mardi 31 mars 2020

« Tempête de sable » d'Elite Zexer


Arte diffusera le 1er avril 2020 « Tempête de sable » (Sufat Chol) d'Elite Zexer. « Aspirant à l'émancipation, une jeune Bédouine se heurte aux lois de sa communauté. Le premier film, sensible et fort, d'une cinéaste israélienne qui pointe sans manichéisme les ambivalences de chacun. »

Nurith Aviv

Elite Zexer est née à Netanya (Israël), et grandit à Herzliya, puis à Raanana. Diplômée de l’Université de Tel Aviv, elle a aussi un BFA et MFA.

Son premier court métrage « Take Note » (2008) reçoit le Prix du meilleur film de fiction au Festival international du film étudiant de Tel Aviv.

En 2010, Elite Zexer réalise « Fire Department, Bnei-Brak » sur la vie de pompiers dans une ville de la banlieue au nord est de Tel Aviv et peuplée de Juifs haredim (« craignant D. »).

Dans un autre court métrage « Tasnim », Elite Zexer relate l’histoire de Tasnim, une fille de dix ans vivant avec sa mère et sa parentèle dans un village bédouin dans le Négev. La visite surprise de son père l’amène à affronter, pour la première fois, les normes conservatrices de sa tribu et à mûrir. Présenté dans 120 festivals cinématographiques dans le monde, « Tasnim » a été distingué par des Prix.
Premier long métrage d’Elite Zexer en 2016, « Tempête de sable » décrit aussi une famille de Bédouins pour étudier les tensions entre traditions et modernité chez des femmes bédouines.

« En Israël, dans un village bédouin à la lisière du désert du Néguev et de la Jordanie, Jalila est chargée d'organiser les festivités du mariage de son époux Suliman avec une seconde femme beaucoup plus jeune qu'elle. Ravalant son humiliation, elle compte sur Layla, l'aînée de leurs quatre filles, pour lui prêter main-forte. Mais tout juste rentrée de la ville, où elle étudie, Layla aspire à s'affranchir des traditions et à mener une vie indépendante. Surprenant sa fille au téléphone avec Anwar, le camarade de classe dont elle s'est éprise, Jalila lui intime de cesser tout contact avec lui. Comptant sur son père pour lever l'interdit maternel, Layla ignore que ce dernier projette de l'unir à Munir, un membre de leur clan… »

« De la mère et de la fille, laquelle pliera, laquelle parviendra à s'affranchir ? Qui se sacrifiera, qui ouvrira la voie ? » 

« Fidèle aux lois du clan lorsqu'il arrange le mariage de sa fille aînée ou se conforme à la polygamie – illégale en Israël, mais tolérée chez les Bédouins –, Suliman sait aussi se montrer libéral quand il encourage Layla dans ses études ou la laisse conduire la voiture familiale ». 

« Dans ce premier film sensible et fort, nourri par dix ans de compagnonnage avec des femmes de la communauté bédouine, la réalisatrice israélienne Elite Zexer pointe sans manichéisme les ambivalences de chacun, soulignant notamment la manière dont les femmes elles-mêmes peuvent se faire garantes de la soumission à la toute-puissance masculine ».

« Pour Tempête de sable, la réalisatrice s’est inspirée des souvenirs de sa mère qui partait photographier les femmes bédouines du Néguev. « Elle revenait chargée d’histoires incroyables qui m’ont donné envie de l’accompagner. » Un jour, elles rencontrent une jeune femme victime d’un mariage forcé. « Quand elle a dit : “Cela n’arrivera jamais à ma fille”, j’ai su, au plus profond de moi, que j’allais faire un film de cette histoire », se souvient Elite pour Le Monde (26 janvier 2017).

« Tempête de sable, c’est quasiment dix ans de ma vie », explique la réalisatrice de 36 ans, exigeante et déterminée. Déjà quatre ou cinq ans rien que pour écrire le scénario : « Je ne voulais absolument pas qu’on entende ma voix, ni qu’il y ait un quelconque soupçon de jugement, je voulais raconter l’histoire de l’intérieur. »


« Elite passe du temps à recueillir des témoignages, à prendre des notes. « Je voulais que le film soit le plus juste possible et, en même temps, qu’il soit universel, qu’apparaissent les questions majeures : un premier amour, des parents séparés, les relations père-fille, mère-fille. » Le financement trouvé, arrive l’étape cruciale du casting : « Je savais dès le début que je ne pourrais pas faire jouer des femmes de la région dont parle le film. Il est en effet impossible pour elles d’être filmées et de se montrer en images devant un public sans nuire à leur réputation. Nous avons donc décidé de travailler avec des actrices professionnelles arabes, qu’il a fallu coacher afin qu’elles apprennent le dialecte bédouin. » Dix ans de vie, et, in fine, vingt-deux jours de tournage : « Les meilleurs de ma vie », confie-t-elle dans un large sourire. »

« Alors qu’il s’est passé 12 années depuis qu’elle a eu l’idée du film pour la première fois, Zexer a indiqué qu’il était important pour elle que l’œuvre fasse le portrait réaliste des particularités de la société bédouine conservatrice tout en jouant sur des thématiques universelles. Pendant cinq ans, elle a visité des villages et revu son script. Elle passait une semaine dans un village pour retourner à Tel Aviv où elle effaçait le scénario préconçu, le réécrivait puis repartait en repérage. Dans sa recherche d’authenticité, les acteurs – des femmes israéliennes arabes et des hommes bédouins et arabes – ont dû travailler leur accent pour être fidèles au dialecte arabe bédouin. Leur dur travail se reflète dans le succès qu’a remporté le film auprès du public bédouin et les bédouins locaux ont pris d’assaut, pendant trois mois, les deux cinémas où était diffusé « Tempête de sable » à Beer Sheva – obligeant une autre salle à ajouter l’œuvre de Zexer à sa programmation à Omer, la ville voisine. »

« Tempête de sable » devait à l’origine débuter par une projection offerte à des représentantes de mouvements féministes bédouins et juifs au Centre Peres pour la paix, qui promeut la coexistence. Malheureusement, le président Shimon Peres a été admis à l’hôpital quelques jours avant cette première prévue et l’événement a été annulé. »

Ce long métrage a été montré en compétition à la Berlinale 2016. Il est notamment lauréat du Prix First Look Rator au Festival de Locarno (2015), du Grand Prix du jury au Festival du film de Sundance (2016), du Prix du meilleur film et de la meilleure actrice dans un second rôle (Ruba Blal) au Festival international du film de Toronto, Prix du meilleur maquillage aux Ophirs du cinéma, Prix du cinéma européen (Discovery of the Year- Prix FIPRESCI).

Il a représenté l’Etat d’Israël à la cérémonie des Oscars en 2017 dans la rubrique du Meilleur film en langue étrangère.


« Tempête de sable » d'Elite Zexer
Israël, Allemagne, 2016, 1 h 24mn, VOSTF
Production : 2 Team Productions, Rotor Film Babelsberg
Scénario : Elite Zexer
Producteur/-trice : Haim Mecklberg et Estee Yacov-Mecklberg
Image : Shai Peleg
Montage : Ronit Porat
Musique : Ran Bagno
Maquillage : Carmit Bouzaglo
Avec : Lamis Ammar (Layla), Ruba Blal-Asfour (Jalila), Haitham Omari (Suliman), Khadija Alakel (Tasnim), Jalal Masarwa (Anwar), Shaden Kanboura (Alakel)
Grand prix du jury, Sundance 2016
Sur Arte le 1er avril 2020 à 23 h 25
Visuels :
Ruba Blal-Asfour (Jalila) et Shaden Kanboura (la deuxième épouse de Suliman) dans " Tempête de sable" d' Elite Zexer (2016)
Ruba Blal-Asfour est Jalila dans " Tempête de sable" d' Elite Zexer (2016)
Lamis Ammar (Layla, la fille de Jalilia) dans " Tempête de sable" d' Elite Zexer (2016)
Lamis Ammar (Layla) et Jalal Masarwa (Anuar) dans " Tempête de sable" d' Elite Zexer (2016)
Lamis Ammar (Layla, la fille de Jalilia) dans " Tempête de sable" d' Elite Zexer (2016)
© Pyramide Films

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Les citations sont extraites du site d'Arte.

« Moscou, la ville souterraine de Staline » de Peter Moers


Arte diffusera le 1er avril 2020 « Moscou, la ville souterraine de Staline » (Geheimes Russland - Moskaus Unterwelten) de Peter Moers. « Depuis la fin de la guerre froide, on découvre dans le luxueux réseau du métro moscovite, inauguré en 1935, des trésors et des secrets insoupçonnés ». 

« Le procès » par Sergei Loznitsa 
A Moscou, Staline (1878-1953) « avait fait construire des infrastructures ultra-secrètes, camouflées sous des bâtiments d’État en chantier : un bunker personnel, l’un des quartiers généraux de l’état-major soviétique, et même une route souterraine ».

Pour dissimuler l'existence de son bunker à Moscou, Staline avait fait édifier au-dessus de cet immense espace un stade de 120 000 places. Le dictateur communiste aurait passé un mois, en novembre 1941, durant la Deuxième Guerre mondiale, dans ce bunker moscovite de 300 000 m² pouvant accueillir mille personnes et des équipements militaires dont 300 tanks. Dix entrées permettaient d'y accéder.

Dans son bureau joliment meublé, Staline disposait de trois téléphones lui permettant de joindre le KGB, le Quartier général et le gouvernement. De ce bunker, partait un tunnel de 17 km permettait de se rendre au Kremlin. Le nombre et l'emplacement des autres bunkers demeurent un secret défense. Une partie du bunker est ouverte aux touristes.

« En remontant jusqu’à la révolution de 1917, ce documentaire explore l’histoire de Moscou vue d’en dessous, dévoilant le rôle qu’ont joué ces étonnantes constructions au cours de la guerre froide, notamment pendant la crise de Cuba ».

« Des historiens spécialistes de l’ère stalinienne prennent la parole, tout comme la poignée de passionnés qui se glissent à leurs risques et périls dans ces mystérieuses entrailles de Moscou ».

Un autre bunker se trouve à Samara.

« Moscou, la ville souterraine de Staline » de Peter Moers
Allemagne, 2017, 53 min
Sur Arte le 1er avril 2020 à 03 h 05
Disponible du 20/03/2020 au 19/04/2020

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Les citations sont extraites du site d'Arte.

« Un Juif pour exemple » par Jacob Berger


« Un Juif pour exemple » est un film bouleversant réalisé par Jacob Berger, avec Bruno Ganz, André Wilms. La libre adaptation du roman éponyme de Jacques Chessex relatant l’assassinat antisémite d’Arthur Bloch, marchand de bétail bernois sexagénaire, commis par des Nazis le 16 avril 1942 à Payerne, en Suisse. TV5 Monde diffusera le film les 30 mars et 13 avril 2020.

« 1942, l'Europe est à feu et à sang. Mais nous sommes en Suisse, plus précisément à Payerne. C'est loin, la guerre, pense-t-on ici, c'est pour les autres, même si la frontière n'est qu'à quelques kilomètres. Dans ces campagnes reculées, la terre a le goût âcre du sang des cochons et des bestiaux à cornes, qu'on tue depuis des siècles. L'économie va mal. Usines et ateliers mécaniques disparaissent. La Banque de Payerne fait faillite. Des hommes aux mines patibulaires rôdent par routes et chemins. Les cafés sont pleins de râleurs. Parmi eux, Fernand Ischi, vantard, rusé, bien renseigné, a prêté serment, avec une vingtaine de payernois, au Parti nazi.  Il rêve d'attirer l'attention de la Légation d'Allemagne, et même - pourquoi pas ? d'Adolf Hitler lui-même. Dans leur ligne de mire: Arthur Bloch, 60 ans. Bernois, il exerce le métier de marchand de bétail. Il connait bien tous les paysans et les bouchers de la région. Ce jeudi 16 avril, se tiendra la prochaine foire aux bestiaux de Payerne. C'est ce jour-là qu'Ischi et sa bande passeront à l'acte. C'est ce jour-là qu'un Juif sera tué pour l'exemple. Soixante-sept ans plus tard, en 2009, quand l'écrivain suisse Jacques Chessex se souviendra de ces faits, c'est lui qui sera désigné comme l'ennemi à abattre ».

En 1977, dans le cadre de l'émission Temps Présent, la télévision suisse a diffusé Analyse d'un crime, enquête  du journaliste Jacques Pilet et du réalisateur Yvan Dalain, qui avaient retrouvé les principaux protagonistes, dont trois assassins condamnés et libérés, ainsi que des témoins de cet assassinat barbare. Ce « reportage troubla les esprits en Suisse romande à une époque où la question de l'attitude de la Suisse durant la Seconde Guerre mondiale n'était pas encore posée avec acuité ». « Nous ne comprenions pas. Mon père était un homme bon et paisible. C’était un vrai Bernois, très patriote, fier d’avoir fait son service militaire dans les dragons », se souvenait la fille d'Arthur Bloch. 

Dans « Le Crime nazi de Payerne », Jacques Pilet poursuit l’enquête.

En 2009, Jacques Chessex a relaté cet assassinat commis dans la ville où il est né en 1934. Il l’avait déjà évoqué dans « Le Portrait des Vaudois » (1969), dans « Un crime en 1942 », une des chroniques de « Reste avec nous » : « J'imagine Payerne aux mains d'un garagiste botté (...) La croix gammée flotte sur l'abbatiale (...) Le petit marchand de benzine devient Eichmann, ses acolytes dirigent l'épuration. Au lieu d'aller à Bochuz, certain pasteur mystico-obscurantiste est fait docteur honoris causa de l'université de Nuremberg ». Le commanditaire de ce crime antisémite s’avère être l'ex-pasteur Philippe Lugrin, jugé en 1947.

Antoine Duplan a observé dans Le Temps (3 août 2016) : « A la rigueur journalistique, [Jacques Chessex] substitue le souffle de la poésie. Un Juif pour l’exemple tient de la conjuration incantatoire et dresse un réquisitoire contre l’esprit de clocher. L’écrivain stigmatise  Payerne, « capitale confite dans la vanité et le saindoux», habitée de « gros lards mangeurs de cochons et protestants», vivant «dans l’implicite, le ricanement, l’insinué… Le roman exprime les frémissements du printemps dans la Broye ». 

« Deux faits m’ont frappé quand le livre de Jacques Chessex est paru. Le premier, c’est le réflexe de protection mentale qui s’est aussitôt manifesté dans Payerne et sa région. Il ne fallait pas remuer le passé. Un réflexe classique, aujourd’hui prodigieusement rénové par le ressaisissement caricatural des identités, comme on l’observe avec les communautarismes. Ce besoin qu’éprouvent d’innombrables êtres de s’immobiliser, de façon militante et parfois criminelle, dans la conception qu’ils ont de soi face aux dissolutions souvent fantasmées de l’époque. Et le second de ces faits, lié d’ailleurs au premier, c’est que les criminels de Payerne étaient portés par une culture de cette ville, où l’on tue des cochons depuis des siècles. On peut situer leur déviance dans la norme d’une pratique locale usuelle. Tuer quelqu’un et découper sa dépouille, c’est-à-dire l’équarrir comme on le fait des bêtes, c’est le paroxysme déréglé d’une gestuelle familière. Un débordement de l’ordre commun. C’est en quoi « Un Juif pour exemple » par Jacob Berger est percutant: il donne à méditer cet enchâssement jusqu’à nos jours des crimes constitués par la mise à mort des cochons dans la Broye vaudoise, puis du crime commis contre Bloch et finalement, par exemple, du massacre d’homosexuels en Floride », a analysé Christophe Gallaz, chroniqueur et écrivain suisse.

Le film « Un Juif pour exemple » par Jacob Berger « s’enracine au creux d’un hiver qui semble perpétuel. Trois soldats qui mettent en déroute une poignée de Juifs tentant de passer la frontière résument le climat de 1942. Une vache crevée qu’on enterre, un cochon qu’on éviscère, un chant nazi qui s’échappe du garage nazi traduisent une phrase comme « Dans ces campagnes reculées la détestation du Juif a un goût de terre âcrement remâchée, fouillée, rabâchée avec le sang luisant des porcs… Et ses assassins: le gauleiter Fernand Ischi, garagiste de son état, et son apprenti Georges Ballotte, ainsi que les frères Marmier, et Friz Joss, leur valet de ferme. Cinq bras cassés, cinq minables galvanisés par les discours haineux du pasteur Lugrin et désireux d’offrir à Hitler un Juif mort pour « cadeau d’anniversaire. Effroyable, innommable, l’équarrissage d’Arthur Bloch est montré dans son implacable brutalité mais avec un sens du cadrage et de l’ellipse remarquablement contrôlés, s’achevant sur une touche allégorique », a conclu Antoine Duplan.

Éclairé d’une lumière blanche, blafarde, hormis le dîner chez les Bloch, « Un Juif pour exemple » par Jacob Berger  a été présenté en ouverture au Festival du film de Locarno 2016. Il a été distingué par le Prix du Meilleur acteur (Quartz 2017) en sélection officielle de ce festival.

La scène du meurtre est particulièrement éprouvante. En tuant et en dépeçant un Juif comme un animal de ferme, ces villageois assassins ont tué une part d’humanité en eux, ils ont contribué à annihiler des liens familiaux. Ils se sont avilis. Ils ont bénéficié d'une clémence choquante en étant remis en liberté. Aurélien Patouillard joue un Fernand Ischi, garagiste cupide, sadique, cruel, donneur d’ordre.

André Wilms jue un Jacques Chessex, écrivain persécuté, et victime par ricochet de cet assassinat antisémite qu’un bourg souhaitait oublier.

Sur la tombe d'Arthur Bloch, campé magnifiquement par Bruno Ganz, sa veuve, qui dans le film sent la violence sourde antisémite, a fait inscrire la phrase : « Gott weiß warum » (Dieu Sait pourquoi).


Citations de Jacob Berger

Jacob Berger a étudié le cinéma à la New York University. Il débute comme acteur et réalise son premier film Angels en 1990, puis dirige Gérard et Guillaume Depardieu en 2002 dans Aime ton père. Il est l'auteur de documentaires sur le Moyen-Orient, les Etats-Unis, l’Afghanistan.

« A Payerne on a fait l’inverse, pour des raisons identitaires ou simplement historiques. Il y a eu un crime, puis un procès, on a condamné les coupables et l’on a dit, très clairement : voilà, tout est réglé, la Justice a fait son œuvre, tout peut rentrer dans l’ordre, circulez, il n’y a plus rien à voir! Les politiciens locaux, les journalistes, les juges, tous ont répété la même chose, au terme du jugement: plus vite on oubliera cette histoire, mieux on se portera! Jusqu’à la communauté juive, en particulier les commerçants juifs de la région, qui ses sont cotisés pour offrir des vêtements, un emploi ou de l’argent aux assassins d’Arthur Bloch, à leur sortie de prison ! Tout le monde s’est dit : faisons comme si cette tragédie n’avait jamais eu lieu et revenons vite à l’état d’avant. Certains membres de la famille Bloch, petits-neveux ou cousins, n’avaient pas la moindre idée de ce qu’il était advenu à Arthur Bloch jusqu’à la publication du livre de Chessex! Publication qui donne lieu à une nouvelle offensive du déni : de l’archiviste de la ville de Payerne, affirmant qu’il n’existe aucun intérêt à ressortir cette vieille histoire, au syndic, qui qualifie le crime nazi de « fait divers », le mutisme volontaire était tout-puissant. Je ne suis pas certain que Chessex ait pris la mesure de ce consensus… 
Payerne est une ville qui tue des cochons depuis des siècles et où l’on décide un jour de tuer un Juif comme un cochon. Et de la même manière que le carnaval, en 2009, fera sciemment la confusion entre Jacques Chessex et les nazis en traçant son nom avec le double « s » de la « SS » sur une boille, les assassins font la confusion volontaire entre leur victime et le porc que sa religion lui interdit de manger, et qu’eux-mêmes consomment à longueur d’année.
Sur la devanture du Garage des Promenades, au quasi-centre-ville, on aperçoit d’ailleurs encore une plaque en étain portant l’inscription «Ischy» (le nom du vrai garagiste s’orthographiait ainsi), patronyme de l’assassin-en-chef d’Arthur Bloch. Et quand Jacques Chessex publie son livre et demande qu’on baptise une place ou une rue de la ville en souvenir d’Arthur Bloch, ou simplement qu’on pose une plaque quelque part dans la ville, on lui répond: « Non, non, non, ça va réveiller des choses, on ne veut pas ! » Il en résulte qu’à Payerne le nom de l’assassin est demeuré dans l’espace public, quand celui de sa victime est encore tu, sinon nié… Aucun sentiment de culpabilité collective, ni quant à l’acte ni quant à l’amnésie volontaire.
Chessex commence son livre – son faux roman – en procédant par cercles concentriques. Il commence avec l’état de L’Europe en 1942, puis de la Suisse – la Mobilisation, la défense des frontières, la doctrine du Réduit national… – avant d’évoquer les sympathisants fascistes ou nazis – le Mouvement National Suisse, la Ligue vaudoise, etc. – et le canton de Vaud, puis la Broye, puis enfin Payerne. Il nous parle de la crise économique locale, des juifs de Payerne et enfin des nazis de Payerne, rassemblés autour du garagiste Ischi avant de s’arrêter, assez sommairement, sur le personnage d’Arthur Bloch. En 40 pages, tout le contexte est posé. La première moitié du livre est une succession de situations qui se resserre et nous conduisent irrémédiablement au crime.
Je me suis dit qu’il serait intéressant de procéder d’une manière semblable avec la caméra. C’est-à-dire de mettre en scène non pas des scènes découpées, avec des personnages pris dans une dynamique psychologique ou une dynamique émotionnelle, mais au contraire de montrer des situations complètes, qui se suffisent à elles-mêmes : des tableaux. Donc, peu de plans, mais des plans très composés, très photographiés, qui posent dès le premier coup d’œil une situation donnée. Par exemple un tableau qui montre des réfugiés refoulés par des soldats dans la montagne. Puis un tableau qui montre des paysans qui enterrant leurs vaches mortes, dans un champ. Puis un tableau montrant des ouvriers quittant une usine qu’on s’apprête à fermer. Puis, un tableau qui montre les mêmes paysans venant d’enterrer leurs vaches mais cette fois chez le notaire, pour une vente de terrain. Il y a peut-être une, deux ou trois coupes dans chaque tableau, qui permettent à la camera d’aller chercher un visage ou de présenter un angle opposé, mais rien de plus. Chaque plan est censé se suffire à lui-même.
Adapter « Un juif pour l’exemple », ce n’est pas seulement parler du crime de 1942. C’est aussi parler de Jacques Chessex, qui écrit ce livre en 2009 et qui d’une certaine manière en meurt. Du coup, adapter « Un juif pour l’exemple » ça devient aussi parler d’un écrivain.
ce qui est intéressant, c’est la manière dont l’écrivain replonge dans sa propre enfance et comment la réminiscence s’imbrique avec l’écriture. Chessex avait huit ans en 1942. Non seulement il raconte le drame « objectif » de l’assassinat d’Arthur Bloch, mais il fait ce qu’on appelle un travail de mémoire : fouiller dans ses souvenirs, labourer le passé, mais avec la conscience d’aujourd’hui. Chessex se souvient de son père, de sa mère, de sa ville, des Juifs de Payerne, d’Arthur Bloch et surtout du garagiste nazi, Fernand Ischi, dont la fille Elisabeth était sa camarade de jeu, en se demandant : que savais-je ? Que pressentais-je ? Que soupçonnais-je ? Il est à la fois l’enfant qui traverse ces moments et l’adulte qui regarde l’enfant traverser ces moments.
Tout ça m’a logiquement amené à réfléchir à la manière de représenter le personnage de l’écrivain dans le film : à la fois comme un vieil homme qui écrit et qui se souvient, à la fois comme une espèce de fantôme qui hante son propre passé, à la fois comme un enfant, acteur du souvenir, mais à la fois, aussi, comme un écrivain en devenir, qui pressent la tragédie qui se joue sous ses yeux. Et aussi à la fois comme une figure publique dont les autres parlent, et enfin à la fois comme un homme dont la vie est sur le point de s’interrompre, que la mort va frapper, et qui subit la vague de détestation que son livre soulève. C’est là que je me suis dit que ce serait vraiment dommage de simplement placer 2009 en 2009 et 1942 en 1942. J’ai compris qu’il fallait télescoper les deux époques. 
C’est d’ailleurs ainsi que fonctionne le travail de réminiscence, mais aussi le travail d’écriture : quand on écrit quelque chose ayant trait à sa propre enfance, on est à la fois le petit garçon ou la petite fille qu’on était, et l’adulte qu’on est aujourd’hui. Nos souvenirs – les personnages, les bruits, les odeurs de l’époque – se mélangent avec ce qui existe aujourd’hui et les pensées et la conscience d’aujourd’hui. On est simultanément dans le passé et dans l’instant où l’on écrit. On est dans les deux temps. De facto, on est dans un télescopage. ».
    

« Un Juif pour exemple » par Jacob Berger
Suisse, Vega Film, 2016, 1 h 13
Scénario : Jacob Berger, Aude Py, Michel Fessler
Camera : Luciano Tovoli (ACI, ASC)
Son et mixage : Henri Maikoff
Montage : Sarah Anderson, Jacques Comets
Décors : Yan Arlaud
Costumes : Léonie Zykan
Production : Ruth Waldburger/Vega Film, en coproduction avec RTS – Radio Télévision Suisse, SRG SSR, TELECLUB. Avec la participation de L’Office Fédéral de la Culture (Ofc), Zürcher Filstiftung, Cineforom et La Loterie Romande, La Fondation Heim, Succes Cinema, Succes Zurich
Avec Bruno Ganz (Arthur Bloch), André Wilms (Jacques Chessex), Aurélien Patouillard (Fernand Ischi), Elina Löwensohn (Myria Bloch)
Visuels : Crédit : Vega films
Sortie en France le 14 mars 2018
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Les citations non sourcées proviennent du dossier de presse. Cet article a été publié le 12 mars 2018.

samedi 28 mars 2020

« Louise Weiss, une femme pour l’Europe » par Jacques Malaterre


Arte rediffusera le 30 mars 2020, dans le cadre de la série documentaire Les oubliés de l’Histoire (Vergissmeinnicht), « Louise Weiss, une femme pour l’Europe » (Louise Weiss, Europäerin par Jacques Malaterre. Née d’un père protestant et d’une mère juive alsaciens, journaliste, femme de lettres, politicienne et féministe française, Louise Weiss (1893-1983) a milité pour que le droit de vote soit accordé aux femmes.

Pierre Clostermann (1921-2006)


 Louise Weiss (1893-1983), agrégée de lettres à 21 ans et diplômée d'Oxford, est une journaliste fondatrice en 1918 de la revue L’Europe nouvelle, écrivaine, féministe, femme politique française, et militante pour le droit de vote des femmes.

Louise Weiss est née dans une famille d'origine alsacienne. Son père Paul Louis Weiss est un ingénieur des mines protestant. Sa mère Jeanne Félicie Javal est la fille de Emile Javal (1839-1907), ingénieur des Mines, politicien, auteur prolifique, et médecin ophtalmologue juif inventeur de l'orthoptie. Une famille laïque, aux forts principes moraux.

Agrégée de lettres à 21 ans en 1914, elle est aussi diplômée d'Oxford. A une carrière dans l'enseignement, elle préfère le journalisme.

Pendant l'exode du début de la Première Guerre mondiale, la famille Weiss quitte Paris pour sa maison secondaire en Bretagne. Louise Weiss s'engage comme infirmière. Elle "s'initie au journalisme, fréquente les salons" et se lie avec un officier slovaque militant pour des Etats-nations. Cet officier, qui l'avait quittée pour une Italienne et créer la Tchécoslovaquie, décède en 1919 dans un accident d'avion près de Bratislava.

Fervente pacifiste persuadée d'une Europe fondée sur la "réconciliation des peuples", "humaniste, de la culture" au Parlement supra-national affirmant la primauté du droit sur la force, convaincue du rôle de la Société des Nations (SDN), Louise Weiss crée en 1918 la revue « L’Europe Nouvelle » et milite pour le rapprochement entre la France et l'Allemagne, ainsi que pour l’accès des femmes au droit de vote ».

Elle fonde aussi une "école de la paix".

En octobre 1934, Louise Weiss, engagée dans le "suffragisme", inaugure les locaux de la Femme nouvelle, centre de propagande pour le vote féminin.

L'année suivante, elle se présente aux élections municipales dans le XVIIIe arrondissement de Paris. Sans craindre l'illégalité de son acte.

En 1936, avec des militantes, elle envahit la pelouse du champ de course de Longchamp avant le Grand Prix.

Louise Weiss s'efforce vainement d'alerter la France sur les dangers du nazisme. Son dernier éditorial s'intitule : "On ne pactise pas avec Hitler".

Pendant la Deuxième Guerre mondiale, Louise Weiss est classée "comme juive selon les lois de Vichy". Donc, à spolier, à arrêter, à déporter. Elle parvient à obtenir un « certificat » de non-appartenance à la « race juive ». Il n'existe aucune preuve de son engagement dans la Résistance.

En 1945, Louise Weiss participe aux premières élections.

Elle couvre le procès de Nuremberg.

Elle cherche un nouveau thème de lutte. Elle devient réalisatrice et arpente le monde avec le cameraman et directeur de la photographie Georges Bourdelon. Ses livres ne sont pas des succès commerciaux.

Oeuvrant à l'unification européenne, Louise Weiss est choisie par Jacques Chirac pour atténuer le caractère nationaliste de son parti lors des élections européennes. Le 17 juillet 1979, le Parlement européen, élu au suffrage universel pour la première fois, se réunit. Doyenne des députés, octogénaire, Louise Weiss, "grand-mère de l'Europe", en est la présidente et prononce le discours d'ouverture; "à valeur quasi testamentaire", à Strasbourg. Elle est eurodéputée jusqu'à son décès en 1983. La figure de Simone Veil semble avoir quelque peu occulté celle de Louise Weiss dans l'histoire du Parlement européen. Une Union européenne devenue bureaucratique, dispendieuse, inutile et sans solidarité en cas d'épidémie de coronavirus, dominée par un "gouvernement des juges".

"Il y a quelque chose qui déconcerte dans l'attitude de Louise Weiss. Elle donne l'impression que le combat ne vaut plus la peine d'être livré lorsqu'il a été remporté", observe Bernard Billaud, ancien directeur de cabinet de Jacques Chirac.

"L'Histoire avance. Ce qui était impossible hier sera possible demain", affirmait Louise Weiss, convaincue que "l'utopie n'est que la réalité de demain".


« Louise Weiss, une femme pour l’Europe » par Jacques Malaterre
2015, 27 minutes
Sur Arte le 11 février 2017 à 17 h 10, le 13 janvier 2018 à 16 h 55, le 6 février 2018 à 9 h 15, le 30 mars 2020 à 3 h 55
Disponible du 22/03/2020 au 27/05/2020

Visuels :
La journaliste et femme politique Louise Weiss devant l'hémicycle en juillet 1979. Elle s'est engagée dans les premiers projets d'une union européenne et a été membre lors de la création du Parlement européen. À 86 ans, elle y prononcera, au titre de doyenne, un discours d'ouverture historique lors de la première session du nouveau parlement à Strasbourg le 17 juillet 1979.
© European Union 1979

Comité de soutien de Louise Weiss
La journaliste et femme politique Louise Weiss devant une carte de l'Europe
© Musée de Saverne

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Les citations sont extraites du communiqué de presse du film. Cet article a été publié le 10 janvier 2018.

jeudi 26 mars 2020

Le Mossad


Créé en 1949, le Mossad est une des trois agences de renseignement de l'Etat d'Israël. Par ses opérations audacieuses, il figure parmi les premiers organismes mondiaux agissant dans ce domaine sensible. France TV propose en Replay "Mossad, l'histoire secrète d'Israël". Le Centre culturel Beit Avi Chai à Jérusalem présente l’exposition, “Emerging from the Shadows » (Sortir de l’ombre) de Sarah Ayal, photographe pour le Mossad. Le 19 mars 2020, le site d'information Channel 12 a révélé "une opération menée par le Mossad, en coopération avec le Shin Bet et Tsahal, afin d'importer près de 100.000 kits de tests au coronavirus en Israël depuis l'étranger".

« Mossad : des agents israéliens parlent » par Duki Dror
« Des voix au-delà de la censure » par Mor Loushy

Israël dispose de trois agences de renseignements  : l'Aman, chargé de la sécurité militaire, le Shabak  ou « Shin Bet  », service de la sécurité intérieure, et le Mossad responsable du renseignement et d’opérations hors d’Israël.

« Créé fin 1949, moins de deux ans après la proclamation de l’indépendance d’Israël, le Mossad s’est imposé comme l’une des agences de renseignement extérieur les plus influentes au monde ».

« Il a été impliqué dans quasiment tous les événements des cinquante dernières années. Dans presque toutes les guerres, tout ce qui aurait pu arriver et ne s’est jamais produit », confesse Ram Ben-Barak, qui en fut directeur adjoint de 2009 à 2011 ». 

The Gatekeepers” 
The Gatekeepers”, film  documentaire controversé et primé réalisé par Dror Moreh (2012), est composé d'interviews de six anciens dirigeants partiaux du Shin Bet. 

Un film biaisé, souffrant de carences informatives, partisan du slogan “Land for Peace” ("Terre contre la paix"), blâmant le seul Etat d’Israël pour l’absence de paix, émaillé de wishful thinkings (prendre ses désirs pour des réalités, en anglais) dangereuses et prônant des concessions territoriales israéliennes... qui ont toujours mené à la recrudescence du terrorisme palestinien islamiste, et non à la paix.

Avraham Shalom (1981-1986) partisan de négociations avec le Hamas et le Jihad islamique, Yaakov Peri (1988-1994), Carmi Gillon (1995-1996), Ami Ayalon (1996-2000) co-auteur avec Sari Nusseibeh d'une initiative de paix en 2003 et récemment élu à la Knesset sur la liste du Parti travailliste, Avi Dichter (2000-2005) devenu membre de Kadima, Yuval Diskin (2005-2011) assurant que les conquêtes de 1967 transformeraient Israël en “Etat Shin Bet” et s'étant opposé récemment à "des préparatifs d'action militaire contre l'Iran" en voie de se doter de l'arme nucléaire... Ces six anciens dirigeants du Shin Bet se confient devant la caméra de Dror Moreh, cinéaste israélien confirmé, en abordant le terrain délicat de la politique.

A l’instar du Fog of War: Eleven Lessons from the Life of Robert S. McNamara d’Errol Morris (2003)¸ The Gatekeepers illustre leurs propos avec des images d’archives et des animations informatiques.

The Gatekeepers comprend sept parties :
- “Pas de stratégie, seulement des tactiques : le rôle émergeant du Shin Bet de la guerre des Six-jours à l’occupation des territoires palestiniens ;
- Oublie la moralité : sur 300 incidents de bus ;
- Terroriste pour l’un, combattant de la liberté pour un autre : sur le processus de paix après les accords d’Oslo ;
- Nos propres chair et sang : sur le terrorisme Juif, dont le Juif Underground et l’assassinat d’Yitzhak Rabin ;
- La victoire est de vous voir souffrir : sur les négociations avec les Palestiniens lors de l’Intifada II ;
- Dommage collatéral : sur l’assassinat de Yahya Ayyash et d’autres militants du Hamas”;
- Le Vieil Homme au bout du corridor : réflexions sur les activités du Shin Bet et leur impact éthique et stratégique sur l’Etat d’Israël”.

Est-ce la première fois que d’anciens responsables du Shin Bet s’expriment publiquement, comme l’allègue le dossier de presse de The Gatekeepers ?


Non, le 13 novembre 2003, le quotidien israélien Yedioth Aharonoth a publié l’interview  de deux heures de quatre responsables du Shabak : Avraham Shalom, Yaakov Perry, Carmi Gillon, et Ami Ayalon. Ces dirigeants prédisaient que le Premier ministre Ariel Sharon mènerait Israël vers l’abîme s’il ne parvenait pas à conclure rapidement la paix avec les Arabes palestiniens. Leur but : briser la confiance de Sharon.

Après le New York Times, le 15 novembre 2003, le Washington Post (Ex-Security Chiefs Turn on Sharon) et le Guardian (Israel on road to ruin, warn former Shin Bet chiefs) ont relaté ces interviews.

Ezer Weizman a alors stigmatisé ces “quatre mousquetaires” qui minaient le gouvernement israélien.

Ces interviews ont précipité la décision désastreuse du retrait israélien de 8 000 Juifs, civils et soldats, de la bande de Gaza et de quatre localités de Samarie. Annoncée par Ariel Sharon le 18 décembre 2003, cette décision était contraire à sa promesse électorale  en 2001 (“Le destin de Netzarim sera celui de Tel Aviv”). Un plan de désengagement unilatéral, sans traité de paix, sans que les Palestiniens mettent en oeuvre la Feuille de route (Roadmap), et qui a accru la vulnérabilité du Sud israélien aux tirs du Hamas.

Lors de la réalisation de son documentaire Sharon, Dror Moreh a appris “en discutant avec le cercle des conseillers du Premier ministre, que les critiques émanant de certains de ces Gatekeepers avaient beaucoup influencé Sharon dans sa décision d’évacuer Gaza”.

Et d’ajouter : “Le temps est venu interpeller les gens, et non pas seulement le cercle des décideurs ”. Le réalisateur espère que son film “initiera ce dialogue”.


Par ces six témoins, Dror Moreh a “l’occasion unique d’entrer dans le cercle intime des hommes qui ont conduit le processus de décision israélien depuis près d’un demi-siècle. Leurs histoires et leurs témoignages étaient souvent accablants. Personne ne comprend mieux le conflit entre Israël et les Palestiniens que ces six hommes”. Vraiment ?

Près de dix ans après l’interview de ces quatre anciens du Shin Beth, Dror Moreh reprend les mêmes, et présente comme inédites des déclarations déjà connues.

Un film "réquisitoire". C’est en ces termes partiaux qu’Arte décrit The Gatekeepers que la chaîne franco-allemande a co-produit et auquel elle dédie un dossier et de très nombreux articles :
« Les confessions ahurissantes de six anciens chefs du Shin Beth, le Service de la sécurité intérieure d’Israël. Un film explosif, nominé aux Oscars, qui éclaire trente ans de lutte antiterroriste et d’errements face à la question palestinienne.
Chacun à leur tour, ils racontent, intensément, quelque trente ans de lutte antiterroriste en Israël et de gestion désastreuse de la question palestinienne. Un flot d’aveux précis, circonstanciés, d’une remarquable liberté et d’une sidérante acuité. Six anciens chefs du Shin Beth, l’équivalent israélien du FBI, expliquent comment, depuis la Guerre des six jours en 1967, dont la victoire vaut à l’État hébreu d’occuper Gaza et la Cisjordanie et de faire face à un million de Palestiniens, les responsables politiques n’ont jamais vraiment cherché à construire la paix. Une succession d’erreurs qu’inaugure le mauvais arabe avec lequel de jeunes réservistes s’adressent aux populations des nouveaux territoires occupés, leur annonçant qu’ils viennent les « castrer », au lieu de les « recenser".
Bavures, tortures, méthodes iniques de renseignements et de recrutement d’indicateurs amplifiant la haine de l’occupé... Ils disent surtout l’absence glaçante de vision stratégique ; la résistance et l’hostilité des Palestiniens oubliés explosant avec la première Intifada ; le laxisme face à l’extrémisme juif qui anéantira, avec l’assassinat de Yitzhak Rabin, la seule réélle lueur de paix. “On a gagné toutes les batailles, mais on a perdu la guerre”, lâche Ami Ayalon, à la tête du service de 1996 à 2000, quand Avraham Shalom, le plus ancien d’entre eux, compare l’armée d’occupation à celle de l’Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale. “Quand vous quittez le Shin Beth, vous devenez gauchiste...”, conclut avec ironie Yaakov Péri (1988-1994). Nourri par de formidables archives et un travail visuel sophistiqué à partir de photos, ce réquisitoire exceptionnel, sorti en salles pendant la campagne des législatives a eu l’impact d’une bombe en Israël. Déjà auteur de Sharon, le réalisateur Dror Moreh croit fermement au pouvoir des films et c’est peut-être là l’un des secrets de réussite de son audacieuse entreprise. Un manifeste passionnant de bout en bout, doublé du portrait de six hommes en proie au doute, mais animés d’un salvateur pragmatisme ».
Que de fautes historiques - le "peuple palestinien" est une invention de la propagande arabe ; il s'agit de territoires disputés, etc. -, d'oublis - les refus du monde musulman de reconnaître l'Etat Juif, le lien entre le peuple Juif et Eretz Israël, peu avant d'être assassiné Yitzhak Rabin avait annoncé son intention d'adresser un ultimatum à l'Autorité palestinienne afin que cette dernière respecte les accords d'Oslo, etc. -  et de partialité - nazification de l'Etat Juif !? - !

Certes, The Gatekeepers montre les hauts critères éthiques, légaux, moraux  du Shin Bet, soucieux de préserver les vies israéliennes et palestiniennes.

Mais il dresse des parallèles infondés et ternit l’image d’Israël en “Occupant sans cœur”, sans informer sur “la dure vie des Palestiniens sous dominations égyptienne et jordanienne (1948-1967)” ou du Hamas et la “modernisation de la vie économique, politique, culturelle” et sociale sous administration israélienne (Roz Rothstein et Roberta Seid).

The Gatekeepers allègue une fausse équivalence entre d'une part le Jewish Underground (1980), un groupe ultra minoritaire d’habitants Juifs des localités ayant blessé deux maires palestiniens et ayant projeté de faire exploser le Dôme du Rocher – sans soutien populaire ou politique, les dirigeants de ce groupe avaient été arrêtés par le Shin Bet en 1984 -, et d'autre part les terroristes palestiniens produits par l’éducation palestinienne à la haine et à la violence et soutenus par les autorités politiques ainsi que par la société palestiniennes.

Le documentaire The Gatekeepers omet d'évoquer les tentatives du Shin Bet pour ternir l'image de la droite israélienne et pour diaboliser le mouvement national religieux israélien en raison de leurs critiques des accords d'Oslo. Ainsi, vers 1994, agent du Shin Bet, Avishai Raviv a joué le rôle d'un provocateur extrémiste de droite.

The Gatekeepers véhicule l’idée infondée, mais omniprésente dans la gauche et l'extrême-gauche israéliennes, que le “péché originel” israélien provient de sa victoire rapide lors de la Guerre défensive des Six-jours (juin 1967). Une victoire suivie de l’”Occupation” induisant le terrorisme palestinien, corrompant cet Etat et un peuple devenu un occupant brutal  et sans cœur. D’où le parallèle infamant d’Avraham Shalom entre Tsahal et la Wehrmacht, armée du IIIe Reich. Quid des trois Non arabes de Kartoum (août 1967) : non à la reconnaissance d'Israël, non à la négociation avec Israël, non à la paix avec Israël", etc. ?

Par ailleurs, le terrorisme palestinien a précédé la recréation de l’Etat d’Israël : les Arabes de "Palestine" ont tué environ 1000 Juifs entre 1920 et 1967, et ont  rendu Judenrein les territoires conquis par les Arabes pendant la guerre de 1948, 162 Israéliens ont été tués par les terroristes d’Arafat entre 1968 et 1970. Etc. Etc. Etc.


Que de carences informatives dans ce documentaire ! Quid de l’idéologie génocidaire du Hamas ? Quid des “relations d’affaires fortes nouées” par Yaacov Peri, n°5 sur la liste de Yair Lapid à la Knesset, avec “des dirigeants corrompus de l’OLP après son départ du Shin Bet en 1994” ? Quid des islamikazes que l'on ne voit jamais ? Quid des déclarations haineuses des dirigeants de l'Autorité palestinienne ?

Quid des victimes israéliennes lapidées, violées, poignardées, kidnappées ou handicapées à vie ? Quid de l'amateurisme de certains membres du Shin Bet lors d'une opération en Jordanie ?

The Gatekeepers dénigre l’usage de la force, plaide pour le “slogan trompeur” (Shmuel Trigano) de la solution à deux Etats, prône des négociations avec un partenaire pour la paix palestinien inexistant et impute au seul Etat d’Israël le refus de ces pourparlers ! Une prétendue "solution à deux Etats" infondée et dépassée depuis les éclatements et les  recompositions du monde arabe consécutifs au "printemps arabe" et aux contours dessinés par al-Qaïda ou l'Etat islamique (ISIS/Daech).

Comme si ces ex-dirigeants du Shin Bet et le réalisateur Dror Moreh n’avaient tiré aucune leçon de l’échec du plan de désengagement de 2005 : le conflit n’est pas territorial, mais religieux ; les sondages  révèlent que les Palestiniens refusent, comme leurs dirigeants, les offres les plus généreuses de l’Etat d’Israël ; les tirs de roquettes à partir des territoires évacués et contre Israël ont crû, ce qui a déclenché quatre guerres israéliennes en neuf ans contre deux mouvements terroristes islamistes soutenus par l’Iran, le Hamas et le Hezbollah.

Comme si Dror Moreh celait sciemment les interviews en 2003 pour éviter au public de se souvenir combien les Israéliens ont subi tragiquement les conséquences du retrait unilatéral de l’”Occupant israélien”.


Comme si le refus musulman ou/et arabe de l’existence de l’Etat Juif n’était pas la cause fondamentale à ces guerres contre cet Etat d'anciens dhimmis désormais maîtres de leur destin et ayant reconstruit un pays à la réussite économique éblouissante. Dror Moreh occulte tout ce qui corrigerait, ou infléchirait sa thèse controversée, tout ce qui contredirait les propos de ces six anciens dirigeants du Shin Bet. Ce qui transforme ce documentaire en film de propagande de gauche, voire d'extrême-gauche.

“Nul ne peut nier le courage et le patriotisme de ces six hommes qui ont donné la meilleure partie de leurs vies au service de leur pays, mais on peut et on devrait regarder froidement comment ils ont été manipulés par un réalisateur ayant un programme “, écrit Gidon Ben Zvi dans Jewish Thinker  (10 février 2013). Six dirigeants "manipulés" ? Aucun d'eux ne s'est distancé de ses déclarations à Dror Moreh...

Ce film a suscité des louanges de médias occidentaux  - The Wall Street Journal l’a inscrit dans sa liste des 10 meilleurs films de 2012 -, notamment d'une partie de ceux de la communauté française Juive.

Il a été « nominé » aux Oscar du meilleur documentaire, et distingué par le Prix de l’association des critiques cinématographiques de Los Angeles (2012) et le Prix du cinéma pour la Paix  (2013).

Sa carrière s'est poursuivie brillamment. Après avoir été diffusé par Arte en mars 2013,  la 13e édition du festival du cinéma israélien à Paris (3-9 avril 2013) a présenté les 5 et 9 avril 2013 “The Gatekeepers”  de Dror Moreh, et le 5 avril 2013 à 19 h 30 la table-ronde  La paix est-elle possible ?

Mais “The Gatekeepers” a suscité une vive polémique, notamment dans certains médias Juifs, sur Internet et les réseaux sociaux : indignation face aux déclarations publiques biaisées d’anciens directeurs d’un service de renseignement, financement public d’Israel bashing, exercice d’autoflagellation, voire de haine de soi, partialité sous couvert de neutralité, etc.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré qu'il ne verrait pas ce documentaire.

Dans le registre humoristique, Latma a réalisé un sketch ironisant sur ce documentaire, et le journaliste David Suissa a renommé le film The Gate Crashers.

Que penser de ce documentaire ? Plus de 73 heures d’interviews, une heure trente de films, les mêmes remarques inquiétantes qu’en 2003 destinées à un public supposé amnésique. Naïveté ? Rouerie ? Cynisme ? Prétention ? « Errare humanum est, perseverare diabolicum » (locution latine, « Se tromper est humain, persévérer est diabolique »).

Le 30 mai 2014, l'éditorialiste Caroline Glick a écrit : " Apparemment mené par Shimon Peres, le triumvirat des chefs de la sécurité servant de 2008 à 2011 - Gaby Ashkenazi, Meir Dagan alors directeur du Mossad, et Avi Dichter, alors directeur du Shin Bet - s'est uni pour miner l'autorité légale du Premier ministre Binyamin Netanyahu et celle d'Ehud Barak, alors ministre de la Défense, [nécessaire] pour ordonner aux forces de sécurité d'Israël de mener une action contre l'Iran. Selon un article d'Haaretz du 28 mai 2014, entre 2008 et 2011, ces quatre hommes ont divulgué aux médias des plans et des discussions sur d’éventuelles frappes israéliennes contre l'Iran dans le but d'empêcher qu'elles ne soient menées. Ces quatre hommes se sont opposés à une frappe israélienne contre les installations nucléaires de l'Iran et ont rejeté de manière cinglante toute opération israélienne non coordonnée avec les Etats-Unis". Gravissime.

Le 18 août 2014, le Shin Bet a révélé avoir déjoué un complot fomenté par Salah al-Aruri, dirigeant du Hamas, visant à lancer des attaques terroristes islamistes en Israël, puis à renverser les dirigeants du Fatah de l’Autorité palestinienne, dont le président Abou Mazen (Mahmoud Abbas), en Judée et Samarie pour y prendre le pouvoir.


En septembre 2015, les éditions Héloïse d'Ormesson ont publié le livre Les Sentinelles The Gatekeepers, de Dror Moreh, avec une préface d'Elie Barnavi. "Six anciens directeurs du Shin Bet, la sécurité intérieure israélienne, brisent un silence de quelque trente ans. Au cœur de l’action et des secrets entre 1980 et 2011, les gardiens du système, d’ordinaire les plus zélés, dévoilent les rouages du service chargé de la lutte antiterroriste – infiltrations, tortures, éliminations ciblées. Ne taisant ni leurs doutes ni leurs erreurs, ils constatent l’échec des gouvernements successifs à instaurer durablement la paix. Ces confessions d’une franchise désarmante apportent un nouvel éclairage sur le conflit israélo-palestinien depuis la guerre des Six-Jours, et résonnent comme un vibrant message d’espoir. À l’avenir, lorsqu’on évoquera l’interminable conflit du Proche-Orient et l’occupation bientôt demi-centenaire des territoires palestiniens, il faudra bien se référer, d’une manière ou d’une autre, à ces six témoignages", a écrit l'historien Élie Barnavi.

Ce film The Gatekeepers a été diffusé le 8 janvier 2016 à la Maison des Métallos dans le cadre d'une projection-débat avec Élie Barnavi, historien, essayiste et ancien ambassadeur d’Israël en France, et Alain Frachon, éditorialiste au Monde.

Le 17 mars 2016, “The Gatekeepers” a été diffusé à l'Arlequin (Paris) lors des Journées du cinéma politique (16-18 mars 2016), dans la thématique Côté coulisses : le pouvoir et ses secrets. Constituées de projections de films et de débats, ces Journées sont organisées par Sciences Po Alumni, la fondation Jean Jaurès, Albingia, l'Assemblée nationale, le Sénat, le CNC (Centre national du cinéma et de l'image animée), les Ecrans de Paris, l'Arlequin, BdA Sciences Po, La Mairie de Paris, LCP, France Info et L'Express. Le "thème du pouvoir politique, de son mystère et de ses arcanes est au cœur de la première édition des Journées du Cinéma Politique de Sciences Po. Les questions inhérentes à cette thématique font partie des fondements du projet intellectuel de l’établissement, « comprendre le monde pour le transformer ». Elles sont aussi au centre de la pratique cinématographique, qui a l’immense avantage de donner à voir le corps politique, de le projeter dans l’imaginaire et de l’interroger dans ses mystères et sa part non visible. Au travers de la crise traversée par nos sociétés de l’information et de l’image, nous n’avons jamais autant regardé le pouvoir politique ; mais que voyons-nous vraiment ? Les 17 et 18 mars 2016, les Journées du Cinéma Politique montreront la politique dans tous ses états".


Pourquoi n'avoir pas programmé un des documentaires de Pierre Rehov sur le Moyen Orient : The Trojan Horse or Arafat's strategy to destroy Israel (Le cheval de Troie ou la stratégie d'Arafat pour détruire Israël), Holy Land: Christians in Peril (Terre Sainte : chrétiens en péril), Silent Exodus (Exode silencieux), etc. ? Pourquoi n'avoir pas organisé un débat sur l'affaire al-Dura ?

J'ai interrogé les responsables de ces Journées sur la raison de leur choix de ce film. Le 16 mars 2016,  Madani Cheurfa, Secrétaire général de Sciences Po Cevipof, m'a répondu : "Je lirai attentivement votre blog et me permettrai de vous répondre si j’estime ma réponse suffisamment pertinente face à vos interrogations".


Duki Dror illustre la vitalité du cinéma documentaire israélien, sa formation qui associe parfois des études aux Etats-Unis, sa qualité mondialement reconnue, l’audace et la diversité des sujets abordés ainsi que la variété et la sensibilité des regards.

Duki Dror est né en 1963 à Tel Aviv dans une famille qui a fui dans les années 1950 l’Iraq pour faire son aliyah. Adolescent, son père y avait été arrêté pour « activisme politique » et été détenu pendant cinq ans en tant que prisonnier politique. Libéré, il a été contraint de quitter son pays natal. 

Arrivée en Israël, la famille de Duki Dror a changé son nom de Darwish (errant, en arabe) en Dror (liberté, en hébreu). 

Duki Dror a étudié à UCLA et au Columbia College à Chicago.

Ce documentariste israélien a réalisé son premier film en 1993. Thèmes de son œuvre prolifique ? L’identité, les déplacements, l’échange interculturel. L’histoire de sa famille lui a inspiré My Fantasia (2000), Shadow in Baghdad (2013) sur la disparition des Juifs bagdadis. Duki Dror a aussi réalisé des biographies : celles du champion de boxe arabe israélien Johar Abu Lashin (Raging Dove, 2002) et de l’architecte allemand juif Erich Mendelsohn (Mendelsohn's Incessant Visions, 2011). Dans The Journey of Vaan Nguyen (2005), Duki Dror suit des Boat people vietnamiens ayant immigré en Israël. Ce film a été distingué par le Remi Award au Houston Worldfest.

Car les documentaires de ce réalisateur-producteur sont sélectionnés dans de nombreux festivals où ils sont souvent primés.

Sur le Mossad, Duki Dror a réalisé une série documentaire télévisée en quatre volets (4 x 50’) réduite en un documentaire de 90 minutes pour une diffusion dans les festivals et par des chaines télévisées. La série documentaire Mossad: Imperfect Spies a été diffusée par Hot’s Channel 8.

« Mossad : des agents israéliens parlent » (Inside Mossad - Israels Agenten erzählen ; Mossad: Imperfect Spies) est un documentaire israélien réalisé par Duki Dror (2017). « Fondée sur les témoignages inédits d’anciens agents et dirigeants du Mossad, une plongée vertigineuse dans les coulisses des puissants services secrets israéliens. »

Le Mossad « a été impliqué dans quasiment tous les événements des cinquante dernières années. Dans presque toutes les guerres, tout ce qui aurait pu arriver et ne s’est jamais produit », confesse Ram Ben-Barak, qui en fut directeur adjoint de 2009 à 2011 ». 

Pour la première fois, des dizaines d’anciens agents du Mossad ont accepté d’être interviewés. Duki Dror a recueilli leurs témoignages dans The Mossad: Imperfect Spies. Il « présente les expériences personnelles des agents, leurs préparations mentales, leurs anxiétés et leurs dilemmes moraux. Il interroge : le Mossad est-il à la hauteur du mythe qui l’entoure et jusqu’à quel point la géopolitique est-elle façonnée par un espion dont le nom restera inconnu ? » Le film « mêle les histoires personnelles de ces agents, le contexte géopolitique de leurs opérations en associant des séquences illustrées, des archives filmées et des témoignages à la première personne. Ce qui donne l’unique impression « d’être là » au moment de vérité ». 

Face à la caméra et aux questions – dont certaines balayées d’un revers de main – de Duki Dvor, d’anciens espions et responsables de haut rang évoquent, pour la première fois, leurs états de service : la capture d’Adolf Eichmann en 1960 à Buenos Aires ; la traque des commanditaires, palestiniens, de la sanglante prise d’otages des JO de Munich, en 1972 , qui s’est soldée par la mort de onze athlètes israéliens ; le refus, opposé au shah d’Iran, de liquider l’ayatollah Khomeyni à l'aube de la révolution islamique ; la tentative d’empoisonnement ratée de Khaled Mechaal, l’un des leaders du Hamas, à Amman, en 1997… »

« Avec, en toile de fond, l’histoire tumultueuse du pays, ce documentaire captivant, où la réalité surpasse la fiction, lève un coin de voile sur les méthodes du Mossad, du recrutement aux dessous des opérations commandos en passant par la relation parfois perfide aux informateurs, ou conflictuelle avec le pouvoir politique ». 

« En explorant leurs trajectoires personnelles, il nous fait également pénétrer dans la psyché double et les dilemmes moraux des agents de renseignement : « Il est difficile d’être à la fois une personne intègre et une crapule », explique l’un d’eux ». 

« Un document passionnant, charriant un flot intarissable de questionnements éthiques et politiques ».

Parmi les 24 personnes interviewées : Rafi Eitan, ancien ministre des retraités, et Ram Ben-Barak, ancien directeur-général aux ministères des Affaires stratégiques et du Renseignement.

En mars 2018, Yossi Melman, co-auteur de « Mossad : des agents israéliens parlent » et journaliste pour Maariv et The Jerusalem Report, a annoncé que Netflix a acquis les droits de diffusion mondiaux, sauf en Israël, en Allemagne et en France, des quatre volets du documentaire diffusés en janvier 2019.

Iran
En violation du droit international, le régime des mollahs iraniens développe, clandestinement, un programme nucléaire militaire visant à détruire l'Etat Juif, à assurer une domination régionale et menacer notamment l'Europe.

Par divers moyens, notamment l'élimination de personnages-clés de ce programme et la guerre électronique, l'Etat d'Israël a pu ralentir l'essor de ce programme dangereux pour les démocraties.

Le Président Barack Hussein Obama a refusé d'agir efficacement contre l'Iran. L'AIEA a démontré son inefficacité.

Le 14 juillet 2015, à Vienne (Autriche), les Etats du P5+1 (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies - les États-Unis sous la présidence Obama, la Russie, la Chine, la France et le Royaume-Uni - et l'Allemagne), ainsi que l'Union européenne et l'Iran signaient un accord historique dénommé le Joint Comprehensive Plan of Action ou JCPoA, qui n'est pas un traité international. L'Iran ne renonçait pas à son programme nucléaire militaire. Ni à son programme balistique. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a fustigé ce "mauvais accord" et proposé de négocier un "bon accord" en adoptant une politique ferme envers un régime soutenant le terrorisme islamiste.

Le 30 avril 2018, lors d'une conférence de presse, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a présenté des dossiers concernant le programme iranien nucléaire militaire et pris par des agents du Mossad lors d'une opération audacieuse et rapide visant l'entrepôt stockant ces archives. Ces documents prouvent les déclarations des autorités israéliennes sur la poursuite officieuse de ce programme.

Le 8 mai 2018, le président américain Donald Trump annonçait le retrait des États-Unis de cet accord et le « niveau le plus élevé de sanctions économiques possibles » contre l’Iran. Une décision critiquée par d'autres signataires.

Selon The New York Times (6 août 2018) citant "un haut responsable d'une agence de renseignement basée au Moyen-Orient", le Mossad "serait à l'origine de l'assassinat du directeur du Centre de recherche scientifique, Aziz Asbar" le 4 août 2018. Aziz Asbar "était chargé du développement d'armes chimiques en Syrie et des missiles à longue portée capables d'atteindre le cœur d'Israël, notamment la centrale nucléaire de Dimona dans le désert du Negev. Israël fait profil bas sur cette affaire. Les médias israéliens ajoutent qu'en trois ans, c'est la quatrième mission d'élimination organisée par le Mossad en territoire étranger contre des experts en armes."

Oman
En octobre 2018, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a effectué une première visite de douze heures au sultanat d'Oman. Il était accompagné du chef du Mossad, Yossi Cohen, le conseiller en matière de Sécurité nationale Méïr Ben-Shabbat, le directeur général du ministère des Affaires étrangères Youval Rotem, le chef du Bureau du Premier ministre Yoav Horowitz, et son secrétaire militaire Avi Bluth.

Avec le sultan Qaboos bin Saïd al Saïd, Benjamin Netanyahu a évoqué le programme iranien nucléaire militaires dangereux, une alliance contre la volonté du régime des mollahs iraniens de dominer la région, le rôle éventuel d'Oman dans la normalisation des relations entre l'Etat d'Israël et des Etats Arabes du Moyen-Orient, les relations bilatérales entre Oman et l'Etat Juif - voie ferrée, lutte contre la pénurie d'eau, ouverture de liaisons aériennes -, la relance du dialogue entre Israéliens et "Palestiniens". L'intérêt d'Oman ? Obtenir une aide financière accrue des Etats-Unis.

Une semaine avant cette rencontre, la Ha Tikva, hymne israélien, avait retenti, à plusieurs reprises, lors du tournoi de judo à Abu Dhabi.

Les relations entre Israël et Oman remontent à la fin des années 1970 : le Mossad avait alors aidé le pouvoir politique d'Oman à vaincre une rébellion. Après la signature des accords d'Oslo (1993), le Premier ministre, alors Yiz'hak Rabin, s'était rendu à Oman et au Qatar. En 1996, Shimon Peres avait lui aussi effectué une visite officielle à Oman. Le déclenchement en septembre 2000 de l'Intifada II par Arafat a induit la rupture de ces relations.

« L’Ange du Mossad »
Le 14 septembre 2018, Netflix ajouta dans son offre « L’Ange du Mossad » (The Angel), film thriller adapté du roman d'Uri Bar-Joseph (The Egyptian Spy Who Saved Israel), réalisé par le réalisateur israélo-américain Ariel Vromen (The Iceman), et interprété par le comédien tuniso-néerlandais Marwan Kenzari ainsi que par les acteurs israéliens Toby Kebbell et Ori Pfeffer.

Ce film relate l'histoire d'Ashraf Marwan, gendre du président égyptien Gamal Abdel Nasser, puis conseiller d'Anouar el-Sadate qui espionnait pour l'Etat d'Israël notamment sur des guerres entre des Etats Arabes et l'Etat Juif. Certains allèguent qu'il aurait été un agent double.

"Sortir de l'ombre"
Le Centre culturel Beit Avi Chai à Jérusalem présente en 2020 l’exposition, “Emerging from the Shadows » (Sortir de l’ombre) qui "reflète le regard attentif de Sarah Ayal, qui a pris ces photos dans le cadre de son travail de photographe pour le service de sécurité israélien". Née en Slovaquie, Sarah Ayal (1915-2004), mariée à Zvi Salter, fait son aliyah en 1940. Sa famille est tuée lors de la Shoah. Dès 1952, élevant seule sa fille, elle prend des photographies pour le Mossad. De 1953 à 1959, elle travaille à Paris où elle fait la connaissance de Meir Rosen, futur diplomate qui épousera sa fille. Elle prend sa retraite à 72 ans.

"Parallèlement à son emploi, Sarah Ayal "a capturé des images d’Israël et des Israéliens dans les années 1950 et 1960, immortalisant les moments emblématiques des journées ordinaires et comme des jours des fêtes, des visages connus et anonymes dans leur vie quotidienne. C’est sa petite-fille qui a réalisé cette exposition posthume à Beit Avi Chai, après que des membres de sa famille ont découvert la collection de 4 000 négatifs enfouis dans un sous-sol.

« Il y avait des trésors étonnants dans cette collection. Elle avait l’habitude de prendre des photos de personnes qui ignoraient sa présence », commente Amihai Hasson, le conservateur de l’exposition, qui a passé au crible les photos pendant des mois, en choisissant 60 pour l’exposition et 100 autres pour le catalogue." Sarah Ayal « raconte des histoires entières dans ses photos », s’enthousiasme le commissaire de l’exposition, « et ses compositions semblent accidentelles, mais elles sont soigneusement étudiées. Elle nous fait entrer dans son monde ». « C’est une histoire qui nous interpelle », indique David Rozenson, le directeur général de Beit Avi Chai. « Son histoire a pris vie alors qu’elle aurait pu rester confinée dans ce sous-sol ».

Datant des années 1950 et 1960, les "photographies sont un mélange de petits et de grands formats, et le commissaire de l’exposition, Dov Abramson, a placé les petites photos dans des cadres sur une étagère, permettant aux spectateurs de se pencher et d’examiner les images capturées.

Les "clichés décrivent une succession de moments idylliques, historiques et mondains que Sarah Ayal a capturés, souvent à l’insu des sujets. On y trouve des images illustrant la nouvelle année juive israélienne, notamment la cérémonie du tashlich à la plage pour Rosh HaShana, l’achat de skhakh pour Souccot et la célébration de Yom HaAtsmaout sur la place Rabin, alors qu’elle était encore recouverte d’herbe."


Sarah Ayal "avait également le sens de l’histoire en cours. Il y a un cliché de deux hommes couvrant les phares d’une voiture, suivant les ordres de l’armée, et un autre de Menachem Begin et Anouar Sadate dans les moments précédant la signature du traité de paix historique de 1979 entre Israël et l’Égypte. D’autres sont plus difficiles à identifier, qu’il s’agisse d’une réunion de parlementaires à l’ancienne Knesset, dans la rue King George, ou d’une paroi rocheuse utilisée par les enfants pour plonger et sauter dans la Méditerranée. Pour celle qui suit, l’on ne sait pas si elle se trouve à Akko ou à Jaffa".

Les "photos constituent également un récit d’un Israël qui a pratiquement disparu, bien que pas entièrement, et cela offre un regard impartial sur ce qu’il était autrefois."

"Lève-toi et tue le premier"

En février 2020, les éditions Grasset ont publié "Lève-toi et tue le premier. L'histoire secrète des assassinats ciblés commandités par Israël" de Ronen Bergman et Johan-Frédérik, traduit de l'anglais "Rise and Kill First: The Secret History of Israel's Targeted Assassinations" (2018) par Hel Guedj. «  Face à celui qui vient te tuer, lève-toi et tue le premier.  » C’est par cette citation du Talmud que s’ouvre le livre-événement de Ronen Bergman, le premier ouvrage exhaustif sur les programmes d’assassinats ciblés menés par les services du Mossad, du Shin Bet et de l’armée israélienne. Depuis les mois qui ont précédé la création de l’État jusqu’aux menaces les plus contemporaines, Israël s’est appuyé sur le renseignement et les opérations secrètes pour préserver sa sécurité en exécutant, sur son sol ou à l’étranger, ses ennemis. Depuis la Seconde Guerre mondiale, les Israéliens ont ainsi éliminé  de manière ciblée  plus d’individus que n’importe quel autre pays occidental."

"Il a fallu plusieurs décennies d’enquête à l’auteur pour réunir ces milliers de documents – dont beaucoup sont encore aujourd’hui classifiés – et pour mener des centaines d’entretiens avec des responsables du Mossad, des anciens Premiers Ministres israéliens, ou encore des membres de commandos parfois célèbres, remontant ainsi toute la chaîne depuis les agents exécutants jusqu’aux plus hautes sphères politiques. Bergman nous fait revivre les grands succès de ces opérations secrètes, certains échecs également, et écrit ainsi une histoire parallèle de l’État hébreu. Une histoire de l’ombre dont on comprend dès les premières pages qu’elle est ancrée dans l’ADN de la nation israélienne."

"Il s’agit d’un projet extrêmement ambitieux mais aussi d’un fabuleux page-turner qui se dévore, chapitre après chapitre, à l’instar des meilleures séries télévisées. Et pourtant nous ne sommes pas du côté de la fiction, Bergman nous raconte un monde secret mais bien réel qui continue, encore aujourd’hui, de modeler le Moyen-Orient et les relations internationales."


Coronavirus
Le 19 mars 2020, le site d'information Channel 12 a révélé "une opération menée par le Mossad, en coopération avec le Shin Bet et Tsahal, afin d'importer près de 100.000 kits de tests au coronavirus en Israël depuis l'étranger - il prévoit d'importer 4 millions de kits de tests au total" dont une partie sera donnée à des Etats amis -, et "que les équipes de sécurité de l'agence de renseignement assistent actuellement le ministère de la Santé dans la création d'un logiciel mais aussi d'applications permettant de gérer l'épidémie du coronavirus. Depuis ces derniers jours, les services de sécurité israéliens sont de plus en plus impliqués dans la gestion de la crise aux côtés du ministère de la Santé." Malheureusement, ces kits sont incomplets : il manque un liquide spécial que le Mossad va tenter de se procurer. Le pays d'où viennent ces kits demeure inconnu. C'est probablement un Etat n'entretenant pas de relations diplomatiques avec l'Etat Juif.

"Les espionnes racontent"
En 2017, les éditions Robert Laffont ont publié "Les Espionnes racontent. CIA, Mossad, KGB" de Chloé Aeberhardt. "Au terme de cinq années d’enquête entre Paris, Washington, Moscou et Tel-Aviv, Chloé Aeberhardt, journaliste à M le magazine du Monde, a retrouvé la trace des espionnes des principaux services de renseignement engagés dans la guerre froide. Ces retraités de la CIA, du KGB, du MI5, de la DST ou du Mossad l’ont reçue chez elles et lui ont raconté le rôle décisif qu’elles ont joué dans le conflit Est-Ouest, de la pénétration des cercles du pouvoir occidental par les agents soviétiques à la traque des anciens nazis en Amérique du Sud en passant par l’exfiltration des juifs falachas d’Éthiopie vers Israël dans les années 1980. Loin du mythe de Mata Hari et du cliché de la séductrice qui prévaut aujourd’hui encore lorsqu’on évoque le renseignement au féminin, la réalité dévoilée au fil de ces rencontres n’en finit pas de dépasser la fiction. « Nous étions Q, dans James Bond. Et tellement plus. » Joanna Mendez, ancien officier technique de la CIA." « J’ai toujours considéré que montrer ses émotions était une forme de faiblesse. » Stella Rimington, ex-directrice générale du MI5.

Arte propose, sur son site Internet, Les Espionnes racontent, "palpitante websérie documentaire animée que la journaliste Chloé Aeberhardt a adaptée de son livre éponyme avec la réalisatrice Aurélie Pollet, retrace les hauts faits de six ex-espionnes pendant la guerre froide." 

"Une journaliste part à la rencontre d’espionnes qui ont connu la guerre froide de l’intérieur, à Paris, Washington, Moscou, ou Tel- Aviv. Témoignages à l’appui, elle décrit à quoi ressemblait leur vie au service de la CIA, du KGB, de la DST ou du Mossad. Ces professionnelles du renseignement l’ont reçue chez elles et lui ont raconté le rôle décisif qu’elles ont joué dans le conflit Est-Ouest, de la pénétration des cercles du pouvoir occidental par les agents soviétiques à la traque des anciens nazis en Amérique du Sud, en passant par l’exfiltration des Juifs falashas d’Éthiopie vers Israël dans les années 1980."


"Des États-Unis à l’URSS en passant par Israël, des agents secrets, aux méthodes plus ou moins orthodoxes, œuvrent en coulisse pour mieux collecter les informations qui pourront servir les ambitions de leurs pays respectifs. De l’espion de la RDA à la NSA, à la publication des Pentagon Papers sans oublier la sulfureuse Mata Hari, retour sur des cas d'espionnage qui ont marqué l'histoire."

"Yola : L'hôtel du Mossad". Née en Europe dans une famille juive de rescapés de la Shoah", Yola fait son aliyah en 1950 avec ses parents quand elle a trois ans. Polyglotte - elle parle 'hébreu, arabe, anglais, français, allemand, sa langue maternelle" -, patriote, indépendante, passionnée de voile, elle travaille comme hôtesse de l'air la compagnie aérienne El Al.

"Dans les années 1970, Israël propose d’accueillir les Juifs Falashas réfugiés dans les camps. Problème : le gouvernement éthiopien s’y oppose. Un commandant du Mossad décide de les exfiltrer par bateau, via la Mer rouge. Il retape un hôtel abandonné sur la côte qui le jour, devra accueillir de vrais touristes et, la nuit, servira de base de transit pour les Falachas. Cet hôtel, Yola en sera le manager." Une mission risquée pour trois raisons : opération de trois ans, absence de plan de sauvetage, en cas de découverte condamnation à mort assurée. "En trois ans, l'équipe exfiltre plus de 2 000 réfugiés falashmuras. En 1985, elle est évacuée en urgence. Une erreur a été commise. Trentenaire, Yola retrouve son métier de chef d'équipe sur les avions d'El Al."



"Les espionnes racontent - Yola : L'hôtel du Mossad" d'Aurélie Pollet
France, Arte Squaw, 2018, 7 minutes
Disponible du 20/03/2020 au 06/03/2023

The Gatekeepers” de Dror Moreh
Israël/France, 2012, 1 h 30 mn
Production : ARTE France, Les Films du Poisson, Dror Moreh Productions, Cinephil, Wildheart Productions, Macguff, NDR, IBA, RTBF
Prix du meilleur documentaire de l’Association des critiques des films de Los Angeles
Diffusions sur Arte les 5 mars 2013 à 20 h 50, 16 avril 2013 à 9 h 40, 16 septembre 2014 à 22 h 35 et 6 octobre 2014 à 8 h 55, 3 juin à 0 h 50 et 9 juin 2015 à 8 h 50.
Sur Public Sénat le 10 mai 2018.

« Mossad : des agents israéliens parlent » par Duki Dror
Zygote Films, Gebrueder Beetz Filmproduktion, New Israeli Foundation for Cinema and Television, WDR/Arte, Allemagne, 2017, 90 min
Auteurs : Duki Dror, Yossi Melman, Chen Shelach
Musique : Tom Darom, Assa Raviv
Montage : Chen Shelach, Dror Yaakobovitz, Christoph Senn
Sur Arte le 24 avril à 22 h 55 et le 4 mai 2018 à 9 h 25
Visuels :
© Gebrueder Beetz Filmproduktion

Du 19 décembre 2019 au 11 juin 2020
Au Centre culturel Beit Avi Chai à Jérusalem 
44 King George St., Jerusalem:   
Tel.: 02-6215300
Du dimanche au jeudi de 13 h à 21 h 30. Vendredi et durant les veilles de vacances de 9 h 30 à 12 h
Visuels :
Sarah Ayal, photographe
Deux garçons tenant leur lulav pendant la fête de Souccot
Enfants plongeant à Acco
Begin et Sadate à Jérusalem
Vendeur de journaux sur le boulevard Dizengoff 
Fête de l'Indépendance

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Les citations sur le documentaire sont d'Arte. Cet article a été publié pour la première fois le 5 mars 2013, puis les 4 avril 2013, 2 juin, 19 août  et 15 septembre 2014, 2 juin 2015, 8 janvier et 16 mars 2016. le 24 avril 2018, puis le 30 août 2018.