lundi 29 septembre 2014

« Que la lumière soit ! » de Yoël Benharrouche


La galerie Nuances et lumière a présenté une exposition individuelle d'œuvres récentes – acryliques sur toiles - du peintre Yoël Benharrouche. Cet artiste israélien exprime sa foi dans l’harmonie et le bonheur du couple. Il imprègne son art lyrique, mêlant des influences cubistes à l’art calligraphique à son goût pour les collages, d’une dimension spirituelle juive marquée par la place centrale de Jérusalem. Un de ses tableaux est proposé lors de la vente aux enchères au profit de la WIZO, le 29 septembre 2014, aux Salons Hoche (Paris).


Né en 1961 à Beer-Sheva (Israël), Yoël Benharrouche s’installe avec sa famille à Nice en 1974, et suit les cours à l’Ecole des Beaux-arts jusqu’en 1985. Parallèlement, il étudie les textes bibliques. Il vit en Israël depuis 1993.

Cet artiste peint toujours le mouvement, le déséquilibre comme moteur pour avancer.

Il offre une vision dynamique et douce de la vie. Ses personnages portent des costumes orientaux, aux pantalons bouffants, et sont parés de chevelures ondoyantes. Il les met en scène comme des personnages de spectacles musicaux, jouant de la guitare ou du piano. Le couple composé d’êtres complémentaires vit en fusion (« Le cercle est une forme qui révèle la vie »).

Il affectionne les paysages de cités ensoleillées caractérisées par des maisons aux hautes coupoles (« Ville du ciel sur les trois roues de l’équilibre »).

En 2004, à la Galerie Art Symbol, des influences cubistes sont plus prégnantes (« Le langage du corps ») dans son exposition Parfum de Terre. Certaines œuvres sont bi-ou trichromes, saturées de rouge ou bleu (« Un souffle qui me joue les mélodies de l’espace »).

« Je pense que l’Art en général est la preuve que le lien entre la Terre et le Ciel existe et l’artiste doit parvenir à véhiculer cette pensée spirituelle jusqu’au point de sa cristallisation dans la matière », m’expliquait M. Benharrouche en 2004. Et d’ajouter : « La matière et la terre s’imprègnent de ce ciel. La terre devient alors un corps plein d’âme... »

Si vous vous promeniez sur les Champs-Elysées en 2012, vous pouviez aller à la Galerie Bartoux pour découvrir l'exposition de Yoël Benharrouche, présentant une vingtaine d’œuvres narratives et figuratives.

Le tableau Danse de la vie de Yoël Benharrouche est proposé lors de la vente aux enchères au profit de la WIZO, le 29 septembre 2014, aux Salons Hoche (Paris).


Du 18 novembre au 9 décembre 2013
A la galerie Nuances et lumière
4, cours de la liberté - 69003 Lyon, France
Tel. +33(0) 4 37 48 09 71
Du lundi au samedi de 9 h à 19 h 30. Le dimanche de 14 h 30 à 18 h 30
Vernissage le 24 novembre 2013 de 12 h à 21 h en présence de l'artiste

Jusqu’au 4 novembre 2012
Exposition « Que la lumière soit ! »
A la galerie Bartoux, galerie d’art Elysées
Elysées 26 – 26, avenue des Champs-Elysées, 75008 Paris
Tél. : 01 42 89 41 21
Du mardi au samedi de 10 h 30 à 20 h, le dimanche de 11 h à 20 h

Visuels :
Contact silencieux de l'amour
100 x 100 cm 

La grande préparation
100 x 80 cm 

L'amour vécu avec Jérusalem
100 x 80 cm 

L'esprit limpide
50 x 60 cm

Danse de la vie
Terragraphie, technique artisanale avec sable
70 x 110 cm

Articles sur ce blog concernant :
 Cet article a été publié par Guysen, puis sur ce blog le 31 octobre 2012, 22 novembre 2013.

dimanche 28 septembre 2014

Regards sur les ghettos


Le Mémorial de la Shoah a présenté l’exposition Regards sur les ghettos, peu didactique, et « islamiquement correcte ». « Près de 500 photographies peu connues de ghettos » en Europe dont les auteurs sont des photographes juifs, soldats allemands, propagande nazie… : une exposition aux regards pluriels », mais occultant notamment les ghettos au Maroc.
Provenant de collections en Europe, en Amérique du Nord ou en Israël, l’exposition « présente près de 500 photographies peu connues des ghettos, prises dans différents ghettos (plus de 400 ghettos existèrent) », indique le dossier de presse de cette exposition.

Or, l’Encyclopedia of Camps and Ghettos, 1933-1945: Ghettos in German-Occupied Eastern Europe (The United States Holocaust Memorial Museum, Indiana University Press, Collection Encyclopedia of Camps and Ghettos, 2012) dirigée par Geoffrey P. Megargee et Martin Dean, a recensé plus de 1 100   ghettos sous férule nazie en Europe de l’Est dans lesquels les Nazis ont assassiné des centaines de milliers de Juifs.

Vernissage presse
Lors du vernissage presse du 12 novembre 2013, interrogée par un journaliste, la commissaire de l’exposition  ignorait pourquoi le Mémorial de la Shoah organisait cette exposition. Une historienne du Mémorial est venue en renfort pour expliquer que le thème du ghetto est un éventuel thème possible chaque année, puis que l’année 2013 rappelle le 70e anniversaire de la liquidation de ghettos.

J’ai regretté publiquement l’absence d’une carte localisant tous les ghettos en début d’exposition et la carence, dans l’espace réservé à chaque ghetto évoqué, d’une carte situant la ville dont ce ghetto est illustré par une série de photographies. Réaction du Mémorial de la Shoah : la carte à l’entrée de l’exposition suffit : elle situe les villes des seuls ghettos photographiés. Pourtant, une carte de tous les ghettos aurait révélé une politique délibérée de création de ghettos, conçus comme une étape cruciale dans l’élimination des Juifs. Mais cela aurait contredit la thèse de cette exposition. 

« Pourquoi ne pas mentionner les Juifs contraints d’aller dans les Mellah, ghettos dans des villes marocaines ? », ai-je demandé.

Commissaire scientifique de l’exposition et professeur au département d'histoire juive et de la communauté juive contemporaine à l'Université hébraïque de Jérusalem, Daniel Blatman a distingué le mellah du ghetto : le ghetto visait à séparer les Juifs des chrétiens. « Et le mellah a séparé les Juifs des chrétiens et des musulmans », ai-je répliqué en soulignant que si le terme était différent, ghettos comme mellahs séparaient les Juifs des non-Juifs.

Et cet universitaire d’alléguer : « Les Juifs sont arrivés au Maroc, en terre d’islam ». Je lui rappelle que les Juifs étaient généralement des autochtones au Maroc, présents bien avant la conquête arabe.

Je me suis étonnée aussi de cette légende d’une photographie sur le ghetto de Varsovie: « Transport des morts par la société juive de pompes funèbres, la Hevra Kadisha. Transport of a body by the Jewish burial society, the Hevrah Kadisha ». J’indique que cette légende risque de laisser penser aux visiteurs, parfois ignorant du judaïsme, que la Hevra Kadisha est une SARL ou une SA, alors que la Hevra Kadisha est une « expression araméenne qui signifie : la sainte assemblée. Elle désigne l’ensemble des personnes, hommes et femmes, qui officient dans la préparation et l’organisation de l’inhumation) »… Pour Rachi, « l’accompagnement au dernier moment de la vie d’un homme se nomme bonté de vérité, parce qu’on ne cherche nulle récompense (de leur part)  ». La Hevra Kadisha  est une mitzva.

Il est pour le moins surprenant que personne, ni le traducteur, ni les commissaires de l’exposition, ni le directeur cet établissement Juif, n’ait relevé ces faits.

Sophie Nagiscarde, l’une des deux commissaires générales, m’a proposé de lui indiquer d’éventuelles autres erreurs pour les faire rectifier. Comment ses recherches historiques d’archives photographiques ne l’ont-elle pas amenée aux mellahs marocains au Maroc !?

A l’évidence, mes remarques ont gêné le Mémorial de la Shoah, dont le directeur Jacques Fredj a exprimé l’étonnement. Une autre journaliste a pourtant abondé en mon sens sur l’absence de cartes localisant chaque ghetto en Europe orientale dans chaque espace dédié. Peine perdue. 

Quant à l’absence de toute mention sur les ghettos au Maroc, Jacques Fredj a semblé se dédouaner en évoquant une exposition sur les Juifs de Tunisie - en 2002 - et un colloque vers 2012-2013 sur les Juifs d’Afrique du Nord. Deux manifestations en une dizaine d’années, cela suffirait ?! « Evoquer les mellahs dans cette exposition, mais vous n’y pensez pas ! On nous aurait dit que c’est ridicule de comparer les deux situations. Enfin, les Juifs en Europe ont été astreints aux travaux forcés, envoyés en camps d’extermination », assène Jacques Fredj. Je réplique : « Des Juifs ont été contraints de quitter leurs domicile pour survivre dans des mellahs marocains qui étaient des ghettos. Les Juifs d’Afrique du Nord ont eux aussi été contraints à des travaux épuisants, des dizaines de Juifs de Tunisie ont été déportés. Et le Mémorial de la Shoah a organisé un colloque dressant un parallèle entre la Shoah et le génocide commis contre les Tutsis et les Hutus modérés ». « Mais 800 000 Juifs sont morts dans les ghettos ! », s’insurge Jacques Fredj. Je reconnais le nombre plus élevé de Juifs tués lors de la Shoah sur le continent européens, et je souligne la pertinence d’inclure l’histoire des mellahs marocains dans celle globale des ghettos lors de la Seconde Guerre mondiale, que les Nazis ont occupé la Tunisie, loin du continent européen, neuf mois et non cinq ans, etc.

Un dialogue de sourds.

Cette exposition révèle le faible intérêt, voire l’ignorance ou le mépris pour l’histoire des Juifs ayant vécu dans les protectorats ou départements français d’outre-mer. Il s’ensuit non pas une concurrence des mémoires – l’histoire de ces Juifs est généralement occultée -, mais une histoire tronquée, peu compréhensible car « islamiquement correcte ». Ainsi, le site Internet du musée et mémorial aux Etats-Unis sur l’Holocauste  (USHMM), indique dans une page non actualisée  sur les ghettos : « La plupart des ghettos (situés uniquement en Europe orientale sous occupation allemande)… » Mais l’USHMM relève aussi que des Juifs marocains ont été contraints de quitter les quartiers européens pour se rassembler dans des mellahs (« In Morocco, Jews who had moved into European urban neighborhoods were forced to move back to the traditional Jewish quarters, known as the mellah”).

Ces carences informatives marquent l’échec de ces musées de la Shoah à écrire une histoire générale, précise et exhaustive des Juifs lors de la Seconde Guerre mondiale, et la faiblesse des donateurs qui n’exigent pas que soit retracée cette histoire.

Le « temps des ghettos »
« L’invasion de la Pologne en septembre 1939, marque le début de la Seconde Guerre mondiale. Dans les territoires annexés à l’Est, l’armée allemande rassemble les habitants juifs dans des ghettos très vite surpeuplés et insalubres ».

Le « temps des ghettos » est « considéré comme la première étape du processus génocidaire de la population juive d’Europe centrale. Ils furent liquidés en 1942-1943 et leur population conduite vers les centres de mise à mort pour y être assassinée ».

Alors que les dirigeants nazis ne divulgaient pas leur processus d’assassinats des Juifs d’Europe, de nombreux documents témoignent des ghettos instaurés par les Nazis. Ces images ont pour auteurs des « photographes dépendant du département du ministère de la Propagande allemande » et sont « souvent mises en scène à dessein de propagande antisémite ». D’autres « ont été prises par des civils juif ou polonais, photographes amateurs ou professionnels ». 

S’est ainsi constitué un « ensemble photographique » divers par ses auteurs. Propriété de collectionnaires privés ou d’archives publiques, cet « apport documentaire exceptionnel pour l’Histoire » permet « de retracer les étapes de la vie dans les ghettos ». 

L’exposition invite à analyser cet ensemble « avec précision et nuance », et « à questionner l’ambiguïté qui parfois présida à leur réalisation… Que sont ces images ? Propagande ? Témoignage ? Dénonciation pour l’Histoire ? Les réponses sont en partie données par le contexte de leur réalisation, les personnalités de leurs auteurs et bien sûr dans la lecture précise des clichés ».

La « création de ghettos pour les Juifs d'Europe orientale n’est pas le résultat d'une politique planifiée à l’avance. Certes, dès la fin des années 1930, certains dirigeants nazis (Heydrich, Göring et Hess) se sont penchés sur la nécessité de séparer totalement les Juifs allemands du reste de la société, mais ces idées ont été immédiatement abandonnées. On pensait alors que l’opinion allemande n'accepterait pas l’idée de ghettos et que, de surcroît, cela serait techniquement irréalisable. Mais après l’invasion de la Pologne en 1939, des centaines de ghettos sont progressivement mis en place pour y concentrer les Juifs du pays et, à partir de 1941, les Juifs des territoires conquis en Union Soviétique ». Avec plus d'un millier de ghettos, majoritairement en Pologne, on peut doute de l'absence de volonté nazie dans l'institution de ces ghettos.

Les buts des Allemands édifiant des ghettos : « rompre tous liens sociaux entre les Juifs et les autres populations, limiter leurs lieux d'habitation, leur liberté de circulation et surtout, les isoler de leur environnement extérieur. Les ghettos constituent aussi un dispositif administratif qui permet de centraliser le recrutement des Juifs pour le travail forcé ».

Les « premières instructions transmises aux autorités d'occupation en Pologne visent à regrouper les Juifs dans des quartiers spéciaux ; il s’agit en règle générale des quartiers dans lesquels ils résident déjà. Les besoins spécifiques des autorités d'occupation et certaines nécessités locales entraînent par ailleurs la mise en place progressive de ghettos isolés dans différentes villes. De nombreux ghettos sont clos et entourés d’un mur d’enceinte. D'autres sont ouverts jusqu'à la proclamation du couvre-feu. Certains ghettos connaissent la famine, les maladies, et la mortalité élevée ; dans d'autres, la vie quotidienne se déroule de façon plus décente ». Où ?

Le « ghetto devient un cadre de vie forcé où les victimes sont innombrables du fait de la politique nazie, mais il est aussi un cadre de vie dynamique, au sein duquel les Juifs luttent pour leur existence et pour la conservation de leur culture, jusqu'à l'évacuation des ghettos vers les camps d’extermination, à partir du printemps 1942 ». Certes, artistes Juifs des ghettos se sont efforcés de poursuivre leurs créations, le pédagogue Janus Korczak a veillé sur les enfants dont il avait la charge... Mais un « cadre de vie dynamique » !? Une expression pour le moins maladroite. Le Mémorial de la Shoah a-t-il relu son dossier de presse ?

« Parmi les fonds présentés, les photographies couleur ou noir et blanc des allemands Max Kirnberger, Willy Georg ou Heinrich Jöst, des photographes juifs Henryk Ross, Mendel Grossman ou George Kaddish. À travers une approche analytique et historique des photographies, il s’agit de retracer l’histoire de ce que furent l’enfermement et la mort lente de plusieurs centaines de milliers de Juifs dans les ghettos de 1939 à 1944. L’exposition s’articule autour de cinq thématiques : les photographes juifs dans les ghettos, les photographes de propagande nazie, révéler le Juif, le ghetto dans l’objectif nazi, les soldats allemands : photographes amateurs et l’authenticité des images ».


Jusqu’au 2 novembre 2014
Au Mémorial de la Shoah
17, rue Geoffroy–l’Asnier 75004 Paris
Tél. : 01 42 77 44 72
Tous les jours sauf le samedi, de 10 h à 18 h, et le jeudi jusqu’à 22 h

Visuels :
Affiche
Hans Bibow, chef de l'administration allemande du ghetto (à gauche) et un Juif interné dans le ghetto. Ghetto de Lodz ca. 1940-1944.
Photo : Walter Genewein.
© Musée Juif de Francfort.

Articles sur ce blog concernant :

Les textes du dossier de presse d'où sont extraits ces textes de l’exposition sont rédigés par Daniel Blatman, Johann Chapoutot, Judith Cohen, et Daniel Uziel.

mercredi 24 septembre 2014

« Dans tes yeux. La Pologne », de Ludo Tourte


Arte diffusera le 24 septembre 2014 à 10 h 55 dans la série « Dans tes yeux », le numéro consacré à la Pologne réalisé par Ludo Tourte. Au programme du séjour de Sophie Massieur, journaliste aveugle de naissance, accompagnée de son chien, la région de Cracovie : Kazimiertz, quartier juif de la ville, la mine de sel de Wieliczka et Nowa Huta, ville à l’urbanisme stalinien.


À Cracovie, ancienne capitale de la Pologne, située au bord de la Vistule, centre universitaire depuis 1364, Sophie Massieur se balade dans cette “cité des légendes” dominée par le château royal de Wawel.

Elle se rend en calèche dans le quartier juif de la ville qui abrite plusieurs synagogues, un centre communautaire ainsi qu’un petit cimetière. Elle rencontre Magda, une des rares chanteuses yiddish interprétant des chansons d'avant-guerre. C'est dans ce quartier que Steven Spielberg a réalisé certaines scènes de La Liste de Schindler. Un quartier animé notamment lors du Festival de culture juive fondé en 1988 par Janusz Makuch et Krzysztof Gierat, producteur de films et exploitant de salles de cinéma. Des manifestations publiques, dont un grand concert, composent la programmation de ce célèbre festival. A noter que le Festival des cultures juives organisé par le FSJU (Fonds social Juif unifié) à Paris se déploie uniquement dans des lieux fermés...

Sophie Massieur rencontre Lucas, un des six pompiers qui, à tour de rôle, toutes les heures du jour et de la nuit, interprètent, en se tournant successivement vers les quatre points cardinaux, le Hejnał, mélodie traditionnelle polonaise interprétée inachevée par un trompettiste du haut de la tour la plus élevée de la Basilique Sainte-Marie de Cracovie en souvenir du garde. Celui-ci en 1241, en soufflant dans son buccin, a alerté les habitants de la ville de l'attaque de la ville par les Mongols. Une flèche ennemie l'a tué, et a interrompu l'air interprété.

Sophie Massieur descend dans la mine de sel de Wieliczka, située à quelques kilomètres de Cracovie et transformée en quasi-musée. Elle est guidée par Tadeusz, mineur depuis trente ans, qui lui fait découvrir un lac salé, le sanatorium, et le  trésor édifié par des mineurs : une cathédrale “entièrement en sel à 130 mètres sous terre” haute de plus de dix mètres et décorée de sculptures. Les Mines royales de sel de Wieliczka et Bochnia et le Centre historique de Kraków sont deux des quatorze sites polonais inscrits sur la Liste du Patrimoine mondial de l'UNESCO.

A Nowa Huta (Nouvelle fonderie, en polonais), cité modèle et nouvelle érigée dans les années 1950 et intégrée à Cracovie, la journaliste se plonge dans l’ère stalinienne et apprend sur le plan de reconstruction fondé sur l'opposition avec l'urbanisme et l'architecture traditionnelle. Un tourisme original à bord d'une voiture en plastique soixantenaire et bruyante... Sophie Massieur grimpe sur un char ayant réprimé le printemps des peuples à Prague, visite un appartement-musée tapissé de portraits du pape et de Lénine, ainsi que d'un drapeau de Solidarność.


« Dans tes yeux. Pologne », réalisé par Ludo Tourte
27 minutes
Diffusion sur Arte le 24 septembre 2014 à 10 h 55

Visuels : © DR



Articles sur ce blog concernant :

Les citations proviennent du communiqué d'Arte.


mardi 23 septembre 2014

« Gaza 2010 » de Kai Wiedenhöfer


Le Musée d’art moderne (MAM) de la Ville de Paris a accueilli l’exposition scandaleuse éponyme du « photojournaliste » allemande Kai Wiedenhöfer, premier Prix Carmignac Gestion du photojournalisme 2009. Plus de 80 clichés partiaux, pris en 2009 et 2010, sur des bâtiments détruits à Gaza et des Gazaouis amputés, tous faits dramatiques attribués à l’armée israélienne lors de l’Opération Plomb durci (27 décembre 2008-18 janvier 2009) contre le mouvement terroriste Hamas. Le 9 novembre 2010, la Ville de Paris m'a indiqué n'avoir « pas visé cette exposition ». Le 10 novembre 2010, Fabrice Hergott, directeur du MAM de la Ville de Paris, a précisé que ce « musée n'était pas intervenu dans le contenu de l'exposition » promue par Carmignac Gestion qui ne communique plus.  Le 21 novembre 2010, une trentaine de personnes ont distribué un flyer sur les « vraies photos de Gaza ». La direction du musée a annoncé la fermeture de l'exposition pendant une semaine et la communication au public d'un texte rétablissant les faits. Or, cette exposition était ouverte au public dès le 23 novembre 2010, sans ce texte. Une polémique a surgi lorsque, la photographe iranienne Newsha Tavakolian a renoncé au Prix Carmignac le 15 septembre 2014.

Dans le vase espace blanc, immaculé, au sous-sol du prestigieux Musée d’art moderne de la Ville de Paris, cette exposition choquante présente 85 photographies en couleurs « autour de deux thèmes majeurs, les décombres et les portraits : 35 photographies de bâtiments détruits dont 10 panoramiques montrant les stigmates des bombardements et 50 portraits de Gazaouis blessés au cours de l’opération Plomb durci ».

Le résultat du travail de Kai Wiedenhöfer, 1er Prix Carmignac Gestion du photojournalisme 2009, dont une partie a été montrée au festival Visa pour l’image à Perpignan .

La Fondation Carmignac
Créée en 2000 « pour promouvoir l’art contemporain », la Fondation Carmignac souhaite « faire partager le goût [du] président-fondateur [de Carmignac Gestion, société de gestion d’actifs], Edouard Carmignac, et de ses équipes, pour l’art contemporain ».

Elle organise ce Prix Carmignac Gestion du Photojournalisme 2009 « constitué d’une bourse de 50 000 euros permettant au lauréat la réalisation d’un sujet autour d’un thème imposé ». Cette Fondation veut « contribuer à défendre, non seulement l’indépendance financière de cette profession gravement fragilisée, mais également son indispensable indépendance d’esprit ». Un prix richement doté car la Fondation veut « donner les moyens à ces témoins essentiels du monde contemporain de continuer à se rendre dans des zones délaissées par les medias de masse, afin de faire leur travail avec le temps nécessaire à l’approfondissement des questions ».

Pourquoi Edouard Carmignac a-t-il choisi Gaza comme thème 2009 ? L’explication a été donnée aux journalistes lors du vernissage presse le 4 novembre 2010 :
« Il est inacceptable de voir les victimes de l’une des plus terribles tragédies du siècle rester pratiquement oubliées et abandonnées de tous. Vu d’Europe, ce n’est pas parce que la réalité effroyable des camps de concentration nazis a vu le jour sur le sol de notre continent que l’on peut accepter aujourd’hui la réalité de ce qui est devenu en 60 ans, avec la radicalisation du conflit israélo-palestinien, un véritable camp d’internement des Palestiniens aux portes d’Israël. Il ne s’agit pas ici de prendre parti pour un camp ou un autre, pour un camp contre un autre, mais de montrer la réalité nue, dans toute son atrocité. Et de contribuer ainsi, non seulement au devoir de témoignage du photojournaliste qu’est Kai Waidenhöfer, mais aussi à la prise de conscience des citoyens que nous sommes tous. Ces photos choqueront sans doute, et c’est aussi leur rôle pour contribuer à faire émerger la vérité. Le prix Carmignac Gestion n’a en effet d’autre vocation que de contribuer à faire la lumière sur un sujet qui nous tient à cœur ».
Aux journalistes indignés par ce parallèle infamant camp nazi/bande de Gaza et ce parti pris non assumé, Carmignac Gestion se récriait sans argumenter ni convaincre.

En plus de cette bourse généreuse, Carmignac Gestion « accompagne le lauréat après son reportage en lui offrant une exposition et une monographie, publiée par Steidl Publishers ». Un luxueux catalogue The Book of Destruction Gaza – One Year After the 2009 War offert aux journalistes avec… le résumé en français, de 20 pages, du rapport Goldstone.

Quant au dossier de presse bilingue français/anglais, il s’apparente à un opuscule de propagande anti-israélienne.

Kai Wiedenhöfer primé à Téhéran
Né en 1966 en Allemagne de l’Ouest, Kai Wiedenhöfer a lu à 14 ans son premier livre sur ce conflit au Proche-Orient. Une région où il s’est rendu pour la première fois à l’âge de 23 ans. Depuis 1989, cet Arabophone « réalise un travail documentaire sur le conflit israélo-palestinien qui affecte le Moyen-Orient ».

C’est d’ailleurs le thème de ses trois livres : Perfect Peace (Paix parfaite) en 2002 et Wall (Mur) en 2007, tous deux publiés par Steidl Publishers, un éditeur réputé pour avoir publié les oeuvres de photographes célèbres, et Checkpoint Huwara avec Karin Wenger.

En 2008, l’exposition de Kai Wiedenhöfer Moving Walls s’est tenue à l’Open Society Inst. de la fondation Soros à New York.

Ce photographe a aussi été récompensé lors de la Biennale internationale de photographie du monde islamique à Téhéran (Iran). A-t-il photographié les centaines de milliers de victimes de la guerre entre l'Iran et l'Iraq ou du régime des ayatollahs iraniens ou encore les pauvres civils massacrés au Darfour (300 000 morts) ou au Congo ?

Un fauxtographe anti-israélien épinglé
HonestReporting a épinglé à deux reprises Kai Wiedenhöfer essentiellement en raison de son parti pris anti-israélien.

En 2004, ce photojournaliste avait été récompensé par le 2e prix pour des "News Stories" du prestigieux  World Press Photo (WPPH) awards (Prix mondial de la photo de presse) pour sa série anti-israélienne de 12 photographies intitulées The Wall, Israel Occupied Territories (Le Mur, Israël a occupé des territoires). HonestReporting avait relevé que trois de ces 12 clichés, présentés comme ayant été pris en Judée et Samarie ('West Bank barrier', barrière de la rive occidentale), avaient en fait été pris près de la frontière gazaouie avec l'Egypte...

En 2005, c'est sa série partiale Sharon's Wall: Holy Land, Divided Land (Le Mur de Sharon : Terre Sainte, terre divisée) qui est récompensée par le célèbre Getty Images qui lui remet la coquettes omme de 20 000 dollars. « Habib al-Schaab, friend of the people » (ami du peuple), c'est ainsi que les Palestiniens ont surnommé Kai Wiedenhöfer.

Le Prix Carmignac Gestion du photojournalisme 2009
Présidé par le photographe et réalisateur William Klein, le jury de ce Prix était composé de Christian Caujolle, journaliste, écrivain, commissaire d'expositions, fondateur de l'agence et de la galerie VU, Guillaume Herbaut, photographe, membre fondateur de l'agence Œil Public, Fabrice Hergott, directeur du Musée d'art moderne de la Ville de Paris, Jean-Luc Marty, directeur éditorial et rédacteur en chef du magazine Géo, Alain Mingam, photojournaliste, commissaire d'exposition et agent, et Vivienne Walt, correspondant de Time Magazine.

Ce jury a retenu le projet de Kai Wiedenhöfer, tout en attribuant son Prix Spécial à Eman Mohammed pour son travail sur la « condition des femmes palestiniennes ».

Ses critères de sélection : « l'engagement du photojournaliste, la pertinence du sujet dans le cadre des valeurs du prix et du thème proposé, l'originalité du sujet, la cohérence du reportage et le traitement de l'image ».

Au jury du Prix, Kai Wiedenhöfer avait présenté ainsi son projet. Il imputait à « l’occupation qui s’intensifiait » la « détérioration accrue de la vie quotidienne des Palestiniens ».

Sa stratégie était en « deux temps » : d’abord, « couvrir les séquelles de l’attaque israélienne de janvier 2009 – les décombres -, ensuite je mettrai en scène la vie des Palestiniens après le blocus – le siège. Dans un troisième temps, je photographierai les colonies israéliennes abandonnées ».

Et de poursuivre :
« Aucune reconstruction n’a eu lieu à cause du blocus israélien… En janvier 2006, j’ai photographié les supporters du Hamas à Gaza après leur incroyable victoire aux élections d’un parlement libre et honnête… Les Palestiniens de la bande de Gaza sont coupés du monde par les Israéliens… L’objectif de ce projet est de mettre l’accent sur la violation patente de l’article 33 (châtiment collectif) et de l’article 55 (sécurisation de l’alimentation/fournitures médicales) de la quatrième Convention de Genève par les Israéliens, avec la complicité presque totale de l’Union Européenne et des Etats-Unis ».
Suit la description misérabiliste de la vie quotidienne alléguée des Gazaouis.

Est-ce là un projet artistique ? Quid de l'Egypte ? Pourquoi ne pas qualifier le Hamas de mouvement terroriste ? Le Hamas, dont le but inscrit dans sa Charte est la destruction de l'Etat d'Israël, est qualifié de mouvement terroriste par l'Union européenne, les Etats-Unis, le Canada, etc. Son logo est aussi explicite.

De plus, le Hamas reconnaît utiliser hommes, femmes et enfants comme boucliers humains pour lancer ses attaques contre les civils israéliens. Une pratique condamnée notamment par Human Rights Watch.

Ce Prix « m’a donné l’occasion unique de poursuivre un travail de longue haleine dans les territoires occupés et de retourner notamment à Gaza pour une enquête plus approfondie. Je regrettais de ne pas avoir pu photographier une partie du projet en janvier 2009 quand je me trouvais à Gaza. A l’époque, personne n’était prêt à payer même 1000 euros pour témoigner des dégâts causés par la guerre. Pour eux, la guerre était terminée », allègue ce photographe. Or, ce conflit est l'un des plus médiatisés.

Kai Wiedenhöfer « a passé trois mois à Gaza pour réaliser ce nouveau reportage. Ses photographies, récompensées par de nombreux prix internationaux, sont reconnues pour leur écriture originale, audacieuse et leur force de témoignage, portée par une grande connaissance de la région ». Dixit le dossier de presse.

Quand j'ai interrogé, à deux reprises, ce photojournaliste sur sa conception du photojournalisme, Kai Wiedenhöfer a éludé...

Une propagande anti-israélienne
Le concept du photographe : demander aux Gazaouis de fixer droit l’objectif de son appareil photographique. Par ce regard direct, ces Palestiniens interpellent les visiteurs de l’exposition.

Que des estropiés, des amputés exhibant leurs moignons. Des corps cicatrisés, couturés, exhibés sans pudeur ni décence. Une violence sourde et brutale saisie sur un fond parfois cosy.

Des clichés assortis de légendes détaillant les horreurs et les coûts financiers (factures d’hospitalisation) alléguées, et qui constituent « un compte-rendu factuel des évènements, tels qui lui sont relatés par les personnes qu’il photographie ». Dans « photojournaliste », il y a « journaliste », donc un professionnel qui doit vérifier et recouper ses informations…

En plus de la gêne qui saisit en voyant tous ces clichés, c’est le dégoût, l’écœurement et la colère que l’on a ressentis devant ces photos partiales qui risquent de susciter la haine à l’égard d’Israël.

Interrogé sur l’absence de photos sur les victimes israéliennes du terrorisme palestinien, Kai Wiedenhöfer a nié les milliers d’attaques des mouvements terroristes à partir de la bande de Gaza contre le Sud d’Israël et pendant des années.

Il a complaisamment souligné le déséquilibre entre le nombre élevé de morts palestiniens et celui moins élevé des morts israéliens. Et quand je lui ai signalé la différence entre le terrorisme palestinien qui cible des civils israéliens alors qu’Israël vise les terroristes du Hamas, il a éludé en souriant…

Le 1er novembre 2010, Fathi Hammad, ministre de l'Intérieur du Hamas, a déclaré au journal al-Hayat qu'entre 600 à 700 membres de son mouvement avaient été tués lors de l'Opération Plomb durci. Ce qui  représente environ la moitié des morts lors de ce conflit.

En fait, un reportage sur des pauvres Palestiniens, et non sur des Israéliens victimes du terrorisme palestinien islamiste ou des chrétiens persécutés à Gaza, est vendable, conforme au narratif palestinien et au « politiquement correct ».

Comment un photojournaliste si primé n'a-t-il pas vu ce centre commercial en  construction pendant son séjour à Gaza ou entendu parler de son érection ?


Quant à la chronologie, placée au fond d’une pièce, que de carences informatives !

Tout comme les photos exposées au musée dont pas une ne montre la reconstruction d'une cité moderne et la croissance économique de 16% à Gaza au premier semestre 2010 selon le FMI, l’opulence et les riches fashionistas gazaouies, les centres commerciaux, le club/restaurant Cactus à la gastronomie raffinée et le Grand Palace Hôtel de Gaza, le club d'équitation al-Faisal et les Gazaouis envahissant, heureux et sans la moindre blessure, des plages bien équipées...

Un mécénat politisé
Lors de son dîner 2010, le CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) a distribué à tous ses invités le tiré à part du n° 13/mars 2010 de Controverses, revue dirigée par Shmuel Trigano, et intitulé Gaza, une critique du rapport Goldstone, notamment au Maire socialiste de Paris Bertrand Delanoë. Ce numéro indique que « les graves conclusions » de ce rapport « ne sont pas fondées sur une enquête conforme à une déontologie juridique rigoureuse, ni sur une neutralité idéologique sans défaillance ».

Et voilà un musée réputé qui confère un label artistique et de qualité à une exposition de photos stéréotypées,  moins que médiocres, politisées, anti-israéliennes, partiales - occultation des sites militaires du Hamas en plein zone civile, de l'aide israélienne humanitaire et autre aux Gazaouis lors de l'Opération Plomb durci, etc.  - et assorties de légendes sur des faits allégués non vérifiés, d’un catalogue ainsi que d'un résumé du rapport Goldstone biaisé et largement infondé !

Ce musée est un service public culturel institutionnalisé, donc soumis au principe de neutralité. Un principe violé par cette exposition.

Pourquoi ce musée a-t-il accepté d’enfreindre cette règle élémentaire ? Est-ce une contrepartie à un de ses fidèles mécènes, au « mécène exclusif » de l’exposition actuelle sur le graffiteur et peintre Basquiat ? Qui fixe la programmation de ce musée : le directeur de cet établissement et ses commissaires d’expositions ou un mécène ? Et sur quels critères ? Cette exposition illustre-t-elle un mécénat détourné de ses objectifs pour servir les objectifs politiques ou l’idéologie d’Edouard Carmignac et de Kai Wiedenhöfer ? Le désengagement des autorités publiques, nationales ou locales, ou la baisse de leurs subventions, engendrent-t-ils une plus grande dépendance des institutions culturelles à l’égard des mécènes ?

Signe d’une gêne du musée d’art moderne de la Ville de Paris à l’égard de cette exposition ? Cette institution culturelle publique ne mentionne pas cette exposition sur son site Internet.

Cependant, elle lui assure la gratuité, des visiteurs « comme hébétés » et des gardiens !

Est-ce là une utilisation légale et souhaitable de l’argent public ?

Le 9 novembre 2010, la Ville de Paris m'a indiqué qu'elle « n'avait pas visé cette exposition » qui « devait être hors du cadre de la démarche scientifique du musée ».


Le 10 novembre 2010, Fabrice Hergott, directeur du MAM de la Ville de Paris, m'a indiqué que ce « musée n'était pas intervenu dans le contenu de l'exposition » non intégrée dans la programmation du musée. Une manifestation promue par Carmignac Gestion dans le cadre de son mécénat avec le MAM. Celui-ci a ainsi pu présenter plusieurs expositions, dont celle sur Basquiat, dans un contexte difficile.

Fabrice Hergott a ajouté que le logo du musée n'apparaît nulle part dans l'exposition. Il a annoncé que « cette première expérience avec ce mécène était perfectible » et qu'il ferait preuve « d'une plus grande clarté, précision et rigueur dans ses relations avec les mécènes ». Il a promis la communication au public d'un texte rétablissant les faits. Ce qui n'a pas été fait.

Fabrice Hergott a conclu sur son attachement à la réputation, facteur important, du MAM.

Le 15 novembre 2010, le CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France), a dénoncé cette exposition :
« Ce photographe fait œuvre de propagande. Il veut ignorer que de nombreux Israéliens aussi  ont été victimes et marqués à vie par des attentats dont la plus grande partie a été organisée par le Hamas qui fait peser une loi de fer et de haine sur Gaza. Cette focalisation contre Israël est un acte de militantisme politique que ne devrait pas accepter  le Musée d’art moderne de Paris, qui est  sous la responsabilité de la ville de Paris ».
J'ai interrogé Carmignac Gestion qui refuse de répondre à nos questions et renvoie à son dossier de presse. Un document que nous avons largement cité.

Indigné en apprenant la teneur de cette exposition, Jean-Patrick Grumberg, membre du conseil d'administration de la Chambre de commerce et d'industrie Israël-France, « a eu l’idée de faire imprimer un flyer en quadrichromie montrant les vraies photos de Gaza : Grands Hôtels, belles voitures, centres commerciaux, plages bondées, stade de foot, etc. ce qui fût aussitôt fait et financé par Drzz.fr », indique l'article sur Europe-Israël.org.

Le dimanche 21 novembre 2010, un groupe d'une trentaine de personnes issues de l'association Europe-Israël, de la Ligue de défense juive (LDJ) et des réseaux sociaux (Facebook) ont distribué, devant l'entrée du musée d'Art moderne, dans le calme, un flyer, imprimé à 3 000 exemplaires, et représentant les « vraies photos de Gaza ». Les visiteurs du musée semblent avoir bien accueilli cette action pacifique.

L'entrée du musée a été interdite à ces militants. Selon Europe-Israël, un des employés du Musée a insulté ces militants et « a tenu des propos antisémites, bien à l’abri derrière le cordon de sécurité des agents du Musée ». Ces militants ont appelé la police qui a interpellé cet employé. Ils ont porté plainte pour « propos antisémites en public ». Le 24 novembre 2010, Jean Patrick Grumberg nous a précisé une phrase proférée : « T'as qu'à retourner dans ton pays, en Israël ! »

La direction du musée a alors décidé de fermer cette exposition pendant une semaine et a condamné les propos antisémites de l'un de ses agents.

Cependant, dès la réouverture du musée, le mardi 23 novembre 2010, les visiteurs pouvaient voir cette exposition de Kai Wiedenhöfer, qui est soutenue par des mouvements comme EuroPalestine.

Des hackers ont attaqué le site Drzz.fr qui avait alerté sur cette exposition.

Radio J diffusera mon interview, notamment sur cette exposition, par Michel Zerbib, directeur de l'information de cette radio juive francilienne, le mercredi 23 novembre 2010 et le samedi 27 novembre.

Je serai aussi interviewée le jeudi 25 novembre, vers 13 h, par Radio Chalom Nitsan.

Le relatif mea culpa du juge Goldstone - Reconsidering the Goldstone Report on Israel and war crimes (Washington Post, 2 avril 2011) -  n'a pas incité la Fondation Carmignac à publier un rectificatif.

Une polémique a surgi lorsque la photographe Newsha Tavakolian a renoncé au Prix Carmignac le 15 septembre 2014. Cette artiste s'est plainte de l'ingérence du mécène-commanditaire dans son reportage. Kai Wiedenhöfer a déclaré à propos ' Edouard Carmignac : « Il m'a carrément demandé de retourner sur place pour faire des images plus “positives” de la Palestine ! Il avait du mal à comprendre que je n'étais pas son employé. Ça ne s'est réglé qu'avec l'intervention d'un membre du jury ».


Jusqu’au 5 décembre 2010
Au musée d’Art moderne de la Ville de Paris
11, avenue du Président Wilson – 75116 Paris
Tél. : 01 53 67 40 00
Du mardi au dimanche de 10 h à 18 h
Entrée libre

Légendes des deux photos de Kai Wiedenhöfer et de haut en bas :
« Jamila Al-Habash, 16 ans, étudiante en seconde, originaire du quartier de Tufah, ville de Gaza. Le 4 janvier à 15 heures, Jamila a été touchée par un missile alors qu'elle jouait sur le toit de sa maison. L'une de ses sœurs a été tuée lors de l'attaque ; son cousin Mohammed (16 ans) a perdu une jambe ; un autre cousin a été tué et un troisième légèrement blessé. Elle a été opérée et s'est fait poser une prothèse en Arabie Saoudite. L'opération n'ayant pas été concluante, elle a été emmenée en Slovénie où e[[e a reçu une seconde prothèse, qui s'est révélée tout aussi inadaptée. Jamila était une jeune fille mince avant l'accident ; depuis, ne pouvant plus se mouvoir facilement, elle a pris beaucoup de poids. L'obus au phosphore de 155m m figurant sur la photo a été trouvé dans le jardin de leur maison située à l'extérieur de Gaza. ll a été récupéré par son père. Février 2010 »

« Ruines de l’aéroport international de Gaz, à Rafah, qui fut finalement détruit pendant l’attaque israélienne de la bande de Gaza au tournant de 2008 et 2009. Construit par les Nations Unies avec un financement de l’Union Européenne (EU), l’aéroport est situé près de la frontière israélo-égyptienne, zone fréquemment bombardée par Israël. Décembre 2009 ».


Articles sur ce blog concernant :
Article publié le 8 novembre 2010, puis le :
- 8 novembre 2012 à l'approche de l'inauguration de l'exposition du 3e Prix, de la Fondation Carmignac Gestion (9 novembre-9 décembre 2012), Robin Hammond, à la Chapelle de l'Ecole des Beaux-arts de Paris.

« Hitler et ses rançonneurs - Quand les nazis échangeaient leurs Juifs » de Caroline Schmidt, Stefan Aust et Thomas Ammann


Arte rediffusera  les 23 et 29 septembre 2014 « Hitler et ses rançonneurs - Quand les nazis échangeaient leurs Juifs » (« Hitlers Menschenhändler, Juden als Austauschware »), documentaire allemand de Caroline Schmidt, Stefan Aust et Thomas Ammann - ces deux derniers sont auteurs du livre Hitlers Menschenhändler: Das Schicksal der "Austauschjuden" (Rotbuch, 2013). L’histoire méconnue de 7 000 « Juifs d’échange », otages au camp de Bergen Belsen que les Nazis ont échangés contre des armes ou de l’argent.

  
C’est un pan ignoré ou méconnu de l’histoire de la Shoah, de « la Solution finale de la question juive » auquel est consacré ce documentaire intéressant de Caroline Schmidt, Stefan Aust et Thomas Ammann. De celui-ci, Arte avait diffusé « Les otages d’Entebbe - Le combat d’Israël contre le terrorisme ».

Les « Juifs d’échange »
Pour les Nazis, certains Juifs avaient une valeur marchande. Avec l’accord d’Hitler, Himmler, chef des SS, a organisé dès 1943 ce « commerce » juteux et secret dont on trouve la trace dans les archives du ministère allemand des Affaires étrangères : échanger des Juifs d’Allemagne ayant un « bon passeport » américain ou britannique, contre des ressortissants allemands à l’étranger.

« Juifs d'échange" : c'est ainsi que les nazis désignaient les prisonniers juifs qui, par leur valeur marchande, leur étaient plus utiles vivants que morts.

Ces détenus Juifs sont regroupés au camp de Bergen-Belsen, dans le canton de Celle, au Nord de l’Allemagne. Un camp libéré par les soldats britanniques le 15 avril 1945 qui y découvrent la famine et les épidémies, et brûlent les baraquements. Sur les 120 000 prisonniers de ce camp, 14 000 devaient faire parties de cette « machination mercantile ».

Après l’invasion de la Hongrie par la Wehrmacht en 1944, Rudölf Kastner et son assistant Joel Brand, tous deux Juifs, mènent les transactions avec les nazis.

« Kastner était un homme très ambigu. Il était arrogant, ambitieux, vaniteux. Mais il était aussi très courageux. Il fallait sans doute toutes ces qualités pour négocier avec Eichmann », indique Ladislaus Löb, adolescent « Juif d’échange ».

A Budapest, Adolf Eichmann est l’ordonnateur de la déportation en quelques mois des Juifs de Hongrie, au nombre total alors d’environ 700 000 vers le camp d'Auschwitz.

En 1966, un film est-allemand de Wolfgang Luderer Lebende Ware reconstitue, en se fondant sur les informations connues lors du procès d’Eichmann à Jérusalem (1961), la rencontre des deux Juifs avec l’exterminateur de leur peuple. Eichmann leur déclare : « L’argent liquide ne m’intéresse pas. Nous avons besoin de matériel de guerre. Voici ma proposition : vous nous livrez 10 000 camions équipés de cinq pneus et je vous remets un million de Juifs à chaque frontière neutre ». Et, pour trouver ce matériel, il les renvoie vers leurs « amis à l’étranger ».

Pourquoi proposer un million de Juifs ? Lors de son procès à Jérusalem (Israël) en 1961, Eichmann répond : « C’était une tactique pour je puisse m’adresser à mes supérieurs sans courir le risque d’être immédiatement renvoyé. Si j’avais opéré par compassion ou par pitié, et parlé de 5 000 ou de 10 000 Juifs, [le général] Mueller ne m’aurait pas écouté. Mais parler d’un million, c’était inattendu et trop important pour que Mueller n’en réfère pas à ses supérieurs  ».

Kastner et Brand sauvent « 1 700 Juifs hongrois qui retrouvent la liberté via Bergen Belsen » contre deux millions de dollars versés aux nazis pour rester en vie.

A l’approche de la défaite du IIIe Reich, l’intérêt des nazis pour ces Juifs « utiles » faiblit.

A noter que des projets d’échanges de Juifs européens ont échoué en raison des pressions du grand mufti de Jérusalem Amin al-Husseini hostile à leur arrivée en Palestine mandataire. Cet important dirigeant arabe palestinien, mentor d'Arafat, est responsable de la mort de « 4 000 enfants orphelins Juifs polonais et de 400 juifs adultes qui furent assassinés à Auschwitz en raison de son opposition en 1942 à leur transfert en Palestine mandataire en échange de prisonniers de guerre allemands pronazis. Il a convaincu des gouvernements hongrois, roumain et bulgare pronazis d’envoyer leurs Juifs vers les camps de la mort plutôt que d’accepter leur immigration en Palestine mandataire » (Chuck Morse, The Nazi Connection to Islamic Terrorism, Adolf Hitler and Haj Amin al-Husseini. iUniverse.com, 2003).


de Caroline Schmidt, Stefan Aust et Thomas Ammann
2011, 52 minutes
Diffusions les :
-  14 septembre 2011 à 21 h 35 et 20 septembre 2011 à 10 h 55 ;
23 septembre à 23 h 20 et 29 septembre 2014 à 9 h 50.


Visuels : © NDR-Agenda Media

Articles sur ce blog concernant :
- Affaire al-Dura/Israël
Chrétiens
Culture
- Il ou elle a dit...
Judaïsme/Juifs
Monde arabe/Islam
- Shoah (Holocaust)


Cet article a été publié le 14 septembre 2011.