeance aussi impitoyable que spectaculaire. »

« Danseur, travesti, tueur de nazis : certains destins sont plus incroyables que d’autres »
« La tourmente de l’Histoire transforme parfois les quidams en héros. Sylvin Rubinstein, qui n’attendait de la vie que de danser le flamenco avec sa sœur jumelle Maria, entre dans la résistance contre les nazis. Après plusieurs mois dans le ghetto de Varsovie, il s’allie à Kurt Werner, officier de la Wehrmacht et résistant, et mène des actions de plus en plus dangereuses. Hanté par la disparition de sa soeur aux mains des nazis, il prend son apparence, et c’est en tenue de Dolores, le nom de scène de Maria, qu’il accomplit un acte d’une violence inouïe. »

« Au soir de sa vie Sylvin Rubinstein lève le voile sur son destin, de peur que le souvenir de Maria s’éteigne en même temps que lui. »

C'est curieux que ces textes de présentation omettent le mot "juif", et "Shoah".


Note d’intention des auteurs Yann Guillon et Stéphane Laporte

« Certaines histoires sont plus incroyables que d’autres.
Celle que Sylvin Rubinstein se décida de révéler à plus de quatre-vingts ans, après toute une vie de silence, est sidérante.
Il nous a fallu la recommandation aléatoire d’un réseau social pour avoir la chance de visionner un épisode de la série documentaire « Les Oubliés de l’Histoire » qui lui était à juste titre consacré.
En quelques minutes à peine, nous avons été happés par le récit que fait de sa vie de ce héros-antihéros.
Lorsque l’émission a brossé le tableau de Sylvin dansant sur un toit de Berlin un flamenco illuminé par les bombes américaines en 1944, aucun doute n’était permis : nous devions partager ce témoignage. C’était une évidence, une nécessité.
La forme s’est décidée d’elle-même dès le début du processus créatif. 
Il était impensable d’adopter les conventions du théâtre musical classique. Puisque Sylvin était danseur, il était difficile d’imaginer des chansons pour accompagner les différentes étapes de sa vie. En revanche, nous disposions de la possibilité d’inclure des moments de flamenco qui viendraient ponctuer le récit, tantôt de façon réaliste, tantôt onirique, et c’était en cela que la pièce pourrait trouver son identité musicale.
Dès lors, nous avons eu le souci
d’élaborer le texte en alternant des moments de dialogue (ou de monologue, car à plusieurs reprises le personnage de Sylvin fait « tomber le quatrième mur ») et de danse. Le côté viscéral du flamenco, que ce soit dans le flamboiement ou dans le tragique, servirait de contrepoint au récit.
Il ne nous restait plus qu’à suivre les souvenirs de Sylvin Rubinstein afin de retracer cette histoire singulière : une histoire de passion pour la danse, mais aussi de lutte, de survie et de vengeance, une histoire à la fois faite de rencontres inattendues et de séparations déchirantes.
Mais c’est aussi et surtout une histoire d’amour absolu entre un frère et une soeur, déterminés à ne faire qu’un, quoi qu’il arrive…
Tous les éléments de la tragédie étaient présents. Nous n’avions plus qu’à les ordonner pour leur conférer une logique théâtrale et un liant chorégraphique. La contribution de Virginie Lemoine, tant dans ses choix toujours astucieux que dans le souci du détail de sa direction d’acteurs, sera la pierre angulaire de l’édifice. »

« Note d’intention de Virginie Lemoine »

« À 87 ans, Sylvin Rubinstein revient pour la première fois à l’Adria, célèbre cabaret où, en 1933, il a fait ses débuts aux côtés de sa soeur jumelle Maria.
Il est tard, et Joseph, le serveur du lieu, passe un dernier coup de balais en prêtant une oreille - de plus en plus attentive - à Sylvin, qui a la nostalgie bavarde.  
Le vieil homme n’est guère loquace habituellement, mais ce soir tout est différent : le lieu le bouleverse, et la bienveillance du serveur le conforte. 
Il se lance et, pour la première fois de sa longue existence, il va raconter son destin hors du commun : sa carrière de danseur de flamenco fauchée au sommet de sa gloire, son amour brisé pour sa soeur jumelle et vénérée Maria, ses traumatismes, ses blessures et sa rage, le réseau de résistance qu’il rejoint et au sein duquel il s’illustre de façon exemplaire, avec parfois des habits de femme, sa folle danse sur le toit de l’hôpital lorsque Berlin est enseveli sous les bombes.
Une épopée extravagante inspirée du propre récit de Sylvin Rubinstein…
Mais laissons-nous glisser dans l’histoire : 1933, l’Adria !! Sylvin fait ses débuts aux côtés de sa soeur Maria. Ils sont encore de simples débutants et se présentent au culot dans un cabaret de renom.
Le lieu retrouve aussitôt ses couleurs d’antan, Sylvin redevient un bel adolescent et Maria apparaît. 
Leur numéro de flamenco est phénoménal.
Ils deviennent « Imperio et Dolores », entament une carrière internationale, voyageant dans le monde entier… avant de s’établir à Berlin et de croiser un soir un défilé impressionnant de chemises brunes.
C’est la fin de l’insouciance.
Ils choisissent de rentrer à Varsovie.
Sylvin est alors arrêté lors d’un contrôle
et jeté dans la cauchemardesque prison
Paviak, où le pire l’attend.
Il s’échappe et retrouve sa soeur. Mais l’armée allemande envahit la capitale, érigeant un ghetto dans le quartier juif où les jumeaux se retrouvent rapidement emmurés.
Sylvin refuse de plier l’échine. Au bout de quelques mois, il parvient à passer de l’autre côté du mur, via l’arrièreboutique d’un salon de coiffure, sa main dans la main de sa soeur.
Les jumeaux sont déterminés : Maria décide d’aller chercher leur mère à Brody et, en attendant leur retour, Sylvin veut offrir ses services à la résistance.
Il dépose sa soeur à la gare… et pour la première fois de leur vie, ils se séparent.
Leur chrysalide se déchire.
Sylvin raconte alors avoir intégré un réseau de résistance, celui de Kurt Werner, officier de la Wehrmacht et opposant de la première heure au régime nazi.
Ils enchaînent ensemble les actes de résistance les plus insensés.
Mais le temps passe… et Sylvin est sans nouvelles de Maria.
C’est Kurt qui, bien malgré lui, va jouer les Cassandre en lui annonçant un jour que Brody a été bombardé, et les survivants jetés dans un train.
Sylvin le pressent, Sylvin le sait… sa jumelle est morte.
Le chagrin est abyssal, l’absence devient insupportable. Alors, pour la supporter, il devient sa soeur, c’est pour lui une question de survie… et dès lors c’est « Dolores » qui pose les bombes.
Dans l’obscurité de l’Adria qui va bientôt fermer ses portes, devant un serveur fasciné, Sylvin Rubinstein 87 ans poursuit son récit : la fin de la guerre, les autorités américaines auprès desquelles il vole pour faire libérer Kurt Werner, le flamenco qu’il va danser désormais seul, affublé de robes à volants… les lettres que Kurt lui adresse tout au long de sa vie et auxquelles il ne répondra jamais…
Pourquoi ?…
Pour illustrer ce parcours foisonnant où une foultitude de personnages se croisent dans une foultitude de lieux, où il nous est donné de faire sans cesse des bonds dans l’espace et le temps - retrouvant régulièrement Sylvin âgé à l’Adria - la technique est essentielle.

Le décor
Le principe en sera très épuré.
En fond de scène, à un mètre du mur du fond environ, pendront à cour et à jardin deux voilages froissés aux tons gris pierreux, qui se coloreront comme des cyclos en fonction des éclairages, offrant parfois de la transparence (que nous utiliserons pour faire disparaître des personnages ou pour assister à la métamorphose de Sylvin en Maria), où qui serviront de support à diverses projections (le défilé de chemises brunes, le mur de brique du ghetto, le salon de coiffure, entre entres).
Les seuls éléments tangibles du décor seront deux tabourets et une haute table en bois.
Cette table figurera beaucoup de lieu : l’Adria où Sylvin est attablé à 83 ans, le petit deux-pièces des jumeaux, le palier du ghetto (Sylvin et sa soeur s’installeront par terre entre ses pieds, éclairés par une ampoule installée sous le plateau de la table), le balcon de la villa de Kurt à Krosno (la table mise sur la tranche, le plateau vers le public, recouvert de lierre), la petite chambre de Sylvin plus tard (la table mise sur la tranche pieds vers le public, l’intérieur du plateau recouvert de papier à mur jauni, éclairé au centre par une applique).

La bande-son
Elle illustrera les explosions, les portes en ferraille et les verrous de la prison Paviak, les bruits de bottes, les ordres en allemand, et accompagnera les courts films d’époque (la foule insouciante en dehors du ghetto, les trains qui partent lorsque les jumeaux se séparent, entre autres). Certains bruitages seront de véritables partenaires pour Sylvin lorsqu’il racontera la prison Paviak, par exemple, ou l’attentat à la grenade qu’il a commis dans les habits de Dolores.

La musique
Un chanteur/joueur de cajòn et un guitariste accompagneront les danses de flamenco, mais ponctueront aussi le récit en lui donnant parfois une couleur particulière (Maria écrivant à sa mère, ou les adieux des jumeaux sur un quai de gare).
Les musiciens interpréteront aussi quelques personnages secondaires, et participeront de façon très chorégraphiée à l’installation des éléments sur scène (l’emplacement de la table variera en fonction du récit, se retrouvant côté cour, côté jardin, ou fond de scène, et sera donc parfois déposée sur la tranche).

Les chorégraphies
Le flamenco tient une place essentielle dans le récit. La musique sera toujours jouée en direct, et le spectacle agrémenté de nombreuses chorégraphies (utilisant parfois des éventails ou des castagnettes). Lorsque Sylvin danse sur le toit de l’hôpital alors que les bombes pleuvent à Berlin, le danseur sera juché sur un échafaudage (une installation en acier servant à accrocher les projecteurs).

Les rôles
Sylvin Rubinstein sera joué par un seul comédien. Pour qu’il se mue en homme de 87 ans, un rendez-vous ponctuel sous une douche aux teintes ambrées creusera ses traits, le vieillissant immédiatement. Sa voix deviendra aussitôt plus rocailleuse, et ses gestes plus lents. Lorsqu’il incarnera Sylvin pendant ses jeunes années, son rythme sera vif et sa voix assurée. Et quand il deviendra Dolores, son phrasé sera juste un peu plus mélodieux et ses gestes plus ronds.
Maria aura une grande communauté de traits avec son frère, mais pourra cependant paraître un peu plus jeune, figée dans le souvenir qu’il garde
d’elle, « Elle aura toujours 25 ans, j’en ai 87 » explique Sylvin à Josef, le garçon de café. Beaucoup moins impulsive que lui, mais aussi courageuse et déterminée, Maria pourra apparaître comme l’incarnation d’une véritable force de fragilité.
Kurt Werner n’intervient le premier tiers de la pièce passé, ce qui permettra au comédien d’incarner avant lui toute une galerie de personnages hauts en couleur (Josef le serveur de l’Adria à qui Sylvin se confie, Madame Litwinova l’excentrique et exigeante professeure de danse, Rubstein le cousin dans le ghetto ou Zalenska qui cache courageusement les jumeaux lorsqu’ils s’évadent). Les personnages seront sobrement symbolisés par quelques accessoires. Kurt Werner fera une entrée officielle, du fond de la scène, et sera évidemment vêtu de l’uniforme de la Wehrmacht.
Deux danseurs incarneront Imperio et Dolores. Nous soignerons les passages de relais entre le couple de danseurs et le couple de comédiens pour que le code soit rapidement établi (en passant par exemple derrière les voilages côté cour et côté jardin, Maria et Sylvin deviendront Imperio et Dolores).

La direction d’acteur
J’ai coutume de commencer les répétitions par des lectures à la table, mais en tête-à-tête avec chaque comédien. Je considère l’élaboration des personnages comme un travail très personnel, qui requiert souvent de la solitude et du temps. Nous cherchons ensemble, nous envisageons le ou les caractères, et le fait d’être seul à seul facilite la réflexion, rendant souvent ensuite le travail plus fluide.
Lorsque les répétitions à proprement parler commencent, chacun à une idée de son parcours, et « l’orchestre » peut progressivement commencer à jouer, chaque instrument ayant été doucement accordé au préalable. Il reste bien sûr un long temps consacré à la genèse, à l’exploration précise de chaque étape qui jalonne le récit et à l’évolution des personnages.
Des séances sont ensuite envisagées avec la troupe entière pour que les chorégraphies et le jeu se répondent, et que le déplacement des décors accompagne avec fluidité le déroulement de l’histoire.
« Monsieur Rubinstein, vous êtes un héros » déclare Josef, le serveur de l’Adria lorsque Sylvin âgé de 87 ans achève son récit.
« Un héros ? Non, lui répond Sylvin.
J’étais un innocent, ils ont fait de moi un assassin. Moi, je ne demandais qu’à danser avec ma soeur. Au lieu de ça, j’ai grandi sans elle… j’ai vieilli sans elle ».
Nous espérons surtout qu’au-delà de son épopée, notre spectacle saura prendre la forme d’un véritable hommage à l’héroïsme de Sylvin Rubinstein. »

Virginie Lemoine
Mise en scène

« Virginie Lemoine a fait ses études d’art dramatique au conservatoire de Rouen. Elle crée en 1982 Les Ginettes et fait ainsi la première partie entre autre de Juliette Gréco.
Elle intègre de 1987 à 1990, la troupe du théâtre du hangar avec laquelle elle fait de nombreuses tournées et festivals. Elle rejoint l’équipe du Vrai faux journal de Claude Villers sur France Inter de 1990 à 1993 et participera à de nombreuses émissions tout en continuant la scène.
Elle obtient avec Laurent Gerra en 1997 un Molière pour leur spectacle au Théâtre Déjazet, et le prix d’humour de la SACEM.
En 1999, Virginie met fin au duo et anime La Grosse Emission sur la chaîne Comédie, tout en continuant sa carrière de comédienne. Elle incarne de nombreux rôles au théâtre. Elle joue récemment dans Piège mortel d’Ira Levin aux cotés de Nicolas Briançon, Meurtre Mystérieux à Manhattan ou dernièrement dans Spiridon Superstar, d’après le roman de Philippe Jaenada, qu’elle co-met en scène avec Laury André.
Depuis 2008, Virginie écrit et met en scène plusieurs pièces de théâtre : Une diva à Sarcelles, Brigitte directeur d’agence, Les Maurice Girls, Le Bal. Depuis 2016, elle met en scène 31, Chagrin pour soi, co-écrit avec Sophie Forte ou encore Suite française ou encore, créé à Avignon en 2022, La vie est une fête, de Lilian Lloyd, et dernièrement Dolores, qui sera créé à Avignon en 2023.
Elle tourne également pour le cinéma et la télévision, en incarnant Marion Ferrière, l’héroïne de la série Famille d’accueil de 2001 à 2016, et plus récemment Marianne Raguenelle dans Meurtres à Valenciennes de Elsa Bennett et Hyppolyte Dard. »


ARTE France, Les Films du Tambour de soie, Sara M, France, 2014, 27 min 
Sur Arte le 14 janvier 2017 à 17 h 40, le 24 février 2018 à 16 h 30
Visuel : © Les Films du Tambour de la soie


Du 29 août 2025 au 17 mai 2026
Un texte écrit par Yann Guillon et Stéphane Laporte
Mise en scène Virginie Lemoine
Atelier Théâtre Actuel, en coproduction avec Fiva Production, IMAO, RSC P et Macal Prod
Avec le soutien de l’Espace culturel Bernard Dague de la ville de Louvres, de la Fondation Rothschild et de la galerie Olivier Waltman
1h30
5, rue La Bruyère. 75009 Paris
Assistant mise en scène Laury André
Scénographie Grégoire Lemoine
Costumes Julia Allègre
Lumières et vidéo Mehdi Izza
Création sonore Vincent Lustaud
Chorégraphie Marjorie Ascione en collaboration avec Sharon Sultan et Ruben Molina
Avec Olivier Sitruk
François Feroleto en alternance avec Emmanuel Curtil
Joséphine Thoby
Sharon Sultan (Maria, danseuse)
Ruben Molina (Sylvin, danseur) en alternance avec Carlos Escudero Ramirez
Cristo Cortes (chanteur et musicien)
Dani Barba (musicien) en alternance avec Paul Buttin
La pièce Dolores de Yann Guillon et Stéphane Laporte est représentée par l’agence DRAMA www.dramaparis.com
Du mercredi au dimanche Les mercredis, jeudis, vendredis et samedis à 21h
Le dimanche à 17h


Articles sur ce blog concernant :
Les citations sont d'Arte. Cet article a été publié le 11 janvier 2017, puis le 23 février 2018.