jeudi 14 décembre 2023

« Plantu – Reza : Regards Croisés »

Le Musée de l'Homme présente l’exposition « Plantu – Reza : Regards Croisés ». Les dessins de Plantu et les photographies de Reza sont regroupées par thèmes : « Documenter les conflits », « Dénoncer les inégalités », « Suivre les migrations », « Mettre l’environnement au premier plan » et « Défendre la liberté d’expression ». Des dessins souvent "politiquement corrects". Des photos émouvantes. Deux regards partiaux sur le Proche-Orient.

De la caricature à l’affiche 1850-1918
Le XXe siècle en quatre-vingts dessins de presse
TIM 
« Les coïncidences historiques et esthétiques entre nos deux parcours se sont révélées troublantes » Plantu
« J’ai le sentiment de partager avec Plantu une forme de compréhension du monde » Reza

« C'est une alliance intellectuelle et artistique singulière que le Musée de l'Homme met à l'honneur : celle d'un photojournaliste, Reza, et d'un dessinateur de presse, Plantu, qui ont choisi de marier leurs œuvres. »

« Fins observateurs des bouleversements de la planète, Plantu et Reza font dialoguer leurs pratiques et leurs visions du monde. Que celles-ci se rejoignent, se complètent ou s'opposent, elles renouvellent l'occasion de prendre conscience des bouleversements climatiques, politiques, économiques et sociaux de notre temps. »

Plantu
« Le dessinateur Plantu a illustré la une quotidienne du journal Le Monde de 1985 à 2021. Il a obtenu le Prix du document rare au Festival du scoop et du journalisme d’Angers (1991) et le Prix de l’Engagement démocratique à Strasbourg (2019). »

« Il a participé à la création de l’association Cartooning for Peace, et a créé la Fondation Plantu dont l’objet est d’établir des passerelles entre jeunes « oubliés de la République » et artistes, sportifs, et professionnels de la cuisine. »

Reza
« Le photographe Reza a parcouru plus de cent pays, témoignant des conflits, révolutions et catastrophes, mais aussi joies et peines de notre humanité, pour les médias (National Geographic, Time, Stern, Paris Match, Geo…) ainsi que sous formes de livres, de documentaires et d’expositions. Il a fondé l’ONG Aina, qui forme aux métiers de l’information en Afghanistan, et l’association Les Ateliers Reza/Reza Visual Academy pour les réfugiés et les jeunes issus de milieux précaires. Il a reçu de nombreux prix dont le World Press Photo et l’Infinity Award. »
C'est la poésie qui lui permet de "se rétablir" après avoir vu tant d'horreurs lors de ses reportages. Alors que je l'interviewais, Reza a exprimé son admiration pour Arafat comparé à... Moïse !?

« Plantu et Reza font connaissance en avril 2011. Le populaire dessinateur du
Monde et le célèbre photographe français d'origine iranienne se croisent pour la première fois aux Rencontres internationales du dessin de presse, au Mémorial de Caen. »

« Naît à cette occasion, une complicité qui les conduira, en 2020, à projeter leurs travaux sur un même écran, puis à les marier de manière plus intime, dans un véritable entrelacement artistique. »

« Cette création aboutit à une série d'œuvres communes, publiées dans un livre en 2021 chez Gallimard, présentées dans cette nouvelle exposition. »

Ces œuvres sont regroupées par thèmes : « Documenter les conflits », « Dénoncer les inégalités », « Suivre les migrations », « Mettre l’environnement au premier plan » et « Défendre la liberté d’expression ».

« Dans un contexte où couvrir l’actualité est une prise de risque quotidienne pour les journalistes comme pour les artistes, le Musée de l’Homme tenait à mettre en valeur le travail de ces deux grands défenseurs de la liberté d’expression. »

Le message de ces œuvres, surtout celles de Plantu, est "politiquement correct", parfois caricatural. Ainsi, aucun ne conteste le message des écologistes ou la "Cause palestinienne". Dans un dessin de Plantu, "les petits poucets du Proche-Orient sont deux garçons : un Israélien dessiné en juif religieux, dont les papillotes dépassent de la kippa, et, au cas où le lecteur n'aurait pas compris, une étoile de David est dessiné semble-t-il sur un talit (!?), et un enfant "palestinien", portant keffieh, qui le tire par la main droite. Ces deux enfants suivent un chemin constitué de feuilles vertes tombées d'une branche d'olivier qu'une colombe tient dans son bec. Ils marchent dans une forêt de tours. Sur une tour, flotte le drapeau du Hamas. Quand on sait la signification du keffieh, l'endoctrinement à la haine des Yahoud (Juifs, en arabe) par l'Autorité palestinienne et le Hamas, le rôle des civils gazaouis dans le djihad du 7 octobre 2023 et la détention des otages israéliens dans la bande de Gaza, on reste médusé devant la naïveté, l'ignorance...

Le commissariat de l’exposition est assuré par Aurélie Clemente-Ruiz, directrice, Hannah Froidevaux, chargée de conception et de production d'exposition.


"Documenter les conflits"
« Reza et Plantu ont couvert la majorité des grands conflits de ces dernières décennies, chacun à sa manière. »

« Le travail du photographe le projette au cœur de l'événement, sur le terrain et dans l’instant, en contact brut avec la réalité, au plus proche d’une humanité exprimant sa plus effroyable cruauté aussi bien que sa plus pure tendresse. »

« Le regard du dessinateur implique quant à lui par nature une distance, un recul, une analyse. Ces deux postures opposées produisent pourtant des images capables d'un étonnant dialogue. Lorsque Plantu et Reza associent leurs dessins et clichés, ceux-ci semblent parler d'une même voix… même lorsqu'ils ont été produits avec dix, voire vingt ans d’écart ! »

"Dénoncer les inégalités"
« Dans un monde où l'inégal accès aux ressources, à la liberté, à la sécurité, à l'éducation, creuse des fossés insurmontables entre les populations, Plantu et Reza dépeignent sans concession des situations qui dérangent. »
« Une nécessité, pour l'un comme pour l'autre, de faire entendre la voix de ceux qui ne peuvent s'exprimer. « L’injustice, dit Reza, c’est de devoir subir le mensonge sans avoir la possibilité de le dénoncer ». Cet engagement témoigne d'une volonté de changer les choses, que leurs associations respectives, Cartooning for Peace et Reza Visual Academy, incarnent en pratique. »

"Suivre les migrations"
« Forcé à quitter son pays, l’Iran, en 1981, Reza est lui-même un citoyen en migration perpétuelle, sur la route sans fin de l’actualité internationale. Plantu se positionne quant à lui en premier témoin de la question migratoire, de ses polémiques et de la tragédie de ces migrants contraints de fuir leur pays pour rencontrer une terre d’asile parfois plus hostile encore. »

« La violence de ces situations est révélée avec une lucidité et une justesse frappantes par l’alliance de la photographie et du dessin, qui juxtaposent la dure réalité du terrain à la facétie du trait satirique. »

"Mettre l’environnement au premier plan"
« L’impact de l’activité humaine sur l’environnement est devenu une préoccupation centrale de la société, intrinsèquement liée à l’actualité et à notre devenir. Au cours de leurs carrières respectives, Plantu et Reza ont couvert une diversité de zones vulnérables, fragilisées par les pollutions. Souvent représentée dans la presse à l’arrière-plan d’une scène, la nature est, depuis des décennies, mise au premier plan des travaux de Plantu et Reza, en tant que sujet à part entière. Ce que l’humain fait de son milieu naturel a toujours été, pour eux, un sujet d'actualité en soi. »

"Défendre la liberté d’expression"
« Emprisonné et torturé en 1974 dans son pays natal pour avoir affiché, sur les murs, des photographies dénonçant la misère, Reza n'a jamais cessé, depuis lors, de couvrir les conflits pour les rendre visibles aux yeux du monde entier, avec les dangers que cela implique. Mais les attentats de Charlie Hebdo ont révélé qu’un dessinateur n'est pas davantage à l'abri des balles dans son bureau qu’un photographe sur le terrain d'une guerre. »

« Plus encore que l'actualité qu'elle décrit, la caricature anime des passions extrêmes. »

« Et les risques qu'encoure celui qui dessine ont été démultipliés par la diffusion des contenus à l'échelle mondiale, en temps réel. Plantu vit sous protection policière constante depuis huit ans. La création artistique est une arme, et l’artiste, dans la même logique, une cible. Certaines œuvres communes des deux artistes en proposent un douloureux constat. »


Du 11 mai au 31 décembre 2023
Place du Trocadéro. Paris 16e
17 place du Trocadéro. 75016 Paris
Tél. : 01 44 05 72 72
Ouvert tous les jours, sauf le mardi
Visuel :
Affiche
Gouvernement régional du Kurdistan, Irak, 2015 © Plantu - Reza

Conflits 2 
© Plantu-Reza

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire