samedi 27 juin 2015

La fabrique des saintes images. Rome-Paris, 1580-1660


Le Louvre présente l’exposition éponyme. Après la crise religieuse alimentée notamment par les critiques de Martin Luther (1483-1546), l’Eglise catholique se réforme au XVIe siècle, en particulier lors du Concile de Trente (1545-1563) ainsi que par sa réflexion sur des saintes images produites par deux écoles : celles de Rome et de Paris, aux styles différents. L’exposition « questionne le sens de l’amour chrétien des images ». Cette iconographie chrétienne a influencé photographes et cameramen, notamment pour diffamer l’Etat d’Israël par assimilation de l’enfant palestinien au Christ.


Le « grand mouvement de réforme qui secoua l’Église tout au long du XVIe siècle apporta avec lui, après une violente remise en cause, une profonde réflexion sur ce que devaient être les images sacrées ».

Réunissant « 85 œuvres (dessins et gravures, peintures, objets d’art, sculptures), La fabrique des saintes images se propose d’évoquer la complexité des enjeux qui furent, pour l’art religieux, au cœur du processus créateur des plus grands peintres, sculpteurs et architectes du XVIIe siècle : Le Caravage, Annibale Carracci, Guido Reni, Gianlorenzo Bernini et Pietro da Cortona à Rome ; Simon Vouet, Eustache Le Sueur, Philippe de Champaigne ou les frères Le Nain à Paris ».

Iconographie religieuse
 La « crise religieuse du XVIe siècle vit la réédition de l’antique combat contre les images, opposant les catholiques, favorables aux images notamment lors de la  vingt-cinquième et l’ultime session du concile de Trente en décembre 1563, aux protestants, qui leur étaient hostiles ».

« Âprement mené par les penseurs les plus radicaux de la Réforme, il se traduisit par la réapparition en Europe dès les années 1520 d’un iconoclasme véhément, qui allait donner toute sa mesure en France et aux Pays-Bas dans le cours des années 1560 et qui allait devenir, dans le cours des guerres civiles de la seconde partie du siècle, l’un des symboles de l’adhésion à la cause protestante. L’Église catholique s’attacha donc très tôt à la défense des images ».

Après les « bouleversements de la crise religieuse et à la stabilisation des positions respectives des Catholiques et des Réformés, l'Église de Rome avait en effet entrepris sa propre réforme, dont le concile de Trente (1545-1563) fut l'entreprise la plus spectaculaire. Il réaffirma, entre autres, la possibilité, la légitimité et l'utilité des saintes images, profondément et brutalement attaquées par les Protestants ».

Commanditaires et artistes entamèrent une réflexion « pour fabriquer de nouvelles images qui soient recevables : comment créer ces images et quel rôle revient à l’artiste dans ce processus ? S’il est admis que le Christ ou la Vierge Marie sont représentables puisqu’incarnés, comment leur donner des traits alors qu’on ne connait pas leur visage ? Les artistes peuvent-ils inventer de toutes pièces ces images et en faire des images valides pour le croyant ? »
« L’exaltation du Saint Sacrement est l’un des traits de la Réforme catholique et de son iconographie. C’est alors qu’à l’antique représentation de la Cène, centrée sur le moment où Jésus annonce la trahison de Judas, se substitue la Cène eucharistique, où le Christprêtre consacre le pain et le vin et donne la communion aux disciples ».

« Dans les années 1580, après une brève période de réaction, l’art religieux se reconstruisit en Italie sur la base d’une recherche dévote de pureté et de vérité. Mais ce fut également l’aube d’une renaissance inattendue, prélude à une floraison incomparable, dont la présente exposition montrera, en consonance avec le parcours de « Poussin et Dieu », deux pôles opposés et profondément liés : Rome, épicentre de ce mouvement d’iconophilie triomphale, et Paris, où la cohabitation des Catholiques et Protestants après la pacification apportée par l’Édit de Nantes, donna naissance à une expression artistique plus retenue, sans théâtralité, mais tout aussi riche ».

Cette exposition montre, « en consonance avec le parcours de Poussin et Dieu, deux pôles rivaux et étroitement liés : l’iconophilie triomphante de la Rome pontificale et l’expression, retenue et secrète, qu’en a donnée l’École française. Manière de questionner, une fois encore, le sens de l’invincible amour chrétien des images – amour dont la source est un Dieu possédant au plus intime de son essence et en sa manifestation, comme l’écrivit l’apôtre Paul, la nature d’Image ».

L’exposition « questionne, une fois encore, le sens de l’amour chrétien des images. Dieu, dans le christianisme, ayant pris corps et visage d’homme, s’est prêté à l’image : telle est la raison par laquelle l’Église a toujours justifié la présence et la vénération des saintes images. De manière plus profonde encore, le Dieu du christianisme possède en lui-même la nature d’image ».

L’exposition s’articule autour de quatre sections thématiques soulignant les enjeux majeurs soulevés par la production des saintes images au XVIIe siècle. Elle débute par « un des arguments majeurs de l’Église catholique pour justifier, après la grande crise iconoclaste qui ébranla le monde byzantin aux VIIIe et IXe siècles, l’existence et la légitimité des images (si Jésus a laissé aux hommes des empreintes de son visage et de son corps, c’est bien que Dieu approuve les images) » (achéiropoiètes, images « non faites de main d’homme »). Puis, elle aborde « deux réalités différentes et complémentaires : la Rome pontificale triomphante à l’heure des grands jubilés de 1600, 1625 et 1650, et Paris, miroir d’une France profondément marquée par la déchirure des guerres de religion et dont l’Église cherche une voie autonome de celle de la papauté ». Elle s’achève par la section dédiée « à l’Eucharistie et au Saint Sacrement, dont le culte prend une dimension nouvelle au XVIIe siècle et qui est interrogé ici dans sa dimension de signe et d’image ultime ».

La gloire des images. Rome, 1580 – 1660
« De 1580 jusqu’au XVIIIe siècle, Rome fut un perpétuel chantier. Le premier moment de cette extraordinaire transformation – jusqu’en 1610, autour du grand Jubilé de 1600 – est traditionnellement compris sous le signe de la Contre-Réforme. De même que l’architecture, la représentation religieuse se veut conforme à l’esprit du concile de Trente. La convenance consiste alors dans la recherche de la vérité plutôt que dans celle de la beauté ».

Cette « phase transitoire, marquée par le rejet des séductions du contour et de la couleur, propose un art de la narration didactique, de la clarté spatiale, s’attachant à des formes abrégées ou délibérément archaïques, puis bientôt plus proches du naturel. La dureté de ce rapport à la vérité dans l’élément de l’histoire religieuse et dans celui de la nature se retrouve ainsi, au moment où s’annonce le nouveau siècle, à l’origine des deux grandes expériences artistiques, parentes et divergentes à la fois, d’Annibale Carracci et du Caravage : la nature repensée dans sa nécessité, son universalité idéale, et cette même nature contemplée dans l’éternelle contingence des corps singuliers ».

« Rien, dans le décret du concile sur les images, ne laissait prévoir que du travail de cette première génération, bientôt fécondé par le retour de la force, des couleurs et de la sensibilité, naîtrait, autour de 1630, un art plus triomphal que jamais, renouant avec les puissances et les sortilèges de l’image, et voué à la glorification perpétuelle d’un Dieu manifeste ».

L’école française. Paris, 1627-1660
La « société française entretient à l’égard de l’Italie, dans les domaines religieux, politique, intellectuel, artistique et littéraire, un rapport à la fois d’affinité profonde, d’autonomie proclamée et de rivalité essentielle ». 

En » matière ecclésiale et spirituelle, notamment, la France est gallicane, c’est-à-dire opposée à l’influence ultramontaine (qui défend la primauté, spirituelle et juridictionnelle, du pape sur le pouvoir politique). Mais la France est également sortie profondément divisée d’un demi-siècle de guerres civiles, et le catholicisme français se devait de composer avec l’esprit de la minorité réformée. Ces circonstances, ainsi que la force de sa tradition propre, expliquent le fait que la prodigieuse floraison mystique et littéraire qui suit la pacification du royaume par l’Édit de Nantes se soit accompagnée, dans l’ordre des images, d’une iconophilie assez discrète ».

Les « positions les plus nettement favorables à la culture de l’image, celles des jésuites (pour lesquels Simon Vouet réalisa le grand retable de la Présentation au Temple au maître-autel de l’église Saint-Louis, à Paris), ou celles du Carmel réformé, ne représentent que l’une des composantes de l’iconophilie de l’École française ». 

L’image « demeure, certes, l’une des marques par excellence de l’appartenance à la foi catholique – le jansénisme lui-même ne le remettra pas en cause – mais elle obéit, chez des artistes tels que La Hyre, Le Sueur ou Philippe de Champaigne, à un principe de distance, de discrétion, d’immobilité, de mesure et de silence, au regard de la grandeur infinie de Dieu ».

Pietà
L’iconographie chrétienne de la Madone tenant dans ses bras le Christ mort a influencé ceux qui fabriquent des images : photographes, cameramen, etc. Cette image résonne dans l’inconscient d’Européens, même déchristianisés.

Consciemment ou non, des photographes ou reporters déclinent cette image. Ainsi, le 23 septembre 1997, Hocine Zaourar, photographe algérien pour l’AFP (Agence France Presse), a saisi  à l'hôpital de Zmirli une Algérienne pleurant ses proches, victimes civiles du terrorisme des Groupes islamiques armés (GIA) à Bentalha, près d’Alger. Primée par le World Press Photo 1998, cette photographie, qui « a fait la « Une de 750 journaux  », a été intitulée « La Pietà de Benthala », « La Madone de Benthala »…

Le World Press Photo 2012 a été décerné au photographe espagnol Samuel Aranda, auteur d’une photo  prise le 15 octobre 2011, dans une mosquée yéménite, et cadrée autour d’une musulmane, revêtue du nikab, serrant à Sanaa un homme blessé lors d’une manifestation contre le régime du président Ali Abdallah Saleh. Une « Piétà islamique ».

Pallywood emprunte lui aussi souvent à cette iconographie chrétienne. L’image de « Mohamed al-Dura » filmée par le cameraman palestinien Talal Abu Rahma est la palestinisation et la transposition de la mère au père de la Pietà. Dès 2003, le journaliste James Fallow a qualifié l’image de « Mohamed al-Dura » de « Pietà du monde arabe ».

Cette image ne vise pas seulement l’empathie des téléspectateurs par la diffusion de blood libel, mais s’inscrit dans la théologie de la libération palestinienne : « C’est par le truchement du « Jésus palestinien » coupé de la Bible hébraïque, que s’opère le processus d’islamisation du christianisme » (Bat Ye’or).
  
      
 Jusqu’au 29 juin 2015
Hall Napoléon
75058 Paris - France
Tél. : + 33 (0)1 40 20 53 17
Tous les jours de 9 h à 18 h sauf le mardi

Visuels
Affiche
Guido Reni, Le Christ au roseau, dit aussi Ecce Homo,
vers 1640. Huile sur toile. H. 60 cm ; l. 45 cm. Paris,
musée du Louvre. Inv. 528 © RMN Grand Palais (musée du Louvre)/Stéphane Maréchalle

Simon Vouet, L’Extase de la Madeleine. Pierre noire,
réhauts de blanc. H. 32,3 cm ; l. 23,5 cm. Paris, musée du
Louvre. Inv. 33310 © Musée du Louvre, dist. RMN Grand Palais / Suzanne Nagy

François Knaeps, Ostensoir.
Argent doré. H. 84 cm ; l. 33 cm.
Liège, Grand Curtius. © Ville de Liège Grand Curtius

Laurent de La Hyre, La Déploration devant un hôpital.
Pierre noire, lavis gris, rehauts de blanc. H. 36,6 cm ;
l. 29,3 cm. Paris, musée du Louvre. Inv. 27487 © RMN 
Grand Palais (musée du Louvre) / Thierry Le Mage

Articles sur ce blog concernant :
Les citations proviennent du dossier de presse.

jeudi 25 juin 2015

La peintre Ruth Barabash


 Peintre israélienne, Ruth Barabash a étudié la philosophie à l'université de Tel Aviv. Un regard critique et désillusionné sur la société contemporaine. Dans son atelier à La Ruche, célèbre cité d'artistes à Montparnasse (Paris), Barabash crée des œuvres picturales faussement douces ou naïves.


Née à Petah Tikva (Israël) en 1963, Ruth Barabash  a étudié la philosophie à l’université de Tel Aviv.

Diplômée avec les félicitations du jury de l’Ecole nationale supérieures des Beaux-arts (Ensb-a) de Paris en 1995, elle se partage entre la France et Israël, et expose depuis 1993 notamment en France, en Italie et en Suisse, en Allemagne, en Pologne, en Chine.

En 2003, la Galerie Eric Dupont avait présenté des œuvres de Ruth Barabash  qui peignait, d’après photographies, l’image projetée par la société via des jouets ou des mannequins. Cette artiste israélienne y a présenté des cartes européocentristes, des poupées-enfants vêtues, coiffées et maquillées comme des adultes ou des avions. Ses gouaches étaient assemblées comme les éléments d’un puzzle...

Ce qui surprenait, c’était le contraste entre la candeur des couleurs ainsi que la simplicité des dessins et la violence du propos, la transposition dans le monde de l’âge tendre d’un univers guerrier et la fragilité des supports papier.

« Chaque image, motif ou espace recréé par l’artiste semble lentement émerger ou bien, se rendre là, à la surface du papier, sans jamais se définir tout à fait. Ce n’est pas une question de flou, encore moins d’inachevé. On pourrait appeler cela une qualité d’incertitude qui rend chaque « sujet » si présent, quand bien même il ne perçoit que quelques tâches posées l’apparence de la désinvolture. Les gouaches s’abandonnent sous nos yeux, elles se liquéfient parfois au point de devenir de simples évocations d’un monde que nous connaissons et qu’elle réinvente avec justesse. Ruth Barabash nous restitue une vision absente ou disparue sans nommer d'histoire(s) : ses « Top model » évoquent le monde de la mode et des défilés ; ils possèdent une puissance évocatrice d’une violence sourde, une violence que l’on ressentait déjà dans ses paysages d’Israël ou dans ses grandes compositions où des enfants jouent à côté d’un hélicoptère. Ses sujets, ses jouets par exemple, ne sont pas seulement des jouets, mais des machines de guerre. Ses grandes Mappemondes colorées (168 x 228 cm) deviennent des lieux énigmatiques, ouverts au sens, ils témoignent de notre univers en complète mutation », écrivait le galeriste Eric Dupont en 2003.

Paradis rêvé
Ruth Barabash « assemble différents petits formats formant des compositions dont les éléments se répondent. Par exemple, lorsque les phrases d'une chanson (No Matter What I Do, I'm Still In Love With You) inscrites au marqueur sur du plastique transparent côtoient une carte touristique de Cuba et un dessin de papillon. Leur mise en présence évoque notamment l'aveuglement touristique, avec un amour inconditionnel pour ces destinations lointaines cependant si évanescent — comme le papillon », analysait Marie-Jeanne Caprasse  lors de l’exposition Sweet Dreams are Made of these Fears, en 2004.

L’évolution de sa technique ? « Alors que dans mes précédents travaux, je rassemblais des feuilles de papier pour élaborer une seule peinture, le travail actuel réunit différents supports et techniques. J’utilise la toile, plusieurs qualités de papier mais aussi le plastique. J’emploie différentes techniques comme la peinture à l’huile, les encres, les feutres et puis de la peinture pour vitrail et pour céramique. Procéder ainsi me permet par ailleurs de détruire les frontières entre les matériaux nobles et ordinaires (j’utilise même des assiettes en plastique), entre les durables et les éphémères ».

A l'occasion de la FIAC 2004 et pour le 6e prix Fondation d'entreprise Ricard, celle-ci a présenté à l'Espace Paul Ricard l’exposition collective Prosismic, avec notamment des œuvres de la peintre israélienne Ruth Barabash et d’Adel Abdessemed. « Bien qu'elle implique des artistes aux parcours et démarches différents, tous sont animés d'une sensibilité commune de réaction aux complexités et contradictions de la réalité qu'ils traitent dans une gamme d'expressions aussi distinctes et variées que la peinture, la sculpture, l'installation, la vidéo, la photographie, la performance, l’action de rue ou encore la musique ».

« Il s’agit en fait de la même approche présentée sous un angle différent. Si j’ai peint pendant deux ans des machines de guerre à partir d'images trouvées dans les catalogues de jouets pour enfants, c’est parce que ceux-ci expriment selon moi les valeurs et le vrai désir de nos sociétés. Aujourd’hui, je me sers de cartes postales et d'images de catalogues de vente de vacances parce qu'elles véhiculent la même contradiction. Ce monde sur papier glacé vendu par l'industrie du tourisme, avec ses clichés hautement séduisants et léchés est le monde que nous habitons, celui des conflits, des guerres, des violence et misère sociales. Un monde utopique en quelques sortes, construit de toutes pièces et dans des contextes parfois très pauvres afin d’attirer des milliers de touristes et les arracher à leur quotidien. C’est tout ce paradoxe que j’essaie de montrer dans ma série actuelle. Les paroles de chansons d'amour qui accompagnent les peintures ont la même fonction. Ce sont des chansons que j’ai pu entendre pendant que je travaillais, captées sur les ondes radio les plus populaires. Comme les paysages de vacance, comme les papillons qui agrémentent aussi cette série, elles renvoient à l'utopie, à l'effet de mode, à l’éphémère », a confié Ruth Barabash le 22 juillet 2004 à Evelyne Jouanno, critique d’art et commissaire de l’exposition Prosismic.

Et d’ajouter : « Israël des années 70 était noyé dans l’utopie. On nous a élevés avec des valeurs socialistes en matière d'écologie, de partage, d’égalité et de fraternité (sans comparaison avec le slogan français). C'était une éducation très patriotique basée sur l’amour de notre pays. On nous a appris le nom de chaque oiseau et de chaque plante, chaque colline était admirée pour son appartenance à Israël. Il s'agissait d'une utopie mêlée d'une grande naïveté puisque pour les enfants, Israël était présenté comme un vrai paradis. Une construction purement imaginaire, de fait, qui n'a bien sûr rien à voir avec la réalité et que seul le touriste pourra trouver en découvrant Israël, depuis l’extérieur. C'est pourquoi j'ai ajouté « beautiful Israël » sur cette peinture. Une ironie en effet, qui renvoie à celle des médias et à la manière qu'ils ont de nous imposer un regard « mystificateur » sur le monde. Repeindre ces images d'un monde présenté comme idyllique par nos sociétés me permet ainsi de pousser à l'extrême l'ironie qu'il y a derrière le mythe, et par là, de le « démystifier ». Regarder mes paysages ne pourra se faire sans que la réalité vienne s'y coller, dans la conscience de chacun. Il s'agit en même temps d'interpeller le rêve de territoire parfait que chacun de nous a en soi ».


Dans son atelier à La Ruche, célèbre cité d'artistes à Montparnasse (Paris), pendant les vacances scolaires 2015, Ruth Barabash crée ces œuvres picturales faussement naïves, mais doucement profondes.


Du 12 octobre 2004 au 19 novembre 2004
12, rue Boissy d'Anglas. 75008
9, rue Royale. 75008 Paris
Galerie Royale 2
Tél. : 01 53 30 88 00
Du mardi au samedi de 11h à 19h

Visuels :
Ruth Barabash, "Chaatnez Fata-Morgana", 2004, technique mixte sur rouleau de papier, 152 cm x 12 m, Courtesy Galerie Eric Dupont, Paris

Ruth Barabash, sans titre, gouache/papier, 116/160

Ruth Barabash, sans titre, gouache/papier, 224/370

Ruth Barabash, sans titre, gouache/papier, 160/220

Ruth Barabash, I remember how you use to love me, 56/76, vitrail/papier glacé

Ruth Barabash, You told me you love me how did you..., gouache/papier, 40/60

Ruth Barabash, "Chaatnez Fata-Morgana", 2004, Technique mixte sur rouleau de papier, 152 cm x 12 m, Courtesy Galerie Eric Dupont, Paris

Ruth Barabash, La Havane, 56/76, céramique/papier glacé

Ruth Barabash, "Beutifull Israel", 40/50, gouache/papier

A lire sur ce blog :
Articles in English   

Cet article avait été publié en une version concise dans Actualité juive. Il a été publié sur ce blog le 6 novembre 2014.

mercredi 24 juin 2015

Pierre Besnainou, ex-président du FSJU-AUJF

Pierre Besnainou, qui achevait ses huit ans de présidence du FSJU (Fonds Social Juif Unifié), a été interviewé sur RCJ, radio de la fréquence Juive francilienne financée par le FSJU, les 20 et 25 mars et 2 avril 2014. Admirateur de Shimon Peres, il a minoré la désinformation médiatique, nié que l’antisionisme soit synonyme d’antisémitisme, loué la lutte « exemplaire » contre l'antisémitisme menée par les autorités politiques françaises de droite comme de gauche, a exprimé son incompréhension que la reconnaissance par l’Autorité palestinienne de l’Etat d’Israël comme Etat Juif soit une « condition préalable » à un accord de paix. Il va faire prochainement son aliyah. D'autres articles étofferont cette série sur un leadership communautaire problématique. Le 19 février 2015, ayant rejoint l'Union sioniste pour laquelle il dirige la campagne vers les électeurs francophones, Pierre Besnainou a tenu des propos choquants sur i24 News en dressant un parallèle entre l'Etat d'Israël et l'Afrique du Sud. Selon Globes, Pierre Besnainou, "homme d’affaire français à la tête d’entreprises de communication et d’immobilier", s'est associé avec l’établissement viticole « Carmel Winery » et « Chefa Meals and Service catering company » pour relancer, dans le cadre de franchise, la chaîne fast food Burger King en Israël. Article actualisé.


Le 17 décembre 2013, le Président de la République François Hollande a rappelé à l'Elysée que le FSJU (Fonds Social Juif Unifié) « est la principale organisation juive dans le champ de l’éducation, mais aussi des médias et la première source de collecte ».

Bel hommage rendu au FSJU, fédération d’organisations françaises Juives œuvrant dans les domaines sociaux, éducatifs, culturels et médiatiques  et ayant développé ses propres actions dans ces secteurs.

Des louanges communautaires
Ancien président du CJE (Congrès Juif Européen), Pierre Besnainou achevait son mandat de huit ans à la présidence du FSJU et de l’AUJF (Appel unifié juif de France), organe central de collecte dans le cadre de l'Appel national pour la Tsedaka.

« Sa tournée auprès des délégations régionales » du FSJU l’a mené en particulier à Strasbourg, Metz et Lyon où Pierre Besnainou a dit « Au revoir » aux dirigeants communautaires locaux lors de cérémonies et dîners.

Le 3 mars 2014, une « cérémonie de reconnaissance » à Pierre Besnainou suivie d’un cocktail en présence de nombreuses personnalités s’est déroulée au Centre communautaire de Paris (CCP).

Ce Kavod (poids, en hébreu, voire gloire) au CCP ne suffisait pas ?

Le 2 avril 2014, une « très belle cérémonie  » a été organisée à l’Espace Rachi-Guy de Rothschild. "Grands rabbins, Ambassadeurs, personnalités politiques, élus, professionnels, proches, tous ont tenu à participer à cet hommage chaleureux. Parmi eux, la nouvelle maire de Paris Anne Hidalgo, Christophe Bigot, ancien Ambassadeur de France en Israël, Adel Fekih, Ambassadeur de Tunisie en France, Joël Mergui, Président du Consistoire et Roger Cukierman". Le "maître de cérémonie Serge Moati, un ami de longue date, a introduit cette soirée aux odeurs « de jasmin et de falafel » qu’il a qualifiée de « shalom party » entre la France, Israël et la Tunisie. Se sont succédées sur scène différentes personnalités venues témoigner de leur amitié pour Pierre Besnainou : Jacques Attali, Daniel Shek et le Rav Azimov", ainsi que le comédien Michel Boujenah et Me Francis Szpiner, avocat de la famille d'Ilan Halimi. "David de Rothschild et Shimon Peres, interrogés dans un court film ont eux aussi apporté leur regard sur le parcours exceptionnel de leur ami... Gil Taieb, vice-président du FSJU et du CRIF, a donc remis un cadeau très particulier au président sortant : une édition de « La guerre des Juifs » de Flavius Josèphe, datée de 1700 et signée de la main d’une certaine… Golda Meir !" Après le concert du groupe Les Yeux Noirs, un buffet somptueux aux dires d'un témoin a ravi les papilles des heureux élus.

Quelle image du FSJU et de ses dirigeants ces cérémonies donnent-elles aux donateurs et aux autorités politiques ?

Qui a payé ces agapes, ce cadeau, la production de ce film, etc. ? Ces réceptions ne sont-elles pas quelque peu indécentes alors que tant de Français Juifs survivent dramatiquement ? Pour information : Américain Juif passionné par le basketball, Josh Wasserman, a donné l'argent reçu pour sa bar-mitzvah (cérémonie marquant la majorité religieuse d'un adolescent Juif de 3 ans) au centre d'intégration de Safed qui recueille des Juifs originaires d'Ethiopie.

Et la reconnaissance pour quels faits ?

Quel est le bilan de Pierre Besnainou ? Aucun média communautaire et aucun des candidats à sa succession n'ont analysé le bilan de Pierre Besnainou. Le 3 avril 2014, Kesharim, lettre d'information du FSJU-AUJF, Kesharim évoque "des années marquées pour Pierre Besnainou par des drames, Ilan Halimi et Toulouse, mais également de grandes joies et réussites". Quelles réussites ? Mystère.
Comment Pierre Besnainou a-t-il présidé le FSJU ? Voici ce qu'il en dit dans Actualité juive hebdo (10 avril 2014) : "Certains ont dit que je faisais des one-man show, mais regardez les comptes rendus de nos comités exécutifs ou de nos comités directeurs, je n'ai jamais rien fait sans l'accord total et quasi unanime de nos instances". Pourtant, un adage dit :"Deux Juifs, trois opinions... "

Et Pierre Besnainou espère que "le fait que le président du FSJU soit aussi président de la FJF [Fondation du judaïsme français, Nda] et de l'AUJF sera à mon actif". En quoi ce cumul serait-il bénéfique ?

La gestion de ce président communautaire laisse dubitatif : opacités salariales, problèmes déontologiques non résolus, trois directeurs généraux du FSJU - Jacques Bénichou, Robert Ejnès et Patrick Chasquès - en trois ans (2011-2014), transformation problématique de L’Arche de mensuel en trimestriel et fin des commandes d’articles et de dessins à environ 70 collaborateurs de ce magazine, etc.

En outre, le site du FSJU n'informe pas sur sa gestion des dossiers d'indemnisation récente par la Claims Conference des Juifs du Maroc et de Tunisie.

Par ailleurs, malgré la décision en 2012 de Pierre Besnainou d'affecter un gardien de sécurité à des lieux communautaires, un individu a pu se faire photographier faisant une quenelle devant l'école Ozar HaTorah (Toulouse), lieu de l'assassinat djihadiste antisémite de trois franco-israéliens Juifs.

Enfin, ni le site du FSJU ni celui destiné au vote électronique ne présente les modalités et les candidats à l'élection au Conseil national du FSJU le 9 mars 2014. Etc. Etc. Etc.

Radio de la communauté juive soutenue par le FSJU, RCJ a marqué la fin du mandat de Pierre Besnainou dans plusieurs émissions.

Ainsi, le 20 mars 2014, Sandrine Sebbane a interviewé Pierre Besnainou, son supérieur hiérarchique. Qui a-t-elle choisi pour témoigner sur son invité ? Michel Boujenah, Gil Taieb, et Paule-Henriette Lévy, journaliste sur RCJ et directrice de l'Action culturelle du FSJU ! Tous trois, que dis-je, tous quatre n’ont pas tari d'éloges, n’ont trouvé aucun défaut à son action. La seule autocritique de Pierre Besnainou concernant l'absence d'un garde près d'une école Juive n’a suscité aucune analyse. Alors que de nombreux Français Juifs peinent à imaginer leur avenir en France, la prochaine aliyah de ce dirigeant communautaire pendant huit ans n'a interpellé aucun de ces quatre thuriféraires.

Le dernier mardi de chaque mois, Paule-Henriette Lévy anime l’émission d'une heure Hors antenne avec Jacqueline Rémy et Annette Lévy-Willard, journalistes respectivement à Marianne et Libération. Le 25 mars 2014, elle a exprimé son « malaise » à interroger Pierre Besnainou, « président de sa propre radio ». D'emblée, elle lui a accordé « quelques jokers » afin qu'il puisse s'exonérer de répondre à des questions qui l'embarrasseraient. En fin d'émission, elle fait très, très brièvement, allusion aux critiques concernant certaines de ses actions, mais sans expliciter. Pas une seule de ces trois journalistes n'a posé de questions embarrassantes à Pierre Besnainou ni ne lui a demandé de justifier ses allégations.

Ahoda (Encore une fois, en arabe) ! Le 2 avril 2014, Sabine Mulko, animatrice de l'émission de l'AUJF Solidarité plurielle, sur RCJ, a interviewé, en compagnie de Sandrine Sebbane et de Paule-Henriette Lévy, Pierre Besnainou. Le pli est pris : aucune question dérangeante ou intéressante pendant près d'une heure. Pierre Besnainou a répondu, avec un brin de sexisme, aux questionnaires de Proust et de Socrate ! Exemples. La qualité qu'il préfère chez un homme : l'honnêteté, qui est une valeur morale. Celle qu'il préfère chez une femme : le charme. Pierre Besnainou a cependant annoncé qu'il écrivait ses mémoires sur son activité communautaire, et a confié qu'il demeure "fasciné par la manière dont les gens voient la responsabilité d'un président du Congrès Juif mondial ou du Congrès Juif européen". A Strasbourg, Pierre Besnainou avait précisé que ses mémoires "seront envoyées par mail aux proches et responsables de l'institution". Et pas aux autres ?

Ces interviews sur RCJ ? Des cas d'école pour les Centres de formation des journalistes...

Il faut attendre le n°1297 (10 avril 2014) d'Actualité juive hebdo pour que Yaël Scemama interviewe, sans le relancer, Pierre Besnainou sur son bilan. Et ce président en fin de mandat, a déclaré à propos de L'Arche, magasine du FSJU devenu trimestriel en 2011 : "On a un journal au moins aussi bon que dans le passé, une audience au moins aussi importante, et un équilibre financier qui ne pèse pas sur la collecte". Bref, la situation demeurerait inchangée. Alors pourquoi toutes ces modifications ? Et sur qui pèse l'équilibre financier ? Pierre Besnainou n'a pas communiqué le montant du budget, les nombres d'exemplaires publiés et ceux vendus, etc. C'est d'autant plus curieux que son second objectif lors de son élection en 2006 était de maintenir au FSJU "cette culture Rothschild de la transparence et de l'efficacité dans l'action".

Ingérences politiques
Dans une tribune publiée par Haaretz (25 avril 2012), Richard Prasquier, président du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France), avait évoqué les positions hostiles à l’Etat d’Israël dans le camp de François Hollande, alors candidat socialiste à l’élection présidentielle.

Ce qui avait suscité une polémique médiatique.

Dans Libération (16 mai 2012), Pierre Besnainou s’était dissocié de certaines voix :
« Ces dernières semaines, au nom de la communauté juive de France, de nombreuses voix ont exprimé, ici ou là, en particulier sur Internet, les inquiétudes les plus graves. On aura revendiqué publiquement une préférence pour le président sortant, on se sera prêté à la dramatisation, parfois à la caricature des intentions de l’autre candidat et des conséquences, supposées dangereuses, notamment pour les juifs, de sa possible élection. On aura même agité l’épouvantail d’une islamisation de la société française. Le Fonds social juif unifié, qui fédère en France 300 associations dans tous les champs de la vie juive, ne s’y associe pas. Soyons clairs. Les institutions représentatives de la communauté juive (Consistoire, CRIF et Fonds social juif unifié) n’ont pas vocation à se livrer à cet exercice, aucune n’ayant la légitimité pour exprimer une position qui refléterait l’avis politique concerté des juifs de France ».
Il est donc d'autant plus curieux que, lors des élections législatives 2012 dans la 8e circonscription des Français de l’étranger qui inclut l'Etat d'Israël, Pierre Besnainou a soutenu en tant que président du FSJU, le candidat Gil Taïeb, alors vice-président du FSJU, proche de Kadima et soutenu par le socialiste Jack Lang. Une prise de position qui jure avec la neutralité des autres dirigeants communautaires français. 

Et Pierre Besnainou d'ajouter :
« Il n’existe pas de vote juif. Bien sûr la mise en cause d’une laïcité ouverte, un débat étrange sur l’abattage rituel, une relation à Israël contrariée, peuvent influer sur une préférence de couleur politique ou inspirer l’envie de sanctionner des gouvernants. En revanche, il existe aussi en France la crainte de voir renaître la « bête immonde ». Après le meurtre raciste d’Ilan Halimi, le drame de Toulouse, auquel j’associe naturellement les victimes de Montauban, a provoqué un traumatisme énorme. La réaction unanime de la classe politique républicaine, sa présence, la solidarité exprimée ont été à la hauteur du drame. »
Pourtant la justice française avait reconnu le caractère antisémite de l'assassinat d'Ilan Halimi. Et en avril 2012, certes avec un mois de retard, le parquet de Parquet a délivré un réquisitoire supplétif afin que les quatre juges d'instruction retiennent la circonstance aggravante d'antisémitisme dans leur enquête concernant la tuerie antisémite à l'école Juive Ozar HaTorah de Toulouse. Alors pourquoi ce dirigeant communautaire français ne l'a-t-il pas indiqué ?

C'est sous sa présidence que le FSJU a publié la brochure Procès du « gang des barbares », les tortionnaires d’Ilan Halimi. Chroniques d’un procès symbolique à l’attention de la jeunesse de France. Cette brochure recensait principalement des extraits des chroniques judiciaires d'Elsa Vigoureux, journaliste au Nouvel observateur, qui avait couvert si partialement le procès du gang des Barbares devant la Cour d'assises des mineurs de Paris en 2009 que les avocats des parties civiles avaient refusé de répondre à ses questions.

Une brochure distribuée aux personnes ayant répondu à l'appel d'organisations communautaires françaises à se rassembler, après le verdict, près du ministère de la Justice, le 13 juillet 2009, à 19 h, devant le ministère de la Justice. S’y rendaient quelques centaines de personnes.

Dans l'analyse de cette affaire, taraude cette question : qui savait quoi et quand sur cet enlèvement au sein des instances dirigeantes communautaires françaises ?

Et pourquoi Pierre Besnainou a-t-il omis d'évoquer l'islamisme et l'antisémitisme musulman, bien plus actuels et menaçants que l'éventuelle renaissance de la « bête immonde » ? Surtout quand on ajoute à cette liste l'assassinat de Sébastien Selam...

Puis Pierre Besnainou a conclu : « Non, l’élection de François Hollande aux plus hautes responsabilités de la République n’est pas un coup dur pour la communauté juive ».

Partisans des thèses de Terra Nova, les gouvernements Ayrault I et II comptent un nombre élevé de ministres et de membres de cabinets ministériels aux prises de position partiales à l’égard de l’Etat Juif et inefficaces pour lutter contre l’antisémitisme .

Antisémitisme minoré
Pierre Besnainou a déclaré sur RCJ le 25 mars 2014 :
« Le gouvernement français est absolument exemplaire dans son combat contre l'antisémitisme. Aucun gouvernement en Europe n'est aussi mobilisé que ce gouvernement. Aucun pays n'a une législation aussi claire, aussi ferme dans la lutte contre l'antisémitisme que le gouvernement français... Les gouvernements, actuel et précédent, ont montré un engagement sans faille pour lutter contre l'antisémitisme. Les médias français sont exemplaires dans la lutte contre l'antisémitisme... Je passe évidemment sur quelques dérapages, on ne peut  pas dire anecdotiques, mais marginaux. La presse, les médias restent formidables dans leurs réactions contre l'antisémitisme. La société civile est absolument remarquable dans son engagement contre l'antisémitisme. Cela n'empêche pas le malaise que peuvent vivre les Juifs en France quand on crie dans une manif il  y a deux mois « Juifs hors de France », quand il y a des drames comme » ceux à Toulouse, et Ilan Halimi.

Pierre Besnainou a exhorté les « Juifs de France » à « surtout ne pas continuer à s'enfermer dans un ghetto ».

Pourquoi Annette Lévy-Willard et Jacqueline Rémy se sont-elles tues sur la désinformation, et notamment l’affaire al-Dura ? Parce que les journaux qui publient leurs articles sont souvent épinglés pour leur partialité hostile à l’Etat d’Israël ? Ainsi, Libération a été condamné  en 2002 pour avoir publié une photographie  légendée de manière erronée en 2000, au début de l’Intifada II : étudiant américain Juif au visage ensanglanté par des coups assénés par des Arabes palestiniens, Tuvia Grossman  avait été présenté à tort comme un Arabe palestinien battu par un policier israélien. Quant à Marianne, sa terminologie dans la couverture du conflit au Proche-Orient est si biaisée : « colonisation  », etc.
Mais pourquoi ce mutisme de Paule-Henriette Lévy ? Est-ce parce que RCJ n' a interviewé Philippe Karsenty qu'en mai 2013, soit près de 13 ans après la diffusion du reportage controversé par France 2 et après la publication du rapport ministériel israélien concluant à la mise en scène des faits allégués le 30 septembre 2000 par Charles Enderlin sur des images signées par Talal Abu Rahma, cameraman palestinien du fleuron du service public audiovisuel.

Surtout, le silence de Pierre Besnainou sur l’affaire al-Dura, blood libel de l’Intifada II, est alarmant sur une affaire d'envergure internationale qu'aucune autorité administrative ou politique française n'a fait cesser, mais il s'avère en phase avec celui du leadership communautaire en général. Et il correspond à celui qu’il a observé depuis 2000, dans tous ses mandats français et européens dans cette controverse qu’il ne peut ignorer.

Quant au ghetto, combien comme Ruth Smadja, n’ont pas d’autre choix pour simplement survivre dans un environnement hostile, faute d’avoir les moyens financiers pour déménager ?
Pierre Besnainou a ajouté : « Il y a un malaise. La société française connait un certain nombre de problèmes. La société juive en France en connait un petit  peu plus. La société française a un malaise avec la minorité majoritairement maghrébine mal intégrée... [Nous devons monter] des projets communs [avec les musulmans] pour que leur intégration puisse s'améliorer... Leur intégration sera notre intégration. Leur échec sera notre échec ».

Il a conclu : certains « ont assimilé la critique de la politique israélienne à de l'antisémitisme. Non. Il faut arrêter. On est en train de dépasser des frontières préjudiciables à notre soutien à Israël. Nous confondons antisémitisme et antisionisme ».

« Comme tous les antisémites, vous dites que vous n’êtes qu’antisionistes », a asséné la procureur à deux quenellistes - "Lofti Ftaiti, 31 ans, six mentions au casier et Pierre-Marie Payet, 28 ans, cinq mentions" -, condamnés par le Tribunal d'Amiens, le 21 avril 2014, à cinq mois de prison ferme pour provocation à la discrimination raciale et injures.

En outre, dans son rapport Chantier sur la lutte contre le racisme et l'antisémitisme remis le 19 octobre 2004 à Dominique de Villepin, alors ministre de l'Intérieur, Jean-Christophe Rufin, médecin, écrivain et ancien président de l’association Action contre la faim, alertait sur :
« l’antisionisme radical [qui] n’est pas la simple critique conjoncturelle d’une politique mais bien une remise en cause des fondements même de l’Etat d’Israël », une « forme d’antisémitisme par procuration ».
Jean-Christophe Rufin écrivait :
« Israël, assimilé aux Etats-Unis et à la mondialisation libérale, est présenté comme un Etat colonial et raciste qui opprime sans fondement un peuple innocent du Tiers-monde… Derrière les critiques violentes qui assimilent le sionisme au nazisme, on entend, en écho subliminal, la voix interdite mais bien relayée des terroristes islamistes qui généralisent le combat et affirment « qu’il faut attaquer les Juifs partout où ils se trouvent ».
Quand certains médias évoquent ou certains politiciens critiquent la « construction de logements dans les territoires occupés », Pierre Besnainou estime-t-il que c'est une terminologie exacte, une critique légitime et fondée, de l'antisionisme, de l'antisémitisme, ou ces deux dernières hypothèses ?

Dialogue avec les musulmans
Initiative personnelle, communautaire, favorisée par les autorités politiques françaises ? Le 18 janvier 2010,à l'initiative de Pierre Besnainou, a eu lieu lors d'un déjeuner à l’Espace Rachi, siège du FSJU, une rencontre entre le bureau exécutif du FSJU et une délégation du Fonds Social des Musulmans de France, conduite par son président, Chems-eddine Hafiz. Le Fonds Social des Musulmans de France, créé récemment, a pour vocation de devenir l’institution centrale de l’Islam de France dans les domaines de la solidarité, notamment par des programmes de réinsertion sociale et économique en se référant aux valeurs de la tradition musulmane. Les participants se sont unanimement félicités de la volonté de dialoguer et d’échanger autour d’expériences dans les domaines du social, de la santé et de l’éducation. Le principe d’envisager des projets communs a été posé. « Ce déjeuner constitue une première étape et un symbole dont nous nous réjouissons, a souligné Pierre Besnainou. » « Nos deux communautés sont interpellées par des problématiques sociétales sur lesquelles nous pouvons, voire devons, réfléchir ensemble, a ajouté Chems-eddine Hafiz. » Un planning de rencontres régulières entre les deux institutions sera arrêté dans les prochains jours. Cette rencontre marque, de part et d’autre, la volonté citoyenne de participer et contribuer activement aux relations harmonieuses entre les deux communautés de France".

Quel est le bilan de cette rencontre ? En matière d'éducation, qu'a fait le bureau exécutif du FSJU contre l'enseignement de la haine islamique des Juifs ? Pourquoi les communautés Juives et musulmanes doivent-elles réfléchir ensemble à des "problématiques sociétales" ? Et lesquelles ?

Parlement Juif européen
Voici une douzaine d’années, Shimon Peres avait suggéré aux dirigeants communautaires européens de fonder une institution communautaire en Europe. Une énième instance  ? Oui, car il existe déjà le Congrès Juif européen, dont Pierre Besnainou a été un président dont le bilan serait intéressant à établir. Le 2 avril 2014, il a déclaré sur RCJ qu'il avait "été en première ligne dans le combat contre Ahmadinejad" et tenté d'établir des liens avec le Premier ministre turc Erdogan.

En 2011, le philanthrope et entrepreneur ukrainien Igor Kolomoisky a fondé l’Union juive européenne (EJU) dotée d’un Parlement Juif européen  (EJP) de 120 membres élus par Internet dans 47 Etats européens. Sur 403 810 votants, 74 563 électeurs étaient français, 76 764 allemands. Roger Cukierman a fustigé ce Parlement lors de sa constitution.

En 2012, Pierre Besnainou a été élu membre de ce Parlement supposé représenter 3,5 millions d’Européens Juifs. Sur quels programmes ? Mystère.

Quelles sont les actions de cet élu ? Quel est son bilan ? Je n’ai trouvé sur Internet ni ses éventuels communiqués ni ses hypothétiques comptes rendus de mi-mandat ou de mandat.

Quels parlementaires Juifs assurent, grâce aux technologies électroniques (sites, newsletters), la transparence en informant sur ce Parlement et leurs actes ? Ce ne sont pas les deux dirigeants communautaires français élus – Pierre Besnainou et Roger Fajnzylberg, alors directeur général de l’OSE (Œuvre de secours aux enfants) et promu délégué général de la Fondation OSE MES  (Mémoire Enfance Solidarité). Ce sont par exemple le belge Joël Rubinfeld, ancien président de l’équivalent belge francophone du CRIF, et Jean-Marc Moskowiczprésident d’Europe Israël. Est-ce un hasard ou est-ce caractéristique de pratiques communautaires françaises archaïques et opaques ?
On peut s’interroger sur l’intérêt de ces deux membres à l’égard de leurs mandats, et sur leur motivation à postuler à cette élection.

Aliyah
En 2004, Pierre Besnainou "a été l'organisateur de l'opération "Sarcelles d'abord" qui visait à faire émigrer vers Israël une partie des juifs de France, avec l'appui logistique de l'Agence juive, l'organisme israélien chargé de favoriser l'alyah. En 2005 il a créé sur ses propres fonds, l'aide au départ, l'AMI (Alyah meilleure intégration) dont les bureaux sont à Jérusalem". Il "a lancé l'idée de la double nationalité pour les juifs de France, ce que  Roger Cukierman - président du CRIF à l'époque -estimait contraire au patriotisme français -", relève Claudine Douillet, responsable d'Alliance, "premier magazine Juif sur le net" (30 septembre 2012).

A Alliance, Pierre Besnainou soulignait son rôle afin de "renforcer l'identité Juive", et que "faire son alya, c’est vivre un idéal". Mais il alléguait : "Emigrer dans un pays est rude, même si nos racines françaises ne sont pas très profondes (80% de la communauté juive est arrivée en France dans les années 50/60)". Or, la profondeur des racines des Français Juifs dans leur pays ne se mesure pas au nombre d'années de vie en France.

Pierre Besnainou a alors déclaré : "J'ai été nommé, il y a 3 ans, par le Premier ministre d’Israël, Ehud Olmert, président d'une commission de réflexion sur les relations entre Israël et la diaspora. La conclusion de ce rapport, qui n’a pas été retenu par l’actuel gouvernement, a été que le fils doit à présent aider le père. En effet, Israël s'est construit à 98% avec l'aide de la diaspora. Il me semblait pertinent de proposer qu’aujourd'hui c'est au tour d'Israël d'aider la diaspora. Le sens de mon rapport était celui-là : Aidez-nous à ce que les Juifs restent juifs et les ponts avec Israël se feront naturellement.  En un mot : Relier l'esprit à la lettre".

Sur RCJ au printemps 2014, Pierre Besnainou a évoqué sa motivation et s'est réjoui du Bac Bleu Blanc, qui est une initiative de... l'Agence Juive pour Israël (AJPI) depuis 2003, donc avant l'élection de Pierre Besnainou,  subventionnée par le Keren Hayessod d'Israël et qui depuis un an est gérée par le Keren Hayessod-Appel unifié pour Israël. Mais certes, pendant plusieurs années, l'AJPI a organisé ce séjour éducatif "en collaboration avec l'organisation AMI et avec le soutien du FSJU".

En mars 2014, Pierre Besnainou écrivait dans Tenoua : "Israël n’est pas une sortie de secours. Israël est un choix, le rêve qu’un projet de vie pensé et préparé transforme en réalité... Nos enfants sont internationaux". Or, l'aliyah ne doit pas être récusée si sa motivation réside dans la volonté de s'extraire d'une situation dangereuse, de fuir une situation mortifère. Et à force de parler des "Juifs de France", les dirigeants communautaires oublient que leurs coreligionnaires sont Français.

Et il ajoutait dans Tenoua : "Chaque citoyen français qu’il soit chrétien, musulman ou juif  l’est à part entière avec des droits et des devoirs. C’est pour cela qu’il faut inciter nos jeunes à s’engager dans la société nationale. La France vit une crise de société, ébranlée dans ses fondements judéo-chrétiens. Elle en a déjà vécue et en vivra encore d’autres, multiples. Lors de ces crises, la communauté juive ne doit pas se résigner à s’inscrire dans le rang des  « dommages collatéraux» ; elle ne doit pas baisser les bras et accepter de vivre en ghetto". Ce qui révélait sa méconnaissance de la dégradation dramatique de la condition Juive en France.

Pierre Besnainou indiquait dans Tenoua : "Chaque citoyen français qu’il soit chrétien, musulman ou juif  l’est à part entière avec des droits et des devoirs. C’est pour cela qu’il faut inciter nos jeunes à s’engager dans la société nationale. La France vit une crise de société, ébranlée dans ses fondements judéo-chrétiens. Elle en a déjà vécue et en vivra encore d’autres, multiples. Lors de ces crises, la communauté juive ne doit pas se résigner à s’inscrire dans le rang des  « dommages collatéraux» ; elle ne doit pas baisser les bras et accepter de vivre en ghetto. Parce que nous sommes Français, nous devons aider la France à régler ses problèmes; l’aider y compris dans ses difficultés avec une partie de sa population moins bien intégrée et pour beaucoup composée de jeunes issus de l’immigration maghrébine. Le rejet de l’autre n’a jamais offert une vision d’avenir. Que chacun se le dise : de leur succès dépend le nôtre". Alors pourquoi Pierre Besnainou a-t-il fait son aliyah ? Pourquoi lie-t-il le succès des Juifs à celui de l'"autre" ?

Et Pierre Besnainou concluait dans ce numéro de mars 2014 de Tenoua : "Les dirigeants communautaires ont un rôle extraordinairement important  à jouer. Ils doivent prendre de la hauteur et mettre un terme à une droitisation du propos qui conduit directement au ghetto que j’évoquais à l’instant. Le monde vit à toute allure sur les routes des nouvelles technologies et des réseaux sociaux. Le monde est devenu minuscule. Si le net peut être un déversoir antisémite et haineux, il est aussi une extraordinaire fenêtre de liberté rendant par exemple possible le dialogue direct entre jeunes Israéliens et Palestiniens, premiers pas vers une cohabitation positive, vers une paix inéluctable". Pourquoi ce président communautaire encore en fonction se positionne-t-il politiquement ? Pourquoi évoque-t-il de manière idyllique, voire naïve, une paix au Proche-Orient, alors qu'il semble ignorer la cause du conflit : le refus islamique d'un Etat Juif ?

Politicien israélien
Dès son mandat à la présidence du FSJU, Pierre Besnainou est devenu membre du Board of Governors du Shimon Peres Center for Peace.

Alors que, lors de la conférence de l'AIPAC du 4 mars 2014, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu a insisté pour que Mahmoud Abbas reconnaisse l'Etat d'Israël en tant qu'Etat Juif, Roger Cukierman a déclaré le 14 mars 2014, sur Radio J, qu'il estimait secondaire cette reconnaissance par l'Autorité palestinienne. Pour le président du CRIF, « le vrai débat, c'est le problème des frontières, c'est Jérusalem ».

Et Pierre Besnainou a abondé en ce sens le 25 mars 2014 : "Shimon Peres est un ami, mentor, père spirituel. Je l'ai rencontré il y a une vingtaine d'années après la signature des accords d'Oslo. J'étais assez proche du gouvernement tunisien sous la présidence de Ben Ali. Arafat était à Tunis. La Tunisie a joué un rôle que peu connaissent dans ces accords. J'ai été un passeur de messages de paix entre la Tunisie et l'Etat d'Israël. J'ai fait partie de la première délégation tunisienne à se rendre en Israël... Shimon Peres, ce sera les accords de paix. Shimon Peres, c'est le passé, le présent, ce sera certainement l'avenir... Le processus est malheureusement ralenti. Certainement des problèmes d'hommes... L'Etat palestinien est fondamental. S'il n'y a pas d'Etat palestinien, l'Etat d'Israël n'est pas Juif. Demander aux Palestiniens de reconnaitre un Etat Juif, on peut en débattre... Cela changerait-il quoi que ce soit pour moi qu'Abbas reconnaisse l'Etat Juif ? Qu'est-ce qu'un Etat Juif ?... Depuis Oslo, le principe d'un Etat Juif et d'un Etat musulman qui vivent côte à côte, on l'espère en paix, est un élément sur lequel plus personne ne peut remettre en cause... Sans Etat palestinien, l'Etat d'Israël ne peut pas et ne sera pas être un Etat Juif."

Aucune des trois journalistes - Paule-Henriette Lévy, Annette Lévy-Willard et Jacqueline Rémy -  n'a contesté la pertinence de ces allégations.

Or, ainsi que le souligne le journaliste David Hazony, « accepter l'Etat Juif, c'est créer les conditions minimales d'une fin du conflit. C'est le problème central » quand des foules arabes ont tué des Juifs désarmés, notamment à Hébron (1929), quand les Etats Arabes ont refusé le plan de partition onusien de la Palestine mandataire (1947) créant en particulier un Etat Juif, quand en 1964 l'OLP fut créée pour « éliminer le sionisme en Palestine », quand après la guerre des Six-jours (1967) huit Etats arabes ont déclaré le "triple Non" de Kartoum, etc. Et « c'est là le défi d'Israël : en reconnaissant la légitimité d'Israël, l'islam acceptera le principe de l'égalité des hommes et des peuples et abolira le jihad et la condition de dhimmi. Et s'il le fait pour les Juifs, il le fera pour les Chrétiens et le reste de l'humanité » (Bat Ye'or).

En plus de la Jordanie composée à plus des deux tiers d'Arabes palestiniens, du Gazastan, du Fatahland dirigé par Mahmoud Abbas (Abou Mazen), il faudrait encore un quatrième "Etat palestinien", incitant lui aussi à la haine des Juifs !?

Sur ce clivage entre l'Etat d'Israël et le leadership communautaire, se greffe un fossé croissant entre celui-ci et les Français Juifs lambda qui, informés, savent d'une part à quel point il est crucial que les « Arabes palestiniens » et, au-delà, les mondes arabe et/ou musulman reconnaissent au plus tôt, et non pas en fin de négociation, l'Etat d'Israël en tant qu'Etat Juif, et d’autre part que les négociations actuelles n'amèneront à aucune paix, car elles ne sont qu'une des batailles de la « guerre d'Oslo ».

Et que dire de la terminologie biaisée - "colonies" au lieu d'agglomérations, "Cisjordanie" en place de "territoires disputés" ou Judée et Samarie - de RCJ sur ce conflit !

Mutisme communautaire
Ces déclarations récentes de Pierre Besnainou suscitent des réflexions : les leaders communautaires français  sont-ils astreints à un devoir de neutralité politique, tant en ce qui concerne la politique hexagonale que celle de l'Etat d'Israël ? Quand ils expriment leurs positions politiques, ils risquent de faillir à leur devoir d'unifier la communauté Juive, peuvent susciter l'adhésion de certains, mais le rejet d'autres, ainsi que brouiller l'image de l'institution. D'autant que la défense de l'Etat d'Israël demeure l'une des missions des principales organisations françaises Juives.

Les déclarations de Pierre Besnainou en 2014 soulignent également l'actualité du livre La défense des intérêts de l'Etat d'Israël en France de Marc Hecker.

Sans nommer Pierre Besnainou, mais avec vigueur, Edward Amiach, président de l’UPJF  (Union des patrons Juifs français), a fustigé le 30 mars 2014, sur Radio J, les récentes « déclarations de dirigeants communautaires en ce qui concerne Israël, Etat du peuple Juif, l’antisémitisme et l’antisionisme… Lorsqu’un dirigeant de la communauté dit qu’Israël n’est pas le pays du peuple Juif, ce qui est totalement faux et en opposition avec la vérité historique et le droit, il ne représente pas l’immense majorité des membres de la communauté Juive. [Pour ceux-ci] Israël est l’Etat du peuple Juif, et tout acte antisioniste est guidé par antisémitisme violent. Contre cela, il faut s’unir ».

On ne sait ce qui est le plus inquiétant : le silence médiatique ou le mutisme communautaire autour de ces propos édifiants qui ont scandalisé  moultes auditeurs et Internautes ? L’indifférence à l’égard des mandats de ces deux parlementaires ? Le fossé qui s'approfondit entre des dirigeants communautaires et leurs coreligionnaires, et dont témoigne la faible audience du rassemblement du 19 mars 2014 organisé par le CRIF à Paris ?

C’est désormais au FSJU et aux autres dirigeants communautaires français, notamment à Ariel Goldmann, successeur de Pierre Besnainou à la présidence du FSJU, et à Gil Taieb, vice-président du FSJU, d'approuver ou de se démarquer des déclarations de Pierre Besnainou.

Et c'est aussi aux donateurs de manifester plus d’exigence à l’égard des leaders communautaires, et de conditionner leurs dons au FSJU à une neutralité politique, à une meilleure détection et analyse de l’antisémitisme, à un sionisme renforcé et à un discours plus conforme à la réalité.

Campagne électorale israélienne
Le 19 février 2015, ayant rejoint l'Union sioniste pour laquelle il dirige la campagne vers les électeurs francophones en vue de l'élection des futurs membres de la Knesset, Pierre Besnainou a tenu des propos choquants sur i24 News. Le parti Union sioniste est dirigée par Yitzhak Herzog, chef du parti travailliste, et Tzipi Livni, aux appartenances politiques successives variées : Likoud, Kadima, Hatnuah, etc.

Pierre Besnainou a comparé la situation d'Israël avec celle de l'Afrique du sud, "où les Blancs d'Afrique du sud devaient sortir de l'enfermement... Le problème est que Netanyahu n'est pas de de Klerk".

Ancien journaliste et ex-ambassadeur, Freddy Eytan a calmement, mais fermement, répondu : "Il y a des arguments qui sont mauvais. Il ne faut jamais faire de comparaison avec l'Afrique du sud, parce qu'on nous accusera d'apartheid".

Cet ancrage à gauche est partagé par Gil Taieb, les présidents de l'UEJF, etc., alors que les Français en Israël votent lors des élections politiques hexagonales à environ 90% pour des candidats de droite.


Pierre Besnainou inaugure une figure appelée vraisemblablement à se multiplier : celle du dirigeant communautaire français ayant fait son aliyah - Joseph Zrihen, ancien responsable au CRIF et au FSJU, désapprouvait les propos d'Ariel Sharon, alors Premier ministre, tenant le discours classique de dirigeant israélien appelant les Juifs de diaspora à faire leur aliyah, Ayant fait son aliyah, il est devenu président exécutif de la Fédération israélienne francophone -, et cherchant à retrouver une position similaire à celle qu'il occupait en France. 

Ces figures communautaires reproduisent en Israël le modèle français dont ils révèlent les caractéristiques : adhésion à la "solution à deux Etats", etc.

Burger King
Selon Globes, Pierre Besnainou, "homme d’affaire français à la tête d’entreprises de communication et d’immobilier", s'est associé avec l’établissement viticole « Carmel Winery » et « Chefa Meals and Service catering company » pour relancer, dans le cadre de franchise, la chaîne fast food Burger King en Israël. Il est l'actionnaire majoritaire du projet de 12 millions de dollars qui prévoit d'ouvrir 50 boutiques lors des cinq futures années. La société Burger King avait échoué à s'implanter en Israël en 2010.


Articles sur ce blog concernant :
Articles in English
Publié les 31 mars 2014, 2 avril 2014 et 23 février 2015, cet article a été modifié le 23 juin  2015.