jeudi 26 septembre 2019

Chefs-d'oeuvre du Guggenheim. De Manet à Picasso, la Collection Thannhauser


L’Hôtel de Caumont-Centre d’art propose l’exposition « Chefs-d'oeuvre du Guggenheim. De Manet à Picasso, la Collection Thannhauser ». constituée par des galeristes juifs allemands épris d’art nouveau : Van Gogh, Manet, Degas, Cézanne, Braque, Matisse, Picasso... « Pour la première fois, des œuvres majeures issues de cette prestigieuse collection, ou ayant fait partie de son histoire, sort aujourd’hui du musée new-yorkais pour une exposition extraordinaire en Europe ».

« En collaboration avec The Solomon R. Guggenheim Foundation, New York, l’Hôtel de Caumont-Centre d’art présente un ensemble de chefs-d’œuvre impressionnistes, postimpressionnistes et d’avant-gardes du début du XXe siècle de la Fondation Solomon R. Guggenheim de New York ». L'exposition avait été présentée aux Etats-Unis sous le titre "Thannhauser Collection: French Modernism At The Guggenheim".

« Pour la première fois, près de 50 œuvres majeures issues de la collection Thannhauser, ou liées à son histoire, sont présentées en Europe dans une exposition itinérante commencée au Guggenheim de Bilbao. De Manet à Picasso en passant par Degas, Gauguin, Cézanne, Van Gogh, Braque et Matisse, ces chefs-d’œuvre retracent plus d’un demi-siècle d’activité en faveur de l’art moderne de la part de ces marchands d’art et collectionneurs parmi les plus influents et renommés d’Europe ».

« Depuis les années 1900, Heinrich Thannauser (1859–1935) et son fils Justin (1892–1976) ont été les mécènes, les amis et les promoteurs des artistes novateurs qui, entre la fin du XIXe et la première moitié du XXe siècle, ont bouleversé le panorama artistique occidental. Tout en constituant une collection prestigieuse, père et fils conçoivent un programme d’expositions remarquables dans leurs galeries de Munich, Berlin, Lucerne et Paris, mais aussi à New York, où Justin s’installe dans les années 1940 ». 

« Installé à New York, Justin Thannhauser s’affirme rapidement comme marchand d’art aux États-Unis. Sans successeur, dans les années 1960 Justin et sa deuxième épouse, Hilde, décident de léguer les œuvres principales de leur collection à l’institution fondée en 1937 par Solomon R. Guggenheim, dont ils partagent la philanthropie et l’esprit moderne. Depuis, elles constituent l’un des noyaux forts de cet important musée, où elles sont montrées dans une galerie qui porte le nom de leur légataire. Ce legs a enrichi considérablement le corpus d’oeuvres de Cézanne du musée new-yorkais, qui ne possédait auparavant qu'un seul tableau de l’artiste (L'Homme aux bras croisés, vers 1899) ». 

L'exposition « regroupe des œuvres emblématiques : des toiles majeures de Picasso telle que Le Moulin de la Galette (1900), prêt exceptionnel du Guggenheim, ainsi que des chefs-d’œuvre de Van Gogh et de Manet qui viennent de retrouver tout leur éclat, grâce à une campagne de restauration récente, mise en œuvre à l’occasion de cette exposition. Bibémus revient pour la première fois à Aix-en-Provence où il a été peint vers 1894-1895 ».

« Ces œuvres majeures de cette prestigieuse collection sont accompagnées par d’autres tableaux du Guggenheim qui, sans être issus du legs Thannhauser, ont fait partie de l’histoire de la galerie ou de la collection, dont ils permettent ainsi de compléter l’aperçu ».

L'exposition « est aussi l’occasion de retracer l’histoire des galeries et de la Collection Thannhauser y compris à travers des photographies, des livres d’inventaire et d’autres documents d’archives issus du fonds de la galerie, qui mettent en lumière les relations de la famille Thannhauser avec les artistes d’avant-garde, les collectionneurs et les marchands de l'époque ».

Commissaire de l’exposition, Megan Fontanella, diplômée en histoire de l’art de Dartmouth College et au Courtauld Institute of Art de Londres, est spécialisée dans l’art français de la fin du XIXe siècle et conservatrice au Solomon R. Guggenheim Museum de New York.

La collectin Thannhauser, joyau du Guggenheim
« Le legs Thannhauser constitue un moment essentiel dans l’histoire du Musée Guggenheim de New York. Première acquisition d’un fonds privé, il élargit considérablement l’étendue de ses collections. Axé notamment sur l’art abstrait, le musée ne comptait au début des années 1960 que quelques exemples d’oeuvres de la fin du XIXe siècle, comme les tableaux de Georges Seurat présentés dans cette salle ».

« En 1954, le premier Cézanne du musée, Homme aux bras croisés, avait fait sensation dans la presse lors de son acquisition menée par James Johnson Sweeney, alors directeur du Musée, pour la somme considérable pour l’époque de 97 000 dollars. Dix ans plus tard, la collection Thannhauser apporte en une seule fois quarante oeuvres impressionnistes, postimpressionnistes et modernes, soigneusement sélectionnées par leur qualité, dont quatre tableaux de Cézanne ».

« Je suis convaincu que ces soixante-quinze tableaux ont une unité que l’on ne trouve dans aucun autre musée, dira Justin Thannhauser à propos de l’ensemble légué au musée. Ils couvrent soixante-quinze à cent ans, et, pour moi, il y a continuité entre les uns et les autres ».

Moderne par vocation. La Galerie Thannhauser à Munich
« Lorsqu’en novembre 1909, Heinrich Thannhauser inaugure sa Moderne Galerie dans l’Arco-Palais au centre de Munich, il annonce qu’elle « s’intéressera à tout ce qui est frais, puissant, original : moderne dans le meilleur sens du terme ».

« L’exposition inaugurale présente environ deux cents oeuvres de peintres français et allemands, dont cinquante-cinq oeuvres impressionnistes, qui, rassemblées avec l’aide de Rudolf Meyer-Riefstahl à Paris, constituent le panorama le plus complet du mouvement jusqu’alors présenté à Munich ».

« L’art français de la fin du XIXe siècle aura toujours une place de premier plan dans les choix de la galerie, exposé à la fois dans les pièces intimes de l’appartement du dernier étage et dans l’atrium majestueux du rez-de chaussée, éclairé par la lumière zénithale. Les figures de femme d’Édouard Manet et de Pierre-Auguste Renoir, peintes avec fraîcheur et immédiateté, témoignent de l’attention que prêtent ces artistes à l’évolution des mœurs et des structures sociales de la culture française au tournant du siècle ».

« Cézanne, pour sa part, dépasse toute représentation conventionnelle de l’espace dans ses natures mortes et ses paysages peints aux environs d’Aix-en-Provence ».

« La sculpture n’est pas absente de ce panorama et, à côté d’Aristide Maillol, la galerie expose notamment les bronzes de Degas, qui n’avait jusqu’alors exposé qu’une seule sculpture de son vivant. En 1929, les Thannhauser acquièrent au marchand norvégien Walther Halvorsen plus de soixante sculptures de cet artiste ».

Bibémus, Cézanne
« Cézanne réalise de nombreux paysages représentant les carrières abandonnées de Bibémus, près de la Montagne Sainte-Victoire. L’artiste y loue un cabanon de 1895 à 1899 et se plaît à travailler dans la solitude isolée des carrières. Les couleurs vives de la région, surtout le grès rouge et le terrain rocailleux des carrières pleines de broussailles sauvages, influencent le style de plus en plus géométrique de l ’artiste. Pour la première fois, cette oeuvre si emblématique de la région, peinte aux alentours d’Aix-en-Provence, revient dans sa ville natale après plus d’un siècle et demi ».

Devant la glace, Manet
« Édouard Manet peint cette femme de dos en 1876. Le modèle est une célèbre courtisane, la maîtresse de l’héritier du trône hollandais. Cette peinture très intime, la représente dans un corset et le regard du spectateur est attiré sur cet habit. À l’instar de ses contemporains, les impressionnistes, Manet souhaite dépeindre toutes les facettes de la vie moderne, y compris le monde privé des plaisirs sensuels. Le peintre déclare : « le corset de satin est peut-être le nu de notre époque ». Peint dans un style très moderne, le tableau révèle les coups de pinceau libres et lâches, qui créent l’impression d’une image fugace ».

Femme en robe à rayures, Manet
« Une jeune femme pose pour Édouard Manet. À la mode, vêtue d’une robe à rayures et tenant un éventail japonais, elle dirige son regard vers l’extérieur du tableau. À la mort de Manet en 1883, cette peinture est restée inachevée dans son atelier. À partir de photographies et d’analyses scientifiques, l’oeuvre révèle que des touches de finition ont été par la suite appliquées et que la peinture a été coupée sur les côtés et rognée au sommet. On discerne également une épaisse couche de vernis, probablement appliquée sur sa surface afin de faciliter la vente de celle-ci à l’époque.  L’enlèvement progressif de ce vernis a permis de retrouver les coups de pinceau rapides d’origine si caractéristiques de l’oeuvre de Manet. Par ailleurs, les inventaires d’époque qualifiaient la robe de violette mais avant restauration, les rayures de la robe paraissaient presque vertes. Désormais, le tableau nettoyé révèle un profond bleu-violet. L’oeuvre est exposée pour la première fois en France depuis sa restauration achevée en 2018 ».

De père en fils. Les passions des Thannhauser 
« Capitale de la République libérale de Weimar, Berlin est dans les années 1920, une plaque tournante de la culture, ouverte sur les audaces artistiques et les modes de vie anti-conventionnels. Les Thannhauser y trouvent des conditions idéales pour développer leurs affaires. Justin Thannhauser commence par organiser une « exposition spéciale » (Sonderausstellung), en 1927, qui reçoit un accueil enthousiaste du public et de la critique ».

« Parmi les 263 oeuvres, l’exposition présente Montagnes à Saint-Rémy (1889), de Vincent van Gogh. Peint pendant la convalescence de l’artiste, il restitue sa vision subjective du paysage provençal par des touches épaisses et vibrantes. L’oeuvre est exposée aux côtés de Paysage enneigé (1888) de Van Gogh, montrée pour la dernière fois en France lors l’exposition de la galerie Thannhauser dans les années 1937-1940 ».

« En 1928, la galerie Thannhauser de Berlin accueille une grande rétrospective de Gauguin, avec pas moins de 230 oeuvres de l’artiste, empruntées dans des importantes collections publiques et privées ».

« Les choix de Justin pour la galerie de Berlin rappellent les premières passions de son père à Munich. C’est Heinrich qui avait organisé la première rétrospective de Van Gogh en Allemagne, en 1908, en collaboration avec le neveu de l’artiste avec qui il se lie d’amitié ».

« En 1910, la galerie de Munich avait aussi présenté une importante exposition de Gauguin, avec 26 oeuvres de l’artiste, dont Haere Mai (1891). Peint dans la lointaine Tahiti en 1891, ce tableau reflète l’idéalisation romantique d’un paradis pur et sans médiation qui séduit de nombreux européens au tournant du siècle ».

« Le Viaduc de Van Gogh montre un tunnel à côté du quai d’Asnières (aujourd’hui Asnières-sur-Seine), faubourg parisien où il rend souvent visite à son ami, l’artiste Émile Bernard. Une femme se promène dans l’ombre sous le viaduc, attirée vers l’autre côté par une lueur à peine visible. Des cheminées se voient au-dessus du pont ferroviaire, entouré d’une végétation luxuriante. Pendant cette période, la technique de Van Gogh est profondément influencée par des expositions d’artistes français liés à l’impressionnisme et au postimpressionnisme. En 2018, la Fondation Solomon R.Guggenheim entreprend un travail de restauration de l’oeuvre qui retrouve ses teintes colorées d’origine. L’oeuvre a été exposée en France dans la galerie Thannhauser de Paris à la fin des années 1930 ».

« Lorsque la galerie de Munich ferme en 1929, Justin poursuit ses activités à Berlin. La galerie de Lucerne, qu’il avait ouverte en 1920 avec son cousin Siegfried Rosengart, est désormais entièrement gérée par ce dernier ».

À l’affût de l'art moderne. JustinThannauser et ses amis
« En 1913, alors que les Thannauser prêtent des oeuvres à l’importante exposition new-yorkaise d’art moderne mieux connue comme Armory Show, la galerie de Munich organise l’une des premières grandes rétrospectives Picasso en Allemagne. Cette exposition, présentant des oeuvres de 1901 à 1912, marque le début d’une amitié durable entre l’artiste et Justin Thannhauser, auteur de la préface du catalogue. Ainsi, tandis que Heinrich Thannhauser consolide sa réputation à Munich, Justin affine son goût pour l’art moderne et s’intéresse aux artistes de la nouvelle génération ».

« Impliqué avec son père dans la Moderne Galerie dès ses dix-sept ans, Justin poursuit ses études à Berlin, Florence et Paris. Ses professeurs de philosophie et d’histoire de l’art sont des personnalités aussi éminentes qu’Henri Bergson, Adolph Goldschmidt et Heinrich  ».

« Son compagnon, le peintre allemand Rudolf Levy, est un proche d’Henri Matisse et des expatriés fréquentant le café du Dôme, à Montparnasse. C’est probablement par le biais de cette association dite des « Dômiers » que Justin se lie d’amitié avec des marchands importants de la scène parisienne, favorisant son positionnement au sein du réseau de galeries d’art moderne américaines et européennes ».

« À ces rencontres parisiennes on doit notamment l’exposition Matisse que Justin organise à Berlin en 1930. Préparée en collaboration avec l’artiste et comprenant 265 tableaux, sculptures, dessins et gravures, elle constitue la rétrospective la plus complète de Matisse réalisée jusqu’alors en Allemagne ».

Le Moulin de la Galette, Picasso
« Picasso a 19 ans lorsqu’il peint Le Moulin de la Galette (1900). Il s’agit de l’oeuvre la plus importante qu’il exécute au cours de son premier séjour à Paris, épicentre artistique de l’époque, où il est venu visiter l’exposition universelle. L’oeuvre reflète la fascination du jeune Picasso pour l’atmosphère bohème de la nuit parisienne. On remarque l’influence majeure de Henri Toulouse-Lautrec à la fois par le choix du sujet et par la composition. Les figures à gauche et à droite sont cadrées hors champ ce qui renforce l’impression d’instantanéité, à l’instar d’une photographie. Par la suite, le style de Picasso évolue rapidement d’une période plus naturaliste à sa mélancolique période bleue, suivie de la période rose, avant qu’il ne développe, avec Georges Braque, les lignes géométriques et les décompositions en aplats propres au cubisme ».

Du côté de l'avant-garde. Les jeunes artistes munichois et le Cavalier bleu 
« Au cours des années qui précèdent la Grande Guerre, le soutien que les Thannhauser apportent aux artistes émergents, tant munichois qu’étrangers, a joué un rôle essentiel dans l’éclosion des styles d’avant-garde. En 1909 et 1910, deux expositions lancent la Nouvelle Association des artistes munichois (NKVM), s’opposant ouvertement au conservatisme de la société et du marché de l’art allemand de l’époque. Les Thannauser prouvent ainsi leur ouverture d’esprit, alors que la critique la plus conservatrice qualifie les oeuvres exposées de Kandinsky, Münter et von Jawlensky d’« absurdités de fous incurables ».

« En 1911-12, la première exposition du Cavalier Bleu (Der Blaue Reiter) confirme la clairvoyance de la galerie. Chapoté par Kandinsky et Marc, ce groupe puise dans des sources aussi diverses que le fauvisme français, l’art nouveau, la culture populaire bavaroise et le folklore russe, encourageant un art libre de toute contrainte figurative, à la recherche de valeurs lyriques, symboliques et spirituelles. À côté des membres fondateurs du mouvement et dans l’esprit cosmopolite qui le caractérise, l’exposition fait aussi découvrir au public allemand des oeuvres d’artistes français comme Robert Delaunay et Henri Rousseau (ce dernier étant à l’époque déjà décédé) ainsi que d’autres artistes modernes européens. En 1914, les Thannhauser montent aussi la première grande exposition en Allemagne de Paul Klee, artiste suisse également associé au Cavalier bleu ».

« Kandinsky est un artiste central pour l’histoire du Guggenheim qui possède plus de 150 oeuvres de l’artiste. Kandinsky quitte la Russie, son pays natal, à l’âge de trente ans pour étudier la peinture à Munich, un des centres culturels de l’Europe à l’époque. Solomon Guggenheim s’est attaché à recueillir les oeuvres de l’artiste illustrant toutes les périodes de sa production. L’oeuvre La montagne bleue (1908-1909) de la collection Guggenheim a été exposée à la Galerie Thannhauser à Munich lors de la première exposition du Cavalier Bleu ».

« Le motif du cavalier dans ce tableau symbolise la croisade de l’artiste contre les valeurs esthétiques conventionnelles et son désir de créer un meilleur futur utopique par le pouvoir de transformation de l’art ».

« En 1911, la Moderne Galerie de Thannhauser à Munich organise la première exposition allemande de Klee. Dans Parterre de fleurs (1913), anciennement en dépôt dans les galeries Thannhauser, Klee dissimule le sujet naturaliste en utilisant des formes fragmentées et des juxtapositions de couleurs dissonantes – selon une tendance des avant-gardes qui prolifèrent en Europe dans les années précédant la Première guerre mondiale. Néanmoins, Klee finit par composer une oeuvre qui échappe aux catégories, renouvelant son style, sa technique et son sujet tout au long de sa carrière ».

De Paris à New York, les salons des Thannhauser 
« Dans les années 1930, la montée du nazisme et la crise économique affectent les affaires de nombreux marchands d’art. La galerie Thannhauser de Berlin ferme ses portes en 1937 et Justin s’installe avec sa famille à Paris, dans une charmante résidence, rue Miromesnil, décorée par les oeuvres de Monet, Degas et Braque. Après le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, les Thannhauser s’installent finalement à New York en 1941 ».

« Bien que les tableaux restés en Allemagne sont détruits lors d’un raid aérien et le domicile parisien pillé pendant l’Occupation, d’autres oeuvres de la collection sont épargnées. C’est le cas de quatre-vingt-dix oeuvres mises en dépôt au Stedelijk Museum d’Amsterdam, ainsi que neuf tableaux en prêt depuis 1938 pour une exposition itinérante en Amérique latine et du nord ».

« Sans ouvrir de nouvelle galerie à New York, Justin Thannhauser continue à travailler en privé, conseille les acquisitions de musées et galeries et les assiste dans l’organisation d’importantes expositions. La maison où les Thannhauser s’installent en 1946, sur la 67e rue, devient un lieu de rencontre incontournable pour les cercles culturels cosmopolites de la ville. Parmi ses invités : des noms du monde de l’art, de la musique, du théâtre, du cinéma et de la photographie, tels que Leonard Bernstein, Louise Bourgeois, Henri Cartier-Bresson, Marcel Duchamp, Jean Renoir ou Arturo Toscanini. Le président et le directeur de la Solomon R. Guggenheim Foundation ainsi que Peggy Guggenheim font aussi partie de ce proche entourage ».

« Depuis New York, Justin voyage souvent en Europe et maintient ses contacts avec ses vieux amis. Il est notamment en lien avec Picasso, qu’il invite à séjourner à New York dans celle qu’il appelle sa « petite maison ».

Le Homard et le chat, Picasso
Après la mort de sa première femme, Käthe, en 1960, Justin Thannhauser se marie avec Hilde Breitwisch. À cette occasion, Pablo Picasso offre au couple Le Homard et le chat, de 1965. Une dédicace en rouge et en français est visible sur la toile : « Pour Justin Thannhauser, votre ami, Picasso. » L’oeuvre, réalisée avec humour, fait référence aux natures mortes du XVIIIe siècle tout en jouant avec le thème du tableau qui représente une confrontation réelle. Un chat à la fourrure brun foncé, à droite, fait face à une confrontation tendue avec un homard bleu brillant, à gauche. La palette, la composition et la peinture appliquée de manière vigoureuse créent un tableau animé : le chat est représenté le dos voûté, la queue relevée, la fourrure dressée et les yeux grands ouverts tandis que le homard, vu de haut, semble chanceler sur ses nombreuses pattes grêles ».

Thannhauser et Picasso, histoire d'une amitié
« Grâce au legs Thannhauser, plus de trente oeuvres de Picasso entrent dans les collections du Guggenheim. Couvrant une période de soixante-cinq ans, elles témoignent de l’amitié entre les deux hommes, de l’admiration que Justin Thannhauser a pour l’oeuvre de cet artiste mais aussi de son audace de collectionneur et de sa capacité de renouveler toujours son goût, au fil des époques ».

« Dans cette salle, trois majestueux portraits de femme correspondent à trois périodes et phases stylistiques très différentes dans l’oeuvre de Picasso. Inspirées par trois des muses et compagnes qui ont jalonné l’évolution de sa peinture (Fernande Olivier, Olga Khokhlova et Marie-Thérèse Walter), ces oeuvres montrent la variété de son style, qui puise avec liberté et maîtrise dans des références aussi diverses que l’art ancien, moderne et des avant-gardes ».

« Ainsi, tandis que l’aspect sculptural de la Femme dans un fauteuil (1922) est inspiré par la statuaire antique, Fernande dans une mantille noire (vers 1905), peinte plus de quinze ans plus tôt, montre l’apprentissage du fauvisme : malgré sa palette presque monochrome, la couleur est libérée de toute contrainte du dessin. La Femme aux cheveux jaunes, en 1931, dévoile encore un nouveau traitement de la surface et de la couleur. Dans ce portrait de Marie-Thérèse Walter, les contours curvilignes et les aplats aux couleurs vives marquent un renouveau radical dans la peinture de Picasso ».

Quand la collection devient musée. 60 ans au service de l'avant-garde
« À la fin de sa vie, Justin Thannhauser aura enduré la mort prématurée de ses deux fils, Heinz et Michel, ainsi que de sa première femme Käthe, en plus des pertes matérielles considérables que sa famille juive allemande avait connues en Europe pendant la guerre ».

« Après avoir vécu cinq cents ans en Allemagne, ma famille est maintenant éteinte – dit-il
- C’est pourquoi je souhaite faire don de ma collection ». En 1963, c’est par ce geste philanthropique, dit-il, que l’oeuvre de sa vie « trouve enfin son sens ».

« Après vingt-cinq années passées à New York, Justin et Hilde Thannhauser se retirent à Berne en 1971. Justin meurt à Gstaad, en Suisse, le 26 décembre 1976, à l’âge de 84 ans. La collection Thannhauser entre officiellement dans le fonds du Guggenheim en 1978. Hilde Thannhauser fera encore don de deux tableaux en 1984 et léguera dix autres oeuvres à la mémoire de son mari en 1991. Exposées dans une galerie du musée qui porte le nom de ses donateurs, elles continuent à rendre hommage au rôle joué par cette famille dans la défense et la promotion des artistes d’avant-garde pendant plus d’un demi-siècle ».

REPÈRES CHRONOLOGIQUES

1905 : Heinrich Thannhauser quitte son activité de tailleur et ouvre une galerie à Munich, la Moderne Kunsthandlung avec son ami Franz Josef Brakl, ancien chanteur d’opéra.

1908 : La Moderne Kunsthandlung présente la première rétrospective de Vincent van Gogh en Allemagne, en collaboration avec le marchand Paul Cassirer, la galerie Bernheim-Jeune et la succession de l’artiste.

1909 : Heinrich met fin à son association avec Brakl et ouvre la Moderne Galerie à Munich.
Son fils Justin, âgé de 17 ans, l’assiste dans ses affaires.
L’exposition inaugurale présente quelque 200 oeuvres d’artistes allemands et français.
La Galerie accueille la première exposition de la Nouvelle Association des artistes munichois (NKVM). Deux autres expositions du groupe suivent en 1910 et 1911.

1911 - 1913 : La galerie présente la première exposition du Blaue Reiter (Le Cavalier bleu), en 1911 et l’une des premières grandes expositions consacrée à Pablo Picasso en Allemagne en 1913. La même année, Heinrich Thannhauser prête des oeuvres à l’importante Exposition internationale d’art moderne de New York, mieux connue comme Armory Show.

1914 - 1917 : Lors du déclenchement de la première guerre mondiale, Justin est mobilisé.

Blessé, il rentre à Munich en 1916, décoré de la croix de Fer. En 1917, il épouse Käthe (ou Kate). Ils auront deux fils, Heinz (ou Henry), né la même année, et Michel, né en 1920.

1920 : À cause de la difficile situation politique et économique en Allemagne, Justin installe sa famille en zone neutre, en Suisse. Il ouvre une nouvelle galerie à Lucerne avec son cousin Siegfried Rosengart, ancien collaborateur de la galerie de Munich.

1921 : Justin retourne à Munich pour se rapprocher de son père atteint d’une grave maladie de la gorge. Il prend entièrement en charge la gestion de l’entreprise, tandis que Rosengart gère la filiale de Lucerne.

1926 : La galerie de Munich accueille une importante exposition Edgar Degas, présentant notamment des bronzes de l’artiste.

1927 : Avec l’ouverture d’un nouvel espace à Berlin, l’entreprise groupant les différentes galeries est rebaptisée Galerien Thannhauser.

1928-1930 : La galerie de Lucerne, complètement gérée par Rosengart prend désormais le nom de ce dernier. La galerie de Munich ferme en 1929 et Justin poursuit ses activités à Berlin.

En 1930, il organise l’exposition Matisse la plus complète réalisée jusqu’alors en Allemagne.

1933-1934 : Au printemps 1933, Justin loue un petit appartement à Paris, au 2, place des Pyramides. Un an plus tard, il participe au montage de deux expositions à la Galerie Müller à Buenos Aires, respectivement sur Degas et sur Picasso.

1935 : Heinrich Thannhauser meurt à Lucerne le 24 novembre.

1937 : En avril, les Thannhauser, d’origine juive, quittent l’Allemagne et emménagent dans leur nouvelle résidence-galerie au 35, rue de Miromesnil à Paris. La galerie de Berlin ferme ses portes à la fin de l’année. Un certain nombre d’oeuvres, restées en Allemagne dans l’entrepôt de Robert Haberling, seront détruites lors d’un raid aérien pendant la Seconde Guerre mondiale.

1938 : Justin transfère 90 oeuvres à Amsterdam en juin, pour les mettre en dépôt au Stedelijk Museum au cours de l’année suivante.

1939 : Neuf tableaux de Thannhauser sont expédiés de Paris pour une exposition itinérante en Amérique du sud, organisée par René Huyghe, conservateur des peintures au musée du Louvre (« La peinture française de David à nos jours »).

1940 : Le 14 juin, les troupes allemandes occupent Paris et les Thannhauser, en voyage en Suisse, sont contraints d’y rester. À la fin de l’année, ils embarquent à Lisbonne sur la Serpa Pinto à destination de New York, où ils arrivent 16 jours plus tard.
Leur domicile parisien est pillé, leurs biens sont emportés en Allemagne et les archives de la galerie munichoise perdues. Les oeuvres exposées en Amérique du sud, ne pouvant pas rentrer en Europe pendant la guerre, circuleront aux États-Unis jusqu’en 1946 et seront récupérées par les Thannhauser après la guerre.

1944 : Heinz Thannhauser, pressenti pour reprendre l’activité de son père, est enrôlé dans l’American Air Force. Il est tué lors d’une expédition pour la libération de la France.

1945-1960 : Frappé par ce deuil et inquiet pour la santé précaire de son cadet, Michel, Justin décide de ne pas ouvrir de galerie à New York. Il met aux enchères un grand nombre d’oeuvres de sa collection et continue d’effectuer des transactions d’oeuvres d’art depuis son domicile.

1962 : Après avoir perdu aussi son fils Michel, qui se suicide en 1952, et sa femme Käthe, décédée en 1960, Justin épouse Hilde Breitwisch.

1963 : Sans héritiers, il prend des dispositions pour léguer à la Fondation Guggenheim 75 oeuvres de sa collection privée, plus deux panneaux d’Édouard Vuillard. Dès 1965, ces oeuvres entrent en dépôt au Solomon R. Guggenheim Museum, présentées dans une salle du bâtiment new yorkais qui porte le nom de son légataire.

1976 : Justin K. Thannhauser meurt à Gstaad à l’âge de 84 ans. Sa collection entre officiellement au Guggenheim deux ans plus tard.

1984 : Hilde Thannhauser fait don au Guggenheim d’un Picasso et d’un Van Gogh et accepte de léguer 10 oeuvres supplémentaires. Elles entreront dans la collection du Guggenheim à sa mort, en 1991.


Du 1er mai au 29 septembre 2019
A l’Hôtel de Caumont-Centre d’art
3, rue Joseph Cabassol. 13100 Aix-en-Provence
Tél. : +33 (0)4 42 20 70 01
Ouvert 7 jours sur 7 de 10 h à 19 h (mai-septembre)
Visuels :
Georges Braque (1882-1963), Guitare, verre et compotier sur un buffet, début de 1919, huile et tempera (?), sable et fusain avec
graphite sur toile, 80,8 x 99,5 cm
Solomon R. Guggenheim Museum, New York, Thannhauser Collection, don Justin K. Thannhauser Foundation, par échange, 81.2821
© Adagp, Paris, 2019

Pablo Picasso (1881-1973), Nature morte : Fruits et pot, 22 janvier 1939, huile et peinture laque sur toile, 27,2 x 41 cm
Solomon R. Guggenheim Museum, New York, Thannhauser Collection, don Hilde Thannhauser, 84.3231
© Succession Picasso 2019

Paul Cézanne (1839-1906), Environs du Jas de Bouffan, vers 1885-1887, huile sur toile, 65,1 x 81 cm
Solomon R. Guggenheim Museum, New York, Thannhauser Collection, legs Hilde Thannhauser, 91.3907

Pablo Picasso (1881-1973), Jardin à Vallauris, Vallauris, 10 juin 1953, huile et peinture laque sur toile, 19,1 x 26,9 cm
Solomon R. Guggenheim Museum, New York, Thannhauser Collection, don Justin K. Thannhauser, 78.2514.64
© Succession Picasso 2019

Francis Picabia (1879-1953), Portrait de Mistinguett, vers 1908-1911, huile sur toile, 60 x 49,2 cm
Solomon R. Guggenheim Museum, New York, 66.1801 © Adagp, Paris, 2019

Georges Seurat (1859-1891), Paysannes au travail, 1882-1883, huile sur toile, 38,5 x 46,2 cm
Solomon R. Guggenheim Museum, New York, Solomon R. Guggenheim Founding Collection, don, 41.713

Paul Cézanne, Homme aux bras croisés, vers 1899, Huile sur toile, 92 x 72,7 cm
Solomon R. Guggenheim Museum, New York, 54.1387

Robert Delaunay (1885-1941), La Ville, 1911, huile sur toile, 145 x 112 cm
Solomon R. Guggenheim Museum, New York, Solomon R. Guggenheim Founding Collection, don, 38.464
Exposé à la Moderne Galerie Heinrich Thannhauser, Munich, lors de la première exposition du Blaue Reiter, 1911-1912

Paul Cézanne (1839-1906), Fiasque, verre et poterie, vers 1877, huile sur toile, 46,2 x 55,2 cm
Solomon R. Guggenheim Museum, New York, Thannhauser Collection, don Justin K. Thannhauser, 78.2514.3

Edgar Degas (1834-1917), Danse espagnole, vers 1896-1911 (fondu vers 1919-1926), Bronze, 40,3 x 16,5 x 17,8 cm
Solomon R. Guggenheim Museum, New York, Thannhauser Collection, don Justin K. Thannhauser, 78.2514.9 © David Heald

Paul Cézanne (1839-1906), Bibémus, vers 1894-1895, huile sur toile, 71,4 x 90,1 cm
Solomon R. Guggenheim Museum, New York, Thannhauser Collection, don Justin K. Thannhauser, 78.2514.6

Édouard Manet (1832-1883), Devant la glace, 1876, huile sur toile, 93 x 71,6 cm
Solomon R. Guggenheim Museum, New York, Thannhauser Collection, don Justin K. Thannhauser, 78.2514.27

Édouard Manet, Femme en robe à rayures, vers 1877-1880, Huile sur toile, 175,5 x 84,3 cm
Solomon R. Guggenheim Museum, New York, Thannhauser Collection, don Justin K. Thannhauser, 78.2514.28

Vincent van Gogh (1853-1890), Montagnes à Saint-Rémy, Saint-Rémy-de-Provence, juillet 1889, huile sur toile, 72,8 x 92 cm
Solomon R. Guggenheim Museum, New York, Thannhauser Collection, don Justin K. Thannhauser, 78.2514.24

Vincent van Gogh (1853-1890), Paysage enneigé, Arles, février 1888, huile sur toile, 38,3 x 46,2 cm
Solomon R. Guggenheim Museum, New York, Thannhauser Collection, don Hilde Thannhauser, 84.3239

Paul Gauguin (1848-1903), Haere Mai, 1891, huile sur toile de jute, 72,5 x 92 cm
Solomon R. Guggenheim Museum, New York, Thannhauser Collection, don Justin K. Thannhauser, 78.2514.16

Vincent van Gogh (1853-1890), Le Viaduc, Asnières, 1887, huile sur carton 32,7 x 41 cm
Solomon R. Guggenheim Museum, New York, Thannhauser Collection, don Justin K. Thannhauser, 78.2514.17

Pablo Picasso (1881-1973), Le Moulin de la Galette, Paris, vers novembre 1900, huile sur toile, 89,7 x 116,8 cm
Solomon R. Guggenheim Museum, New York, Thannhauser Collection, don Justin K. Thannhauser, 78.2514.34
© Succession Picasso 2019

Franz Marc (1880-1916), Vache jaune (Gelbe Kuh), 1911, huile sur toile, 140,7 x 189,2 cm
Solomon R. Guggenheim Museum, New York, Solomon R. Guggenheim Founding Collection, 49.1210
Exposé à la Moderne Galerie Heinrich Thannhauser, Munich, lors de la première exposition du Blaue Reiter, 1911-1912

Henri Rousseau (1844-1910), Les Joueurs de football, 1908, huile sur toile, 100,3 x 80,3 cm
Solomon R. Guggenheim Museum, New York, 60.1583
Anciennement collection Justin K. Thannhauser

Vassily Kandinsky (1866-1944), La Montagne bleue (Der blaue Berg), 1908-1909, huile sur toile, 106 x 96,6 cm
Solomon R. Guggenheim Museum, New York, Solomon R. Guggenheim Founding Collection, don, 41.505
Exposé à la Moderne Galerie Heinrich Thannhauser, Munich, 1914

Paul Klee (1879-1940), Parterre de fleurs (Blumenbeet), 1913, huile sur carton, 28,2 x 33,7 cm
Solomon R. Guggenheim Museum, New York, succession de Karl Nierendorf, acquisition, 48.1172.109
Anciennement en consignation dans les galeries Thannhauser

Georges Braque (1882-1963), Paysage près d’Anvers, 1906, huile sur toile, 60,3 x 81,3 cm
Solomon R. Guggenheim Museum, New York, Thannhauser Collection, don Justin K. Thannhauser, 78.2514.1 © Adagp, Paris, 2019

Claude Monet (1834-1917), Le Palais ducal vu de Saint-Georges-Majeur, 1908, huile sur toile, 65,4 x 100,6 cm
Solomon R. Guggenheim Museum, New York, Thannhauser Collection, legs Hilde Thannhauser, 91.3910

Pablo Picasso (1881-1973), Le Homard et le chat, Mougins, 11 janvier 1965, huile et peinture laque (?) sur toile, 73 x 92,1 cm
Solomon R. Guggenheim Museum, New York, Thannhauser Collection, legs Hilde Thannhauser, 91.3916
© Succession Picasso 2019

Pablo Picasso (1881-1973), Deux pigeons aux ailes déployées, Cannes, 16-19 mars 1960, huile sur toile, 59,8 x 73,1 cm
Solomon R. Guggenheim Museum, New York, Thannhauser Collection, don Justin K. Thannhauser, 78.2514.66
© Succession Picasso 2019

Pablo Picasso (1881-1973), Fernande à la mantille noire, Paris, vers 1905, huile sur toile, 100 x 81 cm
Solomon R. Guggenheim Museum, New York, Thannhauser Collection, legs Hilde Thannhauser, 91.3914
© Succession Picasso 2019

Justin et Hilde Thannhauser avec Harry Guggenheim, président de la Solomon R. Guggenheim Foundation, et une maquette montrant le projet d’aile Thannhauser au Guggenheim Museum, 1963 © Solomon R. Guggenheim Foundation, New York

Pablo Picasso (1881-1973), Nature morte : Compotier et cruche, 21-22 janvier 1937, huile et peinture laque (?) sur toile, 49,9 x 60,9 cm
Solomon R. Guggenheim Museum, New York, Thannhauser Collection, don Justin K. Thannhauser, 78.2514.61
© Succession Picasso 2019

Exposition «Masterpieces of Modern Art by courtesy of the Thannhauser Foundation», aile Thannhauser, Solomon R. Guggenheim Museum, New York, 30 avril - 3 octobre 1965 © Solomon R. Guggenheim Foundation, New York

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