mercredi 30 mai 2012

Réaction de Philippe Meyer au passage sur Information juive dans mon article sur les médias français Juifs (2/10)


Je publie la réaction, qui n'est pas un droit de réponse, de Philippe Meyer, gérant de la SARL et directeur de la publication Information juive, au passage sur ce mensuel dans mon article Un paysage médiatique Juif français contrasté. Ensuite, figure ma réponse. Philippe Meyer et moi ne souhaitons pas nous engager dans une polémique sans fin.



5e partie : La réaction de Alain Granat, directeur de Jewpop 
6e partie : La réaction de Michaël Blum, journaliste à Actualité juive hebdo et à l’AFP
7e partie : La réaction de Michel/Meir Azoulay pour Carole Azoulay, journaliste à Actualité juive hebdo
8e partie : L'affaire al-Dura ? Une  conspiration selon Jean Corcos et Rudy Reichstadt
9e partie : Laurent-David Samama, ancien rédacteur en chef de L’Arche



Philippe Meyer écrit :
« A propos du mensuel Information Juive que vous mentionnez et dont je suis le directeur de la publication, je tenais à apporter les rectifications suivantes.

1. Le journal Information Juive, le plus ancien et l’un des plus prestigieux de la presse juive française, n’est pas à proprement parlé le « mensuel du Consistoire israélite de France ». Il a certes tissé des liens historiques étroits avec le Consistoire depuis des décennies, et continue de le faire, mais il s’agit d’un organe de presse qui a conservé une ligne éditoriale indépendante. Information Juive n’est pas « le » journal du Consistoire, mais le mensuel de l’ensemble des communautés juives auxquelles il s’adresse en priorité. Le journal a pour vocation de traiter avec rigueur, objectivité et diversité, l’ensemble des sujets de débat qui traversent la communauté juive, grâce à des entretiens et des analyses de spécialistes, de plumes prestigieuses et de personnalités de premier plan.
2. Vous parlez d’une « audience limitée ». Le tirage actuel est de plusieurs milliers d’exemplaires à travers les principales communautés sur l’ensemble du territoire, vendus essentiellement par abonnement à des lecteurs fidèles depuis de nombreuses années et beaucoup de nouveaux abonnés, et présents dans de nombreux kiosques. Ce tirage est comparable à l’ensemble des supports de presse de la communauté juive qui n’ont pas subi les dommages de la crise de la presse en France et qui ont récemment disparu. Information Juive maintient et augmente son audience malgré un contexte des plus difficile. Il s’agit aujourd’hui du SEUL mensuel de la communauté juive ayant survécu à cette crise et proposant à tous ses lecteurs une version papier. Il est diffusé à l’ensemble des décideurs de la communauté juive en France, et au-delà aux principaux acteurs de la communauté nationale.
3. Concernant sa supposée« insuffisante modernisation », je tenais à vous rappeler si vous l’ignorez que le mensuel a lancé voilà quelques années une nouvelle formule entièrement modernisée et voilà quelques mois un nouveau site internet ainsi qu’une page Facebook qui fait état d’une fréquentation très élevée.
4. Quant à l’ « intégration dans la communication du Consistoire », au-delà de l’indépendance éditoriale du journal mentionnée plus haut, les synergies avec la communication du Consistoire sont importantes et tant le Président, le Grand Rabbin de France, que le Grand Rabbin de Paris s’y expriment régulièrement. Par ailleurs, le journal fait état tous les mois dans un feuillet spécial des principaux événements émaillant la vie de l’institution consistoriale et de celle des communautés juives de notre pays. Si vous trouvez que ces liens sont « insuffisants », je serais intéressé de recevoir vos propositions en la matière. Enfin, notre mensuel ouvre tous les mois ses colonnes aux différents Présidents de communautés afin qu’ils puissent y présenter leurs actions et leurs projets, et aux principaux acteurs de la communauté juive afin qu’ils y intègrent leurs réflexions et leurs analyses de fond alimentant ainsi les grands débats d’idées qui traversent la communauté.

Merci de prendre en compte ces précisions qui manquaient dans les quelques lignes assez incomplètes que vous avez consacrées au journal ».

Mes réponses à Philippe Meyer :
Je maintiens ce que j’ai écrit dans mon article.

1.    Vous comparez Information juive aux autres médias de la communauté française Juive. L'un des problèmes soulevés dans mon article est le faible écho - et c'est un euphémisme - de ces médias parmi les médias nationaux non communautaires et dans la Nation.

 On peine à discerner des articles sur le Consistoire israélite de France témoignant de cette « indépendance ». Ce Consistoire est donc parfait. Tant mieux.

En outre, L'e-mail de l'administration d'Information juive est infoj@consistoire.org, son siège  est à la même adresse que celui du Consistoire de Paris, etc.
Le compte-rendu du dîner du CRIF ne présente aucune critique sur le discours de Nicolas Sarkozy, alors Président de la République. Or, celui-ci n’a notamment pas su parler aux Français Juifs ! (n° 319, Février 2012)
Qui finance Information juive ? Quel est le montant de son budget ? Quelle est la part des abonnements et des numéros vendus dans les neufs kiosques parisiens de sa diffusion ? Combien de lecteurs ?

Un souvenir. En 2010, j’ai tenté de contacter la rédaction de ce mensuel. J’ai du m’y prendre à plusieurs reprises car mon appel téléphonique se baladait d’une personne à l’autre, ou je ne trouvais aucun interlocuteur quels que soient le jour de la semaine ou l’heure d’appel.

Un bon journal se fait avec des journalistes, secrétaire de rédaction et maquettistes compétents, et pas forcément avec des « plumes prestigieuses et des personnalités de premier plan ».

A quels débats traversant la communauté juive faites-vous allusion ? La communauté française Juive est inquiète sur son avenir, sur les déclins de la France, sur l’islamisation de la France, etc. Quand en avez-vous parlé ? Comment et avec quelles « plumes prestigieuses » ?

2.      Un tirage de « plusieurs milliers d’exemplaires » pour les « principales communautés sur l’ensemble du territoire ». Est-ce satisfaisant au regard des 500 000-600 000 âmes Juives ? Quelle est la part des numéros vendus et de ceux donnés ?

Combien lisent ce mensuel parmi tous ceux qui le reçoivent ?

Je n’ai jamais entendu des amis ou relations évoquer Information juive parmi leurs lectures de presse.

Aucun des Internautes ayant réagi à mon article n’en conteste la pertinence. Et je n’ai pas publié une réaction par crainte qu’elle soit jugée diffamatoire. Aucun des commentaires n’évoque Information juive. Cela ne vous inquiète pas ?

Information juive publie sur son site Internet les archives de ses numéros en un format aisé à consulter. Mais depuis quand ?
Le site Internet de ce média n’est pas suffisamment dissocié de la version papier du mensuel, etc.

De plus, le journal n’a pas de compte Twitter.
3.      Certes Information juive a modernisé sa maquette en 2007.

Mais ce lifting ne supplée pas de graves carences : maquette manquant de dynamisme, insuffisance de (bons) journalistes – les écrivains et rabbins ne connaissent pas les ficelles du métier journalistique -, trop longues tribunes délayant des idées déjà lues ailleurs, rubriques du sommaire parfois mal hiérarchisées, mauvais timing dans la publication d’articles – article sur le vote Juif américain dans le numéro de mai 2012, au lieu du numéro d’octobre ou de novembre 2012, juste avant l’élection présidentielle -, choix perfectible d’experts – Nicole Bacharan écrit sur L’électorat juif et la présidentielle américaine, mais elle n’est pas spécialiste des Juifs américains, à la différence de André Kaspi ou FrançoiseS. Ouzan tous deux auteurs de livres d’histoire sur nos coreligionnaires d’outre-Atlantique - etc.

Quelle est la statistique indiquant une « fréquentation très élevée » sur FaceBook ?

4.      Vous ne voulez tout de même pas avoir gratuitement mes propositions de journaliste, alors que l’imprimeur, l’administratrice, etc. d’Information juive sont payés ?

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mardi 29 mai 2012

« Une discipline du chaos » d’Abraham Palatnik



La galerie Denise René rive gauche présente l’exposition éponyme de ce peintre brésilien. Né en 1928 dans une famille Juive d’origine russe, Abraham Palatnik est un peintre et sculpteur pionnier dans les arts technologiques, l’art (optico)cinétique et l’art cinéchromatique (kinechromatic art). Cet industriel et inventeur a développé une esthétique moderne de la lumière et du mouvement, une « peinture géométrique », et s’est intéressé au design de meubles.


« L’artiste sert à discipliner le chaos perceptif. Je continue à croire au lien entre la perception et l’intuition. Sans elle, la nature ne serait rien d’autre qu’un chaos », a déclaré Abraham Palatnik.

 
Précurseur de l’art technologique
Abraham Polotnik est né en 1928 dans une famille juive ayant fui la Russie pour le Brésil en 1912.

A Natal, la parentèle Polotnik s’active dans le commerce et l’industrie, produisant des meubles, du sucre, etc.

Les Polotnik font leur aliyah alors qu’Abraham a quatre ans.

Le jeune Abraham Polotnik étudie la mécanique et la physique tout en se spécialisant dans les moteurs à explosion, ainsi que le dessin, la peinture et l’esthétique. Son art est alors figuratif : (auto)portraits, paysages, etc. « Ses dessins au graphite ont une ligne souple, fluide presque lyrique. Sur ses dessins au fusain où figurent ses camarades de l'atelier, le trait noir est ferme, solide, réaliste, parfois à tendance expressionniste. Sa peinture est dépouillée de tout élément superflu ou rhétorique », écrit .

Fin 1947, Abraham Polotnik s’installe à Rio de Janeiro.

Deux faits déterminantes bouleversent sa vie : il se lie d’amitié avec Mário Pedrosa et rend visite à son ami Mavignier, animateur dans un atelier de peinture, au service de thérapie de rééducation de l’hôpital psychiatrique Dom Pedro II créé en 1945 par Nise da Silveira.

Intellectuel célèbre et engagé, Pedrosa s’intéresse à l’art des schizophrènes. Chez lui, c’est le rendez-vous des artistes et hommes politiques. « Nous arrivions à faire fuir les politiciens avec nos conversations sur l'art. Pedrosa parlait beaucoup de la psychologie de la forme dans la Gestalt. Mais il ne faisait pas que parler, il écoutait beaucoup aussi. Notre but était de comprendre la nature des processus de création ainsi que la fonction de l'artiste. J'en suis arrivé à la conclusion que l'artiste sert à discipliner le chaos perceptif. Je continue à croire au lien entre la perception et l'intuition. Sans cela, la nature ne serait rien d'autre qu'un chaos », a déclaré Palatnik à Wilson Coutinho (Jornal do Brasil, 5 décembre 1981).

A l’hôpital psychiatrique Dom Pedro II, c’est le choc artistique – découverte de l’art de malades mentaux - ébranlant profondément ses convictions et l’enseignement esthétique qui lui avait été prodigué ! « En découvrant la production de certains des internés, mon bel édifice de certitudes s'est effondré. Je savais parfaitement manier les pinceaux et les couleurs, je croyais maîtriser mes connaissances, et tout à coup, je m'apercevais que ces personnes, qui n'avaient jamais étudié ni suivi la moindre formation, étaient capables de produire des œuvres possédant un langage complexe et profond », se souvient-il. Et d’ajouter : « La cohérence était présente chez Diniz, Carlos et Emygdio ; la poésie chez Raphaël et Isaac. Les images et le langage fusionnaient. Les principaux éléments figuratifs et de couleur n'obéissaient dans leur composition à aucun critère académique ; en vérité, ils étaient régis par d'autres codes reliés à de puissantes forces provenant de l'inconscient ».

« Lumino-cinétisme » (ciné-chromatisme)
Pendant deux ans (1949-1950), Palatnik cesse de peindre et se consacre à la fabrication de d’appareils cinéchromatiques. Son but : « Donner à l’art pictural le pouvoir de la lumière et du mouvement dans le temps et dans l’espace ». « Sur un écran en plastique dressé devant ses appareils, il projette des couleurs et des formes animées par des moteurs électriques, qui produisent un ensemble chromatique lumineux et rythmique ».

A la 1ère Biennale de São Paulo (1951), son appareil cinéchromatique Azul e roxo em primeiro movimento (Bleu et violet en premier mouvement) déconcerte, mais est distinguée par un jury international. La critique est plutôt enthousiaste par cet appareil inspiré du kaléidoscope et qui déploie une gamme subtile de nuances chromatiques.

Le terme cinéchromatique est forgé par Pedrosa. Dans un article publié par Tribuna da Imprensa (1951), Pedrosa évoque le « dynamisme plastique chromatique » de Palatnik qui a substitué la lumière artificielle à la gouache et a conçu « l’authentique art du futur ».

En 1959, avec une vingtaine d’appareils cinéchromatiques fabriqués, dont l’un présenté au Musée d’art moderne de Rio de Janeiro en 1960, Palatnik s’est imposé dans cette nouvelle voie artistique.

Remarqué à la Biennale de Venise (1964) pour sa « machine à peindre », Abraham Palatnik est invité à exposer en Europe, aux Etats-Unis et en Israël ; il est l’un des artistes de l’exposition collective sur l’art cinétique Mouvement 2 à la Galerie Denise René dans une présentation de Jean Cassou. Une exposition itinérante présentée aussi au Musée d’art moderne de Tel-Aviv.

En 1966, la Kunst-Licht-Kunst, exposition d’art cinétique au Musée d'Art de la ville d'Eindhoven (Allemagne), sélectionne des œuvres d’Abraham Palatnik. Dans le catalogue de l’exposition, Frank Popper évoque les « mobiles lumineux » de Palatnik en soulignant le caractère poétique de ses recherches.

Parallèlement à ses « appareils », cet artiste brésilien primé effectue des « recherches sur de nouveaux supports et matériaux, tant dans le domaine de ce qu'on pourrait appeler la peinture de caractère abstrait et géométrique, que dans celui du design de meubles ». Des œuvres exposées notamment dans les expositions du Groupe Frente au Musée d’art moderne de Rio de Janeiro (1955).

De plus, après six mois de recherches, Abraham Palatnik invente en 1952 une machine coupant la dure coque de la noix du palmier babassou sans altérer la saveur de l’amande qu’elle contient. Ce qui permet d’éviter une huile rendue amère par la violence des coups portés sur cette coque d’une noix essentielle à l’activité agricole du Nord-est brésilien. Cet inventeur conçoit dans la firme de son père une solution « économique et moins polluante pour l'emballage d'une poudre destinée aux plombages dentaires ».

Cet artiste s’intéresse aussi aux « possibilités esthétiques des champs magnétiques » invitant le spectateur à participer de manière ludique.

En 1964, il « crée les premiers " objets cinétiques ", qui sont constitués de tiges ou de fils métalliques comportant à leurs extrémités des plaques et des disques de bois de couleurs variées, actionnés lentement et silencieusement par des moteurs ou des électroaimants ». Un art dont les précurseurs se nomment Gabo et Calder.

Ondes de couleurs
Abraham Palatnik évolue en créant aussi des « séries de progressions ou reliefs progressifs, qui sont chacune identifiées par un matériau spécifique » : le bois dans les années 1950, le carton, le polyester dans les années 1970, les cordes sur toiles dans les années 1980, et le mélange de plâtre et de colle dans les années 1990. La galerie Denise René présente ses Jacaranda, « réalisés à partir de chutes de marqueterie de bois, ses « reliefs progressifs » en carton, ou la série des W, peintures les plus récentes de lʼartiste. Son œuvre interpelle sans cesse les sens à travers des couleurs ondulatoires, des lamelles de matériaux superposés et des axes verticaux dynamiques qui créent des effets cinétiques ».

« Pour inventer quelque chose, il faut posséder un comportement anticonformiste. Je pense que les industries devraient inviter des plasticiens, parce qu'ils possèdent un potentiel perceptif capable de résoudre d'innombrables problèmes… Je continue à parier sur l'intuition, bien que mon travail exige toujours des calculs mathématiques », a déclaré Abraham Palatnik à Wilson Coutinho (Jornal do Brasil, 5 décembre 1981).


Marjolaine Beuzard, « Abraham Palatnik. Une discipline du chaos ». Galerie Denise René, 2012.

Jusqu’au 2 juin 2012
Tél. : 01 42 22 77 57
Du mardi au samedi de 10 h à 13 h et de 14 h à 19 h

 
Visuels : © Galerie Denise René
Affiche
W-310
2009
25,5 x 49,4

Carton
1970
66 x 47,5 cm rose gris

Jocaranda
1972
31,7 x 27,3 cm

W-29 bleu
2004
82,5 x 96 cm


Les citations sans mention sont de Frederico Morais, traduites du portugais par Catherine Tresgots. Texte publié en portugais dans Abraham Palatnik : Retrospectiva, exposition organisé en 1999 au ITAU Cultural, Sao Paulo, Brésil. pp. 9-19.

 

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jeudi 24 mai 2012

Mon interview par Radio Chalom Nitsan le 24 mai 2012 vers 13 h


J'ai été interviewée par Radio Chalom Nitsan (RCN), radio Juive de la Côte d'Azur le jeudi 24 mai 2012 vers 13 h.

J'ai rendu hommage à l'historien et militant des droits de l'homme britannique Juif David G. Littman (1933-2012) décédé le 20 mai 2012 d'une leucémie. Il était l'époux de Bat Ye'or.

C'est un homme à la grande rectitude, combattant persévérant pour Israël, peuple et Etat.

Cet historien est l'auteur notamment de l'anthologie remarquable L’exil au Maghreb, la condition juive sous l’islam 1148-1912 (Presses universitaires de Paris Sorbonne, 2010). J'ai invité les étudiants et les universitaires à consulter les archives de David G. Littman déposées dans une bibliothèque à New York afin de consacrer des anthologies similaires à d'autres pays musulmans.

David G. Littman était particulièrement actif comme représentant d'ONG au Conseil onusien des droits de l'homme à Genève (Suisse) pour défendre en particulier les victimes au Soudan, l'universalité des droits de l'homme, la condition des femmes musulmanes en "terre d'islam", etc.

A l'égard des musulmans, David G. LIttman a toujours manifesté, comme son épouse, un grand respect. Il prônait un dialogue franc avec les musulmans, en abordant les sujets les plus sensibles.

Il a agi pour mieux faire connaitre "l'exode oublié" d'environ un million de Juifs des pays arabes, de Turquie et d'Iran. J'ai déploré l'action insuffisante des communautés juives institutionnalisées, notamment en France, afin de faire connaitre cet exil. J'ai aussi expliqué que les Juifs contraints à cet exil ont souvent occulté leurs souffrances par pudeur, en relativisant leur tragédie par rapport à la Shoah, par des urgences à respecter - s'intégrer dans de nouveaux pays, y trouver un travail, un logement, etc. -, etc. Ceux qui se souviennent de "la coexistence pacifique interreligieuse" évoquent des souvenirs remontant à l'époque des protectorats français en Tunisie et au Maroc. Et même alors, l'antisémitisme a perduré, trouvant sous le régime de Vichy l'occasion de persécuter les Juifs : statut infamant appliqué en Afrique du nord, retour des Juifs dans les mellahs (ghettos au Maroc) surpeuplés, camps de travaux forcés dans lesquels nombre de jeunes Juifs sont morts, etc.

Il a manqué de temps pour que je puisse aborder l'affaire al-Dura au travers de mon interpelation de Charles Enderlin et d'Audrey Pulvar lors de la conférence Juifs et Arabes de France : dépasser la question israélo-palestinienne, le 28 mars 2012 à Sciences Po.
Visuels : © DR

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Cet article a été modifié le 24 mai 2012 à 14 h 22.

jeudi 17 mai 2012

Les Arabes de « Jérusalem-Est » préfèrent majoritairement vivre dans l’Etat d’Israël


Cet article est l'un des deux articles republiés à l'approche du Jour de Jérusalem (28 du mois hébraïque d'Iyar, soit en 2012, du 19 mai au soir au 20 mai). Jérusalem, cité réunifiée lors de la guerre des Six-jours (1967) et capitale éternelle et indivisible de l'Etat d'Israël.

Invité par l’Institut Jean-Jacques Rousseau (IJJR), David Pollock, Senior Fellow au Washington Institute, a présenté le 15 septembre 2010, à Paris, les résultats du sondage réalisé par Pechter Middle East Polls et le Council on Foreign Relations, avec le Palestinian Center for Public Opinion (PCPO), en novembre 2010 The Palestinians of East Jerusalem: What DoThey Really Want? Des résultats similaires ont été enregistrés lors de sondages au printemps et à l'été 2011. Emerge une forte préférence pour l’Etat d’Israël. On demeure cependant perplexe en lisant la terminologie des sondeurs.

Les sondages sur les habitants de "Jérusalem-Est" étant très rares, ce sondage suscite un grand intérêt. Non déçu.

Une préférence pour l’Etat d’Israël
Lors de la réunion de presse de l'IJJR présentant ce sondage, et dans son article publié sur son blog, l'écrivain et journaliste Michel Gurfinkiel, président de l’IJJR, a rappelé :

« Jérusalem-Est » n’existe pas en tant qu’entité administrative. Ce terme regroupe l’ensemble des quartiers et espaces de Jérusalem situés à l’est de la « ligne verte », l’ancienne ligne de cessez-le-feu israélo-jordanienne en vigueur de 1949 à 1967. Rattachés à la Jérusalem israélienne (« Jérusalem-Ouest ») en juin 1967, au lendemain de la guerre des Six Jours, ils se situent en fait au nord, à l’est et au sud de celle-ci. Leur superficie est de 64 kilomètres carrés, sur un total de 125 kilomètres carrés pour l’ensemble de la municipalité « unifiée » de Jérusalem. Ainsi définie, Jérusalem-Est comptait 66 000 habitants en 1967, arabes à 98 %. En 2008, elle comptait 456 000 habitants, soit 60 % de l’ensemble de la population de la Ville sainte. Dont 195 000 Juifs et 260 000 Arabes. Les habitants juifs de Jérusalem-Est se sont installés dans des quartiers dont ils avaient été chassés en 1948, comme la Vieille Ville, ou dans des quartiers nouveaux créés en général dans des no man’s lands d’avant 1967 ou des zones non urbanisées. Les habitants arabes, dont la croissance démographique a été de 300 % sous le régime israélien, habitaient déjà sur place avant 1967 ou ont immigré de Cisjordanie ou de Gaza depuis cette date ».

Les habitants de « Jérusalem-Est » détiennent la « carte bleue » israélienne (carte de résidents permanents). Ils peuvent « travailler et voyager en Israël, recevoir le même système de santé, d’indemnisation du chômage ou pour les handicapés que les Israéliens, ont le droit de vote aux élections municipales, mais pas aux élections nationales. Les Arabes palestiniens de Judée, de Samarie et de la bande de Gaza ne sont pas titulaires de ces droits », indique l’institut de sondage Pechter Middle East Polls.

Senior Fellow au Washington Institute, ancien directeur du Moyen-Orient au service de planification politique du département d'Etat, conseiller à l’institut Pechter et arabisant, le Dr.David Pollock a élaboré le sondage, l’a supervisé et analysé.

Pechter Middle East Polls a lancé et analysé ce sondage mené pendant trois semaines en novembre 2010 par une firme palestinienne de sondage de la Judée-Samarie, le Palestinian Center for Public Opinion (PCPO) dirigé par le Dr. Nabil Kukali.

Le PCPO a recouru à des interviews en arabe, à domicile, en face-à-face, auprès d’un échantillon représentatif de 1 039 hiérosolymitains de Jérusalem-Est, musulmans et chrétiens : composés à part quasi égale d’hommes et de femmes, ces sondés ont pour 68% d’entre eux moins de 36 ans. Environ  35% travaillent dans le secteur public, 30% dans le privé. Cet échantillon comprend 21% étudiants, 22% ouvriers, 22% employés, 13% femmes au foyer. La marge d’erreur du sondage s’élève à 3%.

L’un des résultats les plus surprenants est que, si la solution à deux Etats était retenue de manière permanente, seulement 30% des sondés préfèreraient la nationalité palestinienne dans le cadre de la solution à deux Etats. Environ 35% préfèreraient la nationalité israélienne et 35% ne répondent pas ou ne savent pas répondre.

Et 39% répondent que la plupart de leurs voisins préfèreraient la nationalité israélienne ; 31% que la plupart préfèreraient la nationalité palestinienne ; 30% ne répondent pas ou ne savent pas répondre.

De plus, si leur voisinage devenait une partie reconnue internationalement comme israélienne, 54% y resteraient, 27% partiraient pour la Palestine et 19% ne savent pas. Si leur voisinage était inclus dans une partie reconnue internationalement de la Palestine, 40% des sondés iraient vivre en Israël, 37% resteraient en Palestine et 23% ne savent pas.

Si les sondés sont satisfaits de leur qualité de vie (44%), ils considèrent à hauteur de 56% que les services municipaux de la capitale israéliennes opèrent une discrimination à leur égard. Ils qualifient de problèmes importants les délais/restrictions aux checkpoints (52%), ceux liés au « mur » (64%), les crimes (39%), les menaces/intimidations des habitants Juifs des implantations (32%), de la police et des garde-frontières israéliens (26 %), corruption/malversations des responsables municipaux de Jérusalem (25%), mais aussi la corruption/malversations des dirigeants de l’Autorité palestinienne (24%) et les menaces/intimidations de groupes palestiniens (14%).

Sur leur identité, 72% des habitants de Jérusalem-Est interrogés estiment leur identité musulmane comme importante et très importante, 68% insistent sur leur identité palestinienne, 68% mettent en avant leur qualité de hiérosolymitains, 66% celle d’Arabes.

Ils sont 49% à considérer de modérément à extrêmement importante leur sympathie pour le Fatah, 51% celle pour le « Mouvement islamique à l’intérieur de la Ligne Verte » et 46% pour le Hamas.

Les motifs de leur préférence pour la citoyenneté israélienne ? En premières positions, la liberté de mouvement (25%), un revenu plus élevé (24%), la sécurité sociale (24%), les opportunités professionnelles (15%). La situation politique (8%) se trouve en antépénultième position.

Les motifs de leur préférence pour la citoyenneté palestinienne : en premières positions, nationalisme et patriotisme (41%), l’affiliation religieuse/accès aux lieux de pèlerinage (12 %), l’identité arabe (11%).

S’ils deviennent citoyens de l’Etat de Palestine, ils seraient inquiets – un peu à très - par une perte d’emploi à Jérusalem-Est et en Israël (87%), une hausse du niveau de la corruption (86%), et d’éventuels changements dans la liberté d’expression (74%).

S’ils devenaient citoyens israéliens dans une zone reconnue comme israélienne, ils seraient inquiets de perdre l’accès à la mosquée al-Aqsa et à la Vieille Ville (74%), la discrimination (70%), la perte de leur foyer ou terre en Palestine (66%), la fin de leurs relations avec leurs familles/amis (64%), un mauvais comportement moral de leurs enfants (63%) et la perte de la liberté de mouvement en Palestine (61%).

S’ils étaient citoyens d’un Etat de Palestine après un accord exhaustif de paix, les éléments les plus importants de cette nationalité palestinienne dans cet Etat : pour 81%, c’est la famille et des amis dans la rive occidentale du Jourdain, pour 68% être citoyen d’un Etat arabe, 65% résider dans un pays majoritairement musulman.

S’ils étaient citoyens de l’Etat d’Israël vivant dans cet Etat après un accord exhaustif de paix, les bénéfices les plus importants de cette citoyenneté sont pour 68%, la sécurité sociale, pour 67% les facilités israéliennes, pour 64% les bénéfices liés aux régimes liés au chômage et aux handicapés, pour 62% le marché d’emploi israélien, et pour 60% la retraite.

Si « les directions israélienne et palestinienne s’accordent sur un accord de paix pour mettre un terme au conflit, en divisant Jérusalem entre Israël et la Palestine, pensez-vous que des groupe de résistance continueront la lutte armée » ? La réponse est Oui pour 41%, 31% pour Non ; 28% ne savent pas.

A la question « Si ces groupes continuent la lutte armée dans ce contexte, pensez-vous que des proches dans votre voisinage approuveront la poursuite de la lutte armée ? » 28% ne savent pas, 19% avancent très peu, et le reste (62%) pensent qu’ils serait d’accord.

Si l’Autorité palestinienne demande la reconnaissance unilatérale de la Palestine par l’ONU, 34% pensent que cela aura un effet positif, 35% un effet négatif ; 27% n’envisagent presqu’aucun effet pratique.

Ce sondage a été actualisé au printemps et à l’été 2011, notamment du 4 au 10 septembre 2011. Les résultats vont dans le même sens que ceux de novembre 2010.

Une terminologie « palestiniennement correcte »
Ces résultats – préférence pour l’Etat d’Israël - s’avèrent d’autant plus surprenants que Mahmoud Abbas (Abu Mazen) a su rallier de nombreux pays à la reconnaissance unilatérale d’un Etat palestinien et que l’économie palestinienne connaît une croissance considérable depuis quelques années. Manque d’espoir dans leur avenir national ? Espoir d’une disparition à terme de l’Etat d’Israël ?

Force est de constater la primauté de l’identité musulmane – appartenance à l’umma – légèrement avant celle palestinienne ou arabe.

Ce sondage a été réalisé par des professionnels, américains et palestiniens. Ce qui surprend et choque, c’est la terminologie qui n’est pas toujours neutre. Exemples : « le mur » pour la barrière de protection, « la lutte armée de la résistance » pour le terrorisme. Un sondeur  doit-il utiliser ces vocables relevant de la propagande palestinienne pour être accepté, audible et compris des sondés palestiniens, chrétiens ou musulmans ? Ce qui serait révélateur à plus d'un titre. Mais pourquoi l’institut Pechter et le Council on Foreign Relations, deux organismes américains, l'ont-ils accepté ou n'ont-ils pas exprimé une distance ou du moins rédigé une remarque en avant-propos du sondage sur ces termes ?

De plus, les partisanns de la création d'un nouvel Etat palestinien en Judée, Samarie et Gaza justifient leur cession de ces territoires par la volonté de garder un Etat Juif composé d'une majorité de citoyens Juifs. Or, ce sondage démontre que cet Etat palestinien augmenterait le nombre d'Arabes palestiniens en Israël. Ce qui avait été exprimé dans le colloque de Raison garder L'avenir de Jérusalem.

Enfin, ce choix pour l’Etat d’Israël relève essentiellement de raisons matérielles, financières. Dès lors, deux questions perdurent : l’Etat d’Israël acceptera-t-il la liberté de circulation de ressortissants de l’Etat de Palestine qui, selon les discours de Mahmoud Abbas ou de Maen Rashid Areikat, ambassadeur de l’AP aux Etats-Unis, sera Judenrein (sans Juif) ou imposera-t-il une réciprocité avec l’Etat palestinien ? L’Etat d’Israël doit-il accepter que des Arabes palestiniens le rejoignent sans partager ses valeurs, son histoire, son récit national ?

Quand je l’ai interrogé, David Pollock a répondu : « Ce sont des questions politiques nouvelles. Les décideurs politiques n’ont pas encore trouvé de réponses. Quant aux valeurs, on n’a pas besoin d’attendre des Palestiniens de Jérusalem-Est ou des Arabes israéliens qu’ils soient sionistes ou loyaux à l’égard d’une entité juive ou acceptent Hanoucca comme jour férié tant qu’ils sont des citoyens ou résidents respectueux des lois, pacifiques et qui acceptent la démocratie ».


Statistiques.  En 2011, la population de Jérusalem est estimée à 801 000 habitants, dont 64% de Juifs et autres non-Arabes, et 36% d'Arabes.
En 2011, vivaient dans la capitale de l'Etat d'Israël 497 000 juifs, 281 000 musulmans, 14 000 chrétiens et 9 000 personnes sans affiliation religieuse.
De 1967 à 2011, la population de Jérusalem a augmenté de 200% : celle Juive de 157% et celle Arabe de 327%.
En 2010, 474 000 (Juifs et Arabes) vivaient dans des zones qui ont été ajoutées à Jérusalem en 1967. Ils représentent 60% de la population de Jérusalem. Environ 192 000 Juifs et non Arabes vivaient dans des zones voisines ajoutées à Jérusalem en 1967, soit 41% de la population de ces zones. Environ 280 900 Arabes, soit 59% de la population, résidaient dans ces zones.
Les voisinages à la population Juive la plus importante dans Jérusalem sont Ramot avec 41 400 résidents, Pisgat Ze’ev avec 40 400 résidents et Gilo avec 29 600 résidents.


Cartes :
"Jérusalem-Est". © Pechter Middle East Polls
Jerusalem Municipal Area. © 2000 Copyright Carta, Jerusalem
Jerusalem and Surrounding Area - January 2000. © 2000 Copyright Carta, Jerusalem

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Cet article a été publié pour la première fois le 27 septembre 2011.

dimanche 13 mai 2012

« Un virtuose sans égal. Le violoniste Jascha Heifetz » par Peter Rosen


Arte diffusera le 14 mai 2012 à 11 h « Un virtuose sans égal. Le violoniste Jascha Heifetz » (Jascha Heifetz: God'sFiddler), documentaire (2011) de Peter Rosen. Le portrait d’un violoniste Juif perfectionniste, à la sonorité limpide, et dont les interprétations ont influé sur des générations de musiciens. Un des violonistes les plus influents depuis Paganini.

Karel Ančerl (1908-1973), chef d’orchestre tchèque
Daniel Barenboim  
« Leonard Bernstein. The Making of "West Side Story », par Christopher Swann
« Un virtuose sans égal. Le violoniste Jascha Heifetz » par Peter Rosen
Yehudi Menuhin (1916-1999), violoniste et chef d’orchestre
« Menahem Pressler, la note consolatrice » d’Emmanuelle Franc
« Alma Rosé : Ne m’oubliez pas, s’il vous plaît » d’Edward Arckless
« Arthur Rubinstein » de Marie-Claire Margossian et « Arthur Rubinstein interprète Chopin, Concerto pour piano n° 2 »
« Alice Sommer Herz, un destin d'exception » de Christopher Nupen
« La force de la musique, la famille Wallfisch » de Mark Kidel
L’orchestre philharmonique d’Israël

« On ne peut être plus exigeant avec les autres qu'on ne l'est avec soi-même », a déclaré Jascha Heifetz. Une maxime qui a guidé la vie de ce talentueux violoniste.

Enfant prodige
Jascha (Iossif Rouvimovitch) Heifetz est né dans une famille Juive, Litvak, de Vilnius (Lituanie) en 1901.

Son père Ruvin lui enseigne le violon dès l’âge de trois ans. Une formation poursuivie dès l’âge de cinq ans à l’Académie royale de musique de Vilna.

Cet enfant interprète avec brio en 1907 le Concerto de Mendelssohn.

Ce jeune violoniste parcourt la Lituanie et devient un enfant prodige célèbre.

Il est admis dans la classe de Leopold Auer, et enregistre des disques en Russie pour ses dix ans. Le 30 avril 1911, son premier concert en plein air à Saint-Pétersbourg attire environ 25 000 personnes. Jascha Heifetz débute avec le Berlin Philharmonique à l’âge de 11 ans.

Lorsqu’éclate la révolution russe, la famille Heifetz fuit vers les États-Unis.

Jascha Heifetz débute au Carnegie Hall le 27 octobre 1917 en présence de célèbres violonistes.

Il enregistre de nombreux disques chez RCA Victor.

Devenu citoyen américain en 1925, il poursuit parallèlement sa carrière internationale avec des partenaires brillants : Arturo Toscanini, George Szell, Charles Munch...

Une seule collaboration avec le pianiste Vladimir Horowitz : lors d’un concert privé dans les années 1930.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Jascha Heifetz donne des concerts en soutien aux combattants Alliés.

En 1953, à Jérusalem, il est blessé au bras par un spectateur Juif hostile à son choix d’interpréter Richard Strauss. Il ne retourne en Israël qu’en 1970.

En 1972, ce concertiste met un terme définitif à sa carrière ralentie depuis 1962 pour des raisons médicales. Il défend des causes variées, telle la défense de l’environnement.

Admiré de ses pairs – Yehudi Menuhin, David Oistrakh, Isaac Stern, Itzhak Perlman, Ivry Gitlis -, il inspire des sentiments divers.

Il enseigne lors de master classes à des élèves dont certains deviennent célèbres – Pierre Amoyal, Erick Friedman, Eugene Fodor, Yukiko Kamei, Paul Rosenthal - et interprète de la musique de chambre avec des amis.

Il meurt en 1987.

Grâce à des extraits de films privés, des photos de famille, des témoignages des violonistes de sa génération ou d'anciens élèves, ce film brosse le portrait d’un artiste à la carrière exceptionnelle et à la personnalité mystérieuse. Le mystère du génie, d'une sensibilité.


Documentaire de Peter Rosen
Allemagne, 2011, 1 h 26 minutes
Diffusion le 14 mai 2012 à 11 h


  Visuels :
© Rosenprod-Library of Congress
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jeudi 3 mai 2012

La géopolitique du ministère français de l’Intérieur


Jusqu’où va se nicher la « politique arabe de la France »…

Si vous sollicitez un document officiel – acte de naissance ou de décès – au ministère de l’Intérieur via Internet , le site de ce ministère vous demande d'indiquer le pays de naissance de la personne concernée.

Si celle-ci n'est pas née en France, la liste des pays étrangers, voire empires, est longue.

Les noms des pays défilent sous leurs diverses dénominations historiques au fil des siècles :   royaume des Serbes, Croates et Slovèves, Yougoslavie, Union des républiques socialistes et soviétiques, Transjordanie et Jordanie, etc.

Rassurez-vous, l’Etat d’Israël y est mentionné.

Tout comme la « Palestine ». Vraisemblablement la Palestine mandataire.

Et l'empire ottoman. Et la Cisjordanie.

Surprise. Trois « territoires palestiniens » sont déclinés : « Territoires palestiniens », « Territoires palestiniens Israël » et « Territoires palestiniens Palestine ».

Pourquoi « Territoires palestiniens » alors qu’il s’agit, en  droit international public, de territoires disputés ou contestés, car aucune souveraineté étatique n'avait été reconnue sur eux par la communauté internationale avant leur conquête par l'Etat d'Israël lors de la guerre des Six-jours (1967), un conflit d'autodéfense. Cette terminologie partisane, qui rappelle celle du quai d'Orsay, rompt avec celle des autres régions.

« Territoires palestiniens Israël » ? Vraisemblablement les territoires de la zone C sous contrôle israélien total.

« Territoires palestiniens Palestine » ? Vraisemblablement les territoires de la zone A sous contrôle palestinien total.

« Territoires palestiniens » ? S'agit-il de la Zone B, sous contrôle militaire israélien et sous contrôle civil palestinien ? Mais, dans l'affirmative, pourquoi nier le contrôle israélien ? Ces « territoires palestiniens » viseraient-ils Jérusalem ? Ou une « Palestine » incluant les « Territoires palestiniens Israël » et les « Territoires palestiniens Palestine » ? Et cette « Palestine » incorporerait-elle l’Etat Juif ?

Mystère…

J’ai interrogé le ministère de l’Intérieur et je publierai sa réponse dès réception.

Visuels :
La carte provient du site du ministère israélien des Affaires étrangères.

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