vendredi 23 mai 2014

« Le récit impossible. Le conflit israélo-palestinien et les médias », par Jérôme Bourdon

 Voici quelques jours, I24News a présenté un débat évoquant notamment l'affaire al-Dura. L'un des deux orateurs minimisait l'importance de l'affaire al-Dura. Le gouvernement israélien n'est pas tombé dans le piège tendu par la propagande palestinienne sur la prétendue mort de deux jeunes Palestiniens, et un responsable militaire a évoqué l'affaire al-Dura.
C’est un livre intéressant, riche en informations et irritant, voire choquant par ses partis pris, sur un sujet de polémiques et de passions : l’« importation en mots et en images » du conflit « israélo-palestinien ».
Directeur du Département de Communication de l’Université de Tel-Aviv, Jérôme Bourdon présente un historique des récits médiatiques du conflit, dont la date charnière est 1967, et des fonctionnements des médias utilisant des stringers (informateur local).
« Jews are news »
Il décrit des médias surveillés (monitoring) et accusés d’alimenter l’antisémitisme ou de « propager des stéréotypes négatifs de l’islam », demandeurs d’images de paix ou de « dialogues entre frères ennemis », même si ces images reflètent une réalité superficielle et marginale, et soumis à des impératifs financiers ou de marketing.
Et il conclut que « les variations dans l’image d’Israël et des Palestiniens, sur le long terme, tiennent d’abord à des changements dans la nature des évènements et les conditions de travail des journalistes ».
Le lectorat ? Eclaté et divers  (Internet abolit des frontières).
Tout d’abord, le titre est doublement partial et réducteur. Le terme « récit » (narrative, en anglais), alors qu’il s’agit d’histoire. Ne s’agit-il pas plutôt d’une guerre, dont certains fronts sont médiatiques et lexicaux, du monde musulman contre l’Etat juif ?
Ce livre pêche aussi par ses inexactitudes, ses carences – quid de Pallywood, industrie audiovisuelle palestinienne pourvoyeuse de narratifs présentés par des médias comme des faits ? Quid des études argumentées propres à fonder les critiques sur un traitement partial du conflit par des médias anglo-saxons ? – et une terminologie orientée : « occupation », « kamikazes » au lieu de « bombes humaines » car les kamikazes visaient des cibles militaires, pas des civils, « territoires occupés » au lieu de « territoires disputés » car aucune souveraineté n’y a été reconnue avant leur conquête par Israël en 1967, etc.
L’auteur occulte les « faux-tographes » et cameramen palestiniens usant de leur métier comme arme contre Israël, Ne liste pas les invraisemblances et incohérences dans l’affaire al-Dura, etc.
Et tout est mis au même niveau : l’auteur n’accorde pas à certains faits la place majeure qui leur revient. Ne cite pas les médias palestiniens ou des Palestiniens tenant des propos antisémites…

 
Jérôme Bourdon, Le récit impossible. Le conflit israélo-palestinien et les médias. De Boeck-Ina éditions, coll. Médias recherches, 2009. 240 pages, 24,50 euros. ISBN-13: 978-2804104559

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Cet article a été commandé, mais non publié par L'Arche. Il a été publié sur ce blog le 27 décembre 2013.

mercredi 21 mai 2014

Jean-Michel Jaudel, metteur en boîtes


L'exposition collective Turbulences & Renaissances (Paris, 7 juin-11 juillet 2016) présente des œuvres de Jean-Michel Jaudel. "Nouveaux paradigmes, nouveaux mondes en émergence : visions confrontées d'artistes". Autodidacte quinquagénaire,  Jean-Michel Jaudel présente une trentaine de boîtes unissant, de manière raisonnée et allégorique, souvent avec humour, de vieux objets. 

« Qu’y a-t-il à l’intérieur d’une boîte de Jean-Michel Jaudel ? Qu’est-ce qu’on y voit ? », vous demandez-vous sur le ton de la chanson de Charles Trenet.

Eh bien, on y voit des objets usagés et parfois détournés, mais liés par l’humour et la culture de Jean-Michel Jaudel.

Et, comme dans un rébus, l’alchimie du titre de l’œuvre et desdits objets fait « tilt » dans votre esprit : ainsi, « Le chasseur » (1999) correspond à un trophée.

Dans Epoque révolue (2000), des statuettes alignées semblent lever leur regard vers une plaque métallique surmontée de CCCP (Union des républiques socialistes soviétiques, en cyrillique) et frappée du marteau et de la faucille, symboles communistes, sur un fond lie-de-vin similaire à la couleur d’un rideau de théâtre.

Le « Point d’ironie » (1998) ? « Un signe de ponctuation qui manque cruellement », explique Jean-Michel Jaudel.

Assemblages d’objets, associations d’idées 
Cet artiste se place dans la lignée de Joseph Cornell, le précurseur des « metteurs en boîtes », des œuvres tridimensionnelles sous verre.

Il se distingue de ses collègues par le sens inhérent à son travail, souvent figuratif et narratif, et qui se résume dans la chute (punchline).

L’influence du dadaïsme, et plus généralement des mouvements artistiques des années 1920-1930, est prégnante.

Tout en suggestion, chaque « boîte » est originale : cet artiste évite les redondances.

Jean-Michel Jaudel expose en France, aux Etats-Unis et en Belgique.

Il « promène un regard poétique et plein d'humour sur des objets qui ont perdu leur raison d’être et qu'il recueille là où la société s'en débarrasse. Il extrait d’un capharnaüm d’objets hétéroclites choisis avec passion et méticulosité de quoi assembler une œuvre de représentations allégoriques qu'il installe dans les délimitations d’une boîte ; émotions banales ou questions fondamentales, situations quotidiennes, maladies très indésirables, point de ponctuation manquant. Au gré de son imagination, tel qu'il est inspiré par les objets qu'il rencontre, son regard amusé sur les choses de la vie se matérialise par des compositions rigoureuses et élégantes et par un titre choisi avec autant de soin que les matériaux utilisés », indique le dossier de presse.

A l’occasion d’Art Saint-Germain-des-Prés 2014, la galerie  Galerie Meyer-Oceanic Art & Eskimo Art présente l’exposition Mises en boîtes de Jean-Michel Jaudel, Boxed by Jean-Michel Jaudel du metteur en boîte Jean-Michel Jaudel.

L'exposition collective Turbulences & Renaissances (Paris, 7 juin-11 juillet 2016) présente des œuvres de Jean-Michel Jaudel. "Nouveaux paradigmes, nouveaux mondes en émergence : visions confrontées d'artistes".


Jean-Michel Jaudel, Mises en boîtes. Avec une absence de préface de Yasmina Reza. White Note, 2014. 25 €

Du 7 juin au 11 juillet 2016. Vernissage le mardi 7 juin 2016 de 17 h à 22 h. Opening spécial le 28 juin 2016 de 17 h à 22 h. Derniers étages du parking.
30, boulevard Raspail. 75007 Paris
Du mardi au samedi de 13 h à 19 h 30.


Du 22 mai au 7 juin 2014. Vernissage le 22 mai 2014 de 18 h à 22 h
17, rue des Beaux-arts. 75006 Paris
Tél : +33 (0)1 43 54 85 74
Du mardi au vendredi de 14 h 30 à 18 h, le samedi de 11 h à 13 h et de 14 h 30 à 19 h 

Cet article a été publié dans une version concise par Actualité juive hebdo, et sur ce blog le 21 mai 2014.

mercredi 14 mai 2014

La sculptrice Myriam Franck


La galerie Tsadé présente une exposition de peintures, photographies et sculptures, dont celles de Myriam Franck. Toutes en courbes, les terres cuites et les bronzes, polis et patinés en vert et marron, de Myriam Franck expriment la plénitude intérieure. Ses sculptures sont aussi inspirées de l’alphabet hébraïque ou expriment la plénitude du bonheur de femmes et de couples. Vernissage le 15 mai 2014 à 18 h en présence des artistes. Vernissage le 15 mai 2014 à 18 h en présence des artistes. 


Après une formation dans une école de dessin parisienne, Myriam Franck débute comme graphiste publicitaire, et poursuit comme décoratrice d’intérieur. 

C’est en 1984 qu’elle apprend la sculpture dans l’atelier de Robert Perot. 

Depuis, elle poursuit de front une activité d’enseignement de cette discipline artistique dans son atelier et sa carrière de sculpteur, exposant en France, en Israël et aux Etats-Unis.

Les spectateurs du film La vérité si je mens 2 ont pu admirer des sculptures de Myriam Franck décorant des intérieurs de ce film.

L’épanouissement 
L’œuvre de Myriam Franck est d’inspirations juive, avec principalement une déclinaison, riche de sens, de l’alphabet hébreu, et féminine. 

Cette artiste a présenté la symbolique de ces lettres et de leur association en une « calligraphie en trois dimensions ». Par exemple, le bronze « Naissance du miracle », dont la forme ronde fait penser à un fœtus), est construit à partir des lettres hébraïques « Noun » et « Sameck », intimement liées pour former le mot « Ness » qui signifie en hébreu « miracle ». 

Cette sculpteur a créé aussi une Hanoukia et un bijou chadaï.

L’autre veine s’exprime dans sa vision exaltée d’une femme féconde (« Eve »), procréant, symbole et porteuse de vie. Cette femme sereine, calme, protège (« Brigitte »), dialogue (« A ma fille »). Elle évoque parfois les Vénus callipyges…


Du 15 au 18 mai 2014
A l’Atelier-Galerie Tsadé
15, rue Bonaparte. 06300 Nice
De 11 h à 20 h. Vernissage le 15 mai 2014 à 18 h en présence des artistes. Animation musicale par Dayana

Visuels de haut en bas – Les gardiens du livre, La naissance du miracle, Eve
© Martine Franck : 

A lire sur ce blog :

lundi 12 mai 2014

« A corps et à Toi » du rabbin Haïm Korsia


Le rabbin Haïm Korsia est l'un des dix candidats à la fonction de grand rabbin de France dont  l'élection aura lieu le 22 juin 2014. Le  2 mai 2014, ce membre du conseil d'administration de l'OSE (Oeuvre de Secours aux enfants) a reçu sur Facebook le soutien de Roger Fajnzylberg, précédent directeur général de l'OSE, délégué général de la Fondation OSE MES (Mémoire Enfance Solidarité) et signataire en 1996 d'un appel contre « la judaïsation de Jérusalem-Est ». Dans A corps et à toi publié en 2006 aux éditions Actes Sud, lrabbin Haïm Korsia  évoque la vision du judaïsme sur la sexualité. Il traite ce sujet sensible en termes simples et sur un ton juste. 
Citations de Genèse, de la Torah et du Talmud à l’appui, le rabbin Haïm Korsia, aumônier général de l’armée de l’Air,  présente, explique et commente la vision de la sexualité par le judaïsme, qui exclut la pudibonderie et associe amour, sexualité et plaisir imprégnés de spiritualité.

« Consubstantiel à la vie, le désir est un don divin ». Cependant, la pulsion de désir doit être canalisée pour l’empêcher de détruire l’être humain car elle veut « dominer, posséder tout et tout le monde ».

La « sexualité contribue à l’équilibre humain ». Le rabbin Haïm Korsia souligne le rôle de la spiritualité dans la sexualité, pour la transcender et permettre au couple et à la société de perdurer. De même, le plaisir doit s’associer à une « finalité altruiste, même théorique ».

Guidé par un souci de clarté, l’auteur trouve un ton juste, évitant les écueils de la fausse pudeur, de l’hypocrisie et de la grivoiserie.

Refusant la démagogie ou le laxisme, il prône une pulsion sexuelle, pulsion de vie, ni affaiblie, ni brimée, ni débridée, mais instillée et encadrée par le spirituel qui lui confère un signifiant bénéfique.

Rabbin Haïm Korsia, A corps et à Toi. Ed. Actes Sud, coll. Le souffle de l’esprit. Paris, 2006. 57 pages. ISBN : 2-7427-6497-6
                     
Articles sur ce blog concernant :
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Cet article a été publié le 4 avril 2010.

dimanche 11 mai 2014

Al-Fateh, le webmagazine haineux du Hamas pour la jeunesse


MEMRI révèle que, le 2 mai 2014, la télévision du Hamas a incité les enfants à tuer les Juifs. Al-Fateh’ (Le conquérant), web magazine négationniste et antisémite du mouvement islamiste palestinien Hamas, exhorte les jeunes Palestiniens à devenir shahids (martyrs) et les incite au jihad contre « les ennemis de l’islam », notamment pour détruire l’Etat d’Israël. Ainsi pourrait se résumer un récent rapport d’IMPACT-SE, institut de recherche réputé pour ses études de manuels scolaires du Moyen-Orient.


Le titre du web magazine, Al-Fateh’, est repris du surnom donné « au sultan ottoman Mehmet II après sa conquête en 1453 de Constantinople, capitale de l’empire chrétien de Byzance dont il fit la capitale de son empire ». Il est incarné sur le site par « une animation présentant un enfant sur un cheval brandissant un sabre ».

Ce web magazine a été lancé par le Hamas, branche palestinienne des Frères musulmans, en septembre 2002.

Après avoir étudié des manuels scolaires de pays arabes et de l'Iran, IMPACT-SE (Institute for Monitoring Peace and Cultural Tolerance in School Education) a analysé tous les numéros d’Al-Fateh’ jusqu’en avril 2009, soit 145 numéros.

Ce qui permet « une introspection hors pair de l’idéologie de ce mouvement et de son approche éducative ».

IMPACT-SE n’indique cependant pas la part de cette idéologie dans le contenu du site.

« L’instrument éducatif du Hamas » sur Internet

Enregistré primitivement au Liban, son site Internet est basé à Londres depuis sa rénovation en mars-avril 2007. Le « Hamas a nié tout lien avec ce site pour éviter que les pays abritant le serveur ne le ferment ».

Mensuel en septembre 2002, ce webmagazine devient bimensuel en octobre 2003.

Son audience a cru, selon ses administrateurs, « de 34 millions de visiteurs » à « 48 millions » de 2002 à 2006. IMPACT-SE n’a pu vérifier ces statistiques.

Le site s’ouvre sur une page qui présente 30 à 40 liens renvoyant à des rubriques et colonnes, dont certaines sont permanentes : « Contes de l’oncle Izz al-Din », « Testament d’un Shahid », « Images des enfants de Palestine ».

Les talentueux graphistes d’Al-Fateh’ mêlent des messages haineux à des activités anodines, tel le coloriage de dessins.

Ainsi, l’enfant est invité à colorier une illustration sur un Juif, identifiable par sa kippa, pendant la Guerre d’Indépendance (1948). Ce Juif souriant brandit un couteau qui dégouline du sang d’un Arabe qu’il vient de poignarder et qui git près de lui.
Cynisme et haine

L’endoctrinement cynique, omniprésent, exhorte au culte du shahid « afin d’engendrer la génération suivante » d’islamikazes.

Sont préconisés un « engagement total au djihad, un refus de tout compromis ou règlement politique, et le rejet des accords conclus entre Israéliens et Palestiniens ».

Ce web magazine endurcit et désensibilise les enfants par des photos d’une shahida.

Une seule fois, l’Internaute Yasmin Shamalawi a rejeté la « violence comme moyen pour confronter les autres » (n° 129, août 2008).

L’Occident ciblé et méprisé

Perçu comme allié d’Israël, l’Occident est « corrompu, impérialiste et l’ennemi perpétuel de l’islam qui, en guerre contre lui, en triomphera. Responsable d’attaques contre les pays musulmans », il est « dépeint comme inférieur au monde islamique » du point de vue moral et scientifique.

La ville de « Séville en Andalousie implore les lecteurs de prier pour qu’elle revienne aux musulmans comme le reste des villes espagnoles ».

L'Etat d'Israël nié et diffamé

Tout lien du peuple juif avec Eretz Israël est nié. Ne figurant sur aucune carte, l’Etat Israël est dénommé « Etat maudit » et « entité usurpatrice voleuse ».

Les Israéliens sont caricaturés, affublés d’épithètes racistes et antisémites - « libérer la Terre de Palestine de l’impureté des Sionistes, descendants des singes et des porcs » (n° 129, 1er août 2008) -, diabolisés notamment via l’image de « la mort de Mohamed al-Dura ».

Les Juifs et l’Etat d’Israël délégitimé sont diffamés : « ennemis de l’humanité », « assassins des prophètes ».

Leur diabolisation et déshumanisation visent « à préparer les esprits au meurtre des juifs et à justifier les nombreux appels dans ce sens » sur le site.

Substituer « l’établissement d’un Etat islamique sur tout le territoire de la Palestine », désigné comme WAQF (propriété islamique) est une obligation religieuse. Dans l’illustration intitulée « Dieu sauve la Palestine », les murs de Jérusalem forment le mot « Palestine » en arabe. Une main brandit un fusil. C'est en fait « le logo du Hezbollah qui l'a emprunté aux Iraniens qui l'utilisent depuis 1979 comme symbole de la révolution islamique. Toutefois, il y a ici une différence. Sur le bras qui saisit le fusil est tracée une carte de la Palestine, et juste en-dessous, nous voyons le tronc et les racines d'un arbre peint dans la couleur du sang, l'expression graphique d'Al Fateh-Hamas pour exprimer sa façon de libérer la Palestine ». (n° 109, 1er octobre 2007)

Al-Fateh’ loue le Hamas et ses dirigeants, donne comme exemple de « résistance armée » le Hezbollah, milice chiite libanaise soutenue par l’Iran, et encourage les rapts de soldats israéliens.

Dans la courte histoire « Izz al Din à la prison de Nafha », une grand-mère palestinienne et sa petite-fille vont rencontrer l’oncle Izz al Din, détenu dans une prison israélienne. La grand-mère allègue que « les Juifs », accusés de mentir, « ont tué les prophètes et les messagers de paix, et que la seule façon de libérer cet oncle et les autres prisonniers palestiniens est que les combattants du jihad capturent des soldats israéliens en vue d’un échange de prisonniers » (n° 35, 1er septembre 2004).

Lors des guerres d’Israël contre le Hezbollah (2006) et le Hamas (2008-2009), l’endoctrinement haineux redouble d’intensité.
Rares réactions internationales

« Cette doctrine et son support éducatif sont en contravention des résolutions de l’UNESCO (Organisation des Nations unies pour l'Éducation, la Science et la Culture) et de la Convention internationale des droits de l’enfant », conclut le rapport d’IMPACT-SE.

Ce rapport (2009) cite en annexes des articles de la Charte du Hamas se rapportant à l'Education et les standards éducatifs internationaux fondés sur les déclarations et résolutions de l'UNESCO.

En 2009, lors d’une tournée européenne, IMPACT-SE avait sensibilisé des politiciens européens sur les dangers de ce web magazine.

Le 20 janvier 2010, Louise Joyce Ellman, membre travailliste de la Chambre des Communes (Londres), avait publiquement demandé à Gordon Brown, alors Premier ministre et d’autres membres du gouvernement britannique de fermer le site du web magazine situé au Royaume-Uni. Le 28 janvier 2010, elle avait aussi cité ce rapport.

Le ministère britannique de l’Intérieur a examiné sa requête.

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Cet article a été publié sous une forme plus concise dans le numéro 632 de janvier 2011 de L'Arche, et sur ce blog le 12 janvier 2011.




mardi 6 mai 2014

« Aquarelles » du peintre Michaël Leibovici


La Galerie Francis Barlier présentera une trentaine d’aquarelles récentes, figuratives, narratives, mystérieuses et poétiques de Michaël Leibovici. Un hommage à cet artiste humaniste à la gamme chromatique chaude. Vernissage le 7 mai 2014 à partir de 19 h et le 10 mai 2014 à partir de 14 h.

« Les tableaux de Michaël Leibovici sont à la peinture ce que l'orchidée est aux fleurs. Comme les orchidées il puise sa quintessence dans les éléments subtils aériens et poétiques du quotidien, rien ne cède au conventionnel, de la poésie pure. Pour celui qui sait regarder, le rêve rejoint la réalité dans ce qu'elle a d'essentiel, des images pour l'âme, tout ici exprime une extrême sensibilité cachée", écrit le galeriste Francis Barlier qui consacre régulièrement, depuis 1998, des expositions, dont Le carnaval des animaux en 2011, à cet artiste.

"Le territoire infini de la figuration"
Michaël Leibovici est né à Bucarest en 1926.

Un « caprice » du régime communiste roumain lui permet d’exposer au Canada, en 1969.

Dès 1970, il s’installe à Paris, participe à de nombreux salons et expose en Europe et en Amérique du Nord. Parmi les acquéreurs de ses œuvres, le fond d'estampe contemporaine de la Bibliothèque nationale de France (2003).

La prédilection inspirante pour la Toscane éclate dans des œuvres où le temps semble suspendu ou dilaté et aux couleurs chaudes, en des terres de Sienne.

En Italie, Michaël Leibovici s’imprègne des bruits et paysages, puis laisse décanter et peint. « Mon "périple italien" commence en 1978 : là se crée pour moi une osmose entre l'imaginaire et le réel qui nourrit mon travail quotidien: sur mes toiles, dans mes dessins, j'essaye de capter la résonance d'un vécu, empreint, peut-être, d'une métaphysique culturellement assimilée, mais, surtout, de l'inquiétude propre aux bonheurs incertains. Je m'y suis tenu. Depuis lors, je continue », explique ce peintre.

Dans ses aquarelles et crayon, mines d’argent et aquarelles, techniques mixtes, huiles sur toile et collages d’étiquettes, de tickets et de sachets (« Voyages en Italie ») présentée à la galerie Visconti (2004), cet artiste « met en scène ses personnages, sans théâtralité », ce qui correspond à une ancienne vocation : la scénographie.

Les jeux de regards caractérisent nombre d’œuvres : un personnage observe autrui qui regarde dans une autre direction (« Entr’acte »).

Apparaissent ainsi l’ambiguïté des situations, la fragilité des êtres, unis et seuls, ou la difficulté du dialogue.

Enfin, deux tableaux étaient marqués par l’onirisme (« Légende ») et la référence au livre « Il muro della Perra » du poète Giorgio Caproni.

La galerie Francis Barlier présente des aquarelles récentes énigmatiques et colorées, évoquant un monde révolu, rural, dans lequel les animaux paraissent dialoguer avec les êtres humains.

« Sur le territoire infini de la figuration, les trajets peuvent être, dans leurs mouvances, droits, tortueux, tranchés, surprenants. J'aimerais que ma trajectoire soit celle où l'univers intérieur prouve son existence, grâce à la rencontre d'un espace affectivement annexé. Je laisse à mes "places" en témoigner », conclut Michaël Leibovici.


« Michaël Leibovici ». Galeries Visconti et Francis Barlier. 2001. 48 pages.

Du 7 au 30 mai 2014
Jusqu’au 15 juin 2012
36, rue de Penthièvre, 75008 Paris
Tél. : 01 49 53 00 05
Du mardi au samedi de 11 h à 19 h
Vernissage le 6 juin 2012 à partir de 18 h, le 7 mai 2014 à partir de 19 h et le 10 mai 2014 à partir de 14 h.
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Cet article a été publié en 2004 en une version plus concise dans L'Arche, et sur ce blog le 5 juin 2012.

A Paris, 3 700 personnes ont célébré avec ferveur les 55 ans de l’Etat d’Israël en 2003


Le 7 mai 2003, pour Yom Haatsmaout, la Fédération des Organisations Sionistes de France (FOSF) et le KKL, avec l’UPJF, le Consistoire Central, la Wizo, le Libi et l’Agence juive ont organisé une soirée au Palais des Congrès (Paris). L’intensité de l’amour des spectateurs pour Israël révélait une inquiétude sourde.

C’est une salle comble qui a témoigné avec enthousiasme son attachement à l’Etat d’Israël en cet anniversaire particulier, notamment pour les superstitieux.

« La fête du Souvenir est proche de celle de l’Indépendance. Comme dans la tradition juive, la joie est associée à la peine », a noté Robert Zbili, président de la FOSF devant notamment S.E. Nissim Zvili, ambassadeur d’Israël en France, S.E. Yitzhak Eldan, ambassadeur près de l’UNESCO, des édiles, des dirigeants de la communauté Juive française et d’organismes israéliens, des responsables de lobbys américains - AIPAC, American Jewish Congress -, des spectateurs de tous âges, dont Clara Beyler, volontaire du Maguen David Adom choisie pour allumer un flambeau lors de la cérémonie commémorative à Jérusalem.

« Nous sommes au lendemain de la victoire de la Coalition sur les troupes de Saddam Hussein. Cette histoire se serait écrite différemment sans la décision prise par Menahem Begin en 1981 de détruire la centrale nucléaire irakienne Osirak », a ajouté Robert Zbili.

Entrecoupés par la retransmission des vœux du président Moshe Katsav et une collecte de fonds au profit de la Forêt des enfants victimes du terrorisme (Jérusalem), les discours de personnalités se sont enchaînés.

Dénonçant l’islamisme, le Front national et la résurgence de l’antisémitisme, soulignant la force du lien entre Israël et les Etats-Unis, le président de l’UPJF, Hervé Giaoui, a vivement incité les spectateurs à soutenir les politiciens amis d’Israël et à investir le champs politique.

La remise des Prix de Jérusalem a ensuite consacré l’action en faveur de l’Etat hébreu accomplie par le député Eric Raoult (UMP) et le général Michel Darmon, président de l’Association France-Israël.

« Un pays n’est pas donné à son peuple sur un plateau d’argent » (Haïm Weizman)
« 55 ans après son indépendance, Israël continue à lutter, jour après jour, pour assurer son indépendance. Cet Etat a une Armée puissante pour assurer sa protection. Il est prêt à faire des concessions pour avoir la paix. Mais il ne se cédera jamais au terrorisme. En 55 ans, Israël a su intégrer les Juifs originaires de 102 pays. Au cours des dix dernières années, l’Etat hébreu a intégré un million d’immigrants. C’est un motif de fierté », a déclaré M. Zvili.

Et c’est Jacques Kupfer, Président du Likoud-France, qui a prôné l’aliyah.


Puis Joseph Sitruk, Grand Rabbin de France, a dénoncé les agressions antisémites et stigmatisé la légende d’une photo publiée par un journal : « L’Esplanade des Mosquées, qui abriterait, selon les Juifs, les vestiges du Temple de Salomon »... Il a regretté, même s’il en connaissait les raisons, les mesures d’austérité décidées par le gouvernement israélien et qui touchent en particulier les « Noirs » (« Religieux »). « Les Juifs ont une longue mémoire, dénommée l’histoire, et un grand avenir appelé l’éternité », a-t-il conclu.

Rika Zaraï, la troupe Adama, Sarale Sharon et d’autres artistes ont ravi le public. Une farandole de jeunes spectateurs montait sur scène pour poursuivre dans l’allégresse cette longue nuit...


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Cet article a été publié par Actualité juive hebdo.

dimanche 4 mai 2014

« Menachem & Fred, orphelins de l’Holocauste » de Ronit Kertsner et d'Ofra Tevet


Arte diffusera le 5 mai 2014 à 2 h 30 « Menachem & Fred, orphelins de l’Holocauste », documentaire de Ronit Kertsner et d’Ofra Tevet (2008). L’histoire de la famille Juive allemande Mayer : les parents sont assassinés à Auschwitz-Birkenau lors de la Shoah (Holocaust), et leurs deux fils, Manfred (Fred) et Heinz (Menachem), cachés dans un orphelinat catholique en France, se séparent après la Seconde Guerre mondiale, pour vivre respectivement aux Etats-Unis et en Israël. Le récit des retrouvailles des deux frères près de 60 ans plus tard, renouées grâce à la lecture de lettres de leurs parents, scellées par l’écriture d’un livre et par un voyage familial dans leur ville natale, Hoffenheim (Allemagne).


« Il faut que vous vous entendiez. C’est mon grand souci », écrivait Mathilde Mayer, Juive allemande quarantenaire à ses deux fils cachés dans un orphelinat à Aspet (Haute-Garonne) alors que son mari et elle demeuraient internés au camp de Gurs.

Cette exhortation plane dans le documentaire et dans les relations entre les deux frères.

« Prends soin de Heinz »
Dans les années 1930, la famille Juive allemande Mayer - le couple et ses deux fils, Manfred (Fred) et Heinz (Menachem) –, bien intégrée dans la société allemande, vit à Hoffenheim, un village du Bade-Wurtemberg, région dynamique allemande limitrophe à la France et à la Suisse.

Lors de la nuit de Cristal, le 9 novembre 1938, Emil Hopp, en uniforme nazi, et un groupe de SA expulse les Mayer, dont les enfants ont neuf et six ans, de leur maison qui est détruite. Les Mayer sont conduits dans un camp.

Le 22 octobre 1940, à 8 h du matin, la famille et tous les Juifs de la région sont déportés dans le camp de Gurs (Pyrénées, Sud de la France). « Nous étions en état de choc quand nous sommes montés dans ce train… Nous ne savions pas où nous allions. Ce voyage en train a marqué la fin de notre vie de famille », se souvient Fred.

Et de poursuivre : « On est arrivé de nuit. Il pleuvait. Tout le monde était désorienté, en état de choc » après trois jours de voyage. Les gens « se sont mis à pleurer ».

Les « fils barbelés du camp jouxtaient les maisons du village voisin. Les gens pouvaient voir les enfants et les vieillards patauger dans la boue. Pourtant ils ont continué à vaquer à leurs occupations, comme si de rien n’était », précise le commentaire en voix off.

Pour Fred, « les Français ont délibérément effacé les traces de leur collaboration avec les Allemands. C’est le gouvernement de Vichy qui administrait la France. Il n’y avait pas de soldats allemands [à Gurs]. Ce sont les Français qui nous ont internés de force dans le cadre de leur collaboration avec les Allemands. Aujourd’hui, ils ont honte. C’et pourquoi ils ont planté une forêt. C’est pourquoi l’endroit est méconnaissable… Au bout de quelques mois, les gens sont morts de diphtérie ».

En 1941, les parents Mayer, âgés de – 42 et 46 ans - décident de confier leurs deux fils, âgés de 11 ans et huit ans, dans un orphelinat catholique de la région, à Aspet (Haute-Garonne). Menachem reconnaît le courage de ses parents pour avoir pris cette décision difficile.

Le père recommande alors à son fils aîné : « Prends soin de Heinz ! »

Les parents et leurs deux fils échangent pendant deux ans une correspondance. La mère insiste : « Manfred, j’ai un souhait. Ce n’est pas grand-chose. Fais attention qu’il n’arrive rien à Heinz. Toi, tu est un grand garçon ».

Dans sa dernière lettre, la mère écrit : « Nous sommes sur le départ et n’avons droit qu’à un bagage en main. Je ne sais pas où nous allons. Nous sommes contents de ne pas vous avoir emmenés avec nous. Vous êtes mieux là-bas ».

Le 1er août 1942, le couple arrive à Auschwitz-Birkenau où il sera tué.

Deux destins croisés
Au cours de l’Occupation, pour échapper aux rafles, les deux frères sont séparés.

En 1946, Manfred rejoint Heinz en Suisse. Il tente de le convaincre de l’accompagner aux Etats-Unis. En vain. Heinz veut rejoindre la Palestine mandataire. Ce qu’il fait.

En Amérique, Manfred, apatride, est impatient d’acquérir la nationalité américaine, bien que l’antisémitisme perdure aux Etats-Unis (country club interdit aux Juifs).

Il change de nom et se fait appeler Frederick Raymes. Il se marie et a deux enfants : David et Suzie. Il poursuit une carrière d’ingénieur dans l’aérospatiale. Son épouse veille à respecter des fêtes juives. Veuf, il épouse Lydia, une Afro-américaine, et tous deux vivent en Floride. David et Suzie. Joyce, épouse chrétienne pratiquante de David, élève leurs enfants dans sa religion. Quant à Suzie, si elle se sent juive, elle fréquente un temple chrétien.

En Israël, Heinz, ou plutôt Menachem, devient ingénieur agronome. Il épouse Chava, avec laquelle il a trois enfants : Tsvi, Jonathan et Michal. Il vit à Jérusalem. Toute sa famille est pratiquante et patriote, convaincue de ses droits en Eretz Israël. « Nous nous battons pour chaque parcelle de terrain… Nous finirons par gagner car il n’y a pas d’alternative. Si on ne se maintient pas ici, ce sera les chambres à gaz », déclare Jonathan Mayer, qui a construit des maisons dans des implantations.

En 1959, au hasard d’un déménagement, Fred retrouve des lettres de ses parents envoyées du camp de Gurs. Il les adresse à son frère cadet qui les place dans un tiroir, sans les lire pendant des décennies. Des décennies plus tard, il les lit, et convainc Fred d’écrire avec lui un livre en hébreu en y intégrant ces lettres.

Hasard ? Rüdiger Hopp, un fils d’Emil Hopp, lit ce livre et décide de le traduire en allemand à ses frais. Seule condition : la fonction, mais non le nom de son père, y serait mentionnée.

Après mûre réflexion, les Mayer refusent tout changement : « Si les victimes ont un nom, les bourreaux en ont un aussi », explique Menachem.

Les Hopp acceptent de dévoiler un pan nazi de leur famille. Rüdiger Hopp et sa sœur Karola avaient enlevé de leur album familial la photo de leur père en uniforme nazi.

Leur frère, Dietmar Hopp, propriétaire de la société informatique SAP et un des hommes les plus riches d’Allemagne, finance la publication du livre. Il confie :
« Des millions d’Allemands se sentent profondément concernés. Ils ressentent une profonde compassion et une profonde honte de ce qui s’est passé. Le livre des frères Mayer vient rappeler tout ça. Tout ce qui s’est passé est atroce. Je suis content que les frères Mayer nous tendent la main, qu’ils ne ressentent pas de haine. Ce qui serait justifié. Ils sont pour la réconciliation, c’est la base d’une meilleure compréhension entre les peuples ».
Une grande cérémonie est organisée à Hoffenheim, au Pays de Bade à la mémoire des Juifs déportés. Les deux frères Mayer et leur descendance y assistent.

Un périple éprouvant
Les documentaristes ont accompagné, avec pudeur, les protagonistes septuagénaires dans ce voyage douloureux, conçu par les deux frères comme une « thérapie » personnelle et pour que leurs enfants et petits-enfants « sachent ce qui s’est passé », de leur village natal à Gurs, puis à Auschwitz-Birkenau.

A Hoffenheim, Menachem se heurte indigné aux amalgames choquants d’une Allemande, ayant du quitter sa Poméranie natale (maintenant en Pologne) et assimilant l’« extermination d’un peuple » aux bombardements.

Fred refuse le terme « Heimat » pour désigner son village natale car il en a été « chassé comme un chien », devenant apatride, « de nulle part, sans pays ». La Floride, c’est « chez lui ».

C’est un ami d’enfance, Paul Gehrig qui partage avec Menachem ses souvenirs de sa prime jeunesse et nourrit la mémoire de Menachem.

« Comment tout a-t-il disparu du jour au lendemain ? L’Allemagne, la langue, le pays de notre culture, de notre éducation, la patrie qui nous a dit « Aus », dehors. Une histoire familiale vieille de 300 ans est anéantie », s’interroge Menachem.

Une confrontation douloureuse avec leur passé longtemps refoulé tant sont forts aussi le sentiment de culpabilité de l’aîné et celui d’abandon du benjamin. Les deux frères se souviennent de la dernière lettre de leur père recommandant à Fred : « Prends soin de ton petit frère. Soyez bons l’un envers l’autre ». Menachem reproche à Fred de ne pas être venu exprès en Suisse pour le chercher. Ce que nie Fred : « Les organisations n’ont pas fait beaucoup d’effort pour nous réunir. Elles m’ont demandé de te donner l’autorisation de partir en Israël. J’ai hésité. Puis j’ai donné mon accord. Je commençais une nouvelle vie ».

Les réalisatrices ont filmé les retrouvailles et découvertes familiales, la vie quotidienne en Floride et en Israël de deux familles aux destins différents.

Prix du cinéma pour la paix du film le plus inspirant à Berlin (2009) et Prix du public du meilleur documentaire au festival du film Juif de Palm Beach (2009), ce documentaire émouvant demeure silencieux en particulier sur la raison de la déportation au camp de Gurs et sur les associations ayant concouru au sauvetage des deux frères, puis à leur réunion.

Il souligne les conséquences d’un choix déterminant de pays effectué par deux frères adolescents. Un choix décisif pour eux, pour leurs enfants et petits-enfants : assimilation et perte d’identité Juive en deux génération pour la branche américaine, et identité juive profonde ainsi que pratique religieuse pour la branche israélienne.

« Dieu est mort ici », résume Fred à Auschwitz-Birkenau. « Le D. auquel je crois n’était pas à Auschwitz », affirme Menachem.

L’image finale montre les deux branches de la famille Mayer célébrant ensemble une soirée de chabbat.


Menachem Mayer et Frederick Raymes, Aus Hoffenheim deportiert, Menachem und Fred. Der Weg zweier jüdischer Brüder. Regionalkultur Verlag, Ubstadt-Weiher 2008. 208 pages. ISBN : 978-3897354074
 
Documentaire de Ronit Kertsner et Ofra Tevet
Allemagne, 2008, 1 h 30 mn
Diffusions les :
5 mars 2011 à 0 h 00 (le site internet indique le 4 mars 2011 après tous les programmes de la journée et à minuit) et 25 mars 2011 à 10 h 10

Visuels : © 2008 Egoli Tossell Film und R&O Productions
Affiche
Menachem Mayer et Fred Raymes, enfants
Fred Raymes et Menachem Mayer à Heidelberg
Cet article a été publié le 4 mars 2011.

Le mémorial de Caen a récompensé la diffamation d’Israël (1/2)

 Le 2 février 2014, Yasmine Attia, avocate du barreau de Tunis (Tunisie), a reçu le Prix du jury du 25e concours de plaidoiries du Mémorial de Caen  remis par Christiane Taubira, ministre de la Justice, pour sa plaidoirie  sur Le jihad au féminin  : c’est une « forme de prostitution d’un genre nouveau, c’est un don de soi exercé au nom du sacré, au nom d’une religion, ma religion, l’islam  ». Elle a relaté la « terrible histoire d’Inès, une élève de 15 ans qui a commis le péché d’avoir des relations sexuelles hors mariage. Suite à des échecs amoureux, la jeune fille a perdu le goût de la vie et a trouvé refuge dans les mosquées où elle rencontra un salafiste qui a réussi à l’endoctriner et convaincre de partir pour le jihad en Syrie dont l’objectif était de « se repentir de ses péchés devant Dieu ». Avant de partir, Inès accepta de l’épouser et aussitôt arrivée en Syrie , son mari lui imposa le port du niqab, puis la répudie. Le mariage qu’a célébré Inès est un mariage dit coutumier, une sorte de mariage CDD qui peut ne durer que quelques minutes ou quelques heures, prenant fin en général aussitôt consommé. La femme se donne après à un autre ou à d’autres partenaires suivant un rituel religieux. « 152 partenaires » murmure Inès c’est le nombre de conjoints qu’elle a connus en six mois  ». Selon Sara Daniel, journaliste au Nouvel Observateur, ayant allégué en novembre 2001 « le viol systématique des jeunes filles palestiniennes par les soldats de Tsahal, dans le but de les faire exécuter par leurs familles » dans le cadre de « crimes d’honneur », l’histoire d’Inès serait une rumeur inventée. Le 7 février 2014, Franck Moulin, directeur de la communication du Mémorial, a réclamé la preuve que le cas d’Inès soit « un cas avéré et réel pour qu’il ait du sens ». Sans preuve, il a affirmé que ce Prix serait retiré à l’avocate . « Quinze jours plus tard, le Mémorial clos l'affaire après avoir reçu différentes pièces justificatives et entendu Frida Dahmani, journaliste, à l'origine du reportage sur Inès  ». Le 27 février 2014, Me Robert Apéry, le bâtonnier de l'ordre des avocats du barreau de Caen, a dit « Rien ne permet de douter de l’authenticité du cas qui a été défendu par Yasmine Attia… Tout repose sur des éléments objectifs. Ce que Yasmine Attia a dénoncé déplait chez certains car c’est une remise en cause de certains combats qui nous dépassent  ». Le directeur du Mémorial de Caen, Stéphane Grimaldi a déclaré  que le concours de plaidoirie est fondé sur la confiance : « C’est tout sauf un concours d’éloquence. Il s’agit de révéler des atteintes aux droits de l’homme dans le monde entier  ».  En 2011, le Mémorial de Caen n'a pas exigé que son lauréat présente les preuves de ses allégations.    
Le 30 janvier 2011, la 22e édition du Concours international de plaidoiries du Mémorial de Caen-Normandie a remis son 1er prix à Maître Mahmoud Arqan, « avocat de Hébron en Palestine, pour sa plaidoirie intitulée « L’exécution du fœtus dans les entrailles de sa mère ». Une variante de blood libel (allégation diffamatoire et infondée visant les Juifs accusés d’avoir tué un enfant non-Juif). Article mis à jour avec les dessins partiaux de Chaunu reprenant la théologie chrétienne de la libération de la Palestine, remarquees d'un responsable israélien, des interrogations argumentées sur les faits allégués, la composition édifiante du jury, la plaidoirie et les liens étroits entre Caen, son Mémorial, Hébron, l’université al-Qods et la diplomatie française. Le 13 février 2011, l'ambassade d'Israël a réagi avec fermeté au Mémorial de Caen à cette diffamation.
Le dimanche 30 janvier 2011, dix avocats ont concouru à la finale de ce concours du Mémorial de Caen- Normandie. Ils ont défendu « des cas réels d’atteinte aux Droits de l’Homme » devant un public de plus de 1 500 spectateurs. Ils ont « abordé avec ferveur les injustices qui les ont sensibilisés ».

Le jury était présidé par Jorge Semprun, ancien ministre espagnol de la Culture, scénariste et écrivain. En 2010, il était présidé par Stéphane Hessel.

Trois prix ont été décernés, dont un prix spécial du public.

D’une valeur de 8 000 €, le 1er Prix du Mémorial et de la Ville de Caen a été remis à Me Mahmoud Arqan, de « Hébron (Palestine) » pour sa plaidoirie « L’exécution du fœtus dans les entrailles de sa mère ». En prime, l’Association Internationale des Jeunes Avocats (AIJA) offre à ce lauréat une participation gratuite à un de ses séminaire en 2011.

Le 2e Prix (4 000 euros) a été décerné à Me Garry Sakata Moke Tawab (Kinshasa, République Démocratique du Congo) pour sa plaidoirie « Viols massifs des femmes ou nouvelle arme de guerre ». Le Prix du public (4000 Euros) a distingué Me Christelle Fournier (La Rochelle, France) pour sa plaidoirie « Zandalé : la raison d’Etat dressée contre l’enfance ».

La cause de Me Mahmoud Arqan
Me Mahmoud Arqan se présente comme licencié en droit et avocat au barreau de Hébron.

Résumé de sa plaidoirie au Mémorial de Caen : « Le 22 octobre 2001, Fatima Issa était sur le point d’accoucher. Les soldats du poste de contrôle israélien du village de Walja – Bethléem – dans les territoires palestiniens occupés lui ont refusé de traverser la barrière militaire israélienne, elle n’a pu aller à l’hôpital à temps. Elle a perdu son bébé si désiré ». Cet avocat a dépeint les soldats israéliens comme impitoyables, et allégué de multiples violations du droit international ainsi qu’un « crime contre l’humanité ».

Le but de cet avocat palestinien ? « Ma plaidoirie raconte la vie quotidienne des citoyens palestiniens sous l’occupation. Elle dénonce les difficultés rencontrées par les malades palestiniens pour obtenir l’accord des soldats Israéliens de passer d’une zone à l’autre, leur attente dans la souffrance pour accéder aux centres de soins, pour se procurer des médicaments, pour être opérés… »

Pourquoi avoir participé à ce concours ? « En ma qualité d’avocat, je me dois de défendre la cause des personnes victimes des injustices, des droits bafoués, être la voix de ce qui ne peuvent se faire entendre. A travers l’histoire de Fatima, je lève un voile sur ce qui se passe au quotidien dans mon pays. J’espère que cette cause sera largement entendue ».

Que de stéréotypes de la propagande palestinienne usant de la diffamation sur le registre affectif et antisémite ! Comme dans l'affaire al-Dura, cet avocat palestinien a présenté à un public européen une énième version de l’accusation diffamatoire de crime rituel née dans l’Europe chrétienne : il a évoqué « l’exécution du fœtus dans les entrailles de sa mère ». Et par qui, à votre avis ? « Fœtus », « entrailles »… Ces termes-mêmes visent à susciter l'horreur et l'épouvante à l'égard d'un assassinat barbare, cruel.

On peut s’interroger légitimement sur l’authenticité des faits allégués par Me Mahmoud Arqan.

En effet, comment expliquer que neuf ans se soient écoulés entre ces allégations (22 octobre 2001) et la plaidoirie de ce militant (30 janvier 2011) ? Fatima Issa et son mari ont-ils porté plainte en 2001 ? Si oui, quelle a été l'issue de cette plainte ? Si non, pourquoi ?

« Je n’ai pas trouvé mention des faits décrits par cet avocat palestinien dans le site de Tsahal. Gideon Lévy dans Haaretz a évoqué brièvement une femme qui, après avoir été retenue au check point, a accouché d'un enfant prématuré, et lorsqu'elle est arrivée à l'hôpital, son bébé était mort. Betzelem parle d’un bébé, fils de Fatma Mohamed Abed Rabbo, qui avait besoin de soins d'urgence, et est mort le 22 octobre 2001, quelques heures après que sa mère ait été retenue à un point de contrôle… S’il n'y a pas eu de plainte, aucune enquête n'aurait pu être menée, et on reste avec des accusations qui ne peuvent pas être vérifiées, ni confirmées, ni infirmées », m’a confié un responsable israélien le 1er février 2011.

Selon Me Mahmoud Arqan, la mère s'appellerait Fatima Issa. Et selon Betzelem, elle se serait appelée « Abed Rabbo », nom patronymique de son mari. Comment Me Mahmoud Arqan et le jury de ce concours célèbre expliquent-ils cette contradiction ?

Force est de constater que Human Rights Watch, une ONG peu suspecte de partialité en faveur d'Israël, ne mentionne pas Fatima Issa dans son site Internet, en anglais ou en français. Elle n'est pas la seule ONG à ignorer ces faits allégués par Me Mahmoud Arqan.

En mai 2010, cet avocat palestinien a « participé au IIe Concours international de plaidoiries organisé par l’Université d’Abu Dis, à Jérusalem Est, en Palestine ». Pourquoi n'a-t-il pas alors évoqué ces prétendus faits dans sa plaidoirie ? Par crainte que les autorités et des journalistes israéliens n'enquêtent et ne mettent en doute la réalité des faits allégués ? Pour obtenir une récompense célèbre et richement dotée à Caen, toucher un public français local lors de la plaidoirie et national grâce aux retombées médiatiques ?

Citons quelques exemples de la réalité quotidienne des Palestiniens. Le 31 janvier 2008, un médecin officier de Tsahal a accouché une femme palestinienne de Hébron qui n'a pu se rendre à l'hôpital à cause de la tempête de neige (Source : Guysen International News).

Le 7 février 2011, un nouveau-né palestinien, qui souffrait de problèmes respiratoires, a été sauvé grâce à des soldats israéliens. « J’aimerais remercier les soldats qui m’ont grandement aide et leur souhaiter la santé », a déclaré Shirin Muhammad Salamin, la mère du bébé, une Palestinienne de 27 ans qui vit près de Jéricho.

Rappelons l’action de l’association Un cœur pour la paix. Dans les territoires de l’Autorité palestinienne, « presque la moitié des mariages sont consanguins. Les bébés souffrent trois fois plus de malformations cardiaques que la population générale ». Un cœur pour la paix assure, avec les autorités militaires israéliennes et l’hôpital Hadassah de Jérusalem, des opérations délicates du cœur des enfants palestiniens d’un coût de 12 000 euros pris en charge pour moitié par cet hôpital : une opération du cœur est effectuée par semaine, un patient sur deux est un nouveau né, 60% des enfants sont des Gazaouis, etc. Cette association assure la présence auprès de l'enfant hospitalisé de sa mère, ou de la grand-mère du bébé si la mère vient d’accoucher. Elle forme des médecins palestiniens à l’échocardiographie pour dépister les enfants porteurs de malformations cardiaques, pour les suivre à leur retour dans leur foyer familial. Elle leur fournit gracieusement les appareils portables d’échocardiographie, etc.

De même, l'association israélienne Save a Child's Heart (SACH) coopère avec le Wolfson Medical Center à Holon (Israël) afin d'effectuer des opérations chirurgicales du coeur d'enfants de toutes origines, notamment palestiniens, et forment les médecins de l'Autorité palestinienne, de Roumanie, du Congo, du Kenya, de Zanzibar, de Chine, du Vietnam, etc. Depuis 1995, SACH a opéré plus de 2 400 enfants, dont 49% sont de l'Autorité palestinienne, de Jordanie, d'Iraq et du Maroc. Le nombre d'enfants traités chaque année par SACH est passé de 48 en 1996 à plus de 200 en 2009.

Que Mahmoud Arqan ait occulté les persécutions des chrétiens, les crimes dits « d'honneur », l'enseignement de la haine des Juifs dans les manuels scolaires palestiniens ou la corruption au sein de l'Autorité palestinienne, est révélateur. Etrange sensibilité aux droits de l'homme.

Mahmoud Arqan a usé de la liberté de parole d'un avocat lors de sa plaidoirie pour calomnier Israël et en demander la condamnation. Et le Mémorial de Caen et ses partenaires l'ont généreusement récompensé... avec de l'argent public.

Chronique d’un Prix annoncé ?
En 2009, ce concours international de plaidoiries pour les droits de l’homme a décidé de se tenir hors de France. Devinez où ? A « l’université palestinienne Al-Quds, en Cisjordanie, à quelques kilomètres de Jérusalem ».

« Le Mémorial de Caen, grâce à sa longue pratique », souhaitait « apporter son expérience en ce domaine au peuple palestinien, par le biais de l'Université Al-Quds ». Aux seuls Palestiniens ?

Organisé par « la Faculté de droit d’Al-Quds avec le Mémorial de Caen et l’Institut international des droits de l’homme, ce concours a réuni le 31 mai 2009 neuf avocats européens et palestiniens ».

Le jury était présidé par Frédéric Desagneau, consul général de France.

Les plaidoiries ? Plutôt des diatribes anti-israéliennes en présence notamment « du Président de l’Université, Sari Nusseibeh, du Consul Général de France à Jérusalem, Alain Rémy, et d’une délégation française » composée de 60 personnalités, dont des ministres, des parlementaires, des bâtonniers, des doyens de facultés de droit, de professeurs de droit et des journalistes français. Anwar Abu Eisheh, qui le co-organisé pour l’université al-Qods, a souhaité qu’ils « témoignent à leur retour des violations des droits de l’homme en Palestine ».

Le « Consul général de France à Jérusalem a déclaré : « C’est la première fois que la France coopère avec le Concours international de plaidoiries pour les droits de l’Homme en Palestine et dans le monde. Nous continuerons à soutenir de telles activités ». Le directeur du Mémorial pour la Paix de Caen, Stéphane Grimaldi, a déclaré qu’il souhaitait voir un jour en Palestine un tel mémorial pour la paix ».

« Le Maire d’Hébron, Khaled Ossaily, a rencontré le Député-Maire de Caen Philippe Duron, qui conduisait une délégation française. M. Duron a souhaité s’informer de la situation dans la ville d’Hébron et manifester sa solidarité avec ses habitants. La délégation était composée entre autres de Corine Ferret, Première adjointe de la ville de Caen, de journalistes français, d’Anwar Abu Eisheh, Professeur de droit à l’Université Al-Quds et Président de l’Association France-Hébron, et des participants au Concours international de plaidoiries pour les droits de l’homme... Le maire d’Hébron a salué la délégation et l’a remerciée de sa visite. Il a ensuite évoqué la situation politique à Hébron, notamment dans la vieille ville, et les souffrances de la population exposée à la violence des colons et de l’occupation ».

M. Duron a déploré « la situation et condamné le processus de colonisation, conduisant à l’expulsion des Palestiniens de leurs terres et de leurs maisons ».

Il a « rappelé que la ville de Caen avait beaucoup souffert pendant la deuxième guerre mondiale ; 70% des maisons avaient été détruites et beaucoup de ses habitants avaient trouvé la mort ». Et d'ajouter : « Nous avons vécu sous l’occupation pendant quatre ans, nous avons conscience d’une telle situation et de la souffrance de ceux qui vivent sous le joug de l’occupant ». Bref, cet édile a dressé un parallèle infondé et diffamatoire entre l'Occupation de la France par les Nazis et la présence des Israéliens en Judée et en Samarie !

Le député-maire socialiste de Caen « a manifesté sa solidarité avec la ville d’Hébron et a accepté l’invitation de participer à un groupe de pression et de travail pour que la ville d’Hébron soit classée au patrimoine mondiale de l’humanité de l’UNESCO. A la fin de la rencontre, les deux parties ont convenu de rechercher des mécanismes de coopération ».

Et la 2e édition hors de France s’est déroulée aussi à l'université al-Qods, le 23 mai 2010. Dans la même veine stigmatisant Israël.

Dans aucune de ces deux éditions locales, ni en 2009, ni en 2010, aucun avocat palestinien n’a évoqué ce « 22 octobre 2001 où Fatima Issa était sur le point d’accoucher, etc. » Pourquoi ?
Présidé ce 30 janvier 2011 par Jorge Semprun, le jury du concours à Caen était composé de 14 membres :
- Anwar Abu Eisheh, professeur de droit, université Al-Quds, Jérusalem. Lors de la guerre d’Israël contre le Hamas dans la bande de Gaza, il avait allégué qu’« Israël tente de diviser Gaza en « bantoustans » et que « rien ne justifie le massacre perpétré à Gaza » ;
- Kléber Arhoul, directeur régional des Affaires culturelles, Basse-Normandie ;
- Matthieu Aron, rédacteur en chef à France Info ;
- Guillaume Ballard, directeur départemental d’Ouest France ;
- François Cantier, président d’Avocats sans Frontières ;
- Dominique Delhoume, directeur régional de France 3 Basse-Normandie ;
- Philippe Duron, député-maire de Caen, président du Mémorial ;
- Isabelle Fougère, journaliste ;
- Stéphane Grimaldi, directeur du Mémorial de Caen ;
- Régis Koetschet, chef de la Mission des relations avec la société civile de la Direction générale de la mondialisation, du développement et des partenariats du ministère des Affaires étrangères et européennesancien consul de France à Jérusalem (2002-2005) et un des trois promoteurs, avec Stéphane Grimaldi et Anwar Abu Eisheh, du concours de plaidoirie à l'université al-Qods ;
- Pascal Maurer, Président de l’Union internationale des avocats ;
- Françoise Tulkens, juge à la Cour européenne des Droits de l'Homme, présidente de la Deuxième section à la Cour européenne des Droits de l'Homme ;
- Ariane Weben, Bâtonnier de l’Ordre des avocats à la Cour d’appel de Caen.

Pourquoi aucun journaliste de ce jury ne s'est-il posé les questions listées dans mon article ?

Certains membres du jury ont noué des liens étroits avec les Palestiniens, notamment ceux de Hebron, et ont des opinions partiales à l’égard d’Israël. On peut s’interroger sur leur éventuel conflit d’intérêts : on ne peut pas être juge et partie. Quelles auraient été les chances d’un avocat plaidant pour les victimes françaises ou israéliennes des attentats islamistes palestiniens en Israël, ne serait-ce que pour être sélectionné ?

Que des personnes dotées d’un bagage intellectuel solide, dont un membre de l’Académie Goncourt et des représentants de l'élite judiciaire française et européenne, aient gobé ces mensonges horribles et n’aient pas su déceler une fiction partiale et une accusation antisémite est inquiétant.

Il est d'autant plus surprenant que Jorge Semprun, ancien communiste, n'a pas découvert cette propagande palestinienne éhontée alors que celle-ci a été élaborée en particulier par des spécialistes soviétiques du temps de l'URSS. Une propagande palestinienne qui écume tous les concours, dans tous les genres (avocats, photographes, etc.), dans tous les pays, dans de nombreuses villes, et notamment à Caen.

Cela signifie que le terrain a été soigneusement préparé par des décennies de propagande palestinienne mise en scène par Pallywood, cette industrie audiovisuelle palestinienne ainsi dénommée par l'historien Richard Landes, et relayée par maints médias et livres.

Cela prouve aussi une certaine inefficacité de la diplomatie israélienne et de certaines instances communautaires juives françaises pour faire connaître la réalité sur l'Etat d'Israël et faire comprendre aux autorités publiques que la diffamation de l'Etat juif alimente l'antisémitisme. En 2010, le Service de Protection de la Communauté Juive (SPCJ) a recensé 466 actes antisémites en France.

Ce concours est organisé par le Mémorial de Caen-Normandie, cité de l’histoire pour la paix, l’ordre des avocats à la Cour d’appel de Caen, et la ville de Caen, dont le député-maire est le socialiste Philippe Duron, que nous allons interroger sur leur acte grave.

Car c'est la coquette somme de 8 000 € provenant de l’argent des contribuables français qui a été versée à cet avocat palestinien par des instances renommées. Et ce, alors que la crise économique touche sévèrement la France, notamment le Nord de la France où se trouve Caen.

On ne peur qu’inviter les avocats de la Cour d’appel de Caen à visiter Israël et constater la vie quotidienne des Palestiniens : marchés regorgeant de victuailles, villas somptueuses des notables palestiniens, croissance économique soutenue, cartes dans les classes palestiniennes sans indication de l’Etat d’Israël, etc.

Ce Prix bénéficie déjà d'articles dans des médias qui prennent pour réalité les allégations diffamatoires de Mahmoud Arqan.

Stéphane Grimaldi a annoncé que le 3e concours de plaidoirie hors Caen se déroulera à l'université al-Qods le 17 avril 2011 et sera retransmis en direct dans un des amphis du Mémorial de Caen. Il a indiqué aussi que 50 journalistes-dessinateurs du monde entier seront réunis au Mémorial de Caen les 22 et 23 avril 2011 dans le cadre de Cartooning for Peace, organisation initiée par Plantu. Deux jours de débats, avec notamment Emmanuel Chaunu. Les dessins de celui-ci sur la plaidoirie de Me Mahmoud Arqan, partiaux et inspirés par la théologie chrétienne de la libération de la Palestine, ont été mis sur le site Internet du Mémorial de Caen. La vidéo de ce 3e concours a été mise en ligne.

Le quatrième concours international de plaidoiries pour les droits de l’Homme s'est déroulé le 6 octobre 2012, "à l’université al-Quds (Abu Dis), près de Jérusalem. Organisé par cette université et l’Institut international des droits de l’Homme de Caen, avec le soutien de ce Consulat général, du Consulat général d’Italie et des régions Basse-Normandie et Bretagne, le concours, qui mettait aux prises huit jeunes avocats palestiniens et français, a été remporté par maître Omar Bradiya (Hébron) pour une plaidoirie sur un crime d’honneur survenu à Hébron. Le deuxième prix a été attribué à maître Hadrien Gillier qui avait choisi pour sujet un cas d’avortement forcé en Chine, le troisième prix allant à maître Zaid Toubassi (Ramallah) pour une plaidoirie portant sur l’expulsion d’une famille de Jérusalem Est et l’occupation de sa maison par des colons".

Un Mémorial de Caen partial
Dirigé par Stéphane Grimaldi, le Mémorial de Caen a été inauguré en 1988 par le président François Mitterrand, sur l’esplanade Dwight Eisenhower, et dédié aux libérateurs de la France.

Constitué sous la forme d'une société d'économie mixte - capital de 1 216 350 € - dont la ville de Caen est l'actionnaire majoritaire (51,5%), il se targue d'avoir attiré 372 000 visiteurs en 2009 et d'avoir réalisé un chiffre d'affaires, cette année-là, de sept millions d'euros.

Il a accueilli « en 2002 environ 130 000 scolaires » et « formé gratuitement 1 500 professeurs à sa visite », me précisait en 2003 Isabelle Bournier, responsable de son service éducatif présent au Salon de l’Education (20-24 novembre 2002).

Sur la Guerre Froide, dont le conflit de Suez (1956), ce musée a élaboré des « ateliers de l’historien » - les élèves manipulent des objets et analysent des documents - et des « cahiers d’histoire » certifiés ISO 9002. Qu’écrit celui intitulé « La Seconde Guerre mondiale et le monde contemporain » (1999) sur Arafat ? Né à « Jérusalem » (sic) alors qu’il est né au Caire (Egypte), Arafat « passe de la lutte armée et terroriste à une action plus politique et diplomatique auprès de l’ONU et des pays occidentaux ». L’Intifadah ? « Une opération... lancée par des Palestiniens (enfants surtout) entre octobre 1987 et 1993 ».

Autre cahier, « La fin de la Guerre froide » (2002) cite la « violence directe », mais sans illustration d’attentats islamistes, et « l’esclavage, la traite des Noirs (XVe-XIXe siècle) » (sic).

Sur la Paix, sont prévus des ateliers (théâtre-forum) et évoqués notamment la « tradition hébraïque ». « L’Observatoire de la Planète » présente un film d’interviews d'Elie Barnavi, historien et ancien ambassadeur d'Israël en France, et Leïla Shahid, alors représentante en France de l’Autorité palestinienne. Extrait : « Les Nations unies n’avaient pas le droit de créer l’Etat d’Israël… Les réfugiés palestiniens ont souffert de génocide… L’OLP a utilisé légitimement tous les moyens possibles pour sa résistance armée ». Au « Théâtre de l’Actualité », deux acteurs « jouent une scène de la vie quotidienne, lors de conflits », dont celui au « Moyen-Orient ».

Ajoutons pour compléter cette présentation de ce Mémorial : la Galerie des Prix Nobel de la Paix, le concours Lycéen sur les Droits de l’Homme, les Rencontres pour la Paix et les Hercules de l’Histoire - un des lauréats (2002) a été le comédien Jules Sitruk-.

Le 5e concours de plaidoirie des lycéens sur les droits de l’homme avait déclenché une polémique. En effet, alors que l’Intifada II ensanglantait Israël par les islamikazes visant les civils, la plaidoirie de François Berthod, élève de Première au lycée Diderot (Langres, 52) s’intitulait « La Palestine : pays des enfants cibles ». Extraits :
« Certains jours, les dangers et l’humiliation de cette occupation [israélienne] se font plus précis, plus forts, plus inhumains encore.
Car si tous les jeunes Palestiniens subissent les mêmes contrôles, les mêmes gifles, les mêmes insultes, certains ont, en plus, déjà été touchés par balle et leur maison atteinte par un tir d’obus.
Tous ces enfants grandissent dans des ruines et courent chaque jour le risque d’être abattus, rien qu’en faisant un geste de travers…
Ces enfants [palestiniens] ont été assassinés alors qu’ils participaient seulement à des protestations contre l’occupation israélienne, certains ont été touchés par des balles réelles alors qu’ils jouaient dans leurs jardins ou se trouvaient sur le chemin de l’école, et d’autres sont morts car on leur a refusé un accès rapide à des soins médicaux.
Ils ne sont pas seulement pris dans le feu des armes, le nombre de victimes montre qu’ils sont eux-mêmes visés.
Rien n’est épargné, tenu pour sacré ou protégé…
S’attaquer aux enfants palestiniens est un des nombreux crimes d’Israël ».
Le reste est à l’avenant, présentes les policiers israéliens comme tortionnaires d'enfants palestiniens et occulte les attentats terroristes palestiniens contre les habitants d’Israël, enfants et adultes, l’enseignement de la haine et l’incitation à la violence dans les manuels scolaires palestiniens, etc.

En co-édition avec la FNAC, le Mémorial de Caen avait publié en 2002 14 plaidoiries de ce concours dont le jury était placé en 2001 sous l’autorité de Denys Robiliard, président d’Amnesty International-France. Un concours soutenu notamment par Phosphore, cofondateur du concours, et Reporters sans frontières (RSF).
 
Le 8 avril 2003, Shimon Samuels, directeur du Centre Simon Wiesenthal-Europe, alertait l’American Battle Monuments Commission et le ministre français du Tourisme sur les présentations biaisées et choquantes du Mémorial de Caen. Il listait des exemples de révisionnisme historique et s’indignait que ce Mémorial présentât le terrorisme comme « un moyen légitime de la résistance armée » et les terroristes comme des exemples de « mouvement de non-violence ».


Le quatrième concours international de plaidoiries pour les droits de l’Homme a eu lieu le 6 octobre 2012, à "l’université al-Quds (Abu Dis), près de Jérusalem".


Mémorial de Caen
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BP 55026
14050 Caen Cedex 4
Tél. : 02 31 06 06 47
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Article publié les 30 janvier 2011 et 2 décembre 2012. Il a été modifié la dernière fois le 2 décembre 2012.