dimanche 31 mai 2015

Des Prix Dan David prestigieux


Le Prix Dan David 2014 vient d'honorer notamment les historiens Pierre Nora et Saul Friedlander. Décerné depuis 2002, ce Prix « reconnaît et encourage la recherche innovante et interdisciplinaire qui traverse les frontières et paradigmes traditionnels » dans les trois dimensions temporelles : passé, présent et avenir. En plus de distinguer des personnalités reconnues et parfois controversées, il récompense aussi des lycéens israéliens. Parmi les récipiendaires des Prix Dan David 2015 : Jimmy Wales, fondateur de Wikipedia, honoré par le Dan David Prize pour le Présent-Révolution de l'information.


« En 1965, un cousin prêta à Dan David 200 000 $ sans intérêt, lui permettant ainsi de développer et de commercialiser ses concepts photographiques et ses brevets technologiques - dont le photomaton, et de devenir à terme un homme d'affaire couronné de succès et un multimillionnaire ».

Homme d’affaires et philanthrope, francophone et francophile, Dan David (1929-2011) a présidé Photo-Me International Plc, société enregistrée au London Stock Exchange, qui détient « près de 90% du marché mondial des photomatons implantés dans les centres commerciaux du monde entier ».

« Chaîne de mécénat »
C’est en souvenir de ce prêt que Dan David, a eu l’idée de créer en 2002 un Prix original instituant une chaîne de mécènes.

Financé par une dotation de $100 millions de la Fondation Dan David, administré par l’université de Tel Aviv, ce Prix est organisé par cette Fondation en coopération avec le ministère français de la Culture et de la Communication.
Le Prix Dan David « reconnaît et encourage la recherche innovante et interdisciplinaire qui traverse les frontières et paradigmes traditionnels. Il vise à encourager les valeurs universelles d’excellence, de créativité, de justice, de démocratie et de progrès, ainsi qu’à promouvoir les réalisations scientifiques, technologiques et humanistes qui font progresser et améliorer notre monde ».

Ce Prix couvre les trois dimensions temporelles - Passé, Présent et Futur – qui représentent des domaines de réalisations humaine. Chacune d’elle est dotée d’un prix d’un million de dollars.

Décerné depuis 2002, ces trois Prix Dan David ont récompensé « des individus ou des institutions qui ont prouvé une excellence exceptionnelle distincte dans les sciences, arts, et humanités qui ont fait une contribution remarquable à l’Humanité sur la base du mérite, sans distinction de genre, race, ethnie, couleur, religion, langue, nationalité, handicap ou affiliation politique ».

Le Prix Dan David institue une « chaîne de mécénat » : chaque lauréat « s’engage à attribuer 10% du montant de son Prix, soit 100 000 dollars, au financement de bourses destinées à de jeunes chercheurs ou étudiants particulièrement brillants dans leurs disciplines respectives, pour contribuer à l’avancement de leurs travaux ».

Le Conseil d'Administration du Prix Dan David  est présidé par Joseph Klafter, professeur de chimie physique à l’université de Tel Aviv dont il est le président. Il réunit l’historienne spécialiste de la Russie et secrétaire perpétuelle de l’Académie française  Hélène Carrère d’Encausse, Ariel David, journaliste et fils de Dan David, le ministre français de la Culture, actuellement Aurélie Filippetti, le professeur Robert C. Gallo, directeur de l’Institute of Human Virology de la School of Medicine de l’Université du Maryland à Baltimore, le professeur Hanna Holborn Gray, professeur Emeritus d’Histoire à l’Université de Chicago, le professeur Joshua Jortner, professeur de chimie à l’université de Tel Aviv et ancien président de l’Israel National Academy of Sciences, Henry A. Kissinger, ancien Secrétaire d’Etat américain et historien et Prix Nobel de la Paix en 1973, Jean-Marie Lehn, professeur de chimie au Collège de France, Itamar Rabinovich, président de la Fondation Dan David et professeur d’histoire du Moyen-Orient à l’université de Tel-Aviv, Emmanuel Roman, co-directeur général de GLG Partners et Francis Wahl, homme d’affaires.

Parmi les lauréats du Prix Dan David, citons le journaliste polonais Adam Michnik, le rédacteur en chef adjoint du Corriere della Sera et eurodéputé italien Magdi Allam, Tony Blair, Goenawan Mohamad (2006), le violoncelliste Yo-Yo Ma, Michel Serres et le réalisateur Atom Egoyan.

Soirée prestigieuse au Palais Garnier
C’est Paris qui, pour la première fois depuis la création des Prix Dan David en 2002, a accueilli le 8 mars 2007 la soirée de remise de cette distinction à l’Opéra Garnier, sous le haut patronage du Président de la République Jacques Chirac et en présence de Renaud Donnedieu de Vabres, alors ministre français de la Culture et de la Communication, et de Yuli Tamir, alors ministre israélienne de l’Education.

Etaient honorés en 2007 pour la « Dimension temporelle du Passé » l’historien médiéviste Jacques Le Goff  – représenté ce soir-là par son fils -, pour la « Dimension temporelle du Présent », le compositeur Pascal Dusapin et le directeur musical à vie de l’orchestre philharmonique d’Israël Zubin Mehta, enfin, pour la « Dimension temporelle du Futur », Sarah R. Kurtz, Jerry M. Olson  et James S. Hansen  primés pour leurs recherches dans le domaine énergétique.

Jacques Le Goff et Zubin Mehta ont adressé un message de tolérance à l’assistance nombreuse.

A l’Opéra Garnier, le public a admiré le Défilé du corps de ballet et le Ballet Proust ou les intermittences du cœur chorégraphié par Roland Petit. Présenté uniquement lors de galas ou de manifestations exceptionnelles, le Défilé du Ballet de l’Opéra de Paris « est une parade unique dans le monde de la danse, destinée à présenter la troupe dans toute l’envergure de la scène. Les danseurs arrivent lentement, depuis le fond du Foyer de la danse (situé derrière le plateau) pour venir jusqu’au proscenium saluer le public, cortège qui s’étire sur une profondeur de 46 m (le miroir qui garnit le mur du Foyer doublant encore la perspective pour le spectateur) ». Imaginé par Serge Lifar en 1946, ce Défilé a rassemblé les cent cinquante quatre danseurs du Ballet de l’Opéra de Paris : les Etoiles, les Premiers Danseurs, les Sujets, les Coryphées, les Quadrilles et la centaine d’élèves de l’École de danse, unis dans un héritage de plus de trois cents ans de tradition ».

Des lauréats parfois controversés
Le Prix Dan David « récompense des travaux dans le monde entier sur une base non discriminatoire. Les candidats sont sélectionnés en fonction de l'excellence de leur connaissance et de la qualité de leurs travaux et de leurs réalisations, contribuant au progrès. Les bourses du Prix Dan David sont également ouvertes à tous les étudiants d'excellent niveau dans les domaines de recherche des lauréats », avait déclaré en 2003 le professeur Itamar Rabinovitch, alors président du Conseil d'Administration du Prix Dan David et de l’Université de Tel Aviv.

On peut regretter que ce Prix ait été décerné à des artistes aux opinions partiales à l’égard de l’Etat Juif et dont les déclarations ne correspondent pas toujours aux nobles objectifs du Prix Dan David : ainsi, le romancier controversé  Amos Oz Prix Dan David 2008, qui a appelé au boycott des localités Juive dans les territoires disputés, et le photographe James Nachtwey, Prix Dan David Dimension Présent - Presse écrite, Médias audiovisuels en 2003  alors qu’il a magnifié  le stéréotype du jeune Palestinien frondeur sans montrer son instrumentalisation par Pallywood et l’apologie du terrorisme palestinien par l’Autorité palestinienne.

Quant à Al Gore, récipiendaire du Prix Dan David 2008 Social Responsibility with Particular Emphasis on the Environment, il a été co-lauréat en 2007, avec le controversé GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) ou IPCC (Intergovernmental Panel on Climate Change), du Prix Nobel de la paix  pour « leurs efforts afin de mettre en place et diffuser une meilleure compréhension du changement climatique causé par l'homme, et de jeter les bases des mesures nécessaires pour contrecarrer un tel changement ». Or, les allégations d’Al Gore sont parfois erronées et ses prédictions  notamment sur le « réchauffement climatique  » imputé essentiellement à l’activité humaine contredites par la réalité. 

Enfin, le metteur en scène Peter Brook a reçu le Prix Dan David 2005 pour la dimension Présent. En septembre 2012, ce directeur  du Théâtre des Bouffes du Nord (Paris), alors âgé de 87 ans, avait annoncé qu’il ne participera pas  au Festival international des pièces de théâtre (Festival of Plays) en décembre 2014 au théâtre Cameri de Tel-Aviv. A la suite d’une campagne de BDS lui demandant de boycotter ce festival, il n’y a pas participé parce qu’il « était contre l’acte de colonisation ». Il a alors écrit à ce théâtre israélien : « Le fait que le théâtre Cameri a accepté de soutenir l’action brutale de colonisation en jouant à Ariel nous a rendu conscients que se rendre à votre théâtre apparaîtrait comme un soutien à cette action brutale. Ceci nous contraint à décliner votre invitation à jouer dans votre théâtre. Cette décision est entièrement notre… Nous savons que beaucoup parmi vous et dans votre pays partagent notre attitude et ce sont eux, ainsi que le peuple de Palestine, que nous souhaitons soutenir ».

Or, Ariel est une localité située à 60 km au nord de Jérusalem, en Samarie, dans les territoires disputés. Cette cité relève de la souveraineté israélienne conformément à la conférence de San Remo, à la délimitation de la « Palestine mandataire » entérinée par la Société des Nations puis par l’Organisation des Nations unies (1945).



Finalement, le Conseil décidant des récipiendaires des Prix Dan David est parfois Influencé par le "politiquement correct" et l'air du temps...   

Parmi les récipiendaires des Prix Dan David 2015 : Jimmy Wales, fondateur de Wikipedia, encyclopédie électronique traduite en 288 langues, honoré par le Dan David Prize pour le Présent-Révolution de l'information. Si Jimmy Wales soutient et défend l'Etat Juif, certains articles de Wikipedia expriment un parti pris anti-israélien.

A lire sur ce blog :
Articles in English

Cet article a été publié en une version concise par L'Arche. Il a été publié sur ce blog le 23 mai 2014.

lundi 18 mai 2015

« Plus jamais les camps ! L'autre message de l'opéra Brundibar » (Wiedersehen mit Brundibar) de Douglas Wolfsperger


Arte a diffusé « Plus jamais les camps ! L'autre message de l'opéra Brundibar » (Wiedersehen mit Brundibar) de Douglas Wolfsperger. Opéra pour enfants, Brundibár a été composé en 1938 par Hans Krása, sur des lyrics d’Adolf Hoffmeister. Interprété  dans la camp nazi de Terezín (Theresienstadt), en Tchécoslovaquie occupée par les Allemands, le 23 septembre 1943, cette œuvre a été instrumentalisée par la propagande nazie dans le film Theresienstadt - eine Dokumentarfilm aus den jüdische Siedlungsgebiet, dirigé par Kurt Gerron. Elle est au centre d’un projet éducatif et artistique berlinois visant une vingtaine de jeunes issus de milieux défavorisés qui rencontrent Greta Klingsberg, une des premières interprètes du spectacle. Les 19 et 21 mai 2015, Brundibár, opéra de Hans Krása (1899-1944) pour voix d’enfants en deux actes, créé à Terezín en 1943 sur un livret d’Adolf Hoffmeister, sera interprété au théâtre de Caen par l'orchestre régional de Basse-Normandie. 


Écrit en 1938 par le compositeur Hans Krása (1899-1944), doté d’un livret signé par Adolf Hoffmeister, l’opéra Brundibár répondait initialement à un concours du ministère de l’Education populaire, qui a été annulé en raison des événements tragiques préludant la Seconde Guerre mondiale. 

D'une durée de cinquante minutes, il a été présenté pour la première fois en 1938 dans un orphelinat Juif de Prague, et en 1942 avant la déportation des Juifs de Bohême et de Moravie vers le camp nazi de concentration Terezín (Theresienstadt), en Tchécoslovaquie occupée par les Allemands. 

« Brundibár », qui signifie bourdon en tchèque, désigne dans l’opéra le méchant, joueur d'orgue de barbarie inspiré du Führer Adolf Hitler. L’intrigue : la mère d’Aninka et de Pepíček est malade. Le médecin a prescrit du lait pour améliorer son état de santé, et les deux enfants se rendent au marché pour en acheter. Malheureusement, ils n’ont pas d’argent. Pour s’en procurer, ils décident de chanter sur la place publique. Furieux de cette concurrence inattendue, Brundibár tente de contrecarrer leur plan. Avec l’aide d’animaux et d’enfants, Aninka et Pepíček parviennent à leur but et entonnent le chant final marquant leur victoire, celle du faible contre le puissant.

En août 1942, Hans Krása est déporté au camp nazi de Terezín (Theresienstadt). Là, il y réorchestre la partition de son œuvre pour l’adapter aux différents musiciens du camp pouvant le jouer. Brundibár est interprété le 23 septembre 1943, et plus de cinquante fois par des enfants et des adolescents de Terezín.

Conscients du potentiel de cette œuvre populaire, les Nazis instrumentalisent Brundibár au service de leur propagande.

Ils intègrent une répétition de cet opéra pour enfants lors de la visite de Terezín, le 23 juin 1944 d'une délégation incluant Frants Hvaas, chef de la section politique du ministère danois des Affaires étrangères, le docteur Juel-Henningsen, haut fonctionnaire du ministère danois de la Santé, et le Suisse, Maurice Rossel, directeur adjoint du bureau de Berlin de la Croix-Rouge Internationale, six représentants de la SS, un représentant du ministère allemand des Affaires étrangères, un délégué de la Croix-Rouge allemande et  Karl Rahm, dirigeant ce camp. 

Les Nazis organisent une représentation spéciale pour leur film de propagande, en noir et blanc, sonore, Theresienstadt - eine Dokumentarfilm aus den jüdische Siedlungsgebiet (Theresienstadt. Un documentaire sur la zone de peuplement juif ou Le Führer donne une ville aux Juifs), tourné à partir de septembre 1944 par Kurt Gerron. Terezin présenté cruellement en "camp modèle". "Un trompe-l’œil destiné à la propagande. Là, des joueurs faisaient semblant de disputer un match de football. La ville a été repeinte. On était filmé quand on recevait du pain. On mangeait plus vite qu'ils ne filmaient tellement on avait faim", se souvient Greta Klingsberg, alors adolescente Juive viennoise, déportée dans Terezín, et veuve.

Issue d'une famille Juive viennoise - ses parents avaient fait leur aliyah et devaient retourner la chercher -, Greta Klingsberg a été déportée avec sa sœur cadette d'un an au ghetto de Terezín de 1942 à 1944. Elle y vivait avec une vingtaine d'enfants dans un foyer. « On avait tous peur de partir dans un convoi. Les adultes nous rassuraient", confie-t-elle. Elle souligne l'espoir de survivre qui l'animait. Son air préféré ? La berceuse qu’elle compare à « un chant populaire. Je trouve cela très beau… »

Cependant, en octobre 1944, ces  artistes Juifs et le compositeur sont déportés au camp d’Auschwitz.  Greta Klingsberg est alors séparée de sa sœur cadette qu'elle ne reverra plus. 

Ce n'est qu'en 1975 que Brundibár est présenté aux Etats-Unis et en Allemagne en 1975.

En 1995, les Jeunesses musicales allemandes ont lancé le Projet Brundibár intergénérationnel, car il réunit des témoins expliquant leur passé aux acteurs/chanteurs, un CD de la musique de Krása, un film video avec des interviews des jeunes artistes ayant survécu à la Shoah et des clips des spectacles de Brundibár.  Les enseignants et les enfants bénéficient de matériaux pédagogiques sur l'Allemagne nazie, Terezín et les programmes culturels de son ghetto. Ce projet a induit des centaines de représentations de cet opéra en Allemagne et en Europe occidentale depuis 1999, ainsi qu'aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne et dans d'autres pays dans la décennie suivante.

Parmi les quelques survivants ayant joué dans Brundibár à Terezín : Greta Klingsberg, qui avait interprété à 13-14 ans le personnage d’Aninka, « participe à la nouvelle mise en scène de l’opéra Brundibár à la Schaubühne de Berlin. Une extraordinaire expérience sur la mémoire et le passé nazi, portée par une vingtaine de jeunes issus de milieux défavorisés », qui surmontent leurs préjugés ou leurs complexes d'infériorité à l'égard de l'art lyrique et qui se confrontent à une tragédie de l'Histoire : la Shoah. 

Un projet artistique et pédagogique qui « fait revivre le poignant opéra joué 60 ans plus tôt par des enfants au camp de Terezin avant » leur déportation à Auschwitz ». L'art aussi comme acte de combat, de foi et aidant à survivre dans l'horreur concentrationnaire. Et à l'oublier le temps d'une représentation publique.

Le documentaire alterne scènes de répétition de Brundibár, d'interviews des jeunes impliqués dans ce projet, de la visite dans un  Terezín ensoleillé, au cimetière Juif au milieu duquel se trouve une Menorah, de la représentation publique de l'opéra, et de l'accueil chaleureux réservé à Greta Klingsberg par les jeunes artistes amateurs.

Heureuse de voir cet opéra non tombé dans l'oubli, Greta Klingsberg espère qu'il sera un jour interprété en arabe. 

Les 19 et 21 mai 2015, Brundibár, opéra de Hans Krása (1899-1944) pour voix d’enfants en deux actes, créé à Terezín en 1943 sur un livret d’Adolf Hoffmeister, sera interprété au théâtre de Caen par l'orchestre régional de Basse-Normandie. "Ce sera le projet phare de l’année pour la Maîtrise de Caen, régulièrement investie par le théâtre de Caen d’un projet lyrique. La création de Brundibár s’inscrit dans le cadre du 70e anniversaire de la libération des camps. Comme pour Der Kaiser von Atlantis, la genèse chaotique de cet opéra pour enfants, pétulant et enjoué, est traversée par les terribles soubresauts de l’Histoire. Déportés au camp de Terezín, en Tchécoslovaquie, des enfants juifs chantent Brundibár de Hans Krása pour une visite du camp par La Croix-Rouge. Krása avait alors reconstitué la partition de l’opéra à partir de quelques parties de piano conservées et de sa mémoire. Ce que ne savaient pas les représentants de La Croix-Rouge à l’époque, c’est que l’intégralité de leur visite n’était qu’une sinistre mise en scène, organisée par le Reich pour nier la réalité des camps.Brundibár met en scène Aninka et Pepiček. Afin d’offrir du lait à leur mère malade, les enfants décident de chanter sur la place du village pour gagner de l’argent. Mais le méchant Brundibár les en empêche..." Cet opéra sera interprété par Simon Dubois Brundibár (baryton), les solistes et chœur de la Maîtrise de Caen sous la direction musicale d'Olivier Opdebeeck et dans une mise en scène de Benoît Bénichou. Les décors sont signés d'Amélie Kiritze-Topor et la création de lumières de Thomas Costerg. Les étudiants de l’école Supérieure d’arts & médias de Caen en assurent la réalisation vidéo.


« Plus jamais les camps ! L'autre message de l'opéra Brundibar » (Wiedersehen mit Brundibar) de Douglas Wolfsperger 
Douglas Wolfsperger Filmproduktion, Berlin in Co-Produktion mit Negativ-Film, Prag / Cine Impuls, Stuttgart et WDR / arte, 53 min

Visuels :
Dans l'affiche
Greta Klingsberg (à gauche) et Annika Westphal à Theresienstadt
© Joachim Gern

Une représentation de l’opéra « Brundibár » au camp de Theresienstadt – au milieu : Greta Klingsberg
© Joachim Gern

Greta Klingsberg (au milieu) avec des membres du groupe de théâtre « Die Zwiefachen » à Theresienstadt
© Joachim Gern

Spectacle à la Schaubühne de Berlin 
Heiko Schäfer, 2012

Greta Klingsberg à Theresienstadt
© Joachim Gern

A lire sur ce blog :

Les citations proviennent d'Arte. Cet article a été publié le 25 janvier 2015.

Interview de Bat Ye’or sur Eurabia, l’OCI et l’Alliance des civilisations


L’essayiste Bat Ye’or est spécialiste de la dhimmitude (1) et d’Eurabia (2). Bat Ye’or commente l’actualité de 2008 et analyse l’action de l'Organisation de la conférence islamique (OCI) pour imposer sa vision du monde, notamment du conflit au Proche-Orient, dans les instances régionales et internationales, en particulier auprès de l’Alliance des civilisations (ADC) (4). Interview réalisée en juillet 2008. Le 3e Forum mondial sur le dialogue interculturel" sera organisé du 18 au 19 mai 2015 à Bakou (République d'Azerbaïdjan), en étroite collaboration avec le Gouvernement de l'Azerbaïdjan, l'UNESCO, l'Alliance des civilisations (UNAOC), l'Organisation mondiale du tourisme (UNWTO), le Conseil de l'Europe et l'Organisation islamique pour l'éducation, les sciences et la culture (ISESCO), et sera consacré au thème : « Culture et développement durable dans l'agenda de développement post-2015 ». 


Le premier semestre 2008 a été marqué par la visite du président israélien Shimon Peres en France et par celle du Président de la République française Nicolas Sarkozy en Israël (5). Ceci atteste d’un renforcement des relations bilatérales et de l’amélioration du climat dans ces relations…

Le climat entre l’Etat d’Israël et la France s’est grandement amélioré au niveau de la Présidence de la République et des contacts personnels.

Le Président de la République Jacques Chirac avait une attitude hautaine, souvent hostile envers l’Etat d’Israël (6). Ceci visait à séduire les 56 pays musulmans et particulièrement son grand ami Yasser Arafat (7), en humiliant délibérément Israël : ainsi, lors de sa visite à Jérusalem en 1996, le Président Jacques Chirac a profité de sa position de chef d’Etat pour ridiculiser, devant toutes les télévisions du monde, des Israéliens assignés à sa sécurité et qui ne faisaient que leur travail (8).

Le Président Nicolas Sarkozy et son entourage ont changé tout cela. Ils ont donné plus de dignité à une grande nation qui méritait davantage qu’un rôle d’amuseur ou de partenaire complaisante du monde musulman.

Si certains observent une amélioration des relations entre la France et l’Etat d’Israël, ils relèvent des divergences persistantes sur des sujets essentiels (9) : l'interprétation de la résolution 242 de l'ONU du 22 novembre 1967 (10), la critique française de l'utilisation de la force par Israël jugée « excessive » (11), le droit au retour des réfugiés de la guerre de 1948 et la résolution 194 de l'ONU (12). Partagez-vous leur avis ?

Oui, je suis totalement d’accord avec eux.

La politique n’est pas faite que de sourires, elle s’appuie sur un ensemble d’intérêts multiples dans un contexte international.

La France, comme toute l’Union européenne (UE), est prisonnière d’une politique arabe et unilatéralement pro-palestinienne décidée en 1973 par Paris et Berlin qui l’imposèrent alors aux pays de la Communauté européenne (CE). Fondée sur des considérations économiques, stratégiques et surtout sécuritaires ; cette politique n’existait pas avant le premier choc pétrolier de 1973. Ce premier acte fondateur de politique extérieure commune de la CE se caractérise par une alliance stratégique avec les ennemis d’Israël.

L’alliance euro-arabe contre Israël, le soutien à Arafat et aux Palestiniens représentent une stratégie commune défensive contre le terrorisme en Europe (13). L’alliance européenne avec Arafat s’explique par la réaction de la CE frappée par le terrorisme palestinien ainsi que par le boycott pétrolier décidé par les pays producteurs de l’or noir et dirigé contre les Etats-Unis et l’Europe (14).

Depuis 1973, la CE/UE s’est arrogée le rôle de protectrice des Palestiniens contre Israël (15). Il s’ensuit qu’Israël devient l’ennemi de l’Europe, la source des dangers et la cause de la guerre menée par les Arabes palestiniens. Dans cette perspective, ce n’est pas le terrorisme jihadiste palestinien qui menace l’Europe et vise à éliminer l’Etat d’Israël et son peuple, mais c’est « l’existence illégale d’Israël », sa puissance et sa résistance pour survivre que l’Europe se doit de neutraliser par une politique de diffamation et d’ostracisme afin d’accomplir la noble mission qu’elle s’est donnée sous la menace du terrorisme palestinien en 1973 : la création de « la Palestine ».

L’Etat d’Israël refusant de se suicider pour la création d’un second Etat palestinien – le premier étant la Jordanie (16) – doit donc être forcé à se soumettre, d’autant plus que le monde arabe a lié la sécurité de l’Europe à ses engagements pro-palestiniens et à son combat anti-israélien. Depuis 1973, la CE/UE mène une guerre larvée contre Israël.

Même si la France voulait adopter une autre stratégie, elle ne le pourrait pas, car elle est liée par la Politique étrangère et de sécurité commune (PESC) de l’UE (17).

L’UE n’est pas la seule à œuvrer à la « création de la Palestine ». Depuis quelques années, le gouvernement israélien affirme lui aussi son soutien à « la création d’un Etat palestinien », présenté comme un « intérêt d’Israël » (18). Comment expliquez-vous cette conjonction d’idées et d’actions ?

Cela résulte des accords d’Oslo (19) et des pressions européennes (20), accompagnées de sanctions sur l’Etat d’Israël.

C’est aussi la conception européenne de la paix selon laquelle ce sont les terroristes de l’OLP (Organisation de la libération de la Palestine) (21) qui garantissent la sécurité de l’Europe, et non les armées des pays de l’UE.

Cette conception s’intègre dans la stratégie musulmane de soumission des infidèles qui transfère au pouvoir islamique leur « protection » – protection qui seule garantit la sécurité des vaincus. Dans cette vision, la souveraineté des Etats n’est pas un principe inviolable, et leur sécurité est dépendante de la « protection-garantie » islamique, principe qui récuse en fait les droits à l’auto-défense de l’Etat non-musulman, et les remplace par le concept de protection. La guerre terroriste globale qui sévit sur la planète obéit à ce principe qui n’est autre que celui de la dhimmitude, le rachat de la sécurité (22).

Les dirigeants israéliens se sont laissé convaincre par l’Europe que l’OLP accepterait la paix si Israël faisait des concessions, autrement dit : la paix contre les territoires. Ils n’ont pas compris qu’il s’agissait de tous les territoires et que la paix garantie par les Palestiniens était celle de la dhimmitude.

Le conflit est devenu quasi-insoluble du fait de la reconnaissance en 1973 par la CE d’un « peuple palestinien », qui à vrai dire ne se différencie guère – ni par la langue, ni par les mœurs, ni par l’histoire et la religion – des Arabes de Jordanie et qui n’a jamais manifesté aucun particularisme national sous l’occupation ottomane, ni celles, dès 1948, de la Jordanie en Judée-Samarie et de l’Egypte dans la bande de Gaza.

A mon avis, il est impossible d’avoir deux Etats viables dans ce petit espace qui constitue aujourd’hui l’Etat d’Israël, et l’Europe le sait fort bien, mais des solutions seraient possibles dans le contexte d’une fédération jordano-palestinienne où l’Etat d’Israël céderait un certain nombre de territoires densément peuplés d’Arabes palestiniens. C’est d’ailleurs l’esprit de la résolution 242 qui ne parle pas de peuple palestinien mais des deux vagues de réfugiés juifs et arabes.

Des solutions existent si le conflit n’est que politique. Ce qui n’est pas le cas.

Tant que le monde musulman n’aura pas réformé sa vision jihadiste du dar al-harb - c’est-à-dire les pays des infidèles qui doivent être islamisés -, le conflit israélo-arabe ne pourra être résolu, car il n’est que la manifestation exacerbée d’une idéologie jihadiste mondiale qui englobe l’Europe.

Aussi l’Europe, notamment par la négation des véritables fondements idéologiques de l’idéologie jihadiste dans le contexte palestinien, porte une énorme responsabilité sur le plan moral comme stratégique, du renforcement et de la propagation jihadistes (23).

Quels sont les ressorts de la diplomatie française au Proche-Orient (24) ?

Jusqu’à l’élection de Nicolas Sarkozy à la Présidence de la République en mai 2007, la diplomatie française, surtout à partir de 1973-80, considérait souvent que sa sécurité était assurée par son service obséquieux des intérêts du monde arabe ou/et musulman. C’était une politique de bons offices visant à garantir les intérêts français dans les domaines énergétique, industriel et commercial (25) et centrée sur l’obsession de « la Palestine ».

Le Président Nicolas Sarkozy a ouvertement confirmé l’existence de la politique arabe de la France, c’est-à-dire une politique anti-israélienne, et souhaité rééquilibrer la diplomatie française. C’est déjà beaucoup, car c’est une reconnaissance implicite de la partialité unilatérale d’une politique qui se drapait d’une autorité morale pour prêcher à l’Etat d’Israël les conditions sine qua non de sa disparition.

Quid de la diplomatie de l’Union européenne ?

Le grand architecte de cette diplomatie est Javier Solana, Haut représentant pour la PESC (26).

La création de « la Palestine » est le point central de la PESC ; elle détermine ses relations avec le monde arabe et les Etats-Unis. La CE/UE a choisi de combattre contre Israël pour créer « la Palestine » en prétendant qu’elle le faisait dans l’intérêt d’Israël.

Cette politique a induit le maintien au Proche-Orient d’un foyer purulent de haine antisémite (27) et l’affaiblissement à la longue de la résistance d’Israël. Elle a révélé le transfert d’une mauvaise conscience européenne sur Israël (thèmes de « l’occupation », des « colonies »). Elle a cultivé des relations privilégiées avec le monde musulman par la collaboration avec le jihadisme palestinien (28), et exprimé surtout l’espoir d’atténuer les menaces terroristes en Europe par la passion euro-palestinienne.

Via les réseaux de l’UE, les contribuables européens (29) sont les plus grands pourvoyeurs de fonds des Palestiniens. Ils financent également une myriade d’ONG européennes, palestiniennes et israéliennes pourvoyeuses de haine antisioniste/antisémite dans les instances internationales (30) et contribuent à l’industrie florissante de la palestinisation, c’est-à-dire à l’islamisation de l’histoire juive et d’Israël (31). Parallèlement, des centres universitaires européens, arrosés par la manne pétrolière, s’enorgueillissent de leur politique d’apartheid à l’égard d’Israël (32).

La banalisation des victimes israéliennes et juives s’intègre dans la palestinisation idéologique de l’Europe. Je n’ai pas entendu les grandes orgues des droits de l’homme protester contre les meurtres de deux jeunes soldats israéliens, Ehud Goldwasser et Eldad Regev, enlevés en 2006 en Israël par le Hezbollah, tactiques classiques du jihad mais totalement contraires aux Conventions de Genève. On a constaté récemment le traitement biaisé d’une partie de la presse sur l’horrible attentat à Jérusalem perpétré par un Palestinien sur des civils israéliens (33). Des médias européens ne mentionnent Israël que de façon péjorative, occultant l’histoire de cette antique civilisation qui modela l’Europe, puisque l’Eglise dès ses origines se dénomma le nouvel Israël.

Cette politique européenne a consisté à nier que le conflit palestinien ne représentait qu’un élément régional de la guerre jihadiste globale contre l’Occident. Elle visait à justifier moralement le jihad palestinien en déguisant Israël en un Etat agressif, privé de toute légitimité, occupant le territoire d’un autre peuple et devant se conformer à des conditions équivalentes à un suicide. On corrélait la sécurité de l’Europe et la paix du monde à la politique du minuscule Etat juif (34).

Pourtant, l’UE, comme la France, renforce ses liens économiques avec l’Etat d’Israël (35)…

Il y a des signes encourageants.

Franco Frattini, le ministre italien des Affaires étrangères, a reconnu – et ce n’est pas la première fois – que la politique de l’UE avait parfois confiné à l’antisémitisme (36). Cette déclaration répond aux demandes d’une opinion publique de plus en plus solidaire avec Israël et consciente des terribles conséquences en Europe même de l’Eurabisme.

Récemment au Luxembourg, l’UE a amélioré ses relations avec Israël (37). La chancelière allemande Angela Merkel, le Président Nicolas Sarkozy, le Premier ministre britannique Gordon Brown et le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi ont pu, malgré la forte opposition palestinienne, arabe et eurabienne, établir une meilleure coopération avec l’Etat d’Israël.

Cette voie, qui tranche avec celle des gouvernements ou présidents précédents, restitue à l’Europe sa dignité et son indépendance par rapport au bloc arabo-islamique. Elle est conforme aux vœux d’un nombre croissant d’Européens.

Vous établissez un lien entre l’UE et l’Organisation de la conférence islamique (OCI) (38)…

L’OIC orchestre une grande foire de la haine contre sept millions d’Israéliens qui libérèrent une portion infime de leur patrie ancestrale contre la coalition euro-jihadiste.

A son sommet en décembre 2005, l’OCI avait décidé de faire de la Palestine son sujet prioritaire. L’Europe obtempéra et déclara que la paix - aux conditions de l’OCI - au Moyen-Orient est l’urgence prioritaire de l’humanité.

L’année 2008 qui est celle de l’identité européenne par le dialogue interculturel a vu une floraison de publications et de manifestations célébrant le caractère multiculturel de l’Europe (39).

La chasse à l’islamophobie ordonnée par l’OCI à son sommet à La Mecque en décembre 2005 (40), est devenue en Europe parole d’Evangile (41). Un lexique de termes choisis (42) interdit sous peine d’accusation de blasphème (43) de prononcer de façon péjorative certains termes sacrés pour les musulmans, mais fort offensants pour les mécréants.

Le Centre américain pour le droit et la justice (ACLJ) et sa division européenne l’ECLJ ont mis en ligne une pétition destinée au Haut Commissaire des Nations unies sur les droits de l’homme et dénonçant les résolutions promues par l’OCI sur la « diffamation des religions » (44). Le 13 juin 2008, la Cour d’appel de Paris a confirmé la relaxe de l’hebdomadaire Charlie Hebdo poursuivi pour injure pour avoir publié des dessins danois sur le prophète Mahomet (45). Le 2 juin 2008, Rachida Dati, ministre française de la Justice, a demandé que le parquet interjetât appel d’un jugement controversé du Tribunal de grande instance de Lille. Celui-ci avait annulé un mariage parce que l'épouse avait menti à son mari sur sa virginité (46). Le 27 juin 2008, à Paris, le Conseil d’Etat a confirmé la légalité du décret refusant la nationalité française à une Marocaine portant la burqa, car Faiza M. a « adopté, au nom d'une pratique radicale de sa religion, un comportement en société incompatible avec les valeurs essentielles de la communauté française » (47). Le 30 juin 2008, le parquet néerlandais n’a pas poursuivi le politicien Geert Wilders, auteur du film Fitna très critique sur l’islam, pour discrimination et incitation à la haine (48). Le 7 juillet 2008, la Ville de Paris a fait citoyenne d’honneur la romancière bangladaise Talisma Nasreen (49)… Comment expliquez-vous ces décisions ?

Les politiciens sont attentifs aux opinions de leurs électeurs et n’ignorent pas leur frustration et leur mécontentement. Ils sont aussi tenus de respecter les lois constitutionnelles de leur pays.

Vous avez étudié l’Alliance des civilisations (ADC) (50) qui présente la version arabe du conflit au Proche-Orient…

L’ADC (51) a été créée en 2005 à l’initiative des gouvernements espagnol et turc, sous les auspices des Nations unies (NU). En réalité elle répondait aux vœux de l’Iran émis en mars 2002 et aux demandes des Etats arabes, anxieux de neutraliser, par les gouvernements européens, les retombées négatives des attentats islamistes du 11 septembre 2001.

L’ADC vise à « améliorer la compréhension et les relations de coopération parmi les nations et les peuples au travers des cultures et religions, et d’aider à contrer les forces qui attisent la polarisation et l’extrémisme » (52). Nommé par le secrétaire général des NU, alors Kofi Annan, en accord avec les Premiers ministres espagnol et turc, son Groupe de Haut Niveau (GHN) guide le travail de l’ADC (53).

Le Rapport de ce GHN (54) insiste sur la primauté du conflit israélo-palestinien en ce qui concerne les relations entre les sociétés musulmane et occidentale et déclare :
« Nous devons insister sur l’urgence croissante de la question palestinienne, qui est une cause majeure du fossé toujours grandissant entre les sociétés musulmane et occidentale » (p. 21).

L’ADC présente la version arabe du conflit :

« L’occupation permanente de la Palestine et d’autres territoires arabes par Israël et le statut non résolu de la ville de Jérusalem — une ville sainte aussi bien pour les musulmans, les chrétiens que les juifs (55) — ont persisté, avec le consentement apparent de gouvernements occidentaux, et constituent ainsi les principales causes de ressentiment et de colère contre les puissances occidentales dans le monde musulman. Cette occupation a été perçue, dans le monde musulman, comme une forme de colonialisme, conduisant beaucoup à croire, à tort ou à raison, à une collusion entre Israël et « l’Occident ». Ces ressentiments et ces perceptions furent exacerbés plus encore par les récentes représailles disproportionnées d’Israël dans la bande de Gaza et au Liban ». (p. 14)
Pour combler ce fossé et se rapprocher de la position musulmane, le GHN recommande l’équivalence des versions entre la restauration de l’indépendance d’Israël et la Nakba (56) palestinienne. Or celle-ci fut la conséquence des attaques sanglantes des Arabes palestiniens contre les Juifs dès le 30 novembre 1947. Ces violences escaladèrent en une véritable guerre palestinienne renforcée par des mercenaires arabes et des armées expédiées d’Egypte, d’Irak, de Syrie, de Transjordanie et du Liban, sous le commandement de la Ligue Arabe. L’interprétation du GHN met en équivalence la légitimité de l’existence et celle de sa destruction, le droit d’un peuple à la liberté et celui de son élimination. C’est accepter la logique implicite dans la version musulmane donnée par le GHN, qui transfère aux peuples agressés par le jihad, le rôle d’agresseur s’ils lui résistent :
« Pour les Palestiniens ainsi que pour une majorité des peuples du monde musulman, l’établissement de l’État d’Israël a été vécu comme un acte d’agression qui a conduit à l’expulsion de centaines de milliers de Palestiniens et à l’occupation de leurs terres ». (p.22) (caractères gras mis par BY)
A la suite de cette recommandation du GHN inspirée par l’OCI, des médias européens privilégièrent les récits de la Nakba plutôt que la célébration du 60e anniversaire de l’Etat d’Israël et omirent dans leur présentation de la Nakba l’invasion du territoire israélien par les armées d’Etats arabes voisins d’Israël – omission conforme à la version palestinienne reproduite ci-dessus. Pas un mot non plus sur le flux des réfugiés juifs expulsés des pays arabes (57).

Le Rapport de l’ADC affirme que les conflits actuels entre islam et chrétienté sont issus de la colonisation au XIXe siècle et de la restauration de l’Etat d’Israël. C’est la vision de l’OCI qui considère que les 11 siècles précédents de conquêtes jihadistes n’étaient que promenades pacifiques (58).

Le Rapport vante l’Age d’Or du Moyen Age musulman sous la charîa et affirme l’origine islamique de la culture européenne :
« Au Moyen Âge, la civilisation islamique était une importante source d’innovation, d’acquisition des connaissances et de progrès scientifique, qui ont contribué à l’émergence de la Renaissance et du siècle des Lumières en Europe. Historiquement, sous le règne musulman, les juifs et les chrétiens étaient généralement libres de pratiquer leur foi » (59).
Cette vision historique est déjà imposée dans des universités et les opposants font l’objet de brimades.

Ce Rapport donne de nombreuses recommandations pour protéger les droits des immigrants ainsi que les devoirs de la presse en se focalisant particulièrement sur les problèmes des musulmans en Occident.

Il préconise également les moyens au niveau de l’ONU du contrôle de l’implantation et du suivi de ces recommandations et de leur visibilité (p. 49).

Au niveau du multilatéralisme il recommande le renforcement, l’interaction et la coordination d’organisations internationales dans le contexte de l’ONU :

« Une attention particulière devrait être portée à ces organisations qui font parties de la famille des Nations Unies et à ces organisations qui ont déjà coopéré avec le Groupe de haut niveau de l’Alliance des civilisations, à savoir : l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), l’Union européenne, l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), l’Organisation de la Conférence islamique (OCI), la Ligue des États arabes, l’Organisation islamique pour l’éducation, les sciences et la culture (ISESCO), United Cities and Local Governments (UCLG), et l’Organisation mondiale du tourisme (UNWTO), ainsi que d’autres organisations internationales et nationales, publiques ou privées ». (p. 25)
Dans ses recommandations axées prioritairement sur les besoins des musulmans, le GHN propose que :

« Les États Membres et les organisations multilatérales telles l’Organisation de la Conférence islamique et l’Union européenne devraient travailler ensemble pour mettre en place des efforts éducatifs afin de créer les moyens pour favoriser la tolérance interculturelle et le respect, la participation civique et l’engagement social ». (p. 39)
L’ADC a établi un Plan de mise en œuvre (2007-2009), divisé en deux parties, Cadre Stratégique et organisationnel et un Programme d’action axé surtout sur quatre domaines : les jeunes, l’éducation, les médias, la migration (60).

L’un de ces projets concerne les offres d’emploi aux jeunes du Moyen-Orient dans les organismes internationaux, les entreprises et les organisations de la société civile afin de « lutter contre l’aliénation et la privation des droits de ces jeunes » (p.16). Ce projet est déjà appliqué.

Un autre projet intitulé Abraham’s Path (Le chemin d'Abraham) (61) et créé par l’université de Harvard consiste à élaborer « le concept d’une grande route permanente de tourisme et de pèlerinage qui suivrait les traces du prophète Abraham dans plusieurs pays du Moyen-Orient » (ibid). Cette formulation est exclusivement islamique car Abraham dans la conception judéo-chrétienne est un patriarche, il n’est pas un prophète musulman, et son itinéraire est différent de l’Abraham coranique.

De fait, la présence active de l’OCI dans les arènes internationales - ONU, Conseil onusien des Droits de l’Homme, UNESCO, Alliance des Civilisations - contribue au développement d’une gouvernance mondiale inspirée par l’islam, c’est-à-dire à l’instauration d’un califat - organisme suprême musulman unissant les pouvoirs politique et religieux sous la juridiction de la charîa – réglementant les relations internationales par une prolifération d’organisations internationales chargées d’imposer aux nations l’ordre et la vision islamiques. Nombre d’hommes d’Etats, comme l’ancien président américain Jimmy Carter, et d’intellectuels sont récupérés par ces myriades de Dialogues, de cercles multiculturels pour la paix au service de la da’wa (propagande islamique).

On le constate dans des recommandations du GHN adoptées par les Etats européens dans leurs politiques nationales, dans les répressions dans des universités et des médias de la liberté d’expression et de la liberté d’enseignement assimilées à l’islamophobie, dans les difficultés d’une réglementation de l’immigration et l’échec de la défense des droits de l’homme au Conseil onusien des Droits de l’homme (Genève) (62).

L’UE apparaît ainsi de plus en plus comme le véhicule des prescriptions de l’OCI, qui était représentée par son secrétaire général Ekmeleddin Ihsanoglu lors du Sommet à Paris lançant le 13 juillet 2008 l’Union pour la Méditerranée (UPM) (63).

Que pensez-vous de l’Union pour la Méditerranée (UPM) (64) et de l’opposition qu’elle suscite en Lybie ?

Je n’en connais pas les détails et ne puis en parler.

L’UPM se situe dans la continuation du Dialogue Euro-Arabe et du processus de Barcelone (65), politiques qui ont déterminé, sur la base du multiculturalisme et du multilatéralisme, les grandes transformations irréversibles aux plans démographique, religieux, culturel et social de l’Europe de l’Ouest.

Or le multiculturalisme est aujourd’hui contesté par nombre de mouvements ou d’intellectuels européens (66) attachés à leur identité culturelle et historique, hostiles à la fragmentation communautariste.

Confrontés aux conséquences de cette politique, certains envisagent même le démantèlement des structures de l’UE.

Malgré les répressions, cette vague délégitimée par des accusations souvent imméritées de racisme et de xénophobie, me semble importante et nos leaders devraient en tenir compte pour maintenir les acquis positifs de l’UE.

On doit reconnaître au Président Nicolas Sarkozy le mérite d’avoir exposé devant les Européens en pleine lumière et pour la première fois, cette politique méditerranéenne. Pour nous Européens, elle se fonde sur la conception européenne de la paix et des droits de l’homme que ne partagent pas les pays de civilisation musulmane, ancrés dans les valeurs de la charîa, du jihad et de la dhimmitude qui est encore appliquée dans tous les pays musulmans et génère le conflit contre Israël.

Tant que ces concepts n’auront pas évolué, les partenariats seront voués à l’échec.


Site de Bat Ye’or :
En Israël, Schocken Publishers a publié son livre Eurabia, l’Axe euro-arabe (3) dans une traduction en hébreu d’Arié Hashavia. 


(3) Bat Ye’or, Eurabia, l’axe euro-arabe. Jean-Cyrille Godefroy Editions, 2006. 347 pages. ISBN-13 : 978-2865531899.

(4) Bat Ye’or, Multiculturalisme et alliance des civilisations, Controverses,  n° 9, novembre 2008


(6) Véronique Chemla, Le CRIF demande une commission d’enquête indépendante composée d’experts afin d’établir la vérité dans l’affaire al-Dura

(7) « Le gouvernement français avait rendu un dernier hommage au leader palestinien [Yasser Arafat] décédé dans la nuit de mercredi à jeudi. Les honneurs militaires ont été rendus par une unité de la garde républicaine sur la base militaire, en présence de Jean-Pierre Raffarin, et de plusieurs membres de son gouvernement… Ce matin, Jacques Chirac s'est incliné devant la dépouille mortelle de Yasser Arafat à l'hôpital militaire de Clamart. Il s'est recueilli durant 25 minutes devant la dépouille de Yasser Arafat et a présenté ses condoléances en embrassant Souha, épouse du président de l'Autorité palestinienne, et la déléguée générale de Palestine en France, Leïla Chahid ». 11 novembre 2004. http://www.radiofrance.fr/reportage/dossier/index.php?rid=55000104&aid=0&formtype=une&arch=1
Véronique Chemla, Le keffieh, c’est tendande !, 13 janvier 2008

(8) Lors de sa visite à la Vieille ville, le Président Jacques Chirac saisit le chef de la sécurité israélienne et lui dit avec virulence : « Qu’est-ce qu’il y a encore comme problème ? Je commence à en avoir assez ! What do you want? Do you want me to take my plane? To go back to my country? To go back to France? Is that what you want? This is provocation! This is not a method! Please, stop now!” Une reaction qui renforce sa popularité dans le monde arabe.
Jacques Chirac à Jérusalem, 22 octobre 1996, magazine Un jour, une heure diffusé sur France 2 et présenté par Laurent Delahousse, 15 avril 2007 : http://www.dailymotion.com/video/x3r13o_jacques-chirac-a-jerusalemla-honte_events et
Eric Aeschimann et Christophe Boltanski, Chirac d’Arabie : les mirages d’une politique française. Grasset et Fasquelle, 2006. 430 pages. ISBN : 2246691214

Sarkozy’s Presidency, BESA, Perspectives Papers n° 46, 22 juin 2008, http://www.biu.ac.il/SOC/besa/docs/perspectives46.pdf


(11) « Entretien de M. Philippe Douste-Blazy, ministre des affaires étrangères, avec Europe 1 le 13 juillet 2006, sur la condamnation par la France de "l'action de guerre disproportionnée" d'Israël contre le Liban après la mort et l'enlèvement de soldats israéliens par le Hezbollah ainsi que des "actes irresponsables" de ce mouvement », http://www.vie-publique.fr/cdp/063002658.html

(12) Le "Droit au retour" au regard des résolutions de l'ONU, http://paris1.mfa.gov.il/mfm/Data/35710.htm




Daniel Pipes et Adam Garfinkle, Is Jordan Palestine?, Commentary, octobre 1988 http://www.danielpipes.org/article/298

(17) « Stratégie commune du Conseil européen du 19 juin 2000 pour la région méditerranéenne » adoptée à Santa Maria de Feira, dans le Journal Officiel des Communautés européennes, 22 juillet 2000, n° L 183 du 22/07/2000 p. 0005 - 0011. http://admi.net/eur/loi/leg_euro/fr_300E0458.html

(18) Véronique Chemla, Des donateurs pour l’Etat palestinien grugés, mais toujours généreux, 23 décembre 2007

(19) Joel Fishman et Ephraïm Karsh, La guerre d’Oslo. Ed. de Passy, 2005
Véronique Chemla, Mythes et réalités du «processus de paix» : le roc des refus palestiniens, 10 janvier 2008


« La Palestine est la patrie du peuple arabe palestinien : elle constitue une partie inséparable de la patrie arabe, et le peuple palestinien fait partie intégrante de la nation arabe » (article 1 de la charte de l’OLP adoptée en 1964 et non abrogée).
« Le peuple arabe palestinien déterminera son destin après avoir réussi à libérer son pays… La Palestine, dans les frontières du mandat britannique, [qui] constitue une unité territoriale indivisible » (articles 2 et 3 de cette charte).
« Le judaïsme, étant une religion, ne saurait constituer une nationalité indépendante. De même, les Juifs ne forment pas une nation unique dotée d'une identité propre, mais ils sont citoyens des États auxquels ils appartiennent » (article 20 de cette charte).

(22) Bat Ye’or :
Juifs et chrétiens sous l'islam : les dhimmis face au défi intégriste. Berg international, collection « Pensée politique et sciences sociales », Paris, 1994. 420 p. (ISBN 2-900269-91-1) et collection « Pensée politique et sciences sociales », réédition, sous le nouveau titre Face au Danger Intégriste, juifs et chrétiens sous l’islam, Paris, 2004. 420 p. ISBN 2-911289-70-6

(23) Londonistan, a briefing by Melanie Philips, 15 novembre 2006
Is Britain Lost? by Joseph Puder, The Evening Bulletin, 24 november 2006
Mosquées - La France, terre de djihad, Le Point, n° 1 727, 17 janvier 2007, http://www.lepoint.fr/actualites-monde/la-france-terre-de-djihad/924/0/22900

(24) David Pryce-Jones, Un siècle de trahison La diplomatie française et les Juifs, 1894-2007. Traduit de l’anglais par Marc Weitzmann. Denoël Impacts, 2008. 200 pages. ISBN : 978 2 207259719

(25) Eric Conan, Mort de Raymond Barre : l’amnésie des médias, 30 août 2007 à






(31) Bat Ye’or : « C’est clair dans le contexte de Jérusalem où ses droits sur son patrimoine religieux et historique sont niés ».

(32) SPME (Scholars for Peace in the Middle East) : http://www.spme.net/position.html
Dr. Edward S. Beck, Richard L. Benkin, Ruth Contreras et Judith R. Jacobson, Anti-Semitism In Academia, 20 Mars 2003, http://www.spme.net/cgi-bin/articles.cgi?ID=32
Bat Ye’or, Eurabia, l’axe euro-arabe. Jean-Cyrille Godefroy Editions, 2006. 347 pages. ISBN-13 : 978-2865531899. pp 195-196


(34) En novembre 2003, l’Eurobaromètre de la Commission européenne publiait un sondage réalisé auprès de 7 515 habitants des 15 Etats de l’UE (19). Israël représentait pour 59% des Européens interrogés, la plus grande « menace pour la paix dans le monde » ! Selon ce sondage effectué entre le 8 et le 16 octobre 2003, l'Etat juif devançait l'Iran (53%), la Corée du Nord, les Etats-Unis (53%), l’Irak. La Syrie (37%), l’Arabie saoudite et la Libye (36%) arrivaient aux 8e et 9e rangs.
Le Congrès juif européen (CJE) estimait qu'il eut fallu ''parler du conflit israélo-palestinien ou de celui au Proche-Orient. Tout institut de sondage le sait ''la réponse est dans la question''. Comment l'UE peut-elle expliquer son incapacité, depuis deux ans, à produire un rapport sur l'antisémitisme en Europe, alors qu'elle a produit une enquête incendiaire sur la guerre en Irak six mois seulement après les évènements ?'' Source : Guysen International News, 3 novembre 2003.
Antisémitisme international, Ed. Robert S. Wistrich, n° 3-4, Université Hébraïque de Jérusalem, 2006.
Emmanuel Brenner :
France, prends garde de perdre ton âme. Mille et une nuits, Paris 2004. 128 pages. ISBN-13: 978-2842058296
Les territoires perdus de la République. Mille et une nuits, Paris 2002. ISBN : 9782842056957







Caroline Fourest et Fiammetta Venner, Islamophobie ?, ProChoix, n°26-27, automne-hiver 2003, http://www.prochoix.org/frameset/26/islamophobie26.html
Daniel Pipes, Islamophobie, The New York Sun, 25 octobre 2005, adaptation française de Alain Jean-Mairet; http://fr.danielpipes.org/article/3080

''Comme l'ont souligné de nombreux musulmans, il n'y a rien d'islamique dans le souhait de terroriser, de comploter pour tuer et causer de la douleur. Ces actions sont anti-islamiques'', a déclaré Jacqui Smith, ministre britannique de l'Intérieur, le 17 janvier 2008. Elle exprimait la volonté du gouvernement de ne plus parler de terrorisme islamique et de qualifier les terroristes de criminels sans motivation religieuse. Elle estimait : ''Internet n'est pas une zone de non-droit pour le gouvernement. Il nous faut prendre des mesures contre ceux qui forment ces gens vulnérables pour les besoins de l'extrémisme violent''. Elle a déclaré au Sunday Times qu'elle aurait peur de se promener la nuit à Londres. Le Times avait raillé cette confidence : ’’Les ministres de l’Intérieur sont censés instiller la peur dans le cœur des criminels et non pas se cacher derrières les rideaux’’. (Guysen International News, 30 janvier 2008).

Le 25 décembre 2007, l'Assemblée générale des Nations unies a adopté par 108 voix pour, 51 contre et 25 abstentions, une résolution, présentée par le Pakistan au nom de l'OCI (Organisation de la conférence islamique), sur la lutte contre ''la diffamation des religions''. Parmi les Etats ayant voté contre figurent les Etats-Unis, des pays européens et asiatiques. Cette résolution ne cite qu’une seule religion - l’islam -, dénonce ’’l’image négative de l’islam dans les médias’’ et ’’exprime son inquiétude face à l’association fréquente et à tort de l’islam avec les violations de droits de l’homme et le terrorisme’’. (Source : Guysen International News)

(44) Selon l’ACLJ, 56 418 personnes ont signé la pétition s’opposant à l’OIC, https://www.aclj.org/petition/Default.aspx?AC=DNE0807017&SC=3359
L’European Center for Law & Justice : http://www.eclj.org/index.html

(45) La cour d'appel confirme la relaxe de Philippe Val sur les caricatures de Mahomet, 13 juin 2008, http://tempsreel.nouvelobs.com/speciales/medias__pouvoirs/20080312.OBS4596/la_cour_dappel_confirme_la_relaxe_de_val_sur_les_carica.html
Site de l’intellectuelle néerlandaise Ayaan Hirsi Ali menacée de mort depuis l'assassinat en 2004 par un islamiste radical de son compatriote le réalisateur Théo Van Gogh : http://ayaanhirsiali.web-log.nl/ayaanhirsiali/franais/index.html
Le philosophe français Robert Redeker avait reçu des menaces de mort à la suite de la publication par Le Figaro du 19 septembre 2006 d’une de ses tribunes très critique à l’égard de l’islam : Face aux intimidations islamistes, que doit faire le monde libre ? Il y qualifiait le Coran de “livre d’inouïe violence” et le prophète Mahomet de “chef de guerre impitoyable, pillard, massacreur de juifs et polygame”. Il avait été contraint, ainsi que sa famille, à vivre caché, sous protection policière. Le 19 juin 2008, le tribunal correctionnel d’Orléans a condamné à six mois de prison avec sursis et 750 euros d’amende le Français d’origine marocaine auteur de ces menaces : « “Tu osé insulté notre prophètes bien aimé (...) mais sache que tous les musulmans (...) sont tes ennemis pas juste les extrémistes (...) alors maintenant coure toi ta femme et t enfants mais un jour crois moi tu va mourir » (sic). Le parquet avait requis huit mois avec sursis.
Véronique Chemla et Guy Senbel, Notre liberté chérie




A noter que le portrait du soldat franco-israélien Guilad Shalit n'a pas été affiché sur la façade de l'Hôtel de Ville de Paris, à la différence de celui de la franco-colombienne Ingrid Betancourt.




Parmi ses membres, figurent l’espagnol Federico Mayor, l’iranien Hojjatoleslam Seyyed Mohammad Khatami, le sud-africain Desmond Tutu et le français Hubert Védrine, ancien ministre des Affaires étrangères.


(55) Frédéric Encel, Géopolitique de Jérusalem. Préface d’Yves Lacoste. Flammarion, coll. Champs essai, 2008. 300 pages. ISBN : 2081213036
Les Juifs et Jérusalem – quel rapport ? 20 juin 2006, adaptation française d’Alain Jean-Mairet, http://fr.danielpipes.org/article/3698


Ya'akov Meron, Why Jews Fled the Arab Countries, Middle East Quarterly, septembre 1995, http://www.meforum.org/article/263
Moïse Rahmani, L'exode oublié. Juifs des pays arabes. Ed. Luc Pire, coll. Voix de l'histoire, 2006. 221 pages. ISBN : 978-2874156366.
Bat Ye’or, « Le facteur dhimmi dans l’exode des Juifs des pays arabes » (pp. 33-60), dans Shmuel Trigano (sous la direction), L’exclusion des Juifs des pays arabes : Aux sources du conflit israélo-arabe, In Press, 2003. 399 pages. ISBN 2-84835-011-3.

Jacques Heers, Les négriers en terres d’islam VIIe-XVIe siècles. Ed. Perrin, coll. Tempus, 2007.318 pages. ISBN : 978-2-262-02764-3
Tidiane N’Diyae, Le génocide voilé : enquête historique. Gallimard, coll. Continents noirs, 2008. 253 pages. ISBN : 978-2070119585

(59) Alliance des Civilisations. Rapport du Groupe de haut niveau. 13 Novembre 2006, Nations Unies, p. 13.
Sylvain Gouguenheim, Aristote au Mont Saint-Michel : les racines grecques de l’Europe chrétienne. Editions du Seuil, L’Univers historique, 2008. 277 pages. ISBN : 978-2020965415





(64) Déclarations d'ouverture du Sommet fondateur pour l'Union de la Méditerranée à Paris par M. Nicolas Sarkozy, Président de la République, et par M. Mohamed Hosni Moubarak, Président de la République arabe d’Egypte, 13 juillet 2008, http://www.elysee.fr/webtv/index.php?intVideoId=648


(66) Yvan Rioufol, La fracture identitaire. 2007, Fayard. 200 pages. ISBN : 978 2213635576
Alexandre del Valle, Le totalitarisme à l’assaut des démocraties. Préface de Rachid Kaci. Ed. Les Syrtes, 2002. 464 pages. ISBN : 9782845450585

Cet article a été publié par Guysen, puis republié le 19 janvier 2010 à l'approche du procès de Geert Wilders le 20 janvier 2010