mercredi 29 octobre 2014

« La collectionneuse » de Carole Bellaïche


Dans le cadre du Mois de la photo à Paris, la galerie Basia Embiricos présente l’exposition éponyme. Des photographies mélancoliques de Carole Bellaïche, en noir et blanc ainsi qu’en couleurs, et à la lumière sophistiquée d’intérieurs bourgeois dont les occupants apparaissent au travers de leurs objets désuets, de l’agencement de leur logement. Des mises en abysses. Des pièces en enfilade. Des séries. Des secrets. Le temps qui passe. Des êtres humains devinés par leurs livres accumulés, par leurs placards... Vernissage le 30 octobre 2014 en présence de l’artiste de 18 h à 21 h.


Vous avez sûrement aimé les photographies narratives d'artistes, actrices ou réalisateurs, de Carole Bellaïche publiées dans le cadre de reportages élégants, aux éclairages sophistiqués, dans Elle, L'Express ou Les Cahiers du cinéma.

« Pour Carole Bellaïche, le portrait requiert, au delà de la technique nécessaire mais pas suffisante, une grande part de psychologie. Loin des codes du studio Harcourt privilégiant une esthétique préconçue de la pose, Carole Bellaïche saisit l’instant comme une rencontre singulière. Pour ce faire, elle rentre dans une relation de miroir entre le posant, lui même maître de son image lorsqu’il est acteur, manipulateur d’images lorsqu’il est cinéaste. C’est un jeu de rôle que Carole Bellaïche maîtrise à la perfection que ce soit dans la mise en scène ou dans l’improvisation. Bien plus qu’un portrait, Carole Bellaïche propose à chaque séance une rencontre photographique sincère et unique, un moment de complicité rendu possible grâce à son intuition relationnelle qui révèle les personnalités derrière les personnages », analyse la galerie Salomon Duval.

"La collectionneuse"
La photographie ? Une vocation dès ses 13 ans, avec pour modèles ses amies. 

Pourquoi le portrait ? Tout s’est déclenché par la lumière particulière d’un musée de Sienne où elle avait photographié une dame, de dos.

La série « Les acteurs dans les Musées nationaux » de Carole Bellaïche la propulse en 1989.

Et c’est Dominique Issermann qui détecte un talent déjà très professionnel en 1978.

Aubenas accueille en 1980 la première exposition personnelle de Carole Bellaïche, adolescente âgée de 16 ans.


Neuf ans plus tard, la galerie Agathe Gaillard présente l’exposition Les stars dans les musées.

Dès 1992, cette photographe expose dans le cadre du Mois de la Photo.

En 1998, elle intègre l’agence de presse Stygma, et enchaîne les commandes pour des médias ou des publicités : Carel, Hôtel Pullman, Hôtel Grand Mercure, pochettes de CD pour le Quatuor Modigliani, Lidija et Sanja Bizjak, Boris Berezovsky, Adam Laloum, etc.

Carole Bellaïche privilégie le noir et blanc, « plastiquement magnifique, pour sa magie, son intemporalité », et « la lumière naturelle pour sa transparence, son ampleur et sa vérité ».

En 2002, dans le cadre du Mois de la photo à Paris, les Archives nationales avaient offert leur prestigieux écrin, l’Hôtel de Soubise, à sa première grande exposition à Paris, Portraits, quasi-rétrospective de 99 de ses portraits (1978-2002), essentiellement en noir et blanc, sauf la série sur les mères de familles africaines heureuses dans un squat parisien (1997).

Ses clichés narratifs, aux contrastes ou ombres accentués, soulignaient le mystère. 

Admirative, complice, Carole Bellaïche a mis en scène et magnifié l’actrice : sophistiquée, angélique, ou sauvageonne. La comédienne pose parfois dans un faux abandon. Les clichés ? Narratifs, avec des contrastes ou des ombres accentués sans durcir les traits. La part belle était réservée à Isabelle Huppert, l’opposée physique de la photographe et un mystère qui lui résistait et la fascinait.

En 2007, le musée du Cinéma à Turin avait présenté l’exposition Carole Bellaïche, photographe aux Cahiers du Cinéma (140 portraits).

En 2009, Natacha Defontaine a réalisé Portraits d'actrices - Carole Bellaïche, photographe, documentaire sur ses « 30 années d'un travail consacré principalement aux portraits d’actrices. Dans l’intimité des séances photos (avec Jeanne Balibar, Isabelle Carré, Dominique Blanc, Ludivine Sagnier, Sylvie Testud...) ou en commentant des clichés plus anciens, Carole Bellaïche nous fait découvrir son œuvre ». Carole Bellaïche y « revient ses séries plus anciennes, « Les acteurs au musée », lieu qu'elle apprécie pour sa lumière, ou « Les passants sur les ponts », silhouettes anonymes se détachant sur le ciel de Paris  ». Elle a « immortalisé les grandes figures du cinéma » : acteurs (Michel Piccoli, Garrel, Vincent Cassel, Matthieu Amalric), cinéastes (Jean-Luc Godard, David Lynch, Eric Rohmer, Pedro Almodovar) et surtout actrices (Catherine Deneuve, Juliette Binoche, Charlotte Rampling, Gong Li). « Les actrices sont des modèles idéaux pour un photographe, elles sont prêtes à tout, à se transformer, à changer leur image. Le côté complice et ludique est plus facile avec les femmes, on n'est pas dans un rapport de séduction », a constaté Carole Bellaïche. Jane Birkin abonde en son sens : « C’est un exhibitionnisme devant quelqu’un qui vous regarde tendrement ». 

Tentée par le cinéma, Carole Bellaïche a préparé en 2012-2013 un court métrage avec l’actrice et réalisatrice Fanny Ardant.

« Depuis le perte de l’appartement de mon enfance il y a déjà plus de 20 ans, (j’y pense comme à un être humain…) que j’ai photographié sous tous ses angles avant que l’on ne ferme pour la dernière fois sa porte, je continue à le rechercher. Je visite des maisons habitées, qui me servent de lieu de prise de vue, je recherche cette ambiance qui est mon identité et cette lumière aussi que je me suis accaparée. Je photographie, le cœur battant une pièce, une chambre, un couloire, qui raconte une histoire. J’aime un objet abandonné dans un coin, j’aime ouvrir un placard à la découverte de trésors, j’ouvre une porte impatiente de voir ce que je vais trouver derrière. J’aime la vie dans un lieu, j’aime les traces du passé, ce que l’être humain y a laissé. Je collectionne, des lieux, des objets, des visages des traces humaines. En vrais obsessionnelle, je cherche instantanément les qui m’apportent cette émotion première dans mes prises de vue, avant même la rencontre avec mon modèle. Je croie en cette liaison qui existe, qui crée l’image, cette osmose entre lieux, lumière et personnages. C’est surement pour moi une façon de faire entrer la fiction dans mes photos l’univers existe sans exister. Le personnage se fond dans une histoire, que je réinvente à chaque fois », s'est souvenue Carole Bellaïche, le 18 janvier 2014. 

Dans le cadres du Mois de la photo à Paris, la galerie Basia Embiricos présente l’exposition La collectionneuse. « La discrétion vis à vis de soi est le propre des grands portraitistes, jusque là Carole Bellaïche l’avait absolument entretenue. « La collectionneuse » révèle trente années d’une quête continue et obsessionnelle pour le lieu originel perdu. Pour la première fois cette exposition démontre l’indispensable et parfaite rencontre entre un lieu retrouvé le temps d’une photo et son histoire », a écrit Charlotte Flossaut, commissaire de l’exposition Mois de la Photo 2014.




Dans le cadre du Mois de la photo à Paris 2014, la galerie Basia Embiricos présente l’exposition éponyme. Effectués par Central DUPON, les tirages mélancoliques de photographies de Carole Bellaïche, en noir et blanc ainsi qu’en couleurs, et à la lumière sophistiquée, montre des intérieurs bourgeois dont les occupants apparaissent au travers de leurs objets désuets, de l’agencement de leur logement. Des êtres humains devinés par leurs livres accumulés, par leurs placards. Des séries. Des pièces en enfilade. Des secrets. Des mises en abysses. Le temps qui passe... Des photographies faisant penser à certains tableaux du peintre israélien Ra'anan Lévy, mais celui-ci s'intéresse à des appartements souvent dégradés et à des objets usés. Et ses couleurs sont moins chaudes.
  

Du 23 octobre au 23 novembre 2014
14, rue des jardins Saint-Paul. 75004 Paris
Tél. : +33 (0)6 60 66 85 90, +33 (0)1 48 87 00 63
Du mercredi au samedi de 13 h 30 à 18 h 30. Le dimanche sur rendez-vous.
Vernissage le 30 octobre 2014 en présence de l’artiste de 18 h à 21 h

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Cet article a été publié en une version plus concise dans Actualité juive.

lundi 27 octobre 2014

« Diffamation » de Yoav Shamir


Arte a diffusé « Diffamation » (Defamation), documentaire du réalisateur israélien Yoav Shamir. Un film superficiel, bâclé, choquant par ses partis pris, censé être une enquête sur l'antisémitisme en observant le combat mené par l'ADL (Anti-Defamation League), organisation Juive américaine créée en 1913 et présidée par Abraham Foxman, survivant de la Shoah (Holocaust), et en interviewant trois universitaires controversés. Le 27 octobre 2014, l'ADL organise son 20e concert contre la haineLa désignation de Jonathan Greenblatt pour succéder à Abe Foxman suscite en novembre 2014 de vives critiques


Sceptique quant à l'existence de l'antisémitisme, ce chauffeur de taxi. Selon lui, "les Juifs contrôlent le monde".

Yoav Shamir est né en Israël, "créé pour donner un pays où les Juifs peuvent vivre sans crainte". Il n'a jamais été victime de l'antisémitisme, "un problème qui semble toujours d'actualité". Inquiet à la lecture d'articles sur tant d'actes antisémites dans le monde, il décide "d'en savoir plus" sur ce phénomène qu'il lie à la Shoah et aux nazis.


Dans le site Internet de Defamation, Yoav Shamir ajoute une autre explication. Lors de la sortie de son film Checkpoint, il s'est vu qualifier de "Mel Gibson israélien". Pourquoi ? "En raison des points de vue que j'avais exprimés dans ce film : critiques par rapport à la politique d'Israël en ce qui concerne les Palestiniens, ce qui laissait à penser que j'étais antisémite. L'auteur de cet article était lui-même juif". Yoav Shamir a alors l'idée de ce film sur l'antisémitisme, "la «vache sacrée » des Juifs", dernier volet d'une trilogie : "Checkpoint, sur les soldats israéliens ; Flipping Out, sur ce qui arrive à ces soldats lorsqu'ils quittent l'armée ; et Defamation, qui étudie la jeunesse israélienne avant qu'elle ne commence son service militaire".

Yoav Shamir rencontre Abraham (Abe) Foxman, qui dirige l'ADL, une association juive dont l'une des missions consiste à lutter contre l'antisémitisme - 1500 actes antisémites sont recensés par an aux Etats-Unis - et qui bénéficie d'un budget annuel dépassant 70 millions de dollars. "Très coopératif", Abraham Foxman, l'accueille cordialement ; l'ADL lui accorde "un accès illimité à son QG à Manhattan" afin d'aider Yoav Shamir qui souhaite enquêter sur un acte antisémite.


A la recherche d'actes antisémites
Il recueille les réflexions de sa grand-mère, pionnière sioniste nonagénaire ayant quitté la Russie et qui véhicule des stéréotypes sur les Juifs de diaspora qui "gagnent de l'argent sans travailler, prêtent de l'argent sans intérêt. Les Juifs savent y faire..."

Le réalisateur interviewe le journaliste Noah Klieger, survivant d'Auschwitz où il avait sympathisé avec le champion de natation Alfred Nakache. Ce journaliste à Yediot Aharonot accole l'épithète "antisémite" à de nombreux pays européens, américains et arabes.

A voir la place tenue par la relation des actes antisémites dans le monde par ce journal israélien, le réalisateur en conclut que l'antisémitisme est "bon pour le journal".

Si environ 500 lycéens israéliens se rendaient voici 20 ans en Pologne dans le cadre d'un voyage de la mémoire sur des lieux de la Shoah, ils sont plus de 30 000 élèves à s'y rendre encadrés en 2010. Yoav Shamir décide de se joindre à un groupe de lycéens israéliens, de leur cours sur la Shoah à Yad Vashem jusqu'à leur visite de quartiers Juifs de villes polonaises. A Lublin, il assiste à un malentendu, une incompréhension grave entre trois adolescents israéliens et des Polonais âgés : ces jeunes croient à tort que leurs interlocuteurs sont antisémites. Dissipés à leur arrivée, ces jeunes sont bouleversés lors de leur visite au musée d'Auschwitz.

Retour à New York où est signalé le jet de deux pierres contre un bus scolaire d'une école Juive orthodoxe à Crown Heights, à Brooklyn, un quartier qui a connu trois jours d'émeutes en 1991. Notre réalisateur s'y précipite. Benjamin Lifschitz, reporter, lui explique que les Juifs, par crainte d'agressions, "se déplacent rarement seuls ou la nuit tombée".


Interrogés par Yoav Shamir, de jeunes Afro-américains se récrient : "Je n'ai jamais vu un Juif se faire braquer". Et " les juges condamnent plus sévèrement si l'agression vise un Juif", "Les Juifs sont mieux traités", "Il se débrouillent toujours pour trouver les bons plans", "Les Juifs ne se mélangent pas", "Ils font partie du système de manipulation utilisé par les plus puissants à la télévision et dans les médias". Et de citer Les Protocoles des Sages de Sion, un livre présenté par ces jeunes comme relatant des faits avérés, alors qu'il s'agit d'un faux fabriqué par la police tsariste au début du XXe siècle sur une prétendue conspiration Juive pour dominer le monde.

Quant au rabbin Hecht, chargé des droits de l'homme à la mairie de New York, il estime que les Juifs sont attaqués car ils sont des proies faciles. Leurs agressions ne sont pas nécessairement antisémites. "Je me méfie des gens qui gagnent leur vie à la faveur d'une situation particulière. Dans certains cas, l'ADL est clairement responsable d'avoir mis de l'huile sur le feu, autant qu'elle a été utile", déclare le rabbin Hecht à qui l'ont pourrait rétorquer qu'il gagne sa "vie à la faveur d'une situation particulière". A quels faits ce rabbin fait-il allusion ? Yoav Shamir n'est pas curieux.

Il préfère suivre la délégation de l'ADL, composée notamment de donateurs américains, en Europe, leurs rencontres avec des dirigeants politiques italiens - Fini, Prodi -, ukrainiens, etc. L'Ukraine souhaite se rapprocher de l'Occident, en particulier des Etats-Unis, "et croit que les Juifs américains peuvent devenir leurs alliés au Congrès". L'ADL demande à l'Ukraine une action plus ferme contre l'antisémitisme et de distinguer nettement la Shoah de l'Holodomor (extermination par la faim, en ukrainien), tragédie survenue en 1932-1933 en Ukraine qui le dénomme génocide. Pourquoi ces dirigeants reçoivent-ils cette délégation ? " Je le dis souvent : "Les Juifs sont moins puissants qu'ils le croient et que le croient leurs ennemis"... Ils croient que nous sommes assez influents pour peser sur Washington. Nous n'allons pas les contredire", résume Abraham Foxman.

Quel lien entre le combat contre l'antisémitisme et "un évènement vieux de 60 ans" ? "D'abord, il faut assumer tout l'héritage du passé pour arriver au présent", résume Abraham Foxman.

Yoav Shamir entend-il qu'un Juif a été poignardé dans une synagogue à Moscou ? Il s'y précipite. Las ! Un Russe âgé, fidèle de la synagogue, nie tout antisémitisme dans son pays. Pour le grand rabbin Bleich, à Kiev, "les Juifs laïcs se préoccupent plus de l'antisémitisme que les Juifs religieux. Ils considèrent cela comme un élément de leur judéité". Une affirmation que semble corroborer le couple américain retraité Harvey et Suzanne Prince.

Le reste du film - 40 dernières minutes - est composé d'interviews de trois universitaires ayant signé deux livres controversés : le professeur Norman Finkelstein, auteur de L'industrie de l'Holocauste : réflexions sur l'exploitation de la souffrance des juifs (2001), John J. Mearsheimer, professeur de sciences politiques à l'Université de Chicago, et Stephen M. Watt, professeur de relations internationales à la Kennedy School of Government d'Harvard, auteurs du Lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine (2007) alléguant que ce lobby "soutient la politique israélienne même si elle est contraire aux intérêts des Etats-Unis". Faux naïf ? Provocateur ? Yoav Shamir les laisse exprimer leurs thèses sans avancer aucun argument contraire.

En Israël, il filme la conférence des deux auteurs américains invités par le Gush Shalom, puis se rend à la conférence à Jérusalem sur les formes de l'antisémitisme, notamment l'antisionisme. Soudain, un orateur, sociologue, rompt avec le discours dominant - " Ceux qui attaquent Israël sont des antisémites masqués ", ou plutôt l'antisionisme est le paravent d'antisémites -, et allègue que cet antisémitisme est causé par " l'occupation des terres palestiniennes ", la " colonisation " israélienne, etc. " Vous raisonnez comme la femme battue par son mari : " C'est de ma faute si mon mari me bat ! ", rétorque un orateur.

Pas d'antisémitisme ?
Primé lors de nombreux festivals, ce film a été présenté à deux reprises au festival Cinéma du réel (11et 14 mars 2009), au Centre Pompidou qui a alors diffusé aussi Rachel, film de Simon Bitton sur la mort accidentelle de Rachel Corrie, militante américaine du Mouvement international de solidarité (ISM), par un bulldozer israélien, dans la bande de Gaza, en 2003. Nulle surprise donc que ce film ait été encensé par des mouvements anti-israéliens.
 
Quelle a été la réaction de l'ADL en découvrant Defamation de Yoav Shamir ? Ce film "déforme la fréquence et l'impact de l'antisémitisme et devalorise la Shoah. C'est la perspective politique, perverse, personnelle de Shamir et une occasion manquée pour informer sur une question sérieuse et importante", a déclaré l'ADL le 8 mai 2009 .

Ressortent en effet de ce film les idées fausses que l'antisémitisme est quasi-introuvable, voire que certains qualifient à tort certains actes d'antisémites, et que les Israéliens sont élevés dans l'idée que le monde entier les hait, dans "l'obsession du passé", et sans "vivre dans le présent". Ainsi, le réalisateur Lars von Trier, auteur de propos choquants lors du festival de Cannes,  déclare dans une interview au Monde : "Quant aux réactions qu'ont suscitées ses propos, il invoque un documentaire israélien, Defamation, de Yoav Shamir, qui traite de l'antisémitisme contemporain à travers l'action de l'Anti Defamation League américaine. "Je voyais ce bureau dans lequel ils attendent qu'on leur signale des cas d'antisémitisme. Ils avaient recensé cinq incidents en un mois, le réalisateur essayait d'enquêter, mais ils n'avaient rien à faire. La réaction à cette chose à Cannes est arrivée exactement à l'heure où on se réveille à New York et je les imaginais se disant : "Enfin nous avons quelque chose !""

Cette impression est renforcée par l'absence de toute interview d'historiens de l'antisémitisme, comme Pierre-André Taguieff ou Robert Wistrich, de toute citation de rapports publics sur l'antisémitisme, comme ceux de la Commission nationale consultative des droits de l'homme ou de Jean-Christophe Rufin Chantier sur la lutte contre le racisme etl'antisémitisme, les citations de rapports d'organisations juives européennes - tel celui du SPCJ en France ou de la CICAD en Suisse - ou de médias arabes.

Aux Etats-Unis, un rapport récent du Center for Security Policy démontre que de 2000 à 2009 le nombre d'actes contre les Juifs (9 692) y a été six fois supérieur à celui des actes contre des musulmans (1 580).

Des thèmes essentiels ont échappé à Yoav Shamir : les critiques adressées à des organisations juives comme l'ADL d'élargir leurs champs d'intervention au-delà de la lutte contre l'antisémitisme, les intimidations et attaques ciblant les étudiants Juifs, surtout quand ils défendent l'Etat d'Israël, sur les campus américains, l'accusation d'antisémitisme adressée par Larry Franklin à l'égard du FBI, etc.


ADDENDUM : En juillet 2013, le "Palestino-Américain" Oday Aboushi, joueur de football dans la célèbre équipe newyorkaise Jets, est décrit, preuves à l'appui, par FrontPage Magazine comme un "musulman fondamentaliste". Des preuves écartées par l'ADL et l'AJC qui défendent ce sportif.
En janvier 2014, l'ADL a estimé que le traitement infligé à Jonathan Pollard est "un effort pour intimider les Américains Juifs et confine à l'antisémitisme. Il s'agit de confirmer un stéréotype antisémite ancré dans l'opinion publique : les Américains Juifs sont plus loyaux à l'Etat d'Israël qu'à leur propre pays, les Etats-Unis".
La désignation de Jonathan Greenblatt pour succéder à Abe Foxman a suscité en novembre 2014 de vives critiques. En effet, Jonathan Greenblatt a été directeur du Bureau de l'innovation sociale et de la participation civique à la Maison Blanche sous l'administration Obama. Il dirige l'Aspen Institute financé notamment par George Soros.
L'éditorialiste Caroline Glick a écrit : "Un dirigeant de l'ADL m'avait prévenue voici deux ans que le successeur d'Abe Foxman serait quelqu'un qui transformerait l'ADL, organisation défendant les droits de l'homme Juif, en une énième association gauchiste "de droits civils" qui s'n prendra à Israël et aux Juifs. Et maintenant, c'est arrivé".

de Yoav Shamir
Autriche, Danemark, Etats-Unis, Israël, 2009
1 h 31
Diffusions les 6 mai 2011 à 23 h 10, 19 mai 2011 à 10 h 05 et 25 mai 2011 à 0 h 40

Cet article a été publié le 6 mai 2011, le 14 juillet 2013 et :
- 18 août 2013 alors que l'ADL compare à tort la lutte pour la défense des Juifs dans l'Union soviétique au combat quelle prône contre les "lois anti-homosexuels" dans la Russie actuelle.. Il a été modifié le 10 août 2011 ;
- 29 janvier et 27 octobre 2014.

vendredi 24 octobre 2014

Pluriel. Regards sur l’art contemporain israélien 2012


La Villa Emerige a présenté l’exposition éponyme problématique. Quinze artistes israéliens – peintres, vidéastes, photographes, sculpteurs, etc. – présentent leurs œuvres, dont certains s’apparentent plus à de quasi-manifestes politiques biaisés et hostiles à l’Etat d’Israël qu’à des œuvres artistiques, et reflètent un mal-être identitaire malsain. Bénéficiant de partenaires prestigieux – Mairie de Paris et services culturels de l’ambassade d’Israël en France -, cette exposition choquante et partiale est annoncée dans des médias français Juifs et AkademScope, soutenu par le Fonds social juif unifié (FSJU) et la Fondation pour la Mémoire de la Shoah (FMS). Arte diffusera le 26 octobre à 1 h 30 Arte Video Night 6 : "Pour la sixième année consécutive, ARTE célèbre l’art vidéo. Animée par la journaliste Agnès Olier, la sixième édition d'"ARTE Video Night" se décline en neuf thèmes, et donne, notamment, un coup de projecteur sur la création israélienne. Les commissaires artistiques Dominique Goutard et Jean-Luc Monterosso ont sélectionné 70 créations courtes, sans paroles, poétiques ou politiques, drôles ou tragiques, parfois déroutantes, toujours engagées. Plus de soixante-dix œuvres inédites sont à l’antenne, dans la nuit du samedi 25 octobre, puis sur ARTE Creative, la plate-forme de la chaîne dédiée à la création visuelle et numérique. Une nouvelle présentatrice, Agnès Olier, musicienne, journaliste à France Inter et à France Culture, nous guidera tout au long de cette incursion noctambule dans l'art vidéo. Celle-ci se découpe en neuf thèmes : "Bizarre...", "Enfermement", "Elle & lui", "Bruits de fond", "Cas d’école", "Vu d’Israël" (avec, en vedette, l’artiste Sigalit Landau), "Rêves de formes", "Back to the city", "Résistance".

L’année juive 5772 avait été marquée par des expositions controversées« Ici », « Jérusalem plomb durci » et « J'ai soif » - promues par service culturel de la problématique ambassade d’Israël en France.

En cet automne 2012, cette ambassade poursuit dans cette voie. Comme si les expositions anti-israéliennes en France ne causaient pas assez de dommages à Israël et aux Juifs français.

On aurait pu espérer un « cadeau » moins embarrassant en ce début d’année juive 5773.

Pluriel ?
L’exposition Pluriel « met en exergue la pluralité qui traverse l’art contemporain israélien… Polysémie, polyphonie, articulation de l’intime et du politique, du transgressif et du religieux, de la mémoire et de l’actualité, du nationalisme et de l’universel donnant à voir la réalité d’une scène talentueuse à la fois spécifique et ouverte », indique le dossier de presse.

Organisée par « le magazine d'art prestigieux Artabsolument », elle réunit « les œuvres de l'élite des artistes israéliens de la scène d'art contemporain » et est assortie d'un catalogue.

Les expositions collectives s’avèrent délicates dans l’association des talents, d’artistes créant leurs œuvres hors de toute politisation à ceux dont l’art exprime des réflexions ou positions politiques, souvent biaisées.

« Le choix n’est jamais neutre. Nous nous sommes aperçus que nous étions attirées par des œuvres d’artistes israéliens ou palestiniens vivant en Israël dont le travail tournait autour de la question de l’identité, prise dans un sens large... Le contour politique, social ou économique de la création est conclusif à l’exposition. Le but est que le regardeur en ressorte ses propres conclusions », explique Nathalie Mamane-Cohen, une des deux commissaires de l’exposition avec Nathalie Zaquin-Boulakia.

Elle allègue : « L’histoire de l’art en Israël reste un objet particulier car le territoire est le fruit de nombreux mélanges culturels. Il n’y avait pas d’art car pas d’histoire commune, et pourtant beaucoup d’art et d’histoires importés ». Comme si les Juifs habitant en Eretz Israël n’avaient au fil des siècles produit aucun art, aucune histoire !

A la villa Emerige, espace parisien créé par Laurent Dumas, quinze artistes illustrent des disciplines variées : peinture, sculpture, vidéo, photographie, installation et broderie.

On peine souvent à distinguer l’art de la politique, et une diversité idéologique dans cette exposition "Pluriel".

Le dossier de presse présente la vidéaste Raida Adon comme « palestinienne », alors qu’elle est née en 1972 à « Acre, Israël ». Si elle est palestinienne, que fait-elle dans cette exposition sur l’art contemporain israélien ?

Cette artiste « est issue d’une mère musulmane et d’un père juif ». Sa vidéo Fasatine ? Un « travail sur la mémoire des habitants de Lifta, qui s’enfuirent de ce village palestinien en 1948, prend le parti d’une présence fantomatique, où le temps se trouve comme suspendu. Des robes noires, cousues par l’artiste, y flouent au gré du vent, ou surnagent à la surface d’un bassin, oscillant entre la fierté de l’étendard, le marquage du territoire et la simple tentative de survie ». Parmi ses multiples identités, Raida Adon semble avoir choisi. On aurait aimé avoir des précisions sur ce village et les conditions de la fuite de ses habitants - à l’appel des dirigeants arabes palestiniens ?

Les robes de la quadragénaire Nelly Agassi « fonctionnent à la manière de territoires intimes ».

Collectionnant des objets promis à la destruction, la photographe Ilit Azoulay adopte « une démarche d’archiviste, voire d’anthropologue ».

Plasticienne, vidéaste, photographe, Yael Bartana « observe et déconstruit de manière poétique les discours et les propagandes nationalistes au Moyen-Orient. Elle étudie son pays natal d’un point de vue critique et illustre dans ses œuvres les attaches qui l’unissent à cette terre. L’artiste bouscule les frontières entre fiction et réalité, espérance et peur, passé et présent. Ses travaux évoquent les épisodes divers de l’histoire politique d’Israël, des juifs de Pologne, ainsi que de la migration et de l’assimilation en général, mêlant des fonds historiques, des actualités politiques et des fictions utopiques ». Cette artiste a représenté la Pologne à la 54e Biennale de Venise.

Selon le blog Lunettes rouges, dans Kings of the Hill de Yael Bartana, « des hommes israéliens conduisent sans fin leur énormes 4x4 dans des dunes de sable, action vaine, machiste, brutale, simulacre de loisir dérisoire, mythe du colon conquérant ».

Et ce blog d’expliquer que Yael Bartana « adopte tous ces poncifs de la propagande sioniste des origines pour montrer tout autre chose : la reconstruction de la maison d'un Palestinien que l'armée a détruite en représailles par un groupe de volontaires, israéliens, palestiniens et européens, sous les auspices » de l’ICAHD (Israeli Committee Against House Demolitions), une ONG israélienne qui diabolise Israël accusé à tort de commettre un « génocide » et un « nettoyage ethnique », de pratiquer l’apartheid, etc.

Quant au peintre Avner Ben-Gal, la « violence est souvent présente » dans son travail qui « est cru tant dans la forme que dans le contenu. Ses gigantesques tableaux n’exhument pas les cruautés de la guerre mais plutôt plus subtilement des moments plus privés, de sombres images de corruption, de crimes, de pornographie et constatent avec désolation une sorte de désastre de la modernité ».

Neta Harari « développe dans sa peinture un travail fort et violent, dont émane un trouble, et où se heurtent le réel et la fiction, les images fabriquées et le document ».

Sigalit Landau « est très engagée sur le thème de l’eau et particulièrement de la Mer morte ». Sigalit Landau a représenté Israël à la biennale de Venise 2011 sous le commissariat de Jean de Loisy.

Membre de plusieurs comités d’acquisitions de grands musées, dont celui du Musée national d’art moderne-Georges Pompidou ou le comité d’acquisitions d’art contemporain israélien du musée d’Israël à Jérusalem, Nathalie Mamane-Cohen déclare : « Sigalit Landau, qui jouit d’une carrière internationale mais qui vit plus de la moitié de son temps en Israël, a réalisé une vidéo, appartenant aujourd’hui au Centre Pompidou, où elle fait du Hoola Hoop avec un cerceau en fil de fer barbelé qui l’auto-flagelle sur la plage de Tel-Aviv. Le sel est également l’un de ses matériaux de prédilection pour ses sculptures : il fait référence à la Mer morte, à la culture biblique, à un ancrage dans la région ».

Commentaire du blog Lunettes rouges : « Sur une plage, l'artiste nue fait du Hula hoop avec un cerceau en fil de fer barbelé. Les barbes sont tournées vers l'extérieur, mais sa chair est blessée, maquillage ou réalité : c'est son giron, sa féminité, la partie de son corps faite pour engendrer, pour donner la vie, qui est blessée. Elle continue à danser, énergiquement, douloureusement jusqu'à l'épuisement... Aucun discours politique, aucun article ne peut aussi bien retranscrire la tragédie d'Israël aujourd'hui : barbelés conçus pour défendre, mais qui attaquent l'essence même du corps qu'on veut protéger, dans son sein, dans sa capacité à créer son futur ».

La « violence, le sang, le sexe et la mort sont souvent présents » dans les œuvres de Gil Marco Shani. Ses peintures oscillent entre menace et confiance, peur et défense. L’apparente simplicité et le dépouillement de ses peintures ne sont qu’une tentative de contrôle émotionnel et de recherche d’une forme esthétique de la politique ».

Les photographies d’Adi Nes « parfois choquantes sont issues d’un travail minutieux où rien n’est laissé au hasard et traite de l’identité en perpétuelle construction. Dans une volonté évidente de théâtralisation, l’homosexualité, l’identité masculine et l’héroïsme sont mis en scène. une de ses œuvres la plus connue est sa réappropriation de la cène de Leonard de Vinci où les apôtres sont remplacés par des soldats ».

Le travail de Moshe Ninio est « abstrait, minimal, presque fantomatique, et comme détaché de tout contexte social et historique. En réalité c’est le statut iconique de l’image que l’artiste met en lumière traitant ainsi de son extrême contemporanéité au cœur de notre l’histoire ».

Les portraits de Khader Oshah « sont réalisés soit directement à partir de son entourage, qu’il prend pour modèle, soit sur la base de photographies. Entre aspect matiériste et éléments décoratifs, un caractère primitif très fort ressort de ses tableaux, qui agissent comme une tentative de préserver une mémoire collective et individuelle. Lui-même musulman, il a travaillé en 2010 avec l’artiste de confession juive Haim Maor sur le projet The family : a project of reconciliation, qui vise à créer des liens entre les différentes communautés ».

« Entre réalité et fiction », le travail vidéo d’Assaf Shoshan « explore la problématique des “territoires de l’attente” qui ponctuent le parcours des émigrants en Israël. Réfugiés du Soudan installés dans des camps, villages bédouins dans le Negev dont l’existence n’est pas reconnue, ou ghettos d’immigrés éthiopiens, tous luttent pour trouver une place dans la société israélienne ». Pourquoi cette existence n’est pas reconnue ?

Quant à Gal Weinstein, il « couvre les sols et les murs de matériaux pauvres et synthétiques ; jouant des substituts et du camouflage, il transplante dans l’espace du musée des paysages ruraux emblèmes du miracle de la culture d’une terre stérile, symbole du travail agricole juif et de la réalisation du rêve sioniste. L’artiste trouve son inspiration dans la mémoire collective et les images populaires. Gazon synthétique et tapis de bureau bon marché sont assemblés sous forme de puzzles d’enfants et permettent à l’artiste d’explorer les questions sociales et politiques induites par son travail ».

Pavel Wolberg « travaille à la fois comme reporter d’images et comme artiste. La situation politique conflictuelle en Israël et dans les territoires palestiniens, la guerre, la réalité et la vie quotidienne dans le pays, en particulier celles des communautés laïques et religieuses, sont au centre de ses préoccupations. À travers son objectif, la violence et le paradoxe de certaines situations qui y ont cours sont simultanément exhibés avec virulence et désamorcée par l’humour et la distance dont il fait montre, conférant à ses images un onirisme certain ».

Maya Zack « recrée entièrement des univers, en jouxtant ces divers médiums, où elle reconstitue avec minutie la vie quotidienne d’une famille juive allemande archétypique d’avant la Seconde Guerre mondiale. Son processus de création plonge dans les racines de la culture juive européenne, à travers ses éléments matériels, pour en exprimer à la fois la richesse et la dimension traumatique. C’est également une réflexion sur la mémoire, en tant que système cognitif, avec ses manques et ses faces saillantes, que l’artiste cherche à explorer ».

A l’évidence, certains artistes israéliens ne sont pas convaincus du bien-fondé de l’existence de l’Etat d’Israël, ne partagent pas les valeurs israéliennes ou/et Juives, éprouvent des problèmes d’identité, voire la haine de soi.

L'art contemporain israélien ne se réduit heureusement pas à ces thématiques - violence, masochisme, zoophilie, etc. - et est heureusement plus divers et soucieux de beauté et d'harmonie.

Le soutien de l’ambassade d’Israël en France
La revue de presse est impressionnante : des articles laudatifs ou sans esprit critique, dans de prestigieux journaux français, américains (International Herald Tribune) et israéliens, dans des médias français Juifs : Actualité juive hebdo, Tribune Juive. Jusqu’aux Cahiers de l’islam !

Cette exposition problématique est annoncée par la newsletter de l’ambassade d’Israël en France et par AkademScope, « calendrier de tous les évènements juifs » soutenu financièrement par le FSJU (Fonds social juif unifié) et la Fondation pour la Mémoire de la Shoah (FMS).

Cette manifestation à maints égards problématique est soutenue par le service culturel de l’ambassade d’Israël en France ainsi que la Mairie de Paris. Et Nonsnondits, « blog non officiel du service de presse de cette ambassade », publie des critiques élogieuses sur cette manifestation.

C’est devenu routinier : l’ambassade d’Israël promeut ce genre de manifestations problématiques. Pourquoi des fonctionnaires israéliens pour promouvoir l’actualité culturelle israélienne, manquent-ils ainsi à leur devoir de neutralité ? Et ce, sans aucune sanction de leur hiérarchie ! Quel est le rôle exact de Francine Lutenberg, responsable des projets culturels à l'ambassade, qui dispose d’une chronique sur RCJ, radio du FSJU, pour promouvoir des évènements culturels israéliens, tel celui-ci ? Quels sont les critères de ses choix ?

Cette ligne politique, excusez-moi, culturelle de ladite ambassade s'oppose aux intérêts de l'Etat d'Israël, et approfondit le fossé entre, d'une part, cet Etat et son ambassade et, d'autre part, la diaspora française Juive, ainsi qu'elle accentue la désaffection et la défiance à l'égard des médias français Juifs.

Les expositions anti-israéliennes ne suffisent pas à la diffamation d’Israël ? Il faut aussi que des évènements soutenus par l’ambassade d’Israël en France, et notamment son service culturel, et annoncés par des organes d’institutions françaises ou des médias Juifs y contribuent !?

Cette tendance risque de s’aggraver car les autorités politiques israéliennes souhaitent créer, avec les communautés juives de diaspora, des centres culturels pour mieux faire connaître les cultures juives et israéliennes. Cela promet…

Et comme si cette tactique pourrait suppléer l’absence d’actions indispensables et urgentes à mener par le gouvernement israélien, en particulier le combat pour la vérité dans l’affaire al-Dura et la défense de l’histoire et du narratif d’Israël.

Addendum
Des œuvres de Sigalit Landau - un DVD de sa vidéo DeadSee - et d'Adi Nes - un tirage d'une photographie de sa série Soldats (1999) inspirée du dernier repas de Jésus de Nazareth représenté notamment dans La Cène de Léonard de Vinci ont été acquises, respectivement pour 125 000 $ et 377 000 $ - lors d'une vente aux enchères à Sotheby's (New York), le 17 décembre 2013.


Jusqu’au 22 novembre 2012
7, rue Robert Turquan. 75016 Paris
Du mardi au dimanche de 12 h à 19 h

Visuels :
Nelly Agassi. Whispers. 2004, coat hanger, knitting, 600 x 500 cm. Installation view at “Embroidered Action,” Herzliya Museum of Contemporary Art, Israel.©Nelly Agassi. Courtesy Dvir Gallery, Tel Aviv


Raida Adon. Fasatin. 2001, pal dv, extrait d’une vidéo de 10 min.©Raida Adon. Courtesy Raida Adon.Image 10 of 10

Mur I Wieza (wall and tower). 2009, extrait d’une vidéo de15 min.© Yael Bartana, Annet Gelink Gallery, Amsterdam et Sommer Contemporary Art, Tel Aviv. Courtesy of Yael Bartana, Annet Gelink Gallery, Amsterdam et Sommer Contemporary Art, Tel Aviv. 

Kings of the Hill. 2003, video, 7min45.© Yael Bartana, Annet Gelink Gallery, Amsterdam et Sommer Contemporary Art, Tel Aviv. Courtesy of Yael Bartana, Annet Gelink Gallery, Amsterdam et Sommer Contemporary Art, Tel Aviv.


Fresh Face in the Desert/Spitting Chewing Tobacco. 2010, digital inkjet print and pencil on paper, 29.7 x 21 cm.© Avner Ben-Gal Courtesy of the Artist and Sadie Coles HQ, London. 


Vertigo Inbox (1) no. 3. 2008, oil on plywood, 120 x 210 cm.©Avraham Hay. Courtesy Inga Gallery of Contemporary Art, Tel Aviv. 


Barbed Hula. 2000, extrait d’une video de 2 min.© Sigalit Landau Courtesy Sigalit Landau and Kamel Mennour, Paris.


Man and Leopard. 2008, acrylic and marker on canvas, 200 x 280 cmGil Marco Shani. Courtesy of Gil Marco Shani


Woman in her bedroom. 2009, acrylic and marker on canvas, 270 x 190 cm. ©Gil Marco Shani. Courtesy of Gil Marco Shani. Collection Susanna Vorst, Amsterdam.


Untitled. 1999, photo couleur contrecollée sur PVC, 90 x 148 cm / 185 x 235 cm.©Adi Nes/Galerie Praz-Delavallade, Paris. Courtesy Galerie Praz-Delavallade, Paris. 


Moshe Ninio. Sleeping figure. 1978, B/W photographic paper suspended in an aluminum frame, 105 x 105 cm (framed). The Schoken collection, Tel Aviv. Photo : Miki Koren. 

Hagar. 2007, mix media- extrait des 38 pièces, 87,57 x 57,5 cm. Courtesy of Khader Oshah. 

Taaban. 2010, video, 5min31. ©Assaf Shoshan. Courtesy of the artist 

LOOKING THE SAME (detail from a series). 2011, steel wool rusted with Diet Cola, 100 x 120 cmGal Weinstein. Courtesy Gal Weinstein and Private Collection. 

Hebron (Purim). 2004, inkjet print of color photograph, 60 x 90 cm.©Pavel Wolberg Courtesy of the artist and Dvir Gallery, Tel Aviv. 

Living Room 1. 2009-2010, anaglyph print, 80 x 200 cm.© Maya Zack. Courtesy Alon Segev Gallery, Tel Aviv.

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Cet article a été publié le 19 novembre 2012, puis le 24 décembre 2013.