jeudi 26 juin 2014

« Un devoir de mémoire » de Michel Gurfinkiel


Juriste polonais Juif, Raphael Lemkin est né le 24 juin 1940. Il a forgé en 1943 le vocable "génocide" et a été l'artisan de l'adoption par l'Assemblée générale de l'ONU de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide (CPRCG), le 9 décembre 1948.
L’annonce par le Président de la République Nicolas Sarkozy lors du dîner du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) le 13 février 2008 de charger chaque enfant de CM2 de la mémoire d’un des 11 000 enfants juifs déportés de France a profondément troublé Michel Gurfinkiel, historien, journaliste et président de l'Institut Jean-Jacques Rousseau.

L'enfance de... Boris Cyrulnik
Le destin d’Anne Frank : Une histoire d’aujourd’hui
« Destins d’enfants juifs et de leurs sauveurs » de Kirsten Esch
« Une enfance volée : l’affaire Finaly » de Fabrice Génestal
Au cœur du génocide. Les enfants dans la Shoah 1933-1945
C’étaient des enfants. Déportation et sauvetage des enfants juifs à Paris
« Les larmes de la rue des Rosiers » d'Alain Vincenot
« Carnets de mémoire Enfances cachées 39-45 », par Michèle Rotman

Michel Gurfinkiel écrivit alors un article émouvant exprimant ses réserves - l’un de ces enfants est son frère Charles, assassiné à Auschwitz en 1942, à l’âge de neuf ans - et son loyalisme républicain. Encouragé par des lecteurs, il approfondit sa réflexion sur la Shoah dans ce livre, à la fois autobiographie émouvante et essai étayé d’arguments convaincants.

Il y brosse avec amour et pudeur le récit des histoires familiales, paternelle et maternelle, marquées par la Shoah. Emergent la figure admirée du père Szyja (Josué), tailleur et modèle de rigueur dans la vie professionnelle et personnelle du fils, et le souvenir de Charles, dont l’une des trois photos, longtemps présente sur l’atelier du père, est posée sur le bureau du journaliste-écrivain.

Celui-ci détaille aussi les actions menées par des Juifs, lors de la tentative d’annihilation les visant, pour informer sur la Shoah des dirigeants Alliés, et « la loi du silence » qui s’instaura « pour des motivations entremêlées : raison d’Etat, impératifs stratégiques, antisémitisme ».

Il décrit aussi l’occultation puis l’émergence de la Shoah dans les consciences collective et politique et les histoires nationales, ainsi que la lente progression du devoir de mémoire. Il analyse enfin les « fluctuations sémantiques » - génocide (vocable forgé par Raphael Lemkin), Shoah, Holocauste, démocide - et les évolutions jurisprudentielles, tout en soulignant la singularité de la Shoah.

Tout au plus, pourra-t-on regretter un bref jugement négatif à l’égard du président Truman, car celui-ci a révélé sa stature face aux défis de l’Histoire, et une allusion trop elliptique à l’affaire du timbre sur les Justes parmi les nations en 2007.

En annexes, le discours du Président Nicolas Sarkozy et l’article Silence et conscience du professeur Israël Goldberg.

Michel Gurfinkiel, Un devoir de mémoire. Ed. Alphée Jean-Paul Bertrand. 187 pages. 18,90 €. ISBN : 978-2753803534


Conférence de Michel Gurfinkiel et Danielle Guerrier intitulée Juifs et Chrétiens. Connaissance de l’autre, similitude et contenu spirituel des fêtes
Le 20 novembre 2012, à 20 h 30
Organisée par l’Amitié judéo-chrétienne de France (AJCF)-Groupe de Boulogne.
Au Carré Bellefeuille
Salle 406, 60 rue de la Belle feuille, 92100 Boulogne-Billancourt.
Buffet convivial dès 19 h 30
P.A. F. : 5 €

Cet article a été publié en une version plus concise par L’Arche dans son numéro de décembre 2008-janvier 2009, et sur ce blog le 25 octobre 2009 et 20 novembre 2012, et 28 avril 2013 en cette Journée nationale du souvenir des victimes de la déportation..

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