jeudi 16 février 2012

Mon interview sur Radio Chalom NItsan le 16 février 2012 à 13 h


J'ai été interviewée le jeudi 16 février 2012, vers 13 h, pendant environ 30 minutes, sur Radio Chalom Nitsan (RCN), la fréquence juive de la Côte d'Azur. Les thèmes abordés : l'affaire Zeitouni, l'affaire (a-)Dura ou al-Dura et l'exposition « Gaza 2010 » par Kai Wiedenhöfer à l'automne 2010 au Musée d'art moderne de la Ville de Paris.


L'interview a porté sur l'affaire Zeitouni. J'ai souligné l'absence de décision judiciaire des proches de la jeune victime, Lee Zeitouni, espéré qu'ils intenteront une procédure judiciaire en France ou en Israël contre Claude Khayat (32 ans) et Eric Robic (38 ans), deux auteurs Français Juifs présumés de l'accident mortel de la circulation survenu à Tel-Aviv, au matin du 16 septembre 2011, afin d'obtenir un jugement, car la France n'extrade pas ses ressortissants ; ce qu'a rappelé avec fermeté le Président Nicolas Sarkozy lors du diner du CRIF du 8 février 2012. Une absence de décision qui alimente un ressentiment et l'incompréhension chez de nombreux Israéliens à l'égard de la France, et singulièrement des Juifs français. Espérons que cette décision de la famille Zeitouni préludera la réconciliation entre la famille Zeitouni et ses coreligionnaires français, notamment les dirigeants communautaires.


J'ai également décrit sur RCN l'audience du 14 février 2012 dans l'affaire al-Dura devant la Cour de cassation concernant les deux pourvois formés par Charles Enderlin, correspondant de France 2 en Israël, et France Télévisions contre deux arrêts de la 11e chambre correctionnelle de la Cour d'appel de Paris : celui du 3 octobre 2007 - demande de communication des rushes de France 2 du 30 septembre 2000 - et celui du 21 mai 2008 - relaxe de Philippe Karsenty, directeur de Media-Ratings, poursuivi pour diffamation en raison de ses propos qualifiant le reportage controversé diffusé par France 2 le 30 septembre 2000 d'"imposture médiatique" et de "mise en scène". L'avocat général Jean Berkani a conclu au rejet des deux pourvois. L'arrêt de la Cour de cassation sera rendu le 28 février 2012.


J'ai aussi parlé brièvement de l'arrêt de la Cour d'appel de Paris du 15 février 2012 qui a condamné le journaliste Clément Weill-Raynal à 1 000 euros d'amende avec sursis, 1 000 euros de dommages-intérêts et 6 000 euros de frais de justice. Cet arrêt a aussi relaxé le Dr Yehuda David, chirurgien ayant opéré Jamal (a-)Dura - cet orthographe correspond au papier d'identité de ce Palestinien - en 1994 pour des blessures datant de 1992. Je publierai prochainement un article analysant cet arrêt portant sur des blessures de Jamal (a-)Dura.


Le 29 avril 2011, tous deux avaient été condamnés, avec Serge Bénattar, directeur de l'hebdomadaire Actualité juive, par le TGI (Tribunal de grande instance) de Paris pour avoir diffamé ce Gazaoui : ce TGI avait condamné chacun des trois défendeurs à une amende de 1 000 euros assortie d'un sursis total, et tous trois solidairement à verser à Jamal (a-)Dura 5 000 euros au titre des dommages et intérêts, ainsi que 5 000 euros au titre de ses frais de justice.


La Cour d'appel a ordonné à Clément Weill-Raynal de verser 6 000 euros au titre des frais judiciaires de Jamal (a-)Dura qui n'a jamais comparu devant la justice française et dont l'avocate a présenté des arguments très proches de ceux de première instance. Pour apprécier ce montant élevé, rappelons que la justice parisienne n'accorde parfois aucun euro au titre des frais de justice avancés par les justiciables, ou accorde des sommes dérisoires - généralement quelques centaines d'euros, voire exceptionnellement quelques milliers d'euros - au regard des honoraires des avocats parisiens (en moyenne 200 euros/heure hors taxe en 2008), et ce, même quand les justiciables communiquent les factures de leur avocat.  On ne peut qu'espérer que l'ensemble des juridictions françaises fassent preuve de la même générosité à l'égard de tous les justiciables.

J'ai abordé brièvement l'exposition « Gaza 2010 » par Kai Wiedenhöfer à l'automne 2010 au Musée d'art moderne de la Ville de Paris, dans le cadre d'un partenariat avec la Fondation Carmignac Gestion. Une exposition de photographies partiales sur des Gazaouis montré souvent mutilés, le corps marqué de cicatrices de blessures attribuées, sans preuve, aux Israéliens. Un projet qui avait reçu le 1er Prix Carmignac Gestion du photojournalisme 2009.

Il a été convenu que j'évoquerai dans une autre émission la libération anticipée de Salah Hamouri.

A lire sur ce blog :
Affaire al-Dura/Israël
Chrétiens
Culture
France
Il ou elle a dit... notamment :
Mon interview par Radio Chalom Nitsan du 25 mars 2010
Mes interviews par Radio J et par Radio Chalom Nitsan (podcast) des 24 et 25 novembre 2010
Interview par Radio Chalom Nitsan ce 31 mars 2011
Mon interview par Radio Chalom Nitsan le 17 novembre 2011
Monde arabe/Islam
Shoah (Holocaust)

Cet article a été publié le 16 février 2012 et  modifié le 19 février 2012.

mercredi 15 février 2012

« Dans les collines du Néguev » de Leeor Kaufman


Arte diffusera le 16 février 2010 à 8 h 55 Dans les collines du Néguev (Destiny Hills In den Hügeln der Negev) de Leeor Kaufman (2009). Un documentaire centré sur le combat de Muhammad al Talaika, Bédouin pauvre, contre la politique israélienne visant à combattre les villages non reconnus et à construire des cités dans le Néguev. Version actualisée avec les réponses de Leeor Kaufman à mes critiques.

Dans de nombreux pays, le pouvoir central, ou local, éprouve des difficultés à sédentariser des populations nomades qui aspirent à maintenir leur mode de vie, à poursuivre leurs périples, sans faire de concession à la vie moderne.

Diplômé du Département Film de l’université de Tel-Aviv et du Centre international de photographie documentaire et de photojournalisme, Leeor Kaufman vit à New York et s’est intéressé aux Bédouins, « nomades de culture arabe citoyens de l’Etat d’Israël depuis sa création. Au début des années 1950, la tribu d’al Talalka se plia aux pressions gouvernementales qui tentaient d’urbaniser la population bédouine et emménagea dans la ville de Lakiya. Après des décennies passées dans une banlieue à l’infrastructure sous-développée, aux forts taux de chômage et de criminalité, la tribu décide de reconstruire son village de « Twail Au Garwall » sur ses terres, malgré les menaces permanentes d’une évacuation ».


Bédouins vs Israël
L’histoire de ce documentaire ? « Après sa libération de prison, Muhammad al Talalka retourne vivre dans sa tribu bédouine dans les collines Goral (Destiny) » dans le Néguev (sud d’Israël). Il « s’efforce d’y construire un vrai foyer pour ses enfants. Avec les autres membres de sa tribu bédouine, il construit sa maison dans un village Bédouin non reconnu et cherche du travail. Le gouvernement a commencé à détruire les maisons des al Talalka » pour y édifier une ville. La tribu reconstruit ses baraquements juste après leur destruction contrôlée par la police israélienne. « Muhammad al Talalka puise sa force dans sa foi dont il s’est rapproché pendant sa détention. Sa réislamisation est présentée comme imputable à l’action israélienne…. Cette tribu Bédouine lutte pour maintenir sa vie traditionnelle, ses terres désertiques, malgré les nouvelles lois leur imposant de revenir vers les villes ».

Ce film « nous raconte la vie quotidienne de Muhammad, qui mène le combat pour sa tribu afin de préserver leur mode de vie. Muhammad rêve de progrès pour ses enfants, mais veut pouvoir conserver une culture bédouine intacte dans une vie moderne. Le combat est féroce, et Muhammad al Talalka est seul. Déçu et déchiré par ce combat, il se tourne vers l'islam pour y trouver des réponses ».


Focalisation sur Muhammad al Talalka
Présenté dans divers festivals dont le FIPA à Biarritz, ce documentaire élude, essentiellement par son choix de se focaliser sur Muhammad al Talalka, certains faits : pourquoi Muhammad al Talalka a-t-il été détenu en prison ? Est-ce un hasard si l’un de ses cinq enfants, âgé de 3-4 ans, se prénomme Osama ? Cette tribu a-t-elle raison de vouloir conserver tous les aspects de son mode de vie, notamment la séparation entre les sexes : la décision d’aller en justice se prend lors d’une assemblée de Bédouins hors la présence de femmes, qui portent souvent le foulard islamique ? Nuance : c’est l’épouse de Muhammad al Talalka qui refuse d’aller à la Knesset à Jérusalem pour s’exprimer dans une commission. 

Désespérée, la tribu ne croit guère en la justice israélienne dont la Cour suprême a pourtant censuré des décisions gouvernementales majeures. Elle ne comprend pas qu’elle ne peut pas ester en justice en tant que tribu et que chaque Bédouin doit défendre ses droits individuellement. Les ainés sont pris à partie par la génération des trentenaires leur reprochant leur ancienne obéissance qui obère leur chance de gagner.

Devant la Knesset, enfants et adultes Bédouins manifestent « pour la construction », et campent dans des tentes. Au Parlement israélien, un responsable résume la situation : « Les conditions proposées par l’Autorité des terres d’Israël à la population bédouine sont meilleures que les normes afférentes à d’autres citoyens. Et malgré çà, ils les refusent. Il n’y a pas de progrès, car peu importe ce que l’on offre au peuple Bédouin, ils demanderont toujours plus ». « Les Bédouins seulement ? Et les Juifs ? », lance un Bédouin. « Monsieur le président, c’est un commentaire raciste ! », s’indigne le responsable. Le président tente de ramener le calme et interroge sur l’absence de dialogue avec les habitants du village.

Le réalisateur filme au côté de cette tribu pauvre, disposant de quelques volailles, alternant la culture du blé et la construction d’immeubles modernes qui ne leur sont pas destinés. A aucun moment, il ne donne la parole à l’autorité israélienne responsable de l’urbanisation de cette zone pour présenter ses motivations, son projet urbanistique.

Il n’interrompt quasiment jamais Muhammad al Talalka, même quand celui-ci tient des propos antisémites, espère un séisme pour le débarrasser des Juifs ou dit en riant qu’il est du Hamas. Aussi, le téléspectateur se trouve en empathie avec ces Bédouins à la vie précaire et douloureuse : Muhammad al Talalka impute au stress induit par les destructions la mort de son père.

Quelques mois plus tard, à Lakiya, la voix d’un prédicateur exprime par les hauts parleurs de la mosquée où se rendent les Bédouins : « Hier nous étions unis et forts. Ce n’est plus le cas. Notre réalité est amère. Nous avons perdu nos tribus et nos chefs… Nous les vrais propriétaires de la Palestine, nous ne pouvons la brader ».


Une réalité complexe
Les gouvernements israéliens successifs ont négligé pendant des décennies le Néguev et ses habitants (on estime à environ 130 000 le nombre de Bédouins du Néguev en 2004). Le KKL souhaite faire refleurir cet espace désertique, selon le rêve de David Ben Gourion, y construire des logements...

Environ 25% des Bédouins pratiquent la polygamie.

Des progrès ont été réalisés afin d’améliorer l’intégration des Bédouins dans la société israélienne, principalement par la scolarisation des enfants et la poursuite d’études universitaires – la professeur Sarab Abu-Rabia-Queder est la première Bédouine à avoir un doctorat -, les soins médicaux, l’émancipation des femmes par le travail, l’enrôlement dans Tsahal, malgré les pressions des islamistes - les Bédouins se distinguent par leurs talents exceptionnels de pisteurs -, etc.

De plus, les autorités israéliennes ont désiré résoudre le problème en laissant aux Bédouins 20% des terres dont ils revendiquaient la possession tout en ne détenant pas de titre de propriété, et d’indemniser pour le reste. Les rapports se sont succédés sans résoudre le problème rendu plus complexe par les constructions illégales, etc. Dans leurs actions judiciaires, dans leurs revendications sur les terres domaniales, les Bédouins du Néguev bénéficient de l’appui d’universitaires et d’ONG. Le combat des Bédouins se poursuit aussi sur Internet avec le blog BedouinJewishJustice.

Des Bédouins entretiennent un rapport complexe avec l’Etat d’Israël, pour le meilleur, et pour le pire quand certains manifestaient en 2002, lors de la Journée de la Terre, en exhortant le Hezbollah à bombarder Tel-Aviv.


Dans un message électronique Leeor Kaufman écrit le 15 février 2012 au soir et 16 février 2012 au matin  :
- dans le documentaire, Muhammad al Talalka explique avoir été arrêté pour avoir dérangé un policier ;
- vous auriez pu me contacter pour avoir des explications. Le manque de temps que vous alléguez n'est pas une excuse ; j'ai consacré quatre ans à vérifier chaque élément de ce documentaire ;
- Osama est un prénom populaire dans le monde arabe ;
- la séparation entre les sexes est montrée dans mon film, mais ce n'est pas le sujet de mon film ;
- les al Talalka ne pratiquent plus la polygamie depuis des années et l'épouse de Muhammad al Talalka a un fort caractère ;
- mon film traite de la volonté du gouvernement d'urbaniser les al Talalka et de la volonté de ceux-ci de vivre selon leur mode de vie agricole, mais sans retour à la polygamie ;
- de nombreux documentaires n'essaient pas de tout expliquer en montrant tous les points de vues, mais seulement la manière dont une personne perçoit la réalité. Il n'y avait aucune raison pour montrer les points de vue du gouvernement ou du conseil des Bédouins. Ce film porte sur l'évolution des perceptions de Muhammad al Talalka en fonction de ce qu'il expérimente, ce qu'il vit ;
- Muhammad al Talalka tient des propos antisémites quand il "s'oriente vers une religion extrême. Argumenter avec ces remarques antisémites, cela revient à les respecter". Telle n'est pas mon intention. Ces remarques antisémites m'ont gêné, mais j'ai été honnête : je les ai montrées ;
- ce n'est pas parce qu'il existe une Bédouine professeur que le gouvernement a le droit d'urbaniser les Bédouins. Mon film est sur la lutte de Muhammad al Talalka pour garder son mode de vie agricole.

Addendum de Véronique Chemla :
- la version d'Arte a coupé certains faits, dont les raisons de la détention de Muhammad al Talalka ;
- par manque de temps, je n'ai pas pu interroger le réalisateur.
- j'ai modifié l'emplacement de ma phrase sur la polygamie de certains Bédouins pour éviter toute confusion ;
- Adolf était un prénom populaire en Europe jusque dans les années 1930. Après les horreurs (Shoah) commises par Adolf Hitler et le nazisme, ce prénom a été moins choisi par certains parents européens. On aurait pu penser que des couples issus du monde musulman ou/et arabe auraient évité de prénommer leur enfant Osama, un prénom lourd à porter après les attentats islamistes d'al-Qaida dirigée par Osama ben Laden ;
- l'auteur d'un film ou d'un article choisit un angle pour aborder un thème, et il ne peut pas tout dire dans son oeuvre. En tant que téléspectatrice et journaliste, il me manque des informations. Pour former mon opinion, j'aurais eu besoin d'entendre les interviews de tous ceux qui influent sur la vie, l'environnement de Muhammad al Talalka : le gouvernement israélien, etc.
- Leeor Kaufman n'interrompt pas Muhammad al Talalka dans ses propos antisémites, mais quelques minutes après, l'interroge pour savoir ce qu'il va faire. Je regrette que ce cinéaste n'ait pas interrompu Muhammad al Talalka pour savoir d'où lui vient cet antisémitisme : les sermons à la mosquée ? De nouvelles fréquentations ? etc.

de Leeor Kaufman
Claudius Films (Israël), 2009, 52 minutes
Diffusion le 16 février 2012 à 8 h 55



Cet article a été modifié le 15 février 2012 à 20 h 11.

mardi 14 février 2012

« Embrasse-moi, je suis Juif » de Gabriel Heim


Arte diffusera le 14 février 2012 à 14 h 50 « Embrasse-moi,je suis Juif » (Kiss me – I’m Jewish, ou Speed-Dating on Shabbat), documentaire (2010) de Gabriel Heim. Cérémonies familiales et amicales, réseau relationnel, conférences organisées par des rabbins, sites Internet de rencontres juives… Un road-movie sur la manière dont des Juifs d’Istanbul (Turquie) à Marseille (France), de Berlin (Allemagne) à Budapest (Hongrie), cherchent ou/et trouvent au début du XXIe siècle l’âme sœur Juive afin de se marier et de fonder un foyer Juif.


« De la Torah au speed-dating : attaché à ce que les jeunes juifs européens perpétuent la tradition et se marient dans la communauté, un rabbin organise quatre fois par an des week-ends de débats et de rencontres. Toutes les règles de la communauté juive y sont respectées », notamment pour la grande soirée « Party like a Jew ». Ce qui attire des célibataires Juifs venant de tous les pays d’Europe...

« À la rencontre du marieur le plus prolifique de toute la diaspora juive ». Tel pourrait aussi être un autre titre à ce documentaire sur une recherche affective qui revêt dans le judaïsme une dimension particulière : selon la Halakha (loi juive), est juive toute personne née de mère juive ou convertie au judaïsme.

Un film sur un thème sensible dans une société européenne moderne, individualiste, en perte de repères, où les communautés juives affrontent les problèmes graves de cette société – crises, solitude, etc. -, l’assimilation – part importante des unions mixtes avec des chrétiens ou des musulmans -, des environnements hostiles où afficher leur judéité ou leur solidarité avec l’Etat d’Israël peut constituer un risque en raison de l’antisémitisme vivace.

Fils de survivants de la Shoah, Gabriel Heim brosse un tableau nuancé de communautés juives diverses en Europe : réduite et renaissante en Pologne en raison de la Shoah, riche en France de 500 000-600 000 âmes en raison de l’arrivée des Juifs de « l’exode oublié », ceux ayant du quitter des pays arabes dans les années 1940 à 1970.


de Gabriel Heim
Allemagne, 2010, 1 h 30 mn
Diffusion le 14 février 2012 à 14 h 50


Les citations proviennent du communiqué de presse. Pour diverses raisons, je n'ai pas pu voir ce film. 


Visuels : © DOKfilm Fernsehproduktion GmbH

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