mercredi 28 octobre 2015

Joanna Flatau, peintre



Née à Varsovie (Pologne), Joanna Flatau est une artiste peintre figurative, graphiste installée à Paris depuis 1971. Ancienne coopérative viticole de Montolieu, la Coopérative-Collection Cérès Franco - Cérès  Franco était une « historienne de l’art, commissaire d’expositions", directrice fondatrice de la galerie L’œil de Bœuf-Paris, "femme érudite, dotée d'une forte personnalité » - présente une exposition inaugurale collective « En Grand Format », avec notamment des tableaux de Joanna Flatau.


Adolescente, elle se destine à devenir réalisatrice. « Vous avez 17 ans. Il faut vivre pour être metteur en scène. Suivez d’autres études, par exemple l’histoire de l’art », lui conseille le directeur de l’Ecole de cinéma de Lodz.

Joanna Flatau accompagne son père chez un ami peintre qui lui demande, pour déterminer si elle a du talent, de dessiner une bouilloire. Elle réussit ce test. Elle s’oriente donc vers le dessin. Elle entre dans l’atelier de Henryk Tomaszewski, affichiste renommé plein d’humour, et suit des cours de peinture.

Diplômée d’histoire de l’art de l’Université et de l’Académie des Beaux-Arts de Varsovie en 1969, elle commence une carrière de graphiste.

En 1971, elle rejoint à Paris sa grand-tante, une des premières étudiantes en physique, une chercheur auprès de Marie Curie, et son époux, professeur de physique à la Sorbonne.

Elle travaille comme graphiste pour des livres, affiches de cinéma, etc.

13 décembre 1981, le général Jaruzelski proclame l'état de guerre en Pologne. Joanna Flatau participe à une exposition de solidarité avec ses compatriotes intitulée « Banque d’images pour la Pologne ». Elle peint des pastels dont elle aime le contact, le côté tendre de la matière, la subtilité des coloris et l’immédiatement du travail. Cette première expérience picturale marque le tournant artistique de sa vie.

Si elle rêve d’abstraction – « En Pologne, l’abstraction était interdite », se souvient-elle -, elle demeure figurative. Elle évolue vers des acryliques mais songe à retourner vers des pastels.

Se succèdent des séries sombres – pastels sur fond noir avec nuances de beige – dont « L’Avenir », un pastel montrant un couple de personnes âgées se serrant l’un contre l’autre, est sélectionné au Musée d’art moderne, les œuvres inspirées de ses lectures des textes de « Freud ».

Puis, ce sont des « Portraits imaginaires », « Les gens d’ici », noirs sur des fonds beiges, jeu entre l’ombre et la lumière, « L’Opéra ».

Joanna Flatau alterne le noir – « la plus belle des couleurs. On peut voir toutes les couleurs dans le noir » - et les couleurs, « Apparitions », puis des encres (sépia, brun), brut de noir.

Elle expose en Pologne, Grande-Bretagne, France et Suisse. Ses œuvres font partie de la collection du Fonds National d’Art Contemporain, de la Collection Cérès Franco et de plusieurs collections privées.


En 2003, c’est sa deuxième exposition individuelle intitulée Entre Noir et blanc 2 dans la galerie Idée d’artistes du Marais (Paris), après celle intitulée « Tombées des nues » (automne 2002) où elle y avait montré d’étranges femmes nues.

« Joanna Flatau ne cesse de chercher la face cachée des choses qu’elle donne à voir au travers de sa création. C’est avec le papier pelure d’ognons, l’aquarelle et quelques rehauts de pastels gras que l’artiste commence en 2001 une série intitulée « Tombée des nues » dont l’unique sujet est la face et le torse nu de la femme. Une autre série, « Apparitions », réalisée avec une palette de couleurs plus restreinte - bruns, ocres, beiges - met en scène des anges. Androgynes comme il se doit, à quelques exceptions près (certains sont représentés avec des seins), ces personnages, qui ont marqué si fortement l’histoire de l’art, réapparaissent ici sous une allure insoupçonnée. Avec leurs yeux en forme d’amande, certains d’entre eux rappellent les icônes de l’art byzantin tout en gardant leur singularité. Femmes et anges étaient réunis à la galerie Idées d’artistes donnant à voir une expression picturale inouïe », a écrit Jacqueline Roche-Mérédith.

Autres créations de Joanna Flatau : des papiers de sa série « Les Apparitions » (2002-2003).

Le style de cette artiste est suggestif, figuratif, fin, léger, et allie collages de pages de livres, dessins à l’encre de Chine, et juxtapositions de couleurs chaudes : rouille, marrons, etc.

Les thèmes de certaines œuvres ? Solitude, misère d’êtres, « petites joies ».

Un art évoquant un expressionnisme sombre, tragique.

« Ce qui m’intéresse le plus dans le corps, c’est l’esprit »

« Ce qui m’intéresse le plus dans le corps, c’est l’esprit. Cela ne m’intéresse pas de faire des portraits en soi. Je cherche à montrer la vie intérieure de mes personnages. Ma seule ambition, c’est de transmettre de l’émotion », a expliqué l’artiste.

En 2004, Joanna Flatau a ouvert la Saison polonaise en France (« Nowa Polska ») à la galerie Idées d’artistes avec l’exposition « Tête-à-tête », soit une vingtaine de techniques mixtes.

« Depuis bien longtemps Joanna Flatau n’en fait qu’à sa tête. Elle nous revient avec une nouvelle série de têtes, des belles, des moches, des vieilles, des mortes, des rupestres, parfois langoureuses, parfois amoureuses, souvent tendres. Mais, dans leurs têtes toutes ces têtes grincent. Pourquoi ? On pourrait les croire sociables toutes ces têtes ? Mais vite leur image se brouille et il ne reste que l’envers de la tête. Tête-à-tête immobile, impossible, la conversation s’étiole… Où Joanna Flatau va-t-elle donc chercher toutes ces têtes ? Dans sa tête justement, dans sa petite tête agile, perspicace, qui décide de pénétrer dans la tête des autres et qui parfois s’y retrouve ou s’y égare. Mais qu’importe, toutes ces têtes, petites ou grandes, sont là et nous renvoient à nos têtes à nous », précise cette galerie.


Sujets principaux de ces œuvres expressionnistes sombres : des têtes, des portraits de coquettes, des masques, des femmes sexy au regard triste. Joanna Flatau peint avec énergie, directement sur la toile, sans se soucier de rendre délicat son trait. Elle commence avec des œuvres colorées, vives, pures, et affectionne le noir. Les pigments humanisent les acryliques. Tout est mat avec un peu de doré. Elle rend hommage aux femmes de Goya.

Des crânes souriants. La magie égyptienne. Une danse de vie autour de la mort. Une ronde de bêtes autour du crâne sur fond violet. Des coquettes dont la frivolité se révèle par des colifichets, des boucles d’oreilles qui signent aussi leur suffisance. Un clin d’œil de vanité. Des regards pensifs, interrogatifs, soulignés de noir et blanc. Des fonds gris-vert ou violet. Les béliers ? Des symboles de renaissance, de renouvellement de la vie.

En 2012, la Galerie Roi doré a présenté l’exposition éponyme, « Etats d’âme », de Joanna Flatau. Une œuvre centrée sur les visages d’êtres humains seuls. Une création picturale scrutant la vérité humaine.


« Historienne de l'art, commissaire d'expositions, galeriste, femme érudite, dotée d'une forte personnalité, Cérès Franco  a consacré près de 25 ans dans sa galerie L’œil de Bœuf-Paris, à découvrir et à promouvoir des artistes dont les œuvres allaient à l'encontre des tendances de son époque » : Pouget, Rustin Nitkowski, Michel Macréau, Grinberg, Chaïbia, Corneille, Hadad, Kabakov, Komet, Lucebert, Paella Chimicos, Christine Sefolosha, etc. Elle a aussi constitué « une collection audacieuse d'environ 1500 œuvres », présentée pendant plus de vingt ans dans le village de Lagrasse (Aude), et désormais au musée des Beaux-arts de Carcassonne. La dernière section de l'exposition réunit des photos d'ambiance de la collection et quelques portraits de Cérès Franco réalisés par ses amis artistes : Roland Cabot, Danubio, Joanna Flatau, Mao, Roman Cieslewicz, Jean-Louis Bilweis, Jaber, G. G. Netto... Des « portraits qui attestent des liens d'amitié forts et des échanges complices et fructueux de ces passionnés de l'art ». 

Le 25 juin 2014, le conseil municipal de Carcassonne récemment élu a informé Dominique Polad-Hardouin, galeriste et fille de Cérès Franco, qu'elle annulait "le Parcours d'art contemporain 2014 consacré aux œuvres du fonds Franco et refusait la donation de 1 500 œuvres d'art brut, naïf et populaire patiemment rassemblées pendant des décennies par la collectionneuse et galeriste brésilienne. Un cadeau évalué à 4 millions d'euros". « Le premier argument a été économique : les finances sont exsangues. Le second est que ces œuvres ne les intéressent pas. Leur projet culturel consiste à mettre en valeur les réserves du musée des Beaux-Arts », a expliqué Dominique Polad-Hardouin.
  
Réhabilitée en 2008 en centre d’art, l’ancienne coopérative viticole de Montolieu accueille et présente la Collection Cérès Franco. Son but : "présenter de manière permanente le fonds de la collection et organiser des expositions temporaires en résonance avec ce fonds et d’engager un dialogue avec d’autres artistes de la scène internationale. L’ensemble de ses activités s’inscrira aussi dans la dynamique culturelle de Montolieu Village du Livre et en liaison avec la Fabrique des Arts de Carcassonne Agglo. La création de « La Coopérative-Collection Cérès Franco » est le fruit d’une amitié entre Henri Foch, le nouveau propriétaire du lieu, Cérès Franco et sa fille Dominique Polad-Hardouin. Ils se sont regroupés au sein de l’Association pour la Valorisation de la Collection Cérès Franco (AVCCF) qui s’est rapprochée de Carcassonne Agglo pour constituer un partenariat public-privé dans la durée et qui devrait conduire - à terme - à la donation du bâtiment et d’une partie significative de la collection".

L'exposition inaugurale  « En Grand Format » permet de découvrir sur près de 1000 m², près de 500 œuvres de 80 artistes, pièces emblématiques de la Collection Cérès Franco. Dans leur grande diversité l’œuvre de tous ces artistes forme un tout. Ils dialoguent et sont témoins d’une époque".

« Joanna Flatau, Tête à tête ». Galerie Idées d’artistes, 2004.


Jusqu'au 31 octobre 2015
Route d’Alzonne 
11170 Montolieu
Tél :  + 33 (0)4 68 76 12 54


Du mardi au dimanche de 14 h à 19 h

Du 28 septembre 2013 au 28 septembre 2014
Au
musée des Beaux-arts de Carcassonne
1, rue de Verdun, 11000 Carcassonne
Tél. : 04 68 77 73 70
Du 15 septembre au 15 juin, du mardi au samedi, de 10 h à 12 h et de 14 h à 18 h et le premier dimanche du mois de 14 h 30 à 17 h 30. Fermé les dimanches, lundi et jours fériés.
Du 15 juin au 15 septembre, tous les jours de 10 h à 18 h. Fermé les jours fériés.
Vernissage le 27 septembre 2013

Jusqu’au 14 avril 2012
6, rue Sainte Anastase, 75003 Paris
Tél. : + 33 1 42 78 54 42
Du mardi au vendredi de 12 h à 19 h. Samedi de 13 h à 20 h. Dimanche sur rendez-vous
Finissage le samedi 14 avril 2012 de 18 h à 21 h

Visuels : Copyright Galerie Roi doré
Affiche
« Amy »
Technique mixte sur toile
100 x 80 cm
2012

« Rictus »
Technique mixte sur toile
130 x 97 cm
2012

« Divine »
Technique mixte sur toile
146 x 114 cm
1990

« L'attente »
 Technique mixte sur toile
146 x 114 cm
 2012
 
Articles sur ce blog concernant :

Cet article a été publié pour la première fois le 3 avril 2012, puis les 25 septembre 2013 et 21 septembre 2014. Il avait été publié en une version plus concise par Actualité juive. Il  a été modifié le 24 septembre 2013

mardi 27 octobre 2015

Abraham Hadad, peintre



Né en Irak, ayant fait son aliyah, Abraham Hadad est un peintre figuratif  et professeur retraité de l'Ecole des Beaux-arts de ParisAncienne coopérative viticole de Montolieu, la Coopérative-Collection Cérès Franco - Cérès  Franco était une « historienne de l’art, commissaire d’expositions", directrice fondatrice de la galerie L’œil de Bœuf-Paris, "femme érudite, dotée d'une forte personnalité » - présente une exposition inaugurale collective « En Grand Format », avec notamment des tableaux d'Abraham Hadad.


« Je travaille lentement. Il me faut du temps pour terminer une toile », nous confie cet artiste. Comme pour s'excuser.

La découverte du sujet
Abraham Hadad est né en 1937 dans une famille bourgeoise Juive de Bagdad (Irak).

Les persécutions antisémites – attentats, dénaturalisations, spoliations, etc. - contraignent la communauté juive irakienne, éprouvée par le farhud (pogrom en 1941) à l’exil rapide et massif .

En 1951, comme tant d’autres, la famille d’Abraham Hadad s’installe en Israël où elle doit surmonter les conditions de vie difficiles.

Abraham Hadad étudie à l’école israélienne des Beaux-arts à Tel-Aviv où ses professeurs, notamment Shtraichman et Stematsky, lui transmettent leur goût pour l’abstraction lyrique.

Ce dessinateur industriel découvre en 1965, dans les musée européens et avec ravissement « le sujet », les miniatures à Bagdad au XIIe siècle, les icônes orthodoxes, des arts « dont il ne soupçonnait pas l’existence ». Prévu pour durer un an, son séjour à Paris a perduré.

De 1977 à 2004, Abraham Hadad enseigne la lithographie, puis la peinture à l’Ecole des Beaux-arts de Paris.

« Longtemps après, je me suis rendu compte que mon art était nourri de l’abstrait pratiqué dans ma jeunesse », nous confie Abraham Hadad qui souligne « la douceur, l’humanité » de ses peintures.

Il pense que, ne maîtrisant aucune langue – il a presque oublié sa langue maternelle, l’arabe, et a appris l’hébreu, puis le français -, il s’est « rabattu sur la peinture » où il peut le mieux s’exprimer. Une « langue internationale ».

La simplicité
« Je me compare à un conteur qui raconte toujours la même histoire, d'une façon à chaque fois différente. C'est la  même histoire et ce n'est pas la même chose », résume Abraham Hadad.

Ses thèmes ? « Des hommes, des femmes, des enfants, un animal domestique, un intérieur, le paysage environnant. La fenêtre donne sur l’extérieur, nous précise Abraham Hadad qui prise la simplicité. « Moins le sujet est compliqué », et plus il peut « aller loin dans le travail… L’essentiel, c’est comment on fait les choses. On me dit, pas au sens littéral : « Tu fais ton autoportrait ». Nous faisons ce que nous connaissons le mieux, ce qui nous concerne ».

Ses œuvres représentent souvent des couples, des familles sages et heureuses (La jeune famille), des femmes nues (Fillette sur la coiffeuse). Dans l’embrasure d’une fenêtre, un visage au regard mélancolique observe, en oblique, en souriant des femmes et enfants posant face au peintre (Entre elles II).

Tout est en rondeurs, en courbes, parfois coupées par des plans horizontaux. Les chairs sont très travaillées, colorées, animées.

Ces tableaux ne sont pas exempts d’une certaine incongruité, d’une bizarrerie - cette dame souriant peut-être de sa coiffure étrange (La grande coiffe) -, ou de contrastes : chevelure sombre sur fond jaune, regard heureux des humains différant de celui triste de leur chien.

En 2010, la galerie Le Garage (Orléans) a montré 35 huiles sur toiles figuratives, de grands et petits formats, qu’Abraham Hadad a peints au cours des trois dernières années. Un retour dans cette ville où il a exposé régulièrement. Une exposition qui a rencontré un succès public.

  En 2011, la galerie Marie Vitoux a présenté des œuvres récentes figuratives du peintre Abraham Hadad.

 Les Hivernales de Paris-Est/Montreuil (12-16 décembre 2012), une "manifestation internationale qui, en partenariat avec la Maison des artistes", a dressé "le panorama des expressions plastiques contemporaines", a présenté notamment des œuvres récentes figuratives du peintre Abraham Hadad.

 Du 19 octobre au 24 novembre 2013, la galerie Le Garage a présenté l'exposition « Point Rouge. 10 ans - 30 artistes » avec notamment des œuvres de cet artiste.  

En 2014, la galerie Marie Vitoux a présente des œuvres récentes figuratives du peintre Abraham Hadad

« Historienne de l'art, commissaire d'expositions, galeriste, femme érudite, dotée d'une forte personnalité, Cérès Franco  a consacré près de 25 ans dans sa galerie L’œil de Bœuf-Paris, à découvrir et à promouvoir des artistes dont les œuvres allaient à l'encontre des tendances de son époque » : Pouget, Rustin Nitkowski, Michel Macréau, Grinberg, Chaïbia, Corneille, Hadad, Kabakov, Komet, Lucebert, Paella Chimicos, Christine Sefolosha, etc. Elle a aussi constitué « une collection audacieuse d'environ 1500 œuvres », présentée pendant plus de vingt ans dans le village de Lagrasse (Aude), et désormais au musée des Beaux-arts de Carcassonne. La dernière section de l'exposition réunit des photos d'ambiance de la collection et quelques portraits de Cérès Franco réalisés par ses amis artistes : Roland Cabot, Danubio, Joanna Flatau, Mao, Roman Cieslewicz, Jean-Louis Bilweis, Jaber, G. G. Netto... Des « portraits qui attestent des liens d'amitié forts et des échanges complices et fructueux de ces passionnés de l'art ». 

Le 25 juin 2014, le conseil municipal de Carcassonne récemment élu a informé Dominique Polad-Hardouin, galeriste et fille de Cérès Franco, qu'elle annulait "le Parcours d'art contemporain 2014 consacré aux œuvres du fonds Franco et refusait la donation de 1 500 œuvres d'art brut, naïf et populaire patiemment rassemblées pendant des décennies par la collectionneuse et galeriste brésilienne. Un cadeau évalué à 4 millions d'euros". « Le premier argument a été économique : les finances sont exsangues. Le second est que ces œuvres ne les intéressent pas. Leur projet culturel consiste à mettre en valeur les réserves du musée des Beaux-Arts », a expliqué Dominique Polad-Hardouin.
  
Réhabilitée en 2008 en centre d’art, l’ancienne coopérative viticole de Montolieu accueille et présente la Collection Cérès Franco. Son but : "présenter de manière permanente le fonds de la collection et organiser des expositions temporaires en résonance avec ce fonds et d’engager un dialogue avec d’autres artistes de la scène internationale. L’ensemble de ses activités s’inscrira aussi dans la dynamique culturelle de Montolieu Village du Livre et en liaison avec la Fabrique des Arts de Carcassonne Agglo. La création de « La Coopérative-Collection Cérès Franco » est le fruit d’une amitié entre Henri Foch, le nouveau propriétaire du lieu, Cérès Franco et sa fille Dominique Polad-Hardouin. Ils se sont regroupés au sein de l’Association pour la Valorisation de la Collection Cérès Franco (AVCCF) qui s’est rapprochée de Carcassonne Agglo pour constituer un partenariat public-privé dans la durée et qui devrait conduire - à terme - à la donation du bâtiment et d’une partie significative de la collection".

L'exposition inaugurale  « En Grand Format » permet de découvrir sur près de 1000 m², près de 500 œuvres de 80 artistes, pièces emblématiques de la Collection Cérès Franco. Dans leur grande diversité l’œuvre de tous ces artistes forme un tout. Ils dialoguent et sont témoins d’une époque".

Jusqu'au 31 octobre 2015
Route d’Alzonne 
11170 Montolieu
Tél :  + 33 (0)4 68 76 12 54
Du mardi au dimanche de 14 h à 19 h

Du 27 mars au 26 avril 2014
Du 17 mars au 23 avril 2011
Marais - 3, rue d'Ormesson, place du marché Sainte Catherine, 75004 Paris
Tél. : 01 48 04 81 00
Tous les jours, sauf dimanche et lundi, et sur rendez-vous de 14 h à 19 h. Vernissages le 17 mars 2011 et le 27 mars 2014 dès 18 h

Du 28 septembre 2013 au 28 septembre 2014
Au musée des Beaux-arts de Carcassonne
1, rue de Verdun, 11000 Carcassonne
Tél. : 04 68 77 73 70
Du 15 septembre au 15 juin, du mardi au samedi, de 10 h à 12 h et de 14 h à 18 h et le premier dimanche du mois de 14 h 30 à 17 h 30. Fermé les dimanches, lundi et jours fériés.
Du 15 juin au 15 septembre, tous les jours de 10 h à 18 h. Fermé les jours fériés. Vernissage le 27 septembre 2013

Du 19 octobre au 24 novembre 2013
« Point Rouge. 10 ans - 30 artistes »
Vernissage le 18 octobre 2013 de 18 h à 20 h.

Du 12 au 16 décembre 2012
Au Palais des Congrès Paris-Est-Montreuil
128, rue de Paris. 93100 Montreuil-sous-bois
Tél. : 01 49 20 69 00

Jusqu'au 28 mars 2010, « Retour à Orléans » d'Abraham Hadad
A la galerie Le Garage
9, rue de Bourgogne, 45000 Orléans
Les samedis et dimanches de 15 h à 19 h. Du lundi au vendredi sur rendez-vous

Visuels de haut en bas :
Dans la Fontaine 2 (mai 2011)
Huile sur toile- 130x195cm - Photo Gérard Dufrêne

Avec mes hommes II, 2007, huile sur toile, 100 x 81 cm
La visite II, juin 2009, huile sur toile, 92 x 60 cm

L’homme de Prague, huile sur toile,

Jeune famille I, huile sur toile,

Entre elles deux, huile sur toile,

Articles sur ce blog concernant :

Article publié pour la première fois le 20 mars 2010, puis les 16 mars 2011, 12 décembre 2012, 25 septembre 2013 et 17 octobre 2013, 23 avril 2014. Il a été modifié le 27 octobre 2015.

dimanche 25 octobre 2015

« Une enfance volée : l’affaire Finaly » de Fabrice Génestal


France 2 diffusa Une enfance volée : l'affaire Finaly, téléfilm de Fabrice Genestal (2008) avec Charlotte de Turckheim et Pierre Cassignard. L’histoire de Robert et Gérald Finaly, deux enfants juifs cachés pendant l’Occupation par un réseau catholique dont est membre Mlle Antoinette Brun. A la libération, et pendant des années, Mme Brun refusa de rendre à la famille Finaly ces enfants Juifs devenus orphelins par la Shoah (Holocaust), et qu’elle fit baptiser. Une histoire médiatisée qui suscita une vive polémique notamment en France et se dénoua en 1953 par la remise de ces deux frères à leur famille vivant en Israël. Toute l'Histoire diffusera le 26 octobre 2015 L'extravagante histoire des enfants Finaly : "Le 28 juin 1953, deux enfants de 11 et 12 ans rentrent en France après avoir traversé la frontière espagnole. Ils se nomment Robert et Gérald Finaly. Leur retour met fin à une affaire qui a déchiré l'opinion publique et a menacé les relations entre l'Eglise et la communauté juive. Une affaire qui a tenu en haleine la France des années 50".

L'enfance de... Boris Cyrulnik
Le destin d’Anne Frank : Une histoire d’aujourd’hui
« Destins d’enfants juifs et de leurs sauveurs » de Kirsten Esch
« Une enfance volée : l’affaire Finaly » de Fabrice Génestal
Au cœur du génocide. Les enfants dans la Shoah 1933-1945
C’étaient des enfants. Déportation et sauvetage des enfants juifs à Paris
« Les larmes de la rue des Rosiers » d'Alain Vincenot
« Carnets de mémoire Enfances cachées 39-45 », par Michèle Rotman


« L’enfer est pavé de bon sentiments », résumait l’actrice Charlotte de Turckeim lors du déjeuner de presse organisé le 3 novembre 2008 au siège de France 2. Méconnaissable, elle campe une Mlle Brun manipulatrice qui, sanglée dans ses convictions, refusa continument de respecter le droit et la famille des enfants orphelins.

Et ainsi, elle provoqua l'affaire Finaly (1945-1953) divisa « la France entre cléricaux et anticléricaux, sionistes et antisionistes, tenants du respect des lois républicaines contre partisans du droit canon ».

Catherine Poujol, qui a eu accès à des documents inédits, a coécrit deux livres qui présentent des éclairages intéressants et originaux sur cette affaire : un ouvrage dense, l’autre une bande dessinée (BD) au graphisme en noir et blanc et au réalisme saisissant.

1938, 30 août : mariage du Dr Fritz Finaly, chef de clinique à Vienne, et d’Anni Schwarz à Vienne (Autriche). Un oncle de ses oncles est le fondateur de la banque de Paris et des Pays-Bas.

1939, avril : le couple, ayant fui l’Autriche après l’Anschluss, s’installe à Paris.

1941, 14 avril : naissance de Robert Finaly, déclaré comme Français et qui sera circoncis.

1942, 3 juillet : naissance de Gérald Finaly, Autrichien comme ses parents, et qui sera circoncis.

1944, 10 février : craignant d’être arrêtés par la Gestapo, les parents Finaly confient leurs deux fils, et leurs affaires (bijoux, reçu de la Creditanstalt à Zurich, Leica) à la pouponnière Saint-Vincent à Grenoble.

14 février : Fritz et Annie Finaly sont arrêtés, déportés le 7 mars de Drancy à Auschwitz dans le convoi n° 69. Leurs enfants sont cachés quelques jours au couvent Notre-Dame-de-Sion (1), puis recueillis par Mlle Antoinette Brun, résistante et directrice de la crèche municipale de Grenoble, au château de Vif où ils où ils restent jusqu’en 1952.

1945, 2 février : Mme Fischl, leur tante de Nouvelle-Zélande, tentent d’obtenir leur retour dans leur famille. Elle se heurte au refus de Mlle Bru.

12 novembre : Mlle Brun se fait nommer tutrice provisoire lors du 1er conseil de famille.

1948 : En Israël, Edwige Rosner, une tante de Robert et Gérald Finaly, reprend l’action initiée par Mme Fischl. Elle sollicite l’aide de Moïse Keller, chef d’entreprise grenoblois.

28 mars : Mlle Brun fait baptiser les deux enfants alors que nul danger ne les menace. Ce qui contrevient notamment à la volonté des parents et des préceptes de l’Eglise.

1949, janvier : la famille des enfants Finaly demande à Moïse Keller de la représenter en justice afin de les récupérer.

1952, 11 juin : une ordonnance du tribunal ordonne à Mlle Brun de rendre les enfants à leur famille. Mlle Brun interjette appel, et perd son procès. Elle se pourvoit en cassation le 15 juillet.

décembre : Moïse Keller sollicite l’aide de Wladimir Rabinovitch, dit « Rabi », juge et journaliste.

1952-1953 : Mlle Brun sollicite l’aide de la mère supérieure de Notre-Dame-de-Sion, Mère Antonine, qui contacte le cardinal Gerlier à l’archevêché de Lyon. Pendant ce temps, Les enfants sont cachés dans plusieurs lieux en France et enlevés en février pour être emmenés dans le Pays basque espagnol. La campagne de presse et les actions des organisations juives s’intensifient.

1953, janvier : Me Garçon, avocat de Moïse Keller, stigmatise le fanatisme religieux de Mlle Brun.

8 janvier : Mgr Gerlier (2) évoque l’affaire lors de son entrevue avec le pape Pie XII. Celui-ci déclare : « On n’aurait pas du baptiser ainsi ces enfants ! C’est contre les prescriptions du Code. Il peut se faire que, dans le cas présent, l’affaire se présente de façon spéciale qui permettrait une autre attitude ».

5 février : Mère Antonine est arrêtée, accusée de complicité d’enlèvement sur les deux enfants Finaly.

Le grand rabbin de France Jacob Kaplan rencontre à Lyon Mgr Gerlier.
6 mars : Induit par l’accord secret entre le grand rabbin Kaplan et Mgr Gerlier, l’accord entre la famille des enfants Finaly et le père Chaillet, un jésuite représentant Mgr Gerlier et qui dirigeait sous l’Occupation un réseau L’amitié chrétienne protégé alors par le cardinal, est signé. Il contient quatre points, notamment la restitution des enfants Finaly à leur famille en Israël et le retrait des plaintes contre tous les religieux. Le père Chaillet dirigeait après guerre le COSOR qui accueillait 35 000 orphelins dont la moitié était juifs.

Fin mars : ne parvenant pas à localiser les enfants Finaly, Mgr Gerlier demande à Germaine Ribière, résistante de l’Amitié chrétienne , de les retrouver au Pays basque, et au père Chaillet d’enquêter à Madrid.

Le Vatican décide de résoudre directement cette affaire en la confiant au cardinal Montini, sous-secrétaire d’Etat au Vatican (2e personnage du Vatican après le Pape) et futur pape Paul VI.

Juin, 5 : le grand rabbin Kaplan dénonce l’accord du 6 mars.

le général Francisco Franco, chef de l’Etat espagnol, propose à la France de rendre les enfants Finaly, dont il ignore la cache, contre l’extradition de quatre républicains basques en exil à Tarbes. Georges Bidault, ancien résistant et ministre français des Affaires étrangères, ne cède pas au coup de bluff du caudillo.

11 juin : à Lyon, Germaine Ribière informe Mgr Gerlier que les enfants Finaly sont détenus par des basques, en particulier par des prêtres.

20 juin : l’abbé Emile Laxague écrit à Germaine Ribière que « le retour des enfants Finaly est la seule solution actuellement justifiable ».

23 juin : la Cour de cassation a rejeté le pourvoir de Mlle Brun et confirmé que les enfants Finaly doivent être confiés à leur tante et tutrice Edwige Rosner.

25 juin : Robert et Gérald Finaly sont conduits au consulat de France à San Sebastian. De là, Germaine Ribière les ramènera en France, dans la propriété d’André Weil, dans l’Oise, où ils rencontrent leur tante paternelle. André Weil était trésorier du COSOR.

Mlle Brun écrit à Vincent Auriol.

18 juillet : Mme Rosner retire sa plainte.

25 juillet : les enfants Finaly accompagnés de leur tante prennent l’avion pour Israël.

Août : au kibboutz de Neve Ilan, ils apprennent l’hébreu et le judaïsme.

1955, 7 juin : non-lieu général dans l’affaire Finaly.

Robert Finaly est chirurgien pour enfants à l’hôpital de Beer-Sheva. Gérald Finaly est devenu officier de l’armée israélienne.

Des passions non apaisées
Servi par une interprétation remarquable et une reconstitution scrupuleuse, le film télévisuel est inspiré des travaux de l’historienne Catherine Poujol qui a eu accès à des documents inédits.

Dans le téléfilm de Fabrice Génestal, par souci de simplification narrative, des personnages ont disparu, tel Guy Brun, enfant juif recueilli et adopté par Mlle Brun, des faits ont été passés sous silence ou minorés. Un souci partagé par les auteurs de la bande dessinée sur l’affaire Finaly. Une BD au graphisme en noir et blanc et au réalisme saisissant.

Cette œuvre met en relief le mystère et l’ambigüité de Mlle Brun.

Certes, Mlle Brun a pris des risques sous l’Occupation pour sauver des enfants juifs.
Engoncée dans sa vision du catholicisme, persuadée d’agir pour le bien des enfants Finaly – baptême, éloignement de leur famille et d’Israël dépeint négativement par elle -, elle s’obstine dans sa voie, au mépris de préceptes de sa religion et du droit, des mobilisations d’organisations juives et de personnalités dans le monde.

Rouée, non exempte de préjugé antisémite et peut-être dotée d’une certaine perversité, Mlle Brun instrumentalise des dignitaires catholiques, attire l’église catholique dans son combat. Elle apitoie même un juge qui déroge au principe de neutralité indissociable de sa fonction !

Consciente du pouvoir des médias, elle mobilise l’opinion publique en posant en mère attentive de deux garçons qu’elle rencontre à quelques reprises annuelles.

Elle se révèle indifférente aux souffrances qu’elle inflige, par son comportement obtus, aux enfants Finaly, à Moïse Keller et à leur famille.

Le 19 octobre 2008, lors des projections de films au Mémorial de la Shoah (Paris), Guy Brun et les enfants de Moïse Keller ont exprimé leurs souffrances. Guy Brun a évoqué, selon des témoins, une Mlle Brun non désintéressée.

Quant à la famille de Moïse Keller, elle a subi les contrecoups de cette affaire : le courroux et la haine connotant les passions, l’absence du père qui a assumé longtemps et seul ce combat contre des institutions publiques et privées, laïques et catholiques, et l’entreprise familiale qui a périclité. Moïse Keller et sa famille ont fait leur aliyah, puis sont retournés en France.

Si l’affaire a cristallisé autant de passions, c’est qu’elle conjuguait des facteurs sensibles et majeurs : la priorité particulière accordée par les juifs aux enfants et à la transmission de l’identité juive ; les difficultés de certaines familles juives à récupérer leurs enfants cachés chez des chrétiens ; la prégnance de préjugés antisémites dans la France de l’après-guerre. Et la motivation du sauvetage des enfants juifs par des catholiques ; la sincérité et les aléas du dialogue entre juifs et catholiques ; la reconnaissance nécessaire par les catholiques de l’altérité juive, source d’interrogations essentielles. Last not least, l’état d’une communauté juive blessée dans son attachement à la France, persécutée sous le régime de Vichy et décimée, notamment ses plus jeunes membres, par la Shoah ; le sort des enfants cachés (3) et le destin des enfants juifs, que nul n’est venu rechercher – enfants orphelins, parentèles assassinées dans les camps nazis - et qui ont grandi dans l’ignorance de leur origine juive.


(1) Madeleine Comte :
Sauvetages et baptêmes, Les religieuses de Notre-Dame de Sion face à la persécution des Juifs en France (1940-1944). Préface d'Etienne Fouilloux. L’Harmattan, 2001. 224 pages. ISBN : 2-7475-1190-1
Texte de la conférence pour l'Amitié judéo-chrétienne de Lyon, 25 septembre 2008, à Lyon : http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/34/78/64/Documents-textes/affaire-Finaly-Chronologie.pdf

(2) Le titre de Juste parmi les Justes sera décerné à Mgr Gerlier et Germaine Ribière le 15 juillet 1980.

(3) Paroles d’étoiles, mémoires d'enfants cachés, 1939-1945. D’après les ouvrages originaux de Jean-Pierre Guéno, scénario et adaptation de Serge Le Tendre, un album conçu et coordonné par Jean Wacquet. Soleil Productions, 2008. 96 pages. ISBN : 9782302003569.
Michèle Rotman, Carnets de mémoire. Ramsay, 2005. ISBN : 9782841147328

Catherine Poujol, avec la participation de Chantal Thoinet, Les enfants cachés, l’affaire Finaly (1945-1953). Berg International Editeurs, 2006. 319 pages. ISBN : 978-2911289866
Fabien Lacaf, Catherine Poujol, Les enfants cachés, l’affaire Finaly. Berg International éditeurs, coll. IceBerg, 2007. 48 pages. ISBN : 978-2911289934.

Une enfance volée : l’affaire Finaly
Réalisé par Fabrice Génestal
Scénario, adaptation et dialogues de Philippe Bernard, en collaboration avec l’historienne Catherine Poujol
Produit par Elizabeth Arnac pour Lizland Films.
Sur France 2 :
- le vendredi 9 décembre 2011
- le mardi 25 novembre 2008

Documentaire L’affaire Finaly de David Korn-Brzoza

La WIZO (Organisation féminine internationale sioniste) francophone de Jérusalem a organisé un repas suivi de la conférence du Dr Robert Finaly sur L’affaire Finaly, 60 ans après. Cette conférence de Robert Finaly à la WIZO (Women`s International Zionist`s Organization) francophone de Jérusalem (Israël) a lieu le lundi 7 février 2011 à 12 h 30 : 1 rue Mapou


Articles sur ce blog concernant :Affaire al-Dura/Israël
Chrétiens
Culture
France
Il ou elle a dit...
Judaïsme/Juifs
Shoah (Holocaust)

Cet article a été publié par Guysen en 2008, sur ce blog le 6 février 2011 et le /
- 14 mai 2012 à l'approche de la diffusion ce 14 mai 2012, à 23 h 05, sur France 3, du documentaire L'affaire Finaly réalisé par David Korn-Brzoza .
- 30 MAI 2013 alors que les PUF publient L'Eglise de France et les enfants Juifs, de Catherine Pujol.
Il a été modifié le 2 décembre 2011.

jeudi 22 octobre 2015

L’Agence juive a reçu de futurs olim


Le 14 octobre 2015, Zeev Elkin, ministre israélien de l'Immigration, a annoncé que "plus de 30.000 nouveaux immigrants devaient arriver en Israël en 2015". Pour 2015, le nombre de nouveaux olim français serait d'environ 7 500, contre 6 985 en 2014 et 3 440 en 2013. Le 13 mars 2003, à l’Espace Rachi (Paris), l’Agence Juive pour Israël (AJPI) a permis à de futurs Olim français de dialoguer avec le président d’Israël, Moshe Katsav, en visite dans ses locaux à Jérusalem.

A Paris, grâce à une vidéoconférence, des Juifs français, qui projettent de faire leur aliyah, ont présenté leurs parcours et leurs souhaits à Moshe Katsav, et à trois responsables de l’AJPI : Sallai Meridor, président mondial, Giora Rom, directeur général, et Menahem Gourary, directeur régional (Europe occidentale). Etaient présents aussi Olivier Rafowicz, délégué général pour l’aliyah au sein de l’AJPI en France, et un de ses collègues, Roland Lahav.

Ce matin-là, ils étaient une quinzaine de futurs Olim. Moyenne d’âge : 35 ans. Célibataires ou mariés, souvent avec des enfants en bas âge ou autour des 20 ans. Leur aliyah est prévue dans les mois à venir. « Nous n’avons pas encore prévenu nos parents », confie un couple, embarrassé. Avant de déclarer ne pas « être intégré culturellement en France »...

Guidés par l’amour de l’Etat hébreu, tous ces futurs émigrants ont pris leurs décisions en 2002. S’ils ont été freinés par des problèmes liés au travail à trouver, à la langue à maîtriser et aux questions de sécurité, ils envisagent avec optimisme une éventuelle reconversion professionnelle. Ils sont aussi convaincus que l’aliyah française augmentera fortement lors d’une vague grave d’antisémitisme. Le nombre de nouveaux olim français en Israël a doublé en 2002, soit 2 566 personnes.

M. Katsav a complimenté « les Juifs français, les plus proches d’Israël. L’aliyah des pays occidentaux est une priorité nationale pour Israël. Pour attirer les immigrants de ces pays, le gouvernement devrait leur offrir des défis à relever, et pas seulement une aide financière ». Pour l’AJPI, face aux problèmes posés par l’assimilation, la solution est « l’éducation juive ou/et l’aliyah », soit comme le résume M. Rafowicz « rentrer à la maison ».

Dans une semaine, Barbara Uzan, commerciale, son époux, leur fille de seize mois et ses beaux-parents quitteront la France pour trouver « une autre qualité de vie juive ». Mme Uzan qui a passé son enfance en Israël, espère que « la situation s’arrangera vite ».

L’été prochain, Abraham-Albert Thuil, la trentaine, et sa famille « monteront » en groupe, ce qui aidera à « aplanir les difficultés quotidiennes par l’entraide et à s’intégrer rapidement au sein d’Eretz Israël ».

Et, licenciée de sociologie, Keren Cohen poursuivra ses études sur le Proche-Orient dans le pays natal de sa mère.

L’AJPI cible de manière privilégiée les communautés des pays occidentaux et les classes aisées. Face aux problèmes posés par l’assimilation, la solution est l’éducation juive ou/et l’aliyah.

2013, 3 120 Français Juifs ont fait leur aliyah, soit une hausse de 63% par rapport à 2012 (1 916 Olim de France). 

Le 14 octobre 2015, Zeev Elkin, ministre israélien de l'Immigration, a annoncé que "plus de 30.000 nouveaux immigrants devaient arriver en Israël en 2015". Ce qui s'avère le chiffre le plus important depuis dix ans. En 2014, 27 488 personnes avaient immigré en Israël. La France est le pays au plus fort contingent d'olim, avec une augmentation de 118% en deux ans.  Pour 2015, le nombre de nouveaux olim français serait d'environ 7 500, contre 6 985 en 2014 et 3 440 en 2013. En 2014, pour la première fois depuis la refondation d'Israël en 1948, la France avait été le premier pays d'émigration Juive vers Israël avec plus de 6 000 olim.

Depuis 1948, plus de trois millions de Juifs ont fait leur "aliyah". 

A lire sur ce blog :
Cet article avait été publié en une version plus concise par Actualité juive hebdo. Il a été publié sur ce blog le 1er janvier 2014

mardi 13 octobre 2015

Rembrandt et son cercle


L’Institut néerlandais a présenté à Paris un « florilège des dessins réalisés par Rembrandt (1606-1669) et son entourage, provenant de la Collection Frits Lugt ». Environ 100 œuvres dont une vingtaine de dessins de Rembrandt, parfois d’inspiration biblique, et d’excellentes feuilles de ses élèves et contemporains : Govert Flinck (1615-1660), Ferdinand Bol (1616-1680), Nicolaes Maes (1632-1693), Lambert Doomer (1624-1700)Une exposition didactique au catalogue luxueux. Le 29 mars 2015, les Pays-Bas ont annoncé qu'ils allaient acquérir « avec la France et pour 160 millions d'euros », les deux portraits datés de 1634, représentant Marten Soolmans et son épouse Oopjen Coppit, à la veille de leur mariage, et détenus notamment par Eric de Rothschild


Au printemps 2011, la FrickCollection à New York a présenté ces œuvres ainsi que des autoportraits gravés de Rembrandt et un dessin intitulé La circoncision (fin XVIIe-début XVIIIe siècles) dont l’auteur demeure anonyme, composition simplifiée de La circoncision au temple de Rembrandt (vers 1630).

Depuis l’été 2011, l’Institut néerlandais à Paris montre près de cent œuvres dans des cadres du XVIIe siècle conservés par la Fondation Custodia (bonne garde en latin) et récemment restaurés. Cette Fondation gère la Collection d’art ancien Frits Lugt et l’enrichit par des achats, soutient la recherche scientifique, la publication de livres, des expositions à l’Institut néerlandais à Paris créé en 1956 par Frits Lugt (1884-1970).

Ancien conservateur en chef du Rijksprentenkabinet (Cabinet national des estampes) d’Amsterdam et expert réputé de l’art du dessin du XVIIe siècle, notamment de Rembrandt, Peter Schatborn a étudié la collection des dessins de Rembrandt et de son cercle réunie par Frits Lugt. Au fil de ces études publiées dans les catalogues raisonnés de la Collection Frits Lugt d’art ancien, des attributions d’œuvres ont changé. Une salle est consacrée au fruit de ces recherches ardues sur une question épineuse.

L’exposition didactique se déroule en trois pièces thématiques : des œuvres pré-Rembrandt et de Rembrandt par thèmes – dont un rare autoportrait -, celles de proches de ce maitre hollandais - élèves, peintres influencés -, les œuvres attribuées à tort à Rembrandt ou réattribuées à lui. Légèrement inclinées, les œuvres au trait pur, précis et délicat bénéficient de légendes claires, détaillées. Genres : des scènes tirées de la Bible (Elie endormi sous un arbre de Ferdinand Bol, Moïse foulant aux pieds la couronne de Pharaon de Gerbrand van den Eeckhout, Rébecca et Eliézer au puits attribué à Carel Fabritius), la vie quotidienne (Femme brodant) et des paysages (Ferme avec une cabane et un pigeonnier d’Anthonie van Borssom, Paysage italien avec des pêcheurs de Pieter de With).
Dans le hall : des explications claires sur les travaux de restauration des cadres – à cassettaou à profil inversé, datant des XVIe au XIXe siècles. Bois de support : peuplier, léger et tendre, noyer, mi-dur, chêne, dur, et conifère (pin, sapin, épicéa). Bois de placage : ébène, dur, lourd, précieux et coûteux, et substituts au grain variable, tel le poirier au grain fin. Selon les périodes, les artisans ont incrusté dans ces bois l’ivoire, l’os, la nacre, l’écaille de tortues ou la pierre – marbre, pierres semi-précieuses -, peint sur ces bois des motifs imitant des matières premières onéreuses (lapis lazuli) ou appliqué des feuilles d’or en recourant à l’eau ou à un corps gras.



Rembrandt, « figure anticlassique » et « entrepreneur » de l’art
Rembrandt s’installe à Amsterdam en 1631. Il y vit définitivement en 1633, chez le marchand d’art Hendrick Uylenburgh. En 1634, il épouse la nièce de ce dernier, Saskia.


Il reçoit et réalise des commandes de portraits. Puis, il ouvre son atelier où il accueille ses apprentis et ses élèves extérieurs.

Pour ses dessins, il use de sujets et de techniques variés : « esquisses de personnages à la pierre noire ou à la sanguine, des compositions bibliques et mythologiques, des scènes de genre, des paysages, des portraits et des autoportraits généralement exécutés à la plume et au lavis ». Les buts de ses dessins ? « Préparer des œuvres peintes ou gravées », « étudier et fixer une attitude, une émotion » et servir de modèles pour ses élèves qui se forment auprès du maitre, complètent leur apprentissage : Govert Flinck, Ferdinand Bol, Gerbrand van den Eeckhout, Carel Fabritius, Samuel van Hoogstraten, Nicolaes Maes, Philips Koninck, Lambert Doomer, Willem Drost…


Ainsi se mesure la « richesse et l’étendue » des influences de Rembrandt devenu « au XIXe siècle, une figure anticlassique, un modèle héroïque pour un grand nombre d’artistes travaillant en dehors des écoles académiques ».

Cet artiste célèbre dirigeant un grand atelier collectionne également des œuvres d’art. Il est aussi un « entrepreneur » de l’art.

Les « changements de mode et de principes académiques intervenus à la fin du XVIIe et du XVIIIe ont bien sûr remis en cause certains de ses choix, tels que les figures bien peu idéalisées, la palette sombre ou encore la touche vigoureuse et irrégulière de ses peintures tardives ».


Lugt et Rembrandt : la « passion d’une vie »
Lugt est célèbre dans le monde entier pour ses publications sur les marques de collection.

Très jeune, il a été un fervent amateur d’art et un visiteur régulier des musées d’Amsterdam, où il est né. Agé de 14 ans en 1898, il assista à la grande rétrospective sur Rembrandt au Stedelijk Museum. Cet « événement marqua un renouveau dans la perception de l’artiste par le public et les collectionneurs. Sa cote croit alors remarquablement et de nombreux aristocrates européens et de riches américains recherchent et achètent ses œuvres ».

C’est à cette époque que Lugt achète sa première gravure de Rembrandt tout en rédigeant une biographie de cet artiste publiée par la Fondation Custodia (1997), joliment illustrée par ses propres croquis d’après des eaux-fortes et de dessins de l’artiste.

Au fil des années, cet employé de la maison de vente aux enchères Frederik Muller à Amsterdam devient un des plus importants collectionneurs de dessins et de gravures de maîtres anciens, possédant des milliers de feuilles d’écoles européennes et d’époques variées : dessins des élèves et disciples de Rembrandt, des feuilles abouties aux esquisses de Rembrandt, « certaines faites en rapports avec les peintures, beaucoup réalisées comme des exercices ou par plaisir personnel, et d’autres probablement pour servir de modèles à ses élèves ».

Pour Lugt, « ces travaux démontraient l’extraordinaire capacité du maître à créer des formes et de la lumière avec le trait, mais aussi l’expression spontanée et intime de sa perception de ses contemporains ».

La Femme rassurant un enfant effrayé par un chien « date de la première décennie où Rembrandt exerçait comme maître indépendant à Amsterdam. Cette œuvre démontre l’éblouissante rapidité avec laquelle il dessine. Un seul mouvement trace le sourcil et la joue, tandis qu’une simple ligne d’encre représente la bouche.

Seule la modulation de la pression et de l’épaisseur du trait créent l’illusion de profondeur et de mouvement, exprimant ainsi la peur de l’enfant. Certains y ont vu un rapport avec l’enfant que lui-même et Saskia ont perdu. Seul le quatrième, Titus, né en 1641 atteindra l’âge adulte ».


L’Intérieur avec Saskia au lit (années 1640) représente son épouse et sa servante « en habit d’intérieur. Sur le trait gras et épais avec lequel il dépeint la scène, Rembrandt applique une inhabituelle quantité de lavis brun et gris, non pas pour définir l’espace mais pour colorer la composition, comme une peinture. Il parvient dans ce dessin poignant à transformer une simple chambre bourgeoise en une chapelle ». Lugt, qui a acquis ce dessin en 1919, y discerne la tendresse pour sa femme.

Sur les environs d’Amsterdam sillonnés par Rembrandt : le Moulin à vent sur le bastion « Het Blauwhoofd ».

Les « élèves de Rembrandt et son entourage dans la collection Frits Lugt »
Dans l’enseignement prodigué par Rembrandt, le dessin joue un rôle majeur pour aiguiser l’acuité du regard et l’adresse manuelle. Certaines feuilles remontent à l’époque où les élèves de Rembrandt travaillaient hors de son atelier : l’influence apparaît nettement dans ces œuvres, dans la sélection des sujets, leurs style et technique.


Un des premiers élèves connus de Rembrandt, Govert Flinck étudie près de lui dès 1635, peu après que le maître se fut établi dans son atelier. Rembrandt peint alors ses plus importantes peintures d’histoire, dont la Danaë (1636). Maître indépendant en 1636, Flinck jouit d’une carrière de portraitiste et de peintre d’histoire. Dans les années 1640, il se distingue en peignant avec un groupe d’artistes des modèles vivants nus ; ce qui suscite alors une controverse. Sur papier bleu, le modèle de Femme nue se reposant (vers 1640) a « un bras derrière la tête, prenant la pose de certaines statues antiques. Flinck ne dessine pas le contour de la figure avec une ligne continue, mais lève fréquemment sa craie dans une série de courbes se chevauchant, accentuant ainsi la silhouette langoureuse de la femme. L’idéalisation du modèle était une question centrale dans les milieux artistiques de l’époque et Rembrandt se prononça clairement contre. La femme allongée de Flinck révèle un intérêt similaire pour les figures réalistes ».

Gerbrand van der Eeckhout s’installa à son compte en 1641. Son Jeune fumeur appartient à une série d’études au pinceau et lavis représentant un homme dans différentes situations. Le contrôle extraordinaire de Van der Eeckhout sur ce médium liquide et sa dextérité dans la manipulation du pinceau n’est pas sans rappeler le travail de Rembrandt », dont il a été l’élève, « à l’encre et à la plume, travaillant par traits saccadés et rapides.


Il s’avère parfois ardu de réévaluer des attributions afin de déterminer l’auteur de feuilles : Rembrandt ou l’un de ses élèves. Au terme de ses recherches sur le fonds Custodia, Peter Schatborn a conclu à de nouvelles attributions. Ainsi, Rébecca et Éliézer au puits, longtemps anonyme, a été attribué à Carel Fabritius, un des élèves les plus talentueux de Rembrandt et décédé très jeune. Cet artiste prometteur, n’a laissé peu « à la postérité que peu d’œuvres, mais toutes d’une grande qualité ». Quand Lugt achète L’Ange apparaissant à Agar, cette œuvre était attribuée à Rembrandt ; elle l’est désormais à Ferdinand Bol. A comparer avec Le prophète Elie et l’ange au désert.

La famille Rothschild avait l'intention de vendre deux tableaux de Rembrandt de 1634 - Le Portrait de Marten Soolmans et le Portrait de Oopjen Coppit, son épouse - d'une valeur estimée à 150 millions d'euros. Au printemps 2015, le Louvre n'avait pas l'intention de les acquérir. Président du Mémorial de la Shoah, Eric de Rothschild, un des propriétaires de ces huiles sur toiles, a déclaré en mars 2015 : « Il y a eu ces derniers jours un certain nombre de commentaires médiatiques concernant le sort de tableaux de Rembrandt qui appartiennent à notre famille. Il est exact que nous avons sollicité un certificat de bien culturel auprès de la Direction des Musées de France et ce, dans le but de connaître le statut de ces 2 tableaux dans le cadre de nos successions. Nous avons reçu ce certificat de bien culturel et il nous permet aujourd'hui de prendre le temps de la réflexion pour décider de l'avenir de ces œuvres ». La polémique demeure...

Le 29 mars 2015, les Pays-Bas ont annoncé qu'ils allaient acquérir « avec la France et pour 160 millions d'euros », les deux portraits datés de 1634, représentant Marten Soolmans et son épouse Oopjen Coppit, à la veille de leur mariage. Fleur Pellerin, ministre de la Culture et de la Communication, et Jet Bussemaker, ministre de la Culture des Pays-Bas "ont œuvré ensemble pendant plusieurs mois pour obtenir cet accord, selon les termes duquel les tableaux seront toujours présentés conjointement, en alternance au Louvre et au Rijksmuseum. Les propriétaires ont fait connaître leur accord pour cette vente conjointe. Les deux ministres les en remercient chaleureusement.Fleur Pellerin et Jet Bussemaker se félicitent de cette solution inédite, qui répond à l’objectif politique et culturel commun qu’elles s’étaient fixé : maintenir les deux toiles sur le sol européen et les présenter au plus grand nombre, dans deux des plus beaux et grands musées du monde. L’acquisition conjointe de ces deux chefs d’œuvre inestimables renforcera le partenariat entre le Rijksmuseum et le Louvre, et témoigne de la volonté partagée des deux pays d’approfondir encore leur très riche coopération culturelle", a déclaré le ministère français de la Culture le 30 septembre 2016.


Rembrandt and his Circle. Drawings in the Frits Lugt Collection. Bussum et Paris, 2011 [75 Euro ]. Catalogue raisonné par Peter Schatborn, en anglais, 2 vol. reliés (dans une cassette) ; vol. I, texte, 446 pp., 165 notices ; vol. II, planches, 237 p., 165 reproductions couleurs, 68 illustrations de filigranes, 85 ill. comparatives (n/b). ISBN : 9789068685220



Rembrandt et son cercle. Dessins de la Collection Frits Lugt. Cahier de 12 pages ; historique de la collection et liste des œuvres présentées dans l’exposition ; illustrations en couleurs.


Dessins anciens dans des cadres d’époque. Cahier de 12 pages sur les cadres anciens dans lesquels sont exposées les œuvres et sur leur restauration entreprise pour l’occasion ; illustrations en couleurs.


Jusqu’au 2 octobre 2011
121, rue de Lille. 75007 Paris
Tél. : +33 (0)1 53 59 12 40
Tous les jours, sauf le lundi, de 13 h à 19 h


Visuels de haut en bas :
Affiche
Rembrandt Harmensz. van Rijn
Femme rassurant un enfant effrayé par un chien
plume et encre brune
103 x 102 mm

Ferdinand Bol
L’Ange apparaissant à Agar
plume et encre brune, lavis gris, quelques corrections à la gouache blanche
293 x 185 mm

Rembrandt Harmensz. van Rijn
Le Moulin à vent sur le bastion « Het Blauwhoofd » à Amsterdam
plume et encre brune, lavis brun et gris-brun
116 x 198 mm

Philips Koninck
Vue panoramique
Plume et encre brune, aquarelle et lavis brun rehaussé à la gouache
75 x 196 mm

Rembrandt Harmensz. van Rijn
Intérieur avec Saskia au lit
plume et encre brune, lavis gris et brun, quelques rehauts à la gouache blanche et quelques traits à la sanguine et à la pierre noire
142 x 177 mm

Govert Flinck
Nu féminin couché
pierre noire, rehaussé à la craie blanche et crème, sur papier bleu
249 x 412 mm

Carel Fabritius
Rébecca et Éliézer au puits
plume et encre brune, lavis brun et gris-brun, avec rehauts de gouache blanche et quelques traits à la pierre noire
249 x 412 mm

Articles sur ce site concernant : 

Cet article a été publié le :
- 10 septembre 2011 ;
- 31 août 2012 à l'approche de la diffusion de documentaires La vie privée des chefs d'oeuvre, La ronde de nuit ; Rembrandt - sur Rembrandt par la chaine Histoire, dès le 1er septembre 2012, et alors que le ministre des Affaires étrangères des Pays-Bas a décidé de ne plus subventionner l'Institut néerlandais (IN) à Paris à compter de 2015. Une pétition a été lancée pour contester cette fermeture ;
- 2 et 30 août 2013, à l'approche de la diffusion de La ronde de nuit de Rembrandt. Secrets d'un tableau, documentaire de Peter Greenaway (2007), par Arte, le 2 septembre 2013 à 2 h 50 ;
- 12 juin 2014. Histoire a diffusé les 14 et 20 juin 2014 le numéro de Palettes réalisé par Alain Jaubert et consacré à Rembrandt. "L'autoportrait est rendu possible par la diffusion du miroir de verre entre le XIIème et le XXème siècle. Pour faire son autoportrait, le peintre doit en effet copier son reflet dans le miroir : l'image obtenue est retournée et le droitier devient gaucher. Le peintre doit donc tricher pour replacer ses instruments dans la bonne main. Masaccio, Botticelli, Dürer précèdent Rembrandt qui fait éclater le genre. Dès ses premiers tableaux, Rembrandt se met en scène. Par la suite, au moins une centaine de fois, il prendra son visage comme unique sujet de gravures, de dessins ou de peinture. Une pareille obstination, unique dans le domaine de l'histoire de l'art, a été très diversement interprétée. Certains des autoportraits de Rembrandt pourraient passer pour l'expression d'un homme extravagant. Mais les objets qui y figurent peuvent être souvent décryptés de toute autre façon. A travers toiles et panneaux, on peut certes suivre toute l'histoire du visage de Rembrandt, mais aussi lire la symbolique d'une Europe" ;
- 25 mars 2015.