vendredi 19 juillet 2013

Condamné pour diffamation à payer 11 002 €, Philippe Karsenty s'est pourvu en cassation


Le 26 juin 2013, la Chambre 7 du Pôle 2 de la Cour d’appel de Paris a confirmé le jugement de la XVIIe chambre du tribunal correctionnel de Paris ayant condamné le 19 octobre 2006 Philippe Karsenty, directeur de Media-Ratings et maire-adjoint de Neuilly, pour avoir diffamé France Télévisions et Charles Enderlin, correspondant de France 2 à Jérusalem, en qualifiant, en novembre 2004, notamment d’« imposture médiatique » le reportage controversé sur « la mort de Mohamed al-Dura » diffusé au JT de France 2 le 30 septembre 2000. Philippe Karsenty a formé un pourvoi en cassation contre cet arrêt. En mars 2015, la Cour de cassation a rejeté son pourvoi."L’arrêt tient en une ligne : le pourvoi a été rejeté car il a été déposé trop tard. Selon l’étrange jurisprudence de la Cour de cassation française, j’aurais dû déposer mon pourvoi avant même d’avoir pris connaissance de l’arrêt de la Cour d’appel de Paris qui refusait de me donner accès au contenu de l’arrêt du 26 juin 2013", a déclaré Philippe Karsenty le 8 mars 2016.


La Cour d’appel de Paris va-t-elle rendre son délibéré ou le reporter de nouveau ? Va-t-elle confirmer ou infirmer le jugement de la XVIIe chambre du Tribunal correctionnel de Paris en date du 19 octobre 2006 et condamnant Philippe Karsenty à une amende de 1 000 euros, à verser un euro de dommages intérêts à chaque partie civile, et à la chaîne publique et à son journaliste ensemble 3 000 euros au titre de l’article 475-1 du code de procédure pénale (frais de justice) ? Telles étaient les questions qui taraudent les parties à ce procès et les journalistes venus assister à l’audience devant la Cour en ce 26 juin 2013 ensoleillé.

Philippe Karsenty condamné
Vers 13 h 48, les trois magistrats composant cette Cour d’appel de Paris entrent dans une salle emplie de justiciables et de journalistes.

Président de la Cour, Jacques Laylavoix semble métamorphosé. On peine à le reconnaître. Finis le regard fuyant et la gestuelle dénotant une certaine gêne. Le ton assuré, légèrement pressé, Jacques Laylavoix ouvre des chemises cartonnées correspondant à des affaires. Annonce les parties au procès. Oublie une fois de lire le délibéré de la Cour d'appel. Enchaine sur d’autres dossiers dont il livre l’arrêt de la Cour.

Rapidement, Jacques Laylavoix arrive au dossier Charles Enderlin et France Télévisions contre Philippe Karsenty.

Lentement, observant de brefs silences entre chaque élément de la décision judiciaire, il livre l’arrêt de la Cour qui « confirme le jugement déféré en toutes ses dispositions, déclare irrecevable la demande des parties civiles tendant à voir ordonner la publication d’un communiqué judiciaire », condamne le prévenu à payer à ces dernières 7 000 € au titre de l’article 475-1 du Code de procédure pénale, et rejette toutes les autres demandes.

Outre les deux euros correspondant à l'indemnisation au titre de la diffamation, Philippe Karsenty devra donc verser aux plaignants 10 000 € au titre de leurs frais judiciaires : 3 000 € correspondant à la condamnation du TGI plus 7 000 € ordonnés par la Cour d’appel. Quand on sait la faiblesse des sommes allouées par la justice au titre des frais judiciaires de justiciables lambda - 0 €-1 500 € -, surtout quand ils sont pauvres, qu'ils ont consacré beaucoup de temps à leurs dossiers et que leurs droits ont été gravement bafoués, et compte tenu que la plaidoirie des plaignants devant la Cour d'appel en 2013 était quasi-identique à celle devant la Cour d'appel en 2008, on peut raisonnablement en déduire que la Cour a voulu "assommer" financièrement, punir durement et décourager moralement Philippe Karsenty, ainsi qu'intimider et dissuader tous les impudents qui oseraient affirmer la mise en scène du reportage controversé.

Satisfaite, Me Bénédicte Amblard, avocate de France Télévisions et de Charles Enderlin, s’éloigne pour téléphoner vraisemblablement à ses clients. Elle déclinera ma demande d’un commentaire.

Calme, Philippe Karsenty sort de la salle d’audience. Ignorant la motivation de la Cour faute de copie de l’arrêt de la Cour, il déclare aux journalistes, français (AFP) et étrangers (Jewish News One, al-Jazeera) : « Deux reports de délibéré pour me condamner. La Cour a beaucoup réfléchi. Je sais que la vérité est en marche. Mon objectif n'est pas de continuer le combat sur le terrain judiciaire : après ma relaxe par la Cour d’appel de Paris le 21 mai 2008[4], Le Nouvel Observateur a publié le 4 juin 2008 la pétition Pour Charles Enderlin. Et de nombreuses personnalités ont refusé d’intervenir dans cette affaire en prétextant cette procédure judiciaire… Ce reportage a été bidonné du début jusqu'à la fin. On le sait, tout le monde le sait. Mon seul combat, c'est la vérité », notamment celle véhiculée par les « livres d’histoire ».

Commentaires des parties
Interviewé le soir-même sur Radio Shalom, une des quatre radios de la fréquence Juive francilienne, par Bernard Abouaf, directeur de l’information de cette station, Philippe Karsenty a explicité sa position : « La procédure judiciaire était un outil pour contraindre France 2 à présenter ses preuves. France 2 n’en a pas. La vérité est en marche. Elle a fait une pause-étape avec cet arrêt de la Cour me condamnant. Rien ne pourra l’arrêter. Nous continuerons le combat. La logique voudrait que je ne me pourvois pas en cassation, mais ma logique à moi, non ».

Quelques jours plus tard, après avoir pris connaissance de l’arrêt de la Cour d’appel, Philippe Karsenty s’est pourvu en cassation. Selon divers avocats, les moyens à l’appui de son pourvoi sont sérieux.

Et Philippe Karsenty d’ajouter sur Radio Shalom : « Je suis déçu, inquiet pour la démocratie française. C’est un jour sombre pour l’affaire al-Dura, pour la démocratie et pour la liberté d’expression… Rien ne peut contraindre [France Télévisions et Charles Enderlin] à reconnaître la vérité par la justice. Tous les corps intermédiaires – les échelons politique, médiatique, judiciaire - couvrent ce mensonge. Si le Président de la République est sincère dans sa volonté de lutter contre l’antisémitisme et contre l’islamisme radical, il faut révéler la vérité ».

Favorable à « une commission d’enquête honnête et transparente, à l’examen des cicatrices sur le corps de Jamal al-Dura à l’hôpital Percy où a été hospitalisé Arafat », Philippe Karsenty a estimé non probante la proposition de Jamal al-Dura visant l’« exhumation d’un enfant » enterré dans la bande de Gaza..

Sur RCJ, radio francilienne du FSJU (Fonds social juif unifié), il a affirmé songer à quitter la France pour poursuivre ailleurs son combat.

Dans un communiqué du 26 juin 2013, « Charles Enderlin et France Télévisions se félicitent de cette décision qui après des années de procès vient sanctionner une atteinte grave à l'honneur d'un journaliste ». Une atteinte indemnisée, certes par une amende de 1 000 euros, mais par un seul euro de dommages et intérêts à chaque partie civile ! Et ces parties civiles d’ajouter : « Par-delà la reconnaissance apportée à un journaliste et à une entreprise, c'est aussi celle de tous ceux qui font le métier d'informer avec professionnalisme ». Or, l’arrêt de la Cour ne dit rien de tout cela. Ce que prédisait dès le 28 mai 2013, le groupe télévisuel public rappelant que le futur arrêt « ne portera pas sur la véracité des accusations… mais uniquement sur la question de [la] bonne foi [de Philippe Karsenty] au jour où il a prononcé ces propos ».

Selon Charles Enderlin, « la cour d'appel (...) a contredit l'intégralité [des] affirmations [de M. Karsenty]. Contrairement à ce qu'il déclare, sa vérité n'a pas été établie. En outre, il n'a pas été considéré de bonne foi ». Mais, comment Charles Enderlin pouvait-il affirmer tout cela le 26 juin 2013, alors que l’arrêt n’avait pas été rendu public et portait uniquement sur la question juridique de la diffamation ? Quelle est cette justice française qui reporte son délibéré à deux reprises, met cinq mois à livrer oralement sa décision, mais ne communique pas son arrêt à la partie condamnée et occulte ainsi sa motivation ? Philippe Karsenty a évoqué le contenu de cet arrêt le… 5 juillet 2013.

Le 28 juin 2013, Charles Enderlin a publié sur son blog Les tenants de la théorie... [du complot]. Il répondait à Luc Rosenzweig, auteur de l’article Trop de droit peut-il tuer le droit ? dans lequel il fait remonter les cicatrices de Jamal al-Dura non à l’incident du 30 septembre 2000, mais à une « rixe à Gaza en 1992 ». Charles Enderlin s'est lancé dans une « démonstration » non convaincante malgré ses citations de médecins et de certificats médicaux jordaniens : au printemps 2011, j’ai relevé les contradictions et incohérences relatives à ces cicatrices et textes médicaux présentés devant le TGI de Paris. Reductio ad Hitlerum ? Charles Enderlin a évoqué l’interdiction d’entrée en Grande-Bretagne de Pamela Geller, « l’activiste anti-islamique » et « « un des grands soutiens de Philippe Karsenty », par la Grande-Bretagne. Cette interdiction est choquante. D’autant que ce pays démocratique accepte l’entrée de son territoire à des extrémistes : Aleida Guevara, le saoudien antisémite Muhammad al-Arifi, etc.

Le 2 juillet 2013, Charles Enderlin a affirmé à TV Magazine : « Entre le fantasme et la réalité, seule la réalité compte ». Où est la réalité dans ce reportage qui suscite tant de questionnements, et a fait l'objet de déclarations contradictoires du cameraman palestinien de France 2, Talal Abu Rahma ? La version la plus récente de celui-ci différant de celles de Charles Enderlin et d'Arlette Chabot, alors directrice de l'information de France 2.

Attentisme
La condamnation de Philippe Karsenty a reçu un large écho à l’international et en France.

La couverture par les médias Juifs français  ? Radio J a interviewé Stéphane Juffa, rédacteur en chef de la Métula News Agency (Ména), qui a mené l’enquête après Nahum Shahaf les menant tous deux à la conclusion de la mise en scène des faits allégués par ce reportage. Dans sa tribune radiophonique du 27 juin 2013 sur Judaïques FM, Me Théo Klein, ancien président du CRIF, a évoqué cette affaire, en commettant des erreurs factuelles, et sans prononcer les noms de Philippe Karsenty et de Charles Enderlin. A noter l’incompréhension grave initiale d’Actualité juive, hebdomadaire incontournable de la communauté Juive française, sur la décision de la Cour. On ne peut que regretter qu’Ilana Cicurel n’ait pas interrogé sur RCJ Olivier Schrameck, président du CSA (Conseil supérieur de l'audiovisuel) sur l’affaire al-Dura. Ce Conseil est pourtant chargé d’« assurer le respect des obligations des chaines" notamment dans le domaine de l'"honnêteté de l'information », et a refusé d'intervenir dans cette affaire ainsi que dans l'affaire liée au refus jusqu'en juin 2011 de France Télévisions d'inclure Guilad Shalit dans son décompte des otages français dans le monde. Deux refus du CSA qui contrastent avec ses interventions sévères et rapides lorsque le journaliste Eric Zemmour, en juin 2010, a évoqué la part des "Noirs et des Arabes" dans le nombre de trafiquants ou lorsque le journaliste Christophe Hondelatte s'est interrogé le 17 février 2013, sur la chaine Numéro 203 : L'islam est-il soluble dans la république ?

Curieusement, alors que les sites Internet en français et en anglais d'I24News, nouvelle chaine israélienne d'informations, ont publié le 17 juillet 2013 l'article d'Adi Schwartz Finissons-en avec le syndrome al-Dura, le site en arabe de cette chaine ne l'a pas mis en ligne. Pourtant, Frank Melloul, PDG d'I24News, a écrit le 18 juillet 2013 :
"La mission d’i24news est de couvrir l’actualité internationale avec un nouveau regard celui de la société israélienne dans toutes ses composantes... En anglais, en français et en arabe, i24news a vocation à faire entendre une autre voix qui émane du Moyen-Orient avec pour fil conducteur : indépendance, ouverture sur le monde et proximité. Dans une unique newsroom, près de 150 journalistes de nationalités et de confessions différentes produisent ensemble le même contenu”.  
Alors que la série arabe antisémite Khaybar est diffusée par les chaines arabes lors de ce Ramadan 2013, alors que le public arabophone est un cœur de cible essentiel d'I24News, on ne comprend  pas l'absence de traduction en arabe de cet article d'Adi Schwartz soulignant le rôle du reportage controversé dans la propagande anti-israélienne. Sujet tabou pour les Arabophones ? Absence ou insuffisance de contrôle de la direction de la chaine sur son site en arabe ? Erreur de casting dans le choix du responsable de ce site dont le nom n'est pas indiqué par I24News ? Taqiya de celui-ci ?

Le 28 juillet 2013, Frank Melloul m'a indiqué que cet article avait été publié en arabe sur i24News. Effectivement, cet article a été mis en ligne le 27 juillet 2013. Mieux vaut tard que jamais. J'ai demandé à Frank Melloul les "raisons de ce retard ? Si je n'avais pas relevé cet "oubli", cet article aurait-il été traduit ? Pourquoi certains articles sont-ils immédiatement traduits en arabe, et d'autres non ?" Je lui ai aussi signalé d'autres articles non traduits en arabe : "La libération des terroristes, un sujet à haut risque", un des deux articles d'Emmanuel Navon, etc." Et j'ai conclus : "Ce qui est gênant, c'est que les articles non "politiquement corrects" ne sont généralement pas traduits en arabe, et que c'est moi, et non quelqu'un de la rédaction qui le relève. Pourquoi ?"

Le CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) n’a pas réagi à cet arrêt par un communiqué. Le 26 juin 2013, il a publié sur son site Internet Affaire Al-Dura : le temps de la vérité. France Télévisions doit enfin réagir avec responsabilité, de Richard Prasquier, président d’honneur de cette institution. Celui-ci concluait :
« Compte tenu de son impact mondial et persistant, le dossier Al-Dura doit être rouvert et traité de façon transparente. Si France 2 ne s’y résignait pas, ce serait alors à l’échelon politique, à l’Etat français, de prendre ses responsabilités : on ne peut affirmer vouloir lutter contre l’antisémitisme en France et contre l’islam radical dans le monde si on ne l’attaque pas à la racine, la propagande de haine nourrie par des images meurtrières, probablement mensongères ».
 Le n°1261 (4 juillet 2013) d'Actualité Juive a publié un article sur la rencontre peu avant l'assemblée générale du CRIF du 30 juin 2013, de Roger Cukierman, élu le 26 mai 2013 président de cette organisation française Juive, avec la presse juive. Auteur de cet article, Pierre Assouline ne mentionne pas l'affaire al-Dura. Pourquoi ? Roger Cukierman aurait éludé ce sujet ? Ou aucun représentant de la presse juive ne l'aurait questionné sur cette affaire ? Le communiqué du 28 juillet 2013 sur la rencontre entre Roger Cukierman et le Président de la République François Hollande, n’évoque pas cette affaire. Or, dans son autobiographie Ni fiers ni dominateurs (2008), Roger Cukierman a écrit :
« A propos de France 2, je m’en veux aujourd’hui de ne pas être intervenu plus activement dans l’affaire du petit Mohamed… J’aurais du persister car les conséquences de cette affaire ont été lourdes… Cette affaire n’est pas terminée. Vu la gravité des accusations portées contre le journaliste Charles Enderlin, il importe que toute la vérité soit établie ».
Quant à l’American Jewish Committe-France, il est resté silencieux sur cette affaire. Comme d'habitude...

Par contre, la condamnation de Philippe Karsenty a été saluée par le Hamas, le site Altermonde-sans-frontiere et Ouri Wesoly du belge CCLJ (Centre communautaire laïc Juif). Celui-ci a écrit le 28 juin 2013 : « Le jugement est lapidaire : oui, Philippe Karsenty a diffamé Charles Enderlin en prétendant que son reportage de septembre 2000 était une « supercherie ». Et non, Karsenty n’a pas « agi de bonne foi ». Moyennant quoi, il est condamné à 7.000 € de dommages-intérêts. Tel est le verdict qu’a rendu ce 26 juin, la Cour d’appel de Paris et qui clôture le procès en diffamation ». Qu’en sait Ouri Wesoly ? Comment peut-il, deux jours après le délibéré, citer entre guillemets un arrêt non communiqué à Philippe Karsenty, pourtant partie au procès ?

A ceux qui allèguent qu’une procédure judiciaire empêche toute intervention politique dans une affaire, l’affaire Cahuzac apporte un démenti cinglant : ancien ministre socialiste du Budget et ancien député, détenteur d’un compte bancaire non déclaré notamment en Suisse, Jérôme Cahuzac a été et sera auditionné par la commission d'enquête de l’Assemblée nationale sur la gestion par le gouvernement Ayrault de l'affaire Cahuzac, et parallèlement, il est entendu par les juges Roger Le Loire et Renaud Van Ruymbeke qui mènent « les investigations dans le cadre de l'information judiciaire ouverte par le parquet de Paris dans le dossier de Jérôme Cahuzac, notamment pour blanchiment de fraude fiscale ». Dans l’affaire al-Dura, la procédure judiciaire vise la diffamation, et une commission d’enquête concernerait l’authenticité des faits allégués par le reportage de France 2.

Au soir de ce 26 juin 2013, quelques heures après le prononcé de la condamnation de Philippe Karsenty, lors du « débat » à l’Ecole des Beaux-arts de Paris sur la liberté de création suscité par la polémique autour de l'exposition d'Ahlam Shibli au Jeu de Paume, Marie-José Mondzain, philosophe et spécialiste de l’art et des images, a nié que les images tuent. Pourtant, n’est-ce pas pour « venger les enfants palestiniens » que Mohamed Merah a assassiné quatre Juifs franco-israéliens à Toulouse le 19 mars 2012 ? N’est-ce pas l’image des « al-Dura » qui figure sur la vidéo de l’égorgement du journaliste américain Juif Daniel Pearl ?

Extraits de la tribune de Affaire Al-Dura : le temps de la vérité. France Télévisions doit enfin réagir avec responsabilité de Richard Prasquier publiée par Causeur

 « Il y a une affaire Al-Dura, controverse sur l’authenticité des images présentées le 30 septembre 2000. Il y a un silence Al-Dura, une sorte d’omerta condamnant à l’ostracisme médiatique ceux qui pensaient mal et mettaient en doute la version officielle de France 2, tout en les attaquant ad hominem et les qualifiant de conspirationnistes extrémistes ultra sionistes. En France, le débat est ainsi verrouillé. Mais dans la presse américaine, le terme de « hoax » (montage) est communément utilisé. Il y a aussi une mythologie Al-Dura, génératrice de haine. Plusieurs contre-enquêtes ont déjà été effectuées. D’autres sont encore possibles grâce aux images détenues, aux experts mobilisables en balistique, chirurgie de guerre et analyse des images. Que ces enquêtes techniques soient neutres et internationales pour leur donner plus de poids. Compte tenu de son impact mondial et persistant, le dossier Al-Dura doit être rouvert et traité de façon transparente. Si France 2 ne s’y résignait pas, ce serait alors à l’échelon politique, à l’Etat français, de prendre ses responsabilités : on ne peut affirmer vouloir lutter contre l’antisémitisme en France et contre l’islam radical dans le monde si on ne l’attaque pas à la racine, la propagande de haine nourrie par des images meurtrières, probablement mensongères ».


Extraits de la tribune de Me Théo Klein, ancien président du CRIF, le 27 juin 2013 sur Judaïques FM

Le 27 juin 2013, sur Judaïques FM, radio de la fréquence juive francilienne, Me Théo Klein, ancien président du CRIF, a évoqué, sans prononcer le nom de Philippe Karsenty, « une affaire qui date… du premier soir de la deuxième Intifada ; il y a eu dans la bande de Gaza des confrontations… Quelques années après… il y a eu une contestation… qui met en cause un journaliste de la radio... dans des conditions qui sont parfaitement stupides à mes yeux parce que personne, et notamment pas les personnes qui le contestent, n’a pu à cette époque-là contrôler mieux qu’il ne pouvait le faire lui-même les évènements qui se sont spontanément dérouler sans qu’il y ait eu auparavant quoi que ce soit qui pouvait les annoncer ou même les faire comprendre. Il y a comme cela dans la vie de notre société… des évènements… qui prennent des tournures inattendues, et qui sont nourris par une certaine mauvaise volonté, ou peut-être pour eux une bonne volonté de faire apparaître une vérité qui leur échappe et qui nous échappera d’ailleurs forcément puisque nous n’avons pas les éléments pour la reconstituer... Il faut dans la vie parfois faire confiance à ceux qui exercent une tache difficile… généralement dans une improvisation nécessaire puisqu’ils sont appelés à parler des évènements au moment même où ils se provoquent, et donc peuvent éventuellement, et je ne crois pas que cela ait été le cas en l’occurrence, mais cela peut être le cas pour n’importe quel journaliste… provoquer une réflexion qui historiquement pourrait paraitre ne pas avoir été totalement exacte. Mais qui peut critiquer celui qui confronté à l’évènement réagit à cet évènement au moment où il se produit ? Il est plus facile quelques années plus tard, lorsque l’histoire a été écrite, qu’elle a été vérifiée, qu’elle a été authentifiée. On peut évidemment toujours critiquer celui qui sur le champ a réagi, a pensé que l’évènement avait un certain retentissement, et a pu éventuellement de très bonne foi se tromper. Je regrette qu’il y ait dans cette communauté juive, en France en particulier, des personnalités… qui ne sont justement pas de bonnes personnalités, qui essaient de nourrir leurs propos et de nourrir leur propagande en vue d’élections, qu’ils gagnent ou qu’ils ne gagnent pas, et qui de ce fait, maltraitent d’autres personnes, leur cause des difficultés, des désagréments qui sont à la fois inutiles, stupides et malsains ».


A lire sur ce blog :

Publié le 19 juillet 2013, cet article a été modifié le 28 juillet 2013.

Les inquiets. Yael Bartana, Omer Fast, Rabih Mroué, Ahlam Shibli, Akram Zaatari. 5 artistes sous la pression de la guerre

En 2008, le Centre Pompidou a présenté l’exposition éponyme assortie d’un catalogue et d'un dépliant gracieusement mis à la disposition du public, tous trois partiaux et problématiques notamment par leur terminologie biaisée, le mélange de fiction et de réalité, etc. Les œuvres – vidéos, installation et photographies - de cinq jeunes artistes – les Israéliens Yael Bartana, Omer Fast et Ahlam Shibli, les libanais Rabih Mroué et Akram Zaatari – portent sur les « questions liées à la guerre au Moyen-Orient ».

Cette exposition  au Centre Pompidou (13 février-19 mai 2008), dont la directrice générale était alors Agnès Saal, son catalogue et le document distribué gratuitement au public partiaux suscitent souvent l’ennui, choquent par des vocables choquants, génère un malaise persistant et des questionnements en raison notamment du décalage entre les affirmations, les réalisations et leur perception, entre les œuvres choisies ou commandées et les textes les décrivant.

Cinq jeunes artistes, vidéastes et photographes, « ont en commun un sentiment d'implication personnelle face aux questions liées à la guerre au Moyen-Orient [Nda : laquelle ?]. Ils sont capables de traduire l’oppression du conflit à l’aide d’un langage alternatif, en analysant ses causes et ses origines, dans une réflexion sur les méthodes de sa représentation ». On cherche vainement ces analyses…

Certains de ces artistes israéliens vivent hors d’Israël : Yael Bartana est née en Israël et habite à Amsterdam, Omar Fast a vu le jour à Jérusalem, a grandi à New York et réside à Berlin.

« Toutes les généralisations et les tentatives de relier les partis opposés dans le conflit du Moyen-Orient manquant de légitimité, une appréhension subjective semble la plus à même de relever le défi de cette représentation. De cette situation découle le titre – Les inquiets –, celui d'un roman de l'écrivain israélien d'origine polonaise Leo Lipski, Niespokojni (Les Inquiets), dans lequel l'auteur décrit la situation d'artistes qui, grâce à leur hypersensibilité ont pressenti, à la veille de la Seconde Guerre mondiale, l'horreur imminente ». Ne doit-on pas se garder des amalgames ?

Née en 1970, Yael Bartana « montre Low Relief (2004), une quadruple projection vidéo en longueur formant un bas-relief d'images mobiles. Ces images trafiquées digitalement donnent l'impression que les personnages appartiennent à une formation militaire. Le spectateur est invité à observer cette démonstration militaire mais on ne peut dire s'il s'agit d'un discours pour la paix, pour l'environnement ou pour autre chose encore. Cette œuvre peut être interprétée comme une métaphore de la vie en Israël où il est difficile d'éviter les références politiques et la réalité militaire ». Quelles références ? Mystère.

Dans son installation Casting (2007), Omer Fast né en 1972 filme un acteur contant des faits pénibles. Il « étudie l'impact du spectacle télévisé de la guerre. « Casting fictif ou réel pour un documentaire, Fast mène des entretiens avec des soldats américains ayant participé aux opérations en Irak. Les visages de l'artiste et du participant sont en permanence à l'écran. Nous ne saurons jamais si les différents intervenants évoquent des événements réels ou si nous sommes dans le domaine de la fiction ».

Né en 1967, Rabih Mroué « propose une vidéo Three Posters (2003) dans laquelle il questionne la possibilité de représenter un événement aussi dramatique que le suicide d'un martyr. À partir de bandes vidéo trouvées dans les années 80 au sein des bureaux du Parti Communiste Libanais, Mroué reconstitue le témoignage d'un martyr. Le visionnage de cette reconstitution entraine de nombreuses questions à propos de la transformation graduelle de l'idéologie sous-jacente des combattants d'abord de gauche puis Islamistes, à propos des politiques qui envoient les martyrs à la mort et enfin, à propos de l'influence de tout cela sur la vie d'un artiste et sa capacité à le représenter ». Il s’agit en fait d’un terroriste communiste qui s’est fait exploser parmi des soldats israéliens au sud-Liban. Qualifier un terroriste de « martyr » est pour le moins choquant, et n’est pas neutre, tout comme l’indifférence de l’artiste pour les victimes israéliennes.

A tort, le Centre Pompidou présente Ahlam Shibli comme « palestinienne », alors qu'elle est une Bédouine israélienne. Née en 1970, Ahlam Shibli présente des « photographies récentes prises dans le village d'Al-Shibli. Capturant tous les détails topographiques, les vestiges historiques et les détails caractéristiques du quotidien de son village natal, Ahlam Shibli tente de reconstituer l'impact de l'histoire sur notre présent. La plupart des habitants sont enfuis durant la guerre de 1948, ils ont tout quitté pour une vie d'insécurité, incertains de leur nouveau rôle et de leur futur ». Ahlam Shibli  a déclaré : « Avant la création d'Israël, les villages portaient leur nom d'origine, des noms de lieu et non de famille. Certains ont dû changer de nom au moment de la création de l'Etat d'Israël. Mon village est devenu Arab al-Shibli. Quand le village juif voisin a commencé à se développer, l'Etat juif a donné des terres du village palestinien à l'implantation juive. Ces changements - le déplacement vers la montage loin de ses terres et le changement de nom - ont encore une influence sur le village aujourd'hui ». Et d'ajouter : « Dans mon village, les gens craignent de parler de peur que l'Etat israélien ne les punisse en ne délivrant pas un permis de construire ou en ne donnant pas de travail à leurs enfants. A cause de la peur, ils refusent de raconter ce qui s'est passé. Pour moi, on a le choix entre deux options : se battre pour la liberté avec un fusil ou avec son cerveau ». Selon le Centre Pompidou alors présidé par Alain Seban, ces photographies « n'évoquent pas tant la violence que la faiblesse et la complexité des relations humaines ». Des clichés de faible intérêt, sans explication sur la cause de la fuite de ces villageois : incitation de leurs frères arabes ? Quid des réfugiés juifs des pays arabes; de Turquie et d'Iran ? Avec perspicacité, Laurent Boudier (Télérama, 15 mars 2008) écrit : « Ahlam Shibli a choisi les images pour armes. Ses clichés de paysages vides et de nature à la végétation rase peuvent paraître bien communs à bon nombre d'artistes contemporains ». Et de poursuivre : « Mais cette recherche à la limite du sentiment déprimant et du constat documentaire est plutôt une tentative pour raconter l'histoire de son village natal, Al-Shibli, du déplacement de ses habitants de la vallée vers la montagne, et pour approcher, par là, la complexité des relations humaines dans le chaudron du Moyen-Orient ».

Enfin, Akram Zaatari, né en 1966 à Sidon (Liban), a co-fondé la Fondation arabe pour l'image (FAI). Pour l'exposition il a filmé un abscons plan séquence deux hommes dont l’un coud, et l’autre semble préparer un engin explosif. Un texte indique : « un vieux résistant libanais se trouve de nouveau face à son uniforme qu'il prend lentement en mains, nettoie méticuleusement et essaie. En se réappropriant son uniforme l'homme reprend son identité de soldat. Le travail d'Akram Zaatari aborde la question fondamentale de ce qui fait l'histoire et comment les différentes vérités sont divulguées et déguisées à travers la production et la circulation d'images. Dans ce sens, Zaatari reflète les différentes représentations de la guerre, soulignant les dimensions émotionnelles et esthétiques, cherchant une place dans la société comme une personne hypersensible ». Ce « vieux résistant libanais » résistait à quoi ?

Finalement, cette exposition, dont la commissaire est Joanna Mytkowska, conservatrice au Musée national d’art moderne (MNAM) assistée de Anna Hiddleston, attachée de conservation, révèle la faible différence entre la bombe humaine communiste et celle islamiste, l’indifférence d’artistes à l’égard des Israéliens Juifs. Pire : ceux-ci sont absents de ces « œuvres ». La guerre, c’est aussi l’angoisse, la peur, les larmes, le courage, l’encadrement politique, etc. Des sentiments et faits qui n’affleurent dans aucune de ces œuvres.

Ces inquiets ? Ils m’ont semblé parfois des nombrilistes, souvent des mabouls pédants et inhumains.

Lors de ma visite au Centre Pompidou, peu de visiteurs parcouraient l’espace alloué à cette exposition. Peut-être en raison du tarif d’entrée élevé.

Le 3 avril 2008, sur RCJ, radio Juive francilienne liée au FSJU (Fonds social juif unifié), Francine Lutenberg, responsable des projets culturels à l'ambassade d’Israël en France, a recommandé cette exposition…

A lire sur ce blog :

Cet article a été publié en une version plus concise par L'Arche. Les citations sont extraites du dossier de presse.

mercredi 10 juillet 2013

A corps et à traits


Le Centre d'art contemporain Raymond Farbos présente l’exposition collective éponyme dédiée au dessin, à travers les œuvres de six artistes remarquables, dont celles du peintre et dessinateur Ben-Ami Koller (1948-2008). Né en Roumanie, Ben-Ami Koller fait son aliyah en 1974. Il se distingue par la qualité de sa ligne, explore l'expressionnisme abstrait coloré, revient vers le figuratif pour des oeuvres bouleversantes sur la Shoah.


Une rétrospective de Ben-Ami Koller à Fontenay-sous-Bois


Ben-Ami (fils de mon peuple en hébreu) Koller était né à Oradea (Transylvanie, Roumanie) le 14 mai 1948. Sa mère avait été déportée à Auschwitz et sa famille décimée par la Shoah. Ben-Ami Koller avait été distingué, « à l'âge de 7 ans, par un premier prix d'aquarelle dans le cadre d'un concours international organisé par la Chine ».

Quelques années après avoir obtenu le diplôme de l’Académie des Beaux-arts à Bucarest, il avait immigré en Israël en 1974.

Il devint célèbre pour ses grands dessins sur papier de nus et de visages, au crayon ou à la pierre noire. Installé en France en 1981, ce maître du trait bénéficiait d’une réputation internationale, illustrait des livres et enseignait le dessin et la peinture, aux enfants et aux adultes. Il a montré ses œuvres dans environ 200 expositions personnelles et collectives, en Europe, en Amérique, en Israël et au Japon. Ses œuvres figurent dans des collections publiques - Fonds national d’art contemporain, Bibliothèque nationale, Conseil général des Hauts-de-Seine, Fonds d’art contemporain de Seine-Saint-Denis, etc. - et privées : Narodni Galerie (Prague), Novotel et Axa. Le travail de Ben-Ami Koller a fait l’objet de plusieurs films, dont deux de l’Institut national de l’audiovisuel (INA).

Refusant la routine et l’ennui, cet artiste avait opté pour la peinture abstraite, colorée, expressionniste, lyrique, avec de hauts reliefs. Puis, il était revenu à la figuration.

« Depuis plus de deux ans déjà, j’ai orienté ma démarche vers le corps en souffrance… J’ai résolument tourné le dos à la couleur et à l’abstraction, et je suis revenu vers le corps et le visage exclusivement. Cette orientation a été en grande partie déterminée par l’histoire de ma famille ; le déclencheur fut le drame de la Shoah et de la déportation, puis mes recherches se sont étendues à un questionnement plus général sur la souffrance infligée au corps et à l’esprit. Cette préoccupation était déjà inscrite en filigranes dans mon travail depuis longtemps sans que je l’aie appréhendée clairement et sans que j’en aie fait la charnière de mon travail au point où je l’amène actuellement. Je pense que mon âge et mon vécu ont une importance énorme dans cette prise de conscience », expliquait Ben-Ami Koller, en 2008.

Synthèse de ses recherches et acquis, sa dernière série ’’Auschwitz’’ a été présentée en février 2008 à la Galerie Pierre Marie Vitoux (Paris) sous le titre « A tous les miens que je n’ai pas connus ». L'artiste y évoque la Shoah dont furent victimes ses grands-parents, la souffrance des victimes avec force, réalisme, empathie et douleur. Comme si leur âme le guidait.

Ce sont des visages émaciés aux grands yeux tristes, graves, implorants. Des corps courbés, squelettiques, déformés, suppliciés, dessinés en noir et blanc, sur des fonds parfois adoucis de gris, rose et beige.

En marge du colloque « Violences, parlons-en… », cette exposition hommage est organisée par l’association Mon Ami l’Artiste avec le soutien de la mairie d’Arles, et déclinée – concerts, conférences - dans divers lieux de la ville.

La revue Ici & Là (n° 10-11, mars 2009) a rendu hommage à cet artiste exigeant et homme attachant.
 
Après la Maison de la poésie (Guyancourt) au printemps 2009, la Médiathèque d’Arles-Espace Van Gogh a accueilli une exposition de 50 des derniers dessins sur papier, sous verre, de Ben-Ami Koller, décédé le 15 décembre 2008, à l’âge de 60 ans, à Montreuil, alors qu’il travaillait sur des toiles destinées à être exposées à Arles. « Tous les dessins sont réalisés à la pierre noire sur papier. Certains sont rehaussés de lavis d'encre et de pastel sec », précise Annick Dollo-Koller, sa veuve.

Au printemps 2013, l'Espace 111 a présenté l'exposition Variations du peintre Ben-Ami Koller.

A l'été 2013, l’association « Les amis de Charles Despiau et de Robert Wlérick » montre au Centre d'art contemporain de Mont-de-Marsan des dessins dans lesquels le trait, d'encre, de fusain, de pierre noire ou de pastels secs est riche en sens. Ces « œuvres, bien au-delà de la représentation, sans jamais verser dan le narratif, s'ouvrent sur l'humanité dans ses dimensions sociales, historiques, imaginaires et sur le Réel. Elles livrent l'intimité de la chair avec ses meurtrissures de la naissance à la mort, pénètrent à l'intérieur du corps autant qu'elles délivrent leurs messages sur la condition humaine ».

"Depuis toujours le corps humain est un des plus grands thèmes de l'art particulièrement dans l'art occidental et il reste un sujet de prédilection dans l'art contemporain. Au fil du temps, le sens de ces représentations a évolué en fonction des croyances et des religions et leur diktat. En Grèce, de l'utilité incantatoire ou rituelle avec ses conventions formelles, la représentation humaine cherche à rendre compte de la réalité précise du corps jusqu'à l'idéalisation. A partir du XXe siècle, à ce corps idéalisé succèdent de nouvelles images qui tendent à annihiler l'intégralité, l'unité de la figure en lui conférant une dimension tragique, dramatique, illusoire ou dérisoire".

Ben Ami Koller, « démultipliant son trait à la pierre noire prolongé dans de larges mouvements d'éponge, parfois effacé et repris en forme de palimpseste, explore avec une puissante sensualité le corps et plus précisément le corps et le sexe de la femme. La mort qui ne s'y manifeste que par quelques signes, devient de plus e en plus prégnante dans les œuvres sur la Shoah et ses corps décharnés ».


Jusqu’au 14 septembre 2013
Au Centre d'art contemporain de Mont de Marsan
1bis-3, rue Saint-Vincent de Paul. 40000 Mont de Marsan
Tél. : 05 58 75 55 84
Du lundi au vendredi de 10 h à 13 h et de 14 h à 18 h, le samedi de 14 h à 18 h
 
 
Les 20 et 21 avril 2013
111, rue Stalingrad. 93100 Montreuil
Tél. : 01 48 59 64 11
De 14 h à 20 h
Vernissage le 20 avril 2013 à partir de 18 h.

Jusqu'au 5 novembre 2009
A la Médiathèque d’Arles-Espace Van Gogh
Aile sud 1er étage, Place Felix Rey, BP 240, 13200 Arles
Tél. : 04 90 18 41 20 et 06 24 51 32 05
Ouvert tous les jours de 10 h à 18 h. Entrée libre
monamilartiste@gmail.com
Cet article a été publié en une version plus concise dans le n° 612, mai 2009, de L’Arche, et sur ce blog le 1er novembre 2009 et le 18 avril 2013.

jeudi 4 juillet 2013

Réaction de Michaël Blum, journaliste à Actualité juive hebdo, à mon article sur les médias français Juifs (6/10)

Je publie la réaction de Michaël Blum, journaliste à Actualité juive, hebdomadaire incontournable de la communauté française et pour « le bureau de Jérusalem de l’AFP  » (Agence France Presse), agence controversée en raison de sa couverture du conflit au Proche-Orient, à mon article Un paysage médiatique Juif français contrasté. Ensuite, figure ma réponse. J’espère que ma réponse n’entrainera pas de vaine polémique.
9e partie : Laurent-David Samama, ancien rédacteur en chef de L’Arche



Le 3 mars 2013 à 9 h 27, j’ai signalé notamment sur Facebook la republication de mon article sur les médias Juifs français dans lequel j’ai écrit sur Michaël Blum :
« Actualité juive  a couvert les principaux rebondissements de cette affaire [al-Dura] en étant divisée. Le 18 novembre 2004, après la conférence de presse au siège de France Télévisions, la journaliste de cet hebdomadaire est restée silencieuse alors que j'interpelais Arlette Chabot, alors directrice de l'information de France 2, sur l'absence de sang sur les vêtements de Jamal al-Dura supposé avoir été blessé par balles, etc. Michaël Blum, un de ses correspondants en Israël, soutient à ce jour Charles Enderlin : "Il n’y a pas eu de mise en scène d’Enderlin et les soldats de Tsahal n’ont pas tué Mohamed Al Dura". Or, Clément Weill-Raynal, chroniqueur judiciaire, a enquêté sur les blessures de Jamal al-Dura et a exprimé des doutes sur l'authenticité des faits allégués par ce reportage controversé. Actualité juive et Clément Weill-Raynal ont été assignés en justice par Jamal al-Dura. « J’aurais aimé continuer [d’enquêter]. Les poursuites judiciaires ont fait qu’il y a moins d’article sur cette affaire dans Actualité juive. C’est peut-être le but recherché… », a déploré Clément Weill-Raynal devant la XVIIe chambre du Tribunal de grande instance de Paris, 8 février 2011. Ce Tribunal les a condamnés, et la Cour d'appel a confirmé la condamnation du journaliste pour sa réponse à un droit de réponse de Charles Enderlin…
Michael Blum est le correspondant en Israël [d’Actualité juive hebdo] et de... l'AFP. Celle-ci est très critiquée pour sa couverture biaisée, en particulier son registre lexical partial : "colonies" au lieu de localités, etc. Le 25 avril 2013, l'article de Michael Blum Quelques questions aux candidats de la 8e circonscription a suscité une polémique sur Internet. Un des candidats, Jonathan Simon-Selam, lui a vivement répondu. Le 1er juillet 2013, l’article Danny Danon, un jeune loup de droite qui prend du poids au Likoud  de Michaël Blum pour l'AFP a suscité le 2 juillet 2013 l'indignation de Jonathan Simon-Selam sur Facebook : "Comment peux-tu utiliser des mots comme "ultra-sioniste", "colonisation", etc. Sais-tu que les médias français n'attendent que ça pour taper sur le pays que tu dis aimer et défendre ? »

Le 3 mars 2013 à 10 h 29, Michaël Blum a commenté  sur Facebook cette republication :
« Je suis trés surpris de cet article qui n'est pas une étude sérieuse des médias juifs français mais un catalogue de critiques de votre part, toute personne ayant des opinions différentes de la votre étant épinglé, ce qui démontre que votre analyse est biaisée.

En ce qui me concerne, vous me reprochez de "soutenir" Enderlin citant mon statut FB ou j'affirme pourtant que les soldats de Tsahal n'ont pas tué le petit al Dura, ce qui est pourtant la thése de Charles Enderlin, dois je comprendre que toute personne ne soutenant pas Karsenty ne peut pas trouver grace à vos yeux ? tout comme de nombreux responsables israéliens, notamment du Shin Beth et de Tsahal, je ne crois pas qu'il y ait eu mise en scéne, c'est mon droit.

Vous n'aimez pas que je sois journaliste à la fois pour Actu J et pour l'AFP, ce que je ne comprends pas mais surtout je n'arrive pas à comprendre en quoi le fait que Jonathan Sellem (pas Selam comme vous l'écrivez) publie un statut FB contre moi est interessant ? Pourqui citer JSS et pas Danny Danon lui même qui a apprécié ce portrait de lui ? Avez vous lu beaucoup d'articles sur ces élections au Likoud dans la presse juive ?

Vous citez parfois des inconnus pour justifier une critique contre tel ou tel média, vous qualifiez le militant d'extrême droite Meir Ben Hayoun de "journaliste", vous portez de graves accusations mensongères contre ma collégue Caroll Azoulay, vous dénigrez certains médias sans vous pencher plus de 2 lignes sur d'autres (la campagne d’Hamodia pour Meyer Habib  ne vous a pas choqué ? ainsi que le fait que ce journal ne publie pas de photos de femmes ou appelle à ne pas voter pour le rabbin Amsellem lors des dernières élections, pourtant trés apprécié du public francophone ?), vous reprochez à la presse juive française de ne pas inviter Moshé Feiglin mais pas de boycotter la gauche israélienne dont on n'entend jamais la voix dans ces même médias, il est temps de vous remettre en question au lieu de republier encore une fois ce même papier en laissant vos accusations gratuites se diffuser sur la toile. »
Ma réponse à Michaël Blum :
Je regrette que vous n’argumentiez pas vos allégations. Pourquoi ne publieriez-vous pas une « étude sérieuse des médias juifs français » ? Nous pourrions alors comparer la votre et la mienne.

Mon article n’est pas constitué uniquement de mes critiques – certaines positives, d’autres négatives -, mais contient aussi des analyses, des perspectives historiques, etc.

Je n’épingle personne parce qu’il/elle exprime une opinion différente de la mienne. Je constate des pratiques journalistiques surprenantes, des allégations infondées ou inexactes et j’étaye mes affirmations par des arguments.

Concernant l’affaire al-Dura, comment pouvez-vous à la fois récuser l’idée de « mise en scène d’Enderlin » et affirmer que « les soldats de Tsahal n’ont pas tué Mohamed Al Dura » ? Je rappelle le commentaire off de Charles Enderlin, correspondant de France 2 à Jérusalem, sur des images signées par le cameraman palestinien Talal Abu Rahma, lors de la diffusion du reportage controversé au JT de France 2 le 30 septembre 2000 : « 15 heures. Tout vient de basculer près de l’implantation de Netzarim dans la bande de Gaza... Ici, Jamal et son fils Mohamed sont la cible de tirs venus de la position israélienne... Mohamed a 12 ans. Son père tente de le protéger... Il fait des signes... Mais une nouvelle rafale... Mohamed est mort et son père gravement blessé ». Charles Enderlin maintient à ce jour son commentaire.

Il ne s’agit pas de « trouver grâce à mes yeux ». Mais, je peine à comprendre votre position : vous niez toute « mise en scène d’Enderlin », alors sur quels faits vous fondez-vous pour contredire le commentaire off de Charles Enderlin et affirmer que « les soldats de Tsahal n'ont pas tué Mohamed Al Dura » ?

Je ne citerai qu’un seul fait : le 19 mai 2013, Yuval Steinitz, ministre israélien des Affaires internationales, de la Stratégie et des Renseignements a remis  au Premier ministre Benjamin Netanyahu le rapport du Government Review Committee (Comité gouvernemental d’examen) de 43 pages intitulé The France 2 Al-Durrah Report, its Consequences and Implications  (Le reportage Al-Durrah de France 2, ses conséquences et ses implications). Ce rapport, qui exprime la position officielle du gouvernement israélien, affirme que le reportage est une « mise en scène ». Benjamin Netanyahu a alors déclaré : « Il est important de concentrer notre attention sur cet incident qui a diffamé Israël. C’est une manifestation de la campagne actuelle, mensongère, déligitimant l’Etat d’Israël. Il n’y a qu’un moyen pour contrer ces mensonges : dire la vérité. Seule la vérité peut prévaloir sur les mensonges ». Et Yuval Steinitz a renchéri : « L’affaire al-Dura est un blood libel (accusation diffamatoire et fausse selon laquelle les Juifs commettraient des crimes rituels) moderne contre l’Etat d’Israël, en plus d’autres blood libels comme les allégations d’un prétendu massacre à Jénine. Le reportage de France 2 était entièrement sans fondement ».

Quel dommage que vous ne citiez pas les noms de ces « nombreux responsables israéliens, notamment du Shin Beth et de Tsahal » ne croyant pas à l’idée de mise en scène ! Je vous rappelle que tout fonctionnaire, du Shin Beth, de Tsahal et de tout autre organisme public, est soumis à un devoir de respect de sa hiérarchie. Il doit suivre désormais cette ligne définie par le gouvernement israélien.

Sur l’accusation de blood libel, je vous invite à lire mon interview de Richard Landes.

Je ne me place pas sur un terrain affectif. Votre situation journalistique – Actualité Juive et AFP - est exceptionnelle parmi les médias Juifs français. Dans votre compte Facebook, vous ne mentionnez curieusement que votre collaboration controversée à l’AFP, en omettant celle pour Actualité juive hebdo. Pourquoi ?

Vous alléguez sur Facebook qu'un rabbin vous aurait "poussé à travailler à l'AFP" (sic), mais vous n'en donnez pas le nom.

Clément Weill-Raynal, votre collègue dans cet hebdomadaire, a rédigé l’étude remarquable  L’Agence France Presse : le récit contre les faits (2002), ainsi présentée dans L’Observatoire du monde Juif : « L’Agence France Presse, troisième agence de presse mondiale, respecte-t-elle ses obligations « d’exactitude, d’équilibre et d’objectivité » que la loi lui impose, ou au contraire viole-telle ce principe en fournissant à ses abonnés une information partisane ? Dans l’impossibilité d’examiner de manière exhaustive la totalité des dépêches consacrées, depuis maintenant plus d’un an, à ces évènements, nous nous en sommes tenu à une lecture attentive des dépêches diffusées sur le fil de l’AFP lors des épisodes essentiels de l’intifada. Nous nous sommes attachés à relever un certain nombre d’approximations, d’omissions qui – à notre sens – témoignent de la volonté de favoriser le plus souvent le camp palestinien en faisant retomber sur le seul camp israélien la responsabilité de la vague de violence ». Qu’en pensez-vous ?

Fondateur en 2008 du webzine populaire JSSNews, Jonathan-Simon Sellem – j’ai rectifié mon erreur - est un ancien journaliste. Il porte donc sur votre article et sur votre registre lexical un regard de professionnel, et ses arguments me semblent fondés. Jonathan-Simon Sellem a aussi été candidat à l’élection législative partielle dans la 8e circonscription des Français de l’étranger ; au premier tour, il a reçu 14,8% des suffrages exprimés en Israël, et 6,7% sur toute la circonscription. Il n’est donc pas un inconnu. Et notamment pas un inconnu pour vous : vous lui aviez proposé de collaborer en 2012 à JSSNews, et vous avez rédigé le 25 avril 2013 un article partial  évoquant sa candidature et épargnant Valérie Hoffenberg de toute remarque sur sa biographie  ou sa tolérance d’un dessin par un lycéen palestinien gommant l’Etat d’Israël absorbé dans une « Palestine ». Ce qui vous a valu une réponse cinglante de Jonathan-Simon Sellem le 28 avril 2013.

Danny Danon aurait apprécié votre article ?! Et alors ? J’ai une opinion différente. Danny Danon apprécie-t-il votre registre lexical ? Utilisez-vous les termes « colonies » et « colons », historiquement, terminologiquement et juridiquement inexacts, quand vous écrivez pour Actualité juive ?

Meir Ben Hayoun a écrit des articles pendant deux ans pour Aroutz 7. Il a donc été journaliste.

Vous alléguez que j’aurais porté « de graves accusations mensongères contre [votre] collégue Caroll Azoulay ». D’une part, vous n’exprimez aucune sollicitude à l’égard de votre collègue Clément Weill-Raynal condamné par la justice française dans l’affaire al-Dura. Pourquoi ?

D’autre part, j’ai écrit dans mon article cité qu’en 2012 et en 2013, [Caroll Azoulay] a été la "conseillère en communication et en presse" (Communication and press advisor) de Valérie Hoffenberg, candidate UMP lors des élections législatives françaises dans la 8e circonscription des Français établis hors de France. Et elle a signé des articles en 2013 sur la candidate Valérie Hoffenberg.

J’ai cité notamment ces deux exemples de conflits d’intérêts :
« Dans son n° 1252 (25 avril 2013), Actualité juive hebdo a publié l'article de Caroll Azoulay titré "J.F. Copé et C. Goasguen en Israël", illustré par une photographie de ces politiciens entourant Valérie Hoffenberg, et publié sur un fond coloré pour bien le distinguer des autres articles. Dans son n° 1256 (30 mai 2013), ce journal a publié la longue interview de Claude Brightman, qui dirige le Collège académique de Netanya ayant remis, lors de la campagne électorale pour ces élections partielles, un "diplôme honoris causa" à cet ancien Président de la République. Claude Brightman a alors déclaré à Caroll Azoulay : "En octobre dernier, j'ai transmis cette invitation relayée par la vice-présidente des Amis français du campus francophone, Valérie Hoffenberg". Or, cet article "oublie" d'indiquer que Claude Brightman soutient la candidate Valérie Hoffenberg et est une des responsables de sa campagne électorale en 2013 ».
J’ai posé en particulier ces questions :
« Actualité juive hebdo en était-il informé [de ce conflit d’intérêt] ? En tout cas, les lecteurs ne l'ont pas été. Ne serait-il pas temps que ce journal leur donne enfin cette information et veille avec plus de rigueur au respect de la déontologie journalistique, gage de crédibilité ? » J’ai ainsi conclu : « Dans son n°1258 (13 juin 2013), Actualité juive hebdo a publié l'article Meyer Habib élu député signé par Caroll Azoulay. Quel dommage que ces informations intéressantes sur la campagne électorale de ce candidat élu député UDI (Union des démocrates et indépendants) aient été portées à la connaissance des lecteurs de cet hebdomadaire... après son élection » !
Le 12 juin 2013, j’ai écrit sur Facebook à Michel Azoulay, époux de Caroll Azoulay : « Vous avez assuré les relations publiques de Valérie Hoffenberg lors de sa campagne électorale pour l'élection législative en 2012. Pourquoi ? »

Le 14 juin 2013, Michel Azoulay m’a répondu sur Facebook  : « Je n'ai JAMAIS assuré les relations publiques de Mme Hoffenberg. Ce travail a été effectué par mon épouse dans le cadre d'une mission précise ».

Le 15 juin 2013, je lui ai rappelé notamment :
« Votre épouse et vous multipliez les conflits d’intérêts : communication ou journalisme, vous n’avez pas choisi. Et vous n’en informez pas les lecteurs des journaux auxquels vous collaborez. Pourquoi ? Vous êtes « directeur administratif et commercial du Petitjournal.com/TelAviv », tout en dirigeant le « département évènementiel pour les entreprises françaises désireuses de s'implanter en Israël » de French Projection, l’agence de communication dont vous êtes directeur associé. Quand on lit sur Petitjournal.com/TelAviv, un article sur la « circulation des capitaux entre la France et Israël  » signé par un avocat qui donne son numéro de téléphone et son e-mail, on se pose des questions. Pour « Actualité juive », Caroll Azoulay a notamment signé un article sur une réunion politique de la candidate Valérie Hoffenberg lors de la campagne électorale législative en 2013 dans la 8e circonscription, sans informer les lecteurs qu’elle était en même temps « conseillère en communication et en presse » ("Communication and press advisor) » de cette candidate Valérie Hoffenberg. Pourquoi ?  Caroll Azoulay assure cette fonction de « conseillère en communication et en presse » pour la société French Projection qu’elle dirige avec vous. Pourquoi tous deux n’en informez-vous pas les lecteurs d’« Actualité juive » et du Petitjournal/Tel Aviv ? »
Ni Caroll Azoulay ni Michel Azoulay n’ont donc démenti mes dires, et Michel Azoulay a reconnu le rôle de Caroll Azoulay comme « conseillère en communication et en presse » de la candidate Valérie Hoffenberg. La véracité des faits relatés dans mon article est donc établie.

Il est tout de même curieux que Caroll Azoulay allègue sur ses profils Lindekin et Yatedo avoir cessé de collaborer à Actualité juive depuis 2010.

Comment se fait-il que vous ne soyez pas au courant de cette double casquette de Caroll Azoulay, alors que vous habitez tous deux en Israël et collaborez au même hebdomadaire ? Pourquoi n’avez-vous pas couvert cette campagne électorale à la place de Caroll Azoulay ? Qui a décidé de confier à Caroll Azoulay la couverture de cette campagne électorale ? Pourquoi n’écrivez-vous pas un article dans Actualité juive pour y indiquer ce que vous mentionnez sur la « campagne d’Hamodia pour Meyer Habib  » ?

Je ne lis qu’épisodiquement Hamodia. Je n’ai pas suivi sa couverture de cette élection. J’ai transmis vos remarques à Daniel Haïk, rédacteur en chef de cet hebdomadaire proche du courant Harédim – ce qui explique sa ligne éditoriale. Il n’a pas souhaité vous répondre.

Politiciens - Colette Avital -, journalistes - Daniel Ben-Simon -, anciens ambassadeurs – Nissim Zvili - et universitaires de la gauche israélienne n’ont jamais été boycottés par ces médias Juifs français, et sont au contraire souvent invités. On pourrait espérer plus de pluralisme dans des médias d’institutions Juives françaises, tels L’Arche et RCJ liés au FSJU, que dans Hamodia.

Selon Meir Ben Hayoun et JSS News, vous avez été journaliste pour Hamodia sous pseudonyme. Pourquoi ne l’indiquez-vous pas ?

Addendum : Dans sa  dépêche pour l'AFP publiée ce 7 octobre 2013, Michael Blum a omis d'indiquer la tentative d'assassinat de ce leader spirituel par le terroriste Salah Hamouri. Pourquoi ?
Sur Facebook, Michael Blum a répondu qu'il ne s'agit pas d'un "oubli, mais d'un choix" et qu'il peut "donner encore 10 infos importantes sur lui que je n'ai aps mises dans mon papier, c'est à mes patrons que j'explique mes choix".
J'ai répondu : "Un journaliste ne doit pas seulement des explications à son employeur, mais en doit aussi à ses lecteurs. Vous me faites penser à la réplique de Talal Abu Rahma évoquant ses "secrets" pour éviter de répondre à une question dérangeante d'Esther Schapira. Vous êtes aussi cachotier : vous ne donnez pas le nom du prétendu rabbin qui vous aurait demandé de travailler pour l'AFP, vous gardez "10 infos importantes"... Avec vous, pas de risque de "Wikileaks"... Pour Actu J, distillerez-vous vos "10 infos importantes" et citerez-vous la tentative d'assassinat par Salah Hamouri ? Les lecteurs ont droit à être informés".
Michael Blum a écrit : "Je pense que la bio du Rav Ovadia Yossef mérite plusieurs ouvrages donc quand on écrit 500 mots, on choisit ce qu'on veut mettre et l'affaire Hamouri est une affaire française et je n'écris pas pour la France mais pour la presse mondiale".
J'ai rappelé : "Le travail du journaliste consiste à sélectionner les informations les plus importantes pour les inclure dans son article ou sa dépêche, dans les contraintes imposées à tout journaliste : nombre de feuillets, date de remise du papier, etc. Vous avez choisi ce que vous vouliez mettre et avez sciemment occulté l'affaire Hamouri. "L'affaire Hamouri, une affaire française" !? Vous plaisantez !? Dois-je vous rappeler que l'attentat a été préparé et devait avoir lieu en Israël ? Dois-je vous rappeler que les plus hautes autorités politiques de l'Etat ainsi que divers élus locaux français ont rencontré en Israël la famille du terroriste, et ont fait pression sur le Premier ministre Netanyahu et le Président Peres pour la libération de Salah Hamouri ? J'écris pour informer les lecteurs qui se trouvent dans le monde entier, et parmi eux des journalistes".
Michael Blum a concédé : "l'affaire Hamouri, une affaire franco-israélienne donc n'interressant qu'une partie minime du lectorat de l'AFP".
J'ai écrit : "Un progrès : c'est donc "une affaire franco-israélienne". Vous oubliez le FPLP. Sur quels éléments vous fondez-vous pour alléguer que cette affaire, si largement couverte par la presse française, et les autres agences de presse internationale, n'intéresserait "qu'une partie minime du lectorat de l'AFP"?"
Michael Blum a répliqué : "c'est un choix éditorial, la prochaine fois, je vous consulterai..."
J'ai conclu : "Vous êtes incapable d'expliquer votre "choix éditorial". J'arrête. Je n'ai pas de temps à perdre".
Soulagé, Michael Blum a écrit : "ah, ben voila, une sage décision..."
Cette omission volontaire occulte le terrorisme palestinien d'un "Franco-palestinien" soutenu par les plus hautes autorités politiques et "intellectuels" français. Un silence gardé aussi par Actualité juive hebdo dans son dossier en hommage à cet éminent rabbin.

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Cet article a été publié le 4 juillet 2013. Il a été modifié le 14 avril 2014.