samedi 23 novembre 2013

Une réunion sur l’affaire al-Dura calamiteuse pour France 2


L'Observatoire des journalistes et de l'information médiatique (OJIM) a publié, le 22 novembre 2013, un portrait d'Arlette Chabot sans mentionner l'affaire al-Dura !?

Le 18 septembre 2008, Arlette Chabot, directrice de l’information de France 2, puis Philippe Karsenty, directeur de l’agence de notation des médias Media-Ratings (M-R.fr), se sont exprimés lors d’une soirée publique sur l’affaire al-Dura, pour la première fois hors de l’enceinte judiciaire, au siège parisien du Mouvement juif libéral de France (MJLF). Une réunion filmée oscillant, au fil des interventions, entre le grotesque, le passionnant, le choquant, le comique et la raison. Aux interrogations légitimes suscitées par le reportage controversé de Charles Enderlin et du cameraman palestinien Talal Abu Rahma sur la « mort de Mohamed al-Dura » diffusé le 30 septembre 2000 par France 2, aux arguments fondés de Philippe Karsenty, Arlette Chabot n’a opposé aucune réponse argumentée. A tort, elle a nié le non-renouvellement de la carte israélienne de presse de Talal Abu Rahma.


Ce fut théâtral à souhait, avec vraies et fausse sorties d’Arlette Chabot, venue accompagnée de trois journalistes de France 2, dont « certains sont de grands reporters, ayant travaillé en Israël, dans les territoires ». Signe d’une « rédaction solidaire ».

Une pièce, parfois houleuse, d’environ trois heures, en trois actes, devant une salle quasi-comble d’environ 150 spectateurs attentifs et respectueux, dont Francis Lentschner, président du MJLF, le rabbin Daniel Farhi, le général Michel Darmon, président d’honneur de l’association France-Israël/Alliance général Kœnig (1) et Gil Mihaely du site www.causeur.fr.

Le journaliste Antoine Spire annonce, avec gêne, le déroulement de la soirée : Arlette Chabot commentera ses images, puis répondra aux questions posées par la salle et lui-même. Ensuite, elle quittera la salle, car elle « ne souhaite pas écouter Philippe Karsenty » qui présentera sa démonstration et répondra aussi aux questions. Enfin, après « le retour d’Arlette Chabot, nous aurons un débat ». Rires.

Le but d’Antoine Spire : « Savoir quelle est la vérité, donc être le plus rationnel possible ». Un mot – vérité – inscrit en hébreu (« Hemet ») sur un panneau de la salle.

Un prochain « groupe de travail d’experts indépendants »
Quelques heures auparavant, le CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) avait annoncé l’accord de Patrick de Carolis, PDG de France Télévisions, pour « la mise en place d’un groupe de travail d’experts indépendants, chargé de répondre, à partir de tous les documents disponibles, aux diverses questions qui se posent » sur les images de la « mort de Mohammed al-Dura ». Un groupe qui sera présidé par Patrick Gaubert (2), président de la LICRA (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme).

« Ce n’est pas une commission d’enquête, car enquête cela veut dire qu’il y a justice, et la justice nous oppose à M. Karsenty », ergote Arlette Chabot.

Les missions de ces experts ? Examiner les cicatrices de Jamal al-Dura et son dossier médical, faire de nouvelles radios, analyser les images (timecode)…

« Plutôt que de ressasser les éternels arguments et de scruter les images à l’infini, [Arlette Chabot] veut sortir du fantasme, de l’accusation sans preuve et cherche des faits objectifs nouveaux ». Ainsi, « Jamal al-Dura et des autorités religieuses musulmanes ont donné leur accord sur l’analyse ADN des restes de l’enfant exhumé ». Une exhumation et un test que nul, hormis France 2, ne propose, et dont les résultats, conditionnés par une ADN probante, n’arrêteront pas toutes les polémiques. Alors pourquoi cette analyse ? Peut-être pour contourner le but assigné à cette commission par le Dr Richard Prasquier, président du CRIF, le 2 juillet 2008 : « Il s’agit de déterminer si, le 30 septembre 2000, Charles Enderlin pouvait affirmer, avec les images et informations dont il disposait, que Mohamed al-Dura est mort » .

« Nous souhaitons arrêter cette affaire… et que l’enquête aille jusqu’au bout, et nous nous rangerons au verdict de ces éléments objectifs », promet Arlette Chabot. Et d’ajouter : « Si une faute avait été commise, nous reconnaîtrons la faute. Le bureau de Jérusalem sera fermé dans l’heure qui suivra. Tout le personnel sera licencié. Nous dirons à la TV que nous avons commis une erreur et que nous avons été abusés ». Mais France 2 remettra-t-elle en question sa chaîne de contrôle de l’information ?

Puis Arlette Chabot précise : « En revanche, nous demandons que tout le monde fasse preuve de la même honnêteté, et que si des gens de bonne volonté arrivent à donner des éléments objectifs qui apportent des réponses au maximum de questions… Nous acceptons les réponses. Et nous espérons que tout le monde [les] acceptera, et qu’on en aura fini de cette affaire... Ni la France qui a beaucoup de problèmes, euh, avec ses communautés différentes, ni ce qui se passe au Proche-Orient, personne n’a besoin de rallumer des guerres… mêmes médiatiques qui n’ont pas lieu d’être. C’est très dangereux ».

Les auditions de ces experts seront-elles ouvertes à la presse ? Leur compte-rendu et les résultats des analyses seront-ils publiés ? Ces points, et d’autres, demeurent inconnus.

On pouvait espérer que cet accord entre le CRIF et France 2 augurât une atmosphère pacifiée entre les deux orateurs, prélude à un dialogue.

Eh bien, non, il a fallu vite déchanter. Chacun a campé sur sa position, sans réel dialogue.

« France 2 bidonne ou ne bidonne pas ? » (Arlette Chabot)
Rappelons les faits.
 
Le 30 septembre 2000, au JT de 20 h, France 2 diffusait un reportage commenté ainsi par Charles Enderlin, son correspondant à Jérusalem, sur des images du cameraman (ou fixer) palestinien Talal Abu Rahma : « 15 heures. Tout vient de basculer près de l’implantation de Netzarim dans la bande de Gaza... Ici, Jamal et son fils Mohamed sont la cible de tirs venus de la position israélienne... Mohamed a 12 ans. Son père tente de le protéger... Il fait des signes... Mais une nouvelle rafale... Mohamed est mort et son père gravement blessé ».

Ces images ont circulé dans le monde entier, alimentant la haine et la violence contre les Juifs. « Rien n’a été aussi dévastateur du point de vue de l’image d’Israël que la mort de ce petit Mohamed al-Dura. En réponse à ce crime, deux réservistes israéliens ont été quelques jours plus tard lynchés par des Palestiniens », rappelle Antoine Spire. « J’ai rencontré des mères de famille françaises qui m’ont dit : ’’Mon gosse a payé très cher dans son collège, dans son école, l’affaire al-Dura’’. Je partage cette douleur », déclare Arlette Chabot.

L’image du « petit Mohamed » devient l’icône de l’Intifada II.

Ce reportage suscite des doutes, et des enquêtes dès 2000 de Nahum Shahaf, physicien israélien, de Stéphane Juffa, rédacteur en chef de l’agence de presse Mena (Metula News Agency). Au sein de la Ména, Gérard Huber, psychanalyste, et Luc Rosenzweig, journaliste, poursuivent leurs investigations. Nahum Shahaf et la Ména contestent l'authenticité des faits allégués dans ce reportage, et concluent, au terme de leurs démonstrations, à la mise en scène.

Dans son documentaire Trois balles et un enfant mort. Qui a tué Mohamed al-Dura ? diffusé en 2002 par ARD, Esther Schapira, documentariste allemande, soutient que l'enfant serait mort vraisemblablement par des balles palestiniennes. 

C'est Richard Landes, historien américain, qui parvient à interviewer Charles Enderlin, et forge le néologisme Pallywood pour désigner l'industrie audiovisuelle palestinienne de propagande

La polémique sur ce reportage controversé est alimentée par le long refus de France 2 de rendre publics les rushes du reportage, et les versions successives de Talal Abu Rahma qui, le 3 octobre 2000, affirme sous serment, au Centre palestinien des droits de l’homme : « L’enfant a été tué intentionnellement et de sang-froid par l’armée israélienne », puis se rétracte le 30 septembre 2002, soit deux ans plus tard, dans un fax adressé à France 2 Jérusalem : « Je n’ai jamais dit à l’Organisation palestinienne des droits de l’homme à Gaza que les soldats israéliens avaient tué intentionnellement et en connaissance de cause Mohamed al-Dura et blessé son père ».

Dans deux textes électroniques de novembre 2004, Philippe Karsenty, directeur de l’agence de notation des médias Media-Ratings, qualifie en particulier d’« imposture médiatique », de « faux reportage », « pure fiction » et « supercherie » ce reportage controversé et exhorte aux licenciements de Charles Enderlin et d’Arlette Chabot, alors directrice de l’information de France 2.

Ceux-ci portent plainte contre lui pour diffamation.
 
Talal Abu Rahma a filmé en octobre 2004 des cicatrices de Jamal al-Dura, à son domicile gazaoui. France 2 a diffusé ce film lors d’une conférence de presse peu après.
 
Plusieurs procédures judiciaires ont été lancées en France et en Israël dans l’affaire al-Dura.

Condamné le 19 octobre 2006 par le Tribunal de Grande instance de Paris, Philippe Karsenty interjette appel.

Après avoir demandé par un arrêt du 3 octobre 2007 les rushes du reportage à France 2 et les avoir visionnés, la Cour d’appel de Paris relaxe Philippe Karsenty, le 21 mai 2008, dans un arrêt tançant sévèrement les intimés.
 
Le Nouvel Obs a publié un appel Pour Charles Enderlin en date du 27 mai 2008 qu’Antoine Spire trouve « particulièrement étrange » (3).

« Une sale affaire »
Troisième directrice de l’information de France 2 à « gérer » cette affaire, Arlette Chabot n’était pas « en fonction à l’époque. Ce qui [lui] donne une totale liberté pour avoir mené et continuer à rechercher le maximum d’informations sur cette… sale affaire ».

« La 1ère polémique, que je n’ai pas gérée, était sur l’origine des balles, ironise-telle. Et quand je suis arrivée il y a quatre ans, on m’a dit : « Ah, c’est formidable ! On va enfin avoir un directeur de l’information qui va dire la vérité : ’’Cette scène est totalement bidon, elle est jouée, et l’enfant n’est pas mort’’ - j’ai même entendu dire qu’il vendait des fruits à Gaza –, ’’et le père n’a jamais été blessé. Tout ceci est une scène qui a été montée’’… J’ai essayé de reprendre les faits. J’ai essayé de mettre un peu de raison et de chercher des faits objectifs dans une affaire qui devenait extrêmement passionnelle, voire irrationnelle, avec des débats interminables ».

Cette affaire, qui l’espère-t-elle ne « sera pas l’affaire de sa vie », elle a été « mal gérée » par ses prédécesseurs. Au fait, comment Arlette Chabot l’a-t-elle gérée ?

En sélectionnant les happy few – les journalistes Luc Rosenzweig, Denis Jeambar et Daniel Leconte – autorisés à découvrir le 22 octobre 2004 les rushes de France 2.

En refusant la communication de ces rushes à l’armée israélienne (4) - même si Arlette Chabot fait « confiance à la démocratie israélienne pour organiser des enquêtes » -, ainsi qu’au président du CRIF (5).

En filtrant les invités de sa conférence de presse du 18 novembre 2004. Une décision critiquée par le Syndicat national des personnels de la communication et de l'audiovisuel (SNPCA) (6).

En disqualifiant les partisans de la mise en scène, amalgamés aux révisionnistes ou aux adeptes des théories du complot. Et, pour l’avoir rangé quelque peu au côté de ces derniers, la chaîne Canal + et l’hebdomadaire L’Express sont poursuivis en 2008 pour diffamation par Philippe Karsenty.

Enfin, en adoptant, pour clore tout débat , une stratégie judiciaire qui s’est révélée désastreuse pour France 2 : celle-ci avait poursuivi pour diffamation ceux qui ont diffusé, sur des sites Internet, des articles gênants sur cette affaire, et non leurs auteurs. La seule exception, involontaire, a visé Philippe Karsenty et s’est retournée en boomerang contre France 2.

Ainsi, les trois procédures judiciaires lancées par France 2 et Charles Enderlin se sont soldées d’une part par la relaxe d’un prévenu, Pierre Lurçat, au terme d’une audience ubuesque (7) et, d’autre part, par deux condamnations en 1ère instance des prévenus : l’une, celle de Philippe Karsenty, a été annulée en appel ; l’autre, celle de Charles Gouz, webmaster de Desinfos.com, a donné lieu à un jugement aux attendus sévères à l’égard de France 2 (8).

Et les rushes de France 2 ?
Habilement, Arlette Chabot ne présente pas les 18 minutes de rushes de France 2 en date du 30 septembre 2000, et présentés à la Cour d’appel de Paris le 14 novembre 2007. Et pour cause, c’eut été délicat de montrer 17 minutes de saynètes de guerre et deux interviews de responsables palestiniens, s’achevant par la minute sur les al-Dura et une rue palestinienne sans trace de sang, ni projection de chair, ni les 2 000 impacts de balles israéliennes que n’eussent pas manqués de produire « 45 minutes » de fusillades .

En 2000, Talal Abu Rahma affirmait que ces rushes duraient 27 minutes. Quid des neuf minutes manquantes dans ces rushes ? « Nous avons donné à la justice l’intégralité des rushes », assène Arlette Chabot .

Et voici donc les reportages diffusés par France 2 et TF1 le 30 septembre 2000, par France 2 les 1er et 2 octobre 2000, puis des « rushes décryptés par France 2 » avec des images d’autres cameramen présents audit carrefour le 30 septembre 2000.

C’est avec concision, aplomb et calme qu’Arlette Chabot répond aux interrogations d’Antoine Spire et de spectateurs. Seule sa gestuelle – jambes parfois tordues, main cachant une partie du visage - trahit nervosité ou embarras.
Un abîme de questionnements
Arlette Chabot dévide une litanie à donner le vertige.

Elle avance la transparence - « Nous répondons à toutes les questions. Nous n’avons rien à cacher » -, alors que le cameraman palestinien Talal Abu Rahma admettait vers 2001-2002 : « France 2 a ses secrets ».

Pourquoi France 2 a-t-elle donné ces images aux télévisions du monde entier ? C’est normal. Il y a un système d’échanges gratuits internationaux entre toutes les TV. S’il y a un embargo, c’est plutôt vis-à-vis de la concurrence… Quand Charles Enderlin a monté ces images, personne n’a imaginé une seconde l’impact qu’elles auraient », explique Arlette Chabot.

Nidra Poller ironise : arrivé à 7 h, Talal Abu Rahma n’aurait produit en une journée de travail que 18 minutes d’images, en manquant la mort de l’enfant. « Quelle était la durée de sa cassette ? », demande-t-elle. Arlette Chabot élude, insistant sur l’insuffisance des batteries du cameraman. Mais alors pourquoi Talal Abu-Rahma a-t-il gaspillé ses faibles batteries à filmer tant de saynètes de guerre ?

Antoine Spire exprime son incompréhension : tous les Palestiniens fuient, sauf « ce père palestinien et son fils ». « Le père est très con de rester derrière ce qu’il pense être un abri », note Arlette Chabot.

Les balles « ayant tué Mohamed et blessé Jamal al-Dura » ? Selon Talal Abu Rahma, France 2 les détient. Ce que nie farouchement Arlette Chabot : « Les balles ont été récupérées par les Palestiniens. Si on les avait, je vous promets, on les donnerait ».

« Le débat sur les tirs » ? Arlette Chabot se « fie à la conclusion de la commission d’enquête israélienne, de l’Armée... On ne saura sans doute jamais... Si les Israéliens avaient la preuve que le gamin n’a pas été tué par des Palesti… par des militaires israéliens, je pense que depuis longtemps, pour éviter que ce gamin ne devienne un martyr dans le monde musulman, ils l’auraient fournie évidemment... On nous dit que cette scène est jouée, c’est-à-dire qu’on a mis en scène… Comment on dit ? C’est Hollywood, Pallywood... C’est-à-dire qu’avec la complicité de l’équipe de France 2, on a mis un « acteur » et un enfant qui joue à être blessé… Si c’est une mise une scène, il n’y a plus de problème d’origine des tirs : c’est forcément des balles palestiniennes. Il n’y a que les Palestiniens qui peuvent monter cette opération contre Israël ».

Talal Abu Rahma a déclaré au journal marocain Le Matin, en 2001, qu’il était « venu au journalisme afin de poursuivre la lutte en faveur de son peuple » (9) ? « On peut toujours dire des conneries ! », réplique Arlette Chabot. Huées. Elle persifle avec ironie : « Charles Enderlin peut être journaliste pour défendre la cause israélienne ! Je n’en sais rien » Esclaffement général de la salle. « Cela n’a pas de sens ! Je ne dis pas [que Talal Abu Rahma] n’a pas donné d’interviews dans tous les sens. Cela m’est égal que Talal ait dit des conneries. Il a filmé une scène : nulle ou pas ? »

Ce 30 septembre 2000, Charles Enderlin se trouve en Cisjordanie, et non au carrefour de Netzarim. Il a fait « confiance à Talal avec lequel [il] travaille depuis 12 ans » et a déclaré en 2005 que « l’image [des al-Dura] correspondait à la situation à Gaza et en Cisjordanie » (10). Ancienne co-présentatrice de Jeudi Investigation sur Canal +, et notamment de l’émission sur l’affaire al-Dura qui « établit que l’enfant a été tué par balles », Emilie Raffoul allègue : « L’image [de l’enfant] déclenche une espèce d’hystérie émotive… Si je peux me permettre de le dévoiler, la moitié des journaux télévisés sont faits avec des images qui arrivent de l’extérieur par des journalistes, à l’intérieur des rédactions, qui vont dans des cabines de montage et de mixage, et qui sont, à 50% dans le JT, pas sur place ».

Dans son commentaire, « Charles Enderlin a dit le point de vue de l’armée israélienne le 1er et le 2e jour », estime un des trois journalistes de France 2, Gérard Grizbec. Une allégation qui contredit le récit de Luc Rosenzweig - Charles Enderlin « n'obtient pas de confirmation de cet incident du côté israélien, où le porte-parole de Tsahal de service ce jour-là, Yarden Vatikaï, lui répond qu'il va faire une enquête dont il le tiendra informé. Enderlin accuse donc Tsahal de ce crime, car c'en est un aux yeux des lois de la guerre, sans même citer la non-réponse à ses questions des responsables de l'armée israélienne » . Et qui n’explique pas le commentaire prudent du JT de TF1, ce 30 septembre 2000.

Si Charles Enderlin « avait été convaincu par les autorités israéliennes de s’être prêté à cette manipulation, il y a longtemps qu’il aurait été expulsé : il y a des journalistes qui ont été expulsés… Un journaliste de France 2, qui je le signale est juif. On l’a accusé d’antisémitisme [brouhaha]... On a dit que Charles Enderlin était antisémite [« Ben oui !» dans la salle]. Il a eu le Prix Goebbels [Ah !] ! J’ai eu du mal à comprendre », déclare Arlette Chabot.

Et de poursuivre : « S’il y avait un élément qui permette de… soulager les âmes, de dire : on a la preuve que c’est un montage, que ce sont des balles palestiniennes… Vous pensez que cela n’aurait pas été dit depuis huit ans ? » « Cela a été dit par l’armée israélienne », rétorque Antoine Spire.

« Personne n’a prouvé [que l’enfant] était encore vivant », constate Arlette Chabot. Oui, mais personne, et notamment pas France 2, n’a prouvé qu’il était mort…

Arlette Chabot compare l’affaire al-Dura aux rumeurs sur les attentats du 11 septembre 2001. « On se repasse les images en boucle… Personne n’a pu démontrer que le 11 septembre, ça n’est pas vrai, que c’est une organisation de George Bush, que ce sont les Juifs [Le Mossad, disent des spectateurs], que le Mossad a fait tomber les tours… Au bout d’un moment il y a un doute permanent ».

« Nous poursuivons toujours ceux qui disent, et n’apportent pas la moindre preuve, que cette affaire est un montage et est totalement bidon », avertit Arlette Chabot. En l’accusant de « manipulation intentionnelle de l’opinion », Serge Farnel, ancien webmaster de l’ex-site Lavéritémaintenant (11), la défie. Arlette Chabot ironise, un peu éberluée.
« Ces images ont été utilisées, ont eu des conséquences émotionnelles et politiques considérables. Dans le monde entier, ces images représentent la responsabilité israélienne, surtout vis-à-vis du monde arabe… », résume Antoine Spire.

Arlette Chabot interroge à la cantonade : « Et si c’était vrai, est-ce que c’est acceptable ? »

« Que l’armée israélienne ait tué un enfant ? Non, c’est insupportable, pour nous tous ! », répond Antoine Spire.

« Mais est-ce que cette version, si elle pouvait être… confirmée, c’est çà mon problème, en admettant, il y a eu combien d’enfants depuis que cette affaire al-Dura existe ? C’est la 1ère fois qu’un enfant qui ne jette pas de pierre, qui est tué, et qu’a priori on se dit que peut-être ce sont les Israéliens, que peut-être ce ne sont pas les Israéliens ? Et si ce sont les Israéliens, est-ce que c’est supportable ? Est-ce qu’on peut l’accepter ? » Brouhaha. Un spectateur : « La question n’est pas là ».

« C’est la guerre ! Il y a des gamins israéliens qui se font tuer dans des attentats par des bombes de Palestiniens ». Brouhaha.

« Je pose juste la question ». Brouhaha. Une voix : « Vous avez dit que… l’enfant palestinien a été… volontairement assassiné. Ce n’est pas la même chose ».

En fait, la question d’Arlette Chabot touche à la déontologie de Tsahal , et à un point particulièrement sensible : l’accusation millénaire non fondée portée contre les Juifs de commettre des crimes rituels (blood libel) . L’image des al-Dura a réactivé « le stéréotype du Juif tueur d’enfants » (Pierre-André Taguieff) , et ce, dans le cadre d’un jihad mondial.

Antoine Spire souligne la responsabilité du correspondant de France 2 à Jérusalem : « Quand on voit les conséquences de cette image et qu’on la rapporte au commentaire de Charles Enderlin disant sans avoir de preuve : ’’Ce sont les Israéliens qui ont tué cet enfant’’. On se rend compte que là il y a une question qui est posée : comment est-ce possible ? »

« S’il y avait une preuve que ce n’est pas le cas, personne ne l’aurait dit depuis huit ans bientôt ? Il y a une preuve en Israël ? On rouvre une enquête ? Je ne demande pas mieux. Je suis ouverte à toutes les enquêtes », dit Arlette Chabot avant de reconnaître : « Quand on sait, compte tenu de la charge émotionnelle [de ces images], on ne l’aurait pas diffusée ».

Et de se définir comme « probablement la plus pro-israélienne de la salle », suscitant des « Ah ? Oh ! » du public.

Et d’ajouter : « Compte tenu de la charge émotionnelle qui montre une vérité… extrêmement difficile à supporter. Autant que cela doit être difficile à supporter, en tout cas j’aimerais l’espérer, pour des Palestiniens de voir des enfants israéliens couverts de sang morts dans un attentat kamikaze ». Brouhaha.

Talal Abu Rahma sans carte de presse israélienne depuis 2001
« Je signale que Talal n’est absolument pas fiché dans les services israéliens. Il n’y a aucun dossier contre lui. Talal n’est pas du tout tricard puisqu’il peut quitter Gaza via Tel-Aviv, et comme il a des petits problèmes de santé, et vient se faire soigner en Europe depuis des années. Si c’était un imposteur ou un salopard, j’espère que les autorités israéliennes depuis longtemps ne lui donneraient pas de visa de sortie pour se faire soigner en Europe. Il n’est pas au service des Palestiniens. Il collabore à France 2 depuis des années », allègue Arlette Chabot.

« Daniel Seaman, directeur du Bureau gouvernemental israélien de presse (GPO) (12), a déclaré que Talal Abu Rahma n’avait pas vu sa carte de presse renouvelée depuis 2001 car il avait mis en scène des reportages. France 2 est-elle au courant ? Pourquoi France 2 garde-t-elle ce cameraman », s’enquiert l’auteur de ces lignes.

« C’est faux ! L’autorisation existe toujours. [Talal Abu Rahma] continue à travailler, il continue à circuler, il continue à venir, à sortir d’Israël », tranche sèchement Arlette Chabot, qui répète une 2e fois : « C’est faux. On ne va pas faire un débat là-dessus. C’est faux ». En fin de soirée, Arlette Chabot allègue : Talal Abu Rahma « continue à travailler à Gaza avec une carte de presse ».

Or, en mars 2008, Nidra Poller, pour The Wall Street Journal Europe (WSJE), et Guysen informaient, via Internet, Arlette Chabot des déclarations de Daniel Seaman. Le courrier électronique de Nidra Poller était transmis à Charles Enderlin.

Le 4 mars 2008, celui-ci demandait à Glenys Sugarman, une responsable de l’Association de la presse étrangère (FPA) à Tel-Aviv , par courriel envoyé en copie à Arlette Chabot et à Nidra Poller, de confirmer que « toutes les cartes de presse accordées par le GPO aux employés palestiniens des médias étrangers n’avaient pas été renouvelées par Daniel Seaman après le début de l’Intifada ». Curieusement, quelques jours auparavant, Charles Enderlin affirmait à la Cour d’appel de Paris que Talal Abu Rahma disposait de cette carte de presse…

« Je n’ai pas reçu de réponse de Glenys Sugarman. En 24 heures, Charles Enderlin et moi avons échangé environ cinq courriels sur ce thème. Arlette Chabot était en copie de nos messages », confie Nidra Poller à Guysen, le 24 septembre.

Le 19 septembre, Daniel Seaman rappelait à GIN-Paris : « Talal Abu Rahma n'a pas la carte de presse du GPO qui est la seule carte de presse officielle reconnue en Israël. Il n'en recevra aucune, sous aucune circonstance. Il n'a pas un permis de travail et n'est autorisé à se rendre en Israël que pour des raisons humanitaires, pour un traitement médical selon les dires de France 2. S’il travaillait, ce serait illégal. Les propos d'Arlette Chabot risquent de porter atteinte à ses relations avec les autorités israéliennes… Ce serait honteux de sa part de m’accuser de mentir » (Nda : Daniel Seaman a mis en caractères gras ces termes).

Ce même jour, et à la demande de Daniel Seaman, Arlette Chabot a été informée de la teneur de ce message, et invitée à confirmer ou infirmer ses allégations.

Le 21 septembre, Charles Enderlin écrivait sur son blog : « La réalité est : Talal Abou Rahmeh s'est vu retirer sa carte en même temps que tous les employés palestinien de la presse étrangère » .

GIN publiera la réponse d’Arlette Chabot dès réception.

Incohérences et invraisemblances des images et dires des protagonistes
Après le départ volontaire des quatre représentants de France 2, Philippe Karsenty liste les invraisemblances et incohérences des témoignages des protagonistes et des rushes montrés à la Cour d’appel de Paris . Il dénonce un « bidonnage par les images, le discours et le bruitage de la bande son ».

A plusieurs reprises, le public s’esclaffe, voire s’exclame : « C’est incroyable ! »

Les sources de Philippe Karsenty : « Associated Press, Reuters, la chaîne publique allemande ARD qui collabore généralement avec France Televisions et des documents internes à France 2 ».

Combien de cameramen au carrefour de Netzarim ? Talal Abu Rahma en est sûr et certain vers 2001 : « Il n’y avait personne d’autre que le père et le fils ». « Avec Talal, il y avait au moins 4 caméras », estime France 2 en 2008, dont trois cameramen derrière l’adulte et l’enfant.

Une ambulance arrive si vite – 2 secondes et demie – secourir un Palestinien qu’elle a du démarrer avant le moment exact où il a été blessé à la jambe.

La position israélienne ? Dans un courrier du 10 septembre 2007 adressé à Charles Enderlin et Patrick de Carolis, le colonel Shlomi Am-Shalom, adjoint du porte-parole de Tsahal, a écrit : « Une enquête diligentée peu après par le chef du commandement sud, le général Yom-Tov Samia, a établi qu’un certain nombre de faits ne cadraient pas avec ce qui avait été décrit dans le reportage de France 2… L’analyse de toutes les données sur le terrain, l’emplacement de la position de Tsahal, les angles de tir, l’emplacement du père et de son fils derrière un tonneau leur servant d’abri, la fréquence des tirs, les angles de pénétration des balles dans le mur placé derrière le père et le fils ainsi que le timing de l’évènement, rendaient hautement improbable que les tirs ayant soi-disant atteint le père et son fils aient pu être tirés par les soldats de Tsahal se trouvant dans cette position… Etant donné que nous sommes bien conscients de tentatives de mises en scène médiatisées, et comme un doute s’est insinué à cet égard envers le dit reportage, nous demandons les prises de vue en question afin de découvrir la vérité et de mettre un terme à cette affaire » . Une demande à laquelle France 2 et Charles Enderlin n’ont pas accédé. Philippe Karsenty déplore l’inintérêt de certains responsables de Tsahal et, plus généralement, celui de dirigeants israéliens pour une affaire qui « n’est pas dans leur agenda politique ». Et, surtout, anecdote à l’appui, il est navré que les Israéliens ne se défendent pas mieux sur le terrain de la bataille des images.

Talal Abu Rahma a allégué « 40 impacts de balles sur le mur ». Jean-Claude Schlinger, expert balistique près la Cour d’appel de Paris, en a compté huit .

L’origine des tirs ? Talal Abu Rahma a affirmé sous serment, le 3 octobre 2000, au Centre palestinien des droits de l’homme : « L’enfant a été tué intentionnellement et de sang-froid par l’armée israélienne » ; mais il s’est rétracté le 30 septembre 2002 dans un fax adressé à France 2 Jérusalem : « Je n’ai jamais dit à l’Organisation palestinienne des droits de l’homme à Gaza que les soldats israéliens avaient tué intentionnellement et en connaissance de cause Mohamed al-Dura et blessé son père ». Pour Charles Enderlin et Jamal al-Dura, Tsahal est responsable ; quant à Arlette Chabot, elle est convaincue qu’on ne saura jamais la provenance des tirs.

Quant aux autres témoins présents au carrefour de Netzarim, leurs témoignages fantaisistes ne sont corroborés ni par les images ni par la carte des lieux. Citons, for fun (Nda : pour s’amuser), Iyad Azzeim, cameraman pour Abu Dhabi TV : « Il y avait des hélicoptères, des snipers israéliens qui tiraient des missiles antitanks sur le poste de sécurité palestinien ». Faut-il que les Israéliens soient incompétents pour user de missiles antitanks de manière inappropriée ! Selon l’ambulancier Youssef Khadra, « il y a eu des tirs directs sur le merlon où [les al-Dura] se cachaient. Le merlon de béton derrière lequel ils se trouvaient était plein de trous… Il y avait un avion qui tirait d’en haut. Le camp militaire israélien se trouvait exactement en face d’eux ».

Les blessures de Jamal al-Dura ? Sur son lit d’hôpital, il porte un plâtre saignant au bras indemne la veille de toute blessure.

Ses cicatrices longues et fines ? Il s’agit de cicatrices d’opérations, et non de blessures par balles selon le Dr Yehuda David (13), spécialisé dans la microchirurgie réparatrice. Ce chirurgien a opéré à l’hôpital Tal HaShomer de Tel Aviv, en 1994, Jamal al-Dura, blessé en 1992 à l’arme blanche par des Palestiniens qui le soupçonnaient de collaboration.

Quelle partie du corps de l’enfant a été atteinte par balles ? Au fil des années, c’est la jambe gauche, puis le genou droit. Et en février 2008, France 2 annonce une blessure à la tête. Rien de tel n’apparaît sur les images controversées.

« J’ai coupé l’agonie de l’enfant. C’était trop insupportable », déclarait en octobre 2000 Charles Enderlin. Or, cette scène ne figure pas dans les rushes de France 2.

Déclaré mort par Charles Enderlin, l’enfant soulève, de manière étonnante, son coude, regarde la caméra, et maintient ses pieds au-dessus du sol.

Aucun des moments critiques – instants où les al-Dura sont atteints par balles, décès de l’enfant – n’a été filmé. Talal Abu Rahma aurait manqué de batterie pour sa caméra. Mektoub (Nda : en arabe, c’était fatal) !

« Si ce n’était pas si grave, j’en rirais », soupire un spectateur.
Le « courage » d’Arlette Chabot
Arlette Chabot se trouve dans une situation délicate : si elle décline l’invitation à débattre sur cette affaire, elle risque de donner l’impression de vouloir cacher des faits ou de craindre le débat ; si elle l’accepte, elle entre dans un débat qu’elle alimente par ses déclarations.

Nombreux, ce soir-là, louent son « courage » d’avoir accepté l’invitation.

Il convient cependant de ne pas galvauder les mots, ou en tout cas les relativiser.

Le courage, c’est le journaliste juif américain Daniel Pearl qui en a fait preuve en enquêtant sur le terrorisme islamiste au Pakistan. Au risque de sa vie. Dans la vidéo de son assassinat barbare, la tête tranchée, a été incrustée l’icône médiatique du jihad, à savoir l’image du petit Mohamed blotti contre Jamal al-Dura.

De plus, avec Francis Lentschner, Antoine Spire veille à maintenir la courtoisie, à l’égard de cette directrice de l’information, d’un public poli, dépourvu de grenade et bazooka.

Enfin, il obtient en dernière partie de soirée le silence de l’impétueux Philippe Karsenty.

Une soirée instructive
« Bidonnage ou pas…, ne serait-il pas normal de faire une émission sur France Télévisions, à 20 h 30, pour dire il y a un doute… sur la provenance des balles ? », interroge Me Stéphane Haddad (14). Mais pour Arlette Chabot, la question du « bidonnage est fondamentale ».

Pourquoi la directrice de l’information de France 2 a-t-elle amené trois journalistes, étrangers à l’affaire, dont deux sont demeurés silencieux, et non Talal Abu Rahma ou Charles Enderlin, présent trois jours plus tôt, le 15 septembre, sur la scène du théâtre du Chatelet (Paris), lors de la soirée pour « défendre le service public » ?

Et pourquoi ? Et pourquoi ?... Les questions n’en finissent pas.

Face à un public qui ne lui est majoritairement ni acquis ni hostile, drapée dans la vertu outragée, posant en défenseur de l’honneur de France 2, Arlette Chabot élude. Déplace le débat. Exhorte à des « faits objectifs », mais écarte ceux gênants pour France 2, les banalise ou leur oppose l’indifférence. N’explique pas rationnellement les invraisemblances et contradictions entre les dires de Charles Enderlin, Jamal al-Dura et Talal Abu Rahma, et les images controversées. Fait preuve d’une étrange attitude : refusant la conclusion (bidonnage), elle balaie d’un revers de main toutes les prémisses, tout le faisceau d’indices concordants aboutissant logiquement à une mise en scène de Pallywood, cette industrie audiovisuelle de la propagande palestinienne qui transforme la rue palestinienne en studio à ciel ouvert traversée à pied, en bicyclette, en voiture ou en ambulance par autant de premiers rôles et figurants potentiels ou spectateurs complaisants. Et elle révèle ainsi les limites d’un discours immuable depuis des années et producteur d’interrogations abyssales.

Donc, entre une rhétorique sur le registre de la déclamation et un raisonnement étayé de faits et d’analyses, y’a pas photo !

C’est cependant sous des applaudissements nourris qu’Arlette Chabot sort de la salle.

Acta est fabula (15).


(1) Le 13 octobre 2000, le gal Michel Darmon, alors président de l’association France-Israël, a émis un communiqué où il écrivait, croquis des positions au carrefour de Netzarim à l’appui : « Les Palestiniens tiraient de six endroits différents. L’enfant palestinien et son père se trouvaient entre deux positions de tireurs palestiniens. Ces deux positions étaient vues par les soldats israéliens en oblique, dans un champ de visée étroit, presque en enfilade... Il faut une grande volonté de nuire à Israël pour faire passer ses soldats pour des assassins d’enfants ».

(2) Comme l’historien et ancien ambassadeur d’Israël en France Elie Barnavi, Patrick Gaubert, qui est aussi vice-président de la sous-commission des Droits de l'Homme du Parlement européen, avait souhaité la « mise en place d’une commission neutre d’enquête pour faire toute la lumière sur cette affaire ». Le droit de vivre, n° 622, juillet 2008, http://www.licra.org/
Elie Barnavi, L’honneur du journalisme, Marianne, 7 au 13 juin 2008, http://www.upjf.org/actualiees-upjf/article-14334-145-7-lhonneur-journalisme-elie-barnavi-propos-laffaire-al-dura.html

(3) Antoine Spire explique : « Combien d’exemples dans l’histoire récente de la presse prouvent que des journalistes peuvent se tromper et nous tromper. Comment oublier par exemple les fausses informations sur les charniers de Timişoara ? » En décembre 1989, lors de l’ébranlement du régime communiste du dirigeant roumain Nicolae Ceauşescu, de nombreux médias ont annoncé la découverte, à Timişoara, ville située à l’Ouest de la Roumanie, de charniers contenant des milliers, voire des dizaines de milliers, de cadavres de victimes de ce régime. Il s’est avéré que ces cadavres, au nombre d’environ une centaine, provenaient de la morgue d’un hôpital.

(4) Le 10 septembre 2007, le colonel Shlomi Am-Shalom, adjoint du porte-parole de Tsahal, demandait, en vain, une « copie complète non montée afin de découvrir la vérité ». Il rappelait : « Le général Samia m’a précisé que toutes ses tentatives d’obtenir les prises de vue pour compléter l’enquête ont été vouées à l’échec ».

(5) Le 16 août 2007, Richard Prasquier demandait à France 2 à voir ces rushes. Son prédécesseur, Roger Cukierman, avait formulé la même demande : Roger Cukierman, Ni fiers ni dominateurs. Ed. du Moment, 2008. 275 pages. ISBN : 978-2354170332, p. 235

(6) A Paris, le Syndicat national des personnels de la communication et de l'audiovisuel (SNPCA) s'étonne que Arlette Chabot, directrice générale adjoint chargée de l'information de la TV France 2, ait '' refoulé à l'entrée l'(es) indésirable(s), évitant [ainsi] la moindre question sur le dossier '' al-Dura. '' Il est temps d'établir la vérité. Puisque France 2 dit avoir en sa possession tous les éléments permettant de '' lever la rumeur '', que ne se livre-t-elle avec tous ceux qui ont légitimement fait connaître leurs doutes à un véritable travail de démonstration, quitte à ce qu'un comité ad hoc se prononce sur le contenu des images et des rushes à l'origine de cette polémique ? '' (GIN, 24 novembre 2004)

(7) Le 24 octobre 2006, la XVIIe chambre du Tribunal de grande instance (TGI) de Paris a examiné les plaintes de France 2 et de Charles Enderlin qui poursuivaient pour diffamation Pierre Lurçat, ancien président de l’association Liberté, démocratie et judaïsme, dans le cadre de l’affaire al-Dura. Vivant en Israël, Pierre Lurçat était absent lors de cette audience. Estimant l’infraction constituée, le procureur de la république a requis la condamnation du prévenu. Me Bénédicte Amblard, avocate des parties civiles, a demandé la condamnation de M. Lurçat à verser un euro de dommages et intérêts à ses clients. Me David Dassa-Ledeist, avocat du prévenu, a sollicité la relaxe de son client en soulignant la faille principale des poursuites : l’absence de preuve identifiant M. Lurçat comme responsable du site Internet www.liguededefensejuive.com qui a publié un texte appelant à manifester le 2 octobre 2002 pour remettre le Prix de la désinformation à France 2 et à M. Enderlin, ou comme auteur du communiqué incriminé publié sur ce site.
Le 28 novembre, la XVIIe chambre du TGI de Paris a débouté les plaignants de leurs demandes. Elle n'a pas examiné au fond les propos incriminés. Elle a aussi débouté le prévenu de sa demande de dommages intérêts pour avoir été attrait en justice sans raison. Elle a reproché notamment aux parties civiles de n'avoir pas prouvé que Pierre Lurçat fût le directeur de la publication du site www.liguededefensejuive.com. Me David Dassa-Le Deist s'est réjoui de ce jugement qui ''rappelle les principes fondamentaux du droit pénal garantissant que nous sommes dans une société de liberté''. Me Bénédicte Amblard s'est indignée de ce jugement. Source : Guysen. Pierre Lurçat est l'auteur sous le nom de plume de Paul Landau de Pour Allah jusqu'à la mort.
 

(8) Le 30 novembre 2006, Charles Gouz, webmaster de Desinfos.com, a comparu devant la XVIIe chambre du TGI de Paris. Il lui était reproché quatre extraits d’une dépêche de la Mena, mise en ligne le 20 octobre 2002 et opposée à la manifestation préludant à la remise du Prix de la désinformation aux parties civiles. Sandrine Alimi-Uzan, substitut du procureur de la République, et Me Aude Weill-Raynal, avocate de M. Gouz, ont demandé la relaxe du prévenu. Elles ont stigmatisé le refus des parties civiles de produire les rushes du 30 septembre 2000. Me Weill-Raynal a stigmatisé l'absence, à trois reprises, de M. Enderlin devant la justice française. Me Bénédicte Amblard, avocate de France 2 et du journaliste, a réclamé un euro au titre des dommages intérêts.
Le 18 janvier 2007, la XVIIe chambre du TGI de Paris a condamné Charles Gouz pour diffamation à l’égard de France 2 et Charles Enderlin, en raison de cette phrase de la dépêche de la Mena : ’’Affirme que de graves présomptions de désinformation existent autour de cette affaire [al-Dura] et du rôle joué par le personnel de France 2’’.
Ce tribunal n’a pas estimé diffamatoires ces extraits de ladite dépêche : ’’Ces éléments [Ndlr : les graves présomptions de désinformation autour de cette affaire et du rôle joué par le personnel de France 2] sont de nature à ternir indûment l’image de l’un des belligérants [Ndlr : Israël] et à favoriser les sentiments populaires de haine ethnique et raciste envers les Israéliens et les israélites’’, ’’Si Charles Enderlin a commis des erreurs professionnelles graves dans l’affaire al-Dura’’, ’’Considère les refus successifs de France 2 face à ses propositions comme autant d’obstructions brutales et inacceptables dans la recherche et dans la démonstration de la vérité’’. Le juge pénal a condamné M. Gouz à 1 000 euros d’amende avec sursis et à verser à chaque partie civile un euro au titre des dommages et intérêts. Il a rejeté les demandes des parties civiles au titre de l’article 475-1 du Code de procédure pénale (CPP) relatif aux frais judiciaires exposés par les plaignants.
Une victoire : Desinfos.com a été relaxé en grande partie dans la plainte en diffamation, intentée en 2002 par France 2 et Charles Enderlin dans l’affaire Al-Dura, 4 février 2007, http://www.desinfos.com/impression.php?id_article=6435
Ce 18 septembre, Charles Gouz interpelle vivement Arlette Chabot en lui citant la recommandation du CSA (Conseil supérieur de l’audiovisuel) du 7 décembre 2004 relative aux conflits internationaux et à leurs éventuelles répercussions en France : http://www.csa.fr/infos/textes/textes_detail.php?id=20836

(9) Richard Landes souligne la spécificité des « journalistes islamiques » respectant la Charte des médias islamiques de grande diffusion (Jakarta, 1980), listant des régles distinctes des principes déontologiques journalistiques des Occidentaux : Al-Dura and the “Public Secret” of Middle East Journalism, 11 novembre 2007, http://pajamasmedia.com/blog/mideast_journalisms_public_sec/. En français Al-Dura et le "secret d’intérêt public" du journalisme au Moyen-Orient, traduction de Menahem Macina, http://www.upjf.org/actualiees-upjf/article-13326-145-7-al-dura-secret-dinteret-public-journalisme-au-moyen-orient-r-landes.html
Luc Rosenzweig, Charles Enderlin, menteur en toutes les langues, 3 février 2005

(10) Charles Enderlin, Non à la censure à la source, Le Figaro, 27 janvier 2005
Extraits de l’arrêt de la Cour d’appel de Paris : Charles Enderlin a déclaré « que « l’image correspondait à la réalité de la situation non seulement à Gaza, mais aussi en Cisjordanie », alors qu’un reportage [se définit] comme le témoignage de ce que le journaliste a vu et entendu ». Le correspondant de France 2 à Jérusalem a ainsi « reconnu que le film qui a fait le tour du monde en entraînant des violences sans précédent dans toute la région ne correspondait peut-être pas au commentaire qu’il avait donné, ce qui est également l’avis donné par Daniel Dayan, directeur de recherches au CNRS et spécialiste des médias ».

(11) Avec Me Stéphane Haddad, Serge Farnel a saisi diverses instances, judiciaires et administratives, pour obtenir un rectificatif de France 2.

(12) ''Il y a suffisamment de preuves de sources indépendantes prouvant que l'incident al-Dura a été mis en scène pour les caméras'', déclarait Daniel Seaman, chef du GPO qui dépend du Premier ministre israélien, à GIN-Paris, le 2 mars 2008. Il poursuivait : ''L’Etat d’Israël a un respect immense pour les médias. De nombreux médias du monde Arabe, sans même mentionner l’Iran, travaillent librement en Israël. Les autoriser à travailler librement en Israël n’implique en aucune façon que nous partagions leurs positions. Comme toute démocratie, Israël assure une liberté absolue à la presse et ne retire pas aisément les accréditations aux journalistes. C’est particulièrement vrai pour les journalistes travaillant pour une organisation aussi respectée que France 2. Charles Enderlin en est parfaitement conscient et se cache derrière cela pour tenter de distraire l’attention de son échec professionnel évident [à respecter les critères minimum du journalisme en matière de vérification]. Le fait que Charles Enderlin dispose toujours de son accréditation presse de l'Etat d'Israël atteste de la force et de la tolérance de la démocratie israélienne, et non de l'intégrité du reportage de Charles Enderlin ce jour-là. La question n'est pas ''Pourquoi a-t-il encore son accréditif presse de l'Etat d'Israël'', mais plutôt, pourquoi France 2 l'emploie-t-elle encore ?''
''Quand nous avons pris conscience de l'implication de Talal Abu Rahma dans la mise en scène d'évènements dans la bande de Gaza, nous n'avons pas renouvelé sa carte de presse qui a expiré en 2001'', déclarait Daniel Seaman, directeur du GPO, à GIN-Paris, le 3 mars 2008.

(13) Curieusement, le dossier médical jordanien indique que « deux jours avant son transfert [dans l’hôpital d’Amman, le 1er octobre 2000], les blessures suivantes ont été diagnostiquées ». Or, la scène controversée s’est déroulée la veille, le 30 septembre 2000.

(14) Cet avocat a porté plusieurs procès liés à l’affaire al-Dura devant la juridiction administrative française et la Cour européenne des droits de l’homme.


(15) Cette phrase annonçait la fin de la représentation dans les théâtres romains de l’Antiquité.


Articles sur ce blog concernant :
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Cet article a été publié sur Guysen, puis ce blog le 28 janvier 2011, puis le 26 août 2013 après la sanction infligée à Daniel Seaman à la suite d'articles d'Haaretz réagissant à ses message sur son compte personnel Facebook, soulignant que "les bombardements à Nagasaki et à Hiroshima étaient la conséquence de l'agression japonaise" et citant les "50 millions de Chinois, Coréens et autres victimes de l'agression et du génocide par le Japon impérial". La pétition de soutien à Daniel Seaman a été lancée sur Internet.
Depuis le printemps 2010, mes centaines d’articles publiés par Guysen de 2002 à 2008, sauf un, ont disparu de son site Internet. Parmi ces très nombreux articles, les éditoriaux écrits avec Guy Senbel, alors rédacteur en chef de Guysen. Interrogé, Guysen ne m’a donné aucune explication. Je publie ces articles sur mon blog.

vendredi 15 novembre 2013

Lucian Freud. Portraits

 
Le Kunsthistorisches Museum viennois présente pour la première fois en Autriche une exposition de tableaux de Lucian Freud (1922-2011). En 2012, la National Portrait Gallery  britannique a montré l'exposition Portraits, rassemblant 130 oeuvres de Lucian Freud. Le Centre Pompidou avait consacré en 2010 à ce peintre l’exposition Lucian Freud. L'atelier. Agé de 88 ans, cet artiste Juif, petit-fils de Sigmund Freud, n’avait pas exposé en France depuis sa rétrospective dans ce Centre en 1987. La scénographie s’ordonne autour de l’atelier de l’artiste en présentant des (auto)portraits, quelques paysages urbains et des natures mortes au style froid. Lucian Freud est mort dans la nuit du 20 au 21 juillet 2011, à l'âge de 88 ans, à Londres.

Lucian Freud est né en 1922, à Berlin (Allemagne). Son père Ernst est le benjamin des fils de Sigmund Freud, fondateur de la psychanalyse. Sa mère, née Lucie Brasch, est la fille d’un négociant en céréales.

En 1934, la famille de Lucian Freud s’établit en Angleterre pour fuir le nazisme.

En 1939, Sigmund Freud décède. Lucian Freud obtient la nationalité britannique.

Il étudie la peinture à l’East Anglisan School of Painting and Drawing à Dedham. En 1942, il interrompt ses études pour servir dans la marine marchande. Trois mois après, il est réformé pour raisons médicales ; il reprend ses études.

Après avoir vendu quelques œuvres à des proches, il obtient une commande majeure : il illustre le recueil de poèmes de Nicholas Moore, The Glass Tower, en dessinant en couverture un oiseau-lyre.

Dans l’après-guerre, Lucian Freud rencontre Francis Bacon à Londres, ainsi qu’Alberto Giacometti et Pablo Picasso à Paris.

Il épouse en 1948 Kitty Garman, fille du sculpteur Jacob Epstein, et participe à l’exposition collective La jeune peinture en Grande-Bretagne du British Council.

Dans les années 1950, il abandonne le dessin pour la peinture. Ses tableaux au style délicat s’inspirent de l’école flamande du XVe siècle.

Il est distingué par le prix de l’Arts Council britannique en 1951 pour Interior at Paddington.

En 1953, divorcé, il épouse la romancière Caroline Blackwood.

A la XXVIIe Biennale de Venise (1954), une vingtaine d’œuvres de Lucian Freud sont présentées. Lucian Freud écrit l'article Some Thoughts on Painting dans le numéro de juillet 1954 de la revue Encounter. Une sorte de « manifeste esthétique » où est assignée à la peinture la fonction d’« intensification du réel ».

Dans les années 1960, Lucian Freud évolue vers une figuration quasi-expressionniste.

Depuis les années 1970, il privilégie un réalisme scrupuleux, jouant sur les perspectives, dans un décor minimaliste.

En 1972, deux ans après la mort de son père, il termine le premier tableau d’une série de portraits de sa mère, qui pose pour lui jusque dans les années 1980.

Deux ans plus tard, la première rétrospective Lucian Freud a lieu à la Hayward Gallery de Londres, à l’initiative de l’Arts Council de Grande-Bretagne.

A partir de 1975, Lucian Freud recourt au « blanc de Cremnitz dans certains de ses tableaux, une peinture riche en oxyde de plomb appelée aussi blanc d’argent. Il la mélange à ses couleurs et obtient ainsi une matière particulièrement lourde et filandreuse ».

La « pratique du dessin au crayon et au fusain reprend progressivement une place importante dans son œuvre, tant pour la gravure que pour les études ».

Dans le catalogue de l’exposition The Human Clay (L’argile humaine), le peintre américain Ronald B. Kitaj inclut Lucian Freud, Léon Kossof, Francis Bacon et Graham Sutherland dans ce qu’il nomme la « School of London » (1976).

Un an plus tard, Lucian Freud installe son atelier-appartement doté d’une grande verrière à Holland Park. Il le garde jusqu’en 2008.

En 1981, Lucian Freud est l’un des artites présentés comme les pères de la « nouvelle figuration » par l’exposition The New Spirit in Painting, à la Royal Academy. Un an plus tard, il reprend l’eau forte.

Organisée par le British Council, la rétrospective Lucian Freud est inaugurée à Washington en 1987, puis montrée à Paris, Londres et Berlin (1988).

En 2001, Lucian Freud peint la reine d’Angleterre Elisabeth II.

Il décède dans la nuit du 20 au 21 juillet 2011, à l'âge de 88 ans, à Londres.

L’atelier
Au Centre Pompidou, la cinquantaine de peintures figuratives de grand format – des huiles sur toile datant en majorité des deux dernières décennies -, des œuvres graphiques et des photographies de l'atelier londonien de Lucian Freud sont ordonnées autour de quatre sections : Intérieur/Extérieur (vues d’ateliers, banlieue londonienne, terrains vagues du New London), Réflexion/Reflection (variations autour d’autoportraits, parfois ironiques), Reprises (libre copie ou interprétations originales d’œuvres de maîtres, tels Chardin, Cézanne ou Picasso), Comme la chair/As Flesh (autoportraits et portraits de Leigh Bowery ou de Big Sue.

Au centre de l’hommage : l’espace personnel et professionnel, intime et clos de l’atelier. Là, Lucian Freud « installe ses modèles selon des mises en scène précises, mettant en jeu le mobilier et les objets raréfiés de l'atelier, accessoires récurrents et reconnaissables des compositions : plante verte, canapé crevé, fauteuil usé, lit en fer, lavabo, murs maculés de peinture. Les quelques paysages construits selon des angles de vue en plongée, serrés, sont peints en général depuis ses fenêtres ou son seuil. Ainsi, les adresses successives de ses ateliers constituent des éléments de titre ou de datation (w11, w9…), depuis celui de Paddington où il s'installe en 1943 pour trente ans, jusqu'à la maison de Notting Hill en passant par le loft de Holland Park ».

« Je veux que la peinture soit chair », déclare Lucian Freud qui peint ses personnages en plongée ou contre-plongée, rarement à hauteur humaine. Des personnages qui parfois ne se regardent pas, chacun semblant vivre dans son univers. Les regards des portraits sont d’une rare vivacité, profondeur. Parfois inquiets ou interrogatifs, révélant la vulnérabilité.

Lucian Freud s’attache à la chair avec un réalisme impitoyable, cru, soulignant les défauts physiques, les bourrelets. Une chair triste. Une palette souvent limitée à des gris, gris bleus, beige, blanc. Point de sensualité. Une froideur.

Le 12 novembre, à New York, un triptyque de Francis Bacon composé de trois études de Lucian Freud a été adjugé 142,4 millions de dollars (105,9 millions d'euros). Créée en 1969, estimée à 85 millions de dollars (63,2 millions d'euros), cette œuvre d'art est la plus chère du monde vendue aux enchères.


Jusqu'au 12 janvier 2014
Au Kunsthistorisches Museum Wien
Tel. : +43 1 525 24 - 0
Maria-Theresien-Platz, 1010 Wien
Du mardi au dimanche de 10 h à 18 h, le jeudi de 10 h à 21 h


Jusqu'au 27 mai 2012
A la National Portrait Gallery
St Martin's Place
Londres WC2H 0HE. Grande-Bretagne

Tél. : +44 (0) 20 7306 0055
Ouvert tous les jours de 10 h à 18 h, les mardis et vendredis jusqu'à 21 h

Puis du 2 juillet au 28 octobre 2012
Au Modern Art Museum of Fort Worth (Etats-Unis)


Jusqu’au 19 juillet 2010
Au Centre Pompidou
75191 Paris Cedex 04
Tél : 01 44 78 12 33
Tous les jours sauf le mardi de 11h à 21h


Visuels de haut en bas :
Affiche

Reflection with Two Children (Self-Portrait), 1965
Reflet avec deux enfants (autoportrait), 1965
Huile sur toile, 91 x 91cm
Madrid, Museo Thyssen-Bornemiska. Photo © José Loren,
Museo Thyssen-Bornemiska, Madrid © Lucian Freud

Painter’s Garden with Eli, 2006
[Le Jardin du peintre avec Eli]
Photographie - 56,5 x 75,8 cm
© David Dawson, courtesy of Hazlitt Holland-Hibbert, Londres

Working at Night, 2005
[Au travail la nuit]
Photographie - 56,7 x 76 cm
© David Dawson, courtesy of Hazlitt Holland-Hibbert, Londres

Large Interior, Notting Hill, 1998
Grand Intérieur, Notting Hill, 1998
Huile sur toile - 215,1 x 168,9 cm
Collection particulière
Photo John Riddy.
© Lucian Freud


Articles sur ce blog concernant :
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Il ou elle a dit...
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Les citations sont extraites du dossier de presse.

Cet article a été publié pour la première fois le 18 juillet 2010, puis les 12 mai 2012 et 15 novembre 2013. Il a été modifié le 16 février 2012.