lundi 18 mai 2020

Chrétiens d'Orient - Deux mille ans d'histoire


L’Institut du monde Arabe (IMA) présenta l’exposition Chrétiens d'Orient - Deux mille ans d'histoire. Une exposition « islamiquement, arabiquement et palestiniennement correcte » ainsi que non historique, qui minorait la dhimmitude, omettait le judaïsme et les Juifs, éludait les persécutions de chrétiens dans l’Autorité palestinienne, désignait sous une même entité « Israël et la Palestine ». La vérité affleurait rarement. Ce 17 mai 2020 est la Journée des chrétiens d'Orient. 

« Les chrétiens d’Orient - Vitalité, souffrances, avenir » de Jean-Michel Cadiot
« Manuscrits en péril » par Susanne Brahms
« Pourquoi on tue des chrétiens dans le monde aujourd'hui ? La nouvelle christianophobie » par Alexandre del Valle


L’exposition Chrétiens d'Orient - Deux mille ans d'histoire est une exposition itinérante partiale, à forte connotation politique.

Elle  « éclaire l'histoire d'une communauté plurielle et son rôle majeur au Proche-Orient, aux plans tant politique et culturel que social et religieux. Au fil du parcours, des chefs-d'œuvre du patrimoine chrétien sont à découvrir, dont certains montrés en Europe pour la première fois ». Élodie Bouffard, Chargée de collections et d’expositions, IMA, Paris, et Raphaëlle Ziadé, Responsable du département byzantin du Petit Palais, musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris, ont assuré le commissariat de l'exposition.

Mille ans de christianisme en Orient – évangélisation, courants spirituels, conciles, etc. - ou histoire des chrétiens d’Orient ? L’exposition hésite, ou plutôt alterne ces deux sens en demeurant « politiquement correcte », en l’occurrence « arabiquement et islamiquement correcte ».

Tout d’abord, les chrétiens d’Orient sont arabisés. Or, des études génétiques ont révélé que les populations chrétiennes de pays du monde Arabe ne sont que faiblement Arabes. Ainsi, le Genographic project du National Geographic a révélé que l’Egypte « n’est arabe qu’à 17% et même un peu juive à 4% ». Ce projet  a mis au jour que des chrétiens au Liban ont une ADN originaire d’Europe occidentale, et probablement liée aux Croisés, alors que la signature génétique de musulmans au Liban est particulière, avec plus de probabilité d’être liée à l’expansion venant de la péninsule arabique en lien avec la conquête arabe liée à l’expansion de l’islam aux VIIe et VIIIe siècles.
  
De plus, l’Histoire est présentée du point du vue Arabe ou/et islamique. Ainsi, les Croisades semblent la cause d’« affrontements entre chrétiens et musulmans ». Or, la Première croisade à l’appel du pape Urbain II au concile de Clermont (27 novembre 1095) visait à aider l’empereur byzantin Alexis Ier Comnène, les chrétiens d’Orient et libérer la Terre Sainte. En effet, les Turcs Seldjoucides avaient pris Jérusalem aux Arabes en 1071 et  interdisaient aux chrétiens tout accès aux lieux de pèlerinage chrétiens en Terre Sainte. Noble champenois, vassal du comte de Champagne, le pape Urbain II « initie la première croisade en 1095. Dans un célèbre prêche en clôture du concile de Clermont, il exhorte les chrétiens d’Occident à s’unir pour délivrer leurs frères d’Orient de la menace des Turcs seldjoukides – en échange du pardon de leurs fautes ».

En outre, le dhimmi est présenté sommairement comme le « protégé ». Or, ainsi que l’a expliqué l’essayiste Bat Ye’or , la « dhimmitude est corrélée au jihad. C’est le statut de soumission des indigènes non-musulmans – juifs, chrétiens, sabéens, zoroastriens, hindous, etc. - régis dans leur pays par la loi islamique. Il est inhérent au fiqh (jurisprudence) et à la charîa (loi islamique). Les éléments [caractéristiques de la dhimmitude] sont d’ordre territorial, religieux, politique et social. Le pays conquis s’intègre au dar al-islam sur lequel s’applique la charîa. Celle-ci détermine en fonction des modalités de la conquête les droits et les devoirs des peuples conquis qui gardent leur religion à condition de payer une capitation mentionnée dans le Coran et donc obligatoire. Le Coran précise que cet impôt dénommé la jizya doit être perçue avec humiliation (Coran, 9, 29). Les éléments caractéristiques de ces infidèles conquis (dhimmis) sont leur infériorité dans tous les domaines par rapport aux musulmans, un statut d’humiliation et d’insécurité obligatoires et leur exploitation économique. Les dhimmis ne pouvaient construire de nouveaux lieux de culte et la restauration de ces lieux obéissait à des règles très sévères. Ils subissaient un apartheid social qui les obligeait à vivre dans des quartiers séparés [mellah au Maroc, Ndr], à se différencier des musulmans par des vêtements de couleur et de forme particulières, par leur coiffure, leurs selles en bois, leurs étriers et leurs ânes, seule monture autorisée. Ils étaient astreints à des corvées humiliantes, même les jours de fête, et à des rançons ruineuses extorquées souvent par des supplices. L’incapacité de les payer les condamnait à l’esclavage ».

Les persécutions des chrétiens sous joug islamique n’apparaissent guère dans l’exposition, hormis la partie sur le génocide commis à l’égard des Arméniens par les Turcs, donc pas par des Arabes. Le tour de passe-passe le plus cynique concerne les persécutions des chrétiens vivant dans les territoires sous contrôle de l’Autorité palestinien.

L’IMA les dissimule en associant Israël et l’Autorité palestinienne, le pays qui respecte les droits des chrétiens et reçoit des chrétiens palestiniens, et l’entité terroriste qui les persécute. On ne comprend donc rien aux dernières images de l’exposition sur les chrétiens de la bande de Gaza.

La vérité affleure en des « actes manqués ». Ainsi, en fin de parcours, des cartes colorées indiquent les lieux de refuge de chrétiens d’Orient exilés. Arméniens, orthodoxes, assyriens… Aucun d’eux n’a été accueilli par des pays Arabes.

Les rôles politique, intellectuel ou social de ces chrétiens n’apparaissent pas clairement.

Les Juifs ? Absents. Hormis un Pentateuque. Rien sur l’affaire de Damas, accusation de crime rituel portée au XIXe siècle contre les Juifs syriens. Rien sur l’antisémitisme et l’antijudaïsme de chrétiens d’Orient. 

L’Etat d’Israël disparaît dans des cartes . Lors du vernissage presse, une commissaire d’exposition avait évoqué la « Palestine ». Je lui avais demandé de préciser ce qu’elle entendait par « Palestine ». Elle avait éludé en assénant : « Le mot « Israël » apparaîtra pas à l’IMA ».

Ainsi, la rare carte mentionnant l’Etat d’Israël l’associe à la « Palestine » en un tracé étrange de limites territoriales.

Enfin, comme dit un adage « Après samedi, dimanche » (après l’exil contraint des juifs, celui des chrétiens), j’ai interrogé un responsable de l’Œuvre d’Orient : Quel avenir des chrétiens d’Orient dans leur berceau historique ? Il m’a répondu : « Il y a une différence. Les chrétiens ne réclament pas d’Etat chrétien ». Sa réponse m’a laissée médusée. Comme si l’exil des Juifs du monde Arabe s’expliquait par la refondation de l’Etat d’Israël ! Quid du Liban ? De profundis ? (Le Larousse définit le De profundis comme "le sixième des sept psaumes de la pénitence [Ps. CXXIX], que le chrétiens récitent dans les prières pour les morts".)

Quand les chrétiens comprendront-ils que la dhimmitude parait leur seul horizon dans ce monde Arabe, et ce, même s’ils adoptent les positions les plus anti-israéliennes ?

Associée à cette exposition, les Bibliothèques d'Orient - site Internet résultant de la coopération entre la Bibliothèque nationale de France (Bnf) et "huit bibliothèques patrimoniales et de recherche implantées au Proche-Orient" -  souffrent du même refus d'écrire l'Histoire en intégrant le fait juif comme réalité historique et spirituelle dans son berceau historique, Eretz Israël.

« Chrétiens d’Orient, une histoire plurielle »
"Youssef Chahine, Edward Saïd, Albert Cossery, soeur Marie Keyrouz, Andrée Chedid, Khalil Gibran, Vénus Khoury-Ghata, Paul Guiragossian, Saliba Douaihy : tous sont arabes. Tous sont chrétiens. À eux, parmi tant d’autres, l’Institut du monde arabe a dédié conférences, spectacles, expositions, publications…, comme il a, au fil de ses presque trente ans d’existence, proposé maints éclairages à l’expression de la culture arabe chrétienne dont, en 2003, une somptueuse exposition consacrée aux « Icônes arabes, art chrétien du Levant ». Égrener ces noms, tous fameux, tous invoqués comme autant d’étendards de l’excellence culturelle arabe, suffirait à donner la mesure du rôle essentiel qu’y a joué et que joue encore sa composante chrétienne. Et, en ces temps de feu et de sang, à rappeler que le très vieux peuple des Arabes chrétiens fut l’un des acteurs de la modernité de cet oublieux berceau au sein duquel il peine aujourd’hui à conserver sa place. Mais l’IMA s’est lancé un défi qui n’avait été encore relevé par aucune grande institution : évoquer, au sein d’une exposition unique, le christianisme oriental sous toutes ses facettes : historique, cultuelle, culturelle. Une évocation certes circonscrite à (l’immense) champ du seul monde arabe – Terre sainte, Egypte, Liban, Syrie, Jordanie, Irak. Mais qui se propose de présenter les chrétiens d’Orient dans leur pluralité et dans toute la complexité de leur histoire millénaire. De l’austère grâce paléochrétienne aux ors de l’iconostase, des conciles fondateurs aux grands schismes et au renouveau des missions, de la place singulière des chrétiens après la conquête musulmane au rôle exceptionnel qu’ils jouèrent dans l’essor du nationalisme arabe, ce parcours jalonné d’oeuvres somptueuses nous convie à traverser leur histoire, depuis l’émergence des premières communautés jusqu’à cette modernité pleine d’éclat évoquée plus haut. Mais il nous dit aussi que l’histoire est chair et sang. D’émouvants témoignages de la réalité des chrétiens d’Orient, aujourd’hui, viennent clore l’exposition. Ils sont là pour nous le rappeler", a écrit Jack Lang, président de l’Institut du monde arabe. 


"C’est en Palestine que les Évangiles situent la prédication du Christ et c’est entre la Méditerranée et l’Euphrate, le long du Nil, sur les rives du Bosphore que s’est développée et implantée la nouvelle religion avant qu’elle ne se répande. Aujourd’hui, en dépit de toutes les vicissitudes de l’histoire ancienne et contemporaine, les chrétiens, au Proche et au Moyen-Orient, ne sont pas les traces résiduelles d’un passé caduc, mais les parties prenantes d’un monde arabe à la construction duquel ils ont largement contribué." Non, pas en "Palestine", mais en Judée et en Samarie. La carte ci-jointe désigne comme "Israël et Palestine" l'Etat Juif et les territoires disputés


"C’est pour raconter leur histoire particulière comme une composante à part entière des pays auxquels ils appartiennent (Égypte, Syrie, Irak, Liban, Jordanie et Palestine) que l’Institut du monde arabe en coproduction avec le MuBA Eugène Leroy, musée des beaux-arts de Tourcoing, présentera du 26 septembre 2017 au 14 janvier 2018 cette exposition-événement."

Des pièces uniques et inédites
"Conçu en lien étroit avec les représentants des différentes communautés grâce à l’aide de l’OEuvre d’Orient, le parcours est jalonné de plus de 300 objets parmi lesquels de nombreux chefs-d’oeuvre patrimoniaux, certains encore jamais montrés en Europe et prêtés pour l’occasion par les communautés elles-mêmes."

"Entre autres merveilles : les Évangiles de Rabbula, un célèbre manuscrit enluminé syriaque du VIe siècle, les premières fresques d’églises connues au monde - du IIIe siècle - de Doura-Europos en Syrie, des mosaïques des premières églises palestiniennes et syriennes, des portraits de moines coptes du monastère égyptien de Baouit, des stèles et souvenirs de pèlerinages aux effigies de saint Ménas, saint Syméon et sainte Thècle, ainsi que des icônes illustrant la magnificience du Sacré."

Une diversité témoin d’une longue histoire
"Cette exposition propose, de l’Antiquité à nos jours, une traversée de l’histoire religieuse, politique, culturelle et artistique de ces communautés chrétiennes. Elle évoquera d’abord l’apparition dans l’Empire romain païen d’une religion nouvelle qui, en trois siècles, prend la place des anciens dieux. Elle fera une place importante au développement du monachisme."

"L’exposition montre comment se sont formées les Églises grecque, copte, assyro-chaldéenne, syriaque, arménienne et maronite sur fond de débats théologiques fondateurs, qui seront repris à l’époque moderne sous l’impulsion de missions catholiques et protestantes venues d’Europe. Elle fera voir ces Églises aujourd’hui, dans la diversité de leurs rites, de leurs saints, de leurs traditions, de leurs lieux, de leurs langues sacrées, de leurs architectures et de leurs représentations iconographiques."

"Une existence confrontée à la conquête arabe"
"La rapide conquête arabe des quatre premiers califes (632-661), introduisant au Moyen-Orient l’islam comme religion nouvelle, constitue un défi pour les chrétiens même si liberté leur est faite de conserver leurs croyances. En dépit de leur statut de dhimmis (protégés) et de la diminution progressive de leur proportion dans la population, ceux-ci continuent à jouer un rôle majeur dans l’administration et la vie intellectuelle et sociale, aussi bien sous les différents califats que dans l’Empire ottoman (1453-1923)."


"Par la traduction, ils sont des passeurs culturels. Par leur place dans les arts, l’architecture, l’artisanat, ils participent à l’essor de la nouvelle civilisation dont ils adoptent progressivement la langue. Leurs Églises y restent vivantes comme le montre la poursuite des créations architecturales et artistiques."

"Une participation active au nationalisme arabe"
"Au XIXe siècle, l’implication dans l’éveil des nationalismes de penseurs chrétiens, souvent laïcs, dépassant les traumatismes parfois sanglants de leur histoire, confirme l’ancrage historique de leurs communautés dans le monde arabe. Ils jouent dès lors un rôle majeur dans la vie sociale, la politique, l’économie, les arts, les lettres des pays auxquels ils appartiennent. C’est cela que l’exposition mettra en exergue sans faire l’impasse sur les questions les plus brûlantes de l’actualité."

"Un présent plein de dangers et de promesses"
"Aujourd’hui, dans certaines régions, la crise destructrice pour tous que traversent le Proche et le Moyen Orient, menace les chrétiens dans leur existence. Au-delà du drame humain que cela représente, au-delà des craintes pour la préservation d’un patrimoine matériel et immatériel deux fois millénaire, c’est la question de la diversité du monde arabe qui est en cause. Pourtant, cachée par les horreurs de l’actualité et par le développement des mouvements extrémistes, une conscience nouvelle séculaire, citoyenne est en train de se développer au sein des sociétés arabes. Cette exposition se conclura par les témoignages d’un avenir possible."

Parcours
"L’exposition « Chrétiens d’Orient, 2000 ans d’histoire » est une plongée dans l’histoire des communautés chrétiennes du Proche et Moyen-Orient. Si l’expression française « chrétiens d’Orient », apparue au XIXe siècle, définit des populations qui vivent dans un espace allant de la Turquie à l’Iran, le propos de l’exposition s’intéresse à la « Terre Sainte » et aux territoires actuels de la Syrie, du Liban, de l’Égypte, de la Jordanie et de l’Irak."
"Présenter les chrétiens d’Orient, c’est permettre d’appréhender leur histoire et leur diversité. C’est également faire comprendre le rôle majeur que ces communautés ont joué dans le développement politique, culturel, intellectuel et religieux de cette zone géographique. Cet espace, tour à tour romain, byzantin, musulman, ottoman, avant de connaître les mouvements nationalistes arabes, est aujourd’hui au centre des préoccupations."

"Au-delà de la préservation du patrimoine matériel et immatériel, c’est la question de la diversité du monde arabe et de sa riche histoire qui est posée."

Partie 1. Ier - VIe siècle. Naissance et développement du christianisme en Orient

Préambule
"L’exposition s’ouvre sur un préambule introduisant les grands concepts de l’exposition et sa géographie. Six chefs-d’oeuvre du christianisme oriental sont rassemblés en une seule et même vitrine. Produits au Liban, en Jordanie, en Palestine, en Syrie, en Irak et en Égypte, ils dessinent les contours d’un monde chrétien."
"Cette vitrine rassemble des oeuvres de différentes natures, de différentes communautés, issues de différentes liturgies qui se retrouvent ainsi réunis témoignant d’une communauté de destin. Entre autres, dans cette vitrine centrale le délicat fragment de soierie de l’annonciation, des collections du Vatican datant du VIIIe-IXe siècle, probablement issu de manufacture syriaque en Syrie, voisine avec une mosaïque jordanienne représentant l’église Saint Jean-Baptiste à Alexandrie."
"Cette entrée est accompagnée d’une carte dynamique illustrant tout d’abord l’espace de la prédication du Christ puis de l’évangélisation. Le propos est simple, le christianisme est né en Orient."

"Évangélisation et premières communautés"
"La première salle de l’exposition s’ouvre sur la naissance du Christianisme en Orient et sur son développement. Les Évangiles situent la prédication du Christ en Palestine, et, avant de se répandre, la religion nouvelle s’est implantée sur les rives du Bosphore, entre la Méditerranée et l’Euphrate."
"De Jérusalem à Éphèse, en passant par Antioche, Alexandrie et Damas, c’est dans cet espace que, sur les pas du Christ et de ses Apôtres, s’est établi le christianisme avant que la bonne nouvelle (du grec evangeliun) ne se répande rapidement de l’Arabie du Nord à Rome, mais également au-delà des frontières de l’Empire romain, vers l’Ethiopie et le royaume d’Arménie, et encore plus loin vers l’Est, dans l’Empire parthe et le long du Tigre et de l’Euphrate."
"Jusqu’au IIIe siècle, les chrétiens déjà très nombreux dans l’Empire romain souffrent de persécutions récurrentes : les fidèles s’organisent dans l’intimité avant de célébrer la nouvelle religion dans des maisons dédiées. Peu à peu, les chrétiens se retrouvent autour des domus ecclesiae – premiers lieux de culte chrétiens, à Doura-Europos (Syrie) ; en attestent les deux fresques exceptionnelles prêtées par l’Université de Yale, ancien témoignages conservés datant du IIIe siècle."
"Parmi les pièces exposées, le visiteur pourra observer des pendentifs, des amulettes et des croix provenant d’Égypte et du Liban perçues comme autant de traces résiduelles de ces premières communautés et plus loin déjà, des premières bibles. Isolés, les Évangiles de Rabbula, célèbre manuscrit enluminé syriaque du VIe siècle et chef d’oeuvre exceptionnel, marquent un temps fort de l’exposition (cf image p.13)".
"Dans la suite du parcours, une icône fragmentaire présentant le visage du Christ, illustre l’apparition des thèmes iconographiques chrétiens (comme le Christ bon pasteur, l’agneau, le poisson, la croix, le paon, la vigne et le raisin) qui commencent à se répandre."

"Un territoire qui se couvre d’églises"
"Avec l’Édit de Milan (313), accordant la liberté de culte à toutes les religions, l’Empire romain se couvre rapidement d’églises. L’Empereur Constantin ordonne la construction d’églises sur les différents sites qui commémorent la vie de Jésus-Christ : la basilique du Saint-Sépulcre (lieu de la Résurrection) et celle de l’Eléona (lieu de l’Ascension) à Jérusalem, la basilique de la Nativité à Bethléem."
"Les basiliques illustrant le lien entre le pouvoir royal et la nouvelle religion vont se développer dans tout l’Empire. Les fidèles s’y rassemblent, en particulier pour célébrer l’eucharistie."
"La scénographie évoque cette nouvelle architecture avec l’utilisation de cylindres lumineux."
Le visiteur sera alors invité à se recueillir pour découvrir les trésors liturgiques témoignant de l’orfèvrerie de luxe dans la région : vases, plats, lampes de suspensions, moules à hostie, encensoirs et calices."

Les Conciles et l’origine des Églises orientales
"En réaction à Byzance, des querelles théologiques s’expriment. Elles seront à l’origine des Églises orientales. Après le concile de Nicée en 325, et celui de 351 à Constantinople, deux importants conciles se tiennent à Ephèse en 431 et à Chalcédoine en 451 : une question fondamentale se pose alors, celle de la nature du Christ : est-il divin ou humain ? " 
"Face à cette question, de nombreuses divergences aboutiront à la constitution de différentes Églises : l’Église nestorienne, les Églises monophysites copte, syriaque (ou jacobite), arménienne et éthiopienne."

Le monachisme et les pèlerinages
"Avant de se développer en Palestine, en Syrie, en Mésopotamie et dans la péninsule arabique, le monachisme est né en Égypte au IIIe siècle avec les « Pères du désert ». Des hommes pieux, tels Pacôme († 348) et Antoine († 356), se retirent du monde et partent dans le désert afin d’y rechercher solitude et pauvreté. Ils y fonderont des communautés qui réponderont à des règles strictes et introduiront le christianisme dans les franges les plus reculées du territoire. Dans l’exposition, deux magnifiques icônes provenant du monastère de Baouit en Égypte représentent un moine et le frère Marc : elles incarnent la piété de ces hommes."
"Par la suite, la figure de Syméon le Stylite († 549) incarne ce courant en Syrie. Une fresque de la collection Abou Adal montre ce dernier sur une colonne (stylos), lieu où il passa les trente dernières années de sa vie : cet évènement va rapidement trouver un écho auprès de pèlerins et de disciples."
"Le monastère de Saint-Syméon, grâce aux pèlerinages de dévotion dûs à la présence de ses reliques, va devenir peu à peu un centre important jusqu’à la fin du VIe siècle. À l’étage, dans un îlot central, le visiteur peut alors se projeter grâce à une maquette 3D de ce monastère, signée Jean-Luc Biscope."

Partie 2. VIIe- XIVe siècles : Les Églises orientales après la conquête arabe
"Être chrétien après la conquête arabe"
"À partir du VIIe siècle, les Arabes conquièrent des espaces immenses où ils installent des califats successifs qui morcellent de plus en plus le territoire jusqu’alors unifié sous l’Empire romain. La religion musulmane y est instaurée religion d’État. Cependant, la conquête achevée, les populations en grande majorité chrétiennes, peuvent garder leur religion, leurs lieux de culte, leurs biens, leurs institutions et leurs activités économiques."
"En dépit de leur statut de dhimmis (protégés) et de la diminution progressive de leur population (notamment à partir du XIIIe siècle), les chrétiens continuent à jouer un rôle majeur dans l’administration, la vie intellectuelle, sociale et culturelle des différents califats, principautés et royaumes musulmans."
"Les Églises chrétiennes d’Orient continuent à se développer sous la domination islamique : activité missionnaire très importante, fondation de nombreux monastères, productions littéraire et artistique dont témoignent aujourd’hui encore les églises du quartier copte du Caire."

"Un monde d’images"
"C’est dans cette seconde partie de l’exposition que le visiteur est amené à comprendre la place de l’image dans cette religion : la question de la querelle des images et de la représentation du divin se pose à partir de 726."
"Dès 787 (concile de Nicée), les églises se couvrent d’images et développent des styles propres. Les icônes coptes ou encore les panneaux de bois peints de l’église de la Muallaqa, célèbre église du Caire, dont le British Museum prête un panneau à l’exposition, témoignent ici, de la grandeur du christianisme. "
"C’est à cette période que semble apparaître l’iconostase : une cloison de pierre ou de bois revêtue d’icônes sépare l’espace sacré, le sanctuaire où se déroule l’adoration des offrandes, de l’espace profane où se tiennent les fidèles. À partir du XIIIe siècle, les églises, libanaises notamment, s’ornent de fresques : c’est le cas de la fresque de Beyrouth, présentée dans cette partie de l’exposition, qui illustre la Vierge."
"Dans cet espace sont réunis deux flabellum avec, en leurs centres, La Vierge et l’Enfant, incarnant ainsi l’implantation de ces images liturgiques dans le mobilier et le décor des églises."

Langues et chants liturgiques
"Au cours des siècles suivant la conquête arabe, les populations autochtones majoritairement chrétiennes vont adopter progressivement la langue arabe et l’intègrent dans la liturgie et le décor des églises. Cette arabisation part de Bagdad, où l’on traduit la Bible en arabe dès le IXe siècle. Dans la vie liturgique, l’arabe va être rapidement utilisé et prendre le pas sur les langues traditionnelles, notamment la langue copte (qui disparaît autour du XVIe siècle), le grec et le syriaque."
"Dans l’exposition, un espace circulaire magnifié est dédié aux langues liturgiques : la présentation de manuscrits très rares en copte, syriaque, grec et arabe, comme celui illustré par Ne’meh al-Musawwir, atteste de la richesse liturgique et de l’importance de l’arabe dans ces pratiques. Un dispositif sonore permet de découvrir l’hymnologie (ensemble des hymnes d’un rite) et les langues des offices du christianisme oriental."

Interactions intellectuelles, artistiques, culturelles
"Entre les civilisations chrétienne et musulmane, des influences, des emprunts et des échanges culturels et artistiques vont naturellement avoir lieu. En Égypte (750-1258), les chrétiens purent investir le nouveau pouvoir et occuper des places stratégiques. Dans la Bagdad abbasside, ils s’illustrèrent comme médecins ou savants, et contribuèrent pour une très large part au mouvement de traduction du grec en arabe. En se côtoyant, artisans et artistes chrétiens et musulmans participent aux développements iconographique et stylistique d’objets du quotidien ou de la liturgie que l’on retrouve dans l’exposition."
"Sur une bouteille décorée provenant de Syrie, on devine des scènes monastiques."
"Les métaux tels que un chandelier présentant des scènes chrétiennes ou encore l’aiguière à iconographie chrétienne et islamique incarnent ces interactions artistiques. Ces fragments de coupe en céramique attestent également de ces échanges : le style reflète l’influence de l’environnement islamique dans lequel s’insère la chrétienté orientale."

Les Croisades
"Entre le Xe et le XIIIe siècle, la « Terre Sainte » devient un lieu d’affrontements entre chrétiens et musulmans. Les chrétiens orientaux se retrouveront les principales victimes de ces événements. En Syrie et en Irak, le recul du christianisme s’est accentué à partir du Xe siècle. En Égypte, c’est à partir du XIVe siècle, avec son lot d’émeutes et de conversions plus ou moins contraintes que l’on assiste à une marginalisation de la communauté copte."
"Au contact des cultures orientales, syriaque, grecque et arabe, les croisés ont intégré à leurs propres traditions des éléments qu’il y avaient recueillis. Ils ont permis des échanges artistiques et culturels qui s’illustrent notamment dans l’architecture et la littérature."
"De même, les artistes orientaux vont utiliser le style croisé dans l’iconographie locale : une icône de Saint Georges en habit croisé, datant du milieu du XIIIe siècle, en est exemple éloquent."

Partie 3. XVe- XXe siècles : Les Églises orientales entre Orient et Occident

Un « monde » unifié
"Au XVe siècle, la conquête ottomane fait entrer les chrétiens de Mésopotamie, de Syrie et d’Égypte dans l’Empire ottoman. Cette conquête ne s’accompagna pas de bouleversements politiques ni sociaux car le droit musulman concernant les dhimmis (protégés) continue de s’appliquer."
"Les chrétiens profitent alors de l’unification de la Méditerranée sous le pouvoir ottoman : les pèlerinages augmentent et des échanges commerciaux s’organisent entre des melkites, des maronites et des Arméniens depuis l’Égypte vers des ports européens. L’Empire ottoman développe parallèlement de nouvelles alliances diplomatiques et commerciales."
"Le système dit des « capitulations», ouvre l’espace marchand méditerranéen et réglemente les rapports et interventions de différentes puissances européennes avec, notamment, les populations chrétiennes de l’Empire ottoman. Dans cet espace, sont exposés plusieurs firmans de l’époque comme celui permettant aux Franciscains de reconstruire le Saint-Sépulcre."

"Les chrétiens orientaux, passeurs culturels entre Orient et Occident"
"Les ambitions internationales de l’Empire ottoman ont favorisé les relations intellectuelles, diplomatiques et économiques entre l’Orient et l’Occident. L’Europe commencé alors à s’intéresser à l’apprentissage des langues orientales et accueille des chrétiens pour enseigner l’arabe dans des chaires universitaires nouvellement créées. Ces chrétiens, dont Gabriel Sionite fait figure de proue, ont aussi été impliqués dans la traduction en arabe d’Évangiles destinés à être imprimés. Une presse d’imprimerie est transférée à Alep (1706-1711), puis au monastère melkite de Choueir, au Mont-Liban. Elle fut la première en langue arabe au Proche-Orient, la production d’imprimés se limitant alors à l’usage liturgique."
"Dès le XVIe siècle, les imprimeurs français et italiens trouvent des solutions pour restituer la typographie arabe. Dans cette partie, manuscrits, bibles, poinçons et plaques de cuivre sur lesquelles sont inscrits différents alphabets, sont présentés. Tant de pièces qui illustrent l’apparition des premiers livres imprimés en caractères arabes, au début du XVIIe siècle."
"Les visiteurs pourront ainsi manipuler une borne multimedia inédite créée par la Bibliothèque nationale de France : grâce à ce portail c’est l’accès à des centaines de documents numérisés et conservés dans les bibliothèques au Orient qui s’offre à tous. Des collections uniques qui témoignent des interactions entre les pays de la Méditerranée orientale et la France."
"Grâce au système des capitulations des chrétiens latins vont s’implanter durablement dans l’Empire ottoman et s’appuyer sur les chrétiens autochtones pour jouer les intermédiaires. De même, ces commerçants et artisans vont être amenés à s’installer dans les grands ports de la Méditerranée que sont Venise et Marseille."
"Cette implantation est facilitée par la présence, depuis le Xe siècle, de « colonies » notamment arméniennes et maronites. De grandes familles de commerçants vont ainsi ouvrir des comptoirs dans l’espace ottoman et développer des relations commerciales avec l’Europe et le monde. Ainsi la soie produite au Mont-Liban à partir du XVIe siècle devient un des principaux produits d’exportation de la région contrôlée par l’émir druze Fakhr al-Dîn (1572-1635)."

"Une terre de pèlerinage et d’ambitions"
"À partir du XVIe siècle, la papauté multiplie les initiatives en direction des chrétiens orientaux. Des collèges sont fondés à Rome et accueillent des Grecs (1576), des maronites (1584), ou encore des Arméniens. La Congrégation De Propaganda Fide, fondée en 1622, envoie des missionnaires catholiques et produit des ouvrages imprimés, notamment en arabe, à vocation des ecclésiastiques orientaux. À partir du XVIe siècle, les Églises, à l’exception des maronites, se divisent entre « catholiques » et « orthodoxes ». Dans l’exposition, sur une photographie en noir et blanc datant de 1898, illustrant la Vieille Ville de Jérusalem, on y voit des missionnaires tout de noirs vêtus."
"Les capitulations et les traités internationaux signés entre les sultans ottomans et les cours européennes et russes sont renouvelés au cours des siècles, confortant la volonté de protection des lieux saints."
"Jérusalem et Bethléem deviennent des enjeux. Le 8 février 1852, l’Empire ottoman édite un firman établissant un statu quo qui stipule propriété et droits égaux entre les communautés chrétiennes dans la Basilique du Saint-Sépulcre à Jérusalem, dans la Basilique de la Nativité à Bethléem et à la Tombe de la Très Sainte Vierge Marie à Jérusalem." 
"Les fidèles viennent ainsi se recueillir sur les lieux saints et en rapportent des objets symboliques que le visiteur pourra ainsi découvrir : savons, boîtes-reliquaires, ou encore cette immense maquette incrustée de bois, d’ivoire et de nacre représentant le Saint-Sépulcre".

Le renouveau artistique de l’icône
'La belle série d’icônes issues de la collection Abou Adal, incarne un renouveau artistique.'
'En effet, dans l’Empire ottoman, le XVIe siècle correspond à une période d’essor économique, sociétal, artistique pour les communautés chrétiennes. L’art sacré des icônes cherche à extraire le visible de l’invisible. L’influence grandissante de l’Occident dans le choix des sujets et leur style iconographique permettent l’émergence au XVIIIe siècle, d’un véritable art de l’icône chrétienne.'
'À Alep, d’où sont issues ces icônes, apparaissent au XVIIe siècle des écoles et des dynasties d’artistes chrétiens, enlumineurs, peintres d’icônes, miniaturistes, comme la célèbre dynastie des al-Musawwir.'
'Mais Alep n’est pas le seul centre de création : Beyrouth, Jérusalem, Damas, Le Caire participent à ce mouvement. On voit apparaître alors sur ces icônes, aux côtés de la figure du Christ, des caractères arabes, comme c’est le cas par exemple sur l’icône d’Al-Mussawir, Descente aux Limbes.'

Partie 4. XXe- XXIe siècles : Être chrétien dans le monde arabe aujourd’hui
La question nationale : entre Renaissance arabe et délitement de l’Empire ottoman
"Cette quatrième partie débute avec la présentation, sous différentes vitrines, de célèbres revues et journaux : Al-Hilal (« Le Croissant »), Al Manâr (« Le Phare ») ou encore Al Muqtata (« L’Emprunt »), témoins de la volonté de créer une culture arabe commune qui arriverait à s’imposer face à l’Occident au XIXe siècle. La fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle ont profondément marqué les communautés chrétiennes de l’Empire ottoman qui ont connu tour à tour espoirs, difficultés, renoncements, exils et parfois, un effondrement sanglant."
"En 1860, des chrétiens furent massacrés en Syrie : des estampes inédites prêtées par le MuCEM illustrent cet épisode tragique. En 1915, le génocide arménien par les jeunes Turcs aboutit au déplacement d’une population nombreuse vers des camps libanais, syriens et égyptiens..."

Exil et mémoire
"Les événements traumatiques, économiques ou encore politiques ayant redessiné la carte du Moyen-Orient ont entraîné les premiers mouvements migratoires. L’exil fait partie de l’histoire de ces communautés et pose le problème de la mémoire et de la transmission. C’est à la recherche de cette terre aimée, quittée, bien souvent perdue, que des oeuvres d’auteurs et artistes tels que Marie et Zalfa Seurat, Dor Guez, Brigitte Findakly et Wajdi Mouawad nous invitent. La dernière partie de l’exposition se clôt sur des regards personnels inscrits dans une histoire collective."

Un renouveau culturel et religieux
"Ces troubles et mouvements politiques ont conduit à une revitalisation des pratiques culturelles et religieuses chrétiennes."
"En 1968, un an après la guerre des Six jours, la ferveur populaire qui a suivi l’apparition de la Vierge dans le quartier de Zeitoun au Caire a témoigné de la nécessité de se tourner vers une figure protectrice."
"Aujourd’hui encore, en Syrie, Sainte-Thècle est réputée pour accompagner et soutenir les moniales de Maaloula. Au Liban, les rues abondent d’autels (mazar) dédiés à Rifqa et à Charbel, deux saints maronites thaumaturges ayant vécu aux XIXe et XXe siècles. Côte à côte, statues représentant la Vierge, pendentifs, icônes, objets ou encore photographies illustrent ici, cette nouvelle dynamique culturelle et religieuse"

Le patrimoine chrétien oriental aujourd’hui
"Sites archéologiques, églises et monastères sont les preuves matérielles de la présence bimillénaire des chrétiens dans le monde arabe. Aujourd’hui, certains lieux ont été partiellement ou totalement détruits, des églises pillées, des manuscrits brûlés, des statues abattues. D’autres lieux encore, font l’objet d’une surveillance accrue par les populations locales soucieuses de la pérennité de leur héritage et de leur foi."
"Malgré les vicissitudes de l’histoire, des manuscrits, archives, icônes ont pu être protégés et transmis, telle qu’à la bibliothèque du patriarcat syriaque catholique de Charfet, au Liban, qui conserve des manuscrits du Tur Abdin et du sud-est de la Turquie déplacés après les événements de 1915."
"Cette même bibliothèque, avec le soutien de la Bibliothèque Nationale de France et de l’Oeuvre d’Orient, a lancé des campagnes de restauration de manuscrits et imprimés dont la perte serait irrémédiable pour la survie de la mémoire patrimoniale des chrétiens du monde arabe."

CONCLUSION
"La géographie humaine des chrétiens des six pays arabes que sont l’Égypte, la Jordanie, la Syrie, la Palestine, l’Irak et le Liban, clôturera l’exposition."
"Sous le regard de photographes contemporains, les visages de ceux qui sont aujourd’hui partie prenante de ces territoires confrontés à des situations politiques, sociales très diverses, s’expriment."
"Dans l’intimité d’une chambre, autour d’un café, en lisant les mots d’amour échangés par de futurs mariés, en suivant les milices chrétiennes qui défendent la ville d’Al-Qosh face à DAECH, en contemplant la beauté d’adolescents qui passent le temps à Damas, ou encore en documentant les ruines de ville détruite de Maaloula… Ces artistes photographes nous dessinent une réalité de vie qui fait de ces populations les membres sensibles participant jour après jour et avec courage, à la diversité du monde arabe."

Deux colloques ont été organisés. Au Collège des Bernardisn, « De la spiritualité à la citoyenneté : les chrétiens d’Orient » avec le soutien de Kaiciid, avec Bernard Heyberger, directeur d’études à l’EHESS et à l’EPHE, Sébastien de Courtois, historien, écrivain et journaliste français spécialisé dans les minorités chrétiennes d’Orient, Mgr Pascal Gollnisch, directeur général de l’OEuvre d’Orient ; Jean-Christophe Ploquin, rédacteur en chef à La Croix, et « Détruire la mémoire, une arme de guerre ? » avec Mgr Youssif Thomas, archevêque de Kirkouk (Irak) ; Bernard Heyberger, directeur d’études à l’EHESS et à l’EPHE ; Karima Berger, écrivaine ; Mgr Pascal Gollnisch, directeur général de l’OEuvre d’Orient ; Sébastien de Courtois (modérateur), historien, écrivain et journaliste français spécialisé dans les minorités chrétiennes".

Dans le cadre des Jeudis de l'IMA, quatre soirées.
« Le rôle des chrétiens dans les sociétés arabes. Période moderne et contemporaine », animé par Jean-Christophe Ploquin, rédacteur en chef de La Croix. "Les chrétiens ont toujours été parties prenantes des sociétés du Proche et du Moyen Orient et de l’histoire de leur pays. Ils ont été – et le sont encore aujourd’hui – engagés dans la vie économique, intellectuelle et politique. Aussi bien lors de la renaissance arabe, « Nahda », ou bien, plus récemment, dans les crises politiques qui ont traversé la région, ils appartiennent au devenir de leurs pays et vivent des situations uniques. Vont-ils disparaître comme le suggèrent certains ? Non, les « chrétiens arabes » ne sont pas en train d’écrire leur dernier chapitre en Orient et leur avenir au Machreq leur appartient toujours." Avec Florence Hellot Bellier, historienne, chercheur associée au CNRS, UMR Mondes iranien et indien, auteur de « Chroniques de massacres annoncés. Les Assyro-Chaldéens d’Iran et du Hakkari face aux ambitions des empires, 1896-1920 », prix académique de l’OEuvre d’Orient, 2015 ; Jean-François Colosimo, directeur des éditions du Cerf, historien des religions, chroniqueur depuis plus de trente ans des chrétiens d’Orient, auteur de l’essai « Les Hommes en trop. La malédiction des chrétiens d’Orient », aux éditions Fayard, 2014 ; Antoine Fleyfel, professeur à l’Université catholique de Lille, Responsable des relations académiques à l’OEuvre d’Orient. Auteur de « Géopolitique des chrétiens d’Orient: Défis et avenir des chrétiens arabes », Harmattan, 2013".
« L’autre et le prochain dans le Coran et la Bible ». Animé par Sébastien de Courtois, écrivain, journaliste, producteur de « Chrétiens d’Orient » sur France Culture. "Différentes religions coexistent au Proche et au Moyen-Orient. Dans une région en proie à des troubles profonds, le dialogue interreligieux constitue une exigence pour construire la paix. Ce dialogue est intellectuel et spirituel et trouve ses sources dans l’expérience d’une vie quotidienne partagée. La question de l’altérité est une question essentielle, énoncée de manière différente dans le Coran et la Bible.Quelle est dans une perspective chrétienne et musulmane, la vision de l’autre et du prochain ?" Avec Nayla Tabbara, Professeur en sciences des religions et sciences islamiques et Directrice de l’institut de la citoyenneté et de gestion de la diversité de la Fondation Adyan ; Père Eric Morin, Docteur en théologie, coordinateur de l’École Cathédrale, directeur des Cours Publics et de l’Institut Supérieur de Sciences Religieuses des Bernardins – les principes d’interprétation des textes fondateurs en Islam et Christianisme."
« Chrétiens d’Orient : situation et perspectives actuelles. » Invité du trimestre : Mgr Pascal Gollnisch. "Dans un Moyen-Orient bouleversé par la barbarie de ce pseudo État islamique, la guerre n’épargne pas les minorités chrétiennes, lesquelles sont chassées, par la force, de cette terre qui est aussi la leur. L’avenir des Chrétiens d’Orient – aujourd’hui en question –et l’enjeu qu’il représente pour la situation politique et sociale du Moyen Orient, ne peut s’expliquer sans référence à l’Histoire de cette région et sans comprendre le rôle joué par les communautés chrétiennes dans le contexte d’une islamisation croissante. Les Églises d’Orient ont l’expérience du dialogue avec l’islam. Mgr Gollnisch propose une laïcité à l’orientale, réaffirmant le droit à la citoyenneté pour tous. Il se bat pour le retour chez elles des populations chrétiennes. Autant de motifs d’espérance pour ces résistants et victimes sans lesquels l’Histoire ne pourra continuer de s’écrire. Mgr Pascal Gollnisch a pris ses fonctions de Directeur général de l’OEuvre d’Orient le 1er septembre 2010. Directeur des pèlerinages français en Pologne à 24 ans, le Père Gollnisch a été saisi très tôt par ces voyages à caractère spirituel et des rencontres avec les communautés locales. Il y ajoute une passion ancienne pour les Églises d’Orient, dont il connaît bien les particularités et l’histoire. Depuis une trentaine d’années, il passe une bonne partie de ses vacances à sillonner, sac au dos, les pays du Moyen Orient et d’Europe de l’Est. Il y a acquis une profonde expérience des difficultés quotidiennes auxquelles sont confrontés les Chrétiens d’Orient. Il s’y est fait de nombreux amis. En 2012, le Pape Benoît XVI a élevé Mgr Pascal Gollnisch à la dignité de chapelain de Sa Sainteté."
« Une liberté religieuse méditerranéenne ? Situation et enjeux ». "En collaboration avec Valentine Zuber et Jacques Huntzinger (Collège des Bernardins/EPH E). Avec Ghazi Gherairi, Professeur à l’université de Carthage et ambassadeur de Tunisie a l’UNESCO ; Mohammed Mouaqit, Professeur à l’université de Casablanca et Alessandro Ferrari, Professeur à l’université de l’Insubrie, Como-Varese. Le focus sera sur le droit de liberté religieuse dans les deux rives de la méditerranéenne."

Au MuBA Eugène Leroy  
"Après son succès à l’Institut du monde arabe à Paris, l’exposition-événement Chrétiens d’Orient – 2000 ans d’Histoire, en coproduction avec l'IMA, a été présentée au MUba Eugène Leroy, musée des Beaux-Arts de Tourcoing du 22 février 2018 au 11 juin 2018. Dans une scénographie inédite adaptée aux lieux et nourrie de nouveaux chefs d’oeuvres, l’exposition proposera une traversée de l’histoire religieuse, politique, culturelle et artistique des communautés chrétiennes, de l’Antiquité à nos jours."

"La Ville de Tourcoing, grande ville de la région Hauts-de-France, est une ville frontalière, ouverte sur l’Europe du Nord, au coeur d’une métropole dynamique de plus d’un million d’habitants. Tourcoing, ancienne capitale mondiale du textile, a accueilli des travailleurs de tous horizons. Hier comme aujourd’hui, la ville dialogue avec toutes les cultures, les origines et les religions et réaffirme la beauté d’être Français à travers les différences. De cette histoire riche et plurielle est née la volonté de faire rayonner à Tourcoing l’Institut du monde arabe. Cette décentralisation d’une institution unique au monde, voulue par Dominique Baudis et concrétisée par Jack Lang, est une chance exceptionnelle pour notre Ville. Les Chrétiens d’Orient aujourd’hui, la méditerranée et les harkis demain peut-être.
L’IMA à Tourcoing rayonne et rayonnera. Ce lieu rencontre déjà un véritable succès populaire. Vous pourrez y découvrir de grandes expositions internationales, un voyage à la découverte de l’Histoire du monde oriental, une immersion au coeur des cultures qui participent à la diversité de notre monde contemporain en plongeant dans notre Histoire. En partenariat avec le MUba Eugène Leroy de Tourcoing, musée des Beaux-Arts municipal, l’IMA Paris et la Ville de Tourcoing sont fiers de vous présenter l’exposition « Chrétiens d’Orient, 2000 ans d’histoire ». Cette programmation exceptionnelle permettra à chacun, avec passion et émotion, d’appréhender ce que les communautés chrétiennes du monde arabe ont apporté, au fil des siècles, à l’histoire de la civilisation humaine et finalement à notre Humanité. Fraternellement », a écrit Gérald Darmanin, Maire de Tourcoing.

"Déjà auréolée du succès rencontré à l’Institut du monde arabe de Paris, l’exposition «Chrétiens d’Orient - 2000 ans d’Histoire» s’installe au MUba de Tourcoing où elle va à son tour rayonner auprès des habitants des Hauts-de-France. C’est une chance pour notre région d’accueillir une exposition aussi riche et exceptionnelle que celle-ci, avec des pièces uniques et rares que nous allons découvrir pour la première fois en Europe. Remercions les communautés des Chrétiens d’Orient qui ont eu la générosité de les prêter pour l’occasion. Le voyage à travers ces 2000 ans d’Histoire, de l’Antiquité à nos jours, n’en est que plus précieux et nous sommes heureux d’avoir contribué à sa réalisation. C’est aussi une invitation à mieux connaître ces communautés, leur culture et leur immense héritage, dans un esprit d’ouverture, de générosité et de dialogue. Des valeurs fortes que nous partageons et cultivons en Hauts-de-France. Très belle exposition à tous", ont souhaité Xavier Bertrand, Président de la Région Hauts-de-France, et François Decoster, Vice-président en charge de la culture.

"Conçu en lien étroit avec les représentants des différentes communautés grâce à l’aide de l’OEuvre d’Orient, le parcours était jalonné de plus de 300 objets parmi lesquels de nombreux chefs-d’oeuvre patrimoniaux, certains encore jamais montrés en Europe et prêtés pour l’occasion par les communautés elles-mêmes. Entre autres merveilles : les premières fresques d’églises connues au monde - du IIIe siècle - de Doura-Europos en Syrie, des mosaïques des premières églises palestiniennes et syriennes, des portraits de moines coptes du monastère égyptien de Baouit, des stèles et souvenirs de pèlerinages aux effigies de saint Ménas, saint Syméon et sainte Thècle, ainsi que des icônes illustrant la magnificence du Sacré."

"Au fil de son parcours, l’exposition évoqua dans un premier temps l’apparition dans l’Empire romain païen d’une religion nouvelle qui, en trois siècles, prend la place des anciens dieux. Elle fera une place importante au développement du monachisme. L’exposition montrera comment se sont formées les Églises grecque, copte, assyrochaldéenne, syriaque, arménienne et maronite sur fond de débats théologiques fondateurs, qui seront repris à l’époque moderne sous l’impulsion de missions catholiques et protestantes venues d’Europe. Elle fera voir ces Églises aujourd’hui, dans la diversité de leurs rites, de leurs saints, de leurs traditions, de leurs lieux, de leurs langues sacrées, de leurs architectures et de leurs représentations iconographiques."

"La rapide conquête arabe des quatre premiers califes (632-661), introduisant au Moyen-Orient l’islam comme religion nouvelle, constitue un défi pour les chrétiens même si liberté leur est faite de conserver leurs croyances. En dépit de leur statut de dhimmis (protégés) et de la diminution progressive de leur proportion dans la population, ceux-ci continuent à jouer un rôle majeur dans l’administration et la vie intellectuelle et sociale, aussi bien sous les différents califats que dans l’Empire ottoman (1453-1923). Par la traduction, ils sont des passeurs culturels. Par leur place dans les arts, l’architecture, l’artisanat, ils participent à l’essor de la nouvelle civilisation dont ils adoptent progressivement la langue. Leurs Églises y restent vivantes comme le montre la poursuite des créations architecturales et artistiques."

"Au XIXe siècle, l’implication dans l’éveil des nationalismes de penseurs chrétiens, souvent laïcs, dépassant les traumatismes parfois sanglants de leur histoire, confirme l’ancrage historique de leurs communautés dans le monde arabe. Ils jouent dès lors un rôle majeur dans la vie sociale, la politique, l’économie, les arts, les lettres des pays auxquels ils appartiennent. C’est cela que l’exposition mettra en exergue sans faire l’impasse sur les questions les plus brûlantes de l’actualité. Un présent plein de dangers et de promesses Aujourd’hui, dans certaines régions, la crise destructrice pour tous que traversent le Proche et le Moyen Orient, menace les chrétiens dans leur existence. Au-delà du drame humain que cela représente, au-delà des craintes pour la préservation d’un patrimoine matériel et immatériel deux fois millénaire, c’est la question de la diversité du monde arabe qui est en cause. Pourtant, cachée par les horreurs de l’actualité et par le développement des mouvements extrémistes, une conscience nouvelle séculaire, citoyenne est en train de se développer au sein des sociétés arabes. Cette exposition se conclura par les témoignages d’un avenir possible."


Journée des chrétiens d'Orient
Ce 17 mai 2020 est la Journée des chrétiens d'Orient. "Il s’agit d’une journée internationale en communion de prière. Chrétiens orientaux, syriaques, coptes, maronites, grec-melkites, gréco-catholiques roumains et ukrainiens, éthiopiens, érythréens, syro-malankars, syro-malabars, chaldéens, arméniens,… et latins rassemblés dans la prière. Découvrir les origines du christianisme et partir à la rencontre des chrétiens issus des différentes Églises catholiques." Sur son site Internet, l'Oeuvre d'Orient propose une exposition digitale et une bibliographie sur ces chrétiens d'Orient.


LEXIQUE

« Ascèse 
Effort visant à la perfection spirituelle par une discipline constante du corps. 
Burettes 
Petits flacons destinés à contenir les saintes huiles ou le vin et l'eau de la messe. 
Elles sont souvent marquées d'un A (aqua) et d'un V (vinum) pour pouvoir les distinguer.altar cruets (eng), ampolline (ital). 
Calice 
Du latin calix qui signifie « coupe, vase à boire». 
Vase sacré servant à la consécration du vin lors de la messe. Avant sa première utilisation, le calice doit être béni par un évêque. Jusqu'au concile de Vatican II, il devait obligatoirement être en argent doré ou en or. chalice (eng), calice (ital). 
Capitulation 
Convention par laquelle une puissance accorde, sur les territoires relevant de sa juridiction, certains droits et privilèges aux ressortissants d’une autre puissance. 
Ciboire 
Du latin ciborium qui signifie « grande coupe ». Vase sacré en forme de coupe et muni d'un couvercle servant à conserver les hosties consacrées. Le ciboire est rangé dans le tabernacle ; il est recouvert par le pavillon. ciborium (eng), pisside, ciborio (ital). 
Concile 
Assemblée d’évêques et de théologiens qui, en accord avec le pape, décide de question de doctrine et de discipline ecclésiastique. 
Domus ecclesiae 
Expression latine signifiant maison de l’assemblée, désigne les premiers lieux de culte chrétiens construits entre le IIème et le IVème siècle à une époque où le plan basilical ne s’était pas encore imposé. 
Encensoir 
Brûle-parfum suspendu par des chaînettes dans lequel se consume l'encens. L'encens, contenu dans la navette, est ajouté par le célébrant à l'aide de la cuillère au cours de la liturgie. censer (eng), turibolo (ital). 
Goupillon 
De l'ancien français goupil (renard) ; litt. queue de renard. Bâton de bois ou de métal à l'extrémité duquel se trouve une touffe de poils de blaireau ou une boule de métal creuse percée de trous et servant à asperger de l'eau bénite. holy water sprinkler, aspergillum (eng), aspersorio (ital). 
Icône 
Dans l’église d’Orient, peinture d’une figure religieuse sur un panneau de bois dont la valeur est sacrée. 
Iconostase 
Du grec ancien eikonostasion : image dressée. Cloison de bois ou de pierre, qui, dans les églises du rite byzantin sépare les lieux où se trouve le clergé célébrant du reste de l’église. 
Iconoclasme 
Du grec ancien eikon : image et klao : briser. L’iconoclasme est la destruction délibérée d’images, c'est-à-dire de représentations religieuses de type figuratif pour des motifs religieux ou politiques. 
Martyr 
Du grec ancien martus : témoin. Désigne une personne qui va jusqu’à se laisser tuer en témoignage de sa foi plutôt que d’abjurer. 
Monachisme 
Du grec ancien monos : solitaire. 
Désigne l’état et le mode de vie de personnes qui ont prononcé des voeux religieux et font partie d’un ordre dont les membres vivent sous une règle commune séparés du monde. 
Navette 
Le terme navette est un dérivé ancien de « nef ». Vase à encens. La navette est accompagnée d'une cuillère pour alimenter l'encensoir. incense boat (eng), navicella portaincenso (ital). 
Ostensoir 
Du latin ostendere qui signifie « montrer ». 
Pièce d'orfèvrerie destinée à contenir l'hostie consacrée – Saint-sacrement – et à l'exposer à l'adoration des fidèles. L'ostensoir est apparu après l'institution de la fête du Saint Sacrement en 1264 et était alors appelé monstrance. À l'origine, il se présentait sous la forme d'une tourelle cylindrique, avant de prendre la forme d'un soleil à partir du XVIIe siècle. expository, monstrance (eng), ostensorio (ital). 
Patène 
Du latin patella qui signifie « petit plat pour les sacrifices » est un plat consacré sur lequel on dépose l'hostie pendant la messe. paten (eng), patena (ital). 
Pèlerin 
Croyant qui effectue un voyage vers un lieu de dévotion tenu pour sacré selon la religion. 
Pyxide 
Boîte plate servant à conserver les hosties consacrées. 
Relique 
Désigne ce qui reste du corps d’un saint ou d’un martyr, ou d’objet ayant été à son usage, instrument de supplice, considérés comme des objets sacrés et auquel on rend un culte. 
Tugra 
Mot turc désignant le monogramme des sultâns ottomans »


Du 23 février 2018 au 11 mai 2018
Au MUba Eugène Leroy 
2, rue Paul Doumer 59200 Tourcoing
Tél I + 33 (0)3 20 28 91 60
Ouvert tous les jours de 13 h à 18h. Sauf mardi et jours fériés
Visuels :
Bas-relief représentant le sacrifice d’Abraham, Liban, époque byzantine
Beyrouth, Ministère de la Culture / Direction générale des Antiquités / Musée National de Beyrouth

Firman de nomination d’un patriarche par le sultan
Constantinople, XVIIIe siècle
© Couvent syriaque catholique de Charfet, Liban / Tony Farraj


Du 26 septembre 2017 au 14 janvier 2018
A l’Institut du monde Arabe 
1, rue des Fossés Saint-Bernard – 75005 Paris
Tél. : +33 1 40 51 38 38
Du mardi au vendredi de 10 h à 18 h. Samedi - dimanche - jours fériés de 10 h à 19 h
Visuels :
Livre de prière syriaque-arabe (Qondaq)
Syrie, XVIIe siècle
© Collection Antoine Maamari, Beyrouth

Calice - Trésor d’Attarouthi
Attarouthi, Syrie, 500-650
Argent et argent doré
© Metropolitan Museum - Department of Medieval Art and and The Cloisters

Stèle représentant Apa Shenoute
Sohag (Egypte), Ve siècle
Skulpturensammlung und Museum für Byzantinische Kunst, Staatliche Museen zu Berlin
© A. Voigt

Flabellum syriaque
Deir Souriani, Egypte, XIIe siècle
© Musée royal de Mariemont
Photo M. Lechien

Bouteille décorée de scènes monastiques
Syrie, milieu du XIIIe siècle
© Collection de la Furusiyya Art Foundation, Vaduz

Firman ottoman (Soliman I) expulsant les Franciscains du cénacle 1500.
Encre et or sur feuille de papier en rouleau
© Jérusalem, Terra Sancta Museum – Custodie de Terre Sainte

Un chrétien du clan des Azeizat de Mâdabâ
Jérusalem, 1905 © Ecole biblique d’archéologie française, Paris

Maquette du Saint-Sépulcre
Jérusalem, Bethléem
XVIIIe siècle
© Jérusalem, Terra Sancta Museum – Custodie de Terre Sainte

Monastère grec-catholique melkite Saint-Serge-et-Saint-Bacchus (Mar Sarkis) à Ma’aloula, Syrie, novembre 2015
© Katharine Cooper

Articles sur ce blog concernant :
Articles in English 
Les citations viennent des dossiers de presse. Cet article a été publié le 4 octobre 2017, puis le 18 mai 2020.

1 commentaire:

  1. La societe francaise elude aussi l histoire de son pays , et creee , la nouvelle histoire de france que l institut du monde arabe serait capable d editer !

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