mardi 29 décembre 2015

« Je compte sur vous », par Pascal Elbé


« Je compte sur vous », film de Pascal Elbé sortira le 30 décembre 2015. Entre la France et l’Etat d’Israël, l’histoire d’un escroc qui convainc par téléphone ses proies – salariés de banques, d’entreprises ou d’administrations - de virer des sommes importantes sur des comptes bancaires. Un bon film qui suscite des interrogations.


« Un homme, un téléphone portable, plusieurs millions d’euros dérobés, une quarantaine d’établissements bernés. Drogué à l’adrénaline que ses arnaques lui procurent, Gilbert Perez manipule et trompe ses victimes avec brio en se faisant passer tour à tour pour leur président puis un agent de la DGSE. Il rêve d’offrir à sa femme Barbara une vie normale, mais insatiable et sans limite, sa folie le mènera à sa perte ».

Inspiré librement d’une histoire vraie – celle de Gilbert Chikli, condamné le 20 mai 2015 pour escroquerie "au faux président" à sept ans de prison par contumace -, « Je compte sur vous » de Pascal Elbé brosse le portrait d’un escroc sympathique, égocentrique, qui s’enferme progressivement dans une pathologie. Bluffeur impénitent, longtemps sûr de son invulnérabilité, Gilbert Perez (Vincent Elbaz) aurait pu utiliser son bagout, sa force de conviction, sa finesse psychologique comme commercial et gagner aisément sa vie. Mais il a besoin d’une activité frôlant le danger, et lui insufflant une dose d’adrénaline nécessaire à son déséquilibre. Son goût pour le franchissement des frontières - géographiques, morales – s’avère tempéré par sa prudence jusqu’à…

Fertile en rebondissements, ce film est remarquablement bien réalisé et interprété. Il montre la technique de cet entourloupeur redoutable : usurper ou s’inventer une identité, inspirer la confiance par la voix, maintenir la pression, garder l’interlocuteur en état de dépendance en réduisant ses résistances physiques – sommeil tronqué –, ses réticences professionnelles – ton autoritaire, compliments, gages de sérieux, explications liées à l’actualité internationale - et son socle mental – fausse complicité/confidence par un climat de confiance -. Jouant sur l’empathie, Gilbert Perez détruit avec perversité des êtres vulnérables, parfois fragilisés dans leur estime de soi et leur vie affective. Ce qui suppose un minimum de préparation afin de connaitre l’entreprise, la banque ou l’administration ciblée, et son/sa comptable. Son plaisir réside au moins autant dans sa victoire – gain financier - que dans la recherche de la stratégie adéquate pour parvenir à ses fins : l’emprise sur un cerveau, la subjugation d’une volonté autre, la manipulation d’êtres humains en endossant des rôles fictifs.

Mobile, la caméra entoure, enserre la proie qui s’isole naturellement dans un dialogue téléphonique. Virevolte autour d’elle, transmet son vertige, capte sa fragilité. Délimite l’espace de l’entourloupe d’où la proie, captive, obéissante, ne sort que vidée de son énergie et stupéfaite.

Ce jeu du chat et de la souris se déroule en une mise en abyme. Gilbert Perez cible sa victime, tout en étant recherché par l’inspecteur Moretti (Zabou Breitman) et la juge (Catherine Mouchet), et par une mafia russe plus puissante que lui. C’est un homme-caméléon dans la fuite et l’échange d’identités.

A la lumière éblouissante d’Israël, pays d’une possible reconversion, Pascal Elbé oppose le grisâtre d’un Paris pluvieux.

On peut regretter la fin, morale et psychiatrique, filmée en gros plan fixe. Peu crédible.

Dissymétrie
L'avocate d'une victime a loué ce film en considérant qu'il montrait le phénomène, et permettait ainsi de prévenir les gens. On peut en douter. Le dirigeant d'une entreprise avait alerté ses salariés à propos de l'"escroquerie au président". Cependant, son comptable s'est laissé prendre à cette arnaque. Ce qui a induit le dépôt de bilan de l'entreprise.

France 2 et France Télévisions ont coproduit « Je compte sur vous », par Pascal Elbé. Elles avaient refusé  de coproduire 24 jours, la vérité sur l’affaire Ilan Halimi d’Alexandre Arcady en alléguant que le projet de ce film ne correspondait pas à la « ligne éditoriale » du groupe public audiovisuel. Leur « ligne éditoriale » agrée un film sur un escroc Juif, sur les difficultés d’intégration en Israël de Français Juifs et leur déclassement professionnel ainsi que social, et non celui sur un assassinat antisémite. Le groupe France Télévisions coproduirait-il un film sur la spoliation dont sont victimes, en ce début de XXIe siècle, des Français Juifs, tels le Dr Lionel Krief et des copropriétaires parisiens, et ce, par des décisions judiciaires aberrantes, leur déniant les droits de la défense et un procès équitable ?

Dans ce dossier d’arnaque, l’inspectrice de police et la magistrate manifestent un sérieux et un investissement remarquables. On aimerait que la Brigade financière et des magistrats de la rue des Italiens (Paris) accordent aux justiciables français Juifs ayant porté plainte pour abus de confiance et autres malversations financières, voire antisémitisme, ne serait-ce qu’un centième de ces qualités. Exemple ? Ce juge d’instruction qui, lors d’une audition de ses concitoyens Juifs, demande à l’un d’eux son… certificat de décès !? Avant d’annoncer qu’il clôturera son instruction dans quatre mois. Quelques semaines plus tard, il annonçait par courrier aux plaignants que son instruction était achevée !? Alors que ces plaignants évoquaient en particulier des abus de confiance, faux et usages de faux publics, et l'existence de comptes bancaires à l'étranger.

Enfin, il serait bon que des artistes français Juifs réalisent des documentaires notamment sur les finances d’organisations communautaires. Sur Radio J, le 27 décembre 2015, un dirigeant communautaire n’avait pas de mots assez durs pour qualifier la déplorable gestion financière de ses prédécesseurs.
  

« Je compte sur vous », par Pascal Elbé
Vito Films, 1 h 38
Scénario : Pascal Elbé en collaboration avec Isaac Sharry 
Musique originale : Pascal Lengagne
Montage : Stratos Gabrielidis, Théo Carrere
Image : Romain Lacourbas
Décors : Pierre Quefféléan
Avec Vincent Elbaz, Julie Gayet, Zabou Breitman, Ludovik, Anne Charrier, Nicole Calfan, Lionel Abelanski.

Visuels : © Hugo Cohen

Articles sur ce blog concernant :
La citation provient du dossier de presse.

samedi 26 décembre 2015

« Le drapeau américain hissé au sommet de l’île japonaise d’Iwo Jima - Joe Rosenthal »


Arte diffusera le 27 décembre 2015 les 12 volets de la série Pictures for Peace, ces photos entrées dans la légende (Pictures For Peace - Fotos, Die Die Welt Bewegten), de Rémy Burkel. Le 23 février 1945, le photographe américain né de parents juifs Joe Rosenthal (1911-2006), qui couvre la guerre du Pacifique, photographie des soldats américains plantant un drapeau au sommet de l’île japonaise d’Iwo Jima », en signe d’une victoire acquise après de durs combats ». Un cliché qui lui vaut le Prix Pulitzer.

Lors du Summer of Peace en 2015, Arte a proposé Pictures for Peace, La paix au bout de l’objectif, « série documentaire dédiée aux images de guerre ou de paix qui ont marqué notre histoire récente.

« Saisir l'image choc qui fera le tour du monde, pour dénoncer la guerre ou célébrer l'espoir de paix : de la Seconde Guerre mondiale à nos jours, cette série documentaire décrypte les clichés qui ont marqué l'opinion publique et notre histoire récente ».

Willy Brandt à genoux à Varsoviela poignée de main entre Rabin et Arafatla manifestation du 11 janvier 2015 à Paris, la jeune Algérienne pleurant sa famille décimée à Bentalha (Algérie)… : douze modules courts sur des photos entrées dans les consciences ». Une série souvent décevante par les commentaires révélant une incompréhension de la situation politique, « politiquement corrects », etc.

Guerre du Pacifique
Fils d’immigrants juifs russes, Joseph Rosenthal se convertit  au catholicisme lors de sa jeunesse.

Son hobby pour la photographie, il l’exerce comme photographe-reporter en 1932 pour le San Francisco News après avoir obtenu le diplôme de l’Université de San Francisco.

Réformé de l’US Army pour sa vision mauvaise, Joe Rosenthal collabore à l’Associated Press (AP), puis rejoint l’US Maritime Service comme photographe et couvre la guerre du Pacifique parmi l’US Marine Corps.

Le 23 février 1945, après des combats tragiquement éprouvants, des soldats américains plantent le drapeau national sur l’île japonaise d’Iwo Jima durement conquise après cinq jours de combats. Le photographe américain Joe Rosenthal saisit six soldats marquant ainsi leur victoire.

En 1945, il est recruté par le San Francisco Chronicle. Il y collabore jusqu’à sa retraite en 1981.

Pour Joe Rosenthal, sa photographie symbolise l’espoir de victoire né dans le cœur des Américains lors d’une guerre contre un ennemi particulièrement fort.

Oeuvre iconique
L'oeuvre iconique de Joe Rosenthal a été reproduite dans 3,5 millions de posters, 15 000 panneaux d’affichages et 137 millions de timbres. Sans que son auteur en perçoive le moindre bénéfice.

Photographe Juif pour l'Armée rouge, Evgueni Khaldeï (1917-1997) a vu cette photographie de son confrère. Il a souhaité créer le pendant photographique de l'oeuvre de Joe Rosenthal. En avril 1945, il se trouvait dans Berlin vaincue par l'Union soviétique. Staline voulait un cliché représentant la victoire sur le IIIe Reich. Khaldeï "a demandé, quelques jours plus tôt, à Grisha Lioubinsky, l'économe de l'agence Tass, de lui offrir quelques-unes des belles nappes rouges qu'il utilise lors des réunions du Parti", expliquent Pierre Bellemare et Jérôme Equer dans "Histoire secrète des 44 photos qui ont bouleversé le monde". Avec son ami le tailleur Israël Kichitser, Evgueni Khaldeï "a fabriqué dans la nuit trois drapeaux soviétiques. Le plus dur a été de réaliser le marteau et la faucille. Le premier de ses drapeaux fut planté à l'aéroport de Tempelhof où se dresse un aigle gigantesque, symbole du Reich hitlérien. Le deuxième sera érigé au sommet de la porte de Brandebourg, devant le quadrige de Johann Gottfried Schadow, sur lequel trône la déesse de la Victoire". Par manque de recul, Khaldei ne peut pas montrer Berlin. Le troisième et dernier drapeau ? Il est destiné au toit du Reichstag. Ce qui offre une belle vue de la ville, en partie détruite par les combats. Le 30 avril, à 22 h 40, alors que Berlin était encore en proie aux combats, en l'absence de photographe, un drapeau soviétique y avait été installé. Le 1er mai, les Allemands l'avaient enlevé. Le 2 mai, "devant le Reichstag, j'en ai sorti un et les soldats se sont écriés : 'Donnez-nous ce drapeau, on va le planter sur le toit'", a raconté le photographe à "Libération", en 1995. Et d'ajouter : "J'ai demandé à un jeune soldat de le tenir le plus haut possible. Il avait 20 ans, il s'appelait Alexis Kovalev. Je cherchais le bon angle, je lui ai demandé de grimper encore plus haut. Il a répondu "D'accord, mais que quelqu'un me tienne les pieds". Ce qui a été fait. La photo est partie, a plu, etc."

Ce cliché a été sciemment obscurci par son auteur pour en renforcer le caractère dramatique, et donner l'impression que les combats perdurent. En outre, il a été retouché : deux montres entouraient les poignets du soldat, qui tient son camarade brandissant le drapeau soviétique. Pour éviter d'alimenter les rumeurs et récriminations contre les pillages dus aux soldats soviétiques, l'une de ces deux montres a été supprimé de l'oeuvre diffusée.

" En 1995, Visa pour l’Image tombait trois mois après le 50e anniversaire de 1945 et de toutes les commémorations en Normandie, il fallait trouver une idée… J’ai pensé à faire se rencontrer Joe Rosenthal, auteur de la célèbre photo du drapeau d’Iwo Jiwa, avec l’auteur d’une autre photo historique avec un drapeau, celle réalisée par Khaldeï, lors de la prise du Reichstag à Berlin.... La rencontre entre Khaldeï et Rosenthal a été fabuleuse et reste l’un des plus forts moments de l’histoire du Festival. Un jour, ils sont allés tous deux déjeuner à Collioure, avec leurs interprètes respectifs. A
leur retour, visiblement ils avaient adoré les vins du Roussillon, ils riaient comme deux vieux complices. Quand je leur ai demandé pourquoi ils se marraient autant, ils m’ont répondu : « Nous avons réalisé que nous sommes Juifs tous les deux. Tu te rends compte du mal que nous avons fait à Hitler ? », s'est souvenu Jean-François Leroy, directeur du Visa pour l'Image, festival international de photojournalisme à Perpignan.

Au cimetière national d’Arlington, l’United States Marine Corps War Memorial (Iwo Jima Memorial) a été inauguré en 1954. Il est dédié à tous les membres du corps des Marines américains morts en défendant les Etats-Unis depuis 1775. Il est composé principalement d’une statue monumentale représentant cet événement saisi par Joe Rosenthal.

Certains ont allégué que Joe Rosenthal avait mis en scène sa célèbre photographie. Ce qu’a nié l’auteur de la photographie.

Son cliché a vraisemblablement influencé le photographe Thomas E. Franklin quand il a pris le 11 septembre 2001, jour des attentats terroristes islamistes aux Etats-Unis, sa célèbre photo Raising the Flag at Ground Zero où trois pompiers de Brooklyn hissent le drapeau « Stars and Stripes » (étoiles et bandes).

En 2006, Clint Eastwood a réalisé deux films relatant l’histoire de la bataille de Iwo Jima - l'un vu côté américain (Flags of Our Fathers) d'après le livre de James Bradley et Ron Powers, l'autre vécu côté japonais (Letters from Iwo Jima) - et des six soldats américains immortalisés par Joe Rosenthal.


2015
Sur Arte le 27 décembre 2015 à 3 h 35

vendredi 25 décembre 2015

« Brandt à genoux à Varsovie - Sven Simon »


Arte diffusera le 27 décembre 2015 l’ensemble des douze modules de la série Pictures for Peace, ces photos entrées dans la légende (Pictures For Peace - Fotos, Die Die Welt Bewegten), de Rémy Burkel. Lors d’un voyage officiel en Pologne, Willy Brandt (1913-1992), alors chancelier de la République fédérale allemande (RFA), s’agenouille le 7 décembre 1970 « devant le monument honorant les Juifs morts pendant le soulèvement du ghetto de Varsovie en 1943 ».


Lors du Summer of Peace en 2015, Arte a proposé Pictures for Peace, La paix au bout de l’objectif, « série documentaire dédiée aux images de guerre ou de paix qui ont marqué notre histoire récente. 

Saisir l'image choc qui fera le tour du monde, pour dénoncer la guerre ou célébrer l'espoir de paix : de la Seconde Guerre mondiale à nos jours, cette série documentaire décrypte les clichés qui ont marqué l'opinion publique. 

Willy Brandt à genoux à Varsovie, la poignée de main entre Rabin et Arafat, la manifestation du 11 janvier 2015 à Paris, la jeune Algérienne pleurant sa famille décimée à Bentalha (Algérie)… : douze modules courts sur des photos entrées dans les consciences ». Une série souvent décevante par les commentaires révélant une incompréhension de la situation politique, « politiquement corrects », etc.
Arte propose de « décrypter les clichés qui ont marqué l’opinion publique et notre histoire récente ».

Geste symbolique
En 1939, plus de trois millions de Juifs (9,5% de la population) vivent en Pologne sur environ 9,5 millions de Juifs en Europe. Les Nazis persécutent les Juifs, les spolient, les contraignent à survivre dans des ghettos, les tuent dans des camps d’extermination, etc. A Varsovie vivent 1 300 000 habitants, dont 380 000 Juifs, soit près d’un tiers de la population. En 1940, les Nazis y créent un ghetto. Ils vont l’enserrer par un mur de plus de trois mètres de haut, hérissé de fils de fer barbelés et étroitement surveillé. Ce ghetto surpeuplé est administré par un « conseil juif » (Judenrat) dirigé par l'ingénieur Adam Czerniakow. Environ 500 000 Juifs sont passés par ce ghetto de quatre kilomètres carrés. Des centaines de milliers de Juifs  de tous âges, enfants et adultes, y survivent entassés, dans la promiscuité, la misère et le manque d’hygiène, victimes de maladies (typhus), affamés. Certains tentent de se procurer des vivres par la contrebande ou le marché noir, avec le risque d'être arrétés et fusillés. Beaucoup y meurent de faim et d’épidémies. Le 19 avril 1943, des organisations juives déclenchent le soulèvement dans le ghetto. Pendant près d’un mois, jusqu’au 16 mai 1943, des Juifs courageux défient les Nazis qui écraseront cette insurrection. Lors de la Shoah, plus de 1,1 million d'hommes, de femmes et d'enfants sont tués au complexe concentrationnaire d’Auschwitz, dont 90% étaient juives. En 1950, on évalue à 45 000 le nombre de Juifs ayant survécu en Pologne à la Shoah.

En 1945, l’Allemagne nazie a capitulé. « Ses frontières reculent en deça de celles de 1939 jusqu’à la fameuse ligne Oder-Neisse, la ligne constituée par le cours de l’Oder et de son affluent la Neisse.

Des millions d’Allemands (Volksdeutsche) « vivent dans ces territoires perdus.

Après les accords de Potsdam signés le 2 août 1945 par Joseph Staline, Clement Attlee et Harry S. Truman, environ sept millions d’Allemands de Pologne, essentiellement en Poméranie et en Prusse, sont expulsés vers l’Allemagne et l’Autriche. Les raisons ? Créer des nations homogènes, éviter que l’Allemagne revendique à l’avenir des territoires situés au sein de ses Etats voisins à l’est, punir les Allemands pour leur bellicisme et leur soutien au nazisme, éviter des problèmes futurs constitués par une « cinquième colonne », semer les germes de dissensions entre Etats de sa sphère d’influence et leurs voisins.

Lors de ces transferts massifs de 12 à 16 millions d’Heimatvertriebene (réfugiés) de Pologne et de Tchécoslovaquie jusqu’au début des années 1950, près de 500 000 civils décèdent des suites de mauvais traitements, de maladies, de faim, d’épuisement, de privations, etc.

Au terme de ces marches forcées vers l’Ouest, seuls 12 % des Allemands d'avant-guerre sont demeurés dans ces territoires. « Les survivants se battront inlassablement pour récupérer leurs terres, leurs domaines, désormais polonais ».

La RFA a refusé de reconnaître la léglité de sa frontière orientale la séparant de la Pologne.

Or, en décembre 1970, Willy Brandt, alors chancelier (1966-1974) social-démocrate (SPD) de la République fédérale allemande (RFA) effectue un voyage officiel en République populaire de Pologne. C’est le premier séjour depuis 1945 d’un Premier ministre allemand. La RFA demande au gouvernement polonais, plutôt froid, d’insérer dans ce séjour le dépôt d’une gerbe par le chancelier devant le Mémorial à la mémoire des victimes du ghetto de Varsovie.

Le 7 décembre 1970, en signant le traité de Varsovie, Willy Brandt reconnaît cette frontière orientale – la ligne Oder-Neisse.

Puis, Willy Brandt dépose « une gerbe devant le monument honorant les Juifs  morts pendant le soulèvement du ghetto  de Varsovie  en 1943 ».

Après la signature du traité, le chancelier Willy Brandt « se rend au monument du ghetto de Varsovie pour y déposer une gerbe ». Il « avance lentement vers le monument, son visage est impassible. Il se penche sur la gerbe, en arrange les deux rubans aux couleurs de l’Allemagne. Il recule d’un pas, demeure un instant dans la pose de l’homme d’État recueilli, tel que le protocole le prévoit. Puis, soudainement, il tombe à genoux. Son visage est grave » (Jeanette Konrad).

Ancien bourgmestre gouverneur de Berlin (1957-1966), Willy Brandt « a alors ce geste inattendu et spontané de s'agenouiller » (Kniefall von Warschau, Génuflexion de Varsovie) et de demander pardon aux Polonais, et au monde entier, pour les crimes commis » par les Allemands nazis lors de la Seconde Guerre mondiale, et « plus particulièrement pour ceux commis contre les Juifs ».

Cet agenouillement et cette demande de pardon sont d’autant plus remarquables qu’ils émanent de Willy Brandt, ancien opposant au régime nazi et ancien président du Bundesrat (1957-1958), donc un homme non responsable de ces atrocités commises par le régime nazi. Ce double geste, le chancelier allemand l’effectue au nom de l’Allemagne, alors divisée en une RFA et une RDA (République démocratique allemande) sous orbite soviétique.

Pendant environ une demi-minute, Willy Brandt « demeure dans ce geste de recueillement presque religieux. Puis il se relève et se détourne rapidement ».

« Il s'agenouille, lui, qui n'en a pas besoin pour tous ceux qui devraient le faire mais ne le font pas parce qu'ils n'osent pas ou ne le peuvent pas ». Le « reporter du magazine « Der Spiegel » qui assiste à la scène résume la surprise mais aussi le symbole de ce geste spontané, celui d'un opposant au nazisme qui avait trouvé refuge en Norvège, que certains de ses opposants politiques avaient qualifié de « renégat » comme d'aucuns avaient hué Marlene Dietrich à son retour à Berlin au début des années 60  » (Pascal Thibaut).

Un geste spontané ou mûrement réfléchi ? Willy Brandt déclarera « plus tard qu’il avait su, sur le chemin vers le monument, que « cette fois, ça ne serait pas comme lors d’un dépôt ordinaire de gerbe, juste en inclinant la tête ». Il dira aussi : « J’ai fait ce que font les hommes quand les mots font défaut ». Un geste non exécuté par son prédécesseur, Kurt-Georg Kiesinger (1904-1988), giflé par Beate Klarsfeld, le 7 novembre 1968, qui a alors crié « Kiesinger, Nazi ! Démissionne ! »

« Parmi les photographes officiels, Sven Simon immortalise ce moment de recueillement bouleversant qui fit le tour du monde ».

Si la reconnaissance de cette frontière a été longtemps espérée par les Polonais, l’agenouillement de Willy Brandt a suscité la controverse en RFA. Selon un sondage publié par Der Spiegel, 48% des Allemands interrogés ont considéré que cet agenouillement était exagéré,41% convenable et 11% n’avaient aucune opinion. Dans la Pologne communiste, la modeste mise de genoux allemands à terre rompt avec l’image du « mauvais Allemand », hautain, dédaigneux, cruel.

Cette « image qui fera le tour du monde deviendra le symbole de la réconciliation entre l’Allemagne et la Pologne ».

En 1971, Willy Brandt, ancien journaliste ayant couvert la Guerre d’Espagne, est distingué  le Prix Nobel de la paix « pour avoir contribué au rapprochement avec le bloc de l'Est » (Ostpolitik). Il « a grandi dans un milieu modeste de la ville hanséatique de Lübeck, et dans sa jeunesse est devenu actif au sein de la gauche politique allemande. Il s’est engagé dans le travail illégal contre les Nazis, et a du s’exiler en Norvège en 1933. Là, il a rejoint le Parti travailliste, et a soutenu la campagne pour le Prix de la paix à Ossietzky. Quand Hitler a envahi la Norvège en 1940, il a fui en Suède où, comme journaliste, il a milité pour une Norvège libre et une Allemagne démocratique. Après la guerre, Brandt s’est engagé dans la reconstruction du Parti social démocrate (SPD) d’Allemagne de l’Ouest. Il est devenu Maire de Berlin Ouest, président de parti, et Chancelier. Comme Chancelier fédéral, Brandt a obtenu la signature par l’Allemagne de l’Ouest » du TNP  (Traité de non prolifération nucléaire) le 28 novembre 1969. Il a aussi conclu un accord de non violence avec l’Union soviétique et un accord avec la Pologne qui a entraîné l’acceptation par l’Allemagne des nouvelles frontières nationales en Europe orientale effectives depuis 1945. Ces traités ont servi de bases à l’accord quadripartite sur Berlin qui a facilité les visites de familles dans les deux parties de la ville divisée  » en 1971.

Lors de la cérémonie de remise du Prix Nobel de la Paix, le 11 décembre 1971, Willy Brandt a longuement développé sa vision de la diplomatie allemande, mais sans évoquer son agenouillement devant ce Mémorial.

Le Traité de Varsovie, notamment le tracé des frontières extérieures, est confirmé et complété à Moscou par le traité dit « 2 + 4 » signé le 12 septembre 1990 par la RFA, la RDA, les États-Unis, la France, le Royaume-Uni et l'Union des Républiques socialistes soviétiques (URSS).

REPÈRES

1939. 23 août. Signature du Pacte germano-soviétique. A ce pacte de non-agression entre le IIIe Reiche et l’Union soviétique est ajouté un protocole secret concernant le partage de la Pologne par les cocontractants et l'annexion des pays baltes et de la Bessarabie par l'URSS.
29 août. Ultimatum de l'Allemagne nazie à la Pologne : l'Allemagne nazie réclame la restitution du couloir de Dantzig.
30 août. Mobilisation générale décrétée en Pologne.
31 août. A l’initiative de Reinhard Heydrich, chef de service de sécurité nazi, un commando allemand fomente un prétendu « incident » en attaquant la station radio frontalière de Gleiwitz, en territoire allemand. Et ce, afin d’agresser la Pologne.
Hitler signe la directive no 1 du plan Blanc (Fall Weiss) d'invasion de la Pologne prévue pour le 1er septembre.
5 septembre. Les frontières de la Pologne sont franchies.
17 septembre. L’Armée rouge envahit la partie orientale de la Pologne.
Pour éviter d’être capturés par l’envahisseur nazi, le Président et le gouvernement polonais fuient en Roumanie. Là, sous la pression allemande, les autorités roumaines les internet.
28 septembre. Signature à Moscou d'un traité germano-soviétique de « délimitation et d'amitié » entre Ribbentrop et Molotov, les ministres des Affaires étrangères respectivement du IIIe Reich et de l’Union soviétique.
27 septembre. Varsovie capitule.
28 septembre. Reddition des troupes polonaises encerclées à Modlin.
29 septembre. au terme du Blitzkrieg, l’Allemagne nazie et l’Union soviétique se partagent la Pologne suivant la ligne de démarcation qu’ils avaient fixée.
30 septembre. Élu en 1926, Ignacy Mościcki, Président de la République, transmet sa charge à Władysław Raczkiewicz. Celui-ci nomme le général Władysław Sikorski Premier ministre.
1er octobre. Le gouvernement de celui-ci prête serment.
22 novembre 1939-12 juin 1940. Il séjourne en France où les soldats polonaires combattent.
1940. Juin. Le gouvernement polonais s’installe à Londres (Angleterre).


« Brandt à genoux à Varsovie »
2015, 52 mi,
Sur Arte le 27 décembre 2015 à 3 h 35

A lire sur ce blog :

jeudi 24 décembre 2015

« Les chrétiens d’Orient - Vitalité, souffrances, avenir » de Jean-Michel Cadiot


Vice-président de l’Association d’entraide aux minorités d’Orient (AEMO) et journaliste à l'AFP (Agence France Presse), Jean-Michel Cadiot relate les divisions théologiques du christianisme d'Orient. Il brosse un tableau partial de la condition des Chrétiens d'Orient. 

« La fin des chrétiens d'orient ? », par Didier Martiny 
« Les chrétiens d’Orient - Vitalité, souffrances, avenir » de Jean-Michel Cadiot
« Pourquoi on tue des chrétiens dans le monde aujourd'hui ? La nouvelle christianophobie » par Alexandre del Valle

En cette veille de Noël 2010, quelques mois après le synode à Rome sur des chrétiens d'Orient, alors que les trois églises chrétiennes (catholique, protestante, orthodoxe) et que cent parlementaires français ont signé des appels récents pour interpeler la communauté internationale sur la situation de ces chrétiens, alors que nombre de médias évoquent les persécutions de ces chrétiens qu'ils ont longtemps occultées, ce livre du journaliste Jean-Michel Cadiot offre un récit historique du christianisme, de ses centres (Rome/Byzance), des hérésies, schismes et réconciliations via des conciles ayant marqué l’histoire des églises chrétiennes – catholique, orthodoxe, copte, arménienne, etc. - et un tableau inquiétant, quoique souvent incomplet et partial, de la condition contemporaine de ces fidèles du Christ en Orient.

Une grande diversité
Dès les premiers siècles, le christianisme est divisé par une effervescence théologique - marcionisme, montanisme, manichéisme, etc. - liée à son positionnement par rapport au judaïsme et à ses interrogations fondamentales, notamment : « Qui est Jésus ? Que croyons-nous ? Comment définir la Sainte Trinité ? »

L’avènement et l’expansion de l’islam au VIIe bouleverse la situation géopolitique – jihad, Croisades -, en particulier dans l’espace méditerranéen, et la condition des chrétiens qui sont soumis, comme d’autres non-musulmans (juifs par exemple), au statut cruel et infériorisant de dhimmis.

Au fil des siècles, des églises seront transformées en mosquées, et le nombre de ces chrétiens d’Orient, jadis majoritaires dans de nombreux pays, va considérablement diminuer en raison des conversions forcées, des massacres, des génocides d’Arméniens, de Chaldéens, etc.

En 2009, le nombre de ces chrétiens d’Orient se situerait entre 80 et 120 millions, de l’Ethiopie à l’Irak, via le Soudan, l’Egypte (Coptes), le Liban (Maronites) et l’Arménie, premier pays proclamé chrétien depuis 301, et la Terre sainte.

Des partis pris
Vice-président de l’Association d’entraide aux minorités d’Orient (AEMO), Jean-Michel Cadiot fait montre d’une remarquable érudition.

Cependant, ce journaliste à l’AFP (Agence France Presse) surprend par son évocation trop elliptique des dhimmis chrétiens, son parti pris pro-palestinien et son manque de rigueur.

C’est la dhimmitude, concept forgé par l'essayiste Bat Ye’or, qui explique cette disparition des chrétiens d’Orient. Faute de lui avoir consacré la part qui lui revient dans son livre, Jean-Michel Cadiot brosse un tableau imprécis des chrétiens d’Orient.

L’appel de ces trois églises françaises, qui constituent le Conseil d’églises chrétiennes en France, l’indique clairement en 2010 :
« Le 31 octobre dernier, l’attentat perpétré à l’encontre de chrétiens assemblés dans la cathédrale de Bagdad nous a tous choqués. Cet acte si brutal n’est malheureusement pas un fait isolé. À travers le monde, des chrétiens nombreux de toutes confessions font l’objet d’intimidation, de menaces, d’attaques dans la banalité du quotidien ; d’autres sont écartés de certaines fonctions au seul motif de leur foi. Dans de nombreux pays, ces persécutions ne sont pas uniquement le fait d’individus sectaires, mais sont aussi la conséquence de dispositifs juridiques discriminatoires. Trop souvent des crimes pour motif religieux sont commis dans l’indifférence générale ».
Citons aussi un extrait particulièrement éclairant du livre L’Europe et le spectre du califat de Bat Ye’or :
« Quand en février 2008, l’archevêque chaldéen (rite assyro-catholique) Paulos Faraj Rahho interrompit le payement de la rançon (jizya) en échange de la sécurité de sa communauté, il fut enlevé et son chauffeur tué. Deux semaines plus tard son corps fut retrouvé près de Ninive. On sut alors que tous les chrétiens irakiens devaient obligatoirement payer pour leur sécurité conformément à la loi coranique (Cor. 9, 29). Des années durant l’archevêque Rahho racheta aux insurgés et terroristes musulmans le droit de vivre pour sa communauté par des rançons ruineuses. L’armée américaine ayant renforcé la sécurité, Rahho interrompit ces payements qui obligeaient ses ouailles à s’endetter. Menacé et kidnappé par les terroristes, il supplia ses coreligionnaires de ne pas leur payer la rançon exigée pour sa libération. Son exécution fut un simple fait divers de la dhimmitude. » (p.188)
De plus, la terminologie de Jean-Michel Cadiot s’avère parfois inexacte et anachronique, tel cet usage systématique du mot « Palestine » pour désigner, de l’Antiquité romaine à nos jours, une région dont le périmètre a cependant évolué au fil des siècles ou un Etat qui n'a jamais existé, même pas sous les Ottomans. Le terme « Palestine » a été instrumentalisé dès son origine : après la révolte du patriote Juif Bar Kokhba vaincu par l'empereur romain Hadrien en 135, les Romains veulent détruire en Judée tout souvenir d’histoire juive, y compris les noms de Judée et de Jérusalem. Ils nomment Jérusalem Ælia Capitolina, et, pour désigner ce territoire, ils forgent le terme « Palestine » à partir du mot Philistins, anciens ennemis des Hébreux et disparus (préhistoire). Ce terme « Palestine » suggère à tort que la Palestine a existé comme Etat (souverain).

En outre, cet auteur, qui ne comprend pas la nature du conflit opposant le monde musulman à l’Etat Juif, n’indique pas qu’Israël est le seul pays au Moyen-Orient dont la population chrétienne augmente, essentiellement en raison de l’afflux des chrétiens persécutés par l’Autorité palestinienne trouvant refuge dans l’Etat juif. Et ce n'est pas la diplomatie vaticane qui aidera ces chrétiens d'Orient persécutés.

Les partis pris de Jean-Michel Cadiot l’amènent aussi à multiplier les contrevérités ou à minorer les relations entre le nazisme et le monde musulman ou/et arabe, le terrorisme palestinien, en particulier celui des Palestiniens chrétiens.

Cet auteur n’a pas perçu dans le « palestinisme » un regain, une métamorphose, une résurgence du marcionisme, qui vise à couper le christianisme de ses racines juives et à « palestiniser » Jésus-Christ.

Curieusement, ce livre ne respecte pas une règle basique de typographie : on met une minuscule au début d’un mot désignant les croyants d’une religion (juifs, chrétiens, musulmans), et en majuscule la première lettre du vocable nommant un peuple (Juifs, Arabes). Or, cet ouvrage met une majuscule aux juifs, chrétiens et musulmans.

Manquent enfin à ce livre une chronologie et un index.


ADDENDUM 
En septembre 2013, les islamistes exigent la jizya des Coptes de Dalga, village en Egypte, en Syrie, en Iraq, etc. "Le pays conquis s’intègre au dar al-islam sur lequel s’applique la charîa. Celle-ci détermine en fonction des modalités de la conquête les droits et les devoirs des peuples conquis qui gardent leur religion à condition de payer une capitation mentionnée dans le Coran et donc obligatoire. Le Coran précise que cet impôt dénommé la jizya doit être perçu avec humiliation (Coran, 9, 29)". (Bat Ye'or)

A la demande de la Coordination Chrétiens d’Orient en Danger, le 9 octobre 2013, et à l’initiative de Jean-François Legaret, Claude Goasguen et Vincent Roger, le groupe   UMPPA "a déposé un vœu en commission pour dénoncer les persécutions et soutenir les Chrétiens d’Orient. Ce vœu sera défendu par Jean-François Legaret lors de la séance du Conseil de Paris, les 21 et 22 octobre 2013".

Marie-Hélène Rutschowscaya, ancienne responsable de la section copte au Louvre et conservateur général honoraire du patrimoine, s’alarme le 7 avril 2014 de « l’abandon par le musée du Louvre du projet d’un département regroupant les collections des arts de Byzance et des chrétientés d’Orient  ». Le 7 janvier 2010, le Président Nicolas Sarkozy avait annoncé la création au Louvre d’un « département consacré aux arts des chrétientés d’Orient, des empires byzantins et slaves ». Le 26 novembre 2010, le Conseil d’administration de l’établissement public du musée du Louvre alors présidé par Henri Loyrette avait approuvé « la création du département des Arts de Byzance et des chrétientés d’Orient ». Une décision conforme au contrat de performance du Louvre (2006-2008) et à l’élargissement de l’Union européenne à des pays d’Europe orientale et méridionale. Le 15 avril 2013, en accord avec le ministère de la Culture, Jean-Luc Martinez, nouveau président du Louvre, a annulé  ce projet d’un IXe département du Louvre qui aurait été implanté dans les anciennes salles des arts de l’islam. Marie-Hélène Rutschowscaya déplore que la « France ait une politique culturelle trop frileuse envers des pays profondément marqués par le christianisme oriental d’époques byzantine et post-byzantine que notre Moyen Âge occidental a reçu en héritage ? Les événements dramatiques que nous connaissons actuellement au Proche-Orient et en Europe de l’Est devraient nous inciter à être plus attentifs et à développer des liens culturels pérennes ». A l’initiative exprimée en 2003 par le Président Jacques Chirac, le Louvre s’était doté d’un nouveau département des arts de l’islam.

Soeur Raghida, docteur en sciences de l’éducation, a décrit sur Radio Vatican, le 18 avril 2014,  la situation tragique des  chrétiens syriens victimes des islamistes qui leur intime de se  convertir à l'islam, de payer une rançon ou  les tuent "d’une façon extrêmement inhumaine, d’une extrême violence qui n’a pas de nom". Les islamistes crucifient les chrétiens refusant de dire la chahada, et à Abra (banlieue de Damas), au "fur et à mesure où on entrait dans la ville, on commençait à tuer les hommes, les femmes et les enfants. Et après le massacre, on prenait les têtes et on jouait au foot avec leurs têtes. En ce qui concerne les femmes, on prenait leurs bébés et on les accrochaient aux arbres avec leurs cordons ombilicaux".

Mossoul, deuxième ville d'Irak, a été vidée de ses 35 000 chrétiens spoliés de leurs biens et dépossédés de leurs papiers d'identité : ceux-ci avaient été sommés de choisir avant le 19 juillet 2014 "l’une des trois conditions imposées par le nouveau calife, dans la province de Ninive, Abou Bakr al Baghdadi, chef de l’EIIL (État islamique d’Irak et du Levant (EIIL), appelé désormais État islamique) : se convertir à l’islam, accepter le statut de dhimmi, ou en cas du refus du premier ou du second, ils seront exécutés par l’épée. Un nettoyage religieux sans grande indignation médiatique et politique. Valérie Boyer, député UMP, a interrogé ce jour le gouvernement sur ce "massacre annoncé" et exhortait à ce que "le silence de la France ne soit pas complice de ce drame". Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, a répondu : "il est capital qu'on puisse empêcher la partition irakienne". Il a affirmé le "soutien de la France à toutes les minorités d'Orient". Le 24 juillet 2014, l'ONU a indiqué « qu'une vingtaine de familles chrétiennes » sont demeurées à Mossoul, soutenues par des ONG telles que Caritas. Certaines de ces familles se sont converties à l'islam, les autres ont préféré payer l'amende imposée par l'Etat Islamique (EI).


Le 21 décembre 2014, le pape François (Franciscus) a écrit  une lettre  aux chrétiens  du Moyen-Orient. Le Saint-Père  les a exhortés  au dialogue interreligieux, les a encouragés à demeurer dans leurs pays auxquels ils ont tant contribué, a dénoncé sans le nommer l’Etat islamique, a déploré les persécutions dont ils sont victimes :
« L’affliction et la tribulation n’ont malheureusement pas manqué dans un passé même récent du Moyen-Orient. Elles se sont aggravées ces derniers mois à cause des conflits qui tourmentent la région, mais surtout du fait d’une plus récente et préoccupante organisation terroriste, de dimensions autrefois inimaginables, qui commet toutes sortes d’abus et de pratiques indignes de l’homme, en frappant de manière particulière certains d’entre vous qui ont été chassés de façon brutale de leurs propres terres, où les chrétiens sont présents depuis les temps apostoliques. En m’adressant à vous, je ne peux pas oublier non plus d’autres groupes religieux et ethniques qui subissent également la persécution et les conséquences de ces conflits… A tous, je veux exprimer ma proximité et ma solidarité ainsi que celles de l’Église, et offrir une parole de consolation et d’espérance. Chers frères et sœurs, qui avec courage rendez témoignage à Jésus en votre terre bénie par le Seigneur, notre consolation et notre espérance c’est le Christ lui-même… Je demande à Dieu que tant de souffrance unie à la croix du Seigneur donne de bons fruits pour l’Église et pour les peuples du Moyen-Orient. milieu des inimitiés et des conflits, la communion vécue entre vous en fraternité et simplicité est signe du Royaume de Dieu. Je suis heureux des bonnes relations et de la collaboration entre les Patriarches des Églises Orientales catholiques et ceux des Églises Orthodoxes ; comme aussi entre les fidèles des diverses Églises. Les souffrances endurées par les chrétiens apportent une contribution inestimable à la cause de l’unité. C’est l’œcuménisme du sang, qui demande un abandon confiant à l’action de l’Esprit Saint… Puissiez-vous toujours rendre témoignage à Jésus à travers les difficultés ! Votre présence même est précieuse pour le Moyen-Orient. Vous êtes un petit troupeau, mais avec une grande responsabilité en cette terre, où est né et où s’est répandu le christianisme… Votre effort pour collaborer avec des personnes d’autres religions, avec les juifs et avec les musulmans, est un autre signe du Royaume de Dieu. Le dialogue interreligieux est d’autant plus nécessaire que la situation est plus difficile. Il n’y a pas d’autre voie. Le dialogue fondé sur une attitude d’ouverture, dans la vérité et dans l’amour, est aussi le meilleur antidote à la tentation du fondamentalisme religieux, qui est une menace pour les croyants de toutes les religions. Le dialogue est en même temps un service à la justice et une condition nécessaire pour la paix tant désirée… La plupart d’entre vous vit dans un milieu à majorité musulmane. Vous pouvez aider vos concitoyens musulmans à présenter avec discernement une image plus authentique de l’Islam, comme le veulent beaucoup d’entre eux, lesquels répètent que l’Islam est une religion de paix qui peut s’accommoder du respect des droits humains et favoriser la cohabitation entre tous. Ce sera un bien pour eux et pour la société tout entière. La situation dramatique que vivent nos frères chrétiens en Irak, mais aussi les yazidis et les membres d’autres communautés religieuses et ethniques, exige une prise de position claire et courageuse de la part de tous les responsables religieux, pour condamner de façon unanime et sans aucune ambigüité ces crimes et dénoncer la pratique d’invoquer la religion pour les justifier… Bien-aimés, presque tous, vous êtes des citoyens natifs de vos pays et vous avez pour cela le devoir et le droit de participer pleinement à la vie et à la croissance de votre nation. Dans la région, vous êtes appelés à être artisans de paix, de réconciliation et de développement, à promouvoir le dialogue, à construire des ponts, selon l’esprit des Béatitudes (cf. Mt 5, 3-12), à proclamer l’Évangile de la paix, ouverts à une collaboration avec toutes les autorités nationales et internationales… Je désire vous exprimer de manière particulière mon estime et ma gratitude, très chers frères Patriarches, Évêques, Prêtres, Religieux et sœurs Religieuses, qui accompagnez avec sollicitude le chemin de vos communautés… A vous, jeunes, j’envoie une accolade paternelle. Je prie pour votre foi, pour votre croissance humaine et chrétienne, et pour que vos meilleurs projets puissent se réaliser. Et je vous le répète : « N’ayez pas peur ni honte d’être chrétiens. La relation avec Jésus vous rendra disponibles pour collaborer sans réserve avec vos concitoyens, quelle que soit leur appartenance religieuse » (Exhort. ap. Ecclesia in Medio Oriente, n. 63). A vous, personnes âgées, je fais parvenir mes sentiments d’estime… Je voudrais encourager tous ceux d’entre vous qui œuvrent dans les domaines très importants de la charité et de l’éducation…Bien-aimés, même si vous êtes peu numériquement, vous êtes protagonistes de la vie de l’Église et des pays dans lesquels vous vivez. Toute l’Église vous est proche et vous soutient, avec grande affection et estime pour vos communautés et votre mission. Nous continuerons à vous aider par la prière et avec les autres moyens disponibles. En même temps, je continue à exhorter la communauté internationale à répondre à vos besoins et à ceux des autres minorités qui souffrent ; en premier lieu, en promouvant la paix à travers la négociation et le travail diplomatique, en cherchant à contenir et arrêter le plus tôt possible la violence qui a causé déjà trop de dégâts. Je réitère la plus ferme condamnation des trafics d’armes. Nous avons plutôt besoin de projets et d’initiatives de paix, pour promouvoir une solution globale aux problèmes de la région. Pendant combien de temps le Moyen-Orient devra- t-il encore souffrir à cause du manque de paix ? Nous ne pouvons pas nous résigner aux conflits comme si un changement n’était pas possible ! Dans le sillage de mon pèlerinage en Terre Sainte et de la rencontre de prière qui s’en est suivie, au Vatican, avec les Présidents israélien et palestinien, je vous invite à continuer de prier pour la paix au Moyen-Orient. Que celui qui a été contraint à laisser ses propres terres, puisse y retourner et y vivre dans la dignité et dans la sécurité. Puisse l’assistance humanitaire s’accroître, en mettant toujours au centre le bien de la personne et de chaque pays dans le respect de sa propre identité, sans faire passer avant d’autres intérêts. Que l’Église tout entière et la communauté internationale deviennent toujours plus conscientes de l’importance de votre présence dans la région. Chères sœurs et chers frères chrétiens du Moyen-Orient, vous avez une grande responsabilité et vous n’êtes pas seuls à l’affronter. C’est pourquoi, j’ai voulu vous écrire pour vous encourager et pour vous dire combien votre présence et votre mission sont précieuses en cette terre bénie par le Seigneur. Votre témoignage me fait beaucoup de bien. Merci ! Chaque jour, je prie pour vous et à vos intentions ».
 Député de Paris et Maire du XVIe arrondissement de Paris, Claude Goasguen a invité à la "manifestation de mobilisation et de soutien pour les Chrétiens d'Orient sur le parvis de la mairie du XVIe arrondissement de Paris" le 20 mai 2015 à 18 h.

"Dans plusieurs diocèses, les cloches sonneront dans toutes les églises le samedi 15 août 2015. Les évêques ont appelé leurs fidèles à se rassembler sur les parvis de leurs églises à midi, pour manifester leur soutien fraternel aux chrétiens d’Orient en proie à des persécutions dans leurs pays à cause de leur foi".

La Coordination des chrétiens d’Orient en danger (CHREDO) "salue l'initiative des églises catholiques de France qui a pris une ampleur nationale, suivie par les diocèses de plusieurs pays (Belgique, Canada, Espagne, Luxembourg, Suisse...) Celles de Notre-Dame de Paris apporteront aux chrétiens d'orient une symbolique forte. La CHREDO apprécie ces initiatives mais demande qu'elles soient suivies par des actes concrets pour leur retour à leurs pays et leurs maisons, et le maintien des chrétiens d'orient dans leurs pays d'origine. Des centaines de milliers des chrétiens d'orient résident en France. Près de de 150 000 Coptes d'Egypte , 100 000 Libanais  dont 85 000 Maronites, 16 000 Chaldéens dont 3 000 Irakiens regroupés dans trois paroisses (Notre Dame de Chaldée à Paris, Saint -Ephrem à Lyon et Notre Dame de Chaldée à Marseille), et près de 3 000 Syriens". 

Jean-Michel Cadiot, Les chrétiens d’Orient – Vitalité, souffrances, avenir. Ed. Salvator, 2010. 350 pages. ISBN : 9782706707827

Cet article a été publié le 24 décembre 2010, puis les 10 septembre, 11 octobre et 25 décembre 2013, 8 et 20 avril, 23 juillet et 24 décembre 2014, 19 mai et 14 août 2015.

samedi 19 décembre 2015

Judy Garland (1922-1969)


Arte diffusera les 19 et 21 décembre 2015, dans le cadre de la série Too Young to Die (Trop jeune pour mourir), « Judy Garland. Le crépuscule de l’arc-en-ciel », documentaire d’Annette Baumeister et de Jobst Knigge. Actrice oscarisée, chanteuse, danseuse, Judy Garland (1922-1969) devient une star par son rôle dans Le magicien d’Oz (1939). Elle enchaîne des comédies musicales et dramatiques, surmonte les aléas de sa carrière et de sa vie personnelle – quatre divorces -, mais non ses dépendances à l’alcool.
« Actrice oscarisée et chanteuse ovationnée, l’enfant de la balle Judy Garland (1922-1969) ne connut pas le même succès dans sa vie privée : alcoolisme, pharmacodépendance, dépression chronique, mais aussi ennuis financiers et rien moins que quatre divorces ». 

A Star is Born
Frances Ethel Gumm est née en 1922 dans une famille d’acteurs, à Grand Rapids.

Dès l’âge de trois ans, cette enfant de la balle débute en chantant Jingle Bells, et intègre les « Gumm Sisters » sous la houlette de sa mère pianiste.

A la suite de rumeurs liées au père homosexuel de Frances, la famille s'installe à Lancaster. Judy Garland décrit sa mère comme une "stage manager tyrannique" et "sans talent".

Lors de l’Exposition universelle de Chicago, le groupe est repéré en 1934 par la vedette Georges Jessel qui incite Frances à adopter le nom de Garland. En 1935, Frances choisit le prénom de Judy.

Un talent scout de Hollywood remarque Judy Garland. Soutenue par l’agent artistique Al Rosen et Joseph L. Mankiewicz, Judy Garland signe en 1935 un contrat avec la Metro Goldwyn Mayer (MGM), un des principaux studios américain, après une audition avec Louis B. Mayer. Elle suit une scolarité d’enfant-artiste en ayant pour condisciples Mickey Rooney, Lana Turner, Freddie Bartholomew et Deanna Durbin. La mort de son père adoré, à la suite d'une méningite, la marque.

Judy Garland apparaît en 1936 dans un court métrage.

C’est dans un film de la 20th Century Fox qu’elle tourne son premier long métrage Pigskin Parade.

Dans The Broadway Melody of 1938, elle chante Dear Mr Gable face à un cliché de Clark Gable.

En 1939, elle incarne Dorothy dans Le magicien d’Oz, film populaire de Victor Fleming, dans lequel elle interprète « Over the rainbow », chanson distinguée par l’Oscar. Un rôle où cette adolescente de 17 ans joue le rôle d’une enfant - sa poitrine est comprimée par des bandes -, et qui lui vaut l’Oscar de la meilleure des jeunes actrices de l’année.

En cette période de crise économique, elle forme un duo avec Mickey Rooney dans des comédies musicales à succès. Neuf films consacrent le couple d’amis : Thoroughbreds Don't Cry, Place au rythme, En avant la musique, Débuts à Broadway, de Busby Berkeley et Girl Crazy et Ma vie est une chanson (1948) de Norman Taurog.

De petite taille - 1,51 m -, Judy Garland doit garder la ligne. Pour contrer sa propension à grossir, elle débute une addiction aux médicaments. Sous la pression des studios, elle consomme des amphétamines, et pour dormir cette insomniaque prend des barbituriques. Cette éternelle amoureuse, souvent d'homosexuels, souffre aussi de ne pas correspondre aux canons de beauté.

En 1941, malgré l’opposition de Louis B. Mayer et de sa mère, elle épouse David Rose, acteur et compositeur américain. Sa mère et son mari la convainquent d'avorter. Le couple divorce en 1944.

Judy Garland joue, chante et danse dans des comédies musicales de la MGM : La Danseuse des Folies Ziegfeld, Lily Mars vedette, Girl Crazy, For Me and My Gal (1942) de Busby Berkely avec Gene Kelly, Parade aux étoiles, Le Chant du Missouri (Meet Me in St. Louis, 1944) de Vincente Minnelli, Parade de printemps, Ziegfield Follies (1946), Le Pirate (1948). De nombreux chefs d’œuvres de l'âge d'or de la comédie musicale produits par la « Freed Unit », unité du maître de la comédie musicale MGM, Arthur Freed.

En 1945, Judy Garland épouse Vincente Minnelli qui la décrit comme un "petit faon dans la forêt". Le couple a une fille née en 1945, Liza.

La santé vacillante de Judy Garland perturbe les tournages, lui fait décliner des rôles.

Une fois le tournage de Summer Stock (La Vallée heureuse, La Jolie fermière) terminé, le producteur Joe Pasternak et le réalisateur Charles Walters ajoutent un numéro musical avec une Judy Garland éblouissante et interprétant Get Happy.

En 1950, la MGM met un terme à son contrat. Dépressive, Judy Garland tente de se suicider.

En 1951, divorcée de Vincente Minnelli, elle épouse le producteur Juif américain Sidney Luft avec qui elle a deux enfants, Lorna, puis Joseph. Sidney Luft relance sa carrière en organisant des récitals au Palladium de Londres. Succès pendant un mois.

Le Palace Theatre de New York accueille Judy Garland. Triomphe pendant dix-neuf semaines.

A Hollywood, Sidney Luft produit en 1954 pour la Warner Bros A Star is born (Une étoile est née), de George Cukor, avec James Mason. Le remake d’un film de William A. Wellman (1937). Malgré les coupes du studio, le film rencontre un succès critique et public. Judy Garland est sélectionnée pour l’Oscar de la meilleure actrice qui est remis à... Grace Kelly. Cruauté : une caméra filmait Judy Garland dans sa chambre d'hôpital où elle venait d'accoucher.

En 1955, Judy Garland débute dans la télévision naissante. CBS lui offre un show dans lequel elle invite ses amis Frank Sinatra, Dean Martin.

"J'ai passé des années à essayer de plaire en chantant ou en jouant la comédie", a déploré Judy Garland, dont le mari Sidney Luft, qu'elle décrit comme égocentrique, gaspille l'argent dans les courses de chevaux.

Judy Garland enchaîne les tournages de films dramatiques ou musicaux : A Child Is Waiting (Un enfant attend, 1963) de John Cassavetes, avec Burt Lancaster, I Could Go on Singing (1963) de Ronald Neame avec Dirk Bogarde. Elle est sélectionnée pour l’Oscar du meilleur second rôle dans Jugement à Nuremberg de Stanley Kramer,

Parmi ses concerts, celui mémorable au Carnegie Hall en 1961. La vente de l’album de cette prestation artistique génère une million de dollars de recettes.

En 1963, son émission télévisée The Judy Garland Show ne peut rivaliser avec la série Bonanza. Elle ne dure qu'un an.

En 1964, Judy Garland divorce de Sidney Luft, et épouse l’acteur Mark Herron, dont elle divorce en découvrant son homosexualité.

Cinq ans plus tard, elle épouse Mickey Deans, producteur de disques.

Judy Garland meurt le 22 juin 1969 à Londres d’une overdose de barbituriques, à l’âge de 47 ans.

Liza Minnelli a dit de sa mère que celle-ci "était une fleur qui s'était fanée et était morte".

"Ce que je garde de ma mère ? C'est sa façon de toujours essayer d'être heureuse", se souvient avec pudeur et tendresse Joey Luft.

L'American Film Institute a désigné Judy Garland comme la huitième plus grande star féminine de l'Age d'or de Hollywood.

Le Grammy Lifetime Achievement Award lui est remis à titre posthume en 1997 pour une carrière riche de « trente-deux longs métrages, cinq cents émissions, plus de mille concerts, cent singles et une douzaine d’albums ».

La chanson "Over the Rainbow" a été inscrite n° 1 dans la liste des chansons de films de tous les temps par "100 Years... 100 Songs" de l'American Film Institute. Quatre autres titres interprétés par Judy Garland figurent sur cette liste : "Have Yourself a Merry Little Christmas" (n°76), "Get Happy" (n°61), "The Trolley Song" (n°26), et "The Man That Got Away" (n°11).

La Poste américaine a choisi Judy Garland pour figurer dans deux timbres : le premier en 1989 (rôle de Dorothy) et en 2006 (visage de Vicki Lester d'A Star Is Born).

« Annette Baumeister et Jobst Knigge retracent la carrière de la star américaine, qui continue d’inspirer de multiples artistes, dont le chanteur canadien Rufus Wainwright, qui lui a consacré un spectacle. Le fils de l’actrice, Joey Luft, témoigne également dans ce film ».

Fille de Judy Garland et de Sidney Luft, l’actrice et chanteuse Lorna Luft est apparue lors de Judy Garland Shows, et a chanté en duo avec sa mère.  Elle confié à Jewish News le 26 novembre 2014, avant son récital dans un cabaret londonien : « Mon père n’était pas très religieux. Mes parents nous ont encouragés à accepter tout dans leur religion. Aussi, j’ai aimé célébrer à la fois Noël et Hanoucca… Ma grand-mère Léonora est venue de Russie en Amérique, et nous a enseigné le judaïsme, notamment la cuisine. Elle pouvait cuisiner pendant toute une journée. Le chou farci, les latkes et la soupe de poulet… Toutes les recettes, elle me les a transmises. En fait, quand quelqu’un est malade, je lui amène de la soupe de poulet, la pénicilline Juive à son top niveau ». 

De son premier mariage avec le musicien de rock né en Israël Jake Hooker (1953-2014), Lorna Luft a eu deux enfants, Jesse et Vanessa : « J’ai toujours encouragé les enfants à aller aux bar-mitzvas de leurs amis, et ils s’y sont beaucoup amusés. J’aime la culture juive et je me suis rendue à plusieurs reprises en Israël ».


« Judy Garland. Le crépuscule de l’arc-en-ciel », documentaire d’Annette Baumeister et de Jobst Knigge
ZDF, 2014, 53 min
Sur Arte les 19 décembre à 22 h 40 et 21 décembre 2015 à 15 h 40

Visuels :
© Royal Rainbow Productions LLC et © Brendan Uffelmann

Articles sur ce blog concernant :
Les citations sont d'Arte.